Skip to playerSkip to main content
  • 20 hours ago

Category

🗞
News
Transcript
00:00On continue de commenter ce processus de négociation irano-américaine et ses enjeux avec notre invité de ce samedi matin.
00:12Bonjour Sébastien Roniaud, merci beaucoup d'être avec nous.
00:16Vous êtes enseignant-chercheur en sciences sociales, vous êtes persanophone et vous êtes l'auteur de ce livre,
00:22La modernité iranienne, publié aux éditions L'Armatan.
00:26Quel est votre sentiment après ce premier round de discussion de masquette entre iraniens et américains ?
00:34Si vous voulez, je pense qu'il y a de bonnes raisons de penser que nous allons enfin dans la bonne direction,
00:41c'est-à-dire vers un accord entre l'Iran et les États-Unis.
00:46On revient de loin, si vous voulez, parce qu'il y a quelques mois, il y a eu une guerre de 12 jours d'Israël contre l'Iran.
00:53C'est-à-dire qu'il y avait des négociations qui étaient enclenchées déjà à l'époque entre l'administration Trump et l'Iran.
01:00Mais Netanyahou, en attaquant l'Iran, a fait rompre ses négociations et il a entraîné son pays dans la guerre et ça a rompu les négociations.
01:11Donc finalement, quelques mois plus tard, là on est au mois de février, la guerre était au mois de juin,
01:16on revient sur ce cycle de négociations après cette parenthèse guerrière qui a été menée par Israël.
01:22Mais je dirais que maintenant à peu près toutes les données sont sur la table.
01:27Parce que si vous voulez, il y avait un accord en 2015 qui avait été signé par l'Iran et le reste du monde.
01:32L'ensemble des pays de la planète avait reconnu officiellement par l'accord de 2015 du nucléaire iranien
01:40que l'Iran avait décidé de s'éloigner de sa capacité à disposer de la bombe.
01:44Ça veut dire que le monde entier, les grandes capitales, Moscou, Pékin, Londres, Washington, même à l'époque d'Obama, Paris, Berlin, etc.
01:54avaient signé cet accord en reconnaissant qu'il fallait maintenant lever les sanctions contre l'Iran
02:00parce que l'Iran avait apporté la preuve qu'il ne voulait pas de la bombe nucléaire.
02:05Et finalement, deux ans après, Trump a décidé, a dit, moi tout seul, je suis capable de faire un meilleur accord de nucléaire avec les Iraniens.
02:16Donc il a rompu l'accord que le monde entier avait signé.
02:19Et il a dit, moi, à moi tout seul, je suis capable de faire mieux.
02:22Et maintenant, il est dans une situation inextricable, si vous voulez, parce qu'il voit bien que la marge de manœuvres est faible.
02:29Des frappes militaires, ça pourrait entraîner une escalade dans la région, une déstabilisation régionale.
02:35Une décapitation du régime, ça pourrait entraîner un chaos et une guerre civile.
02:40Donc il ne reste que la solution de la négociation.
02:43Alors justement, négociations indirectes.
02:45On a Sébastien Rougnault, l'illustration, c'est le ministre Omanet des Affaires étrangères qui a fait l'aller-retour entre les émissaires américains, Steve Whitcoff, Jared Kushner d'un côté, et les émissaires iraniens.
02:59Vous dites être optimiste, mais pourquoi est-ce qu'on le serait beaucoup plus aujourd'hui ?
03:04Qu'est-ce qui aurait changé la donne en quelque sorte ?
03:08Si vous voulez, parce que les États-Unis ont à peu près tout essayé pour imposer, si vous voulez, leur volonté à l'Iran.
03:16C'est là où c'est un peu une question de rapport de force, si vous voulez.
03:23Les Américains ont tout essayé, c'est-à-dire qu'ils ont mis des sanctions absolument considérables.
03:28Il faut savoir que l'Iran est le pays dans le monde qui est sous la plus grande pression internationale au monde, pratiquement.
03:35Il y a eu une tentative avec la guerre d'empêcher le programme nucléaire Israël à essayer par les armes.
03:46Et finalement, on en revient à la solution dans laquelle tout le monde trouvait un intérêt, c'est-à-dire la négociation.
03:58Et là, nous sommes en face, et c'est là où c'est pour ça qu'il y a de quoi essayer d'être optimiste.
04:05Nous sommes en face des durs à Washington, c'est-à-dire que là, nous avons vraiment le camp républicain.
04:10Parce que les démocrates avaient... C'était le démocrate d'Obama qui avait signé à l'époque.
04:16Là, maintenant, ce sont les durs à Washington, les républicains, la droite extrême, l'extrême droite américaine,
04:23qui négocie avec les durs iraniens.
04:26Sébastien Roglio.
04:27Donc, si vous voulez, il y a de bonnes raisons de penser qu'on va vers la bonne direction.
04:31Pour qu'on rappelle d'où sont parties ces négociations.
04:34Dans un premier temps, il était question que les États-Unis interviennent en soutien, entre guillemets, aux manifestants.
04:42Et puis, dans un second temps, c'est pour le nucléaire.
04:44On a entendu des Iraniens exprimer leur déception parce que Donald Trump n'est pas venu à leur secours, entre guillemets, comme il l'avait promis.
04:53Vous comprenez ce sentiment de déception ?
04:56Tout à fait. C'est une trahison absolument totale.
05:00C'est là où Donald Trump a fait preuve d'une imprudence considérable.
05:04C'est-à-dire qu'en fait, il a promis quelque chose au peuple iranien, une promesse qu'il n'a pas tenue.
05:09Vous savez, ça, c'est une trahison que les Iraniens garderont en mémoire pendant longtemps.
05:16Parce que, si vous voulez, il y a deux questions dans votre question.
05:19C'est-à-dire qu'il y a le problème de la politique intérieure.
05:22C'est un problème tout à fait particulier avec la répression sanglante qu'il y a eu lieu.
05:26Et puis, le problème du nucléaire.
05:28Mais le problème du nucléaire, c'est un problème politique étrangère.
05:35Donc, si vous voulez, il ne faut pas confondre les deux problèmes.
05:37Et Trump, dans son imprudence, s'est dit « je vais intervenir et je vais régler les deux problèmes ensemble ».
05:44Et il s'est bien rendu compte ces derniers temps que c'était impossible.
05:47C'est pour ça que, là, pour l'instant, il se focalise sur le nucléaire.
05:51Et peut-être que la situation du peuple iranien reviendra sur la table des négociations.
05:56Mais il a peu de marge de main-oeuvre parce que ça relève de la politique intérieure iranienne.
06:02Tout de suite après le premier round pour parler à Oman, Sébastien Renaud,
06:08les Américains ont imposé de nouvelles sanctions à l'Iran visant le secteur des hydrocarbures.
06:14Quel est le rôle du pétrole dans ces négociations ?
06:19Le rôle du pétrole, vous savez, c'est là ce qui est dramatique.
06:23Dans le golfe Persique, c'est l'endroit dans le monde où il y a le plus de pétrole au monde.
06:29C'est-à-dire que toute l'économie mondiale repose sur ses ressources pétrolières.
06:35Et l'Iran a la deuxième réserve de gaz au monde et la troisième réserve de pétrole au monde.
06:40Donc, si vous voulez, dans la volonté de Trump d'augmenter la production de pétrole
06:48pour baisser les cours du pétrole, pour relancer l'économie,
06:52cet aspect a un rôle extrêmement fort.
06:55Et il va sans dire que Donald Trump est aussi un businessman.
07:02Donc, si vous voulez, derrière l'accord du nucléaire, derrière cette question-là,
07:06il va y avoir des enjeux économiques extrêmement importants.
07:09Car l'Iran est un pays très riche au niveau économique.
07:12Et il va vouloir négocier des contrats dans le pétrole, le gaz,
07:15remplacer toute la flotte aérienne de Boeing, etc.
07:19Donc, si vous voulez, il y a tout qui rentre en ligne de compte.
07:21Il y a le nucléaire, ça c'est le premier volet.
07:24La défense iranienne, c'est les missiles balistiques.
07:29Ensuite, il y a toute l'économie et la politique intérieure.
07:35Mais je crains que la politique intérieure arrive en dernier dans cette hiérarchie.
07:39C'est-à-dire que dans un premier temps, il y a le nucléaire, c'est le plus important.
07:42Ensuite, la défense iranienne avec les missiles balistiques.
07:46Ensuite, le rôle de l'Iran dans la région.
07:50Et l'Iran et les États-Unis peuvent trouver un accord pour éviter que la situation s'embrade.
07:59Et puis, après, le volet économique.
08:01Et ensuite, le volet de politique intérieure.
08:03Mais la politique intérieure arrivera en dernier.
08:05Un dernier mot rapidement, Sébastien Renu.
08:07Qu'est-ce qu'il reste de ce mouvement de contestation d'il y a quelques semaines en Iran ?
08:13Beaucoup de larmes, beaucoup de tristesse et beaucoup de colère.
08:20Beaucoup de colère vis-à-vis du régime, évidemment.
08:24Et puis de tristesse.
08:26Parce que, bon, on est encore dans une période de deuil, si vous voulez.
08:29Parce que là, il y a eu beaucoup, beaucoup de morts.
08:30Donc, toutes les familles et tout l'Iran entier est endeuillé.
08:33Tout le monde est un peu sidéré par ce qui s'est passé.
08:35Parce que personne ne s'attendait.
08:37Moi-même, je ne serais jamais attendu à une telle répression.
08:42Merci.
08:42Ensuite, il y a aussi un sentiment de trahison, je vous dis, par rapport aux États-Unis qui ont fait des promesses en l'air et qui ne l'ont pas tenu.
08:50Merci beaucoup, Sébastien Oignot, d'être intervenu sur notre antenne ce matin.
08:56Enseignant-chercheur en sciences sociales, personophone, auteur de ce livre, La modernité iranienne, publié chez l'Armatan.
09:02Merci beaucoup.
09:03Et pour boucler ce chapitre, il y a noté que France 24 consacre un document spécial à cette révolte en Iran et à la répression qui s'en est suivie.
09:12Iran, la révolte, massacrée, c'est son titre.
09:14Le film est diffusé ce samedi soir à partir de 22h sur notre antenne.
Comments

Recommended