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  • il y a 1 semaine
Avec ses invités, Thierry Cabannes débattent des thèmes forts de la journée.

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Transcription
00:00C'est le témoignage de la maman de Théo. Théo, c'est cette étudiante dont on a beaucoup parlé de 19 ans,
00:05qui a été agressée samedi soir à Lyon par cinq jeunes, tous mineurs.
00:09Ces cinq mineurs ont été placés sous contrôle judiciaire, mais relâchés.
00:13Vincent Ferrandez nous raconte tout cela.
00:17Rentre de son job étudiant samedi soir dernier, Théo, 20 ans, se fait agresser roué de coups par une bande d'adolescents
00:22pour lui voler son téléphone portable.
00:25Cinq jeunes, âgés de 14 à 17 ans, ont été interpellés.
00:28Ils ont été placés sous contrôle judiciaire, en attendant d'être jugés par le tribunal pour enfants
00:33pour vol avec violence et agression.
00:36Selon la mère de Théo, le jeune homme est dévasté, mais ne ressent pas de colère vis-à-vis de ses agresseurs.
00:42Alors, il ne ressent pas de haine, parce qu'en fait, on a compris,
00:45on a compris que c'était des gamins qui, au moins deux, depuis petits, ont, eux, subi du harcèlement.
00:53Eux ont subi des coups.
00:54Ce sont des familles qui sont très aisées.
00:56Ce sont juste des familles qui, toutes, depuis un, deux, trois, quatre ans, demandent de l'aide.
01:02Et rien n'a été mis en place.
01:03Avec son colocataire, ils ont fait le choix de déménager.
01:06C'est notre mission.
01:07La semaine prochaine, on va prendre un déménageur pour ne pas y retourner, nous.
01:11Et on va le déménager.
01:12Son colocataire va devoir déménager.
01:15Mon fils, il est en arrêt, mais il va devoir démissionner de son emploi étudiant.
01:19Et son année scolaire est sûrement terminée.
01:21Donc, il a perdu un an.
01:22Donc, son diplôme ne sera pas validé.
01:24Florence appelle à un rassemblement mardi prochain à Lyon pour, dit-elle, alerter sur une justice qui est en train de mourir à petit feu et pour porter le combat de son fils.
01:34Louis de Regnel, qu'est-ce qu'on peut dire sur la justice des mineurs ?
01:38On sait bien quand il y a eu le projet, on était retoqués.
01:40Oui, elle a été retoquée par le Conseil constitutionnel.
01:43Et on se met à la place de cette maman, de son fils.
01:48C'est terrible.
01:48Ce qui est assez consternant dans cette histoire, au-delà de l'émotion légitime, c'est qu'à chaque fois qu'un drame se produit, tout le monde a plein d'avis sur le sujet.
01:55Tout le monde veut durcir la loi, y compris dans la classe politique.
02:01Et puis, dès que les députés, les parlementaires sont confrontés à la responsabilité de leur vote,
02:05eh bien, il y a toujours des bonnes raisons pour ne surtout pas voter des mesures fermes.
02:10Ou bien, il y a le Conseil constitutionnel qui vous explique qu'on a déjà poussé toutes les limites de la Constitution sur le sujet.
02:17Et donc, ça nous amène quand même à se poser des questions, en fait, sur ce sujet de la délinquance des mineurs,
02:20mais comme sur énormément de sujets, y compris celui que vous évoquiez, la question de la lutte contre l'antisémitisme,
02:25la question même de la maîtrise migratoire.
02:27Sur tous ces sujets, l'espèce de paquet régaliens au sens large dans la société,
02:32on voit bien qu'on n'arrive pas à avancer, on touche du doigt toutes les limites de tout.
02:37Donc, il faut vraiment se mettre à réfléchir, à créer un nouveau système, à réellement faire un reset et créer un nouveau système.
02:45Tout le système du droit dans lequel nous vivons a été fondé, a été réactualisé après la Seconde Guerre mondiale.
02:53Et donc, on vit avec cette philosophie-là.
02:55Et aujourd'hui, on se rend compte d'une chose, c'est que le droit, malheureusement, dans beaucoup de situations,
03:00protège plus le coupable que la victime, protège plus le fort que le faible.
03:05Et donc, on voit bien que ça ne fonctionne pas.
03:07Et puis, il y a aussi l'État qui n'est plus respecté.
03:09Vous voyez bien, tous les recours devant les...
03:12Alors ça, c'est plutôt la juridiction administrative, mais l'État n'arrive pas à faire appliquer une politique.
03:17Je pense en matière d'immigration, on en parle très régulièrement ici, c'est absolument catastrophique.
03:22Donc, il faut tout repenser, puisque même si vous étiez député demain, si vous voulez faire déposer une proposition de loi pour durcir la législation sur ce sujet,
03:33eh bien, vous aurez non seulement plein de personnalités politiques qui seront contre secrètement, qui voteront pas ou qui auront piscine,
03:40et puis à la fin, vous aurez le coup près du Conseil constitutionnel qui vous empêche d'avancer.
03:44Donc, en fait, moi, j'ai l'impression, ce qui est assez terrible, c'est qu'il y a, je pense qu'il y a encore des parlementaires qui y croient,
03:51mais la plupart de ceux qui continuent de faire des propositions de loi, en réalité, ils vous disent, bon, je la dépose, comme ça, ça fera un peu parler,
03:58mais ils savent pertinemment que ça ne pourra pas aller jusqu'au bout, puisqu'il y aura un instant d'entrave dans le Conseil constitutionnel.
04:05Et oui, Emmanuel Kimoun, quand on voit toutes ces affaires que nous avons évoquées depuis le début de notre émission,
04:09et puis nous avons Emmanuel Macron qui déclare chez nos confrères de Brut que la vie, c'est chouette, il nous reste un an,
04:15et que peut-être qu'évidemment, il y a des choses à faire, on n'a pas tout bien fait, mais il reste encore un an.
04:21Et on en est là, quand je vois tout ce que nous commentons ensemble, régulièrement sur ces plateaux.
04:26Moi, j'ai l'impression que ça n'intéresse pas beaucoup, la violence, la réalité, ce qu'on décrit ici, l'effet de société.
04:33La question que je pose à l'avocate, c'est celle de la justice, parce que d'un côté, vous avez quand même un arsenal,
04:39juridique, qui existe, vous avez des positions politiques, que ce soit sur l'antisémitisme, on dit, attention,
04:44grande cause nationale, il faut y aller, il faut que la justice y aille à fond.
04:48La violence des mineurs, attention, il faut y aller aussi, on ne peut pas changer la loi, mais quand même,
04:55il faut qu'on soit, on augmente les sanctions.
04:57La réalité, c'est que s'ils sont dehors aujourd'hui, c'est qu'ils ont été, pour l'instant, ils sont poursuivis pour vol aggravé.
05:02Alors que, vous regardez les images, on a l'impression que ce gamin, on a voulu le tuer, en réalité,
05:07donc on aurait pu le poursuivre pour d'autres raisons.
05:09Mais là, avec vol aggravé, ils sont dans la nature, ils sont dehors, ils ne sont même pas en prison,
05:14et c'est Théo qui, aujourd'hui, va devoir quitter son appartement, va devoir arrêter...
05:19Va perdre une année d'études.
05:20Va devoir, non seulement, perdre son année d'études, va devoir rembourser son pré-étudiant alors qu'il ne va pas aller au bout.
05:27Enfin, c'est lui, la victime, et il est doublement victime dans cette affaire.
05:30On a l'impression que personne ne l'entend.
05:31Et la justice, d'une certaine manière, en disant simplement vol aggravé, le condamne doublement, me semble-t-il.
05:39Caroline, dernier mot ? Et Muriel, peut-être ?
05:41Et l'un de ces mineurs avait 25 condamnations à son accueil.
05:45Oui, long CV.
05:47Mineur, mais long CV.
05:48Exactement, malheureusement, sacré pédigré.
05:51Mais effectivement, on ne le dira jamais assez, les ados de 15 ans d'aujourd'hui ne sont pas ceux de notre génération.
05:56Donc il faudrait revoir l'abaissement concernant l'excuse de minorité, arrêter de justifier l'injustifiable.
06:04Il y a une défaillance étatique dans cette histoire aussi.
06:07Et moi, je tiens à saluer, évidemment, en dehors du courage et du traumatisme de ce jeune homme,
06:12sa maman, que je trouve extrêmement nuancée et modérée.
06:14Elle dit quand même que son garçon, après tout ce qu'il a vécu, il a sans doute vu la mort en face,
06:19et c'était la troisième fois qu'il était agressé par ces jeunes, n'a pas de haine vis-à-vis d'eux.
06:23Vous vous rendez compte, la résilience de ce jeune garçon qui n'a que 19 ans ?
06:26Donc effectivement, s'il n'y a pas un énorme coup de balai, si on ne retourne pas la table concernant le régalien,
06:32on n'y arrivera jamais.
06:33Et vous savez ce qui m'inquiète ?
06:35C'est qu'il y a énormément de citoyens qui commencent à s'auto-armer.
06:37On en a parlé plusieurs fois.
06:38Et c'est la réalité, parce que les policiers font leur travail,
06:42et malheureusement, la justice, pour certains d'entre eux, sont encore et toujours dans une idéologie.
06:46Muriel, au moment de la fin sur le sujet, évidemment, je suppose que vous avez une réaction.
06:51Sur la justice des mineurs, c'est quand même un sujet très grave, très grave, très important.
06:57Deux observations.
06:58La première, c'est qu'effectivement, on travaille avec des textes qui ne sont plus du tout adaptés aux mineurs d'aujourd'hui.
07:03Ça, c'est vrai.
07:05Et la deuxième observation, c'est certain qu'on a une façon de penser, une idéologie de certains magistrats,
07:12dans la justice des mineurs, qui fait qu'on cherche véritablement à accompagner, à comprendre,
07:18et un peu moins à sanctionner.
07:20Donc, il faut peut-être changer le logiciel.
07:22Il est grand temps, à mon sens, de revoir les choses,
07:24et surtout, de se doter de moyens financiers,
07:28parce que, véritablement, la justice des mineurs est terriblement pauvre.
07:33Il faut le savoir, il n'y a pas d'éducateurs, il n'y a pas de greffiers,
07:36il y a des cabinets qui sont surchargés.
07:37Tout ça ne permet pas de s'améliorer, et tout ça ne permet pas de tirer notre justice,
07:43et de traiter la justice des mineurs comme elle devrait l'être,
07:45c'est-à-dire une priorité, et quelque chose de qualité, qui soit véritablement de qualité.
07:50Merci d'être passé nous voir, Muriel, Joaquin, Melky.
07:54On marque une nouvelle pause sur Europe 1 et sur CNews.
07:56On ouvre une page internationale, ce soir,
07:58les négociations entre l'Iran et les États-Unis.
08:01On fera un point complet, on aura le plaisir d'accueillir Alexandre Delval, géopolitologue,
08:06et puis on en parlera avec Olivier Benkémoun et nos invités,
08:09Louis de Ragnel, Caroline Pilastre, évidemment,
08:11et encore une fois, merci, Muriel, Joaquin, Melky.
08:13A tout de suite sur Europe 1 et sur CNews.
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