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  • il y a 21 heures
Le « roi du kebab » Hakim Benotmane est aujourd’hui dans la tourmente. Il est accusé de mentir sur la cession de sa franchise « Nabab Kebab » et vivement critiqué pour le manque de sérieux de son club d’investisseurs. Alors, est-ce « de la jalousie », comme il dit ? Ou bien ses affaires méritent-elles vraiment d’être interrogées ? Nous avons enquêté.

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Transcription
00:00Il y a une petite polémique dans le milieu du kebab en ce moment, peut-être que vous en avez entendu parler.
00:06Je vous donne un petit indice.
00:07Cette marque.
00:08Ou alors peut-être que vous êtes tombé sur ce gros clash.
00:11Et Notman, il n'y a que dans ta tête que t'es riche.
00:14Tout le monde le sait.
00:15Anthony Bourbon, personne ne le prend pour un entrepreneur.
00:17Tout le monde sait que c'est un imposteur.
00:20Celui qu'on a longtemps surnommé le roi du kebab, avec sa franchise Nabat Kebab, répandu dans toute la France,
00:26serait aujourd'hui dans la sauce.
00:28Soit il est totalement fou, soit il a une vraie maladie.
00:33Dans ces cas-là, il faut le faire interner.
00:35Soit c'est un véritable escroc et il y a un moment où il faut qu'il finisse en prison.
00:38Je comprends qu'il y ait des frustrés, qu'il y ait de la jalousie.
00:41La France, c'est comme ça.
00:42Vos salariés vous jalousent, vos fournisseurs vous jalousent, etc.
00:45Parce que vous représentez ce qu'ils ne sont pas.
00:48Alors est-ce vraiment de la jalousie ?
00:49Ou bien les business d'Akim Benutman méritent-ils vraiment d'être interrogés ?
00:53Bienvenue dans ce nouveau business drama.
00:55Pour éclairer cette histoire, on a parlé à pas mal de monde.
00:58Et on a aussi interrogé le principal concerné, Akim Benutman.
01:02Aujourd'hui, je suis entrepreneur et investisseur à l'international.
01:06Dans plusieurs thématiques, je suis vraiment un opportuniste des affaires aujourd'hui.
01:09On vous prévient, c'est un dossier dense avec beaucoup de versions contradictoires.
01:13Pour ceux qui découvrent l'histoire, pas de panique, on reprend depuis le début.
01:16Akim Benutman n'a pas toujours été l'entrepreneur controversé d'aujourd'hui
01:21qui vit entre la Suisse, le Luxembourg et Dubaï.
01:25Je suis tous les jours entre deux avions.
01:27Non, non, non, au départ, c'est un ado comme vous et moi
01:29qui, pour se faire des sous, fabrique lui-même les broches des viandes des kebabs de tour.
01:33À 19 ans, il ouvre son propre kebab et la mayonnaise prend.
01:37Il crée alors d'autres établissements, puis décide de lancer sa franchise.
01:40J'ai commencé à entreprendre à l'âge de 17 ans.
01:42J'ai monté ma première chaîne à 19 ans.
01:44J'étais indépendant financièrement à 20 ans, voire 21 ans
01:47quand j'ai vendu mon premier fonds de commerce.
01:49Dans les années 2010, les kebabs nababs se multiplient un peu partout en France.
01:54Les médias adorent sa chaîne de resto
01:56qui démocratise ce sandwich de viande à la sauce blanche pour ma part.
02:00La team samouraï ne me tombait pas dessus.
02:02Aujourd'hui, le réseau s'étend à 26 points de vente.
02:06Et donc là, on a 14 francisiers de signés pour l'année 2010-2011.
02:10Et l'imagination d'Akim Ben Hotman est sans limite.
02:13Le potentiel est énorme.
02:14Ils se vendent chaque jour plus de kebabs que d'hamburgers en France.
02:17Je dirais qu'à court terme, notre but c'est 100, à long terme c'est 1000.
02:20Dans un podcast publié en 2024,
02:23Hakim Ben Hotman affirme avoir eu jusqu'à 135 restaurants en France et dans le monde.
02:28En janvier 2026, dans notre studio, ce nombre est un peu revu à la baisse.
02:32Entre 2003 et 2014, on a développé jusqu'à 125 restaurants à travers le monde.
02:36Il y avait la moitié en France et la moitié à l'étranger.
02:38Bref, les chiffres varient selon le temps et surtout, ils sont contestés.
02:43Pour tenter d'y voir plus clair, je suis allée sur le site Wayback Machine qui archive Internet.
02:50J'y ai retrouvé l'historique du site nababkebab.com, désormais inactif.
02:54Le 25 février 2014, il recensait 33 restaurants nabab dans le monde, dont 11 en cours d'ouverture.
03:01Le 30 septembre 2015, le site indiquait 39 restaurants nabab dans le monde, dont 8 en cours d'ouverture.
03:07Bon, on est en 2015, peut-être que le site a un peu de mal à se mettre à jour.
03:11Après tout, c'est le début du déploiement de la fibre.
03:12Mais on est tout de même loin de la grosse centaine de restaurants annoncés par Hakim Ben Hotman.
03:17Dommage que mon collègue Jules Grandin n'ait pas cartographié à l'époque tous les nababkebab.
03:21Pourtant j'en ai cartographié les kebabs.
03:23Aujourd'hui, sur Google Maps, on en a compté 9.
03:27Bon, ça, ça va, c'est pas trop compliqué.
03:29Pourquoi c'est intéressant de connaître l'étendue de cette franchise ?
03:32Parce que tout le storytelling d'Hakim Ben Hotman va se construire sur ce succès.
03:36Avec le couronnement ultime, la revente de nababkebab en 2014.
03:41Et c'est des 30 ou 130 restaurants, bah c'est pas vraiment la même chose.
03:45On est monté jusqu'en 2014 avant que je vende le groupe, on est monté jusqu'à 125 millions de chiffres d'affaires.
03:51Nous, on a vendu une centaine de millions.
03:52Problème, cette revente, elle aussi, est contestée.
03:58En 2014, Hakim Ben Hotman affirme avoir vendu sa franchise pour plus de 100 millions d'euros à un fonds d'investissement étranger.
04:05Dans les médias, c'est un peu flou.
04:07Que dit Hakim Ben Hotman aujourd'hui ?
04:09Alors, je l'ai vendu très cher, aux alentours de 117 millions d'euros.
04:13Et c'était sur une valorisation, parce qu'après il y a de la dette, bien entendu.
04:16Et il vend quoi exactement ?
04:18Il n'y a pas eu une cession de la marque.
04:19Nous, ce qu'on a vendu, c'est vraiment les fonds de commerce, la partie franchise avec une licence.
04:24Mais j'ai toujours été propriétaire de la marque, et ainsi que de la vente, si vous voulez, des murs.
04:28C'était le foncier. En fait, ça a été vendu à deux fonds d'investissement.
04:31On a soumis ce scénario à un avocat spécialisé en franchise.
04:34Déjà, il s'est étonné de n'avoir jamais entendu parler de cette transaction importante.
04:38En temps normal, le rachat d'un gros groupe à plus d'une centaine de millions d'euros, ça passe rarement inaperçu.
04:43Mais bon, Hakim Benoîtman parle d'un deal très secret.
04:46Ensuite, l'avocat a trouvé cette approche surprenante.
04:49Quand un fonds d'investissement rentre au capital, la première chose qu'il va demander, c'est que la marque soit cédée à la société avant l'entrée au capital.
04:56Improbable donc, mais pas impossible.
04:58Certains fondateurs ne vendent pas toute l'entreprise.
05:01Ils gardent la marque et ne cèdent que la licence pour un pays.
05:04C'est par exemple le cas de Subway en France.
05:06Pour aller plus loin, on s'est penché sur plusieurs scénarios pour voir s'il y avait une trace de vente.
05:11Et attention, on rentre dans la partie technique de la vidéo.
05:14Et pour ça, on a été épaulé par l'expert comptable que vous connaissez peut-être, Jérôme Petit, alias Bienvenue au cabinet sur YouTube.
05:22Normalement, quand on vend un groupe, la vente du groupe se fait souvent via la cession de la société tête de groupe.
05:32Quand je suis un acheteur d'une franchise, c'est beaucoup plus simple pour moi de faire un acte et d'acheter une société qui détiendrait l'ensemble des sociétés
05:41plutôt que de devoir acheter unitairement toutes les sociétés d'exploitation.
05:45Quelle serait cette tête de groupe ?
05:48On a reconstitué, en galérant un peu, une chronologie.
05:51En 2003, Hakim Ben Hotman ou son premier kebab à Tours.
05:55Quatre ans plus tard, en 2007, il crée Nabab Développement qui deviendra NK des franchises et dépose sa marque.
06:00Quand on regarde l'objet social de cette société, c'est l'objet de franchiseurs.
06:05Économiquement, ce qui a le plus de valeur, ce n'est pas les restaurants, c'est le fait d'être le franchiseur.
06:10Les grandes franchises, elles n'essayent pas d'être gérants des restaurants parce qu'en règle générale,
06:15un restaurant, c'est beaucoup de difficultés pour très peu de rentabilité derrière.
06:20En 2011, il fonde HB Holding, la holding française qui chapeautera une partie de son business.
06:25Mais voilà, quelques années plus tard, en 2015, soit un an après la cession de 2014,
06:31le franchiseur NK des franchises est en difficulté financière.
06:35Elle est mise en liquidation judiciaire.
06:37Quel intérêt quelqu'un a d'acheter 120 millions et les jeter à la poubelle six mois plus tard ?
06:44Personne n'a n'intérêt à faire ça.
06:46Derrière cette liquidation judiciaire, il y a un petit détail intrigant.
06:49En 2014, Hakim Ben Hotman crée des sociétés au Luxembourg.
06:52NDN Développement SA, puis GBM Invest qui devient le franchiseur des restaurants en France.
06:58Le passage au Luxembourg, on peut l'entendre dans une philosophie, on va dire, d'optimisation fiscale.
07:05Après, ce n'est pas des choses que l'on voit obligatoirement,
07:08surtout que la fiscalité, pour le coup, en France,
07:12dans le cadre de ventes de groupes de sociétés et de titres de participation, est quand même assez faible.
07:17En 2015, la propriété de sa marque NABAB est transférée à NDN Développement au Luxembourg.
07:23Puis, en 2017, le groupe HD Odin passe elle aussi sous pavillon luxembourgeois.
07:28Elle est désormais détenue entièrement par NDN Développement.
07:31Le nom du représentant de cette société luxembourgeoise, c'est toujours lui.
07:37Donc si c'est toujours lui en 2016 ou 2017,
07:40ça veut dire que cette société luxembourgeoise, elle n'a pas été vendue en 2014-2015.
07:46Là, ce qui est surprenant, c'est que s'il n'a pas vendu la holding,
07:50je pense qu'il aurait dû vendre les restaurants.
07:52Pour voir s'il avait vendu des restaurants,
07:54on a donc récupéré les comptes publiés en 2014-2015 de son groupe HB Holding,
08:00qui détenait 20 filiales en France, surtout des kebabs.
08:03Il ne s'agit peut-être pas de l'intégralité des sociétés qu'il possède,
08:06mais ça peut déjà nous donner une idée.
08:08Selon Hakim Benotman, elles auraient été vendues à un fonds étranger.
08:11Dans cette hypothèse, accrochez-vous, il y a encore deux cas de figure.
08:14Alors, on va illustrer ça avec des boîtes de kebab.
08:20Soit il a vendu les fonds de commerce, c'est-à-dire l'activité, la clientèle, le matériel,
08:25mais pas les sociétés.
08:26Les sociétés restent dans les comptes de l'entreprise, sauf si elles sont liquidées.
08:29Et la vente des fonds de commerce doit être publiée au bulletin officiel des annonces civiles et commerciales.
08:34Sauf qu'aucune vente n'y apparaît pour ces 20 filiales.
08:37Soit il a vendu les parts des sociétés, les sociétés changent de propriétaire.
08:40Dans ce cas, elles ne devraient plus apparaître dans les bilans comptables.
08:43Or, elles y sont toujours en 2015.
08:47Résultat, aucun des deux scénarios ne colle avec les bilans comptables.
08:51Pour tenter de prouver qu'il a bien vendu, Hakim Benotman a publié dans une vidéo
08:55un document parlant d'une cession à 52 millions d'euros.
08:59Bien loin des 120 millions annoncés.
09:00C'est un document qui est très succinct, on va dire ça comme ça.
09:05Plusieurs noms ont été cachés.
09:06Ce qui a été attesté, c'est j'ai un document avec des noms cachés.
09:09Avec tous ces listings et tous ces détails,
09:12non, effectivement, les définitions, souvent, vous en avez déjà sur deux ou trois pages.
09:16Ça ne paraît pas être l'acte définitif.
09:19Pour moi, on est plutôt dans un préambule à une cession.
09:22Quelle conclusion peut-on tirer de tout ça ?
09:25Quand on regarde l'ensemble, à première vue, oui, il a bien créé un groupe de kebabs.
09:30Sur le reste, je comprends tout à fait que quand des gens cherchent,
09:34ils s'interrogent parce qu'on ne trouve pas grand-chose
09:36et que quand il dit qu'il justifie,
09:39les feuilles et les chiffres qu'il montre ne permettent pas de justifier avec certitude.
09:44Par contre, et ça, aujourd'hui, c'est une certitude, il y a un flou.
09:48Après ce gros flou, donc, Hakim Benotman affirme être parti en Asie entre 2014 et 2016.
09:54Mais la flamme du kebab ne s'est pas éteinte.
09:56En 2015, on l'aperçoit dans un envoyé spécial sur France 2, dans un de ses kebabs.
10:01Et en 2016, notre infatigable Hakim Benotman cherche à lancer de nouveaux concepts de franchise.
10:07En 2016-2017, j'avais une stratégie avec FBH de copier un peu un MTI canadien en France,
10:12mais je n'avais plus du tout la même énergie.
10:14Je shortais de 10 ans de développement en France, 1 an de développement en Asie,
10:19et j'étais vraiment essoré physiquement pour reprendre du développement.
10:23Et ça ne me passionnait plus autant qu'avant.
10:25Hakim Benotman gère donc ce groupe.
10:27Il est encore propriétaire de sa marque, donc il exploite les Nabab Kebab.
10:31Mais les galères commencent à s'accumuler.
10:35À partir de 2016, j'ai récolté des témoignages
10:37qui racontent les galères du réseau de Nabab.
10:40Certaines décisions de Benotman commencent à inquiéter.
10:42Un franchisé séduit par le concept des franchises multimarques
10:45ouvrent un Nabab Kebab, mais aussi un Tacos King et un Five Burger dans un food court.
10:50Très vite, les problèmes apparaissent.
10:52On s'est très vite rendu compte que l'accompagnement était quasiment inexistant.
10:56On a dû tout créer nous-mêmes, les menus, les manuels, tout ça.
11:01Il s'est avéré plus tard que ces marques étaient fictives, pour la plupart.
11:05Et ce n'est pas un cas isolé.
11:07Voir ça en pire.
11:08C'est un système d'excoquerie où ils vivaient de l'argent des nouveaux franchisés.
11:12Cet ancien salarié a longtemps travaillé avec Benotman.
11:15Il est parti sans toucher ses derniers salaires.
11:17Dès qu'ils étaient franchisés, ils lançaient tout de suite pour récupérer les droits d'entrée.
11:22Et par la suite, ils se précipitaient pour encaisser les redevances sans aucune prestation derrière.
11:28Les affaires vont mal et l'argent manquerait.
11:30Des retards de salaire sur tout le monde.
11:34Réguliers.
11:35Réguliers.
11:36C'était catastrophique.
11:38Au bout d'un moment, tout le monde téléphonait parce qu'ils ne touchaient pas leur paye,
11:42parce qu'ils avaient leur salaire en retard.
11:43On était obligés de faire des accomptes avec ce qui résistait.
11:46C'était vraiment terrible.
11:49Et pour récupérer de l'argent, certains recours sont, disons, peu orthodoxes.
11:53Il faut payer les salaires en G.
11:55Oui, et chômage partiel.
11:56T'as eu L sur le sujet ?
11:58Oui, je l'ai eu.
11:59Il m'a dit, pas de chômage partiel sur une nouvelle structure, car gros risque de contrôle.
12:03Ses SMS, c'est un échange entre Hakim Benotman et un de ses anciens salariés.
12:07J'ai discuté avec lui, voilà ce qu'il explique.
12:09Pour payer les salariés, parce qu'il n'y avait plus d'argent, il y avait la fraude au chômage partiel.
12:14Alors celle-là, elle était magnifique.
12:15Les salariés avaient été planifiés.
12:17Ils avaient été déclarés au chômage partiel.
12:18Ils avaient été payés une partie en cash.
12:20Et ça, j'ai dit, c'est pas possible.
12:22Depuis, Benotman semble avoir appris ses leçons.
12:24Les sociétés Covid, qui étaient créées pendant le Covid, n'avaient pas le droit de récupérer ces aides-là.
12:31Et si on avait créé des sociétés en amont, elles avaient le droit, par contre, de récupérer les aides.
12:36Enfin, il faut suivre, si vous voulez, les réglementations étatiques.
12:39Ce qu'on comprend surtout, à travers ces témoignages, c'est que les entreprises d'Hakim Benotman seraient en difficulté.
12:45Et ce n'est pas un simple passage à vide.
12:47Sa société, FBH Holding, entre en liquidation judiciaire.
12:50Puis, GBM Invest est déclaré en faillite, tout comme NDN Développement.
12:54Hakim Benotman conteste ces procédures.
12:56Il va écoper d'une interdiction de gérer une entreprise en France pendant 10 ans, après la faillite de FBH Holding.
13:02Pour Benotman, cette interdiction, c'est presque un malentendu.
13:05Quand il y avait cette interdiction, j'étais à Bali, je faisais de la promotion immobilière pendant un an.
13:09Et j'ai répondu au mandataire que je repasserais en France que dans un an.
13:13Et je m'en excuse auprès de lui, il l'a mal pris.
13:15Donc, il a été au tribunal, d'accord ?
13:17Et au tribunal, moi, je ne me suis même pas défendu.
13:19Il ne s'était effectivement pas présenté à son audience.
13:21Et la cour d'appel, qui a ramené de 10 à 6 ans l'interdiction de gérer, confirmait sa condamnation pour autre chose.
13:28Au moment de la liquidation de l'entreprise, il avait un déficit de 465 904 euros dans les comptes.
13:34Et les trois quarts des dettes avaient été créés dans les derniers mois avant la faillite.
13:38Pour cette entreprise, Benotman a été tenu responsable.
13:40Mais pour beaucoup de ces sociétés, sur le papier, ce n'est pas lui qui est aux commandes.
13:43Un nom revient souvent.
13:46Abdelkader Guétarni.
13:47À la tête d'une dizaine d'entreprises, dont plusieurs finiront en liquidation judiciaire.
13:53Et lui aussi a été interdit de gérer une entreprise en France.
13:55Il ne savait pas ce qu'il faisait. Il ne savait pas. Il ne lui parlait quasiment pas français.
14:01Mais deux fois où j'ai rencontré ce monsieur, il fallait quasiment lui traduire en arabe ce qu'il avait décrit et ce que la personne en face était en train de lui dire.
14:09Il avait confiance dans, soi-disant, son cousin. Et il acceptait de signer tout ce qu'il lui demandait.
14:15Bon, tout ça, on l'analyse aujourd'hui. Mais à l'époque, ce que le public pense, c'est surtout qu'Hakim Benotman a vendu nabab kebab pour plus d'une centaine de millions d'euros.
14:23Grâce à ça, il dit même avoir été dans le classement des 500 fortunes professionnelles en France du magazine Challenge.
14:29Le journal m'avait contacté pour me mettre dans le classement. C'était à l'époque où ils avaient mis Sushi Shop, etc.
14:34Et je n'ai pas voulu parce qu'en France, il faut quand même être discret.
14:38Mais j'étais dans les, je crois, 499e fortune de France. Fortune professionnelle encore une fois.
14:44J'ai vérifié les classements Challenge des 500 fortunes professionnelles en 2012, 2013 et 2014.
14:49Hakim Benotman n'y figure pas.
14:50Pour être sûr, j'ai aussi contacté Challenge. Et il ne fonctionne pas comme ça.
14:54Ils mettent simplement une astérisque pour indiquer si la personne ne souhaite pas apparaître.
14:58Mais le storytelling est déjà écrit. Et Benotman trouve une nouvelle vocation.
15:03Je suis rentré sur les réseaux sociaux par inadvertance il y a un an, à peu près un an et demi.
15:09Wissem qui m'a invité à un podcast. Je n'ai jamais voulu faire de podcast avant.
15:13Ça a très, très bien fonctionné parce que je parlais vraiment de vraies valeurs business.
15:16Je crois qu'on a fait un milliard de vues en très peu de temps, en quelques mois.
15:19Et donc, on m'a proposé de faire ce club parce que j'avais énormément de savoir-faire dû à mon parcours entrepreneurial.
15:24Et donc, j'ai accepté de faire ce club qui est un succès phénoménal aujourd'hui.
15:29Décortiquons ce succès phénoménal.
15:32Fin 2024, Benotman lance Acquisition, un club payant destiné à réunir des membres autour de conseils business, de réseaux et d'opportunités d'investissement.
15:41Il existe quatre niveaux d'adhésion.
15:43Silver à 2 000 euros.
15:45Gold à 5 000 euros, qui est le premier palier permettant d'investir dans les deals.
15:49Platinium à 10 000 euros.
15:51Et Black à 25 000 euros.
15:53Au départ, le club attire beaucoup de candidats.
15:56Mon idée, c'était d'investir un petit peu mes économies, de diversifier un peu mes sources de revenus.
16:01Mohamed a participé au challenge de 5 jours en juin 2025.
16:05Galvanisé, il a payé 5 000 euros pour rentrer dans le club.
16:07On parlait d'un nombre de places limité, on parlait d'un club élitiste.
16:11Il a été répété à plusieurs reprises que le club n'aurait que 100 membres et pas un membre de plus.
16:16Au début, c'est un peu l'excitation.
16:18Je me suis dit, attendez, il n'y a que 100 personnes et je suis pris.
16:21C'est génial.
16:22Ce membre témoigne anonymement.
16:24Il a mis 5 000 euros pour rentrer dans le club.
16:26En fait, je vais avoir un profil en fait qui au final est plutôt pas mal.
16:29En fait, pas du tout.
16:30Selon plusieurs sources, Acquisition rassemble au moins 700 membres.
16:34Et Ben Hotman affiche clairement ses ambitions.
16:37Vous allez voir, c'est hallucinant.
16:38Mais on a 70 000 de membres qui veulent entrer dans ce club.
16:41Mais comme on est élitiste, on n'accepte pas tout le monde.
16:43Il y a à peu près 900 membres aujourd'hui.
16:46On va en intégrer 1 100 au mois de février.
16:49Donc on sera à 2 000 membres fin février.
16:50Et on veut un maximum de 3 000 membres.
16:53Les membres suivent des cours en ligne, des lives et discutent sur l'application Discord.
16:58Au bout d'un mois, on se rend compte qu'il n'y a pas grand-chose, que c'est un petit peu creux quand même,
17:03qu'on nous a promis un carnet d'adresse, il n'y a pas de carnet d'adresse,
17:06qu'on nous a promis des formations à l'aise de bidon.
17:09Plusieurs grains viennent gripper la machine.
17:12Le 30 juillet 2025, le youtubeur MeCode sort une vidéo intitulée
17:16« J'ai infiltré une pyramide de Ponzi » sur le business d'un certain Kevin Valfin.
17:21Ce qu'on a découvert derrière la façade, c'est un système redoutable.
17:26Or, Kevin Valfin est associé dans deux entreprises,
17:29présentées comme des opportunités d'investissement du club acquisition.
17:32C'est la première alerte pour les membres.
17:34Les gens se mettent à discuter sur le Discord, l'intelligence collective fait son boulot.
17:38Mais les questions des membres restent sans réponse, comme le montent ces captures d'écran.
17:42Des postes sont censurés selon certains.
17:44Ils ont décidé de fermer le Discord et de passer sur Circle,
17:48qui est une autre plateforme qui leur permet, cette fois-ci,
17:51d'autoriser les messages avant publication.
17:54À cause de ces nombreuses questions, Mohamed, lui, est exclu du club.
17:57On ne lui rembourse pas ses 5 000 euros.
17:59Ces questions portaient notamment sur les investissements proposés au sein du club.
18:03Acquisition n'ayant pas encore l'agrément de l'autorité des marchés financiers
18:06passent par un intermédiaire qui crée pour eux des véhicules d'investissement légaux.
18:10On a d'abord une première entreprise, Rentable, qui se ravise.
18:14Puis une seconde, Equisafe, qui abandonne aussi l'acquisition.
18:18Equisafe se justifiera publiquement.
18:20Leur partenaire de vérification des profils
18:22n'a pas identifié l'interdiction de gestion en France et en Belgique de Ben Hotman.
18:27Il pointe aussi du doigt la communication floue d'acquisition.
18:29Les investissements ont été proposés au-delà du cercle restreint
18:33des 150 investisseurs autorisés par la loi.
18:35Et Equisafe, en se retirant, a remboursé les investisseurs
18:38qui avaient donné de l'argent pour supposément investir dans SpaceX, Perplexity et Mistral AI.
18:43Il y a une autre zone grise, c'est l'investissement d'Akim Ben Hotman dans les deals.
18:48Il devait mettre 50% de la mise de départ.
18:50C'est d'ailleurs ce qui a rassuré Mohamed quand le commercial le démarche.
18:54Pour moi, ça montrait que c'est des choses dans lesquelles il pouvait croire
18:57et puis il prend le risque aussi comme nous.
18:58Il m'a certifié qu'Akim était à 50% sur chacun des deals.
19:02C'était un mensonge clair et net.
19:04Les membres s'inquiètent aussi du sérieux des entreprises perso de Ben Hotman
19:08dans lesquelles on leur propose d'investir.
19:10Difficile d'avoir par exemple des infos sur FitFit ou encore Legal Society,
19:14des entreprises dont Hakim Ben Hotman est actionnaire
19:16et tout juste créé en Angleterre en septembre 2025,
19:20soit plusieurs mois après le lancement du club.
19:22Ces zones d'ombre et les polémiques ont eu un effet immédiat.
19:25200 à 300 membres auraient quitté le club selon plusieurs sources.
19:29Et ils n'auraient pas pu récupérer de l'argent de leur adhésion.
19:32On avait calculé qu'il a dû se faire entre 4,5 et 6 millions d'euros sur les inscriptions.
19:39Ce qui est plutôt pas mal.
19:41Et cet argent-là, 80% soi-disant dans le marketing.
19:44Ben Hotman, lui, nous assure pourtant qu'acquisition poursuit son ascension.
19:48On a réalisé aujourd'hui deux investissements.
19:50On vise, avant la fin de l'année 2026, une vingtaine de participations.
19:56On a trois partenaires, j'ai pas les lanchés, qui investis.
19:58Enfin, il y a trois intermédiaires.
20:00C'est pas qui m'occupe de ça, c'est le pôle financier qui s'occupe de ça.
20:02Mais on a trois plateformes SPV et on devrait avoir nos agréments MF très rapidement.
20:08Ben Hotman balaie toutes ses critiques.
20:10Il est persuadé que c'est une campagne de déstabilisation de la part de ses concurrents.
20:14De son côté, le collectif AVI, qui vient en aide aux victimes d'influenceurs,
20:17a reçu des dizaines de signalements.
20:19Ils expliquent que cela représente plusieurs centaines de milliers d'euros.
20:22Le collectif nous a indiqué envisager une plainte qui pourrait viser Ben Hotman
20:26pour pratiques commerciales trompeuses et escroqueries en bande organisée.
20:30Des clubs de réseautage et d'investissement menés par des personnes charismatiques,
20:34il y en a beaucoup aujourd'hui.
20:35Vous les voyez en pub sur YouTube ou dans les médias.
20:38Salut à toi, jeune entrepreneur.
20:40Et dans certains cas, on sait pas trop quoi en penser.
20:42Moi, je pense que la question, elle est vite répondue.
20:44J'espère que vous ne mangerez plus jamais votre kebab de la même façon.
20:46Abonnez-vous à notre chaîne et dites-nous en commentaire
20:49si vous voulez qu'on traite d'autres sujets sur l'influence et son business.
20:52A très vite pour un prochain business drama.
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