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  • il y a 11 heures
Anne Rosencher revient ce matin sur le procès en appel des complices de l'assassin de Samuel Paty, qui s’est poursuivi cette semaine à Paris.
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Transcription
00:00C'est l'heure de votre chronique signée Anne Rosencher. Bonjour Anne.
00:03Bonjour Marion, bonjour à tous.
00:05Vous revenez ce matin sur le procès en appel des complices de l'assassin de Samuel Paty
00:08qui s'est poursuivi cette semaine à Paris.
00:10Oui, un procès marqué par les saillis d'un avocat de la Défense, Francis Vuillemin,
00:15conseil du prédicateur islamiste Abdelhakim Seffrioui.
00:19Depuis l'ouverture du procès en appel, maître Vuillemin s'emploie à charger Samuel Paty,
00:25coupable selon lui, d'avoir offensé ses élèves musulmans
00:29en montrant en classe un dessin leur manquant de respect, je cite,
00:33coupable aussi de les avoir discriminés en proposant pourtant à l'ensemble de ses élèves
00:39la possibilité de sortir pour ne pas être choqué.
00:43Mardi encore, devant une collègue du professeur appelée à la barre,
00:47l'avocat déroulait sa démonstration.
00:50Si Samuel Paty avait retiré la caricature obscène de son cours, je cite,
00:55« Et si personne n'était sorti de la classe, alors, alors, dit-il,
01:01on ne serait pas dans cette salle d'audience aujourd'hui. »
01:05Bref, à l'entendre, Samuel Paty serait mort par l'effet collatéral de ses fautes présumées.
01:12Je ne sais pas à qui les propos de maître Vuillemin sont adressés.
01:17Au magistrat, vraiment ? Ou à l'opinion ?
01:20Que cherche-t-il à flatter ? Que cherche-t-il à insinuer, si ce n'est cette ranquaine
01:25que l'on connaît déjà et qui dit que les victimes ne sont pas celles que l'on croit ?
01:30Façon de conforter les uns qui le pensent déjà et d'intimider les autres
01:34qui continuent de vouloir enseigner la liberté d'expression parfois avec la boule au ventre.
01:41Quand finit le droit ? Où commence la politique ?
01:44Il y a quelque chose de l'offensive idéologique et de la guerre culturelle
01:48derrière la fausse logique de maître Vuillemin.
01:51Fausse logique qu'il convient de réfuter inlassablement sans se laisser intimider
01:56car l'enchaînement des causes n'est pas celui-là.
02:00Et cet enchaînement, quel est-il, Anne ?
02:02Si la collégienne, absente le jour du cours, n'avait pas menti sur ce qui s'était passé
02:07et si son père, indigné par avance contre une république qui l'exècre,
02:11n'avait pas livré le nom du professeur à la vindicte, alors Samuel Paty n'aurait pas été décapité.
02:17Si le prédicateur islamiste Abdelhakim Sefrioui n'avait pas tout mis en œuvre
02:22pour faire se lever un vent mauvais contre un professeur de la république seul dans la tempête,
02:27alors Samuel Paty n'aurait pas été décapité.
02:31Si le terroriste n'avait pas été informé, aidé, galvanisé tout au long des six jours
02:37durant lesquels il a fomenté son assassinat, Samuel Paty n'aurait pas été décapité.
02:44Tous ceux qui ont déjà assisté à un procès savent que la portée de ce qui se dit
02:49dans une salle d'audience n'a rien à voir avec l'agitation de la conversation publique.
02:54Les choses y sont dites dans le silence et la solennité devant des magistrats
02:59qui rendront leur jugement au nom du peuple français.
03:02C'est pourquoi il existe une histoire de France qui s'écrit dans ses grands procès.
03:07C'est pourquoi les paroles des prétoires ont souvent un écho politique,
03:12parfois pour le meilleur, cette fois pour le pire.
03:15N'en soyons pas dupes.
03:17Anne Rosencher, merci.
03:18Directrice déléguée de la rédaction du journal L'Express.
03:21Merci.
03:22Merci.
03:23Merci.
03:24Merci.
03:25Merci.

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