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  • il y a 14 heures
Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
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Transcription
00:00Bézorville de Martin Jova. Alors, Martin Jova parle de son film comme d'une comédie romantique mais aussi d'un film sur le monde du travail.
00:07À quelle catégorie appartenez-vous ? À quelle catégorie appartiennent vos personnages ?
00:11Moi, je pense que le mien, pour le coup, appartient au monde du travail.
00:15C'est dommage, il y avait une belle comédie romantique à faire avec vous.
00:18C'est vrai.
00:18Ben oui, c'est vrai.
00:19Elle restera y penser pour le prochain film.
00:22Moi, je pense qu'elle appartient un peu aux deux.
00:25Je pense que ce serait un petit peu un spoil de dire ce qu'elle fait dans la vie.
00:27C'est un personnage qui a été, je pense, un petit peu abîmé par l'amour et qui est très touchant.
00:40C'est le deuxième long-métrage de Martin Jova après Grand Paris.
00:44Vous connaissez Martin parce que vous avez déjà participé au premier film avec lui.
00:47Comment est-ce que vous définiriez cet univers si particulier qu'est le sien ?
00:51C'est un univers... En fait, il est très très fort, Martin.
00:55Quand même, il fait tout.
00:57Il écrit, il réalise, il joue le premier rôle de la plupart de ses films.
01:02Vraiment, c'est un acharné de travail.
01:03C'est un Alexandre Astier en air.
01:05Un petit peu, il a un côté... En fait, une immense détente quand même.
01:09C'est très fort.
01:10Moi, je suis ultra admiratif.
01:12Je l'avais rencontré.
01:13Il faisait le making-of d'un film dans lequel je jouais.
01:16On est devenus super potes.
01:17Et après, il m'a montré ses courts-métrages.
01:19Je le vois travailler.
01:20C'était Yves.
01:21Et vous, Anaïde ?
01:24Moi, j'adore le cinéma de Martin parce qu'il a un truc très...
01:29Sous ses airs de naïf, en fait.
01:32Il arrive à parler de sujets dont on ne parle pas beaucoup, mais sans être dans le conflit.
01:37Il a déjà une patte, de toute évidence.
01:39Et vous, vous en avez parlé en disant qu'il travaille sur la magie du banal.
01:43Est-ce qu'on peut développer un petit peu, s'il vous plaît ?
01:45Oui, je trouve qu'il sublime la banalité.
01:50La banlieue dont il parle, moi, c'est une banlieue dont m'a beaucoup parlé ma mère,
01:53qui était, en fait, en dehors des films qu'on voit sur la banlieue,
01:57un endroit parfois très calme où il y a...
01:59Banlieue pavillonnaire, oui, où il ne se passe pas grand-chose.
02:03Mais il y met quelque chose de très magique.
02:05Dans son premier film, Grand Paris, il faisait intervenir des extraterrestres.
02:10Il arrive à voir de la magie là où on n'en voit pas forcément.
02:13C'est un style qui vous a inspiré, je crois, quelques analyses et références, peut-être.
02:18J'adore le cinéma de Martin Jova parce que c'est l'éloge des mous,
02:21des gens pas performants, des gens qui font ce qu'ils peuvent,
02:24et c'est un peu nous dans la vie.
02:26Et je n'avais pas vu ça au cinéma...
02:27Ça en est pour vous ?
02:27Oui, bah écoutez, je n'avais pas vu ça depuis les débuts des années 2000,
02:32je ne sais pas si vous vous rappelez,
02:32où il y a eu plein de comédies américaines qui racontaient ces gens un peu mous.
02:36Moi, j'en ai ramené deux que j'adore, super grave, de Greg Dumontola.
02:39Le film, c'est film culte.
02:41Film culte, on est d'accord.
02:41Napoléon Dynamite.
02:43Et Napoléon Dynamite, exactement.
02:44Et pour moi, est-ce que ces deux films, c'est une référence qu'il vous a donné,
02:48cette espèce de faire de la comédie américaine à la française ?
02:50Il vous a parlé de ça ?
02:51Il parle tout le temps, super grave.
02:52Oui, il en parle en permanence.
02:54C'est un peu notre Michael Serra à nous, Martin Jova.
02:56Un petit peu, et il est très influencé aussi par l'univers du manga.
03:01Il lit la culture japonaise avec la culture américaine et tout ça à Shell dans le 7-7.
03:11Donc vraiment, ça donne un résultat qui est...
03:13Il a un style déjà hyper marqué, hyper beau.
03:16C'est plein d'influences, et en même temps, il n'y en a aucune qui prend le pas sur les autres.
03:19Ce qui fait que ça ne ressemble qu'à lui.
03:20Et pourquoi Shell, précisément, dans le 7-7 ?
03:23Il est natif, il vient de là-bas.
03:24OK, il vient de là-bas.
03:25Oui, complètement.
03:26C'est ses racines.
03:27Et son pays, c'est de Tiekert.
03:29C'est de la chaleur.
03:29Il tourne à la maison, quoi.
03:30Il tourne à la maison, oui.
03:31Et effectivement, il sublime ce lieu géographique qui n'est pas...
03:37Moi, j'ai grandi dans le 7-7 aussi.
03:39Et c'est vrai que ça peut être un peu déprimant.
03:41À Servon, à côté de Brie-Controbert, dans un village de 3000 habitants, il n'y avait pas grand-chose.
03:45Ça, Brie-Controbert, ça fait un peu rêver.
03:47Entouré de champs de betteraves.
03:48Quand on voit tous les personnages de Bais-en-Ville, on a l'impression d'assister à une espèce de galerie de l'évolution de l'adulte.
03:54Ça métamorphose.
03:56C'est joliment dit, ça.
03:57Joliment dit.
03:58Il y a plein d'infos complètement contradictoires aujourd'hui.
04:02On commence notre vie plus tard, on fait des enfants plus tard.
04:05On est aussi beaucoup plus individuels.
04:08On pense aussi plus à notre bien-être, j'ai l'impression.
04:10On est moins acharnés au travail, comme l'étaient peut-être nos parents.
04:15Mais il y a aussi tous ces dictates de bien-être, d'être le meilleur.
04:20Et puis, on voit des success stories partout.
04:21Donc, c'est un peu plein de messages un peu contradictoires qui peuvent un peu perturber quand on a 30 ans.
04:27Justement, le film, c'est une comédie à l'humour doux, tendre, presque à contre-courant dans une société du ricanement perpétuel.
04:35Est-ce que c'est une forme de rire qui vous plaît ?
04:38Complètement.
04:39Et qui vous parle surtout.
04:40Oui, oui.
04:41Moi, j'ai aussi ce que j'aime beaucoup dans les films que fait Martin, c'est comment il traite la masculinité aussi.
04:48Les rapports entre hommes, ils sont très tendres, ils sont très doux.
04:51Il n'y a pas de...
04:53C'est quelque chose qui me touche.
04:54J'aime beaucoup ça.
04:55Et il y a beaucoup d'émotion, en fait, au final.
04:57On ne s'en rend pas vraiment compte, mais il nous mène un peu comme ça.
05:00Sans qu'on s'en rend compte.
05:00Oui, un peu par la main.
05:02Et puis, on finit...
05:03Enfin, moi, je finis en voyant le film à Cannes.
05:06À la fin, j'ai pleuré tout simplement.
05:09Oh, oui.
05:09Mais après, ça, c'est parce que je suis très tendue.
05:13Non, mais c'est vrai que c'est rare.
05:15C'est une ode à la gentillesse aussi.
05:17Il n'y a pas de méchant dans le film.
05:19Le seul conflit qu'il y a, c'est le conflit.
05:21Oui, la gentillesse, mais sans être nièvre ni neuneu.
05:22Oui, c'est ça.
05:23Mais en fait, Martin, il fait aussi beaucoup référence à Candide, de Voltaire,
05:28en disant qu'il arrive à parler des sujets dont il veut parler
05:33en y allant sans conflit, sans qu'il y ait de méchant.
05:36Le seul conflit qu'il y a, c'est le conflit en lui-même,
05:39enfin, en chaque personnage.
05:41Et toi, tu disais quelque chose d'intéressant.
05:42Tu disais le conflit, c'est aussi la ville.
05:44Oui, l'antagoniste.
05:46Enfin, il n'y a pas un super...
05:47Merci, je t'en ai fait.
05:48Non, mais le méchant, il n'est pas personnifié comme dans les films de super-héros.
05:54C'est le méchant, dans le film, c'est les infrastructures,
05:57c'est les transports, c'est le mobilier urbain,
06:00c'est la société, c'est le monde, en fait, qui l'empêche.
06:04Et ça, c'est vachement...
06:06C'est captivant, moi, je trouve ça génial.
06:07Alors, il dit toujours qu'il écrit ses personnages
06:09en pensant aux acteurs qui vont les incarner.
06:11Alors, qu'est-ce qu'il a pu voir de vous
06:12dans les personnages que vous jouez dans ce film ?
06:16Il y a des trucs, je ne sais pas si on doit bien le prendre.
06:18Mais en tout cas, en tant qu'actrice, c'est hyper agréable.
06:21En tant que jeune actrice, moi, je passe beaucoup de castings,
06:23on ne m'écrit pas encore des rôles.
06:25Donc, c'est trop agréable, parce que dès que tu lis le scénario,
06:28il écrit avec la voix de chacun.
06:31Et ça, c'est une grande qualité de réalisateur
06:33quand les personnages du film, de la personne,
06:35ne parlent pas de la même façon.
06:38Oui, je pense qu'il pousse à son paroxysme certains de nos traits.
06:42Vous avez dû suivre une formation particulière pour les cascades,
06:45qui sont très physiques.
06:46Vous avez une scène de bagarre, vous...
06:48Toi, tu as de la cascade ?
06:48Moi, j'ai de la trottinette.
06:49La trottinette, oui.
06:50La trottinette à deux, c'est très difficile.
06:52Voilà, c'est très impressionnant.
06:54Très bien joué.
06:54On est là, quand même.
06:56Grosse cascade, là, waouh.
07:00Oui, oui, moi, j'ai fait quelques séances
07:02avec une cascadeuse professionnelle.
07:05C'était très bien.
07:05C'est un univers assez étrange, particulier, poétique, perché.
07:09On vous félicite de participer à ce jour d'entreprise.
07:11Merci beaucoup.
07:11Félicitations à Martin Jova.
07:12Merci.
07:13Merci.
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