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Le 4 février, la commission des affaires étrangères du Sénat auditionnait Gaspard Estrada, directeur exécutif de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes à Sciences Po, politologue à l’unité du sud global à la London School of Economics. A l’ordre du jour : l’enlèvement du président vénézuélien par les Etats-Unis, en janvier 2026 et ce qu’il révèle de la politique que Donald Trump veut mener en Amérique latine. Le chercheur a exposé l’impact de cette intervention sur Cuba, la Colombie, le Panama, mais aussi le Salvador ou encore le Costa Rica. Revivez leurs échanges. Année de Production : 2025
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00:00:00Générique
00:00:00Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans 100% Sénat,
00:00:13l'émission qui vous permet de plonger au cœur de l'actualité sénatoriale.
00:00:16Aujourd'hui, nous allons suivre l'audition de Gaspard Estrada,
00:00:19directeur exécutif de l'Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes à Sciences Po,
00:00:24interrogé par la Commission des affaires étrangères du Sénat autour d'une question,
00:00:29est-ce que l'attaque américaine au Venezuela réintroduit la doctrine Monroe sur le sous-continent ?
00:00:35On regarde.
00:00:36Donc mes chers collègues, nous avons le plaisir d'accueillir ce matin M. Gaspard Estrada,
00:00:41politologue à l'unité du Sud Global à la London School of Economics.
00:00:45M. Estrada, je vous remercie d'avoir accepté notre invitation.
00:00:48Notre Commission considère que le sous-continent latino-américain doit constituer une priorité pour la diplomatie française.
00:00:54C'est la raison pour laquelle plusieurs missions d'information ont été menées dans la région au cours des dernières années.
00:01:01En 2025, une délégation s'est ainsi rendue au Brésil et au Pérou,
00:01:04tandis qu'une seconde mission s'est déplacée au Guyana et en Guyane.
00:01:08Cette année, une nouvelle mission se rendra en Argentine et au Chili.
00:01:11Par le passé, il y avait déjà eu un certain nombre de missions qui s'étaient déplacées au Brésil et dans d'autres pays,
00:01:17Colombie, d'Amérique du Sud.
00:01:20La nuit du 3 janvier dernier, qui a vu la capture spectaculaire de Nicola Maduro et de son épouse Silvia Flores à Caracas
00:01:26dans le cadre de l'opération états-unienne Absolute Resolve,
00:01:31a constitué un bouleversement géopolitique majeur, non seulement pour l'Amérique latine, mais aussi à l'échelle mondiale.
00:01:37Ce n'est pas la première fois que les États-Unis mènent une telle action en Amérique latine,
00:01:41mais il faut remonter en 1989 avec l'intervention au Panama et l'arrestation du président Manuel Noriega
00:01:46pour retrouver un précédent comparable.
00:01:49Cette opération marque une remise en cause manifeste du droit international par les États-Unis.
00:01:54L'argument avancé est celui de la lutte contre le narcotrafic,
00:01:56alors même que le Venezuela n'apparaît que comme un pays producteur et exportateur secondaire.
00:02:02D'autres intérêts, notamment énergétiques, sont évidents,
00:02:05et Donald Trump ne s'en cache pas par ailleurs.
00:02:08Vous pourrez à cet égard nous livrer votre analyse des motivations réelles de cette action
00:02:13et sur les différents scénarios possibles pour le Venezuela dans la période qui s'est ouverte le 3 janvier.
00:02:18Merci si vous pouvez, un peu moins fort.
00:02:20Les réactions des pays du sous-continent ont été contrastées.
00:02:26La Colombie, le Brésil, le Chili, le Mexique et l'Uruguay ont condamné cette intervention.
00:02:30A l'inverse, l'Argentine, la Bolivie, l'Équateur, le Panama l'ont soutenue.
00:02:36Le Guyana a adopté une position plus mesurée,
00:02:40saluant le leadership américain tout en appelant au respect des procédures démocratiques,
00:02:44position également exprimée par la communauté caribéenne, la CARICOM.
00:02:47Par ailleurs, des menaces ont été formulées par Donald Trump à l'encontre de la Colombie et de Cuba.
00:02:53Jeudi dernier, le Président Trump a d'ailleurs signé un décret
00:02:56en vertu duquel les États-Unis pourraient imposer des droits de douane
00:02:58aux pays vendant du pétrole à Cuba,
00:03:01accentuant encore un peu plus la pression sur l'île.
00:03:05Vous pourrez nous indiquer si, selon vous, une intervention américaine dans ces deux pays est plausible
00:03:08et dans l'affirmatif, qu'elles pourraient en être les formes.
00:03:13Il se pose également la question du canal de Panama,
00:03:15dont, à plusieurs reprises déjà, Donald Trump a exprimé la volonté de reprendre le contrôle
00:03:22dans un contexte de rivalité avec la Chine.
00:03:25L'arrestation de Nicolas Maduro peut être analysée comme une application très concrète
00:03:30d'une doctrine Monroe revisitée, qualifiée par Donald Trump lui-même de doctrine Monroe,
00:03:36affirmant la suprématie des États-Unis sur les Amériques.
00:03:39Cette doctrine a d'ailleurs été expliquée dès le 2 décembre 2025,
00:03:43lors de la publication de la stratégie de sécurité nationale américaine.
00:03:47La stratégie de défense nationale des États-Unis, publiée le 24 janvier dernier,
00:03:52rappelle pour sa part que si les voisins des États-Unis d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud
00:03:56ne prennent pas leur part dans la défense des intérêts communs,
00:03:59les États-Unis seront prêts, je cite, à prendre des mesures ciblées et décisives
00:04:04qui serviront concrètement les intérêts des États-Unis.
00:04:07C'est le corollaire Trump à la doctrine Monroe
00:04:10et l'armée américaine est prête à l'appliquer avec rapidité, puissance et précision,
00:04:15comme le monde l'a vu lors de l'opération Absolute Résole.
00:04:19Nous souhaiterions connaître votre regard sur cette doctrine,
00:04:21ses implications pour le sous-continent et sur la manière dont elle est perçue par les États de la région.
00:04:25Quelles conséquences potentielles cette évolution pourrait-elle avoir sur nos territoires,
00:04:30en particulier pour la Guyane ?
00:04:32Et enfin, le contexte politique régional est marqué par des échéances électorales majeures.
00:04:36En 2025, Javier Milay a été conforté lors des élections de mi-mandat en Argentine.
00:04:43José Antonio Cast a été élu au Chili.
00:04:47En 2026, une élection importante des élections, importante au relu en Colombie et au Brésil,
00:04:52dans un climat de forte polarisation politique,
00:04:54ainsi qu'au Pérou, où la fragmentation politique demeure importante.
00:04:58Nous souhaiterions que vous nous présentiez les dynamiques politiques
00:05:01qui sont aujourd'hui à l'œuvre en Amérique latine
00:05:03et les conséquences sur les relations que nous entretenons avec ces pays.
00:05:07La France s'affiche par exemple à une proximité avec le Brésil, du président Lula,
00:05:11mais celui-ci poursuit un agenda propre, notamment au sein des BRICS et du Sud global,
00:05:16avec des positions qui divergent parfois des nôtres, en particulier sur l'Ukraine.
00:05:19Et à l'inverse, l'Argentine de Milay a refusé d'entrer dans les BRICS
00:05:23et a réaffirmé son intention de rejoindre l'OCDE,
00:05:26réaffirmant ainsi son appartenance au bloc occidental.
00:05:29Je vais à présent vous laisser la parole pour une intervention liminaire
00:05:33avant de proposer à mes collègues de vous poser leurs questions.
00:05:36Et je rappelle à chacune et chacun que cette audition est captée et diffusée en direct
00:05:40sur le site internet du Sénat.
00:05:42Monsieur Estrada, je vous laisse la parole.
00:05:46Eh bien, monsieur le président, tout d'abord, merci beaucoup pour cette invitation
00:05:51et merci à toutes les sénatrices et sénateurs pour leur présence aujourd'hui.
00:05:57Tout d'abord, ce que je voudrais, c'est réaffirmer ce que vous avez d'ores et déjà mentionné,
00:06:02c'est l'intérêt du pouvoir législatif et notamment du Sénat pour l'Amérique latine.
00:06:10C'est vrai que depuis déjà plusieurs années, j'ai essayé de dire, y compris publiquement,
00:06:17en publiant un certain nombre de tribunes, qu'il est important pour la France
00:06:21de s'intéresser à l'Amérique latine.
00:06:24Et de ce point de vue-là, c'est vrai que le pouvoir législatif et le Sénat en particulier
00:06:31a été constant dans cet intérêt via des auditions, des missions d'information.
00:06:37Je sais, j'ai été informé qu'il y a eu aussi, dans le cadre de ces missions,
00:06:41des déplacements qui ont été organisés dans la région.
00:06:45Et ça, je pense que c'est quelque chose qu'il est très important de souligner,
00:06:48puisque, en effet, ce qui s'est passé au Vénézuèle le 3 janvier est une sorte de marqueur.
00:06:55Mais ça traduit une évolution plus profonde d'un retour de l'Amérique latine,
00:07:02disons, dans une séquence internationale où cette région est beaucoup plus présente
00:07:07dans les réflexions, y compris dans des réflexions qu'on pouvait estimer être plus présentes en Amérique latine,
00:07:15c'est-à-dire la question militaire et la question de se poser, la question de la paix
00:07:19et donc des dividendes de la paix dans cette région.
00:07:23Donc, de ce point de vue-là, c'est vrai que je voulais souligner justement l'importance des travaux du Sénat
00:07:32et donc mon plaisir d'être ici avec vous aujourd'hui.
00:07:36Je pense qu'en effet, vous l'avez souligné, cet enlèvement de Nicolas Maduro est un révélateur,
00:07:43est un marqueur, mais ça illustre en fait une tendance de fond
00:07:47qui peut se traduire par ce qui s'est passé durant ce mois où, il me semble,
00:07:57les principaux acteurs de la scène internationale ont dirigé leur attention en Amérique latine.
00:08:03Vous avez évoqué au début décembre, le 2 décembre, la publication par la Maison Blanche
00:08:08de sa stratégie de sécurité nationale qui affirme la primauté des États-Unis
00:08:14sur ce que les États-Unis appellent l'hémisphère occidental.
00:08:18Est-ce que cela veut dire en termes de moyens, de ressources, de leviers qui sont utilisés,
00:08:26non pas des leviers partenariaux, mais des volets beaucoup plus coercitifs,
00:08:30et on l'a vu dans le cas de Nicolas Maduro, même si légalement, les États-Unis présentent
00:08:38cette opération comme une opération de police ou de justice, et non pas comme une opération
00:08:42de politique étrangère, puisque sur le plan juridique, le président des États-Unis
00:08:48n'a pas demandé l'aval du Congrès américain pour mener à bien cette opération.
00:08:53Et de ce point de vue-là, c'est vrai que la publication de cette stratégie, un mois
00:09:01avant cette opération, illustrait bien cette volonté des États-Unis d'intervenir de
00:09:08manière beaucoup plus forte, y compris en niant le droit international comme vous l'avez
00:09:14souligné.
00:09:16Néanmoins, ce qu'on voit moins dans la presse internationale, mais qui est un facteur
00:09:21capital pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui en Amérique latine, c'est qu'une
00:09:25semaine après la publication par la Maison Blanche de cette stratégie de sécurité nationale,
00:09:30le 10 décembre, la Chine a publié la troisième version de son livre blanc dans sa stratégie
00:09:37de politique étrangère vis-à-vis de l'Amérique latine.
00:09:40Une stratégie qui avait été publiée une première fois en 2008, qui avait été mise
00:09:46à jour en 2016, juste après justement l'arrivée de Donald Trump lors de son premier
00:09:52mandat, et désormais une troisième version qui est beaucoup plus détaillée, qui est
00:09:58beaucoup plus ambitieuse et qui illustre justement l'évolution de la présence chinoise en Amérique
00:10:05latine.
00:10:06Une présence qui était tout d'abord une présence économique, qui était assurée par des
00:10:14de gré à gré entre États et qui, avec le temps, s'est développée, s'est diversifiée
00:10:23avec une volonté assumée de Pékin de contrôler l'ensemble des chaînes de valeur en ciblant
00:10:32des secteurs très stratégiques.
00:10:34Je pense notamment à une des questions qui aujourd'hui est dans le cœur de l'actualité,
00:10:38c'est-à-dire les questions des ressources critiques, notamment des ressources minières
00:10:42de fortes valeurs ajoutées pour créer les chaînes de valeur liées aux batteries et aux questions
00:10:48de haute technologie.
00:10:51Mais de manière plus large, la présence de la Chine, elle a évolué et elle n'est plus
00:10:58uniquement économique.
00:10:59Elle s'est développée aussi en matière de technologie.
00:11:05Elle s'est développée aussi en matière de coopération éducative, culturelle.
00:11:11Et désormais, elle rentre dans d'autres domaines, notamment le spatial, notamment la défense.
00:11:18Et de ce point de vue-là, la publication de ce troisième livre blanc détaille et révèle
00:11:24justement le changement de dimension de cette présence chinoise.
00:11:31Et c'est, de mon point de vue, ce qui explique aussi cette réaction américaine aujourd'hui
00:11:40de manière tout à fait désinhibée.
00:11:43Et donc, cette désinhibition, on l'a vue à la télévision, donc le 3 janvier, vous
00:11:48l'avez d'ores et déjà décrit.
00:11:50Je ne vais pas revenir là-dessus.
00:11:52Et je parlerai du troisième acteur, puisque j'ai parlé des États-Unis, j'ai évoqué
00:11:57la Chine.
00:11:58Mais il y a eu aussi un troisième facteur fondamental dans ce mois qui s'est écoulé
00:12:03entre décembre et janvier, qui est la signature le 17 janvier de l'accord entre l'Union européenne
00:12:09et le Mercosur.
00:12:10Alors, indépendamment de ce qu'on pense sur le texte en soi, le fait est que l'Union
00:12:17européenne et le Mercosur ont signé cet accord.
00:12:20Et de fait, si la Cour de justice de l'Union européenne se prononce favorablement par rapport
00:12:28à la légalité du démembrement du texte, de la division du texte en deux, cet accord devrait,
00:12:34en tout cas la partie commerciale, devrait être, donc, devenir, prendre, être, disons,
00:12:46oui, prendre acte.
00:12:47Donc, de ce point de vue-là, les échanges économiques entre notre région et le Mercosur
00:12:55vont être amenés à se développer.
00:12:58Donc, moi, je trouvais que c'était une séquence intéressante dans le sens où,
00:13:03on a vu qu'entre décembre et janvier, voilà, que ce soit l'Europe, que ce soit
00:13:10les États-Unis, que ce soit la Chine, ont pris une position, une position forte, une position
00:13:14engageante, que ce soit par la biais de publication de rapports, que ce soit en, voilà, en enlevant
00:13:22un président en exercice, que ce soit en ratifiant un accord commercial, mais dont la portée
00:13:30est, de mon point de vue, plus ample que la question commerciale.
00:13:35La question, et pour répondre à votre question, savoir comment a été perçue cette opération
00:13:43en Amérique latine et aussi quelles sont les suites pour le Venezuela, moi, je pense que,
00:13:48voilà, on est au début d'une nouvelle séquence.
00:13:51On ne peut pas du tout prendre cette opération comme un acte isolé.
00:13:54tout d'abord parce que les États-Unis ont fait preuve durant toute l'année 2025, c'est-à-dire
00:14:02depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, d'une stratégie très claire, très assumée
00:14:08en Amérique latine, en ce que eux concernent, ce qu'eux estiment, pardon, être un droit,
00:14:15c'est-à-dire un droit d'avoir une influence et de verbaliser cette influence, notamment dans
00:14:22des processus électoraux.
00:14:24L'année 2025 a été une allée électorale riche en Amérique latine.
00:14:30Il y a eu une série d'élections présidentielles, une série d'élections législatives.
00:14:36Et de ce point de vue-là, les États-Unis ont été extrêmement actifs en prenant position
00:14:42en faveur de tel ou tel candidat.
00:14:44Et cela a eu un impact électoral direct.
00:14:48Je reviendrai tout d'abord sur ce qui s'est passé au Honduras, qui n'est pas très loin
00:14:53du Venezuela, comme on peut le voir dans les cartes qui sont projetées.
00:14:57Le candidat soutenu par Donald Trump, M. Asfoura, a reçu le soutien explicite de Donald Trump
00:15:07via un tweet un peu moins d'une semaine avant l'élection en disant que si les Honduriens
00:15:16ne votaient pas pour M. Asfoura, la coopération bilatérale entre le Honduras et les États-Unis
00:15:22aurait un impact extrêmement négatif.
00:15:27Et il a non seulement fait un tweet, mais les comptes Twitter du département d'État
00:15:35ont relayé cette information, faisant preuve d'une volonté explicite d'intervenir dans le jeu électoral.
00:15:45Ce qu'il faut avoir à l'esprit, c'est que dans le cas du Honduras, plus de 20% du PIB de ce pays
00:15:51est lié au transfert d'argent des migrants honduriens qui habitent aux États-Unis.
00:15:55Donc il est clair que si on se place dans la perspective de l'électeur hondurien moyen,
00:16:04c'est vrai que si on imagine qu'il peut y avoir un effet dans les relations bilatérales,
00:16:09par exemple très concrètement d'arrêter les transferts financiers,
00:16:12c'est un effet catastrophique pour l'économie de ce pays.
00:16:16Donc c'est vrai que les États-Unis, et Donald Trump plus particulièrement,
00:16:21ont utilisé justement cette pression pour déséquilibrer le jeu
00:16:27et jouer en faveur du candidat soutenu par Washington.
00:16:31Et ce candidat a fini par l'emporter de peu, puisque l'élection a été très serrée,
00:16:36mais cette élection a été remportée par un candidat soutenu par Donald Trump.
00:16:41Deuxième cas très explicite de l'intervention américaine dans la région, c'est en Argentine.
00:16:48Quelques semaines avant les élections législatives de mi-mandat,
00:16:55le département du Trésor a annoncé un prêt exceptionnel de 20 milliards de dollars à l'Argentine,
00:17:05à la condition, et là une fois encore je cite un tweet de Donald Trump,
00:17:08que les Argentins votent en faveur des candidats soutenus par le président Milley,
00:17:18faute de quoi ce prêt pourrait être révoqué si les résultats n'étaient pas au goût du gouvernement américain.
00:17:29Donc cela a eu une fois encore une traduction concrète,
00:17:32puisque alors que les sondages donnaient la coalition de M. Milley à la traîne,
00:17:39en tout cas quelques semaines avant les élections législatives,
00:17:45et bien le résultat était de manière assez surprenante,
00:17:48très positif pour M. Milley,
00:17:50d'autant plus qu'il y a quelques semaines avant ce scrutin,
00:17:55il y a eu une autre élection, une élection dans la province de Buenos Aires,
00:17:59qui elle avait été très négative pour les candidats de Milley,
00:18:01et cela avait eu lieu avant le prêt accordé par le Trésor américain à Milley.
00:18:09Néanmoins, je suis aussi resté prudent dans l'analyse,
00:18:13ce n'est pas uniquement Donald Trump qui a inversé le résultat électoral en Argentine,
00:18:19c'est un facteur parmi d'autres.
00:18:21Néanmoins c'est un facteur qui a existé,
00:18:23et surtout ce que cela illustre, c'est cette volonté très claire,
00:18:28très explicite des États-Unis pour, disons, avoir une action dans la région.
00:18:36Et cela m'amène en fait à la question des processus électoraux en Amérique latine,
00:18:44et à ce qu'il me semble être une erreur d'appréciation
00:18:47de ce qui se passe en Amérique latine vu de Washington.
00:18:51Et ça va me permettre de revenir au Venezuela.
00:18:54Pourquoi je mentionne ça ?
00:18:55Parce que, en fait, durant cette année électorale 2025,
00:19:00on a pu voir, de manière, disons, la tendance qui se dégage,
00:19:04c'est des phénomènes d'alternance,
00:19:07où les gouvernements qui étaient en place ont été battus,
00:19:12en tout cas les candidats soutenus par les gouvernements en place
00:19:15ont été battus par des candidats.
00:19:18Et il se trouve que ces candidats étaient plutôt à droite,
00:19:20voire à l'extrême droite, de l'échiquier politique.
00:19:25Mais il me semble que ces phénomènes sont surtout dus
00:19:28à des phénomènes d'alternance,
00:19:29c'est-à-dire qu'il y a une usure des gouvernements en place.
00:19:32Il y a actuellement en Amérique latine un problème de croissance économique.
00:19:38Il n'y a pas suffisamment de croissance.
00:19:39Il y a aussi un grand rejet des latino-américains
00:19:42vis-à-vis de leurs élites économiques et politiques.
00:19:45Ce n'est pas du tout un phénomène nouveau,
00:19:47mais il s'agit d'un phénomène qui s'est maintenu.
00:19:49Donc, de ce point de vue-là,
00:19:50étant donné que dans le cycle électoral antérieur,
00:19:53on avait plutôt assisté, justement, à l'inverse,
00:19:56à une alternance de la droite vers la gauche,
00:19:58nous avons un effet de balancier naturel,
00:20:01propre aux démocraties.
00:20:03Néanmoins, je pense que, vu de Washington,
00:20:06et lorsque vous parlez, vous dialoguez avec des responsables,
00:20:11que ce soit de l'administration américaine,
00:20:13que ce soit des think tanks à Washington,
00:20:17et du débat, en fait, qui a lieu aujourd'hui à Washington,
00:20:21en fait, les personnes qui sont proches de l'administration Trump
00:20:23ou l'administration Trump, en fait,
00:20:25elles estiment que, justement,
00:20:27compte tenu de ces opérations d'ingérence
00:20:29et de cette explicitation de leur choix
00:20:32dans le processus électoral,
00:20:35en fait, une bonne partie des responsables américains
00:20:38estiment que ces élections,
00:20:40qui, de mon point de vue,
00:20:43et ces alternances qui s'expliquent,
00:20:45de mon point de vue,
00:20:46notamment pour des questions de politique intérieure,
00:20:48et notamment en fonction de ces mauvais indicateurs économiques
00:20:50et de ces souhaits d'alternance des populations,
00:20:54en fait, sont lues à Washington
00:20:56comme une validation
00:20:57des orientations politiques
00:20:59prises par l'administration américaine.
00:21:01Et cela, sur le plan politique,
00:21:04ça induit aussi un raisonnement
00:21:06qui induit une sorte de validation
00:21:09des actions américaines dans la région.
00:21:14Et c'est vrai que ce point,
00:21:16il est important à avoir à l'esprit
00:21:17lorsqu'on parle du Venezuela,
00:21:20parce qu'on a très clairement vu,
00:21:24en ce qui concerne les réactions à cette opération,
00:21:29deux visions très différentes,
00:21:30c'est-à-dire,
00:21:32en Amérique latine,
00:21:33est une région qui est foncièrement
00:21:35et de manière historique
00:21:37attachée au multilatéralisme.
00:21:39Je rappelle toujours que lors de la conférence
00:21:41de San Francisco en 1945,
00:21:43près du tiers des pays qui ont signé la charte,
00:21:46les pays fondateurs des Nations Unies,
00:21:48près du tiers de ces pays
00:21:49étaient des pays latino-américains.
00:21:50Les pays latino-américains ont,
00:21:54de manière générale,
00:21:55ont été actifs dans la défense des Nations Unies.
00:22:03La France a d'ailleurs essayé, justement,
00:22:06d'utiliser cet attachement latino-américain
00:22:11pour le multilatéralisme,
00:22:13justement pour défendre des positions
00:22:15au sein tant du Conseil de sécurité
00:22:19avec les pays,
00:22:20les deux sièges latino-américains
00:22:22non permanents
00:22:23qu'à l'Assemblée générale des Nations Unies.
00:22:26Et donc,
00:22:27tout ça pour dire que, voilà,
00:22:28au niveau des gouvernements latino-américains,
00:22:30il y a cet attachement multilatéralisme.
00:22:33Vous avez évoqué,
00:22:34Monsieur le Président,
00:22:35ce communiqué de cinq pays latino-américains
00:22:37et l'Espagne
00:22:38en condamnant, justement,
00:22:40l'opération de Nicolas Maduro.
00:22:42Alors, certes,
00:22:42il y a d'autres pays latino-américains
00:22:44qui ont été dans une tendance suiviste
00:22:46par rapport à Washington
00:22:47et donc qui ont pu célébrer
00:22:49la capture de Nicolas Maduro,
00:22:53je pense notamment à l'Argentine.
00:22:55Néanmoins,
00:22:56malgré ces certaines expressions divergentes
00:23:02de la part de présidents
00:23:03proches de Washington,
00:23:05néanmoins, quand même,
00:23:06la plus grosse partie
00:23:07des gouvernements latino-américains
00:23:09est restée dans une ligne de défense
00:23:12du droit international.
00:23:15Et, paradoxalement,
00:23:18en fait,
00:23:19la diaspora vénézuélienne,
00:23:22et c'est une diaspora
00:23:23qui est très nombreuse
00:23:24puisque, comme vous le savez,
00:23:26près de 8 millions de Vénézuéliens
00:23:28ont dû quitter leur pays
00:23:29à la suite de la débâcle
00:23:31du gouvernement de Nicolas Maduro.
00:23:35cette diaspora,
00:23:40le 3 janvier,
00:23:41exultait,
00:23:42puisqu'elle estimait
00:23:43qu'il allait finalement
00:23:44avoir un changement de régime
00:23:46au Venezuela
00:23:48et donc à approuver
00:23:49massivement
00:23:51cette opération.
00:23:54Et,
00:23:55du point de vue de Washington,
00:23:56et si on se replace
00:23:57dans cette perspective
00:23:58de que pensent
00:23:59les officiels américains,
00:24:01en fait,
00:24:03cette diaspora vénézuélienne
00:24:05qui constitue en bonne mesure
00:24:08des capteurs
00:24:09pour les hauts fonctionnaires
00:24:12et les proches
00:24:13de Donald Trump,
00:24:14je pense notamment
00:24:14à Marco Rubio
00:24:15qui jouait un rôle fondamental
00:24:17dans cette opération,
00:24:19non seulement parce qu'il est
00:24:20secrétaire d'État
00:24:21et conseiller à la sécurité nationale
00:24:24de la Maison-Blanche
00:24:25qui est quand même inédit
00:24:26dans l'histoire
00:24:27des États-Unis,
00:24:29normalement,
00:24:30ces fonctions sont dissociées,
00:24:34ce qui traduit
00:24:34un pouvoir important
00:24:36de la part
00:24:37de cette personnalité,
00:24:40mais aussi en fonction
00:24:41de son origine cubaine
00:24:42et de sa trajectoire politique
00:24:45en Floride,
00:24:47puisque lui,
00:24:48il est élu sénateur
00:24:50de l'État de Floride
00:24:51et sa constituency,
00:24:53c'est-à-dire sa base électorale,
00:24:55est constituée
00:24:56d'électeurs latino-vénézuéliens
00:24:58et cubains.
00:24:58Donc, la diaspora vénézuélienne
00:25:01est un capteur extrêmement important
00:25:03pour Marco Rubio.
00:25:05Et donc,
00:25:06le fait que la diaspora
00:25:07ait validé
00:25:09cette opération
00:25:10a constitué
00:25:11dans un premier temps
00:25:12un facteur de succès
00:25:14de cette opération.
00:25:16Ce qui,
00:25:16de mon point de vue,
00:25:17est un leurre
00:25:19puisqu'on a très bien vu
00:25:21dans les heures qui ont suivi
00:25:23qu'il n'y a pas eu
00:25:24de changement de régime
00:25:25et que la réalité
00:25:27est que
00:25:28la situation
00:25:30vénézuélienne
00:25:31est bien plus complexe
00:25:33qu'elle nous paraît
00:25:34dans le sens où
00:25:35finalement,
00:25:37l'administration américaine
00:25:39a décidé
00:25:40de maintenir
00:25:42le pouvoir
00:25:43en place
00:25:43et essayer
00:25:44de faire
00:25:45une stratégie
00:25:48que je pourrais appeler
00:25:48gradualiste
00:25:50ou progressive
00:25:50qui tendrait
00:25:52vers un changement
00:25:54de régime
00:25:54mais qui
00:25:56se base
00:25:57sur un dialogue
00:25:59avec les autorités
00:26:00sur place.
00:26:02Le problème,
00:26:03c'est que
00:26:03pour pouvoir
00:26:04mener à bien
00:26:05cette stratégie,
00:26:09il faut bien
00:26:10avoir des relais
00:26:11sur place
00:26:11et il faut
00:26:12prendre la mesure
00:26:13de la situation
00:26:15politique sur place.
00:26:16Or,
00:26:16le problème
00:26:17des États-Unis
00:26:17et de nombreux pays,
00:26:19et je pense
00:26:20y compris
00:26:20à des pays
00:26:21latino-américains,
00:26:21c'est que
00:26:22ce contexte
00:26:24de dispute
00:26:25avec le régime
00:26:26de Maduro
00:26:26a provoqué
00:26:27aussi
00:26:27une diminution
00:26:28des relations
00:26:30avec ce pays
00:26:32et donc
00:26:32moins d'informations
00:26:34de la part
00:26:35des ambassades
00:26:35sur place
00:26:36et de ce point
00:26:36de vue-là,
00:26:37je pense que
00:26:37ce qui est important
00:26:38de souligner
00:26:38dans ce contexte-là,
00:26:39c'est que par exemple
00:26:40la France
00:26:40n'a pas fermé
00:26:43son ambassade
00:26:44à Caracas.
00:26:45D'autres pays,
00:26:45je pense par exemple
00:26:46au Brésil,
00:26:48notamment sous
00:26:49Michel Temer
00:26:49et Jair Bolsonaro,
00:26:51ont fermé
00:26:51leur ambassade
00:26:52sur place
00:26:52parce qu'ils avaient
00:26:55reconnu
00:26:56comme la France,
00:26:56d'ailleurs,
00:26:57Juan Guaido
00:26:59à l'époque,
00:27:00mais en fermant
00:27:02leur ambassade,
00:27:02ils se sont coupés
00:27:03d'informations
00:27:04et d'accès
00:27:06au personnel
00:27:07politique sur place
00:27:09pour avoir
00:27:10des relais.
00:27:11Et la question
00:27:12qui se pose
00:27:13aujourd'hui,
00:27:15c'est pour pouvoir
00:27:16appréhender
00:27:17cette situation
00:27:18post-enlèvement
00:27:20de Nicolas Maduro,
00:27:21c'est avec qui
00:27:22on dialogue.
00:27:23Parce que
00:27:24ce qu'il faut
00:27:25avoir en tête
00:27:26au Venezuela,
00:27:27c'est que
00:27:28depuis l'arrivée
00:27:29au pouvoir
00:27:29de Nicolas Maduro
00:27:30en 2013,
00:27:31plus de 1 000 généraux
00:27:32ont été nommés
00:27:33et c'est en fait
00:27:34les forces armées
00:27:35qui contrôlent
00:27:36le pays,
00:27:37ce qui difficulte
00:27:39la transition politique
00:27:41et l'issue politique
00:27:43à cette crise.
00:27:44et donc
00:27:45se pose
00:27:46la question
00:27:47du dialogue.
00:27:47Comment
00:27:47dialoguons-nous
00:27:49avec des forces
00:27:50militaires
00:27:51qui de nature
00:27:52n'ont pas vocation
00:27:55à être politiques
00:27:55ou politisées
00:27:56mais qui de fait
00:27:58ont un rôle politique.
00:28:00Et donc
00:28:00c'est vrai que
00:28:01de ce point de vue-là,
00:28:03la question
00:28:04de ce dialogue
00:28:06avec le Venezuela
00:28:07et de cette question
00:28:08de la transition,
00:28:10elle va se poser
00:28:11mais elle va se poser
00:28:13et ça pose
00:28:13beaucoup de problèmes
00:28:14parce que
00:28:16on ne sait pas
00:28:17tellement
00:28:17avec qui dialoguer
00:28:19hors
00:28:20Delcy Rodriguez
00:28:21et son frère
00:28:22et tous ses militaires.
00:28:24Donc
00:28:25de ce point de vue-là,
00:28:28je pense que
00:28:28cette question
00:28:29vénézuélienne
00:28:30elle est
00:28:31comment dire
00:28:32elle va
00:28:33causer
00:28:33une situation
00:28:35à mon sens
00:28:36problématique
00:28:38pour les Etats-Unis
00:28:39parce qu'il ne faut pas
00:28:39oublier qu'aux Etats-Unis
00:28:40nous sommes aussi
00:28:41dans une perspective
00:28:42électorale.
00:28:43Il y a des élections
00:28:43de mi-mandat
00:28:44en novembre
00:28:45et la question
00:28:48des suites
00:28:48à donner
00:28:49à cette opération
00:28:49vénézuélienne
00:28:51va être au cœur
00:28:52du débat électoral.
00:28:54Pourquoi j'évoque ça ?
00:28:56Aussi pour prolonger
00:28:57la réflexion
00:28:58et la question
00:28:59que vous m'avez posée
00:29:00sur les implications
00:29:01plus régionales.
00:29:02Vous avez mentionné
00:29:03Cuba,
00:29:04le Panama
00:29:05dans votre question
00:29:06et il me semble
00:29:09qu'on voit bien
00:29:11que la stratégie
00:29:13américaine
00:29:13jusqu'à présent
00:29:14ça a été une stratégie
00:29:15de coup d'éclat.
00:29:17On l'a vu
00:29:18et je l'ai déjà rappelé
00:29:19au Honduras
00:29:20ça a eu un effet
00:29:21positif
00:29:22pour les intérêts
00:29:22américains
00:29:23on l'a vu
00:29:23en Argentine
00:29:24là aussi
00:29:24des intérêts positifs
00:29:25pour les Etats-Unis
00:29:27et le cas de Maduro
00:29:30a été un peu
00:29:31le grand coup d'éclat
00:29:33mais le problème
00:29:34c'est que c'est un coup d'éclat
00:29:35à court terme.
00:29:36La question c'est
00:29:37comment va se faire
00:29:37cette transition
00:29:38et c'est là où je pense
00:29:40que j'ai beaucoup plus
00:29:41de questions
00:29:41que de réponses.
00:29:43J'ai déjà expliqué
00:29:44pourquoi au Venezuela
00:29:46je peux maintenant
00:29:47évoquer les autres pays.
00:29:52Prenons Cuba
00:29:52vous l'avez évoqué.
00:29:55La stratégie
00:29:57de l'administration américaine
00:29:58est de dire
00:29:59étant donné
00:30:00qu'on a atteint
00:30:01le Venezuela
00:30:02que le propre
00:30:03entourage personnel
00:30:05de Nicolas Maduro
00:30:06était composé
00:30:06de gardes du corps cubains
00:30:08la prochaine étape
00:30:09c'est
00:30:10nous allons
00:30:11changer le régime
00:30:13à Cuba.
00:30:14Or
00:30:15moi je pense
00:30:16qu'il y a quand même
00:30:16plusieurs facteurs
00:30:18qui sont fondamentalement
00:30:20différents
00:30:20à Cuba
00:30:21et Venezuela.
00:30:22Alors certes
00:30:23Cuba est extrêmement
00:30:24dépendante
00:30:25sur le plan énergétique
00:30:26du Venezuela
00:30:27même si aujourd'hui
00:30:28c'est le Mexique
00:30:29qui a pris la place
00:30:30du Venezuela
00:30:31comme principal fournisseur
00:30:32de pétrole
00:30:33à l'île
00:30:34ce qui d'ailleurs
00:30:35suscite des pressions
00:30:36américaines
00:30:37vis-à-vis des autorités
00:30:38mexicaines
00:30:39pour cesser
00:30:39justement
00:30:40ces approvisionnements.
00:30:42Mais le problème
00:30:43de mon point de vue
00:30:44principal
00:30:44dans le cas de Cuba
00:30:46c'est que
00:30:46s'il y a un blocage
00:30:48total
00:30:49de l'île
00:30:50pour essayer
00:30:51de créer
00:30:52les conditions
00:30:53d'un changement
00:30:54de régime
00:30:55ce qui va se passer
00:30:57en premier lieu
00:31:00c'est qu'il y aura
00:31:01une crise migratoire
00:31:02et d'ailleurs
00:31:02c'est pas la première fois
00:31:03que ça arrive.
00:31:04En 1990
00:31:05lorsque
00:31:06l'URSS
00:31:08est tombée
00:31:08et qu'il y a eu
00:31:09ce que Fidel Castro
00:31:11avait appelé
00:31:11la période spéciale
00:31:13et bien
00:31:14le gouvernement
00:31:15cubain
00:31:16avait lâché
00:31:16ouvert les vannes
00:31:17et avait
00:31:19stimulé
00:31:20une migration
00:31:21de
00:31:21cubains
00:31:22en Floride.
00:31:24On peut
00:31:24imaginer
00:31:25un scénario
00:31:26similaire
00:31:26et d'ailleurs
00:31:27c'est pas la première fois
00:31:28que ça arrive
00:31:28donc je l'ai déjà évoqué
00:31:30à Cuba
00:31:30mais il y a d'autres exemples
00:31:31je pense par exemple
00:31:32en 2015
00:31:33avec la Turquie
00:31:34et les réfugiés
00:31:37syriens
00:31:37et la Turquie
00:31:38avait aussi
00:31:39ouvert les vannes
00:31:40justement pour faire
00:31:41pression sur l'Union
00:31:41européenne.
00:31:44De ce point de vue là
00:31:44si le régime cubain
00:31:46agit de la sorte
00:31:47et stimule
00:31:49une crise migratoire
00:31:54cela va créer
00:31:55un problème
00:31:56de politique intérieure
00:31:57pour les Etats-Unis
00:31:58et notamment
00:31:59pour la base électorale
00:32:00de Marco Rubio
00:32:02qui est basée en Floride.
00:32:03On est à 150 km
00:32:05de distance
00:32:06entre les côtes
00:32:07cubaines
00:32:07et la Floride.
00:32:09Donc
00:32:10le problème politique
00:32:11immédiat
00:32:12pour Donald Trump
00:32:14serait
00:32:14de mon point de vue
00:32:15finalement
00:32:16assez contre-productif
00:32:17si le coeur
00:32:18de son discours
00:32:19aujourd'hui
00:32:20est la lutte
00:32:21contre l'immigration
00:32:22illégale
00:32:22la question
00:32:23des trafics de drogue
00:32:24qui a déjà été évoquée
00:32:25dans le cas
00:32:26du Venezuela
00:32:27mais de ce point de vue là
00:32:28c'est vrai que
00:32:29avec les résultats
00:32:30extrêmement décevants
00:32:32pour les candidats républicains
00:32:33qu'on a pu voir
00:32:34ces dernières semaines
00:32:35y compris
00:32:35il y a quelques jours
00:32:36au Texas
00:32:36on peut s'imaginer
00:32:38que s'il y a
00:32:39une crise migratoire
00:32:40disons que
00:32:43en fait
00:32:45j'ai du mal
00:32:46à évoiler
00:32:47quelle pourrait être
00:32:48la plus-value politique
00:32:51d'un tel changement
00:32:53de régime
00:32:53d'autant plus
00:32:54que
00:32:55contrairement
00:32:56au Venezuela
00:32:57où
00:32:57il existe
00:32:59plusieurs figures
00:33:00de l'opposition
00:33:00qui sont connues
00:33:01tant des figures
00:33:02de l'opposition
00:33:03qui sont sur place
00:33:04et je pense
00:33:05notamment à
00:33:05Enrique Capriles
00:33:06qui avait été candidat
00:33:07contre Hugo Chavez
00:33:09en 2012
00:33:10et qui aujourd'hui
00:33:11est parlementaire
00:33:13donc il est député
00:33:14à Caracas
00:33:16et des figures
00:33:16de l'opposition
00:33:17qui sont à l'extérieur
00:33:19et donc
00:33:19qui est soutenue
00:33:21par la diaspora
00:33:22et pas uniquement
00:33:23notamment aussi
00:33:24au Venezuela
00:33:25mais qui a un fort soutien
00:33:26de la diaspora
00:33:26je pense notamment
00:33:27à Maria Corina
00:33:28Machado
00:33:28et Edmundo
00:33:29González
00:33:30à Cuba
00:33:31il n'y a pas
00:33:32réellement de figure
00:33:33de l'opposition
00:33:34à Cuba
00:33:35donc là
00:33:36une fois encore
00:33:37certes
00:33:38on dit
00:33:38il faut changer de régime
00:33:39mais on le remplace
00:33:41par qui
00:33:41et dans quel contexte
00:33:44politique
00:33:45donc
00:33:46dans un contexte
00:33:47où là
00:33:47une fois encore
00:33:48comme dans le cas
00:33:48du Venezuela
00:33:50les forces armées
00:33:51cubaines
00:33:51sont non seulement
00:33:52un acteur militaire
00:33:53mais sont aussi
00:33:54un acteur politique
00:33:55et un acteur économique
00:33:56ce sont des entreprises
00:33:58liées aux forces armées
00:33:59cubaines
00:34:00qui gèrent par exemple
00:34:01le secteur hôtelier
00:34:02de la Havane
00:34:03en partenariat
00:34:04avec d'autres pays
00:34:05notamment
00:34:06des intérêts espagnols
00:34:07donc
00:34:08c'est vrai que
00:34:09de ce point de vue là
00:34:10certes
00:34:11je vois médiatiquement
00:34:13le discours
00:34:14qui pourrait dire
00:34:15oui on va changer
00:34:16le régime à Cuba
00:34:17ce que personne n'a fait
00:34:18depuis l'arrivée
00:34:19des castres
00:34:19et tout ça
00:34:20mais concrètement
00:34:21par la suite
00:34:22et c'est cette question
00:34:24du jour d'après
00:34:24qui de mon point de vue
00:34:26s'impose
00:34:26et plus on va rentrer
00:34:29dans une dynamique
00:34:30électorale
00:34:30aux Etats-Unis
00:34:31dans la perspective
00:34:33des mid-termes
00:34:33plus cette question
00:34:35va se poser
00:34:35parce que
00:34:37les enjeux
00:34:40du jour d'après
00:34:41seront de plus en plus
00:34:43importants
00:34:44et cela m'amène
00:34:46à
00:34:46la question
00:34:49de la Colombie
00:34:50puisque vous l'avez
00:34:52évoqué
00:34:53et je pense que
00:34:54la question colombienne
00:34:55montre bien
00:34:56en fait
00:34:57à quel point
00:34:58aussi
00:34:58les propres
00:34:59responsables
00:34:59américains
00:35:00commencent
00:35:01à comprendre
00:35:01qu'il faut
00:35:02parfois
00:35:02changer
00:35:03de dynamique
00:35:05pourquoi
00:35:06parce que
00:35:06durant cette année
00:35:082025
00:35:09les relations
00:35:10bilatérales
00:35:11entre les Etats-Unis
00:35:12et la Colombie
00:35:12étaient extrêmement
00:35:14tendues
00:35:14il y a eu
00:35:15des invectives
00:35:16directes
00:35:17entre les deux
00:35:17présidents
00:35:18au point
00:35:19où
00:35:19le président
00:35:22Trump
00:35:22a affirmé
00:35:25que
00:35:25le président
00:35:27colombien
00:35:28était lié
00:35:29au trafic
00:35:30de drogue
00:35:31que
00:35:31la Colombie
00:35:33exportait
00:35:34énormément
00:35:34de drogue
00:35:35et par la suite
00:35:36le président
00:35:36Petro
00:35:36a répondu
00:35:39au président
00:35:40américain
00:35:40en appelant
00:35:41les généraux
00:35:42américains
00:35:43à désobéir
00:35:44au président
00:35:45américain
00:35:45une déclaration
00:35:47qu'il a faite
00:35:47à la sortie
00:35:48de l'Assemblée
00:35:49générale
00:35:49des Nations
00:35:50Unies
00:35:50en septembre
00:35:51ce qui montre bien
00:35:52ce qui illustre bien
00:35:53cette défiance
00:35:53entre les deux
00:35:54présidents
00:35:54néanmoins
00:35:55compte tenu
00:35:57de cette situation
00:35:59extrêmement tendue
00:36:01et où
00:36:01la Colombie
00:36:02est un pays
00:36:03limitrophe
00:36:04du Venezuela
00:36:04et donc
00:36:06un acteur
00:36:07dans la résolution
00:36:09de cette situation
00:36:10et bien
00:36:11hier
00:36:12pas plus tard
00:36:12qu'hier
00:36:13les deux présidents
00:36:14se sont réunis
00:36:15à la Maison Blanche
00:36:15et ont fait acte
00:36:17de cordialité
00:36:18et ont voulu
00:36:19essayer
00:36:20nouer un rapprochement
00:36:22entre les deux
00:36:24capitales
00:36:26et il est clair
00:36:26que les Etats-Unis
00:36:27ont d'une certaine
00:36:29manière
00:36:29aussi besoin
00:36:30de la Colombie
00:36:32pour trouver
00:36:33une solution politique
00:36:34au Venezuela
00:36:35parce qu'il n'y a pas
00:36:37uniquement la question
00:36:37des militaires
00:36:38mais il y a aussi
00:36:38la question
00:36:39de tous les trafics
00:36:40des guérillas
00:36:40qui sont à la frontière
00:36:42entre la Colombie
00:36:43et le Venezuela
00:36:43et je pense notamment
00:36:44à l'ELN
00:36:44et aux dissidences
00:36:46des FARC
00:36:46qui commercent aussi
00:36:49un certain nombre
00:36:50de matières premières
00:36:51et notamment
00:36:51de l'or
00:36:52et donc je pense
00:36:54que ce cas
00:36:55de la Colombie
00:36:56illustre un peu
00:36:57parfois aussi
00:36:59la reconnaissance
00:37:00par les Etats-Unis
00:37:01que sur certains sujets
00:37:03notamment en Amérique latine
00:37:04il faut pouvoir
00:37:05changer de braquet
00:37:06enfin je vais parler
00:37:09du Panama
00:37:10en fait la question
00:37:12du Panama
00:37:13elle est très intéressante
00:37:14parce que
00:37:15le président actuel
00:37:17monsieur Moulinan
00:37:18est un président
00:37:21de centre droit
00:37:22mais il fait face
00:37:25à des contraintes
00:37:26importantes
00:37:27notamment parce que
00:37:28la Chine
00:37:29a augmenté
00:37:30sa présence
00:37:31dans la région
00:37:33et notamment
00:37:33dans l'opération
00:37:34du canal
00:37:36du Panama
00:37:37le Panama
00:37:37avait adhéré
00:37:38au programme
00:37:39de route
00:37:39de la soie
00:37:40ce qui est
00:37:42un élément important
00:37:43dans la stratégie
00:37:44chinoise
00:37:45en Amérique latine
00:37:46il y a plus
00:37:46de 21 pays
00:37:47en Amérique latine
00:37:49qui ont adhéré
00:37:49aux routes
00:37:50de la soie
00:37:51ce qui n'est pas neutre
00:37:52et monsieur Moulinan
00:37:56a fait face
00:37:56à des pressions
00:37:57explicites
00:37:57de la part
00:37:58des Etats-Unis
00:37:58pour revoir
00:38:00cet engagement
00:38:01panaméen
00:38:02vis-à-vis
00:38:03de la Chine
00:38:03donc tout d'abord
00:38:04tout d'abord
00:38:07le Panama
00:38:09a rompu
00:38:09son adhésion
00:38:11aux routes
00:38:11de la soie
00:38:12il y a quelques mois
00:38:13la semaine dernière
00:38:17le Panama
00:38:18la cour suprême
00:38:19du Panama
00:38:19a révoqué
00:38:20la concession
00:38:24qui avait été donnée
00:38:24à une entreprise
00:38:25de Hong Kong
00:38:26qui administre
00:38:27une partie
00:38:28du canal
00:38:29de Panama
00:38:29et donc
00:38:31se pose la question
00:38:31de quelles vont être
00:38:32les réactions
00:38:33chinoises
00:38:33parce que
00:38:35le Panama
00:38:37et le président
00:38:37panaméen
00:38:38est très attaché
00:38:39au droit
00:38:39international
00:38:39il a
00:38:40accueilli
00:38:42une conférence
00:38:43la semaine dernière
00:38:44en présence
00:38:45de sept présidents
00:38:46d'Amérique latine
00:38:47des présidents
00:38:47de gauche
00:38:48donc Lula
00:38:48était sur place
00:38:49mais il y avait
00:38:50aussi le président
00:38:51élu du Chéli
00:38:52José Antonio
00:38:53Cast
00:38:53et le président
00:38:54de la Bolivie
00:38:57aussi
00:38:57de centre droit
00:38:58Rodrigo Paz
00:38:58et assez étonnamment
00:39:01ces présidents
00:39:02de droite
00:39:03comme de gauche
00:39:04ont voulu
00:39:06affirmer
00:39:07l'indépendance
00:39:07de l'Amérique latine
00:39:08vis-à-vis des Etats-Unis
00:39:09ont revendiqué
00:39:10l'autonomie
00:39:13de la région
00:39:15et ils ont réaffirmé
00:39:17leur soutien
00:39:18aux droits internationaux
00:39:19néanmoins
00:39:21la question
00:39:22qui va se poser
00:39:23aujourd'hui
00:39:26c'est que
00:39:26le président
00:39:27du Panama
00:39:28malgré ce discours
00:39:29a révoqué
00:39:31cette concession
00:39:32chinoise
00:39:33et la question
00:39:34qui va se poser
00:39:35c'est quelle va être
00:39:35la réaction
00:39:36de la Chine
00:39:37et je pense
00:39:38que cette question
00:39:39de la réaction
00:39:43chinoise
00:39:43sera
00:39:44extrêmement importante
00:39:46à suivre
00:39:46dans le cas
00:39:47du Panama
00:39:48et je vais
00:39:49conclure
00:39:49avec la question
00:39:50du Venezuela
00:39:51pour donner
00:39:52par la suite
00:39:53place aux questions
00:39:54et notamment
00:39:54de que peut faire
00:39:55la France
00:39:55parce que je pense
00:39:56que c'est aussi
00:39:57un peu
00:39:57la question
00:39:58pour laquelle
00:39:58on est ici
00:39:59en ce qui concerne
00:40:01le Venezuela
00:40:02en fait
00:40:03la question
00:40:04clé
00:40:05c'est
00:40:06qu'est-ce qui va
00:40:06se passer
00:40:07avec les arriérés
00:40:08de paiements
00:40:08de la Chine
00:40:09au Venezuela
00:40:10pourquoi
00:40:11parce que
00:40:11comme je l'ai dit
00:40:13au début
00:40:15de mon intervention
00:40:16la présence
00:40:17de la Chine
00:40:18en Amérique latine
00:40:19s'était traduite
00:40:20dans un premier temps
00:40:21par une politique
00:40:21de prêt
00:40:22de gré à gré
00:40:23entre états
00:40:23et le premier pays
00:40:24qui était ciblé
00:40:25dans cette stratégie
00:40:26au début
00:40:27des années 2000
00:40:28c'était le Venezuela
00:40:29et donc
00:40:30la Chine
00:40:32a fait
00:40:32une très grande
00:40:34la Chine
00:40:35a fait
00:40:36a prêté
00:40:37a fait
00:40:37effectué
00:40:39des prêts
00:40:40très très importants
00:40:42au Venezuela
00:40:42et ces prêts
00:40:43n'ont pas été payés
00:40:44et donc
00:40:45de ce point de vue là
00:40:46la stratégie
00:40:47de Caracas
00:40:48a été
00:40:48de
00:40:49rembourser
00:40:51sa dette
00:40:51avec des exportations
00:40:53de bruts
00:40:54or
00:40:54la stratégie
00:40:56américaine
00:40:56dit
00:40:57en fait
00:40:58le brut
00:40:58qui était exporté
00:40:59à Pékin
00:41:00désormais
00:41:00il sera exporté
00:41:01à Washington
00:41:02dans le cadre
00:41:03de nouvelles
00:41:04entreprises
00:41:05qui vont être créées
00:41:07entre le Venezuela
00:41:09et les Etats-Unis
00:41:10et
00:41:11de fait
00:41:13la production
00:41:14nationale
00:41:16de pétrole
00:41:16de l'entreprise
00:41:17publique de pétrole
00:41:18PDVSA
00:41:19sera donc
00:41:19désormais exportée
00:41:20aux Etats-Unis
00:41:22le problème
00:41:23qui se pose
00:41:23c'est
00:41:24que
00:41:24si le Venezuela
00:41:26fait ça
00:41:27sur le long terme
00:41:27le Venezuela
00:41:28s'expose
00:41:29à ne plus
00:41:30honorer
00:41:31ses dettes
00:41:31vis-à-vis de la Chine
00:41:32et je pense
00:41:33que cela nous amène
00:41:34à la question
00:41:35pour moi
00:41:36qui est une des questions
00:41:37de fond
00:41:37dans cette nouvelle
00:41:38situation latino-américaine
00:41:39et qui est la question
00:41:40pour moi
00:41:41structurante
00:41:41et qui
00:41:42oblige la France
00:41:44et l'Europe
00:41:44à se positionner
00:41:45dans cette région
00:41:46c'est que
00:41:46nous sommes face
00:41:47à une région
00:41:48qui
00:41:48va
00:41:50vivre
00:41:51et qui est
00:41:52d'ores et déjà
00:41:52en train de vivre
00:41:53une accélération
00:41:54de la rivalité
00:41:55stratégique
00:41:56entre la Chine
00:41:56et les Etats-Unis
00:41:57et où les enjeux
00:41:58politiques
00:41:59économiques
00:42:00voire
00:42:01sécuritaires
00:42:02vont s'aggraver
00:42:04j'ai déjà mentionné
00:42:06le cas du Panama
00:42:07le cas du Venezuela
00:42:09pour moi
00:42:09est très important
00:42:10quelle va être
00:42:11la réponse
00:42:11de la Chine
00:42:12à ce que
00:42:13elle estime
00:42:14être un défaut
00:42:14de paiement
00:42:15stimulé
00:42:17par les Etats-Unis
00:42:18parce que là
00:42:19ça touche directement
00:42:20ses intérêts
00:42:21économiques
00:42:22donc
00:42:23ce qu'on voit
00:42:25ici au Venezuela
00:42:26on va pouvoir
00:42:27le retrouver
00:42:27dans d'autres pays
00:42:28par exemple
00:42:29la Chine
00:42:29a investi
00:42:30en Argentine
00:42:31pour construire
00:42:33un certain nombre
00:42:34de terminaux
00:42:35notamment
00:42:36en matière
00:42:37spatiale
00:42:39et donc
00:42:39la question
00:42:40d'observation
00:42:41spatiale
00:42:42et donc
00:42:42la question
00:42:42qui se pose
00:42:43c'est
00:42:43est-ce que
00:42:44le gouvernement
00:42:45Milley
00:42:45va fermer
00:42:46ces stations
00:42:47comme il l'a annoncé
00:42:48et donc
00:42:49quel va être
00:42:49le coût
00:42:50de cette fermeture
00:42:54il y a
00:42:56par ailleurs
00:42:56au Pérou
00:42:57un port
00:42:58multimodal
00:42:59le port
00:43:00de Chiang Kai
00:43:01qui a été inauguré
00:43:02il y a quelques mois
00:43:03qui a coûté
00:43:045 milliards de dollars
00:43:05et qui est
00:43:07un terminal
00:43:11stratégique
00:43:13pour la Chine
00:43:13puisqu'il permet
00:43:15d'écouler
00:43:15les exportations
00:43:16de matières premières
00:43:18sud-américaines
00:43:18vers la Chine
00:43:19il ne faut pas oublier
00:43:20que la Chine
00:43:20est le premier partenaire
00:43:21commercial du Pérou
00:43:23mais aussi du Chili
00:43:23du Brésil
00:43:24et donc
00:43:25de ce point de vue là
00:43:26avoir le contrôle
00:43:27de terminaux stratégiques
00:43:29dans la région
00:43:30ça donne un actif
00:43:31un levier
00:43:31non seulement
00:43:32en matière économique
00:43:33mais y compris
00:43:34en matière de défense
00:43:35donc
00:43:36les Etats-Unis
00:43:37aujourd'hui font tout
00:43:37pour éviter
00:43:38que ce terminal
00:43:39soit réellement
00:43:41opérationnel
00:43:41sur le plan
00:43:42de l'efficacité économique
00:43:43donc les Etats-Unis
00:43:44essaient de limiter
00:43:45voire de stopper
00:43:46des projets d'infrastructures
00:43:47qui relieraient
00:43:48ce terminal
00:43:49à d'autres
00:43:50à d'autres infrastructures
00:43:51qui permettraient
00:43:52d'écouler
00:43:52justement
00:43:53ces produits
00:43:54la question
00:43:54c'est une fois encore
00:43:55quelle serait
00:43:56la réponse
00:43:56de la Chine
00:43:56et aussi
00:43:58comment nous
00:43:59nous pouvons nous positionner
00:44:00dans cette rivalité stratégique
00:44:02et donc je pense
00:44:03que c'est là
00:44:03où la France
00:44:05elle a beaucoup à dire
00:44:07et elle a surtout
00:44:08à offrir
00:44:09c'est que d'abord
00:44:10il y a la logique
00:44:11partenariale
00:44:12je l'ai mentionné
00:44:13au début
00:44:14de cette intervention
00:44:15mais je pense
00:44:15qu'il est très important
00:44:16de la souligner
00:44:16puisque dans un contexte
00:44:18où ces deux puissances
00:44:19veillent à s'exprimer
00:44:23par la voie de la puissance
00:44:24et de la contrainte
00:44:25je pense que si on agit
00:44:28dans une logique partenariale
00:44:29qu'on évoque aussi
00:44:31la volonté
00:44:32d'avoir un dialogue
00:44:33non seulement
00:44:34sur les bonnes intentions
00:44:35des déclarations
00:44:36d'intérêt
00:44:36mais aussi
00:44:37d'avoir un levier actif
00:44:39et un levier économique
00:44:41tout à fait opérationnalisable
00:44:43et ce levier
00:44:43s'appelle
00:44:44l'agence française
00:44:45de développement
00:44:45et Proparco
00:44:46pour proposer
00:44:48aux entreprises
00:44:49françaises
00:44:50d'agir concrètement
00:44:52sur le terrain
00:44:52je pense que ça
00:44:53c'est quelque chose
00:44:54qui est important
00:44:55à avoir à l'esprit
00:44:56de mobiliser
00:44:57d'autant plus
00:44:58que ce levier économique
00:44:59que je mentionnais
00:45:00n'existait pas
00:45:01il y a quelques années
00:45:03je rappelle que
00:45:04l'action de l'AFD
00:45:06en Amérique latine
00:45:07a été lancée
00:45:08en 2009
00:45:09c'est-à-dire
00:45:10c'est qu'à partir
00:45:11de 2009
00:45:11que l'AFD
00:45:12a commencé
00:45:12à opérer
00:45:13en Amérique latine
00:45:14et que c'est
00:45:15donc ça c'était
00:45:16sous le mandat
00:45:17de Nicolas Sarkozy
00:45:18et sous le mandat
00:45:20de François Hollande
00:45:21l'opération
00:45:22de l'AFD
00:45:23et le portefeuille
00:45:24d'activité
00:45:26de l'AFD
00:45:27et de Proparco
00:45:27a considérablement
00:45:29augmenté
00:45:30et ça
00:45:31ça nous donne
00:45:32vraiment une valeur
00:45:32ajoutée
00:45:33dans le dialogue
00:45:34qu'on peut avoir
00:45:35avec ces gouvernements
00:45:36en disant
00:45:37qu'avez-vous
00:45:37à nous proposer
00:45:38et je pense
00:45:39que le dialogue
00:45:40qu'on pourrait avoir
00:45:41à présent
00:45:43pourra justement
00:45:44porter sur
00:45:45ce volet
00:45:46plus
00:45:46positif
00:45:49et
00:45:50qu'est-ce qu'on peut
00:45:51proposer justement
00:45:52aux pays latino-américains
00:45:54je vous remercie
00:45:55merci beaucoup
00:45:57je vais passer maintenant
00:46:00aux questions
00:46:01de nos collègues
00:46:02et nous commençons
00:46:02avec
00:46:03Hélène Conou
00:46:03et Mouret
00:46:03merci monsieur le président
00:46:07merci monsieur
00:46:08pour vos analyses
00:46:09je voudrais
00:46:10vous amener
00:46:11dans la caraïbe
00:46:13avec deux points
00:46:15nous avons
00:46:16une actualité
00:46:17électorale
00:46:18importante
00:46:19notamment
00:46:21pour Haïti
00:46:22et la Barbade
00:46:23cette semaine
00:46:24Haïti
00:46:27vous savez
00:46:28que le Sénat
00:46:29a adopté
00:46:30une résolution
00:46:30pour que la France
00:46:32s'implique
00:46:33pour assurer
00:46:33la sécurité
00:46:34mais au-delà
00:46:34de la sécurité
00:46:35il y a aujourd'hui
00:46:35une impasse politique
00:46:36qui est très inquiétante
00:46:40et la CARICOM
00:46:42qui essaye
00:46:43de s'impliquer
00:46:44qui a mené
00:46:45des négociations
00:46:46qui a servi
00:46:47de médiatrice
00:46:48mais pas avec
00:46:50beaucoup de succès
00:46:51puisque
00:46:51eh bien
00:46:52le mandat
00:46:53du conseil présidentiel
00:46:55de transition
00:46:55qui doit prendre fin
00:46:56le 7 février
00:46:57finalement
00:46:58eh bien
00:47:00ne dépouche pas
00:47:01sur un accord politique
00:47:02entre les différentes parties
00:47:03donc
00:47:03j'aimerais avoir
00:47:04votre opinion
00:47:05sur comment vous évaluez
00:47:07finalement l'efficience
00:47:08et les limites actuelles
00:47:10de l'action
00:47:11de la CARICOM
00:47:11pour la Barbade
00:47:14élection législative
00:47:16le 11 février
00:47:17et prochain
00:47:18avec une première ministre
00:47:20Mia Motley
00:47:21qui dirige le gouvernement
00:47:22depuis
00:47:23donc 2018
00:47:24et qui brille
00:47:25un troisième mandat
00:47:26cela crée
00:47:27quand même
00:47:27une certaine
00:47:28instabilité
00:47:30en tout cas
00:47:31de résistance
00:47:32dans le pays
00:47:32donc est-ce que
00:47:33vous voyez cela
00:47:34comme finalement
00:47:35une forme de stabilité
00:47:36politique
00:47:36que l'on pourrait avoir
00:47:37dans ce pays
00:47:38ou au contraire
00:47:39est-ce que ça fragilise
00:47:40les institutions
00:47:41et enfin
00:47:42je voudrais juste
00:47:42un point sur Cuba
00:47:44vous avez parlé
00:47:44de crise migratoire
00:47:46c'est vrai que
00:47:47aujourd'hui
00:47:47ce pays
00:47:48par le blocus
00:47:49américain
00:47:50qui est imposé
00:47:51est étouffé
00:47:52économiquement
00:47:53Donald Trump
00:47:55à la fois
00:47:56a réitéré
00:47:57des menaces
00:47:58en faisant valoir
00:48:00que Cuba
00:48:01représentait une menace
00:48:03exceptionnelle
00:48:03pour la sécurité
00:48:04des Etats-Unis
00:48:05avec un décret
00:48:07qui menace
00:48:08de frapper
00:48:08de droits de douane
00:48:10les pays fournisseurs
00:48:10d'énergie
00:48:11à Cuba
00:48:11en même temps
00:48:13dimanche dernier
00:48:14il a annoncé
00:48:14qu'il y aurait
00:48:15enfin qu'un dialogue
00:48:16était engagé
00:48:17avec la Havane
00:48:18donc quel rôle
00:48:19vous pensez
00:48:20les acteurs
00:48:22extra-régionaux
00:48:23pourraient avoir
00:48:23notamment la France
00:48:24vous avez parlé
00:48:25je fais référence
00:48:26plusieurs fois
00:48:26et est-ce que
00:48:28vous pensez
00:48:28que finalement
00:48:29cette politique
00:48:29des sanctions
00:48:30et des droits
00:48:32de douane
00:48:33s'inscrit
00:48:34dans une démarche
00:48:35américaine
00:48:36maintenant
00:48:36qui finalement
00:48:38pourrait redéfinir
00:48:39l'influence américaine
00:48:40dans l'ensemble
00:48:41de cette région
00:48:42Merci beaucoup
00:48:46Donc pour commencer
00:48:49sur Haïti
00:48:50le problème
00:48:51de la CARICOM
00:48:52c'est que
00:48:53ces décisions
00:48:54certes
00:48:56elles partent
00:48:56d'une volonté
00:48:57d'engager
00:48:58la région
00:49:00caribéenne
00:49:00et donc
00:49:02une volonté
00:49:03de créer
00:49:04du consensus
00:49:04le problème
00:49:05c'est que
00:49:06on a eu
00:49:07beaucoup de consensus
00:49:08que ce soit
00:49:08au niveau
00:49:08de la CARICOM
00:49:09ou au niveau
00:49:11du conseil
00:49:11de sécurité
00:49:12des Nations Unies
00:49:12pour agir
00:49:14et pour dire
00:49:15que la situation
00:49:16en Haïti
00:49:17est extrêmement grave
00:49:18et qu'il faut agir
00:49:19le problème
00:49:19c'est quels sont
00:49:20les moyens
00:49:20associés
00:49:21aux décisions
00:49:22tant de la CARICOM
00:49:23mais aussi
00:49:24du conseil
00:49:24de sécurité
00:49:25des Nations Unies
00:49:25et une fois encore
00:49:28la faillite
00:49:30une fois encore
00:49:30du conseil
00:49:31présidentiel
00:49:31de transition
00:49:32en est l'illustration
00:49:33parce que certes
00:49:34on a
00:49:35une volonté politique
00:49:36d'accompagner
00:49:37le pays
00:49:37tant au niveau
00:49:39de la réforme
00:49:39de ses institutions
00:49:40que de promouvoir
00:49:44un cadre
00:49:44sécuritaire
00:49:45minimal
00:49:46pour qu'il y ait
00:49:48des activités
00:49:48économiques
00:49:49mais le problème
00:49:50c'est qu'une fois encore
00:49:51il faut que
00:49:52les pays
00:49:53qui sont
00:49:55censés soutenir
00:49:57et donner
00:49:57du corps
00:49:59et de la substance
00:50:01de la densité
00:50:02à ces décisions
00:50:03il faut qu'elles
00:50:04s'engagent
00:50:04réellement
00:50:06et une fois encore
00:50:07ce qui s'est passé
00:50:07en 2025
00:50:09en Haïti
00:50:10n'a pas été
00:50:10à la mesure
00:50:11notamment
00:50:12la mission
00:50:13des Nations Unies
00:50:14de la force
00:50:15de sécurité
00:50:16du Kenya
00:50:17qui n'a pas été
00:50:20du tout
00:50:20à la hauteur
00:50:21des enjeux
00:50:21parce que le mandat
00:50:22qui avait été donné
00:50:23par le conseil
00:50:24de sécurité
00:50:24ne permettait pas
00:50:25justement
00:50:26aux forces
00:50:27kenyans
00:50:28de mettre fin
00:50:30aux gangs
00:50:31en tout cas
00:50:31de limiter
00:50:32leur action
00:50:32et donc
00:50:34de ce point de vue là
00:50:34si la situation
00:50:36sécuritaire
00:50:36est aussi dégradée
00:50:38il est très difficile
00:50:38d'accompagner
00:50:39un pays
00:50:40sur le plan politique
00:50:42puisque pour que
00:50:43la politique
00:50:44évolue
00:50:45et avance
00:50:45dans le bon sens
00:50:46il faut qu'il y ait
00:50:46un minimum
00:50:47de stabilité
00:50:48tout simplement
00:50:49sur le plan
00:50:49de la sécurité
00:50:50et cette sécurité
00:50:52aujourd'hui
00:50:52elle n'est plus assurée
00:50:53donc de ce point de vue là
00:50:54l'action de la CARICOM
00:50:56elle est naturellement
00:50:57la bienvenue
00:50:57mais le problème
00:50:58c'est que s'il n'y a pas
00:50:59de décision
00:51:01de fond
00:51:01qui accompagne
00:51:02ces prises de position
00:51:04c'est des déclarations
00:51:05d'intention
00:51:06et de mon point de vue
00:51:07moi je pense que
00:51:08là où se placent
00:51:10les vrais enjeux
00:51:10c'est vraiment
00:51:11au conseil de sécurité
00:51:12des Nations Unies
00:51:13et ce qui est intéressant
00:51:14par rapport à notre discussion
00:51:16générale
00:51:16sur l'Amérique latine
00:51:18et les Etats-Unis
00:51:19c'est que très paradoxalement
00:51:22les Etats-Unis
00:51:23qui rejettent
00:51:23le multilatéralisme
00:51:25qui rejettent
00:51:25les Nations Unies
00:51:26dans le cadre de Haïti
00:51:27c'est plutôt l'inverse
00:51:29parce que c'est
00:51:29les Etats-Unis
00:51:30qui ont demandé
00:51:31à ce qu'il y ait
00:51:31un changement
00:51:32du mandat
00:51:32des forces kenyans
00:51:34et qui sont très actifs
00:51:36au conseil de sécurité
00:51:37pour placer
00:51:38les Nations Unies
00:51:39au cœur
00:51:40de la résolution
00:51:41de la crise haïtienne
00:51:42donc ça
00:51:43c'est très paradoxal
00:51:44puisqu'on voit bien
00:51:45qu'en fonction
00:51:46des intérêts
00:51:46là pour le coup
00:51:47la multilatéralisme
00:51:49ça les intéresse
00:51:49pourquoi ?
00:51:51pour partager
00:51:51le fardeau
00:51:52et pour que
00:51:53ce ne soient pas
00:51:53les Etats-Unis
00:51:54qui doivent assurer
00:51:55la question
00:51:56de la sécurité
00:51:57et le maintien
00:51:57de la sécurité
00:51:58dans ce pays
00:51:58donc c'est vrai
00:52:00qu'on peut
00:52:01depuis notre position
00:52:04française
00:52:05justement
00:52:06utiliser
00:52:06et exploiter
00:52:07ces contradictions
00:52:08en disant
00:52:09si vous voulez
00:52:10vous engager
00:52:10multilatéralement
00:52:11en Haïti
00:52:12allons-y
00:52:12mais allons-y
00:52:13franchement
00:52:13et ne le limitons pas
00:52:16au cas haïtien
00:52:16donc je pense
00:52:17que ça
00:52:17ça pourrait être
00:52:18un premier
00:52:18enseignement
00:52:20de cette crise
00:52:21actuelle
00:52:21le deuxième
00:52:23la question
00:52:23de la barbade
00:52:24bon je pense
00:52:24que Mia Motley
00:52:25a fait des bons mandats
00:52:28elle a réussi
00:52:29à positionner
00:52:29son pays
00:52:30sur la scène internationale
00:52:32notamment par rapport
00:52:33à des enjeux
00:52:33qui sont importants
00:52:34pour la France
00:52:34notamment en matière
00:52:35du climat
00:52:36notamment en matière
00:52:38du financement
00:52:39du développement
00:52:40alors c'est vrai
00:52:42que cette deuxième
00:52:44réélection
00:52:45suscite des
00:52:46troisième mandat
00:52:49mais deuxième réélection
00:52:50alors après
00:52:51voilà c'est vrai
00:52:52que c'est
00:52:52comment dire
00:52:53c'est
00:52:55sur le plan
00:52:57institutionnel
00:52:58je pense que
00:53:00ça fragilise
00:53:01je pense que
00:53:03c'est pas moi
00:53:04qui va aller
00:53:06dans le sens contraire
00:53:07de votre propos
00:53:07néanmoins
00:53:09c'est vrai que
00:53:09voilà
00:53:09ça a été une décision
00:53:12de Mia Motley
00:53:14et je vois
00:53:15compte tenu
00:53:15de sa popularité
00:53:16dans le pays
00:53:16je pense qu'elle va
00:53:17être réélue
00:53:19donc voilà
00:53:20j'ai pas plus
00:53:20de commentaires
00:53:21je peux lamenter
00:53:22sur le plan institutionnel
00:53:23mais reconnaître
00:53:24le fait
00:53:25qu'elle est populaire
00:53:26et que voilà
00:53:26il y aura une élection
00:53:27ce qui d'ailleurs
00:53:29a pu se passer
00:53:30dans d'autres pays
00:53:30je pense par exemple
00:53:31à la Bolivie
00:53:32où Morales
00:53:33avait aussi fait
00:53:34cette opération
00:53:36finalement
00:53:37par rapport
00:53:38à votre troisième question
00:53:40qui était Cuba
00:53:41oui alors
00:53:41Cuba
00:53:42alors la question
00:53:43de
00:53:43oui
00:53:45la question
00:53:47des Etats-Unis
00:53:50c'est que
00:53:50une fois encore
00:53:51c'est une démocratie
00:53:53pour moi
00:53:55c'est pas vraiment
00:53:55une politique étrangère
00:53:56c'est plus
00:53:56une logique
00:53:57de coup d'éclat
00:53:58vous même
00:53:58dans votre question
00:53:59vous avez évoqué
00:54:00les changements
00:54:01de position
00:54:01et je pense
00:54:03que c'est aussi
00:54:04lié
00:54:05en fait
00:54:05aux évolutions
00:54:07des rapports
00:54:08de force
00:54:08au sein
00:54:09de l'administration
00:54:09américaine
00:54:10j'ai déjà évoqué
00:54:11Marco Rubio
00:54:12et le fait
00:54:13qu'il est extrêmement
00:54:14puissant
00:54:14compte tenu
00:54:15de sa double casquette
00:54:16tant au département
00:54:17d'État
00:54:17qu'à la Maison-Blanche
00:54:18mais il ne faut pas
00:54:19oublier
00:54:19qu'il y a un deuxième
00:54:20acteur
00:54:20qui est très important
00:54:21dans cette équation
00:54:23latino-américaine
00:54:24qui s'appelle
00:54:24Richard Grenell
00:54:26qui est l'envoyé
00:54:27pour l'émission spéciale
00:54:29du président Trump
00:54:29c'est quelqu'un
00:54:30qui est extrêmement proche
00:54:32du lobby pétrolier
00:54:33c'est lui
00:54:35qui dans un premier temps
00:54:37a été chargé
00:54:37par Donald Trump
00:54:38pour négocier
00:54:39avec Nicolas Maduro
00:54:40d'ailleurs c'est lui
00:54:41qui s'était affiché
00:54:43avec Nicolas Maduro
00:54:43en février 2025
00:54:45et qui avait été
00:54:46à l'origine
00:54:47de la libération
00:54:48de six américains
00:54:50qui étaient prisonniers
00:54:51à Caracas
00:54:52et c'est quelqu'un
00:54:54qui
00:54:54s'il a été
00:54:57s'il a été vaincu
00:54:58disons
00:54:59dans leur conflit interne
00:55:01pour avoir
00:55:02disons
00:55:03la primauté
00:55:03de la politique
00:55:04vénézuélienne
00:55:04des États-Unis
00:55:05in fine
00:55:06ce qu'a fait Rubio
00:55:07certes Rubio
00:55:09a eu ce qu'il voulait
00:55:10c'est-à-dire son trophée
00:55:11l'arrestation
00:55:13de Nicolas Maduro
00:55:14néanmoins
00:55:15du point de vue politique
00:55:16c'est pas du tout
00:55:17la vision de Rubio
00:55:18qui a primé
00:55:19c'est la vision
00:55:20de Grenell
00:55:20la vision de Grenell
00:55:21c'est qu'il faut composer
00:55:23avec les autorités
00:55:24vénézuéliennes
00:55:24il faut arriver
00:55:25à un accord politique
00:55:26avec les autorités
00:55:27vénézuéliennes
00:55:28et donc
00:55:28de ce point de vue là
00:55:30c'est un autre acteur
00:55:31qu'il faut avoir
00:55:32vraiment dans l'équation
00:55:34latino-américaine
00:55:34de la politique étrangère
00:55:36américaine
00:55:36vis-à-vis des États-Unis
00:55:37et on le voit
00:55:38ce conflit
00:55:39dans d'autres pays
00:55:40de la région
00:55:40je pense notamment
00:55:41au Brésil
00:55:41au Brésil
00:55:43la relation bilatérale
00:55:44Brésil-États-Unis
00:55:45en 2025
00:55:46elle est aussi
00:55:48marquée par ses contradictions
00:55:49à l'image de Cuba
00:55:50durant
00:55:51disons
00:55:53une bonne partie
00:55:54du deuxième semestre
00:55:552025
00:55:56la relation bilatérale
00:55:58américaine
00:55:58entre les États-Unis
00:56:01et le Brésil
00:56:01était extrêmement tendue
00:56:02il ne faut pas oublier
00:56:03et pour répondre
00:56:04à votre question
00:56:05les États-Unis
00:56:06ont imposé
00:56:07des droits de douane
00:56:07punitifs
00:56:08au Brésil
00:56:09dans des secteurs
00:56:10clés pour l'économie
00:56:12de ce pays
00:56:12le café
00:56:13le jus d'orange
00:56:16le secteur aéronautique
00:56:18et les États-Unis
00:56:21ont lié
00:56:21la diminution
00:56:23de ces droits de douane
00:56:24au fait que
00:56:25Jair Bolsonaro
00:56:26devait retrouver
00:56:27ses droits politiques
00:56:28et être
00:56:29sorti de prison
00:56:31ce qui était une immiction
00:56:33éhontée
00:56:34dans la politique
00:56:35intérieure brésilienne
00:56:36il y est arrivé
00:56:38un moment
00:56:39où
00:56:39les américains
00:56:40et notamment
00:56:41via l'influence
00:56:43de Grenell
00:56:43se sont rendus compte
00:56:44que
00:56:45cette position
00:56:46était intenable
00:56:47du point de vue
00:56:48politique
00:56:49et du point de vue
00:56:50des répercussions
00:56:51économiques
00:56:52aux États-Unis
00:56:53puisque
00:56:53imposer des droits
00:56:55de douane
00:56:55sur le café
00:56:56alors que
00:56:57le Brésil
00:56:58principal exportateur
00:56:59de café aux États-Unis
00:57:00ça avait une conséquence
00:57:01très concrète
00:57:02c'est que le prix
00:57:02du café
00:57:02augmentait
00:57:03à Washington
00:57:05à Dallas
00:57:06voilà
00:57:06et donc
00:57:07les électeurs
00:57:08de Donald Trump
00:57:08qui ont été
00:57:09qui ont élu
00:57:10Donald Trump
00:57:11sur la base
00:57:12de la critique
00:57:12de la hausse
00:57:13de l'inflation
00:57:14durant l'administration
00:57:15Biden
00:57:15a été floué
00:57:16donc
00:57:17une fois encore
00:57:17les questions
00:57:18de considération
00:57:19politique intérieure
00:57:20ont été utilisées
00:57:22justement
00:57:22par cette aile
00:57:23des conseillers
00:57:24de Donald Trump
00:57:25et notamment
00:57:26monsieur Grenell
00:57:28pour dire
00:57:29à Donald Trump
00:57:30bon
00:57:31on va cesser
00:57:32d'écouter
00:57:34la parole
00:57:34de Jair Bolsonaro
00:57:35de son fils
00:57:36qui d'ailleurs
00:57:37habite aux États-Unis
00:57:38et qui avait
00:57:39un accès direct
00:57:40à Marco Rubio
00:57:41et il y a eu aussi
00:57:42une évolution
00:57:43de la position
00:57:44américaine
00:57:45vis-à-vis du Brésil
00:57:46ce qui s'est traduit
00:57:48d'abord
00:57:49par un échange
00:57:50lors de l'Assemblée
00:57:50générale
00:57:51des Nations Unies
00:57:51puis un entretien
00:57:52bilatéral
00:57:53en Malaisie
00:57:55et enfin
00:57:56il y aura
00:57:57une visite bilatérale
00:57:58du président Lula
00:57:58à Washington
00:57:59au mois de mars
00:58:00donc on voit bien
00:58:01que là une fois encore
00:58:02on alterne
00:58:04le chaud et le froid
00:58:04moi je pense
00:58:06qu'il y a une vraie question
00:58:07par rapport à Cuba
00:58:08et que c'est que
00:58:09ils ne savent pas
00:58:10vraiment quoi faire
00:58:11avec Pierre
00:58:11certes il y a
00:58:12cette volonté
00:58:13de mener un geste fort
00:58:15parce que justement
00:58:15il y a l'histoire
00:58:16et il y a
00:58:17cette question personnelle
00:58:19de Marco Rubio
00:58:19mais je pense
00:58:21qu'il y a
00:58:22une réalité électorale
00:58:23qui s'impose
00:58:24aux acteurs américains
00:58:25qui est limite terme
00:58:26et de ce point de vue là
00:58:27c'est vrai que
00:58:28contrairement au Venezuela
00:58:30à Cuba
00:58:31il n'y a pas de pétrole
00:58:31donc ça c'est quand même
00:58:33un élément
00:58:33il y a un facteur incitatif
00:58:35quand même très puissant
00:58:36c'est à dire
00:58:38à Venezuela
00:58:38il y a un intérêt
00:58:39peut-être qu'il pourrait y avoir
00:58:42un autre intérêt à Cuba
00:58:43c'est de revenir
00:58:44à la situation
00:58:44près 1959
00:58:46c'est à dire
00:58:47que Cuba
00:58:48était quand même
00:58:48l'île
00:58:50où il y avait
00:58:50beaucoup de blanchiment
00:58:52d'argent
00:58:53de la part
00:58:54des mafias
00:58:55et ça c'est documenté
00:58:56des mafias siciliennes
00:58:57qui étaient opérées
00:58:58des casinos
00:58:59à Cuba
00:58:59ça c'est
00:59:01un fait avéré
00:59:03et peut-être
00:59:05que ça peut être
00:59:06une logique
00:59:07de l'administration
00:59:08américaine
00:59:09puisque la question
00:59:10du pouvoir
00:59:11exécutif
00:59:12et de l'argent
00:59:13aux Etats-Unis
00:59:14est une question
00:59:14quand même
00:59:15qui se pose
00:59:15moi c'est vrai
00:59:16que c'est quelque chose
00:59:18qui me frappe
00:59:18beaucoup aujourd'hui
00:59:19mais hormis
00:59:20cette question financière
00:59:22c'est vrai que je ne vois pas
00:59:23quel pourrait être
00:59:23l'intérêt
00:59:24pour les Etats-Unis
00:59:25de mener ce changement
00:59:27de régime
00:59:27parce qu'il n'y a
00:59:27personne pour qui
00:59:29le remplacer
00:59:29et en plus
00:59:30il y a cette question
00:59:31migratoire
00:59:31donc c'est vrai
00:59:32qu'il y a quand même
00:59:32beaucoup d'inconnus
00:59:34Merci beaucoup
00:59:36on va passer à la question
00:59:37suivante si vous voulez bien
00:59:38Roger Carucci
00:59:39Merci monsieur le président
00:59:42rapidement
00:59:43j'entends bien
00:59:44tout ce que vous dites
00:59:44mais est-ce qu'en réalité
00:59:46Trump
00:59:49c'est Trump
00:59:50très bien
00:59:50mais est-ce que
00:59:52en réalité
00:59:53dans toute l'Amérique latine
00:59:54on n'a pas une inversion
00:59:56pendant des années
00:59:58tous les régimes sud-américains
01:00:00étaient élus
01:00:00sur l'anti-Yankee
01:00:01après Cuba
01:00:03après le coup d'état
01:00:04au Chili
01:00:05dans les années 80
01:00:0690
01:00:072000
01:00:07c'était l'unité sacrée
01:00:09contre les Yankee
01:00:10sauf que
01:00:11dans beaucoup de pays
01:00:12on s'est rendu compte
01:00:13que ça ne faisait pas
01:00:14la prospérité
01:00:15ni la démocratie
01:00:16ni la liberté
01:00:17et le résultat
01:00:19c'est qu'on a
01:00:19une inversion
01:00:21aujourd'hui
01:00:21avec des régimes
01:00:23dans la plupart des cas
01:00:25où
01:00:26les régimes plus libéraux
01:00:28l'emportent
01:00:29lorsqu'il y a
01:00:29de vraies élections
01:00:30et puis
01:00:31vous avez parlé
01:00:33certes
01:00:34du fait que
01:00:35en 2026
01:00:36il y avait des élections
01:00:36en Colombie
01:00:37et au Brésil
01:00:39le président Petro
01:00:41la semaine dernière
01:00:42disait
01:00:42mais moi
01:00:43contre les Etats-Unis
01:00:44je suis prêt
01:00:44à reprendre les armes
01:00:45puis trois jours après
01:00:46il était à la Maison Blanche
01:00:47donc
01:00:48il a repris les armes
01:00:49mais par avion
01:00:50quoi
01:00:51quant au président Lula
01:00:53qui est le champion
01:00:54de l'anti-Yankee
01:00:55il sera
01:00:56vous l'avez dit
01:00:56au mois de mars
01:00:57à la Maison Blanche
01:00:58alors finalement
01:00:59est-ce que
01:01:01Trump
01:01:01ne surfe pas
01:01:03sur le fait que
01:01:04la vision
01:01:06anti-Yankee
01:01:07de la plupart
01:01:08des régimes
01:01:08latino-américains
01:01:09aujourd'hui
01:01:10ne fonctionne plus
01:01:11et finalement
01:01:13il a raison
01:01:15de se comporter
01:01:16en vrai pouvoir
01:01:20face à des régimes
01:01:21qui pour subsister
01:01:23ne peuvent plus
01:01:25être trop anti-américains
01:01:27et vous parliez
01:01:28de Cuba
01:01:28je rappelle
01:01:29que Marco Rubio
01:01:30est certes
01:01:31d'origine cubaine
01:01:32mais que ses parents
01:01:32ont quitté Cuba
01:01:33pendant la dictature
01:01:35de Batista
01:01:35et non pas
01:01:36après le coup d'état
01:01:37de Castro
01:01:38ce qui fait que
01:01:39même le président Trump
01:01:40dit
01:01:41si à Cuba
01:01:41il y a nécessité
01:01:43d'un dirigeant
01:01:43je vous envoie
01:01:44Marco Rubio
01:01:44il est prêt
01:01:46à le rétrocéder
01:01:47est-ce que
01:01:48justement
01:01:49la politique
01:01:50anti-Yankee
01:01:51qui faisait la force
01:01:52des régimes
01:01:52sud-américains
01:01:53n'est pas
01:01:56en échec
01:01:56aujourd'hui
01:01:57et
01:01:57dans les opinions
01:01:59publiques
01:01:59le système
01:02:01d'unité politique
01:02:03contre les Yankees
01:02:04ne fonctionne plus
01:02:05d'où le fait
01:02:06que
01:02:06Trump
01:02:07joue
01:02:08sur du velours
01:02:09en fait
01:02:09en fait
01:02:11je pense que
01:02:11la réponse
01:02:12elle est à deux niveaux
01:02:13je pense que
01:02:15d'abord
01:02:15il y a la question
01:02:16qui me semble-t-il
01:02:18très intéressante
01:02:19du discours de Trump
01:02:21vis-à-vis de son opinion
01:02:22publique aux Etats-Unis
01:02:23et de l'électorat latino
01:02:25parce que
01:02:25je pense que ça
01:02:26c'est une variable
01:02:27insuffisamment analysée
01:02:29vue d'Europe
01:02:30mais c'est que
01:02:32les latinos
01:02:33ont quand même
01:02:33voté
01:02:34majoritairement
01:02:35pour Trump
01:02:36en 2024
01:02:37et il y a quand même
01:02:39eu un tournant
01:02:40conservateur
01:02:41qui a d'ailleurs
01:02:41très mal été analysé
01:02:43par les démocrates
01:02:43parce que
01:02:44toute la stratégie
01:02:44démocrate
01:02:45des années 2000
01:02:46et notamment
01:02:47de la présidence
01:02:48Obama
01:02:48c'était de dire
01:02:49en termes de stratégie
01:02:51électorale
01:02:51je l'entends
01:02:52c'est
01:02:52on va construire
01:02:53une majorité politique
01:02:55sur la base
01:02:55de l'agrégat
01:02:56de minorités
01:02:57et étant donné
01:02:59que démographiquement
01:03:00ces minorités
01:03:01avaient une croissance
01:03:03démographique
01:03:04les noirs
01:03:05les latinos
01:03:06parce que
01:03:06disons qu'aux Etats-Unis
01:03:08toute cette question
01:03:09raciale et ethnique
01:03:10est tout à fait
01:03:10autorisée
01:03:11dans les études
01:03:12d'opinion
01:03:13et dans les voilà
01:03:13et donc
01:03:14la stratégie électorale
01:03:15des démocrates
01:03:16c'était de dire
01:03:17il faut s'adresser
01:03:18en priorité
01:03:18à ces minorités
01:03:19et on va construire
01:03:20une majorité politique
01:03:21sur cette base
01:03:22or
01:03:23ce qu'ils ont
01:03:24insuffisamment analysé
01:03:25c'est que
01:03:26dans ces minorités
01:03:28il y a aussi
01:03:28des évolutions électorales
01:03:29et
01:03:30ce qui est un trait
01:03:31frappant
01:03:32de l'évolution
01:03:33de la démographie
01:03:33et des comportements
01:03:34électoraux
01:03:35aux Etats-Unis
01:03:35c'est que
01:03:36les latinos
01:03:37ont
01:03:38notamment en Floride
01:03:40au Texas
01:03:40sont devenus
01:03:42de plus en plus
01:03:43conservateurs
01:03:44et donc ont voté
01:03:45de plus en plus
01:03:45massivement
01:03:46en faveur
01:03:46des candidats
01:03:47républicains
01:03:48et de ce point de vue là
01:03:50il est vrai que
01:03:52cet engagement
01:03:54politique
01:03:56mais aussi
01:03:56sur le plan
01:03:57du discours
01:03:58en Amérique latine
01:03:59il répond aussi
01:04:00à une nécessité
01:04:02électorale
01:04:02de s'adresser
01:04:03à l'électorat
01:04:04latino
01:04:05un électorat latino
01:04:07qui paradoxalement
01:04:08peut être aussi
01:04:10très hostile
01:04:10à l'immigration
01:04:12illégale
01:04:12latino-américaine
01:04:13et donc
01:04:15c'est vrai
01:04:16que c'est là
01:04:16où il y a
01:04:17un élément
01:04:18qui est nouveau
01:04:19et qui a été
01:04:20très bien utilisé
01:04:21par les stratèges
01:04:22républicains
01:04:23durant le cycle
01:04:24électoral
01:04:24de 2024
01:04:25néanmoins
01:04:27la question
01:04:28elle se pose aussi
01:04:29à nouveau
01:04:29et notamment
01:04:30l'élection
01:04:30qui a eu lieu
01:04:31au Texas
01:04:32pas plus tard
01:04:32qu'il y a
01:04:33deux ou trois jours
01:04:33où il y a eu
01:04:35un basculement
01:04:35d'un siège
01:04:36historiquement
01:04:37républicain
01:04:38pour
01:04:39vers
01:04:41le candidat démocrate
01:04:43et surtout
01:04:43l'élection
01:04:44du maire
01:04:44de Miami
01:04:45où pour la première
01:04:46fois en 30 ans
01:04:46il y a eu
01:04:47une alternance
01:04:48du parti républicain
01:04:48au parti démocrate
01:04:49c'est des signaux
01:04:51quand même
01:04:51assez forts
01:04:52vis-à-vis
01:04:54des républicains
01:04:55en ce qui concerne
01:04:56la question
01:04:58de la
01:04:58lisibilité
01:05:01à moyen
01:05:01et long terme
01:05:02de la stratégie
01:05:03de Trump
01:05:04vis-à-vis
01:05:04de l'Amérique latine
01:05:06deuxièmement
01:05:09la question
01:05:11du message
01:05:12de
01:05:13de
01:05:13de
01:05:13de
01:05:15Donald Trump
01:05:15vis-à-vis
01:05:16non pas en matière
01:05:17de politique intérieure
01:05:18mais de politique étrangère
01:05:19je pense que
01:05:21il y a
01:05:22il y a deux
01:05:22il y a deux facteurs
01:05:23je pense que
01:05:24effectivement
01:05:24vous avez raison
01:05:25de le souligner
01:05:26les dirigeants latino-américains
01:05:28que ce soit
01:05:29Petro
01:05:29ou Lula
01:05:30en fonction
01:05:31de leur trajectoire de vie
01:05:33Petro avait été un ancien
01:05:34guerrillero
01:05:35donc ça joue aussi
01:05:36dans ce facteur
01:05:37discursif
01:05:38voilà
01:05:41il y a
01:05:41cet anti-américanisme
01:05:43est très prégnant
01:05:44chez ces dirigeants
01:05:46en fonction
01:05:46de leur trajectoire
01:05:47dirigeante
01:05:47je pense qu'il y a eu
01:05:48aussi une évolution
01:05:49sur le plan
01:05:50des générations
01:05:51le président
01:05:52Boric
01:05:52par exemple
01:05:53du Chili
01:05:53certes
01:05:54de centre-gauche
01:05:54certes
01:05:55qui a fait référence
01:05:56à Salvador Allende
01:05:57lorsqu'il a été
01:05:58investi
01:06:00donc
01:06:01en 2021
01:06:03il n'est pas du tout
01:06:04dans ce registre
01:06:05de l'invective
01:06:06et de la mobilisation
01:06:08de l'anti-américanisme
01:06:10comme un facteur
01:06:10de mobilisation
01:06:11politique
01:06:12je pense qu'il y a aussi
01:06:13un facteur
01:06:14de génération
01:06:14qui joue
01:06:15d'autant plus
01:06:16qu'en Amérique latine
01:06:17les Etats-Unis
01:06:19c'est aussi vu
01:06:20comme
01:06:21le rêve américain
01:06:23il n'y a pas uniquement
01:06:24le rejet
01:06:24de l'oncle Sam
01:06:26et les interventions
01:06:28que vous avez évoquées
01:06:30mais il y a aussi
01:06:31cette idée
01:06:32peut-être
01:06:33une idée
01:06:33désormais un peu
01:06:34ancienne
01:06:35de la prospérité
01:06:36et du rêve américain
01:06:37ce qui explique
01:06:38pourquoi il y a
01:06:39autant de migrants
01:06:40latino-américains
01:06:41qui cherchent
01:06:41à aller aux Etats-Unis
01:06:42donc de ce point de vue là
01:06:44c'est vrai que
01:06:45la vision des Etats-Unis
01:06:49elle est à double tranchant
01:06:50il y a d'une part
01:06:50un rejet
01:06:51mais il peut aussi
01:06:52avoir une attirance
01:06:53néanmoins
01:06:54je pense qu'il y a aussi
01:06:55un facteur nouveau
01:06:56c'est que
01:06:57le discours
01:06:58anti-immigration
01:07:00et surtout
01:07:00cette vision
01:07:04pas du tout
01:07:06partenariale
01:07:07que projet
01:07:08des Etats-Unis
01:07:08vis-à-vis de la région
01:07:10ça a aussi
01:07:11un impact
01:07:11sur la vision
01:07:12qu'ont les latino-américains
01:07:13sur les Etats-Unis
01:07:15et ça
01:07:16les études d'opinion
01:07:17sur quelle est l'image
01:07:18qu'ont les latino-américains
01:07:19vis-à-vis des puissances
01:07:20extra-régionales
01:07:21on voit bien
01:07:22qu'il y a un effritement
01:07:23de l'image
01:07:25des Etats-Unis
01:07:25dans la région
01:07:26une montée
01:07:27de la côte de confiance
01:07:29de la Chine
01:07:29puisque la Chine
01:07:30comme je l'évoquais
01:07:31s'implante aussi
01:07:32non seulement
01:07:33par le biais économique
01:07:35mais aussi
01:07:36en installant
01:07:36des instituts
01:07:37confucius
01:07:38en développant
01:07:39des partenariats
01:07:41en matière éducative
01:07:42et tout ça
01:07:43ça commence
01:07:43aussi à faire
01:07:44boule de neige
01:07:45donc c'est vrai
01:07:46que là
01:07:46une fois encore
01:07:47pour revenir
01:07:48à la France
01:07:49c'est là
01:07:50où notre vision
01:07:51partenariale
01:07:52le fait de partager
01:07:53des valeurs
01:07:54c'est aussi
01:07:55quelque chose
01:07:56qui est important
01:07:57à l'heure
01:07:58où les sociétés
01:07:59latino-américaines
01:08:00comme je l'avais souligné
01:08:01au début
01:08:02de mon intervention
01:08:03sont quand même
01:08:04très fortement
01:08:05teintées
01:08:06par une défiance
01:08:07vis-à-vis de leurs élites
01:08:08politiques et économiques
01:08:09justement parce qu'il n'y a pas
01:08:10de croissance économique
01:08:11parce que les résultats
01:08:12ne sont pas en rendez-vous
01:08:13merci beaucoup
01:08:14il me reste trois questions
01:08:16et 15 minutes
01:08:16donc j'invite un peu
01:08:17à la concision
01:08:18si vous me permettez
01:08:19donc il reste maintenant
01:08:21Olivier Cadic
01:08:21merci monsieur le président
01:08:23merci pour vos propos
01:08:25oui vous avez mentionné
01:08:26la rivalité stratégique
01:08:27entre la Chine
01:08:28et les Etats-Unis
01:08:29dans l'Amérique latine
01:08:30elle se démontre aussi
01:08:33par l'arrivée
01:08:33des précurseurs chimiques chinois
01:08:35qui arrivent par les ports
01:08:36vous avez parlé de Chiang Kai
01:08:37mais la cocaïne
01:08:38se compose aussi
01:08:39des précurseurs chimiques chinois
01:08:41qui envahissent
01:08:42donc l'Amérique latine
01:08:43c'est un des sujets
01:08:44qui va m'amener
01:08:45à vous parler
01:08:46du développement
01:08:46du crime organisé
01:08:47et donc des cartels
01:08:49donc qui sont considérés
01:08:51désormais
01:08:51comme des organisations
01:08:52terroristes
01:08:53aux Etats-Unis
01:08:54et qui à mon avis
01:08:55c'est un peu
01:08:56le game changer
01:08:56parce qu'on parle
01:08:57de trafic de drogue
01:08:58mais on aurait pu parler
01:08:59de l'Orenoc
01:08:59et donc de ce que font
01:09:01les militaires vénézuéliens
01:09:02aux sources
01:09:03donc de l'Orenoc
01:09:04pour faciliter le trafic
01:09:05de métaux précieux
01:09:06mais on aurait pu parler aussi
01:09:08du trafic d'êtres humains
01:09:09de tout ce qui se passe
01:09:10sur cette zone
01:09:11vous avez justement
01:09:12rappelé la présence
01:09:14de l'ENL
01:09:15et puis justement
01:09:16la proximité
01:09:17entre la Colombie
01:09:18et le Venezuela
01:09:18dans ce domaine
01:09:19et donc je pense que
01:09:20c'est effectivement
01:09:20une raison
01:09:21qui nous amène
01:09:22à nous préoccuper
01:09:23de ce qui se passe
01:09:25aussi en Colombie
01:09:27mais il y a quand même
01:09:29une transition démocratique
01:09:30qui est en route
01:09:32au Venezuela
01:09:33on n'en parle pas
01:09:34mais il faut quand même
01:09:35rappeler que
01:09:35Edmondo González-Orutia
01:09:37était élu avec 70%
01:09:39des voix
01:09:39on fait comme si
01:09:40ce scrutin
01:09:41n'avait pas existé
01:09:42c'est quand même
01:09:43un peu surprenant
01:09:43puisque en réalité
01:09:46le devenir
01:09:47de ce pays
01:09:48est pour l'instant
01:09:50imbriqué
01:09:51dans des réseaux
01:09:52d'influence
01:09:53et d'ingérence
01:09:54l'Iran
01:09:55la Russie
01:09:56la Chine
01:09:57Cuba
01:09:58au Venezuela
01:09:59c'est un vrai sujet
01:10:01mais aussi
01:10:02les acteurs
01:10:02tels que le Hezbollah
01:10:04présent
01:10:05ça aussi
01:10:06j'aimerais savoir
01:10:07ce que vous pensez
01:10:08de ce qui se passe
01:10:09et de l'impact
01:10:09avec l'Iran
01:10:10les groupes paramilitaires
01:10:11les organisations criminelles
01:10:13aujourd'hui
01:10:15ce qui est un peu étonnant
01:10:17et j'aimerais avoir
01:10:18votre opinion là-dessus
01:10:20c'est qu'on réagit
01:10:22beaucoup pour le Groenland
01:10:23on réagit beaucoup
01:10:24avec ce qui se passe
01:10:24en Iran
01:10:25mais personne
01:10:27s'inquiète
01:10:27de la transition démocratique
01:10:28au Venezuela
01:10:29au niveau de l'Europe
01:10:30au niveau de la France
01:10:31alors qu'on est
01:10:32à une heure de là
01:10:32personne n'est vocal
01:10:34sur le sujet
01:10:35pour pousser
01:10:37vers cette transition démocratique
01:10:38qui a eu un vote
01:10:39le faire respecter
01:10:40qu'est-ce qui fait
01:10:41que les démocraties
01:10:42n'ont pas la force
01:10:44de faire respecter
01:10:45les votes démocratiques
01:10:46d'un peuple
01:10:48comme le Venezuela
01:10:49les Vénézuéliens
01:10:50ça ça m'interroge
01:10:52et puis aussi
01:10:52comment réagir
01:10:54au développement
01:10:56des cartels
01:10:57puisque nous sommes
01:10:58maintenant
01:10:58nous-mêmes
01:10:59affectés par leur développement
01:11:00ici sur le territoire
01:11:01européen
01:11:01merci
01:11:02merci beaucoup
01:11:05alors oui
01:11:06je pense que j'ai essayé
01:11:07de répondre d'abord
01:11:08sur peut-être
01:11:09sur le crime organisé
01:11:11et le cartel
01:11:11et les cartels
01:11:12et après sur la question
01:11:14démocratique au Venezuela
01:11:15en ce qui concerne
01:11:16les cartels
01:11:17oui je pense qu'à l'évidence
01:11:18c'est un sujet
01:11:19où la France
01:11:20et l'Europe
01:11:21de manière plus générale
01:11:22a beaucoup à dialoguer
01:11:24avec l'Amérique latine
01:11:25d'ailleurs
01:11:26dans le premier discours
01:11:28et je m'en félicite
01:11:29que le président de la république
01:11:30ait fait sur l'Amérique latine
01:11:31depuis son arrivée
01:11:32à l'Elysée en 2017
01:11:33c'était un discours
01:11:34qui a été fait
01:11:35à Valparaiso
01:11:36lors de sa visite au Chili
01:11:38la question du crime organisé
01:11:40a été mentionnée
01:11:41et je pense que c'est
01:11:42effectivement un sujet important
01:11:44tant du point de vue
01:11:46de la politique intérieure
01:11:47de ces pays
01:11:47et aussi de notre propre
01:11:49politique intérieure
01:11:50et de notre propre sécurité
01:11:51je pense que
01:11:53et vous l'avez évoqué
01:11:55avec votre question
01:11:55sur les précurseurs chinois
01:11:57je pense qu'il y a eu
01:11:58une vraie transformation
01:12:01en fait de l'économie
01:12:02du crime organisé
01:12:03en Amérique latine
01:12:04qui est liée
01:12:06en fait
01:12:06d'abord à l'arrivée
01:12:07du fétanil
01:12:08et des drogues synthétiques
01:12:09notamment dans les marchés
01:12:11nord-américains
01:12:12Etats-Unis
01:12:13et Canada
01:12:13et ce que ça provoquait
01:12:15en termes d'effet d'éviction
01:12:17des marchés naturels
01:12:18de cocaïne
01:12:19qui allaient d'abord
01:12:20aux Etats-Unis
01:12:21et au Canada
01:12:21et qui aujourd'hui
01:12:22viennent majoritairement
01:12:23en Europe
01:12:24et cela induit aussi
01:12:27des réaménagements
01:12:29dans l'économie
01:12:29du crime
01:12:30et de ces cartels
01:12:32ce qui a des conséquences
01:12:33et c'est pour ça
01:12:34que je parlais
01:12:34de politique intérieure
01:12:35et de notre rôle
01:12:36très concret
01:12:38dans le plan
01:12:38de la politique intérieure
01:12:39de ces pays
01:12:39je pense par exemple
01:12:40à un pays tel que l'Équateur
01:12:41un pays qui était
01:12:42traditionnellement
01:12:43un pays sûr
01:12:44où il y avait
01:12:46des taux de criminalité
01:12:47assez bas
01:12:48et qui ces 5 dernières années
01:12:50a vécu
01:12:51une vraie explosion
01:12:52de la criminalité
01:12:53qui est liée
01:12:53en fait
01:12:54au fait que
01:12:55en Équateur
01:12:57il y a
01:12:58des terminaux
01:12:59logistique important
01:13:00et notamment
01:13:00le port de Guayaquil
01:13:02tout sorte
01:13:02une bonne partie
01:13:04des marchandises
01:13:05et notamment
01:13:05de cocaïne
01:13:07qui est par la suite
01:13:08exportée en Europe
01:13:09et donc ça
01:13:10ça induit
01:13:11ces phénomènes
01:13:11de criminalité
01:13:12et c'est là
01:13:13où il me semble
01:13:14on peut être efficace
01:13:16puisque pour combattre
01:13:17le crime organisé
01:13:18il faut avant tout
01:13:19avoir une approche
01:13:20systémique
01:13:21transnationale
01:13:22et de ce point de vue là
01:13:24il faut qu'il y ait
01:13:25davantage de coopération
01:13:26judiciaire
01:13:27en matière de coopération
01:13:28en matière de police
01:13:28donc très concrètement
01:13:30le fait que
01:13:31nous ayons maintenu
01:13:33le réseau diplomatique
01:13:34dans la région
01:13:35et notamment
01:13:35qu'il y ait des attachés
01:13:36de défense
01:13:37qu'il y ait des attachés
01:13:38de police
01:13:38dans ces pays
01:13:40est quelque chose
01:13:40de fondamental
01:13:41pour être très opérationnel
01:13:43parce que
01:13:44il faut
01:13:44d'une part
01:13:45renforcer
01:13:47ces coopérations
01:13:48en matière
01:13:49d'entraide
01:13:49judiciaire
01:13:50policière
01:13:51avec ces pays
01:13:52justement
01:13:53pour aller
01:13:54à la source
01:13:54et pour penser
01:13:55au modèle
01:13:56économique
01:13:57dans son ensemble
01:13:58c'est-à-dire
01:13:58pas uniquement
01:13:59capturer
01:13:59les dealers
01:14:00ici
01:14:01mais remonter
01:14:02la chaîne
01:14:02jusqu'au
01:14:03producteur
01:14:04et aussi
01:14:05il y a
01:14:06le volet
01:14:07financier
01:14:08pour pouvoir
01:14:10permettre
01:14:10de mettre fin
01:14:11au système
01:14:12de blanchiment
01:14:13d'argent
01:14:13qui sont les systèmes
01:14:14qui permettent
01:14:14d'alimenter
01:14:15les finances
01:14:16de ces structures
01:14:18du crime
01:14:19organisé
01:14:20et je pense
01:14:21que là
01:14:21il y a aussi
01:14:22un peu
01:14:23un rapprochement
01:14:24à voir
01:14:24et je pense
01:14:24que le rôle
01:14:25du parlement
01:14:25il est essentiel
01:14:27dans le sens
01:14:28où il y a
01:14:29cette coopération
01:14:30qui existe déjà
01:14:31sur le plan
01:14:32opérationnel
01:14:33entre le ministère
01:14:34de l'intérieur
01:14:36le ministère
01:14:37des affaires étrangères
01:14:38avec ces pays
01:14:40mais
01:14:41et d'autre part
01:14:42il y a
01:14:42le volet politique
01:14:43qui certes
01:14:45est saisi
01:14:46par ces questions
01:14:47notamment
01:14:47de crimes organisés
01:14:48notamment parce qu'il y a
01:14:49un impact
01:14:49dans les mairies
01:14:50au niveau
01:14:51dans les territoires
01:14:52mais
01:14:54je pense
01:14:55ce qui manque
01:14:55c'est un peu
01:14:56une articulation
01:14:57entre cette parole
01:14:57présidentielle
01:14:58et ces actions
01:15:01opérationnelles
01:15:01je m'explique
01:15:02le président
01:15:03de la république
01:15:04avec le gouvernement
01:15:05italien
01:15:06dans le cadre
01:15:07de la communauté
01:15:07politique européenne
01:15:09a lancé
01:15:10une initiative
01:15:11franco-italienne
01:15:12de lutte
01:15:12contre le crime
01:15:13organisé
01:15:14c'est une initiative
01:15:14qui me semble
01:15:15être tout à fait
01:15:16pertinente
01:15:17mais en ce qui concerne
01:15:18par exemple
01:15:18le rôle de la France
01:15:19et de l'Europe
01:15:20avec l'Amérique latine
01:15:21il serait tout à fait
01:15:22naturel
01:15:23d'élargir
01:15:25cette initiative
01:15:26franco-italienne
01:15:27et de proposer
01:15:28un partenariat
01:15:28avec les pays
01:15:29latino-américains
01:15:30au plus haut niveau
01:15:31pour justement
01:15:34donner
01:15:35un support politique
01:15:36aux actions
01:15:37opérationnelles
01:15:38qui existent déjà
01:15:39coopération
01:15:40au niveau ministériel
01:15:41de nos ambassades
01:15:42sur place
01:15:43pour articuler
01:15:44des réponses
01:15:45plus fortes
01:15:45et pour qu'il y ait
01:15:46des moyens
01:15:46qui accompagnent
01:15:48justement
01:15:48ces prises
01:15:50de décisions
01:15:50et ces actions
01:15:51opérationnelles
01:15:53donc je pense
01:15:54que là
01:15:54il y a aussi
01:15:55un volet
01:15:56où on peut
01:15:56non seulement
01:15:57faire en sorte
01:15:58que la France
01:15:58soit plus présente
01:15:59mais que la France
01:16:00suscite l'intérêt
01:16:03des institutions
01:16:03européennes
01:16:04des autres
01:16:04de notre
01:16:05partenaire européen
01:16:06pour
01:16:07disons
01:16:08s'attaquer
01:16:09à ce défi
01:16:10du crime
01:16:11organisé
01:16:11puisque une fois
01:16:12encore
01:16:12et je tiens
01:16:13à le souligner
01:16:13la réponse
01:16:14elle est transnationale
01:16:15et on ne peut pas
01:16:16du tout être
01:16:17dans un cadre national
01:16:18puisqu'on fait face
01:16:19à une économie du crime
01:16:21et pour pouvoir répondre
01:16:22à ces criminels
01:16:23ce qu'il faut
01:16:23c'est arriver
01:16:24aux finances
01:16:25et donc à casser
01:16:26leur modèle économique
01:16:27donc ça je pense
01:16:28que c'est un facteur
01:16:29important
01:16:29et là
01:16:30l'Amérique latine
01:16:31c'est un vrai acteur
01:16:32et ça peut être
01:16:33un partenaire
01:16:33justement
01:16:34à condition
01:16:34de les associer
01:16:35et de ce point de vue là
01:16:37je pense que
01:16:37l'initiative franco-italienne
01:16:39elle est aussi pertinente
01:16:40sur le plan politique
01:16:41puisque c'est quelque chose
01:16:42que je n'ai pas développé
01:16:44dans ma présentation
01:16:45mais l'Amérique latine
01:16:46est aujourd'hui
01:16:47un continent
01:16:47qui est fragmenté
01:16:48qui est divisé
01:16:49avec de très fortes
01:16:50polarisations politiques
01:16:51et là très concrètement
01:16:53par rapport
01:16:54aux crimes organisés
01:16:54le fait qu'il s'agisse
01:16:55d'une initiative
01:16:56franco-italienne
01:16:57c'est pertinent
01:16:58parce que
01:16:59Giorgia Meloni
01:16:59a davantage
01:17:00d'accès
01:17:02et d'affinités
01:17:02avec certains gouvernements
01:17:04plus proches de Trump
01:17:05qu'à la France
01:17:06donc je pense
01:17:07que c'est une initiative
01:17:08qui peut être pertinente
01:17:10enfin sur la question
01:17:11démocratique au Venezuela
01:17:12en effet
01:17:14je partage ce que vous dites
01:17:15il y a eu une élection
01:17:16qui a été remportée
01:17:17par González
01:17:18qui a été certifiée
01:17:20par la fondation Carter
01:17:21néanmoins
01:17:22je registre aussi
01:17:23que
01:17:23Maria Corina Machado
01:17:26il y a quelques jours
01:17:27s'est disposée
01:17:28à rencontrer
01:17:29Delcy Rodriguez
01:17:30ce qui reviendrait
01:17:31à la légitimer
01:17:32mais
01:17:32dans un contexte
01:17:33d'exceptionnalité
01:17:34je pense que là
01:17:35tout le monde
01:17:36et je pense que
01:17:36l'intérêt central
01:17:37du Venezuela
01:17:38c'est qu'il y ait
01:17:38progressivement
01:17:39une démocratisation
01:17:41de ce pays
01:17:41je pense qu'un premier geste
01:17:42important
01:17:43ça a été l'annonce
01:17:44de l'amnistie
01:17:45aux prisonniers politiques
01:17:46près de 600
01:17:47après
01:17:48est-ce que ça sera
01:17:49suivi d'éveil
01:17:49nous verrons
01:17:50mais je pense que
01:17:51la question centrale
01:17:52et la question
01:17:53que la France
01:17:53là pour le coup
01:17:54devrait insister
01:17:55c'est la question
01:17:55du calendrier
01:17:56parce que pour l'instant
01:17:57il n'y a aucun calendrier
01:17:58d'élection
01:17:59et je pense que
01:18:01et les conditions
01:18:02de cette éventuelle élection
01:18:03et ça je pense que
01:18:04c'est aussi une autre
01:18:04vraie question
01:18:05merci
01:18:05merci
01:18:06donc il reste
01:18:07deux questions
01:18:07et six minutes
01:18:08François Bonneau
01:18:09oui merci
01:18:11monsieur le président
01:18:11merci monsieur
01:18:12pour votre
01:18:13votre analyse
01:18:15s'agissant toujours
01:18:17de la question
01:18:19des gangs
01:18:21des cartels
01:18:22de la drogue
01:18:23tous ces pays
01:18:26ont observé
01:18:27avec intérêt
01:18:28ce qui s'est passé
01:18:28au Salvador
01:18:29avec les méthodes
01:18:31très fortes
01:18:32s'éloignant
01:18:32de l'état de droit
01:18:33mais malgré tout
01:18:35analysé
01:18:36très très très finement
01:18:38par ces pays
01:18:39par rapport aux résultats
01:18:40et l'arrestation
01:18:41très très importante
01:18:42des gangs
01:18:43et une diminution
01:18:44importante
01:18:46des morts violentes
01:18:47dans le pays
01:18:48je voulais savoir
01:18:49où en était
01:18:49la situation aujourd'hui
01:18:50bon alors
01:18:52pour être
01:18:52télégraphique
01:18:53la situation
01:18:55aujourd'hui
01:18:56elle est
01:18:56Bocali
01:18:58reste extrêmement
01:18:59populaire
01:19:00sa politique
01:19:01carcérale
01:19:02elle est
01:19:03disons
01:19:03plébiscité
01:19:04par ses électeurs
01:19:05néanmoins
01:19:06il y a énormément
01:19:07de problèmes
01:19:07en matière
01:19:08de droit de l'homme
01:19:08voire même
01:19:09en termes
01:19:10de la sincérité
01:19:11des statistiques
01:19:12certaines enquêtes
01:19:13journalistiques
01:19:14de journaux
01:19:14salvadoriens
01:19:15qui ont dû
01:19:15s'exiler
01:19:16notamment un média
01:19:17en ligne
01:19:18qui s'appelle
01:19:18El Faro
01:19:19fait état
01:19:20en fait
01:19:20de doute
01:19:21par rapport
01:19:21à la sincérité
01:19:22des statistiques
01:19:23et donc
01:19:23par extension
01:19:25de l'efficacité
01:19:26de la politique pénale
01:19:27qui est appliquée
01:19:28par le président
01:19:30salvadorien
01:19:30néanmoins
01:19:31c'est vrai
01:19:33que sa très grande
01:19:34médiatisation
01:19:35sa proximité
01:19:36avec les Etats-Unis
01:19:37fait que
01:19:38ce modèle
01:19:39pénal
01:19:41est en train
01:19:41d'être exporté
01:19:42et on l'a vu
01:19:42une fois encore
01:19:43dimanche dernier
01:19:44au Costa Rica
01:19:45il y a eu des élections
01:19:46présidentielles
01:19:46et la candidate
01:19:47qui a été élue
01:19:48qui a 39 ans
01:19:50a déclaré vouloir
01:19:51s'inspirer
01:19:51de ce modèle là
01:19:53pour transformer
01:19:54le système
01:19:55sécuritaire
01:19:56de son pays
01:19:56donc très clairement
01:19:57c'est un système
01:19:58qui est amené
01:19:58à se développer
01:19:59moi je pense
01:20:00qu'il y a
01:20:01une vraie question
01:20:02en matière
01:20:02de lutte
01:20:02contre l'insécurité
01:20:03où la France
01:20:04peut être
01:20:04beaucoup plus présente
01:20:06mais j'ai encore
01:20:07des doutes
01:20:08quant à l'efficacité
01:20:09réelle
01:20:09sur le long terme
01:20:11de cette politique
01:20:11merci beaucoup
01:20:16et donc Pascal Aliza
01:20:17oui monsieur le président
01:20:20merci
01:20:20merci pour votre exposé
01:20:23et les réponses
01:20:24aux questions
01:20:24qui sont absolument
01:20:26intéressantes
01:20:27je trouve que j'ai
01:20:29beaucoup travaillé
01:20:29en Amérique latine
01:20:30et que je l'ai
01:20:31beaucoup visité
01:20:31donc c'est vraiment
01:20:33un secteur du globe
01:20:34que j'aime beaucoup
01:20:36vous avez parlé
01:20:38à juste titre
01:20:39de la rivalité
01:20:39stratégique
01:20:40USA-Chine
01:20:41et de son expression
01:20:43dans le secteur
01:20:44je voudrais
01:20:45avoir votre analyse
01:20:47sur la rivalité
01:20:49des monnaies
01:20:49c'est une chose
01:20:50dont on ne parle pas
01:20:51souvent
01:20:51alors c'est vrai
01:20:52que nous autres
01:20:53européens
01:20:54avec l'euro
01:20:55on a une monnaie
01:20:56sans souveraineté
01:20:57mais le dollar
01:20:58et le renmby
01:20:59sont des monnaies
01:21:00avec souveraineté
01:21:01et qui sont rivales
01:21:02et ne craignez-vous
01:21:03pas que dans le secteur
01:21:04la loi de Grécham
01:21:05un jour ou l'autre
01:21:06s'applique
01:21:07et que la mauvaise
01:21:08monnaie apparente
01:21:09le renmby
01:21:09finisse par chasser
01:21:10le dollar
01:21:11je pense que la question
01:21:12elle a non seulement
01:21:14le mérite d'être posée
01:21:15mais que c'est déjà
01:21:16ce qui est en train
01:21:17de se passer
01:21:18parce qu'en fait
01:21:18la grande évolution
01:21:20du dollar
01:21:22et là
01:21:23pour le coup
01:21:24c'est quand même
01:21:24un consensus
01:21:25transpartisan
01:21:26bipartisan aux Etats-Unis
01:21:27et démocrate républicain
01:21:28c'était de dire
01:21:30on va cesser
01:21:31d'utiliser le dollar
01:21:32comme une manée
01:21:32de réserve
01:21:34acceptée par tous
01:21:36et c'est devenu
01:21:37un instrument
01:21:37de politique étrangère
01:21:39à partir de ce moment là
01:21:41logiquement
01:21:42les pays
01:21:43qui sont visés
01:21:44par cet instrument
01:21:45de politique étrangère
01:21:46vont essayer
01:21:47de créer
01:21:47des alternatives
01:21:48et la force
01:21:50de la Chine
01:21:51c'est qu'elle achète
01:21:52énormément
01:21:52du bon du trésor américain
01:21:54et que d'autre part
01:21:54elle a une monnaie
01:21:56qu'elle essaie
01:21:56de faire
01:21:57prospérer
01:21:58ailleurs
01:22:00justement
01:22:02pour éviter
01:22:04d'être
01:22:04sous la menace
01:22:05de ces instruments
01:22:07extraterritoriaux
01:22:08des Etats-Unis
01:22:10et très concrètement
01:22:11ce phénomène
01:22:14on est en train
01:22:14de le voir
01:22:15en tout cas
01:22:15en Amérique latine
01:22:16bon on l'a
01:22:17déjà vu au Venezuela
01:22:18j'ai évoqué
01:22:20le pétrole
01:22:20parce que
01:22:21une bonne partie
01:22:21des contrats
01:22:22ok
01:22:23c'est en Réminbi
01:22:24mais on le voit
01:22:25aussi au Brésil
01:22:26l'exportation
01:22:27de matières premières
01:22:29commence à se faire
01:22:30et de plus en plus
01:22:31en Réminbi
01:22:32est plus du tout
01:22:33libellé en dollars
01:22:35donc de ce point de vue là
01:22:36je pense que
01:22:37c'est notamment
01:22:38dans ces régions là
01:22:39l'Amérique latine
01:22:40l'Afrique
01:22:41l'Asie
01:22:42que cet effet
01:22:43d'éviction du dollar
01:22:44va
01:22:44non seulement
01:22:45est en train d'opérer
01:22:46mais il va s'accélérer
01:22:48à partir du moment
01:22:49où
01:22:49cet
01:22:50consensus
01:22:51bipartisan
01:22:52aux Etats-Unis
01:22:53qui est dit
01:22:53qui est de dire
01:22:54le dollar
01:22:55est un instrument
01:22:56de politique étrangère
01:22:57se maintient
01:22:57ce qui est de dire
01:23:03qui est important
01:23:05au tehdah
01:23:06de politique étrangère
01:23:06success
01:23:08器
01:23:08że
01:23:09c'est unaire
01:23:10ferrai
01:23:10qui est de mieux
01:23:11настоящ
01:23:14peut?'
01:23:14on
01:23:14quoi
01:23:16on
01:23:16on
01:23:18on
01:23:18on
01:23:18on
01:23:21p
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