- il y a 2 jours
Le 28 janvier, la commission des affaires sociales organisait une table-ronde sur le sujet de la baisse de la natalité en France. Des spécialistes étaient présents : François Clanché, directeur de l'Institut national d'études démographiques (Ined), Laurent Toulemon, directeur de recherche à l'Ined et Sylvie Le Minez, cheffe de l'unité des études démographiques et sociales à l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
Après avoir présenté les dernières tendances en termes de natalité et de vieillissement de la population, en France et en Europe, les chercheurs se sont attachés à en expliquer les causes. Si la natalité baisse en France, c'est également le cas partout dans le monde. François Clanché a insisté sur le fait que les politiques natalistes ne fonctionnaient pas. Il a mis l'accent sur l'importance des politiques permettant aux mères de concilier leur vie personnelle et leur vie professionnelle.
Revivez leurs échanges. Année de Production : 2025
Après avoir présenté les dernières tendances en termes de natalité et de vieillissement de la population, en France et en Europe, les chercheurs se sont attachés à en expliquer les causes. Si la natalité baisse en France, c'est également le cas partout dans le monde. François Clanché a insisté sur le fait que les politiques natalistes ne fonctionnaient pas. Il a mis l'accent sur l'importance des politiques permettant aux mères de concilier leur vie personnelle et leur vie professionnelle.
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00:00Générique
00:00Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur 100% Sénat au cœur du travail parlementaire.
00:16C'est une rupture historique. Pour la première fois depuis 1945, la France a enregistré en 2025 plus de décès que de naissances.
00:24Un mouvement intervenu plus rapidement que ce à quoi s'attendaient les experts.
00:28Et c'est dans ce contexte que les sénateurs ont auditionné le directeur de l'Institut national d'études démographiques, François Clanchet,
00:35et la chef de l'unité des études démographiques et sociales de l'INSEE, Sylvie Leminez.
00:40Ils décrivent une baisse durable, générale et profondément sociétale. Regardez.
00:46Je vais commencer avec des faits stylisés pour ma part. Les évolutions récentes de la fécondité,
00:52en m'appuyant notamment sur le dernier bilan démographique que l'INSEE a publié à la mi-janvier,
00:58et dont les chiffres les plus marquants viennent d'être rapportés,
01:03ainsi que sur les données du recensement de la population qui sont parues en fin d'année dernière.
01:08Et puis je dirai quelques mots des projections de ce qu'on peut dire pour le futur,
01:12et terminerai avec quelques éléments de comparaison européenne.
01:18Je ne sais pas comment... Voilà.
01:20Alors tout d'abord, les naissances rapidement.
01:22Vous avez ici représenté l'évolution des naissances depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale,
01:27tout à gauche en 1946 jusqu'à aujourd'hui, en rouge pour la France,
01:32et en bleu où on a des séries qui remontent plus loin dans le temps pour l'hexagone.
01:37Vous voyez qu'en 2025, il y a 645 000 naissances, comme ça a été rappelé.
01:41On est passé sous le seuil des 700 000 en 2023, et il n'y a pas si longtemps encore,
01:47on dépassait les 800 000 du milieu des années 2000 jusqu'au début des années 2010.
01:54Et vous voyez à peu près trois périodes qui semblent se dessiner.
01:57Enfin, une très claire, la période du baby-boom jusqu'au premier choc pétrolier,
02:00avec des naissances chaque année supérieures à 800 000 ou 900 000.
02:03Ensuite, une période jusqu'au début des années 2010 avec des naissances qui fluctuent quand même,
02:09qui ont pu descendre pas loin de 700 000, et cette dernière période où la baisse semble durable pour le moment.
02:18Alors, si les naissances baissent, c'est parce que la fécondité des femmes baisse,
02:21c'est-à-dire le nombre d'enfants qu'elles ont, parce que le nombre de femmes en âge d'avoir des enfants,
02:26lui, il ne diminue pas, il est plutôt stable, et même, on verra,
02:29il va peut-être remonter un tout petit peu en lien avec les naissances plus nombreuses
02:34qu'il y a eu autour des années 2000.
02:36Donc là, c'est l'indicateur conjoncturel de fécondité,
02:39c'est, on l'appelle aussi, la fécondité du moment,
02:43qui dit combien les femmes auraient d'enfants au terme de leur vie féconde,
02:46si une année donnée, elles avaient les taux de fécondité par âge observé.
02:51Donc cet indicateur, vous voyez, lui aussi, il a pas mal fluctué au cours du temps.
02:57Depuis le premier choc pétrolier, il oscillait plutôt autour de 1,8,
03:02pouvant descendre un peu plus bas, remonter.
03:04Il était autour de 2 vers 2010, et là, on est passé en dessous de 1,6 enfants,
03:11très précisément 1,56 en 2025, donc à un niveau faible.
03:18La slide après montre que les taux de fécondité continuent de reculer aux âges les plus féconds.
03:26Vous voyez ici, en gris, les taux de fécondité des femmes âgées de 30 à 34 ans,
03:32qui avaient augmenté, alors là, c'est représenté depuis le milieu des années 90,
03:38c'était un site situé sur un plateau, et leur fécondité a diminué ces dernières années,
03:45et assez, j'ai envie de dire, brutalement, en tout cas, en 2023, et la baisse se poursuit.
03:50La fécondité des 25-29 ans, qui, elle, diminuait depuis un petit moment,
03:56la baisse s'accentue, et aux âges plus élevés, où la fécondité est un peu moins importante,
04:02mais qui était en hausse continue, par exemple, pour les 35-39 ans jaunes,
04:07eh bien, on voit que cette hausse, elle semble stopper pour le moment.
04:11Donc, il y a vraiment une baisse pour les âges les plus féconds,
04:14et une hausse qui semble, enfin, en tout cas, ça stagne pour les femmes plus âgées.
04:23Et puis, sur la fécondité, le dernier point que je voulais aborder,
04:28si on peut voir le slide suivant, s'il vous plaît.
04:32Ah oui, non, alors, je voulais juste dire, mais c'est très lié à ce qu'on vient de voir,
04:35que l'âge moyen à la fécondité ne cesse d'augmenter.
04:39Il est, depuis la fin des années 70, et il est de un peu plus de 31 ans,
04:44tout rang de naissances confondues, et s'il augmente, c'est parce que l'âge au premier enfant augmente.
04:51Et puis, pour terminer sur ce constat,
04:55un indicateur qui est très intéressant quand on regarde la fécondité,
04:59c'est la descendance finale, c'est-à-dire le nombre d'enfants que les femmes auront
05:02au terme de leur vie féconde.
05:05La seule chose, c'est qu'on ne l'observe pas pour les générations les plus récentes,
05:08parce qu'il faut attendre que les femmes aient atteint l'âge de 45-50 ans.
05:13Alors, vous voyez ici représenter la descendance finale entre 30 ans et 50 ans pour les femmes,
05:20et tout d'abord en bleu, la génération des femmes née en 1965.
05:24Donc, vous voyez qu'à l'âge de 30 ans, elles avaient environ 1,3 enfants,
05:28et puis au terme de leur vie féconde, c'était un petit peu au-dessus de deux.
05:32Quand on regarde les générations des années 70,
05:35ici en rose saumon, sont représentées les années 70-75,
05:39elles avaient déjà moins d'enfants à l'âge de 30 ans,
05:42mais ensuite, elles ont quand même rattrapé à l'âge de 50 ans
05:47avec une descendance finale un peu supérieure à 2.
05:50Mais c'est aussi vrai pour la génération 80 en rouge ou 85 en vert.
05:55On voyait que la fécondité, enfin la descendance finale à 30 ans,
05:59elle a encore diminué par rapport aux générations précédentes.
06:03Eh bien, pour autant, il y a un rattrapage.
06:05Maintenant, la question qui se pose, c'est quand on voit des générations plus récentes,
06:08la génération 90 en noir, vous voyez qu'à 30 ans,
06:12il y a quand même encore un décrochage avec moins d'un enfant par femme en moyenne.
06:18Et vous voyez qu'à 35 ans, l'écart avec les générations précédentes,
06:22il est quand même, il demeure.
06:25Donc voilà, la question pour le futur, c'est qu'est-ce qui va en être pour ces générations-là ?
06:28Et quand on voit la génération 95 qui a 30 ans aujourd'hui,
06:34eh bien, la descendance finale est de 0,85 en franc par femme.
06:39Alors, je vais dire quelques mots des projections pour le futur,
06:41puisque l'INSEE réalise des exercices de projection démographique tous les cinq ans.
06:46Le dernier exercice, c'est celui que vous voyez sous les yeux 2021.
06:49Et le prochain, c'est cette année et on accélère le calendrier pour être capable,
06:55notamment, de livrer des projections démographiques actualisées au Conseil d'orientation des retraites.
07:03Donc, on publiera nos résultats la première quinzaine du mois de juin,
07:08donc dans un calendrier anticipé par rapport à d'habitude.
07:11Alors, quand l'INSEE fait des projections démographiques,
07:14les hypothèses, elles ne se font pas en chambre.
07:16On consulte de très nombreux experts.
07:18Alors, nos collègues de l'INED, mais aussi beaucoup d'autres chercheurs d'administration en France ou à l'étranger.
07:28Et quand on avait établi ces hypothèses en 2021,
07:31les experts, en fait, étaient très partagés sur l'hypothèse centrale de fécondité entre 1,80 et 1,85.
07:37Donc, les choses ont changé depuis.
07:39Donc, on avait retenu une hypothèse centrale à 1,80.
07:42Et ce que je voulais dire, c'est qu'il y avait aussi des hypothèses basses à 1,60 enfants par femme
07:46et même une hypothèse de travail à 1,5 enfants par femme.
07:50Donc, on verra, ça aide à penser à un petit peu le futur.
07:52Je ne vais pas parler de l'espérance de vie.
07:54Et sur l'immigration, parce que j'en parlerai un petit peu,
07:56on était resté sur une hypothèse de solde migratoire de 70 000 par an,
08:00mais qui correspondait à la moyenne de ce qu'on observait à cette époque-là dans le passé.
08:04Depuis, il y a des soldes migratoires plus importants.
08:06Mais il y avait une hypothèse haute de 120 000 qui correspond à peu près à la moyenne
08:12de ce qu'on peut observer sur les dernières années avant la crise sanitaire.
08:16Donc, je vais juste vous illustrer très rapidement, si on peut voir le slide d'après.
08:21Je vais regarder les impacts des hypothèses basses de fécondité à 1,6 en violet
08:29ou très basse, 1,5, par rapport à une hypothèse centrale à 1,8.
08:34Et je vais aussi regarder, par rapport à une hypothèse basse de fécondité de 1,6 %,
08:39qu'est-ce que ça fait d'avoir un solde migratoire plus haut,
08:42donc de 120 000 plutôt que de 70 000, et ça sera en vert.
08:46Alors, je vais aller vite, on pourra y revenir si vous voulez.
08:50À gauche, vous avez la projection du niveau des naissances de 1994 jusqu'en 2070.
08:56En noir, c'est ce qui est observé.
08:58Donc, vous voyez la baisse ces dernières années.
09:02En rouge, c'est l'évolution des naissances avec un indicateur conjoncturiel de fécondité de 1,8.
09:08Ensuite, en vert, c'est 1,6, mais un solde migratoire haut.
09:12Et en violet, puis en bleu, c'est les hypothèses de fécondité à 1,6 et 1,5,
09:20avec un solde migratoire de 70 000.
09:22Ce que vous voyez, c'est qu'à part le scénario rouge,
09:24dans tous les scénarios, le nombre de naissances reste en dessous de 700 000.
09:30Et il y aura un petit rebond quand même des naissances entre les années 2030 et 40,
09:35en lien avec les générations plus nombreuses qui sont nées entre le milieu des années 2000 et 2010.
09:42Vous avez vu, on était aux alentours de 800 000.
09:45Et quelque chose qui est très inscrit dans notre histoire, c'est le vieillissement de la population.
09:52Et là, quels que soient les scénarios, vous voyez des décès qui augmentent,
09:56tout simplement parce que les générations nombreuses du baby-boom arrivent à des âges de plus en plus élevés,
10:03où on décède plus souvent.
10:04Et donc, vous voyez, c'est inexorable.
10:07On le sait depuis très longtemps.
10:08Les décès vont augmenter et on va se retrouver dans les années 2050 avec 800 000 décès à peu près chaque année.
10:19Et la conséquence de tout ça, c'est la slide d'après, c'est le solde naturel.
10:24Alors, vous avez dit, M. le Président, qu'il était négatif en 2025.
10:28On voit à droite parce que les courbes de naissance et de décès se sont croisées.
10:32Donc, un solde naturel de moins 6 000.
10:34Et là, en projection, on voit qu'il reste dans les différents scénarios durablement négatifs.
10:42Évidemment, d'autant plus négatif que la fécondité est basse.
10:45Et puis, le scénario vert, un solde migratoire plus élevé, qu'on pense un petit peu, voilà, mais pas non plus énormément.
10:55Slide après, s'il vous plaît.
10:57La population, dans tous les scénarios, elle va contraigner de croître, mais elle va diminuer à partir d'un certain moment.
11:06Et évidemment, là, l'apport des migrations est important.
11:12Vous voyez les courbes rouges et vertes qui se rejoignent.
11:16Ensuite, la population vieillit.
11:19Donc, je ne vais pas détailler non plus.
11:20Mais à droite, vous avez la pyramide des âges aujourd'hui, en 2026.
11:25À gauche, les hommes.
11:27À droite, les femmes.
11:28Et vous avez représenté à quoi va ressembler la pyramide des âges si la fécondité est durablement de 1,6 enfants par femme.
11:39Et le solde migratoire, 220 000.
11:41Et vous voyez un rétrécissement dans le bas de la pyramide des âges.
11:45Et puis, un accroissement des personnes les plus âgées.
11:50Et donc, j'ai envie de dire presque un vieillissement à la fois par le bas et par le haut.
11:53Et la conséquence de tout ça, c'est sur la slide d'après.
11:57C'est ce qu'on appelle le ratio de dépendance qui rapporte le nombre de seniors âgés de 65 ans au plus aux personnes d'âge actif entre 20 et 64 ans.
12:07qui est de 40 % aujourd'hui, 4 seniors pour 10 personnes d'âge actif et qui va augmenter.
12:15Alors après, tous ces chiffres-là, vu comme ça, on se dit que ce n'est pas important, mais c'est assez important selon les différentes hypothèses qu'on va faire.
12:24Et je conclue très rapidement avec quelques éléments de comparaison européenne.
12:30Tout d'abord, en 2023, c'est le slide qui suit, la fécondité de la France reste l'une des plus élevées dans l'Union européenne.
12:40C'est le bâton en rouge.
12:42Mais on a été supplanté par la Bulgarie en 2023.
12:46L'Allemagne en vert se situe dans la moyenne européenne, qui est représentée tout à droite en noir.
12:52Les pays du sud, notamment l'Espagne et l'Italie, sont parmi les pays qui ont la fécondité les plus faibles.
12:58C'est aussi le cas de la Pologne, qui est un des cinq grands pays européens en termes de population.
13:04Le slide après, on voit en fait l'évolution de la fécondité depuis le début des années 2000 jusqu'en 2023 dans les différents pays européens.
13:16Alors tout d'abord, en haut à gauche, l'Europe occidentale.
13:18Donc vous voyez la France, c'est en rouge à chaque fois sur tous les graphiques.
13:23Et la moyenne de l'Union européenne, c'est en très noir pointillé.
13:25Donc vous voyez quand même un mouvement à la baisse pour plusieurs pays d'Europe occidentale, notamment après la crise de 2008.
13:34Mais en France, ça a baissé plus tardivement et plus lentement au départ, même si ces toutes dernières années, ça s'accélère.
13:40Et l'Allemagne en jaune, qui était en dessous de la moyenne européenne et qui a rattrapé le niveau européen ces dernières années.
13:45En haut à droite, vous avez l'Europe du Sud.
13:49Donc là, très clairement, les pays sont en dessous de la moyenne européenne.
13:53Et vous voyez pour l'Espagne en violet, pour l'Italie en bleu, la fécondité diminue depuis de nombreuses années.
14:02Elle réaugmente légèrement au Portugal, en revanche en jaune.
14:05L'Europe du Nord, en bas à gauche, vous voyez là au contraire, c'est des pays avec une fécondité élevée, mais des pays pour lesquels la fécondité diminue aussi.
14:21Donc vous voyez l'Irlande en vert, où la France et l'Irlande se partageaient le premier rang en début de période.
14:29Et ensuite, en Irlande, la fécondité a diminué.
14:32C'est aussi le cas en Suède en bleu.
14:35Et puis vous voyez la France.
14:36Et puis l'Europe de l'Est, alors là, c'est un petit peu différent.
14:38Il y avait beaucoup de pays qui avaient une fécondité très inférieure à la moyenne européenne.
14:43Et elle augmente dans certains pays.
14:44Alors la Bulgarie en très orange pointillé.
14:48Mais c'était aussi le cas en Roumanie, par exemple en bleu, même si ces toutes dernières années, on assiste, selon ces données d'Eurostat, à une baisse.
14:59Voilà, je vais arrêter là pour ce propos liminaire.
15:03Merci pour cette présentation.
15:05Je vous indique que tous les graves sont des métères, si vous avez besoin.
15:09Bien, eh bien, on continue le tour de table.
15:13Merci à tous et à toutes de votre invitation.
15:17Donc je vais compléter ce que m'a dit Madame Leminès sans le répéter, parce que nos deux institutions partagent totalement tous ces éléments quantitifs.
15:26Je vais essayer de vous donner quelques éléments de perspective sur ce que les chercheurs de l'INED considèrent comme étant l'évolution probable de la natalité en France.
15:36Je vais essayer de vous donner quelques éléments sur l'explication de cette baisse, sur ses conséquences.
15:41Et puis s'il reste un peu de temps sur éventuellement la nature des politiques, il serait susceptible, dans une certaine mesure, d'y mettre fin.
15:50Alors d'abord, premier élément.
15:52Donc je crois que la description de la baisse du nombre de naissances et de la natalité en France depuis une quinzaine d'années, et surtout depuis dix ans, je ne vais pas la répéter.
16:04D'après nos analyses, cette baisse n'est pas conjoncturelle.
16:08Ce n'est pas un événement dû à une situation économique ou politique, j'ai envie de dire, de court terme.
16:14C'est quelque chose qui est vraisemblablement appelé à durer, on avait connu aussi, vous l'avez vu tout à l'heure, des baisse pendant quelques années de l'indice conjoncturel de fécondité en France,
16:23en particulier dans les années 90, qui s'était traduite ensuite par une remontée.
16:28Nous ne pensons pas que c'est un phénomène comme ça, conjoncturel, qui va être amené à se remonter.
16:35Nous ne pensons pas qu'on va retrouver dans les années qui viennent un indicateur de fécondité autour de deux.
16:41Alors, pourquoi est-ce que nous avons ce relatif pessimisme ?
16:46D'abord, la fécondité baisse à tous les âges, alors que pendant longtemps, comme l'a montré Mme Leminez tout à l'heure,
16:53on avait une fécondité qui baissait aux âges jeunes, mais qui était compensée par une hausse aux âges plus âgés,
16:59parce que nous étions dans une phase de décalage du calendrier.
17:02Ce n'est plus le cas aujourd'hui.
17:04Ce qu'on constate aussi, c'est la question qui nous a été posée tout à l'heure, c'est que cette baisse, on la trouve partout.
17:11En France, à la fois dans tous les territoires, les territoires urbains, les territoires ruraux, dans l'ensemble de l'Hexagone,
17:17on la trouve aussi dans toutes les catégories sociales.
17:22Voilà, donc c'est quelque chose qui nous semble vraiment à la fois durable et général.
17:28Le deuxième élément qui nous fait penser que cet élément est structurel,
17:31ce sont les résultats que nous avons publiés, notamment M. Toumont l'été dernier,
17:37les résultats de la dernière enquête de relations familiales et intergénérationnelles,
17:41dans lequel nous voyons à la fois que le nombre d'enfants souhaités,
17:45les intentions de fécondité, en particulier des jeunes adultes,
17:49sont beaucoup plus basses qu'il y a 20 ans.
17:52Chez les jeunes de 30 à 34 ans, en 2005, quand vous demandiez aux personnes
17:58combien d'enfants souhaitaient-vous avoir et qu'on additionnait ce souhait d'enfants
18:02aux enfants qu'ils avaient déjà eus, eh bien on arrivait à un total de 2,6.
18:06Aujourd'hui, ce total est de 1,9.
18:09Voilà, donc les intentions de fécondité des jeunes adultes sont orientées en baisse
18:15pour les hommes comme pour les femmes, dans toutes les catégories sociales,
18:19pour toutes les origines, pour tous les niveaux de revenus.
18:22Ça, c'est quand même un élément qui est important,
18:24et en particulier, ce que l'on constate, c'est l'augmentation du nombre de personnes
18:28qui disent ne pas souhaiter avoir d'enfants.
18:32Cette part augmente.
18:35On a une concentration de l'intention de fécondité autour du nombre de 2,
18:39et puis une diminution du nombre de personnes qui souhaitent avoir plus de 2 enfants.
18:44Ça, ce sont vraiment des éléments forts.
18:47Deuxième élément qui nous rend relativement pessimiste sur la perspective
18:50d'une remontée importante de la fécondité, c'est la baisse de la taille idéale des familles.
18:56C'est-à-dire, tant seulement les Français considèrent, veulent avoir moins d'enfants,
18:59mais considèrent que la taille idéale de la famille,
19:02qui était de 2,7 enfants en 1998, est aujourd'hui de 2,3.
19:06Il y a toujours eu un écart entre la taille idéale et la taille réelle.
19:11Taille réelle qui était plutôt de 2,
19:14mais le fait que la taille idéale baisse, ça nous dit quelque chose
19:16sur l'opinion générale de la population, sur la sociologie,
19:21sur la vision de la famille dans notre société.
19:24Cette taille idéale, elle est à peu près la même quel que soit l'âge,
19:28et elle a baissé aussi quel que soit l'âge au cours des 20 dernières années.
19:33Troisième élément qui nous fait penser qu'il n'y a pas de raison d'imaginer
19:39qu'il y ait une forte reprise à la hausse,
19:41c'est que nous nous situons dans un mouvement qui est non seulement européen,
19:44comme l'a dit Sylvie Leminez, mais qui est mondial.
19:47La fécondité, elle a baissé dans le monde entier.
19:50Aujourd'hui, tous les pays du monde, j'ai envie de dire du Japon jusqu'au Chili,
19:57on peut le prendre dans le sens où on veut, selon le sens où on lit,
19:59sauf l'Afrique et quelques régions d'Asie, mais seulement quelques régions d'Asie,
20:04ont une fécondité inférieure au seuil de révélement, inférieure à 2.
20:10C'est très important de voir ça.
20:12Aujourd'hui, non seulement la France n'est pas isolée,
20:14et même plutôt en haut des classements en Europe,
20:17mais elle est en haut des classements dans le monde.
20:19Et encore une fois, vous regardez une carte,
20:21vous regardez évidemment les pays d'Asie du Sud-Est,
20:25pour garder la Chine, l'essentiel de l'Inde, la Turquie, l'ensemble de l'Europe,
20:30l'Amérique du Nord, l'Amérique du Sud,
20:32dans tous ces pays, la fécondité est inférieure à 2,
20:37et elle est nettement en baisse.
20:39C'est un sujet sur lequel nous avons publié récemment,
20:43avec l'exception, effectivement, de l'Afrique,
20:44dans lequel, effectivement, la fécondité baisse, là aussi fortement,
20:48mais reste supérieure au seuil du revenu de génération.
20:52Donc ça, je crois que c'est un élément important.
20:54Alors, du coup, les causes de cette baisse,
20:56il ne faut pas les penser uniquement, j'ai envie de dire,
20:59à l'échelon national,
21:00ni à l'échelon de notre conjoncture économique ou même politique.
21:04C'est vraiment un phénomène sociétal mondial.
21:08Alors, ce que les démographes au niveau mondial
21:11considèrent comme étant aujourd'hui une deuxième transition démographique,
21:15après celle qui nous avait amené d'une autre,
21:16vous savez, ce qu'on a appris tous à l'école, au lycée, au collège,
21:21c'est-à-dire qu'on passe d'une faute mortalité et une forte natalité
21:25à une faible mortalité, notamment une très faible mortalité dans les âges jeunes
21:30et une natalité qui s'y adapte,
21:32et tout ça s'équilibre, finalement, autour de deux enfants par famille,
21:36eh bien, cette transition que nous avons vécue,
21:40on voit arriver une deuxième transition
21:42dans laquelle la natalité est beaucoup plus basse que les deux,
21:47que les fameux deux, qui permet de renouveler.
21:50Alors, c'est dû à quoi ?
21:51C'est dû vraisemblablement à la montée d'un certain individualisme,
21:55c'est-à-dire qu'on ne considère pas aujourd'hui
21:56qu'on doit faire des enfants et qu'on doit à la société des enfants,
22:01mais qu'on a des enfants parce qu'on en a envie,
22:03parce que c'est aussi cohérent avec notre souhait de vie,
22:07aussi parce que le coût de l'éducation augmente,
22:10et que du coup, comme l'exigence vis-à-vis de l'éducation d'enfants est plus forte
22:16et que son coût augmente, eh bien, on hésite à avoir des enfants.
22:20Ensuite, parce que la maternité est contraignante
22:25pour la vie personnelle et professionnelle,
22:27notamment pour les femmes, c'est-à-dire avoir des enfants,
22:30ça coûte dans la carrière et ça coûte dans la vie professionnelle
22:33parce qu'il faut à la fois...
22:35À la fois, on a une carrière plus difficile quand on est mère
22:37et on a aussi une vie personnelle qui est prise à la fois par le travail
22:43et par l'éducation des enfants
22:44et dans laquelle, collectivement, les hommes sont beaucoup moins présents.
22:49Et puis, on voit aussi une peur pour l'avenir.
22:52Ça, je pense que c'est quelque chose qu'on a bien vu aussi,
22:54que Laurent Toulemont a bien montré dans les premiers résultats
22:56de l'enquête sur les intentions de fécondité,
22:59c'est que les jeunes générations ont plus peur pour elles,
23:05c'est-à-dire peur d'un déséquilibre en défaveur de la jeunesse,
23:12ont une peur sur l'évolution de la démocratie,
23:14une peur sur l'évolution aussi écologique de la planète
23:18et que ça, ça pèse aussi sur leurs intentions de fécondité,
23:23à la limite presque plus que leur peur économique.
23:26Quand on regarde le niveau d'inquiétude,
23:29c'est moins le niveau d'inquiétude économique
23:31qui pèse sur les intentions de fécondité
23:33que l'inquiétude sur la société en général,
23:37l'avenir de la planète et l'équilibre entre la génération.
23:40Et je voudrais vous citer quelques données
23:42qui ne viennent pas de l'INED,
23:44mais d'une enquête qui a été menée l'an dernier
23:45au Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge,
23:49qui s'est intéressée aux approches de la parentalité
23:51chez les 20-35 ans.
23:54Et notamment, je trouve ça intéressant,
23:56je ne veux pas tout vous dire,
23:58mais il y a une typologie de la façon
23:59dont les jeunes voient la famille.
24:02Alors, chez les jeunes qui n'ont pas d'enfants,
24:04qui sont aujourd'hui majoritaires,
24:06chez les moins de 20-35 ans,
24:09vous avez 40% en gros des jeunes
24:11qui ont une vision conformiste de la parentalité,
24:15qui considèrent qu'il faut être parent,
24:17parce que c'est comme ça, c'est un rôle de jeune.
24:20Vous avez 40% qui considèrent que c'est une contrainte,
24:23à peu près autant, parmi les jeunes générations,
24:26considèrent que c'est une contrainte
24:27par rapport à quelque chose qu'il faut faire,
24:29et puis on a 20% qui le perçoivent
24:31comme une source d'épanouissement.
24:34Voilà. Mais 20%.
24:36Et alors, ce qui est intéressant,
24:38c'est qu'il y a des écarts entre les hommes et les femmes,
24:41c'est-à-dire que les hommes sont plus nombreux
24:43à considérer qu'il faut le faire,
24:46il faut être conformes,
24:47alors que les femmes considèrent plus
24:50que la parentalité est contraignante.
24:55Voilà. Non mais...
24:56C'est important de le savoir,
25:00Edan l'a dit.
25:02Alors, parmi les parents,
25:04voilà. Alors, parmi les parents, maintenant,
25:05on a la même chose.
25:06Ça, c'était parmi ceux qui n'ont pas d'enfants,
25:08ensuite, parmi ceux qui ont des enfants.
25:09Alors, parmi ceux qui ont des enfants,
25:10ceux qui ont une vision épanouie de la famille
25:12sont un peu plus nombreux, 44%,
25:14mais 44% seulement.
25:16Ceux qui ont une vision conformiste
25:18sont 20%.
25:19Ceux qui ont une vision enthousiaste,
25:21ça, c'est nouveau, sont 20%.
25:22Donc, il y a un peu plus d'enthousiasme
25:25et d'épanouissement
25:29chez ceux qui ont des enfants
25:30que chez ceux qui n'en ont pas.
25:31Et puis, il y en a 12% qui considèrent
25:33que c'est une contrainte.
25:34Et là aussi, les hommes restent majoritaires
25:37parmi ceux qui ont une vision conformiste
25:39et les femmes,
25:40parmi ceux qui ont une vision épanouissante.
25:43Et je voudrais en profiter
25:44pour donner un autre chiffre,
25:46là, qui ne vient pas du HCFEA,
25:48mais plutôt des études de l'INED.
25:49C'est que, parmi la baisse
25:50de la fécondité que l'on constate,
25:53on a l'impression que la baisse,
25:54elle porte plutôt sur les premières naissances.
25:57C'est-à-dire, ce...
25:58Voilà.
25:58C'est-à-dire que,
25:59aujourd'hui, l'hésitation...
26:01Alors, il faut faire attention
26:03parce qu'il peut y avoir des effets d'âge,
26:04mais globalement,
26:06ce sont les premières naissances
26:08qui diminuent le plus.
26:09Ensuite, on a l'impression
26:10que, parmi ceux qui ont déjà un enfant,
26:12la proportion de ceux qui ont un second,
26:14elle, ne diminue pas.
26:16Bon, il faut voir si ça dure,
26:17mais voilà, dans nos premières années.
26:18Donc, il semblerait que le sujet,
26:20ce soit plutôt le premier enfant.
26:22Alors, je sens que j'ai été long.
26:25Juste quelques éléments sur les conséquences.
26:27Et puis, après, on pourra parler,
26:28si vous le souhaitez, des politiques.
26:29Donc, dans les années qui viennent,
26:30il faut bien voir que le premier élément,
26:32c'est le vieillissement de la population.
26:34C'est ça, le premier élément,
26:35le plus fondamental,
26:36le premier impact économique.
26:38Et c'est ce qu'a dit Sylvie.
26:39Et ça, de toute façon,
26:40quelle que soit l'évolution de la natalité,
26:43c'est écrit dans notre pyramide des âges,
26:45notre population va vieillir.
26:46Et puis, parce que la durée de vie augmente,
26:48et ça, c'est plutôt un élément positif.
26:50Donc, retard des décès,
26:53conséquence du baby-boom.
26:53Et ça, il n'y aura pas de retour en arrière là-dessus.
26:55Il y aura de plus en plus de décès
26:57dans les années qui viennent.
26:59Donc, la question, évidemment,
26:59du bien-être des personnes âgées
27:01et des modalités de la prise en charge,
27:03notamment en cas de dépendance,
27:04est évidemment fondamentale.
27:05La baisse de naissance, elle, à court terme,
27:07on peut considérer qu'elle va, entre guillemets,
27:10nous permettre de faire un certain nombre d'économies.
27:12C'est-à-dire qu'il y a moins d'enfants à former,
27:17moins de très jeunes enfants,
27:18donc il va falloir assurer la garde
27:20dans les années qui viennent,
27:21ce qui pourrait nous permettre de faire des économies,
27:23mais aussi d'améliorer des politiques,
27:25parce que dans 20 ans,
27:26ces enfants qui ne sont pas là aujourd'hui
27:28ne seront pas potentiellement des actifs.
27:31Et donc là, la question, c'est plutôt
27:34comment, avec moins d'enfants,
27:36avoir une activité économique aussi forte.
27:38Et là, ce sont les questions de qualité de la formation
27:40et aussi de productivité
27:41et aussi de place des jeunes générations dans l'emploi,
27:45puisque on sait aussi, mais ça, vous le savez,
27:47que le sujet en France, c'est plutôt la proportion
27:49de personnes qui ne travaillent pas,
27:51qui est problématique,
27:52plutôt que le nombre de personnes.
27:54Alors évidemment, à plus long terme,
27:56la population de la France pourrait diminuer,
27:58mais dans des rythmes qui dépendent aussi beaucoup
28:00du solde migratoire.
28:03Et donc là aussi, la question de la migration quantitative
28:05sur le nombre de personnes,
28:07mais aussi la question de la façon dont les personnes
28:10qui viennent s'installer sur le territoire
28:12travaillent et contribuent.
28:14Puisque évidemment, donc là,
28:15évidemment, toutes les politiques qui permettront
28:16d'intégrer socialement et économiquement les migrants
28:19nous permettront de compenser, d'ici 20 ans,
28:22la baisse au moins provisoire des personnes
28:29en âge de travail.
28:30Voilà.
28:30Je propose de m'arrêter là.
28:31On pourra répondre à la question.
28:34Lancer le débat.
28:36Très bien.
28:37Eh bien, je vais commencer par donner la parole
28:39à Olivier Hennot.
28:41Merci, Président.
28:43Merci pour ces explications très intéressantes
28:47et très précises.
28:50Vous nous avez donné en bonne partie les causes.
28:56Vous êtes à la recherche des causes profondes, nous aussi.
29:00Et puis on est parallèlement aussi à la recherche
29:02des politiques publiques qui peuvent influencer
29:05cette réalité.
29:12Évidemment, nous ne sommes pas en Chine comme à une époque,
29:15encore que c'était pour obliger à la baisse.
29:17Il n'y a pas encore de pays qui ont obligé à la hausse.
29:20Il n'y a pas encore de pays qui ont obligé d'avoir deux enfants.
29:24On ne le fera pas, évidemment.
29:26Mais enfin, c'est une question qui nous bouleverse,
29:31qui a des conséquences considérables,
29:34notamment pour ce qui concerne la France.
29:38Mais est-ce que, selon vous aussi,
29:41c'est vraiment lié au développement,
29:43puisque c'est un phénomène mondial ?
29:47On le voit en Asie, où c'est quelquefois plus terrible encore.
29:51En Corée, on se rapproche de 1, je crois.
29:54On est même en dessous.
29:55Vous voyez, en dessous de 1, ça veut dire une division par 2
30:00du nombre d'habitants dans le pays très, très rapidement.
30:03Donc, ce sont des tendances très fortes.
30:07Vous dites l'Afrique, mais même au Maghreb,
30:10on se rapproche de 2,
30:11où on est quelquefois même en dessous, dans certains endroits.
30:14Et même l'Afrique subsaharienne commence quand même
30:17à baisser de manière significative.
30:20Donc, mes questions concernent notamment,
30:25à la fois, vous avez beaucoup répondu d'abord,
30:29mais de faire en sorte de peut-être encore comprendre un peu mieux,
30:34dans la partie des personnes qui n'ont pas d'enfant,
30:38et qui...
30:38Est-ce que vous avez identifié,
30:41notamment dans les 40-45 ans,
30:43vous l'avez abordé déjà,
30:44mais peut-être approfondir,
30:46le choix délibéré,
30:48est-ce que c'est lié à l'infertilité ?
30:52Est-ce que c'est lié à la solitude ?
30:55Est-ce que vous pouvez aller un peu plus loin dans les causes ?
30:59Sur les disparités territoriales,
31:02vous l'avez abordé aussi,
31:03est-ce que vous savez identifier, par exemple, les causes ?
31:06Est-ce que ça peut parfois être le prix du logement au mètre carré,
31:10par exemple ?
31:11Est-ce que ça peut être l'accessibilité
31:14au service de garde d'enfants,
31:17qui est peut-être difficile dans certaines villes,
31:19dans certaines métropoles,
31:20ou même dans certains endroits ?
31:24Existe-t-il des retournements ?
31:26On a fait un déplacement avec quelques collègues
31:29et le président au Portugal.
31:31On a vu qu'il y avait un début d'inversement de cours,
31:35mais forcé de reconnaître qu'ils ont mis des moyens considérables,
31:38notamment très concrètement en visant la gratuité
31:42des crèches et des modes de garde.
31:45Est-ce que, selon vous, ça peut avoir de l'influence,
31:47puisqu'on est à la recherche de politiques publiques ?
31:50Et de manière plus générale,
31:53quels facteurs, nous,
31:55puisqu'on est responsables,
31:57en représentation nationale,
31:58mais on est à la recherche de politiques publiques,
32:01quels facteurs peuvent être déterminants
32:03pour relever et pour avoir des motifs d'espoir
32:06le taux de natalité dans notre pays ?
32:10Je vous remercie.
32:13Je vais répondre à ces premières séries de questions
32:15et après, on ouvrira le débat.
32:17Merci beaucoup pour toutes ces questions.
32:21Alors, premier sujet,
32:23je ne les prends pas dans l'ordre,
32:24sur la question ville-campagne, globalement,
32:27on constate que la fécondité est plus élevée,
32:31aujourd'hui, dans les zones, disons, pas denses,
32:33disons qu'elle est faible dans les grandes villes,
32:36et qu'elle augmente quand on s'éloigne
32:38des grandes villes,
32:39qu'on va d'abord dans leur périphérie,
32:41puis ensuite dans les zones rurales.
32:44Effectivement, on trouve un gradient
32:46de fécondité très clair.
32:48Cependant, la baisse, elle a lieu partout.
32:51Donc là, je pourrais vous envoyer
32:52la toute dernière publication
32:54du bilan de conjoncture démographique de l'INED
32:56au mois de décembre,
32:57dont on pourra vous redonner les coordonnées,
33:00le montre très clairement.
33:01Plus vous vivez dans une zone qui n'est pas dense,
33:06plus, globalement, vous avez d'enfants à âge donné.
33:09Donc, il semblerait que, plutôt,
33:10pour répondre à la question,
33:11le prix au mètre carré joue plus
33:12que l'accessibilité aux services,
33:13puisque quand on va habiter dans des zones rurales
33:16ou dans des petites villes,
33:17l'accès à des services de garde d'enfants
33:18est peut-être plus difficile,
33:20mais par contre, évidemment,
33:21la surface disponible est importante.
33:24C'est plus important.
33:26En revanche, la baisse, elle a lieu partout.
33:28La baisse des dernières années,
33:29elle est à la fois dans les zones rurales,
33:31les petites villes et les grandes villes.
33:33Ce que l'on constate aussi,
33:34c'est que les personnes qui déménagent
33:37des grandes villes vers les petites villes
33:38ou des grandes villes vers la campagne
33:40ont plus d'enfants dans les années
33:42qui suivent le déménagement.
33:44Le problème, c'est que,
33:45dans quel sens ça se fait ?
33:46Est-ce que c'est ceux qui veulent le plus d'enfants
33:48qui déménagent,
33:49ou est-ce que c'est le déménagement ?
33:50Évidemment, il y a un mélange des deux.
33:53Mais, en tout cas, ce qui est sûr,
33:55c'est que, globalement,
33:56on voit qu'il y a un lien entre
33:59la réalisation d'un projet parental
34:03et les déménagements,
34:05mais sans qu'il soit évidemment facile
34:06de dire dans quel sens.
34:08Alors, vous parlez des questions
34:10d'infertilité et de leur rôle.
34:13On a...
34:14Les experts qui ont travaillé sur ce sujet
34:17considèrent que les questions d'infertilité,
34:20donc la difficulté d'avoir un enfant,
34:23jouent pour peut-être 0,1% maximum.
34:28En gros, c'est-à-dire que s'il n'y avait pas
34:30d'aide à la procréation assistée,
34:36on aurait 0,1 enfant de moins.
34:40Et encore, c'est un maximum.
34:42Donc, ce n'est pas...
34:43La question de l'aide à la procréation
34:47n'est pas à elle seule
34:49une solution globale.
34:51Alors, c'est évidemment une solution
34:52pour la souffrance des couples
34:54et pour les personnes qui veulent avoir des enfants.
34:56Bon, évidemment, ça les aide,
34:58mais globalement,
35:00ce n'est pas la solution globale.
35:02C'est une solution qui permet, effectivement,
35:04aux couples d'un certain âge,
35:06notamment, d'avoir des enfants
35:07ou aux couples qui soufflent
35:08de certaines pathologies,
35:10d'avoir des enfants.
35:11Mais à elle seule,
35:12ce n'est pas de nature à régler la question.
35:16Ce qui est sûr,
35:17c'est qu'une information de la population,
35:20des jeunes,
35:21sur le fait que la fertilité baisse
35:23au-delà d'un certain âge,
35:26pourrait peut-être,
35:27dans une certaine mesure,
35:29elle aussi jouer probablement à la marge
35:30sur la réalisation des désirs de fécondité.
35:33C'est qu'aujourd'hui,
35:33on a des personnes
35:34qui souhaitent avoir des enfants
35:35et qui n'en ont pas.
35:36Donc, effectivement,
35:37les aider à en avoir,
35:38ça peut être une bonne chose.
35:39Il y a aussi quelque chose
35:40qui est important
35:41qui a permis à la France,
35:43vraisemblablement,
35:44pendant longtemps,
35:45d'échapper à la baisse de la fécondité,
35:46c'est que nos politiques familiales
35:48dans leur ensemble
35:49sont générales.
35:51C'est-à-dire que
35:52nos politiques familiales
35:55ne vous exigent pas
35:56que vous soyez mariés,
35:57par exemple,
35:57pour avoir des enfants.
35:58Voilà.
35:58Donc, effectivement,
36:00les pays qui nous regardent,
36:01qui se comparent à nous,
36:03considèrent que,
36:04effectivement,
36:04le fait que
36:05les incitations fiscales,
36:07les aides fiscales à la famille
36:09soient à la fois
36:10pour les mariés,
36:11les non-mariés
36:12ou les mères seules,
36:13etc.
36:13Ça, c'est très important
36:14qu'aujourd'hui,
36:16la procréation médicale assistée
36:19soit ouverte aux couples
36:20de femmes
36:21ou aux femmes seules.
36:22Évidemment, ça,
36:23ça ne fait pas beaucoup,
36:24mais tous ces éléments
36:25qui font que
36:25les politiques d'incitation
36:28à la famille,
36:28les politiques familiales
36:29soient universelles,
36:31ça, c'est des choses
36:32qui jouent
36:33et qui, globalement,
36:35ont aidé la France
36:36jusqu'à présent
36:36à rester plutôt en haut
36:38des classements
36:40que l'on a vus,
36:41même si on n'est pas
36:42dans un concours,
36:42mais aujourd'hui,
36:43d'avoir plutôt
36:44une fécondité plus élevée
36:45que des pays comparables,
36:46ça, c'est clair que
36:47ça peut jouer
36:50en faveur
36:51si on souhaite
36:52faire remonter
36:52la fécondité.
36:54Alors,
36:55y a-t-il eu
36:55des retournements,
36:56etc.,
36:57est-ce qu'il y a
36:58des politiques
36:58qui permettent
36:59de faire remonter
37:01la fécondité ?
37:01Globalement, non.
37:03Globalement,
37:04en tout cas,
37:05des politiques
37:05strictement pronatalistes,
37:07c'est-à-dire qu'ils visent
37:08uniquement,
37:08j'ai envie de dire,
37:09à court terme,
37:10à dire,
37:11là, maintenant,
37:11faites des enfants,
37:12qu'elles soient incitatives
37:14ou qu'elles soient même
37:15plus,
37:17voilà,
37:17des politiques de type,
37:19vous avez dit,
37:19des politiques chinoises,
37:20non, ça ne marche pas.
37:21C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
37:22juste dire aux gens,
37:23faites des enfants
37:23et même à les aider
37:25à très court terme,
37:26à leur donner
37:26des...
37:29à leur verser des aides
37:30ou à leur verser
37:32des compensations
37:33parce qu'elles ne travaillent pas,
37:33ça marche,
37:35ça peut marcher
37:36à court terme
37:37sur quelques années,
37:38c'est-à-dire qu'effectivement,
37:39ça peut accélérer
37:40un calendrier de fécondité,
37:41c'est-à-dire que vous faites,
37:42dans les pays
37:42dans lesquels
37:43on a mis en place
37:43des aides fiscales
37:47ou des aides sociales,
37:48effectivement,
37:49ça a pu,
37:49pendant quelques années,
37:50faire remonter
37:51leur nombre de naissances,
37:52simplement,
37:53la fécondité,
37:54ça se joue sur 20 ans,
37:56c'est-à-dire que
37:57c'est un souhait
38:01de fécondité
38:01pour une famille,
38:02ça se fait entre...
38:03ou pour une personne,
38:04ça se fait entre 20 ans
38:05et 40 ans.
38:06Et donc,
38:06si vous avez tout d'un coup
38:08une aide à la fécondité
38:10qui arrive
38:10ou une incitation,
38:11vous allez peut-être
38:12la prendre,
38:13mais du coup,
38:13c'est un enfant
38:14que vous aurez un peu plus tôt,
38:14que vous aurez tout de suite,
38:15mais ça ne changera pas
38:16votre perspective.
38:17Or, ce qui est important
38:18au niveau global
38:19sur la société,
38:20c'est le nombre total
38:21d'enfants
38:21que les hommes
38:22ou les femmes auront
38:23et c'est pas tellement
38:24l'âge où ils les auront.
38:25Donc, globalement,
38:26si vous prenez
38:26l'exemple de la Chine,
38:27la politique de l'enfant unique,
38:29quand elle était extrêmement coercitive,
38:31n'a pas fonctionné.
38:33Les Chinois ont un enfant par femme
38:34depuis qu'ils n'ont plus
38:35la politique de l'enfant unique.
38:37Voilà.
38:37Et aujourd'hui,
38:38vous savez,
38:38la même politique
38:39un peu coercitive
38:41qui vise à forcer,
38:43non pas forcer les femmes,
38:44mais par exemple,
38:45empêcher les femmes d'avorter
38:46ou empêcher la stérilisation,
38:48ces politiques coercitives
38:49ne fonctionnent pas plus
38:51à la hausse
38:52qu'elles n'avaient bien fonctionné
38:53à la baisse.
38:54Donc, on pense
38:58que les politiques publiques
39:01qui pourraient éventuellement
39:02permettre un retournement,
39:04ce serait plutôt,
39:06alors, outre,
39:06comme je l'ai dit,
39:07des politiques qui aident
39:08l'ensemble des familles
39:09et l'ensemble des formes familiales,
39:11ce serait des politiques
39:12d'information
39:13sur les questions
39:14de sexualité,
39:16de droits affectifs
39:18et de droits reproductifs.
39:20Ça serait,
39:20ce que je disais tout à l'heure,
39:21des politiques
39:22qui permettraient aux femmes
39:23de ne pas être pénalisées
39:26en tant que mère
39:27dans leur carrière professionnelle.
39:29Et donc,
39:29ça serait des politiques
39:30d'organisation du travail
39:31qui feraient
39:32qu'on hésite moins
39:33à vous recruter
39:34quand vous risquez
39:35d'avoir un enfant
39:36ou est-ce qu'on hésite moins
39:37à vous donner un poste
39:38quand vous risquez
39:39d'avoir des enfants.
39:40Et là,
39:41probablement même,
39:42ce serait aussi certainement
39:44des politiques publiques
39:45qui viseraient
39:45à ce que les pères
39:47aient un rôle
39:48beaucoup plus important
39:49dans l'éducation des enfants
39:50en étant mieux formés
39:52et surtout plus présents.
39:54On a quand même
39:55dans l'enquête
39:55du Haut Conseil
39:57à la famille,
39:57à l'enfance et à l'âge
39:58que j'ai cité tout à l'heure,
39:59un nombre non négligeable
40:01de femmes
40:01qui ont des enfants
40:02et qui disent
40:03si le père
40:04avait été plus présent
40:05pour l'éducation du premier,
40:07peut-être que j'en aurais eu
40:08un second
40:09ou un troisième.
40:11Donc ça,
40:11c'est quelque chose
40:12qu'on voit aussi
40:13dans un certain nombre
40:14d'enquêtes,
40:14notamment des enquêtes
40:15comparatives
40:16entre pays européens.
40:17On constate que
40:18les pays
40:20dans lesquels
40:20la fécondité
40:21a le plus baissé
40:22et elle a de plus
40:23mal à le remonter,
40:24c'est celles
40:25dans lesquelles
40:25les femmes
40:26ont pris beaucoup de place
40:27dans le monde du travail
40:28sans que les hommes
40:29soient présents
40:30au domicile
40:31et dans l'éducation
40:32des enfants.
40:35Voilà un peu
40:37des idées.
40:38Alors c'est plus facile
40:39à dire qu'à faire.
40:41Et puis il y a aussi
40:41toute la question
40:42de la confiance.
40:44La confiance dans les politiques,
40:45c'est-à-dire que
40:46les politiques dont on a l'impression
40:48qu'elles ne vont pas durer,
40:50ce n'est pas elles
40:51qui seront efficaces.
40:52Ce qui est important
40:52si on veut s'investir
40:54dans la création
40:54d'une famille,
40:55c'est la sensation
40:56que l'aide publique,
40:58notamment l'aide
40:58à l'éducation,
41:00l'aide au logement,
41:02l'aide à tout ce qui va être,
41:04tout ce qui va favoriser
41:06les bonnes besoins
41:07d'une famille,
41:07si les politiques publiques
41:09changent
41:10et si on a l'impression
41:11qu'on augmente
41:13un congé parental
41:15mais qu'on diminue
41:16une aide fiscale
41:17ou qu'on diminue
41:19les moyens
41:19qu'on va mettre
41:20dans l'éducation,
41:20etc.,
41:21du coup,
41:22vous allez diminuer
41:23la crédibilité
41:24des jeunes
41:25dans la politique familiale
41:27et donc,
41:27évidemment,
41:28ça va peut-être
41:28les faire hésiter
41:30dans leur projet.
41:30Voilà,
41:31j'ai été bavard,
41:31je m'excuse.
41:32Madame Lémenès,
41:34un complément ?
41:36Je voulais dire
41:36à quel point
41:37je pense que
41:39les politiques
41:39de conciliation
41:40vie familiale,
41:41vie professionnelle
41:42sont quand même
41:43importantes,
41:43même si on voit
41:44que dans les pays nordiques,
41:45la fécondité baisse
41:46alors que ces politiques
41:47sont assez développées.
41:49Et dans votre enquête
41:50de l'INED
41:51sur les intentions
41:52de fécondité,
41:53si je ne me trompe pas,
41:54les couples
41:55qui sont sensibles
41:56à la question
41:56de l'égalité
41:57femmes-hommes
41:58souhaitent un peu moins
41:59d'enfants
41:59que les autres.
42:00Je ne sais pas
42:01si c'est aussi un signe
42:02qu'il y a quelque chose
42:03à faire de ce côté-là
42:03parce que c'est très très clair
42:06que l'arrivée
42:07des enfants,
42:07la conciliation
42:08pèse encore aujourd'hui
42:10énormément sur les femmes
42:12qui se mettent
42:12à temps partiel,
42:14qui saisissent moins.
42:16Alors soit c'est
42:17dans leur entreprise,
42:18soit c'est elles-mêmes
42:19pour se consacrer
42:19davantage aux enfants.
42:21Mais il y a vraiment
42:21une pénalité salariale,
42:24donc une progression
42:25du revenu salarial
42:26après l'arrivée
42:27d'un enfant
42:28qui est nettement moindre
42:29alors qu'on observe
42:30même le contraire
42:31pour les hommes.
42:32Donc voilà,
42:33c'est un élément aussi
42:34qui peut être important
42:36et notamment
42:37pour les jeunes générations.
42:40Il y a une question aussi
42:41sur les données
42:42sur les personnes immigrées.
42:47Alors dans les parents,
42:50les enfants qui ont
42:51un parent
42:52ou deux parents
42:53nés à l'étranger,
42:54ça représente en gros
42:5734% des naissances.
42:59C'est les derniers chiffres,
43:00si vous voulez,
43:00on pourra vous les donner.
43:03Alors il y a plusieurs choses
43:05à dire de ce point de vue-là.
43:07C'est d'un côté,
43:09la proportion d'immigrés
43:10en France croit régulièrement,
43:13mais voilà,
43:14ça croit notamment
43:15depuis le début
43:16des années 2000.
43:18La deuxième chose
43:18qu'il faut savoir,
43:19c'est que les personnes immigrées
43:21sont très majoritairement
43:23d'âge actif.
43:24Donc ça,
43:24ça a aussi beaucoup
43:25d'importance
43:27par rapport...
43:29Alors sur les naissances,
43:30évidemment,
43:30parce que c'est des âges
43:31où les personnes
43:32sont les plus fécondes,
43:32mais ça a aussi
43:33beaucoup d'incidence
43:34sur le marché du travail,
43:37sur l'économie,
43:38sur les ratios
43:39de dépendance
43:40seniors
43:42par rapport
43:42aux personnes
43:43d'âge actif.
43:44Donc du coup,
43:46voilà,
43:46il y a aussi
43:46ces aspects-là
43:47à prendre en compte
43:48parce qu'ils sont
43:48très importants,
43:49notamment par rapport
43:51au système
43:52de retraite.
43:54Et ensuite,
43:55la fécondité
43:56des femmes immigrées,
43:57alors ça dépend
43:58des origines
43:58des pays,
43:59mais est plus importante
44:01en moyenne
44:02que celle
44:03des femmes
44:04nées en France.
44:06Après,
44:06quand on regarde
44:07un niveau
44:07de diplôme,
44:09pour les diplômes
44:10du supérieur,
44:11c'est les mêmes
44:12ordres de grandeur,
44:14les écarts
44:15se voient surtout
44:16pour les niveaux
44:17peu diplômés.
44:18Et on l'a dit
44:19tout à l'heure,
44:20la fécondité
44:20baisse dans
44:21tous les pays
44:22du monde.
44:22Donc pour
44:23les femmes
44:24immigrées
44:24qui arrivent
44:25maintenant,
44:25la fécondité
44:26est plus basse
44:28que celle
44:28qu'elle pouvait
44:28être par le passé.
44:30Et sur ce point,
44:31dernier sujet,
44:33c'est ensuite
44:33les enfants
44:34qui naissent
44:35en France
44:35avec un ou deux
44:36parents immigrés,
44:36ils ont une fécondité
44:37qui est tout à fait
44:38comme celle
44:39des femmes
44:40nées en France,
44:41de parents
44:42nés en France.
44:44Ça,
44:45c'était
44:45les points
44:45principaux,
44:46je crois,
44:46sur les données.
44:47Puis vous avez aussi
44:47une question
44:47sur les décès.
44:50Sur les décès,
44:51il y a deux choses.
44:51On a dit tout à l'heure,
44:52l'espérance de vie
44:53continue à augmenter.
44:54Donc il y a des gains
44:55d'espérance de vie,
44:56donc des risques
44:56de mortalité
44:57aux âges élevés
44:58qui continuent
44:59à diminuer,
45:00même si les progrès
45:01en termes d'espérance
45:02de vie
45:02se ralentissent,
45:05se sont relatis
45:07assez fortement
45:08ces dernières années.
45:09Mais il y a vraiment
45:10un effet volume
45:11très, très important.
45:12Les classes d'âge
45:13à 800,
45:14même 900 000
45:15certaines années.
45:16Et donc là,
45:17il y a la majorité
45:18des baby-boomers
45:20qui sont rentrés
45:20dans la classe
45:21des 65 ans et plus.
45:23La génération 1946,
45:24elle a 80 ans aujourd'hui.
45:26Donc c'est ça
45:26qui explique
45:27l'augmentation
45:28continue des décès.
45:30Donc là,
45:31on a tous les détails.
45:32Je ne sais pas
45:32ce que vous vouliez
45:33savoir précisément
45:34sur ce sujet.
45:36S'il y avait
45:36une augmentation
45:37de la mortalité infantile ?
45:38Ah, par contre,
45:39la mortalité infantile,
45:41elle a baissé
45:42jusque de mémoire
45:44en 2005.
45:45Après,
45:45elle a légèrement
45:46re-augmenté
45:47jusqu'en 2011.
45:48Elle stagne de plus,
45:49mais on n'est vraiment
45:50pas bien classé
45:51en Europe
45:52de ce point de vue-là.
45:53Alors,
45:53je n'ai plus
45:54tous les travaux en tête.
45:55On en a fait à l'INSEE.
45:56On pourra vous les envoyer.
45:58Il y a un lien
45:59avec les situations
46:00de précarité
46:01quand même aussi
46:02des femmes.
46:03il y a...
46:04Enfin,
46:05ça,
46:05c'est assez documenté.
46:08Mais voilà,
46:09ça,
46:10je pourrais vous envoyer
46:10les éléments.
46:11Je ne les ai pas en tête.
46:13Et puis après,
46:13il y a un sujet
46:14qui nous intéresse
46:16tous,
46:17qui est de savoir
46:17dans quelle mesure
46:19l'évolution
46:20des modes de vie,
46:24le fait qu'il y ait
46:24des séparations,
46:25des unions à nouveau,
46:26de quelle manière
46:27ça joue sur la fécondité.
46:29Ce que je veux juste dire,
46:30c'est que l'INSEE,
46:31mais accompagné de l'INED
46:32a mené une très grande enquête,
46:34l'enquête famille
46:34qui a été sur le terrain
46:36l'année dernière.
46:37Et on attend beaucoup
46:38de cette enquête
46:39parce qu'on suit
46:40l'histoire
46:41des personnes,
46:42les mises en couple,
46:43les séparations,
46:44les remises en couple,
46:45à quel moment
46:45les personnes ont été naissances.
46:47Donc on attend beaucoup.
46:48Mais on n'a pas les résultats
46:49pour tout de suite.
46:50Ça serait plutôt
46:50pour fin 2027.
46:522027, voilà.
46:52Merci pour toutes ces questions.
47:00Alors il y a tellement
47:01de sujets qui sont abordés
47:02que c'est un peu difficile
47:03de répondre
47:05d'une façon globale.
47:07Peut-être commencer
47:08par la question
47:09la plus générale.
47:10Est-ce qu'il faut s'inquiéter
47:11d'une baisse des naissances
47:12ou d'une baisse
47:12de la population ?
47:13Donc ça a été dit,
47:15mais je crois que c'est important
47:16de le répéter.
47:16Pour les 15 prochaines années,
47:18c'est le vieillissement
47:18de la population,
47:20l'augmentation des décès,
47:21mais aussi l'augmentation
47:22du nombre de personnes
47:23qui vont souffrir
47:24de dépendance
47:24qui est au grand âge
47:25qui est devant nous.
47:26Et ça, on a eu 550 000 décès
47:29dans les années 2000.
47:29On est maintenant
47:30à 650 000.
47:31On va être à 800 000.
47:33Et donc il y a un sujet
47:34extrêmement important
47:35de la prise en charge
47:36de nos personnes âgées
47:38et de savoir
47:39si ça va être public
47:41ou privé,
47:42à l'intérieur des familles
47:43ou bien organisé
47:45d'une façon publique.
47:46Est-ce que c'est uniquement
47:47les femmes
47:47qui vont s'occuper
47:48des vieux ou des vieilles
47:49ou est-ce que les hommes
47:50vont prendre leur part ?
47:52Si ce sont des femmes,
47:52est-ce qu'elles vont être payées
47:53pour ça ?
47:54Est-ce qu'elles vont être payées
47:54correctement ?
47:55Donc ça, ce sont des questions
47:56qui sont devant nous
47:57avec un gouffre financier
47:59très important,
48:01mais la nécessité impérieuse
48:02de traiter bien
48:04nos personnes âgées.
48:05Donc là,
48:05il y a vraiment
48:06quelque chose
48:06de très important
48:07et la fécondité
48:09n'a rien à voir
48:10dans l'histoire.
48:11Les migrations
48:11ont à voir
48:12parce que ce sont surtout
48:13des femmes migrantes,
48:15mal payées,
48:16dans des conditions
48:16de vie compliquées,
48:18qui s'occupent aujourd'hui
48:18des personnes âgées
48:20comme des enfants d'ailleurs.
48:21Et il y a un problème
48:22de population,
48:24disons,
48:24active qui s'occupe
48:25des enfants,
48:25mais il y a surtout,
48:27il va y avoir un besoin
48:28énorme pour aider
48:29les personnes âgées,
48:30qu'elles restent à domicile
48:31ou qu'elles soient
48:31d'ailleurs en EHPAD.
48:32Il faudra des gens
48:33pour les soins au corps
48:35et donc il faut vraiment
48:36se rendre compte
48:37du fait que ça,
48:38c'est vraiment
48:38pour les 15 prochaines années.
48:40Ensuite,
48:40pour la suite,
48:41si la fécondité baisse,
48:42François Clanchet l'a dit,
48:43les enfants qui ne laissent
48:43pas aujourd'hui,
48:44dans 15-20 ans,
48:45ça fera des jeunes actifs
48:46en moins.
48:47Donc,
48:47qu'est-ce qu'il faut
48:48augmenter la population active
48:49en améliorant
48:50les taux d'activité
48:51des jeunes,
48:52mais aussi des femmes,
48:53on a parlé des questions
48:54de conciliation,
48:55ou bien des travailleurs âgés,
48:56on a aussi la question
48:57de l'âge de la retraite,
48:58mais aussi de l'adaptation
48:59des postes d'emploi.
49:02Donc,
49:02tout ça,
49:02c'est des politiques
49:03qui n'ont pas le but
49:04d'augmenter les naissances,
49:05mais de faire avec.
49:07Et sur le long terme,
49:08une politique qui diminue,
49:09donc il y a de plus en plus
49:10de travaux de démoéconomie
49:11qui montrent
49:12qu'une population
49:13qui augmente un peu
49:14ou qui diminue un peu,
49:15ça ne change pas grand-chose.
49:16De toute façon,
49:17ce sont les personnes
49:17d'âge moyen
49:18qui s'occupent de payer
49:19pour les enfants
49:20et pour les vieux.
49:21Et une population
49:22qui diminue un peu,
49:23il y a un peu plus de vieux,
49:24une population qui augmente un peu,
49:25il y a un peu plus d'enfants,
49:26mais au total,
49:27ça ne change pas énormément.
49:29Ce sont surtout
49:29les chocs qui sont importants
49:31ou bien les niveaux
49:32très importants.
49:34Quand la fécondité
49:34est extrêmement basse
49:36ou quand elle est extrêmement haute,
49:37là, il y a des problèmes
49:38d'ajustement des pays.
49:40Donc,
49:40je crois que c'est important
49:41de poser cette question
49:42parce que est-ce qu'on veut
49:44une politique pour augmenter
49:45le nombre de naissances ?
49:45J'ai l'impression
49:46que dans cette Assemblée,
49:47il y a un consensus pour ça.
49:48Mais d'abord,
49:48est-ce que c'est possible ?
49:49Et ensuite,
49:50est-ce que c'est utile ?
49:51Ce n'est pas inutile
49:52quand même de se poser des questions.
49:53Alors,
49:54sur le rôle des migrations,
49:55on a aujourd'hui
49:56un tiers des naissances
49:57dont au moins un parent
49:59n'est pas né
50:00sur le territoire français.
50:02Donc,
50:02les migrations
50:03ont un rôle très important,
50:04Sylvie Lominez l'a dit,
50:05à la fois pour augmenter
50:07la population active,
50:08mais aussi pour augmenter
50:09le nombre de naissances.
50:10Alors maintenant,
50:10dans ce tiers de naissances,
50:11il y en a la moitié
50:12qui ont aussi un parent
50:13qui est né en France.
50:15Et il n'y a plus,
50:17disons,
50:17si on veut voir les naissances
50:19qu'on pourrait considérer
50:20comme les plus étrangères,
50:22il n'y a que 15% des enfants
50:23qui naissent de deux parents
50:25qui sont nés eux-mêmes
50:27hors de l'Union européenne.
50:28Donc,
50:28entre les naissances d'immigrés
50:30et les naissances de natifs,
50:31en fait,
50:31il y a un halo très important.
50:33Et plutôt que de craindre
50:34un envahissement
50:35par des étrangers,
50:36c'est plutôt le triste sort
50:38des immigrants
50:39de devoir se fondre
50:41dans la population.
50:42Et on voit bien
50:43ceux d'entre vous
50:43qui ont des enfants
50:44qui sont en Amérique,
50:46au Japon.
50:46Est-ce qu'ils vont devenir
50:47des Américains
50:48ou est-ce qu'ils vont devenir
50:48des Japonais
50:49ou est-ce qu'ils vont rester
50:50Français ?
50:50Et donc,
50:51le risque d'immigration,
50:52c'est plutôt que
50:53les migrants,
50:54ils rêvent de faire fortune
50:55et de rentrer chez eux
50:55et puis ils font des enfants,
50:57ils sont coincés
50:57dans leur pays de destination
50:58et il faut qu'ils deviennent
50:59des citoyens de ce pays.
51:01Donc,
51:01il y a un effort à faire
51:02par les migrants.
51:03Il y a aussi un effort à faire
51:04pour les populations,
51:05pour intégrer les migrants
51:06le plus rapidement possible,
51:08le plus facilement possible.
51:09Donc ça,
51:10c'est un élément
51:10de la politique aussi
51:12de natalité
51:12qu'il ne faut pas oublier.
51:15Alors,
51:15on a parlé de PMA.
51:16Bon,
51:17l'âge moyen,
51:17la première naissance,
51:18c'est encore aujourd'hui
51:18inférieur à 30 ans.
51:20Il est plutôt de 29,3 ans.
51:22Et les problèmes de stérilité
51:25sont des problèmes
51:25de santé publique
51:26très importants.
51:29Les...
51:29disons,
51:30les méthodes
51:31d'assistance médicale
51:32à la procréation
51:32sont un sujet
51:33de santé publique
51:34très important,
51:35mais à l'échelle
51:37de la population,
51:38François Clanchet l'a dit,
51:39si tous les couples
51:40qui avaient des difficultés
51:41étaient traités,
51:42on aurait au maximum
51:440,1 enfants par femme.
51:46Et on voit là
51:47l'indicateur conjoncturel
51:48de fécondité,
51:49il a baissé de 0,4
51:50enfants par femme
51:51en 10 ans,
51:52donc 4 fois plus.
51:53Donc,
51:53c'est un sujet
51:54très important,
51:55mais ça n'est pas
51:55où ça a été dit,
51:56ça n'est qu'une solution
51:57extrêmement partielle
51:58à la baisse de la fécondité.
52:00Ce sont vraiment
52:00deux sujets
52:01qu'il faut distinguer
52:02complètement.
52:02Il y a des bonnes raisons
52:03de traiter les couples
52:04qui ont des difficultés
52:05pour faire des enfants,
52:06mais le fait d'augmenter
52:07le nombre de naissances
52:07dans le pays
52:08n'est pas la raison principale,
52:10n'est même peut-être
52:10pas une bonne raison.
52:12Alors,
52:13sur l'environnement,
52:14c'est vrai qu'il y a
52:15une détérioration
52:16de la qualité du sperme,
52:17il y a des perturbateurs
52:19endocriniens,
52:20il y a des craintes médicales,
52:22mais aujourd'hui,
52:23on ne peut pas mettre
52:24en évidence
52:25de lien entre
52:26ces détériorations
52:28de l'environnement
52:28et la baisse
52:29de la fécondité.
52:30Ça va peut-être
52:31venir à l'avenir,
52:32mais pour le moment,
52:32la baisse de la fécondité,
52:33elle tient beaucoup plus
52:34à des causes
52:35qui sont générales
52:37et qui ne sont pas
52:38des causes physiologiques.
52:40Alors,
52:41il y avait un mot
52:41sur les avantages
52:42à la retraite.
52:43Je crois que c'est vous
52:44qui disiez
52:44que les femmes
52:44étaient tellement désavantagées
52:46qu'il fallait leur donner
52:46des avantages à la retraite.
52:48Donc ça,
52:48on a montré
52:48que ça n'a aucun effet
52:50sur la fécondité.
52:51Les femmes ne font pas
52:52des enfants
52:52pour avoir des avantages
52:53à la retraite.
52:54Donc,
52:54si on veut lutter
52:55contre les désavantages
52:56des femmes,
52:57il faut améliorer
52:58la situation des femmes
52:59sur le marché de l'emploi
53:00et ne pas leur donner
53:01des avantages
53:02quand elles auront
53:0360 ou 65 ans.
53:04Donc ça,
53:05c'est un élément
53:05très important.
53:06C'est un espèce
53:07de lot de consolation.
53:08C'est comme quand on a dit
53:09aux fonctionnaires
53:10qu'on ne vous paye pas bien
53:10mais vous aurez
53:11des belles retraites.
53:12C'est pareil,
53:13ça ne marche pas du tout.
53:15Donc,
53:15c'est presque un piège
53:16cette histoire
53:16de davantage différé.
53:19Il y a encore
53:19aujourd'hui en France
53:20des inégalités
53:22entre les femmes
53:22et les hommes
53:23très importantes.
53:23et ça n'est pas
53:24en compensant
53:26au moment de la retraite
53:27qu'on va résoudre
53:28la question.
53:28Alors,
53:28ça pose la question
53:29de la transition.
53:30C'est sûr que,
53:32absolument,
53:32les générations
53:33aujourd'hui
53:34de femmes
53:34qui ont peu travaillé
53:35ou qui ont eu
53:35des carrières
53:36interrompues
53:37souffriraient
53:38si on enlevait
53:39tous les avantages
53:39familiaux.
53:40Mais à terme,
53:41les avantages familiaux
53:41sont plutôt
53:42désavantageux
53:44pour les femmes.
53:45Mais bon,
53:45ça c'est...
53:46Enfin,
53:46je ne vais pas...
53:47Alors,
53:47peut-être un mot
53:48sur le no-kid
53:49et sur les inquiétudes.
53:51Donc,
53:51d'une part,
53:52on a été surpris
53:53dans notre enquête
53:53par l'ampleur
53:54des inquiétudes.
53:55Les jeunes sont
53:55soit inquiets,
53:57soit très inquiets.
53:58Et d'une certaine façon,
53:59ils ont raison de l'être.
54:00Les rapports du GIEC
54:01qui montrent
54:02le réchauffement climatique
54:03et le déni total
54:04des politiques
54:05depuis une dizaine d'années,
54:07les risques de conflits,
54:09la fragilité économique
54:10dans pas mal de pays.
54:11Mais en France,
54:12la fragilité économique
54:13des jeunes
54:13est beaucoup moins
54:14que dans d'autres pays
54:15un facteur
54:16donné par les jeunes
54:17pour ne pas avoir d'enfants.
54:19On a effectivement
54:20les inégalités
54:20entre les femmes
54:21et les hommes.
54:21Le fait que les femmes
54:22voient beaucoup plus
54:23qu'avant le piège
54:24que c'est pour elles
54:24de faire des enfants.
54:26Mais d'une manière générale,
54:28la fragilité économique
54:29qui est un facteur
54:29très important
54:30dans beaucoup de pays d'Europe
54:32est moins présent en France
54:33grâce à la force
54:35et l'histoire
54:36de la politique familiale
54:37qui fait que
54:38les gens ont l'impression
54:40que de toute façon,
54:41ils vont être aidés
54:42s'ils font des enfants.
54:43Ça pose d'ailleurs
54:44la question
54:44de la politique...
54:45D'abord,
54:46de la stabilité
54:47de la politique familiale.
54:48On voit les congés parentaux,
54:50c'est une très bonne mesure.
54:50Mais est-ce qu'il faut
54:52le financer
54:52en fragilisant
54:53les augmentations
54:55d'allocations familiales
54:57quand les enfants
54:58atteignent l'âge
54:59de 14 ans ?
55:00Ces changements
55:01de politique,
55:02ils risquent
55:02de diminuer
55:03la confiance
55:04sur l'aide
55:05au long terme.
55:06De même,
55:06on a parlé d'éducation,
55:08le fait que l'école
55:08soit gratuite.
55:10On n'a pas en France
55:11de gens qui nous disent...
55:12Alors, ça commence
55:13à arriver,
55:14François,
55:14quand j'ai raison,
55:15mais dans nos enquêtes,
55:16personne ne nous dit
55:17je ne vais pas faire
55:18plus qu'un enfant
55:19parce que ça coûte
55:19trop cher
55:20de payer
55:21pour l'université.
55:22Alors, on commence
55:23à le voir
55:23dans des discours journalistiques
55:24parce que justement,
55:25il y a des pays
55:25où c'est la principale raison.
55:27Les gens disent
55:27moi, je ne ferai pas d'enfants
55:28ou si j'en fais,
55:29j'en ferai qu'un
55:29parce que je n'aurai jamais
55:31de quoi payer
55:32deux enfants
55:33dans les études supérieures.
55:34En France,
55:35on n'a pas ce discours
55:36et du coup,
55:38la politique d'éducation,
55:39vous voyez,
55:39même si d'un point de vue
55:40d'égalité sociale,
55:41on est assez mauvais
55:42par rapport aux autres pays,
55:43c'est une politique nataliste
55:45et on peut dire
55:45la fragilité de l'éducation,
55:47c'est une politique
55:48antinataliste.
55:49Donc, de même
55:50pour la politique du logement.
55:51La politique du logement,
55:53c'est une politique nataliste
55:54mais c'est jamais
55:55qu'un effet secondaire
55:56éventuel
55:56et pas certain
55:57à la politique du logement,
55:58c'est d'abord
55:59pour permettre aux gens
55:59de se loger correctement.
56:01Donc, il y a aussi ce côté
56:02est-ce qu'il faut lutter
56:04contre la baisse des naissances
56:05et est-ce qu'on n'a pas
56:06d'autre bonne raison
56:07d'aider les familles
56:08que de vouloir
56:09qu'elles fassent plus d'enfants ?
56:10Donc, la politique familiale,
56:11ça a été un tournant
56:12qui a été pris
56:12dans les années 1980.
56:14Elle est plus orientée
56:15sur la lutte
56:16contre la pauvreté des familles,
56:18sur la lutte
56:18contre les inégalités
56:19entre les femmes et les hommes
56:20et ce n'est pas garanti
56:23qu'une politique efficace
56:24de ce point de vue-là
56:24augmentera les naissances.
56:26Ce qu'il y a de sûr,
56:26et François Clanchier l'a dit,
56:27les politiques qui sont
56:28directement pronatalistes,
56:31que ce soit
56:31les baby bonus,
56:32des limitations
56:33de l'accès à l'avortement,
56:35un coût plus élevé
56:36de la contraception,
56:37ça n'a pas d'effet.
56:38Ça ne marche pas.
56:39Et en plus,
56:40ça détériore plutôt
56:41le bien-être de la population.
56:43Voilà, je crois que moi aussi,
56:44j'étais assez long.
56:45Je vais m'arrêter là.
56:46Je ne sais pas si...
56:47Juste, je vais rajouter
56:48quelque chose
56:49pour répondre
56:49à la question mondiale.
56:52Effectivement,
56:53les dernières projections
56:54des Nations unies,
56:55alors, il y a aussi
56:56une incertitude,
56:57mais considèrent
56:58que la population mondiale
56:59va cesser de croître
57:00avant la fin du siècle.
57:02Alors, est-ce que c'est
57:03en 2060, 2080 ?
57:06Mais il est prévu maintenant
57:09que la population mondiale
57:11va arrêter de croître
57:12autour de 10 milliards
57:13d'habitants
57:14et elle va décroître,
57:15puisque dans tous les continents,
57:17tendanciellement,
57:17elle décroît
57:18et bientôt en Afrique aussi.
57:21Et je pense que là,
57:22il faut effectivement
57:22se poser la question
57:23est-ce que c'est grave ?
57:25Et que, effectivement,
57:26je pense que,
57:27je crois que ça a déjà été dit,
57:28il faut que les personnes
57:33puissent avoir les enfants
57:35qu'elles le souhaitent.
57:36Il faut probablement
57:36qu'elles soient informées
57:37aussi tout au long de leur vie
57:38et qu'elles aient des droits
57:39à la fois à un certain moment
57:40de leur vie
57:41de ne pas avoir d'enfants
57:41et qu'on leur donne le droit
57:44d'en avoir plus tard.
57:45Donc, voilà,
57:45cette question se pose
57:47et se pose vraiment
57:48dans tous les pays du monde.
57:49Si vous avez un peu de temps,
57:50il y a un excellent rapport
57:50qui a été diffusé
57:53en fin d'année dernière
57:54par les Nations unies,
57:55le Fonds de Nations unies
57:56pour la population,
57:57sur cette question, justement,
57:58qui pose exactement
57:59la question sociétale
58:00du souhait
58:01d'avoir des enfants
58:02et des possibilités
58:03d'avoir des enfants
58:04que l'on veut
58:05dans les bonnes conditions.
58:08Effectivement,
58:09je pense que c'est ça
58:10que l'on doit suivre.
58:12Enfin, en tout cas,
58:12la population mondiale,
58:14sans doute pour de bonnes raisons
58:15d'un point de vue
58:16écologique et planétaire,
58:18devrait s'arrêter
58:19de croître
58:20d'ici 30 ou 40 ans.
58:24C'est la fin de ce 100% Sénat
58:25consacré aujourd'hui
58:26à l'audition du directeur
58:28de l'Institut national
58:29d'études démographiques,
58:30François Clanchet,
58:31et de la chef de l'unité
58:32des études démographiques
58:34et sociales de l'INSEE,
58:35Sylvie Leminez.
58:35La baisse de la natalité
58:37est historique en France
58:39pour la première fois
58:40depuis 1945.
58:41Il y a eu, en 2025,
58:43plus de décès
58:44que de naissances,
58:45un phénomène appelé
58:46à durer.
58:47Pour retrouver cette émission,
58:48rendez-vous sur notre site internet
58:50publicsénat.fr.
58:52Très bonne journée
58:52sur Public Sénat.
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