- il y a 10 heures
Manuel Bompard, coordinateur et député de La France Insoumise, était l’invité du Face à face sur RMC et BMFTV.
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00:00TV, bonjour Jean-Manuel Bompard, merci d'avoir accepté de répondre à mes questions ce matin.
00:03Vous êtes le coordinateur de la France Insoumise, le patron quoi,
00:06et vous êtes également député de la France Insoumise des Bouches-du-Rhône.
00:09Nombreuses questions à vous poser sur l'état de la France,
00:12le budget qui a finalement été adopté malgré vos motions de censure,
00:15mais une question d'abord sur les réquisitions à l'encontre de Marine Le Pen hier.
00:19Une peine de 5 ans d'inéligibilité, 4 ans d'emprisonnement, dont 3 avec sursis,
00:24la possibilité d'aménager la partie ferme sous bracelet électronique,
00:27100 000 euros d'amende, voilà ce qui a été réclamé hier par le parquet général.
00:33A l'époque de la première condamnation, Jean-Luc Mélenchon avait déclaré
00:36que la décision de destituer un élu devait revenir au peuple, sous-entendu pas au juge.
00:43Le dites-vous encore aujourd'hui ?
00:45Ce que nous disions à l'époque, à l'époque du procès en première lecture,
00:49en quelque sorte, en première instance, pardon, première lecture c'est pour les textes,
00:52c'est qu'une décision aussi grave que celle qui consiste à déclarer une potentielle candidate
00:58à l'élection présidentielle inéligible, de notre point de vue, ne pouvait pas être prise
01:02sans que l'ensemble des voies de recours judiciaires puissent être invoquées.
01:07Là, en l'occurrence, Mme Le Pen a eu quand même la possibilité d'avoir un procès en appel
01:12qui se tient avant l'élection présidentielle.
01:14Si elle n'est pas satisfaite des modalités du jugement, elle a le pouvoir de se pourvoir
01:19en cassation, comme on dit.
01:20On sait d'ores et déjà, en tout cas, c'est des informations qu'on a eues, que cette
01:23éventuelle instruction en cassation aurait lieu aussi avant l'élection présidentielle.
01:28C'est vrai, vous avez raison.
01:30Mais voilà, il me semble que du point de vue de ce qu'on pouvait, en quelque sorte,
01:34les éléments sur lesquels on pouvait être prudent après le jugement en première instance,
01:39nécessitant la possibilité d'un recours, il me semble que Mme Le Pen, d'un certain point de vue,
01:43peut être rassurée du fait qu'elle a eu le droit à ses différentes voies de recours.
01:47Vous estimez que la justice, là, ne prend pas la place du peuple ?
01:54Bien sûr que quand vous avez une peine d'inéligibilité, ça empêche une candidate ou un candidat
02:00à une élection de pouvoir se présenter.
02:02Et moi, je préfère toujours que ce soit le peuple qui dise son dernier mot.
02:05Mais là, en l'occurrence, on parle quand même de faits qui sont des faits extrêmement graves.
02:09On parle d'étournements qui se chiffrent à 4 millions d'euros.
02:13C'est des sommes qui sont des sommes considérables.
02:16Moi, je suis très attaché au fait que les voies de recours puissent être engagées.
02:20Et là, il me semble que les voies de recours ont été engagées.
02:22Les voies de recours engagées.
02:23La question de l'inéligibilité avec une application immédiate,
02:27ce qu'on appelle l'exécution provisoire,
02:29est-ce que vous considérez, au-delà de la question de Marine Le Pen,
02:31qu'il ne faut pas que ça existe ?
02:33C'est-à-dire, est-ce que vous considérez que cet outil,
02:36qui en effet fait que certains politiques pourraient ne pas pouvoir se présenter de manière immédiate,
02:40malgré un appel ou un pourvoi en cassation ?
02:44Est-ce que ça, vous considérez qu'il faut le supprimer des textes ?
02:47Ça mérite débat, parce que je sais que l'exécution provisoire,
02:50elle est parfois mise en place sur certaines peines,
02:53dans lesquelles on considère que,
02:55même s'il y a une possibilité de faire un appel,
02:57c'est dangereux pour la société que la personne puisse rester en liberté.
03:02Mais il faut toujours proportionner ce type d'éléments,
03:05parce que le principe de la justice, c'est qu'une fois qu'on a été jugé une fois,
03:08on doit pouvoir faire un appel.
03:09C'est comme ça qu'on peut être sûr, à la fin,
03:11en quelque sorte, que la décision judiciaire,
03:13elle s'appuie et elle a été prise par des personnes différentes.
03:16C'est quelque chose de très important.
03:17Donc moi, je trouve que la question de l'exécution provisoire,
03:19elle doit être vraiment réduite à des cas très particuliers,
03:22qui sont des cas où il y a une gravité...
03:24Il me semble, en tout cas, je trouve que ça mérite vraiment un débat.
03:28Mais là, en l'occurrence, je fais remarquer quand même
03:31que Mme Le Pen et le Rassemblement national a beaucoup critiqué la décision,
03:34y compris dans des termes qui étaient vraiment des termes extrêmement agressifs et violents,
03:38après le jugement en première instance.
03:40A l'époque, ils disaient c'est scandaleux qu'il y ait eu l'exécution provisoire.
03:44Mais là, en l'occurrence, puisqu'il y a le jugement en appel,
03:46je considère que leur argument, si vous voulez, il est tombé.
03:48Cet argument-là, pour vous, est tombé.
03:49Emmanuel Bompard, le Premier ministre, Sébastien Lecornu,
03:53s'adressant à vous et au RN, d'ailleurs, a dit
03:56« Vous aurez devant l'histoire à en répondre »
03:59à propos du fait que vous avez tenté de ne pas faire aboutir ce budget.
04:04L'avez-vous seulement lu, ce budget ?
04:06Vous avez même demandé Sébastien Lecornu.
04:07Ah oui, je l'ai lu, moi. Moi, je l'ai lu.
04:09Et donc, je sais que dans ce budget, il y a, par exemple,
04:124000 postes d'enseignants qui sont supprimés.
04:14J'ai lu ce budget, donc je sais qu'il y a 3000 postes de surveillants qui sont supprimés.
04:18J'ai lu ce budget, donc je sais que, par exemple,
04:20on va supprimer les aides pour le logement pour les étudiants étrangers.
04:26J'ai lu ce budget, donc je sais, par exemple,
04:28qu'à l'intérieur, on va supprimer un crédit d'impôt pour les personnes âgées
04:31quand elles ont besoin de faire des travaux, vous savez,
04:33pour pouvoir rester à domicile, quand on a besoin d'adapter sa douche,
04:35par exemple, parce qu'on commence à être âgé
04:37et qu'on a un problème pour utiliser sa salle de main.
04:39Vous voyez, moi, j'ai lu ce budget,
04:41que je sais que, par exemple, on va y retirer la prime de Noël
04:44pour une partie des personnes qui sont allocataires du RSA.
04:48Et contrairement à ce que dit le gouvernement, qui dit que ce n'est pas vrai,
04:50eh bien, regardez dans les textes et regardez dans les amendements.
04:52Et dites-moi pourquoi le montant qui est alloué à la prime de Noël
04:55pour les allocataires du RSA a bien été diminué par deux.
04:59Vous voyez, moi, je l'ai lu.
05:00Peut-être, je ne sais pas si M. Lecornu l'a lu, mais moi, je l'ai lu.
05:02Je l'ai lu précisément.
05:03Et je sais que ce budget, il va faire beaucoup de mal pour notre pays.
05:06Je l'ai lu aussi, pardon, je ne veux pas faire toute la liste,
05:08parce qu'il y a beaucoup de choses dans le budget.
05:09Mais allez-y, allez-y, c'est le moment.
05:10Mais je sais que, contrairement à ce qu'a dit M. Lecornu,
05:13qui a menti sur ce sujet, le fonds vert,
05:15c'est-à-dire les fonds qui sont alloués aux collectivités locales
05:17pour des projets de transition écologique,
05:19ils baissent par rapport à l'année dernière.
05:21Et ce qu'on appelle les crédits alloués à la rénovation,
05:23ma prime rénove, le dispositif qui est alloué
05:25pour les gens qui organisent la rénovation thermique ou énergétique de leurs bâtiments,
05:29ils baissent par rapport à l'année dernière.
05:30Vous voyez, M. Lecornu, je ne sais pas, peut-être que lui, il l'a bien lu,
05:34mais c'est plus grave s'il l'a bien lu,
05:35parce que non seulement il l'a lu et après il a menti.
05:36– Est-ce que vous estimez que le Parti Socialiste est fait avoir ?
05:39– Évidemment, écoutez, le Parti Socialiste, au mois de septembre,
05:42Mme de Malherbe, je vous invite à faire ce travail.
05:45Ils ont présenté leur contre-budget.
05:47Et forcément, au début d'une discussion budgétaire,
05:49quand vous présentez votre contre-budget,
05:50c'est une base de négociation.
05:52Il y avait 20 mesures qui concernaient soit des nouvelles recettes,
05:56soit des investissements que le Parti Socialiste considérait utiles.
05:59Est-ce que vous savez, Mme de Malherbe,
06:00combien, dans le budget de M. Lecornu, il y a parmi ces 20 mesures ?
06:03Je vais vous répondre.
06:03Vous savez combien ? Zéro.
06:05– Donc ils n'ont obtenu aucune des mesures de leur contre-budget ?
06:10– Pas les mesures de nouvelles recettes ou d'investissements indispensables,
06:14type les transports en commun, la transition écologique,
06:16que eux considéraient comme étant la priorité.
06:18– Mais pourquoi ils ont accepté ce budget ?
06:19– Posez-leur la question, moi je ne suis pas parti socialiste,
06:21mais manifestement, ils avaient tellement peur
06:25que des élections législatives puissent avoir lieu,
06:28qu'ils ont été prêts à tout accepter.
06:30– Mais il y a des points sur lesquels ils sont extrêmement fiers
06:32d'avoir obtenu des choses.
06:33Un des derniers, c'est le repas à 1 euro pour les étudiants.
06:37– Alors vous savez, je veux dire deux choses sur ça.
06:39D'abord, l'année dernière…
06:41– C'est bien dans le budget ça ?
06:42– Oui, oui, oui, oui.
06:43Attendez, c'est bien dans le budget, mais on va rentrer dans les types.
06:45Vous savez, dans le budget, il faut regarder,
06:46c'est comme les contrats d'assurance, il faut regarder un petit peu les astéris.
06:49D'abord, c'est une proposition qui a été votée l'année dernière à l'Assemblée nationale.
06:55À l'unanimité, il y a eu juste les macronistes qui se sont abstenus.
06:58Donc c'est un peu gonflé d'expliquer que maintenant, il faut remercier le gouvernement
07:00de mettre en place des choses qui sont votées à l'Assemblée nationale.
07:02Mais surtout, moi, en tant que député, depuis qu'il y a eu cette annonce,
07:06je reçois des mails des Crous qui disent, attendez, on a un problème.
07:09C'est qu'il y a eu cette annonce qui a été faite,
07:11mais les moyens qui nous sont alloués sont en baisse par rapport à l'année précédente.
07:15Donc on ne voit pas comment on va pouvoir la mettre en œuvre, cette mesure.
07:17Donc en fait, on leur dit qu'ils auront ça, mais ils n'ont pas les sous qui vont...
07:19Je ne sais pas comment ils vont faire, ou alors ils vont devoir couper ailleurs.
07:22Parce que les budgets de la vie étudiants, ils baissent.
07:24Donc vous voyez, c'est beaucoup, beaucoup, beaucoup d'entourloupes.
07:27Et moi, je pense que les entourloupes, ça suffit maintenant.
07:29Et que le Parti Socialiste assume une très lourde responsabilité
07:32en maintenant le gouvernement au pouvoir, en laissant passer ce budget
07:35qui est, je crois, avoir donné un certain nombre d'éléments
07:37qui montrent à quel point il est problématique.
07:39Et puis en laissant un gouvernement en place qui met une politique,
07:41et une politique que l'on combat.
07:43D'ailleurs, vu que le PS avait fait un communiqué
07:44contre les suppressions de 4000 postes d'enseignants.
07:47Ah bah très bien, mais si vous êtes contre, il fallait censurer le gouvernement.
07:50C'est plus simple, ça évite que ça ait lieu.
07:52Donc il va y avoir des élections municipales le 15 et le 22 mars.
07:55Et ça va être aussi l'occasion de sanctionner
07:58toutes celles de ceux qui ont laissé passer ce budget.
08:00J'y viens au municipal dans un instant,
08:01mais une question aussi sur les documents de l'affaire Epstein.
08:05Je reçois dans un peu plus d'une demi-heure sur BFM TV Jack Lang
08:08qui dit assumer les liens établis avec Jeffrey Epstein lui-même et sa fille.
08:15Vous demandez une commission d'enquête ?
08:16Oui, je pense que c'est nécessaire.
08:18C'est une proposition que notre groupe a formulée.
08:20Je pense que le mieux, c'est qu'elle soit transpartisane.
08:23Nous, on propose à co-signature aux autres parlementaires.
08:27Parce que les révélations, et notamment les dernières révélations,
08:29les documents qui ont été révélés,
08:31ils posent un certain nombre de questions qui sont des questions légitimes.
08:34D'abord, il y a un certain nombre de personnalités qui sont citées à l'intérieur.
08:37Alors moi, je ne suis pas juge, je ne suis pas procureur.
08:39Le seul pour lequel, alors il y a des millions...
08:40Mais il faut qu'il y ait des enquêtes.
08:42Il y a des millions de documents.
08:43Et donc effectivement, les enquêtes sont toujours en cours.
08:45Mais le seul, semble-t-il pour l'instant, qui ait reçu de l'argent
08:48et qui ait eu des liens aussi avérés, c'est Jack Lang.
08:52Les autres, c'est des noms qui sont cités,
08:53mais parfois même dans des articles qui sont partagés sur les mails.
08:57Je pense qu'il faut qu'il y ait un travail d'enquête.
08:58En tout cas, vous estimez que cette commission d'enquête doit pouvoir faire ce travail ?
09:00Mais bien sûr, pour que la vérité puisse être faite.
09:03Et puis je rappelle quand même qu'il y a en quelque sorte deux volets.
09:05D'abord, il y a l'affaire sordide, ignoble de trafic de mineurs,
09:11de crimes sexuels, de pédocriminalités.
09:14Et il y a donc des victimes.
09:15Et potentiellement des victimes en France.
09:18Et donc il est quand même légitime qu'on rende justice à ces éventuelles victimes.
09:21Jack Lang répondra tout à l'heure, mais il dit lui-même,
09:23j'ai souvent vu Jeffrey Epstein accompagné, dit-il, de jolies femmes.
09:27Il dit qu'elle n'avait pas l'air mineure, mais en effet, au minimum, il avait cette...
09:34Et ça, c'était dans Paris.
09:35– Ça, c'était lorsqu'il l'a vu à Paris.
09:37– Donc c'est quand même la moindre des choses de rendre justice à des personnes qui ont été victimes.
09:41Et puis il y a un deuxième volet qui n'est évidemment pas de même nature,
09:44mais qui pose question aussi, qui est des noms qui sont cités,
09:48peut-être des risques d'ingérence étrangère dans des processus électoraux.
09:52Et ça aussi, on doit pouvoir faire une enquête sur ce sujet.
09:55Et je veux dire deux choses, parce que parfois, quand on dit ça, on me dit,
09:57oui, mais le complotisme, le complotisme.
09:59Si on veut éviter qu'il y ait du complotisme,
10:01il faut avoir des procédures qui permettent de faire la vérité.
10:04Et puis, deuxième chose, là où je mets en garde,
10:06je lis sur les réseaux sociaux des commentaires antisémites,
10:09avec des formules issues d'une vision de la société,
10:14du type le complot, vous voyez ce que je veux dire ?
10:17– De quoi, le complot judéo-médiaque ?
10:18– Voilà, des gens qui disent des choses comme ça,
10:19donc je leur dis, attention, pas ça, pas ça.
10:23On peut faire la vérité sur ce qui s'est passé,
10:26mais ce n'est pas en raison de la confession ou de l'origine d'une personne.
10:29Je pense que c'est important de le dire, madame de Malherme.
10:31– Non, mais je vois des commentaires sur les réseaux sociaux.
10:33– C'est peut-être sur les fils que vous, vous suivez.
10:35– Non, non, pas sur les fils que moi je suis.
10:36Enfin, si vous ignorez qu'il y a autour de ces révélations de documents
10:40de l'affaire Epstein, des gens qui en profitent
10:44pour faire valoir une vision de la société antisémite,
10:46c'est qu'on n'a pas regardé la même chose.
10:48Donc je me permets de mettre en garde sur ce sujet,
10:51ça me paraît important de le faire.
10:52– Mais tout à fait, manuellement, pas.
10:53Les municipales, vous le disiez,
10:55alors quand on interroge les Français,
10:57leur priorité désormais, c'était jusqu'à présent le pouvoir d'achat,
11:01c'est désormais la sécurité.
11:02Sur ce point-là, qu'est-ce que vos candidats apportent comme réponse ?
11:05– Une rupture avec la doctrine,
11:07qui est celle qui est à l'œuvre aujourd'hui
11:09dans l'essentiel des communes et qui ne fonctionne pas.
11:12Madame de Malherme, est-ce que vous savez
11:13quelles sont les deux villes qui sont les plus vidéos-surveillées en France ?
11:16– Je vais vous répondre.
11:16– Je crois qu'il y a Nice.
11:17– C'est Nice la première et c'est Nîmes la deuxième.
11:20À Nice, il y a eu ces dernières années une augmentation de 70%
11:22des délits liés au trafic de drogue,
11:24c'est à peu près dans les mêmes proportions à Nîmes.
11:26Donc moi, je veux bien qu'on me fasse croire
11:27que ce sont ces recettes-là qui fonctionnent,
11:30mais je ne le pense pas du tout.
11:32Donc nous, ce que nous défendons,
11:34c'est évidemment qu'il faut prendre en compte
11:36cette question de la sécurité.
11:37– Pas de vidéosurveillance ?
11:37– Non, je ne dis pas pas de vidéosurveillance,
11:38ça veut dire qu'on fait un moratoire
11:39et on met les moyens dans de la présence humaine,
11:44dans des effectifs de prévention,
11:46dans des effectifs qui garantissent la tranquillité publique.
11:49À chaque fois que vous mettez quatre caméras,
11:51vous pouvez mettre un effectif humain.
11:52Eh bien moi, je préfère mettre un effectif humain.
11:54Et j'assume sur ce sujet d'être en rupture
11:57avec les positions qui sont défendues
11:59par un certain nombre de municipalités,
12:01pas pour des raisons idéologiques,
12:02mais parce que ça ne fonctionne pas.
12:03– Vous avez vu que certains qui partageaient totalement
12:04votre point de vue lorsqu'ils ont été élus,
12:06je pense au maire de Bordeaux ou au maire de Lyon,
12:08ont aujourd'hui évolué sur cette question-là ?
12:10– Eh bien je pense qu'ils se trompent,
12:12je pense qu'ils font une erreur et une maladresse.
12:14Alors évidemment, il ne faut pas faire n'importe quoi,
12:16je ne vous dis pas qu'au lendemain,
12:17vous allez tout supprimer,
12:18mais il faut faire monter en puissance
12:20un travail de prévention, un travail de tranquillité,
12:22un travail de présence sur le terrain,
12:24faire en sorte que dans nos quartiers,
12:26dans toutes nos villes,
12:28il y ait des services publics,
12:29il y ait des commerces, qu'il y ait de la vie,
12:30c'est comme ça qu'on garantit la sécurité
12:32et la tranquillité publique.
12:34Et donc nous on assume d'avoir une vision,
12:36qui est une vision différente de celle des autres,
12:38mais je pense qu'elle serait plus efficace.
12:40– À partir de quelles nuances,
12:41de couleur de peau, noire ou marron ou de je ne sais quelle couleur,
12:46vous considerez que c'est ok d'être élu ?
12:48– Quelle que soit sa couleur de peau,
12:50c'est ok d'être élu,
12:51je ne comprends pas pourquoi vous posez cette question.
12:53– Je pose cette question parce que j'ai lu
12:54les propos de différents candidats,
12:57la France insoumise,
12:58qui disent qu'il faut élire un racisé,
13:01parce qu'il faut désormais représenter
13:03le réel peuple de France
13:05qui doit reprendre le pouvoir.
13:07Je lis les propos de Daniel Obono,
13:08qui dit à propos de la fête de l'Huma,
13:10que c'est une fête de blancs,
13:12et que d'ailleurs finalement ça ressemble
13:14à des amphis de la France insoumise,
13:16et ça lui fait honte.
13:17– Écoutez, Apolline de Malherbe,
13:19il y a une question qui nous est posée,
13:21est-ce qu'on considère aujourd'hui
13:22que notre classe politique,
13:24elle est représentative de la population française
13:26dans toutes ses dimensions ?
13:28Ses dimensions sociales,
13:29ses dimensions de genre,
13:30ses dimensions d'origine.
13:32Est-ce qu'on considère ça ?
13:33Je ne pense pas.
13:34Quand vous savez que,
13:35de mémoire,
13:35il y a à peu près 80% des mères en France
13:38qui sont des hommes,
13:39et seulement 20% qui sont des femmes,
13:40alors que 50% de la population
13:42sont des femmes.
13:43– Mais de quoi vous leur êtes-vous ?
13:45– Mais moi je suis blanc,
13:46il n'y a pas de blancs ou de couleur de peau.
13:48– Mais vous êtes le patron de la France insoumise,
13:49avez-vous déjà songé à laisser votre place ?
13:50– Mais attendez,
13:51Apolline de Malherbe,
13:52s'il vous plaît,
13:53je vais vous dire les choses très importantes.
13:54– Non, non, mais je vous pose la question,
13:55est-ce que vous avez,
13:55lorsque vous avez l'Utah,
13:56– Franchement, vous ne devriez pas venir,
13:57vous ne devriez pas négliger
13:59un problème qui pose un problème,
14:01– Je ne néglige pas ce problème,
14:02je me dis que si c'est la couleur de peau
14:06qui justifie,
14:07effectivement qui est aujourd'hui
14:09l'argument principal pour faire élire
14:11un maire ou un député ou quoi,
14:15je m'inquiéterai à votre place.
14:17– Oui, moi je m'inquiéterai à votre place
14:18si vous avez compris ça de mon discours,
14:19parce que je crois que jusqu'avant…
14:20– Non, non, pas du vôtre,
14:20pas du vôtre,
14:21mais d'un certain nombre de vôments.
14:23– Du nôtre,
14:24parce que je crois que depuis tout à l'heure
14:25on a parlé de fond,
14:26donc c'est d'abord
14:27quand on vote aux élections municipales,
14:28on vote d'abord pour un programme,
14:29pour des propositions,
14:31ensuite avoir comme souci et comme préoccupation,
14:33et oui, moi j'ai ce souci et cette préoccupation,
14:35de faire en sorte que nos élus
14:37soient davantage représentatifs
14:38de la population française,
14:39je ne vois pas pourquoi
14:40ça devrait déclencher des cris d'enprès.
14:41– Vous êtes élu de Marseille ?
14:42– Oui, je suis élu de Marseille,
14:44et moi je suis très fier.
14:44– Vous êtes élu de Marseille,
14:45vous êtes né, je crois, dans la Loire,
14:48vous avez grandi dans la Drôme,
14:49quelle est votre légitimité
14:51en termes de représentation ?
14:52Puisque désormais,
14:53pour la représentation,
14:53il faut venir d'un terreau.
14:56– Peut-être que j'ai été élu
14:57la dernière fois en 2024
14:58au premier tour de l'élection législative
15:00avec plus de 70% des voix,
15:02peut-être que ça me donne
15:03une certaine légitimité, Mme Demalard,
15:05qu'est-ce que vous en pensez ?
15:06– Oui, très bien,
15:07mais je ne suis pas en train de vous dire
15:08que du jour au lendemain,
15:10il va falloir remplacer tous les élus,
15:11ce n'est pas ce que je vous dis.
15:12Je vous dis qu'il me semble
15:13que c'est légitime
15:14d'avoir une importance particulière
15:17qui est attachée,
15:17et nous c'est ce qu'on fait
15:18à la France Insoumise,
15:19je l'assume,
15:19à faire en sorte d'essayer
15:20de présenter des candidates
15:21et des candidats
15:22qui soient davantage représentatifs
15:23de la population française.
15:24– Ce qui m'intéresse,
15:24c'est presque philosophique,
15:24Manuel Bopard.
15:25– Moi aussi, c'est très philosophique.
15:26– Tout à fait.
15:27Lorsque Rima Hassan dit
15:29cette époque du porte-parole-là
15:31est révolue,
15:32c'est-à-dire désormais,
15:34vous ne parlerez pas en notre nom,
15:36dit-elle,
15:36les porte-paroles ne peuvent plus
15:39être des voix et des visages
15:40qui ne soient pas incarnés.
15:42Encore une fois,
15:43je vous pose la question,
15:44combien de temps allez-vous
15:45rester à la tête de la France Insoumise ?
15:46– Mais c'est d'abord,
15:47c'est les militantes et les militants
15:48de la France Insoumise
15:49qui le décident,
15:50mais ce n'est pas le sujet,
15:50je veux dire,
15:51Rima Hassan,
15:51elle n'a pas remis en cause.
15:52– Qu'il décide parce qu'il ne se trouve
15:53qu'il n'y a pas de vote.
15:53– Mais si, il y a un vote.
15:54– Donc en plus,
15:55ce n'est pas qu'il décide,
15:56on ne croit pas bon.
15:56– Mais Rima Hassan,
15:58elle n'a pas remis en cause,
15:59par exemple, ma présence,
16:00elle a remis en cause
16:01le fait que la classe politique
16:03aujourd'hui n'est pas suffisamment
16:04représentative de la population
16:05telle qu'elle est.
16:06– La question, c'est
16:06pouvez-vous parler ?
16:07– Vous voulez faire en sorte
16:10qu'il y ait une forme de peur
16:10morale sur ce sujet ?
16:12– Non, ce qui m'intéresse,
16:12c'est pouvez-vous parler
16:14désormais en leur nom ?
16:15– Mais je parle…
16:22– La politique, c'est l'idée
16:23justement, précisément,
16:24qu'à un moment,
16:25on considère qu'un élu
16:26nous représente tous.
16:28Qu'on ait voté pour lui ou pas.
16:29– Vous avez tout à fait raison.
16:30– Qu'on partage ses idées ou pas.
16:31Mais désormais, la question,
16:32lorsque Sébastien Delogu
16:35dit désormais,
16:36il faut élire un racisé
16:38parce que le peuple réel de France
16:40doit reprendre le pouvoir.
16:42Lorsque Daniel Obono dit
16:43la fête de l'humain…
16:44– J'ai compris, vous pouvez
16:44en repère les citations,
16:45mais vous les avez déjà dites une fois.
16:47Mais non, parce que le problème,
16:49c'est que vous prenez des propos,
16:50vous les sortez d'un contexte
16:51et vous essayez de leur faire dire autre chose.
16:53Attendez, Apolline de Malherbe,
16:54ce que je dis, c'est très simple.
16:56Ce que je dis, c'est très simple.
16:57Ce que je dis, c'est que nos élus
16:58ne sont pas suffisamment représentatifs
16:59de la population
16:59et qu'ils doivent l'être davantage.
17:01Après, moi, quand je suis élu,
17:02je porte la parole
17:03de l'ensemble des électrices
17:04et des électeurs de ma circonscription,
17:06quelle que soit leur couleur de peau,
17:06quelle que soit d'ailleurs,
17:07y compris leur opinion politique.
17:08– Mais qu'est-ce qui est le plus important ?
17:08Ce qu'on est de naissance
17:11ou ce que l'on devient ?
17:12– Mais vous pouvez comprendre,
17:13vous devez pouvoir comprendre, je pense,
17:14que quand on est français…
17:17– Doit-on être réduit à notre origine,
17:21à notre couleur de peau,
17:22à notre religion ?
17:23– On n'est pas réduit à ça,
17:24mais quand la classe politique
17:26apparaît comme étant complètement décalée
17:28par rapport à la société
17:30dans laquelle on est…
17:30– Mais croyez-vous en la liberté, Emmanuel Monde ?
17:31– Je crois en la liberté…
17:32– A la liberté de penser contre ce que l'on est
17:34ou ce qu'on est,
17:35ou ce qu'étaient nos parents ?
17:36– Mais tout à fait, Apolline de Malherbe,
17:39mais comprenez aussi
17:40qu'il y a toute une partie
17:41de la population française aujourd'hui
17:43qui ne se sont pas représentées
17:44par la classe politique
17:45telle qu'elle est aujourd'hui.
17:46Et si vous voulez répondre
17:47à cette fracture politique
17:48et démocratique,
17:49vous devez aussi travailler
17:50à faire en sorte
17:51que la classe politique
17:53soit davantage représentative.
17:54Par exemple, regardez,
17:56il n'y a pas suffisamment
17:56d'ouvriers à l'Assemblée nationale,
17:58il n'y a pas suffisamment
17:59d'employés à l'Assemblée nationale
18:00et pourtant, je ne considère pas
18:01qu'un ouvrier va représenter
18:02que les ouvriers
18:03de sa circonscription.
18:04Donc évidemment que c'est un sujet,
18:06une préoccupation qui est décidive pour moi.
18:07– Vous le savez,
18:07sur une plateforme
18:07qui s'appelle
18:08la Librairie africaine,
18:08j'ai écouté plusieurs
18:09de leurs podcasts
18:10et votre monsieur Bilingo
18:12qui est l'un de vos députés
18:14qui est lui-même candidat
18:15et la Librairie africaine
18:16avait ensuite,
18:17la semaine d'après,
18:18invité une femme
18:18qui disait,
18:19elle était de couleur noire
18:20et elle disait
18:20faire des bébés avec un blanc,
18:21ça fait des métis
18:22et au fur et à mesure
18:23ça élimine les noirs,
18:24ça lui posait problème.
18:25– Franchement,
18:26Madame Neuvala,
18:26vous n'avez pas à m'interroger
18:27sur on est allé quelque part
18:28et une semaine plus tard
18:29il y a quelqu'un d'autre
18:30parce que,
18:31excusez-moi,
18:31mais je suis à votre micro,
18:32avant vous avez invité
18:33un certain nombre d'invités
18:34qui ont tenu des propos
18:35qui me dérangent beaucoup.
18:35– C'est une question philosophique
18:36parce que quand on commence
18:36à calculer à partir
18:37de quelle couleur de peau
18:38on est représentatif…
18:38– Mais franchement,
18:39c'est bizarre que vous,
18:40vous disiez ça.
18:41– Pourquoi justement ?
18:42Je pense au contraire
18:42à la liberté.
18:43– Oui, mais je vais vous dire
18:44par exemple,
18:45je pense que vous êtes,
18:46je me permets,
18:47je pense que par exemple
18:48vous trouvez bien
18:49qu'il y ait eu la parité
18:50en politique
18:51et qu'il y ait maintenant
18:52davantage de femmes
18:52que d'hommes
18:53et vous auriez pu m'utiliser
18:54les mêmes arguments
18:55il y a quelques années
18:56dans ces débats-là.
18:56– Sachez que j'ai toujours été
18:58justement pour la liberté de chacun.
18:59– Oui, mais en l'occurrence
19:00ce n'est pas fondamental.
19:01– Non mais je sais,
19:02mais ce n'est pas une remise
19:03en cause de la liberté de chacun
19:04de considérer que parfois
19:06il y a des mécanismes
19:06de domination
19:07qui existent dans la société
19:08qui font que par exemple
19:09les femmes sont moins engagées
19:11ou se présentent moins
19:11à une élection
19:12que les personnes
19:13issues de l'immigration
19:14ne peuvent moins
19:15se présenter à une élection.
19:16– Mais la question que je vous pose,
19:19c'est que j'en tire les conséquences
19:20tous les jours.
19:20Vous allez voir pour nos candidats
19:21tous nos candidats
19:22aux élections municipales
19:23où on fait un travail
19:24et c'est un travail
19:26qui remet en cause
19:27la liberté de personne
19:28pour faire en sorte
19:29que nos candidats
19:29et nos candidats
19:30soient davantage représentatifs
19:31de la population.
19:32– Manuel Bonfard,
19:33coordinateur de la France.
19:34– Je trouve que c'est un bon débat,
19:34c'est un débat intéressant.
19:35– Et c'est un débat philosophique
19:36que je suis très heureuse
19:37d'avoir eu avec vous.
19:39– Et je pense qu'on a pu
19:40peut-être le préciser.
19:41– Vous êtes député
19:42de Bougiourne,
19:42même si vous n'étiez pas...
19:43– C'est la dernière ligne droite
19:45pour s'inscrire
19:45sur les listes électorales aujourd'hui.
19:47Alors inscrivez-vous.
19:48Voilà.
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