00:007h46 en direct à la radio. A la télé, l'invité d'ici matin est Martine Sema, directrice de l'association Santé Relais Domicile à Toulouse.
00:07On parle chimio à domicile en cette journée mondiale contre le cancer. Elle est votre invitée Théo Cobel.
00:12Bonjour Martine Sema.
00:13Bonjour.
00:13Vous êtes aussi déléguée régionale de la Fédération Nationale des Établissements d'Hospitalisation à Domicile.
00:18A 35 000 nouveaux cas de cancer chaque année en Occitanie, on a une idée du nombre de patients qui bénéficient actuellement d'une chimio à domicile.
00:25Alors actuellement dans la région, il y a environ 700 patients par an qui bénéficient.
00:32Nous, sur notre structure Santé Relais Domicile, l'année dernière, on a soigné 214 patients pour lesquels on a assuré des chimiothérapies à domicile.
00:40Ça paraît très peu sur 35 000 nouveaux cas chaque année.
00:43C'est vrai. 35 000 c'est en France, donc dans la région forcément c'est moindre.
00:48C'est très peu parce que tout n'est pas éligible à la chimio à domicile.
00:52Il y a certaines molécules, il faut qu'elles soient stables.
00:54Donc elles durent que la chaîne du froid, le transport, permettent quand même de tenir quelques heures.
01:00Et puis il y a certaines molécules qui peuvent provoquer des problématiques aiguës chez des patients
01:05qui doivent rester du coup hospitalisés avec hébergement.
01:08Pour l'instant, c'est quel type de cancer qui peuvent bénéficier d'une chimio à domicile ?
01:12Alors les cancers hématologiques, le sémi, myélodysplasie, myélome.
01:16C'est l'essentiel, je dirais, également le mélanome sur des immunothérapies.
01:21Parce qu'on fait des chimiothérapies et des immunothérapies.
01:23Mais on pourrait faire plus que ce chiffre des 700 par an ?
01:26Oui, très certainement, parce que ça se développe.
01:29Certains établissements comme l'Oncopole le font depuis des années,
01:33avec nous en l'occurrence dans d'autres régions, d'autres structures,
01:37établissements autorisés pour le cancer le font aussi.
01:40Tous ne le font pas encore, donc ça se développe.
01:43Et de plus en plus de molécules sont éligibles à domicile aussi.
01:45Mais pourquoi ça prend autant de temps ?
01:46Parce que sur le papier, ça paraît quand même assez intéressant pour le patient,
01:49pour l'hôpital aussi qui est désengargé.
01:50Pourquoi il y a des freins actuellement, au-delà du fait que tous les cancers ne sont pas traités ?
01:55Alors, il faut lever les freins des médecins, peut-être des oncologues,
01:58qui des fois ont besoin de sentir le patient, de l'avoir à côté d'eux pour être rassuré.
02:03Il y a des craintes ?
02:04Oui, voilà.
02:04Donc c'est vraiment un travail de partenariat entre l'établissement autorisé,
02:07le médecin et l'HAD pour donner confiance aux médecins.
02:10Alors justement, ça se passe comment une chimio à domicile ?
02:13Donc une chimio, au départ, il y a une demande effectivement du médecin oncologue.
02:18Nous, nos infirmières vont aller rencontrer le patient pour expliquer comment ça va se passer,
02:22recueillir les données, s'assurer de l'éligibilité.
02:25Et ensuite, on va organiser le traitement.
02:29On va commander la chimiothérapie à la pharmacie de l'oncopole,
02:32qui va être transportée dans des conditions, bien sûr, pour préserver le produit.
02:36Et notre infirmière va aller chez le patient, comme on l'a vu dans le reportage tout à l'heure,
02:41aller chez le patient pour injecter le produit et faire la surveillance,
02:44quelques temps, rester un moment auprès du patient pour s'assurer que tout va bien.
02:48Oui, justement, comment on s'assure qu'il n'y ait pas de réaction sur le moment,
02:51ou même sur les minutes, les heures qui peuvent suivre ?
02:54Alors déjà, la première cure, elle est toujours faite en hospitalisation,
02:57pour s'assurer qu'il n'y aura pas de problématiques pour le patient.
03:00Donc il y a déjà cette gestion de risque qui est faite.
03:03Et ensuite, l'infirmière, elle va prendre les signes cliniques,
03:05que rester avec le patient au moins une demi-heure, ça dépend des protocoles.
03:09Sur certaines chimios, elle va rester plus longtemps pour prendre les signes cliniques du patient
03:13et s'assurer que tout va bien.
03:14Et ils vous disent quoi, les patients ?
03:15Ils vivent mieux la chimiothérapie quand elle se passe à la maison ?
03:18Ah oui, oui, oui, c'est vrai qu'il y a une demande grandissante des patients,
03:22ils sont chez eux, ils peuvent profiter de leur jardin,
03:25de regarder la série en même temps ou avant-après, ils sont avec leurs proches.
03:30Ça aide à mieux supporter une chimio ?
03:32Oui, oui, parce que la maladie va être moins présente.
03:35Je dirais qu'il y a moins de fatigue aussi sur les allers-retours.
03:38Et nous, on leur demande et ils nous disent qu'on se sent en sécurité,
03:42on se sent de bonne main.
03:43Et c'est vrai que de toute façon, c'est aussi sécurisé qu'un établissement classique.
03:47Je pense peut-être à nos auditeurs qui nous écoutent et qui sont peut-être atteints d'un cancer,
03:50à un mot, ils doivent se tourner vers qui ?
03:51S'ils veulent savoir s'ils peuvent bénéficier d'une chimio à la maison ?
03:54Vers leur oncologue.
03:55Il faut qu'ils leur demandent directement.
03:57Vous avez 5 sourds à leur dire.
03:58Merci beaucoup Martine Sema.
04:00Je rappelle que vous êtes la directrice de l'association Santé Relais à domicile à Toulouse.
04:04Vous qui accompagnez justement pour la mise en place de ces chimios à domicile.
04:07Merci beaucoup.
04:07Avec plaisir.
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