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  • il y a 7 minutes
Antoine Valentin, candidat UDR-RN de 33 ans, a remporté ce dimanche 1er février au second tour la législative partielle de la troisième circonscription de Haute-Savoie, où il a obtenu 59,1% des suffrages exprimés, selon les résultats officiels provisoires. C'est la première fois que l'extrême droite gagne un siège de député en Haute-Savoie.

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Transcription
00:00Yves Tréhard, on va parler de législative, car il y avait hier une législative partielle du côté de la Haute-Savoie.
00:05La droite LR, les Républicains, ont perdu cette législative et c'est pour vous le signe, je vous cite, d'une décomposition avancée.
00:14Vous avez raison de me citer. Vous ne prenez pas trop de risques quand même.
00:17C'est quand même, oui, alors on est effectivement en Haute-Savoie, troisième circonscription, plateau d'Aiguillière, grand, grand, grand, grand, grand lieu de la Résistance.
00:24Et c'est une circonscription qui, depuis très longtemps, était dans les mains de la droite, la droite traditionnelle, la droite républicaine.
00:31Et là, le candidat présenté par l'UDR, c'est-à-dire le parti de M. Ciotti, qui est allié au Rassemblement National, a écrasé, si vous me permettez, le match.
00:42Il s'appelle donc Antoine Valentin et il a gagné par 59% des mois, des suffrages exprimés, donc 41% pour son adversaire, qui était Christophe Fournier,
00:54qui n'était pas le sortant, qui remplaçait la députée sortante qui avait démissionné.
01:00Et ce qu'il faut ajouter quand même, c'est toujours important, 65% d'abstention.
01:05Oui, mais le résultat est là à la fin.
01:06C'est toujours à peu près comme ça.
01:08Il y a deux tiers d'abstention, mais le résultat, il vaut quand même.
01:10Exactement. Alors pourquoi ?
01:11Alors la première chose, c'est que vous savez, on a beaucoup parlé du Front Républicain quand il y a eu la dissolution, après la dissolution.
01:19Là, pas de Front Républicain, puisque le gagnant a gagné, c'est le cas de le dire, 5000 voix entre le premier et le deuxième tour,
01:30alors que l'ensemble des partis de gauche avaient dit Front Républicain.
01:34Donc ça n'a pas marché, et il a sans doute aussi gagné des voix de la droite, parce que regardez la sénatrice, qui est une sénatrice de Haute-Savoie,
01:46regardez ce message, l'adresse LR de Savoie.
01:49J'adresse mes chaleureuses félicitations républicaines à Antoine Valentin, le vainqueur donc.
01:54On se connaît depuis quelques années, la plupart des gens qui sont à l'UDR, le parti de M. Ciotti, aujourd'hui, étaient avant dans ma famille politique,
02:02c'est-à-dire chez les LR, je partage avec eux de nombreuses valeurs.
02:06Si ça, ça ne veut pas dire que...
02:08Donc elle se félicite de la victoire de son adversaire.
02:11Alors, effectivement, elle se félicite, en fait, et effectivement, que le rapport de force, aujourd'hui,
02:17eh bien, il est plutôt du côté de la droite de la droite que de la droite, et c'est M. Ciotti, évidemment, qui s'en réjouit.
02:24Il a posté un message hier, chaque jour qui passe, l'UDR remplace LR partout en France.
02:32– Et pourtant, on ne peut pas dire, Yves, que les cassiques des Républicains n'aient pas mouillé le maillot.
02:38Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez sont venus ensemble soutenir le candidat LR.
02:43– Exactement. Alors que le vainqueur, Antoine Valentin, n'a reçu personne,
02:47il ne voulait pas de figure du Rassemblement National ni de l'UDR.
02:51En revanche, Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez, qui sont les frères ennemis, on va dire,
02:58eh bien, sont venus le soutenir.
02:59Et pourquoi ? Eh bien, c'était une très mauvaise idée, je vais vous dire, sans doute.
03:03Pourquoi ? Parce que, comme les Français ne sont pas idiots, et les électeurs LR non plus,
03:09ils se sont dit, mais attendez, c'est quand même bizarre, ils viennent chercher des voix,
03:12alors qu'ils sont ennemis. Pourquoi ils sont ennemis ?
03:15On l'a vu à l'occasion de la discussion budgétaire.
03:18M. Retailleau était plutôt pour, eh bien, voter la censure, mais il est sénateur, donc voilà.
03:23Voter la censure, enfin, contre toutes les mesures qui ont été adoptées par les...
03:27par M. Lecornu, alors que la philosophie de Laurent Wauquiez était tout contraire,
03:35en disant, il faut la stabilité, il faut jouer la stabilité, il faut qu'il y ait un budget pour la France.
03:41En tous les cas, ce que je peux vous dire, c'est qu'aujourd'hui, on est dans une...
03:45avec une droite titanique, c'est-à-dire que les électeurs ne savent plus...
03:48Les quelques électeurs qui restent, semble-t-il, au LR, eh bien, ne savent plus où donner de la tête,
03:54ils ne savent plus quelle est la vérité, si vous voulez, qui leur est offerte.
04:00Et je crains fort que tout cela, eh bien, aille en s'empirant pour les LR s'ils ne ressaisissent pas.
04:08Dans ces conditions, il se murmure que Bruno Retailleau aurait l'intention de présenter sa candidature à la présidentielle.
04:14Est-ce qu'il peut le faire maintenant ?
04:15– Ça va être difficile, parce que d'abord, la fenêtre de tir est étroite entre maintenant et les municipales,
04:22ou après les municipales, ce qui sera sans doute le cas.
04:25Mais après les municipales, il n'y aura pas beaucoup de temps non plus,
04:27parce qu'on va retomber dans le budget de 2027.
04:30Donc c'est compliqué.
04:32Mais dans quelles conditions ?
04:33Est-ce que c'est pour se présenter, lui, sans passer par une primaire de la droite ?
04:38Est-ce que c'est pour se présenter, lui, à l'occasion d'une primaire de la droite ?
04:43Parce qu'il y a du monde, il y a M. Lysnin, il y a M. Bertrand,
04:49et puis de la droite élargie, puisqu'on parle aussi de quelques-uns qui pourraient y participer,
04:54M. Attal, par exemple, M. Philippe, a pas l'air d'être...
04:56Tout ça est compliqué.
04:58Ce qui veut dire qu'aujourd'hui, alors que le bloc de la droite de la droite,
05:03c'est-à-dire Rassemblement National et UDR, pour la petite histoire UDR,
05:08ça veut dire Union des Droites pour la République,
05:11sont unis et, dans les sondages, caracolent largement en tête.
05:16Eh bien, tout le reste, c'est vraiment peau de chagrin,
05:19et ça se rétrécit comme peau de chagrin.
05:21Donc pour aller à la présidentielle, quand on est aujourd'hui du parti LR,
05:26il faut le vouloir et il faut avoir des idées précises,
05:28ce que M. Retailleau a, il faut le dire.
05:31– Et justement, est-ce qu'il ne faut pas aussi de l'argent ?
05:33Parce qu'apparemment, c'est un sujet qui va monter aussi.
05:35Est-ce que financièrement, LR a les moyens de présenter un candidat à la présidentielle
05:40parce que le parti ne va pas bien électoralement,
05:42donc financièrement, on remember le score de Valérie Pécresse en 2022.
05:45– Alors c'est ça le problème, parce que si la droite va mal,
05:48ce n'est pas depuis la dissolution qu'elle va mal.
05:50La droite va mal depuis 2017, en gros,
05:53et on a vu le score de Mme Pécresse aux élections présidentielles de 2022.
05:57Effectivement, le trésor de la guerre, le trésor de la guerre, c'est l'argent,
06:01et il faut de l'argent, et pour avoir de l'argent, c'est comme dans le reste.
06:05Il faut que les gens vous fassent confiance et pensent que vous avez une chance.
06:08Voilà.
06:08– Bonne nouvelle pour Marine Le Pen, pour le Rassemblement national,
06:11ce qui s'est passé ce qu'il y a ou pas ?
06:12– Là, ils sont très contents.
06:13– C'est du pain béni, non ?
06:14– Effectivement, c'est du pain béni, parce que jusqu'à présent,
06:16les partiels qui ont eu lieu notamment l'hiver dernier
06:19n'étaient pas très favorables au Rassemblement national et à ses alliés,
06:23mais là, on peut dire que c'est significatif.
06:26– Sous-titrage Société Radio-Canada
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