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00:00Bonjour Bouchra Rhalidi. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin.
00:04Israël rouvre ce lundi le poste frontière de Rafah entre l'Egypte et la bande de Gaza.
00:08Un point fermé depuis mai 2024. Est-ce que cette réouverture est une bonne nouvelle ?
00:14Alors bien sûr que toute réouverture du passage de Rafah après des mois de fermeture est bien sûr significative.
00:22Elle est attendue depuis longtemps, depuis mai 2024 comme vous l'avez dit.
00:25Donc pour les Palestiniens de Gaza bien sûr cela compte mais la vraie question elle n'est pas de savoir si Rafah ouf sur le papier.
00:32La vraie question c'est est-ce que les gens vont réellement pouvoir se déplasmer en sécurité, en dignité et sans contrôle arbitraire ?
00:39Est-ce qu'on va pouvoir voir des milliers de camions entrer sans interférence d'Israël ?
00:46Je pense qu'il est un peu trop tôt en fait pour parler de bonnes nouvelles.
00:50Et à Gaza les gens ils ont appris à ne pas célébrer ces annonces.
00:53Mais les réalités concrètes sur le terrain et le fait que cette annonce intervienne alors que les bombardements se poursuivent.
00:59Hier on avait 33 morts, plus de la moitié étaient des enfants.
01:05Et d'ailleurs une des bombes qui a touché la maison de mes beaux-parents à Gaza City.
01:11Donc nous pour nous la guerre est encore très réelle.
01:13On entend toutes vos réserves Bouchra Khalidi face à cette réouverture qui sera et se fait de façon très stricte et au compte-gouttes.
01:20Pour le moment il n'est question que de laisser passer les habitants dans les deux sens en nombre limité.
01:25Après autorisation sécuritaire préalable des autorités israéliennes en coordination avec l'Egypte sous supervision de la mission européenne à Rafah.
01:33Cette complexité elle va freiner les déplacements ?
01:36Bien sûr, il faut que Rafah pour qu'elle puisse fonctionner, elle doit fonctionner à grande échelle.
01:42Pas comme un projet pilote ou une phase test qui pourrait être suspendu politiquement à tout moment en fait.
01:49Les passages doivent rester ouverts de manière continue, pas ouvrir aujourd'hui pour fermer demain.
01:56Et le mouvement ne peut pas dépendre d'autorisations sécuritaires opaques ou de listes d'approbation d'un gouvernement qui a commis un génocide depuis les dernières deux années.
02:07Tant que des personnes peuvent être refoulées après avoir franchi le passage, on ne peut pas parler de liberté de mouvement.
02:13Il est vraiment essentiel ici que les personnes et les Palestiniens puissent sortir mais aussi revenir à Gaza.
02:18Moi j'ai de la famille en Egypte, mon beau-père est amputé, il est misérable et déprimé depuis un an et demi, depuis qu'il est sorti.
02:26Son seul désir c'est de retourner à sa maison et mourir là-bas.
02:29Est-ce que mon beau-père va pouvoir rentrer à Gaza ? Est-ce que mon beau-frère pourra partir et rejoindre ses enfants en Egypte ?
02:36Est-ce que ma belle-tante pourra aussi partir ? Enfin voilà, on a plein de questions.
02:39Est-ce qu'on sait combien de personnes malades ou blessées nécessiteraient une évacuation hors de Gaza pour être soignées à l'extérieur ?
02:46On a 20 000 personnes sur la liste d'attente à ce taux, de ce qu'on entend, ce qu'on est en train d'entendre, ça va prendre des années pour juste évacuer les 20 000 personnes.
03:00Donc voilà, encore l'accès ne peut pas se limiter non plus aussi qu'aux évacuations méditales, c'est extrêmement important.
03:06Mais donc maintenant, on n'a pas assez d'informations.
03:09Oui, justement. Est-ce qu'Oxfam, en tant qu'ONG, est tenue informée de la suite des opérations, de la suite du calendrier, des conditions qui sont mises en place ou pas du tout ?
03:18Non, pas du tout. Nous, de toute façon, notre enregistrement avec Israël s'est terminé le 31 décembre et Israël refuse de nous réenregistrer.
03:29Pour nous, nous ne faisons pas du tout partie de ces discussions.
03:34Et même, je pense que les détails ne sont pas encore complètement, on va dire, acceptés entre toutes les parties.
03:41Bouchra Khalidi, est-ce que Oxfam se tient prêt, malgré tout, à faire entrer dans la bande de Gaza du matériel, des renforts humains pour venir en aide à la population ?
03:50Absolument. Les organisations humanitaires, y compris Oxfam, elles sont prêtes à augmenter significativement l'acheminement de l'aide si l'accès encore est réel et il est prévisible et il est sécurisé.
04:02Mais cela suppose en fait que Rafar fonctionne de manière régulière sans interruption soudaine, sans blocage.
04:07Donc, l'aide humanitaire, elle ne veut pas dépendre de mécanismes exceptionnels ou de mécanismes militarisés ou privatisés.
04:15On a déjà vu ces modèles échouer et ils ont laissé les civils à Gaza sans protection.
04:20Donc, l'accès humanitaire doit vraiment être régi par le droit international humanitaire et les besoins des gens.
04:26Et il doit être géré par les organisations humanitaires.
04:28Donc, en fait, l'aide, elle existe. Mais en fait, ce qui manque, c'est l'accès.
04:31L'accès, justement. Bouchra Khalidi, ce que vous souhaitez, c'est l'ouverture de tous les points d'accès ?
04:36Absolument. On a 7 points d'accès à Gaza. Il y en a à peu près 2 qui sont ouverts.
04:413, on ne sait pas. Et des fois, ils ferment. C'est ouvert le samedi. C'est fermé le dimanche.
04:46Enfin, voilà. C'est ridicule d'avoir 8 accès à une petite bande de Gaza vraiment minuscule.
04:54C'est vraiment le contrôle et le blocage d'Israël qui continue et qui est complètement contre le droit international.
05:01Bouchra Khalidi, quels sont les besoins les plus urgents à Gaza aujourd'hui ?
05:05En fait, les besoins, ils sont absolument immenses et immédiats. On voit encore la faim à Gaza.
05:10Moi, j'ai 23 enfants dans notre famille. Ils mangent encore un repas par jour.
05:15Donc, bien sûr, d'abord, les soins médicaux, les évacuations urgentes, les médicaments.
05:20On a besoin d'eau potable. C'est un gros problème, l'eau potable.
05:23Il n'y a pas d'eau potable à Gaza vraiment, à part l'eau en bouteille.
05:27On a besoin d'assainissement. On a besoin de carburant pour les systèmes vitaux.
05:30On a besoin de nourriture suffisante et adaptée. On a besoin de matériaux pour pouvoir enlever toutes les destructions,
05:36les millions de tonnes de destructions.
05:38Et ensuite, on a besoin d'abris dignes pour les gens.
05:41On a besoin d'une protection contre la séparation familiale et le déplacement forcé aussi.
05:44Et donc, il faut être clair. Aucune réponse immunitaire ne peut compenser l'absence d'accès, de sécurité et de respect du droit international.
05:52Donc, tant que les passages peuvent être fermés à tout moment,
05:55toute la population de Gaza reste à une décision politique d'être à nouveau piégée.
05:59Donc, la crise immunitaire à Gaza n'est pas une crise de logistique.
06:03C'est une crise d'accès et de protection de droits.
06:05La réofferture de ce point, spécifiquement à la fin, pourrait être bien sûr un tournant.
06:10Mais seulement si elle est réel, elle est durable et elle est respectueuse des droits des Palestiniens.
06:14Sinon, ça va être une annonce de plus à Gaza.
06:17Et ces annonces n'ont pas sauvé de vie jusqu'à maintenant.
06:19Bouchra Rhalidi, pour finir, je voudrais vous entendre sur un autre point.
06:22Israël a annoncé hier, la fin prochaine, des activités de médecins sans frontières dans la bande de Gaza
06:27parce que MSF a refusé de fournir la liste détaillée de ses employés palestiniens.
06:33Quel commentaire ça vous inspire ?
06:34Je pense que c'est absolument inacceptable.
06:37Israël n'a pas interféré avec les actions d'organisations humanitaires.
06:42Il y a des procédures à suivre.
06:44Israël, de toute façon, ce n'est pas que MSF.
06:46C'est plus de 40 organisations renommées dans le monde entier.
06:50Dont la vôtre.
06:52Dont la nôtre.
06:53Mais nous restons fermes sur notre position.
06:57Nous sommes désolés, mais quand Israël a tué plus de 500 collègues à nous depuis les dernières deux années,
07:03comment est-ce qu'on va pouvoir envoyer nos coordonnées, les coordonnées de nos staffs à Gaza ?
07:10Et donc vous vous y refusez ?
07:11Et à moi aussi, quoi.
07:12Oui.
07:14Oxfam se refuse à donner la liste détaillée de ses employés palestiniens ?
07:17Mais oui, mais moi, je n'ai pas envie de donner le nom de mon fils aux autorités israéliennes.
07:22Et où est-ce qu'il habite ?
07:24C'est ça qu'on est en train de me demander.
07:27Et sinon, et si ça ne leur plaît pas, je n'ai plus de travail.
07:31Voilà.
07:32Et c'est qui Israël pour dire ?
07:34Voilà, Israël dit depuis deux ans, nous accuse d'activité terroriste sans aucune évidence.
07:42Bouchra Halidis, ça veut dire que de fait, Oxfam va être obligé de ne plus opérer dans la bande de Gaza ?
07:47Vous pensez que c'est inexorable maintenant ?
07:49Non, absolument pas.
07:51Déjà, la bande de Gaza, sous le droit international, c'est un territoire occupé.
07:56Donc Israël n'a pas à décider de qui opère ou qui n'opère pas.
08:01Elle décide de qui d'opère dans son territoire en Israël, mais Gaza n'appartient pas à Israël.
08:06En tout cas, pas pour l'instant.
08:08Donc nous, on n'accepte pas ça.
08:11Nous travaillons à travers de partenaires locaux, on travaille à partir d'équipes palestiniennes.
08:17Donc nous, on continue de travailler avec les moyens du bord.
08:21On achète sur le marché local et on travaille avec les communautés.
08:25Comme on a toujours travaillé, le seul problème, c'est qu'on ne va pas pouvoir
08:30rentrer des camions et des camions d'aide.
08:32Mais nous trouvons d'autres façons de faire, en fait.
08:36Et vous espérez bien pouvoir continuer à travailler avec, on l'a entendu,
08:40la réouverture de tous les passages qui restent votre revendication numéro un, si je puis dire.
08:45Absolument.
08:46Pour nous, il ne faut pas conditionner l'action humanitaire ou l'accès.
08:50Les organisations humanitaires, elles doivent pouvoir opérer sur la base de besoins humanitaires
08:53et des principes humanitaires, pas sous la menace de restrictions israéliennes
08:57ou de retraits d'accès ou de mesures qui mettent en danger leur personnel local.
09:00Oui, nous continuerons.
09:02Nous sommes ici et nous sommes prêts à livrer à nos communautés, en fait.
09:06Merci beaucoup, Bouchra Halidi, d'avoir été en ligne avec nous ce matin.
09:10Je vous remercie beaucoup.
09:10Merci beaucoup, Bouchra Halidi.
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