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00:00C'est une étape qui était attendue dans les territoires palestiniens.
00:04La réouverture maintes fois annoncée du point de passage de Raphaël depuis ce matin, effective.
00:09A 8h30 précise, les grilles se sont donc ouvertes avec possibilité désormais d'entrer ou de sortir de l'enclave palestinienne.
00:15Une étape positive saluée dans un premier temps par la chef de la diplomatie européenne.
00:20Mais attention, attention, les transits vont rester strictement conditionnés.
00:24La circulation se fera seulement au congout, ne dépassant pas pour le moment 50 personnes par jour.
00:31Bonjour Bouchra Khalidi, vous êtes directrice des politiques de l'ONG Oxfam en Palestine.
00:36Merci d'être avec nous.
00:38On va aller prendre le pouls dans quelques instants à Gaza City où nous attend Rami Amoudjamouz.
00:41Mais d'abord, cette question qu'on a envie de vous poser, on vous a régulièrement entendue dans les médias,
00:46appelée à la réouverture de ce point de passage ces derniers mois, c'est une bonne nouvelle cette étape aujourd'hui ?
00:54Oui, bien sûr. Toute réouverture de Rafah après des mois de fermeture, elle est significative et attendue.
01:01Bonne nouvelle, c'est un peu trop tôt de parler de bonne nouvelle.
01:05On a trop vu de réouverture les dernières deux années.
01:09Donc ça existe sur le papier, mais ça s'effondre dans la réalité.
01:12Donc ce qui compte, ce n'est pas le point de passage qui ouvre, mais c'est que les palestiniens puissent réellement se déplacer librement, en sécurité et sans contrôle israélien.
01:24Et c'est aussi une façon d'appréhender, j'imagine, indifféremment l'avenir.
01:29Racontez-nous ce qu'une telle étape peut représenter dans la vie, dans le quotidien, dans la projection aussi des palestiniens.
01:35Parce qu'on dit fermée depuis des mois, depuis mai 2024, 21 mois de fermeture, ce n'est pas rien, évidemment.
01:42Comme je vous ai dit, ce qui compte davantage encore, c'est que cette réouverture peut permettre réellement aux personnes de se déplacer avec dignité,
01:51de rentrer chez elles aussi, si elles le souhaitent.
01:53Je vis ici en Cisjordanie, à Ramallah, je suis travailleuse immunitaire et pourtant, moi, je ne peux pas rentrer à Gaza pour soutenir ma propre communauté.
02:02Ma famille aussi a été brisée par la fermeture de l'Affa.
02:06Sur une vingtaine de proches à Gaza, nous avons réussi à en faire sortir que cinq en mai 2024.
02:13À un coût énorme, les autres sont toujours piégés à Gaza.
02:17C'est pour ça que les gens ont peur de célébrer des annonces comme telles.
02:23Les déplacements dépendront-ils toujours de l'approbation israélienne ?
02:27Est-ce que les personnes seront-elles refoulées après avoir franchi le point de passage ?
02:31Est-ce que les familles seront-elles séparées de manière permanente ?
02:35Tout ça, c'est des questions qu'on se demande.
02:37Je ne veux pas plaider pour que les Palestiniens quittent Gaza définitivement.
02:40Nous savons très bien où cela mène, mais le retour est essentiel.
02:44Mon beau-père, par exemple, il est amputé et bloqué en Égypte.
02:48Tout ce qu'il veut, c'est rentrer chez lui.
02:50Même si Gaza n'a plus de système médical fonctionnel et que sa maison est en grande partie détruite.
02:56Ainsi, la réouverture de l'Affa ne peut pas être que symbolique.
03:03Les personnes doivent pouvoir partir et revenir en toute sécurité,
03:06sans contrôle arbitraire israélien ou d'autres,
03:10sans devoir payer tout ce qu'ils possèdent aussi,
03:12et sans craindre une séparation définitive.
03:15Sinon, ce n'est pas une réouverture,
03:17c'est une nouvelle forme de punition collective et de coercition.
03:21Bouchra, pardon pour la question qui va probablement vous paraître naïve
03:25pour la palestinienne que vous êtes.
03:27Vous nous expliquez que vous avez votre famille dans les territoires palestiniens,
03:31mais je trouve qu'elle mérite d'être posée.
03:33Quand on entend en tant qu'occidentaux, en tant qu'occidentales,
03:36réouverture du point de passage de Rafa,
03:38on s'imagine tout de suite des Palestiniens qui ont envie de partir.
03:41Vous nous expliquez, c'est très important de pouvoir rentrer de nouveau dans l'enclave palestinienne.
03:46C'est aussi important de pouvoir sortir que de rentrer.
03:48Absolument, mais bien sûr, mais moi, c'est mon rêve d'aller à Gaza
03:52et de pouvoir travailler dans ma communauté
03:54et de pouvoir soutenir mon peuple
03:56qui a souffert depuis deux ans d'un génocide brutal.
04:00Donc, pour nous, il y a aussi de l'autre côté.
04:05Mon beau-père, il est déprimé en Égypte.
04:07Il est complètement isolé.
04:08Il n'a plus sa communauté autour de lui.
04:10Il est âgé.
04:11Il est seigneur.
04:11Donc, pour lui, il veut mourir dans sa patrie, dans sa maison, dans son lit
04:16et pas tout seul en Égypte, dans un appartement amputé,
04:20coincé dans une chaise roulante.
04:25Donc, vraiment, pour nous, c'est les deux côtés.
04:28Il y a des gens qui travaillent aussi à Gaza.
04:30Par exemple, moi, mes collègues, ils ne vont pas quitter Gaza
04:33et ils voudraient pouvoir venir visiter leur famille
04:38et retourner au travail, par exemple.
04:41Et ça, ça n'a jamais été le cas avec Rafah,
04:43même avant l'octobre 2023.
04:46Donc, voilà.
04:48Pour nous, une ouverture, ça veut dire la liberté aussi.
04:51Ce n'est pas que l'entrée de matériel
04:53et que les évacuations médicales,
04:56ça a une grande définition pour nous, la réouverture de Rafah.
04:59Qui reste, évidemment, le passage du matériel,
05:03des malades, des médicaments, une priorité.
05:06Évidemment, on va regarder quelques images avant de vous retrouver.
05:10Ce sont donc les habitants qui sont désormais autorisés
05:13à traverser cette frontière sous de très strictes conditions,
05:16même très limitées pour l'instant.
05:17Cette réouverture du seul passage entre Gaza et le monde extérieur
05:20était attendue avec beaucoup d'impatience,
05:23notamment par ces malades ou blessés
05:25qui espèrent recevoir des soins à l'étranger.
05:28C'est ce que nous raconte tout de suite, en images, Noémi Roche.
05:30Regardez.
05:33Pour Mohamed Nassir, l'espoir réside dans ce document
05:36qu'il ne quitte plus des yeux.
05:38Amputé au début de la guerre à Gaza, en novembre 2023,
05:42ce père de famille de 39 ans a obtenu les permis nécessaires
05:46pour bénéficier de soins médicaux à l'étranger
05:48où il pourra recevoir une jambe artificielle.
05:51Son précieux sésame en main,
05:53il n'attend désormais plus qu'une seule chose,
05:55pouvoir franchir la frontière pour rejoindre l'Egypte.
05:59Le point de passage de Rafa est une bouée de sauvetage.
06:02J'ai besoin d'une opération sérieuse
06:03qui n'est pas disponible à Gaza,
06:05mais qui peut être réalisée à l'étranger.
06:07J'espère pouvoir reprendre ma vie en main
06:09et subvenir aux besoins de ma famille.
06:15Partir à l'étranger, c'est aussi le rêve de ces deux jeunes femmes.
06:18Étudiantes en médecine,
06:20elles ont vu leur projet de vie réduit en cendres par la guerre.
06:23Pour elles, la réouverture du seul point de passage
06:26entre Gaza et le reste du monde,
06:28sans passer par Israël,
06:30symbolise une lueur d'espoir
06:31et la possibilité de rêver à nouveau à un futur.
06:36La guerre n'a pas seulement détruit nos maisons et nos familles,
06:39elle a détruit notre avenir.
06:41Il n'y a pas d'avenir à Gaza.
06:43La situation est difficile
06:44et nous attendons l'ouverture du point de passage
06:46pour trouver des possibilités de poursuivre nos études à l'étranger.
06:49Dans ce camp de déplacés,
06:52l'espoir se vit au présent.
06:54Après des mois de souffrance et de privation,
06:57ces Palestiniens espèrent que l'aide humanitaire
06:59arrivera enfin en masse.
07:02Nous voulons que l'aide et les matériaux de reconstruction
07:04puissent entrer
07:04et nous voulons sentir qu'il y a des personnes
07:06qui se soucient de nous et reconstruisent nos maisons.
07:10Mais pour l'heure,
07:11les autorités israéliennes qui contrôlent
07:13le côté palestinien du point de passage de Rafa
07:15n'ont pas mentionné une éventuelle augmentation de l'aide vers Gaza
07:19où la population reste toujours confrontée
07:23à une crise humanitaire majeure.
07:26Voilà, on va retrouver notre invité Bouchra Rhalidi.
07:29Parlons d'humanitaire.
07:31On vient de voir évidemment l'impatience des malades
07:34qui ont hâte de pouvoir franchir cette frontière
07:37pour recevoir des soins à l'étranger.
07:40L'arrivée aussi de médicaments
07:42qui se fait attendre aujourd'hui.
07:43Oui, on entend donc bien sûr
07:47que la priorité sera donnée aux blessés
07:49et aux cas médicaux,
07:51mais à des rythmes optimistes,
07:55il va falloir des mois,
07:57peut-être même des années
07:57pour traiter plus de 20 000 personnes.
08:01Et ça, c'est seulement les cas médicaux existants.
08:04N'oubliez pas que Gaza était sous bombardement hier.
08:0733 civils sont morts.
08:10La plupart des enfants, on va continuer à avoir,
08:14je pense, j'assume, des bombardements
08:16puisqu'ils ne se sont pas arrêtés vraiment
08:18depuis le cessez-le-feu officiel.
08:21Donc, on aura beaucoup plus de cas médicaux aussi.
08:25Donc, cela signifie que, en fait,
08:26pour la majorité des personnes,
08:28cette réouverture, elle ne changera pas du tout
08:30la réalité quotidienne.
08:31Si seule une infime fraction de la population
08:35peut se déplacer,
08:36tandis que des millions restent piégés,
08:38ce n'est pas une solution.
08:40C'est un rationnement du droit pour de circuler.
08:42La même chose pour l'aide humanitaire.
08:45Si on voit le contre-gouttes
08:48qu'on a vu depuis les dernières deux années,
08:50encore une fois, c'est une ouverture symbolique.
08:52Et nous avons besoin de bien plus que ça.
08:55Alors, on a des chiffres qui nous parviennent
08:58à l'instant, je vais vous les donner,
09:00Bouchra, Rhalidi, en direct,
09:02qui nous viennent des autorités égyptiennes.
09:05Donc, des chiffres officiels
09:07depuis la réouverture du point de passage de Rafa.
09:10On apprend que 150 personnes sont autorisées
09:13à quitter Gaza, 50 à entrer.
09:17Il y a déjà une différence dans le rapport.
09:18Qu'est-ce que ça vous inspire, ces chiffres ?
09:21C'est exactement ce que je vous disais.
09:24Donc, voilà, c'est encore une infime fraction
09:27de la population qui va pouvoir se déplacer.
09:30Tandis que, en fait, les millions,
09:31le reste des millions, ils vont rester piégés à Gaza.
09:34Et comme je dis, le retour à Gaza,
09:36pour moi, 50 personnes, c'est des sérieuses inquiétudes
09:39quant au fait que le retour vers Gaza
09:42soit beaucoup plus restreint que la sortie.
09:45Si les personnes partent...
09:47On veut encourager à quitter Gaza ?
09:48On veut encourager à quitter plus qu'à rentrer dans Gaza ?
09:51Bien sûr que non.
09:54Alors, je ne sais pas.
09:54En tout cas, les autorités israéliennes ont été très claires sur ça.
09:58Ce qu'on entend de Ben Egvir et Smotrich,
10:00c'est le déplacement forcé vers l'Égypte.
10:02Ils appellent au déplacement forcé
10:04et au transfert permanent de la population de Gaza,
10:08oui, depuis le début de la guerre.
10:09Donc, en tout cas, du gouvernement israélien,
10:12c'est ce qu'ils disent.
10:13Après, s'ils vont pouvoir faire ça ou non,
10:15c'est autre chose.
10:16Et qui va les accepter ?
10:18Et puis, bien sûr, ça reste un crime contre l'humanité
10:21et complètement en contravention du droit international.
10:25Les personnes, le droit de retourner chez soi
10:27ne doit pas être effacé discrètement
10:29par des décisions administratives.
10:33Les personnes qui sont parties pendant la guerre,
10:35y compris les nouveaux-nés,
10:36s'ils se voient refuser la réentrée,
10:39eh bien cela risquera aussi des séparations permanentes
10:42et un déplacement forcé de faits
10:44en contravention du droit international.
10:46Sauf que là, aujourd'hui, au Bouchra,
10:48il y a un cadre, on vient de le dire,
10:50extrêmement strict de poser,
10:51posé par l'État israélien.
10:54Oui.
10:56Encore une fois,
10:59le rôle des partis de l'incomité internationale,
11:02de l'Égypte,
11:03des missions européennes,
11:06sont très importantes ici.
11:08Mais encore, le contrôle et la surveillance,
11:10ils ne peuvent pas compenser un contrôle politique,
11:14ce qui compte,
11:14ce que les Palestiniens puissent se déplacer
11:16sans veto israélien,
11:18pas simplement savoir
11:20qui appose le premier tampon.
11:23Donc, encore une fois,
11:24il reste à voir comment se développeront,
11:27se développera cette semaine même.
11:29Avant de rejoindre Rami,
11:30qui est à Gaza City,
11:31pour nous, une question Bouchra,
11:33en tant qu'ONG,
11:35Oxfam,
11:36est-ce qu'elle est tenue informée
11:38de ces conditions de circulation
11:40ou pas du tout ?
11:41Non, enfin, pas du tout,
11:45puisque nous,
11:45nous avons été désenregistrés
11:47par les autorités israéliennes
11:49à la fin de décembre.
11:51Donc, nous ne savons pas du tout
11:54quelles sont les conditions de RAFA,
11:57mais nous sommes absolument prêts
11:59à augmenter significativement
12:01l'acheminement de notre aide
12:05si l'accès est réel,
12:07s'il est prévisible,
12:09s'il est sécurisé.
12:10Mais bien sûr,
12:11cela suppose que RAFA fonctionne
12:13de manière régulière,
12:14sans interruptions soudaines
12:15ni blocages en aval.
12:16Nous n'avons pas vu ça
12:17depuis les deux dernières années.
12:20Donc, encore une fois,
12:21l'aide humanitaire,
12:22elle ne peut pas dépendre
12:23de mécanismes exceptionnels
12:25ou militarisés ou privatisés.
12:27On avait déjà vu
12:28ce que ces modèles font
12:30et ils ont échoué
12:31et ils ont laissé
12:32des civils sans protection.
12:33Donc, cet accès humanitaire,
12:35il doit être régi
12:36par le droit international,
12:38humanitaire
12:38et les besoins civils
12:39des Palestiniens à Gaza
12:40et gérés par des organisations
12:42avec des principes
12:43comme celles d'Oxfam
12:44et leurs partenaires locaux.
12:46On va aller retrouver tout de suite
12:48Rami qui nous attend
12:50à Gaza City.
12:51Bonjour Rami Abou Jamous.
12:53En direct de Gaza,
12:54en ce premier jour
12:55de réouverture
12:56du point de passage de RAFA,
12:57la première question évidemment
12:58qui est posée,
12:59j'imagine,
13:00un moment s'il reste symbolique,
13:02important pour les Palestiniens.
13:06On peut dire, oui,
13:07c'est une fenêtre d'espoir
13:08mais pas plus que ça
13:09parce qu'avec les conditions
13:10de sortir et de revenir,
13:12c'est des conditions
13:13vraiment très strictes.
13:14Donc, on peut dire
13:16que c'est juste
13:17une fenêtre d'espoir
13:17mais pas plus
13:18parce que s'il faut sortir
13:20150 personnes par jour,
13:22les 50 qui peuvent rentrer,
13:24il fallait des années et des années
13:25comme Bouchra il a dit
13:26pour évacuer les mamies,
13:27les blessés et les patients
13:28qui doivent se faire opérer
13:30ou bien soigner
13:31à l'étranger.
13:33Aujourd'hui,
13:34jusqu'à présent,
13:35ils ont déclaré
13:35l'ouverture du terminal
13:36à 8h du matin.
13:37Jusqu'à l'heure,
13:38on est en train de parler,
13:39ils ont fait juste
13:39de demander à 5 personnes,
13:415 patients,
13:42avec chacun 2 compagnons
13:45pour monter dans un bus
13:46pour aller à RAFA
13:46pour sortir.
13:47Jusqu'à présent,
13:48ils ne sont pas sortis.
13:49On parle aussi
13:49qu'ils ont demandé
13:50à des employés
13:51de l'autorité palestinienne
13:52d'avoir accès aussi
13:54au terminal à RAFA
13:55par Gaza
13:56et je crois aussi
13:57que ce n'est pas encore le cas.
13:58On a vu du côté égyptien
13:59avec les médias égyptiens
14:00comment il y a
14:01des dizaines de personnes,
14:03des Palestiniens
14:03qui veulent retourner
14:04et jusqu'à présent,
14:06ils ne sont pas entrés
14:07dans la bande de Gaza.
14:09Donc,
14:09on voit très bien
14:10qu'il y a beaucoup d'obstacles
14:12et ça se voit
14:12que l'ouverture
14:13du terminal à RAFA
14:14c'est juste
14:14une façade
14:16juste pour faire plaisir
14:18aux Américains
14:18et qu'ils ont fait pression.
14:19Mais il n'y a pas
14:20de fluidité
14:21de ne pas partir
14:22les passagers.
14:23Il y en a beaucoup
14:24qui veulent partir,
14:25il y en a beaucoup
14:25qui veulent rentrer
14:26comme l'ancle de Bouchra
14:27qui absolument
14:28ils veulent rentrer.
14:28Moi,
14:29je connais
14:29d'après l'ambassade
14:31ou l'ambassade palestinienne
14:34en Égypte,
14:36il y a à peu près
14:3760 000 personnes
14:38qui se sont inscrites
14:38pour retourner à Gaza
14:39et bien sûr,
14:41il y en a beaucoup
14:41à Gaza
14:41qui veulent partir
14:42comme le reportage
14:43que vous venez
14:43de montrer.
14:44Il y a des étudiants
14:45qui veulent partir aussi
14:46mais non pas que des décès.
14:47Il y a aussi des gens
14:48qui veulent fuir l'enfer
14:49à Gaza
14:49et ils ne veulent pas rester
14:50à Gaza
14:50et ils veulent partir.
14:51Mais malheureusement,
14:52ce qui s'est passé aujourd'hui,
14:53il y a toujours
14:53la procédure de partir,
14:55c'est toujours flou.
14:56On ne sait pas comment,
14:57qui fait quoi
14:58et jusqu'à présent,
15:00il y a juste 5 personnes
15:01même sur les 150
15:02qui doivent partir.
15:03Aujourd'hui,
15:03on parle juste de 15.
15:05Ils ne sont pas encore sortis.
15:06On est là
15:06il est 14h à Gaza
15:09et malheureusement,
15:11rien n'est fait.
15:12Donc,
15:12pour le moment,
15:13c'est juste
15:14une bonne fenêtre
15:16d'espoir
15:17pour les Palestiniens
15:18mais pour le moment,
15:19cette fenêtre
15:20est à moitié ouverte
15:21et que ce n'est pas vraiment
15:23à l'attente
15:23de besoins
15:25de la population
15:26palestinienne à Gaza.
15:29Rami,
15:30vous l'évoquez à l'instant,
15:31cette réouverture
15:32marque évidemment
15:33une étape majeure
15:34dans le plan de paix
15:35américain
15:36de Donald Trump.
15:37On est maintenant
15:38à la phase 2
15:39de ce plan.
15:40Que peut-on dire
15:41sur la gouvernance
15:42de Gaza aujourd'hui ?
15:44Oui,
15:45normalement,
15:46les premiers
15:47qui devaient rentrer,
15:48c'est le comité
15:48qui a été créé
15:49par l'administration
15:50américaine
15:51et qu'il y avait
15:51un consensus
15:52de beaucoup de pays
15:54pour que ce comité
15:55de 12 personnes
15:56gouverne Gaza.
15:57Pour le moment,
15:58c'est le gouvernement
15:59du Hamas
15:59qui est en train
16:00de faire tout
16:01le travail public.
16:03Depuis que le cessez-le-feu,
16:04ils ont revert
16:05les ministères.
16:07Il y a aussi la police.
16:08On a vu que la dernière fois,
16:09et d'hier,
16:10les Israéliens,
16:11ils ont bombardé
16:12le commissariat de police.
16:14Il y a eu plus de 15 morts
16:15parmi eux,
16:164 policières.
16:17Et justement,
16:18c'est parce que le Hamas,
16:18ils ont déclaré
16:19que la police
16:20est prête à accueillir
16:20le comité.
16:21Donc,
16:21ils ont ciblé la police
16:22pour leur dire
16:23que non,
16:23ce n'est pas vous
16:24qui gouvernez.
16:25Il y a aussi
16:26tout ce qui est état civil.
16:28Le gouvernement du Hamas,
16:30il donne des actes de naissance
16:30et surtout des actes de décès
16:32parce qu'il y a
16:33des dizaines de milliers
16:34qui sont morts.
16:34Ils ont besoin
16:35d'actes de décès.
16:36Les tribunaux aussi.
16:37Donc,
16:38tout ce qui est service public
16:38qui est en train
16:39de fonctionner,
16:40c'est toujours
16:40les fonctionnaires
16:41du gouvernement du Hamas
16:42qui sont en train
16:43de servir la population.
16:45On attend
16:45ce comité
16:46de venir
16:48et voir
16:48comment ils vont gouverner.
16:50Malheureusement,
16:51tout est flou.
16:52Ce n'est pas que
16:52l'ouverture
16:53de Terminal Rafa.
16:53le devoir
16:54ou bien le pouvoir
16:55de ce comité-là,
16:57comment ils vont procéder ?
16:58Est-ce qu'ils vont
16:59travailler
17:02avec le ministère
17:02de Gaza ?
17:04Est-ce qu'ils vont
17:05employer
17:05de nouveaux employés ?
17:08Tout est flou
17:09et surtout
17:10que la population
17:11attendait
17:11qu'ils soient
17:11les premiers
17:12à entrer
17:12dans la bande de Gaza.
17:14Jusqu'à présent,
17:14ce n'est pas le cas.
17:15Je crois qu'ils n'ont pas
17:16encore avoué
17:16le feu vert
17:17des Israéliens
17:18pour entrer.
17:19Mais on sait très bien
17:20à la fin
17:20que tout ce qui se passe
17:21à Gaza,
17:22les clés
17:22étaient dans la main
17:23des Israéliens
17:23et bien sûr
17:24les Américains.
17:25Il y a une volonté
17:26d'améliorer un peu
17:28la vie quotidienne
17:29des Palestiniens,
17:29mais pour le moment,
17:31ce n'est pas le cas.
17:31Merci beaucoup,
17:33Rami,
17:33en direct de Gazaville
17:35pour France 24.
17:37Bouchra Halidi,
17:38on évoquait le passage
17:39à cette phase 2
17:40qui a donc démarré
17:41au début du mois
17:42et la réouverture
17:43du point de passage
17:44de Rafa,
17:44évidemment,
17:45fait partie
17:45de ces étapes.
17:46Comment est-ce que
17:47vous l'appréhendez,
17:48cette deuxième phase ?
17:50Moi, pour moi,
17:55il n'y a pas
17:55de cessez-le-feu.
17:57Donc, même
17:58la première phase
17:58n'a pas été respectée.
17:58C'était la première phase
17:59de cessez-le-feu.
18:01Donc, pour moi,
18:04je n'ai pas vraiment
18:05de grandes attentes
18:06de phase 2
18:06parce que la phase 1
18:07n'a pas été respectée
18:08et nous n'avons pas vu
18:10vraiment
18:10de changements matériels
18:12avec l'arrivée
18:14du Board of Peace
18:15en novembre.
18:16Je rappelle
18:18que la résolution
18:19des Nations Unies
18:21du Conseil de sécurité
18:22date de novembre.
18:24Ça fait quand même
18:24plus de trois mois, là.
18:27Moi,
18:27de ce qu'on entend
18:28sur le terrain
18:29de nos collègues,
18:30de nos équipes,
18:31mais aussi de ma famille,
18:32on ne voit pas
18:33un changement matériel
18:35sur le terrain.
18:36On ne voit pas
18:37de machines
18:37qui rentrent
18:38pour enlever
18:40les destructions massives.
18:43On ne voit pas
18:44de caravanes
18:44entrées à Gaza.
18:45On ne voit pas
18:46de matériaux
18:47pour réparer
18:48les maisons.
18:49On ne voit pas
18:49de ciment.
18:50On ne voit pas
18:50assez de fioul.
18:51Enfin, voilà.
18:52On a besoin
18:53de tout à Gaza
18:54toujours.
18:55Donc, pour moi,
18:56sur le Board of Peace,
18:59si on veut parler
19:00de ça,
19:01il faut être très clair.
19:01Aujourd'hui,
19:02ce n'est pas simplement
19:04une question
19:04de qui administre
19:06le territoire,
19:07mais de conditions
19:08structurelles.
19:09On parle d'années
19:10de blocus israélien
19:11sur Gaza
19:12depuis 18 ans.
19:13On parle
19:13de bombardements répétés
19:15et de contrôles externes
19:16de frontières.
19:16On parle de déplacements
19:18forcés depuis deux ans
19:19continu et des ressources
19:21complètement vidées
19:22de toute capacité
19:23de gouvernance
19:24civile normale.
19:25Donc,
19:25dans ce contexte,
19:26oui,
19:26l'idée d'un Board of Peace
19:28ou d'un mécanisme
19:30international de gouvernance
19:31peut sembler,
19:31bien sûr,
19:32séduisante,
19:33mais elle comporte
19:34de sérieux risques.
19:35Aucune structure internationale
19:37ne peut remplacer
19:38l'autodétermination
19:39des Palestiniens
19:40ni fonctionner
19:43de manière crédible
19:44tant que le siège
19:45israélien
19:46et que le contrôle
19:47externe est persistant.
19:48Je suis désolée.
19:49Donc,
19:49si un tel mécanisme
19:51de phase 2
19:52doit être envisagé,
19:53il ne doit être
19:54que temporaire,
19:55strictement encadré
19:57et orienté
19:58vers un objectif
19:59mais absolument clair,
20:00mettre fin
20:00à l'isolement de Gaza,
20:02mettre fin
20:03au siège israélien
20:04sur la bande de Gaza
20:05et rétablir
20:06la liberté de mouvement
20:07des Palestiniens
20:08et rouvrir
20:09pas seulement Rafah.
20:10On parle de 7 points
20:11de passage avec Gaza
20:12entre Israël et Gaza.
20:14Vous dites
20:14l'aide existe
20:15mais ce qui pêche
20:16aujourd'hui,
20:17ce n'est pas les moyens
20:18qu'on pourrait déployer.
20:19Les camions,
20:19on les a,
20:20l'aide aussi,
20:20ils attendent
20:21aux différentes entrées.
20:23Ce qui pêche,
20:23ce sont les accès,
20:247 points d'accès à Gaza
20:26que vous appelez
20:26à la réouverture.
20:28Rafah,
20:28c'est une première étape
20:30forcément.
20:31Absolument,
20:32exactement.
20:32On en a 7.
20:34Toutes et pas seulement
20:36ouvertes aujourd'hui
20:37et fermes demain
20:37parce que nous voyons aussi
20:39ce schéma
20:41où on a
20:41des Rafah,
20:43Kerem,
20:43Shalom
20:43qui est ouvert aujourd'hui
20:45et fermé le vendredi
20:45à 15h
20:46et ensuite
20:47qui réouvre le dimanche
20:48à midi.
20:49Donc,
20:49on a besoin aussi
20:50d'une ouverture prévisible
20:51et sécurisée
20:52parce que aussi,
20:54on sait
20:54parce que les gens
20:56sont tellement désespérés
20:57qu'on a eu plein de...
20:59Justement,
21:00Bouchra,
21:00les priorités,
21:01quelles sont-elles
21:02aujourd'hui ?
21:02Parlons des Palestiniens
21:03dans le besoin.
21:05Ils sont passés
21:06relégués au deuxième,
21:07au troisième,
21:07même à la fin
21:08de l'actualité internationale.
21:09On parle beaucoup moins
21:09de Gaza dans les médias.
21:11Les priorités aujourd'hui
21:12pour les civils,
21:13quelles sont-ils ?
21:14L'eau,
21:14l'alimentation,
21:15le fuel ?
21:16Les besoins sont immenses,
21:18ils sont immédiats.
21:18On a besoin de soins médicaux,
21:20on a besoin des évacuations
21:21médicales urgentes,
21:22on a besoin de médicaments,
21:23on a besoin d'eau potable,
21:24on a besoin de matériaux
21:26pour l'assainissement,
21:27on a besoin de plus de carburant
21:28pour les systèmes vitaux,
21:30on a besoin de nourriture suffisante,
21:31on a besoin aussi de rétablir
21:33par exemple les fermes à Gaza
21:35pour que les gens puissent
21:36aussi planter
21:38et pas que de survenir aux voisins
21:41avec un kilo de farine.
21:44On a besoin aussi
21:45des abris dignes.
21:46On a vu des gens mourir
21:47dans leur tente
21:48pendant cet hiver rude à Gaza.
21:50On a besoin d'une protection
21:52pour les familles
21:52qui ont été séparées
21:53et pour ceux qui ont été
21:54forcés déplacements.
21:57Il faut être clair,
21:58aucune réponse humanitaire ici
22:00ne peut composer
22:00l'absence d'accès
22:02et de sécurité
22:03et du respect
22:03du droit international.
22:04Ça, c'est à la communauté internationale.
22:06L'État français, par exemple,
22:07a des obligations
22:08à protéger
22:09les organisations humanitaires
22:10pour qu'elles puissent
22:11faire leur travail.
22:12Elles ne l'ont pas fait.
22:13Les États membres
22:14et la communauté internationale
22:15n'ont pas protégé
22:16les organisations humanitaires
22:17depuis les dernières deux années.
22:18C'est la réalité
22:18qui sont ciblées
22:19par les colons,
22:21notamment si j'en venais occupés,
22:22on en parlait hier récemment.
22:23600 travailleurs humanitaires
22:25qui ont été tués
22:26depuis les dernières deux années.
22:27Et les autorités israéliennes
22:29qui ont annoncé hier
22:30la fin prochaine
22:31les activités
22:31notamment de MSF
22:32dans la bande de Gaza
22:33parce que l'organisation
22:34refuse de donner
22:35la liste détaillée
22:36de ses personnels.
22:37Ça nous rappelle quand même
22:37sensiblement
22:38ce qui s'est passé
22:39avec l'UNROI
22:40dont l'un des bâtiments
22:41a été démoli
22:43puis incendié
22:43ces dernières semaines.
22:46Comment est-ce que vous
22:46vous le vivez
22:47en tant que membre
22:50partie prenante
22:51d'une ONG Oxfam ?
22:53Encore une fois,
22:54la crise humanitaire à Gaza,
22:56ce n'est pas une crise
22:56de logistique,
22:57c'est une crise politique,
22:59c'est une crise d'accès,
23:00c'est une crise de protection
23:01et de droit.
23:02La réouverture
23:03de ce point de Rafah
23:04c'est peut-être un tournant
23:05mais seulement encore
23:07si elle est réelle,
23:08si elle est durable,
23:09si elle est respectueuse
23:10des droits des Palestiniens.
23:11Sinon, encore une fois,
23:12tout ça,
23:13ce sera une annonce
23:13de plus à Gaza
23:14et les annonces
23:15ne savent pas de vie à Gaza.
23:17Donc voilà,
23:18pour moi,
23:19c'est encore
23:20le système d'occupation
23:21d'Israéliens
23:21qui coercit
23:22et qui contrôle
23:24pas seulement
23:26les organisations humanitaires
23:27mais la vie
23:28et notre droit
23:29de respirer ici
23:30en Palestine
23:31dans le plus grand contexte
23:33au large.
23:35Bouchra,
23:35on vous a entendu
23:36beaucoup cet été
23:37sur les antennes
23:39alertées avec
23:39beaucoup d'émotions.
23:41Vous nous parliez
23:41de votre famille
23:42qui est encore à Gaza
23:43sur l'état
23:44des plus démunis,
23:45des plus fragiles.
23:46Alors il y a évidemment
23:46les malades,
23:48les personnes âgées
23:48mais aussi les enfants
23:49qui continuent de mourir de faim
23:50aujourd'hui encore
23:51et vous disiez
23:52il y a quelques mois
23:52on demande aux enfants
23:53de ne pas jouer
23:54parce qu'en fait
23:55jouer c'est se fatiguer
23:56et prendre le risque
23:57d'accélérer l'arrivée
23:59de la mort.
23:59C'est encore le cas
24:00aujourd'hui ?
24:01Quelle est la situation ?
24:03Absolument.
24:05On a encore vu
24:06le rapport de l'IPC
24:09en décembre.
24:10Oui,
24:11il n'y a pas de famine
24:12officielle déclarée
24:13comme on l'a vu en août
24:15mais le truc,
24:16la chose qu'il faut comprendre
24:17c'est qu'on ne devrait pas
24:19attendre jusqu'à la fin
24:20que la famine arrive
24:21parce qu'il y a plein d'étapes
24:22jusqu'à que la famine arrive
24:24et là c'est trop tard.
24:25Quand la famine
24:26est déjà déclarée
24:27c'est trop tard.
24:29La souffrance
24:30est irréversible
24:31en fait
24:31et les impacts
24:32sont à long terme.
24:34Donc déjà
24:34les enfants
24:35qui ont souffert
24:36depuis les dernières années
24:37de faim
24:37ils ont déjà
24:38des impacts
24:39pour leur vie entière.
24:41Donc ils auront besoin
24:42de soins médicaux
24:43à vie.
24:44Ils ne vont certainement
24:45pas grandir
24:46comme d'autres enfants
24:47normaux
24:47qui grandissent en France.
24:48et on va voir ça
24:51et moi
24:52comme je vous dis
24:53c'est une histoire personnelle
24:54et une anecdote
24:55mais nous
24:56toute ma famille
24:57vit encore sur un repas par jour.
24:59Ça, ça n'a pas changé.
25:00À Gaza
25:01on ne mange pas
25:01trois fois par jour
25:02à part si on peut
25:03acheter
25:04à des prix exorbitants
25:07sur les marchés
25:07mais la plupart des gens
25:08ont perdu leur travail
25:09leur maison
25:10et tout ce qu'ils possèdent
25:12comme ma famille
25:12donc encore
25:14en train de survivre.
25:15on est encore
25:16en train de parler
25:17de survie.
25:18Merci beaucoup
25:19Bouchra Khalidi
25:20pour ce témoignage.
25:21Vous étiez l'invité
25:22de l'info du jour.
25:23Merci également
25:23à Rami Abou Jamous
25:24en direct de Gaza City
25:25pour France 24.
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