00:00Privé d'abri, de nourriture, d'eau et de médicaments, quantité suffisante, les habitants de Gaza voient aujourd'hui le point de passage de Rafa.
00:07Dans le sud de l'enclave, rouvrir, mais de façon très limitée, à titre de test, ce poste frontière était totalement verrouillé depuis plus d'un an et demi,
00:15alors qu'il est vital pour l'acheminement de l'aide humanitaire. On en parle avec vous, Gauthier Rabinski. Gauthier, merci d'être là.
00:22Alors qu'un cessez-le-feu, on va reprendre depuis le début, alors qu'un cessez-le-feu a été décrété en octobre dernier,
00:26chaque jour l'enclave palestinienne est bombardée, chaque jour des civils, des enfants sont tués, la population manque de tout, rien n'a changé.
00:33En somme, depuis la trêve, c'est ce que nous disent régulièrement les ONG, les membres de ces ONG qu'on reçoit sur ce plateau,
00:40l'État hébreu joue sur le levier humanitaire, c'est ce qu'il faut comprendre, cette aide humanitaire, elle est utilisée comme une arme de guerre,
00:46ou la privation de cette aide humanitaire utilisée comme telle ?
00:49Oui, comme on l'a vu pendant la guerre, de manière beaucoup plus significative et claire,
00:57il y a la volonté de finalement rendre la vie tellement insupportable à Gaza que les Palestiniens quittent la bande de Gaza.
01:06Et c'est ce qui se passe, c'est ce qu'ils ont essayé, c'est ce qui peut se passer avec cette ouverture de RAFA,
01:12qui est plus une ouverture politique qu'humanitaire. Bon, encore une fois, la question c'est de savoir, dans ce cadre-là,
01:22comment Israël veut que l'on perçoive son action. Or, il y a eu de nombreux reproches adressés à Israël depuis le 7 octobre 2023,
01:33et il y a quelque chose de clair, c'est que, si vous voulez, la manière dont Israël régit, vous vous souvenez de cette fondation américaine
01:44qui, au fond, était là pour créer encore plus de désordre, Israël régit la chose de sorte que, et là c'est une conviction du pouvoir actuel israélien,
01:57je ne dis pas de toute la classe politique, mais du pouvoir actuel, qu'il faut une punition collective.
02:02Et que la punition collective vis-à-vis des Palestiniens de Gaza consiste à, justement, leur rendre la vie insupportable, impossible,
02:12sur le plan humanitaire, c'est-à-dire les choses les plus élémentaires.
02:15Et que donc, à partir de là, c'est la raison pour laquelle le gouvernement de Netanyahou considère,
02:23vous vous souvenez, certains l'avaient dit, qu'il n'y avait pas de Gazaoui innocent dans cette affaire.
02:28Bon.
02:29Comme si, d'ailleurs, comme si le Hamas n'avait jamais opprimé sa propre population,
02:36de sorte que certains sont considérés, non pas comme responsables, mais comme victimes.
02:42Mais ça, c'est très difficile à admettre pour Netanyahou.
02:44Donc voilà la situation humanitaire, avec, je crois, 20 000 personnes qui devraient être évacuées pour être soignées.
02:51Qui vivent toujours sous des tentes de fortune, on le voit derrière vous.
02:54Ce sont des images en direct de la bande de Gaza.
02:57Très bien.
02:58Je voulais juste le souvenir.
02:58Non, non, vous avez raison.
02:59Oui, ça fait écho à ce que vous dites.
03:00Bien sûr.
03:01Il y en a été reconstruit.
03:02Les gens vivent dans des abris de fortune en plastique.
03:04L'eau a inondé les tentes.
03:06Et les évacuations n'ont toujours pas été faites.
03:08Et les évacuations n'ont toujours pas été faites.
03:11Là encore, il y a un projet, peut-être, dont on peut se féliciter qu'il n'ait pas lieu.
03:18Ça sera celui de la Riviera, qu'appelait de ses voeux Donald Trump.
03:23Pour une raison très simple, c'est pas la bonne raison, mais c'est que les États arabes voisins
03:27ne vont pas se risquer à financer quelque chose qui pourrait être remis en cause à chaque fois.
03:32Et que donc, les sonnants et trébuchants ne vont pas aller dans ce coin-là.
03:36Mais, de fait, quand je dis que ce n'est pas la bonne raison, l'autre raison, la bonne raison,
03:42ce serait l'indécence qui aurait à bâtir quelque chose de pareil sur un endroit où,
03:46aujourd'hui, vous montrez l'image, elle n'est pas tolérable.
03:51Et encore une fois, la position du gouvernement israélien consiste, au fond, à dire à la communauté internationale
03:58« Vous voyez, on a fait un petit effort. »
04:01C'était pire. Et là, on fait un petit effort, mais qui, encore une fois, n'a rien, n'a aucun impact humanitaire en réalité.
04:08Et qu'en est-il, Gauthier, de la phase 2 du plan proposé ? Le plus dur arrive, le plus compliqué arrive ?
04:15Bien sûr, le plus compliqué arrive, parce que là, autant, jusqu'à présent, on peut se limiter à des arrangements très ponctuels,
04:24même s'ils ne sont pas tenus, même si, aussi, d'un autre côté, on découvre, chaque jour, de nouvelles ramifications des tunnels du Hamas.
04:34Mais Israël rompt la trêve. Donc, bon, là encore, il y a beaucoup de choses à faire.
04:40Mais la deuxième phase, c'est quoi ? La deuxième phase, c'est s'attaquer, un, à la question du retrait palestinien de Gaza.
04:46Quelles frontières respecter ? Quelles lignes compliquées ?
04:49Parce qu'au fond, au sein du gouvernement israélien, il y a des représentations totalement différentes de la chose.
04:54Et comment désarmer le Hamas ?
04:56Et désarmer le Hamas, ça veut dire, si on y arrive, ça veut dire précisément qu'il faut trouver, au fond, une organisation ou une instance palestinienne qui prenne la place du vide.
05:09Si on n'y arrive pas, le Hamas se refait une santé.
05:12Donc, là aussi, il y a quelque chose qui est extrêmement compliqué.
05:15Et au fond, vous allez dire que c'est toujours ma marotte, mais au fond, si on n'assiste pas très rapidement à un remplacement du personnel politique,
05:26des deux côtés, on est dans l'impasse.
05:29On est dans l'impasse parce que, pour Netanyahou, il n'y a pas, il l'a répété, de perspective d'un État palestinien, même à Gaza.
05:36Et pour le Hamas, sa raison d'être est de combattre Israël.
05:40Donc, vous voyez bien que s'il n'y a pas un renouvellement dans les deux camps, la deuxième phase, on ne les verra peut-être pas, même pas la queue de cette deuxième phase.
05:51Merci Gauthier. Merci pour ces éléments de compréhension.
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