00:00D'abord, ce qui s'est passé avec LMB est bien la preuve que notre gouvernement n'a rien compris à la nécessité de la souveraineté et de la puissance.
00:07Parce qu'on nous parle matin, midi et soir de puissance, de souveraineté, de réindustrialisation.
00:12Or, on s'aperçoit que depuis bientôt dix ans, Emmanuel Macron, et en l'occurrence ici M. Lescure, ont été des liquidateurs.
00:19Ils ont vendu la France à la découpe. Je vous rappelle que le macronisme, ça commence avec la vente de la branche énergie d'Alston aux Américains.
00:27Leux personnes qui montent au créneau là-dessus, c'est Jean-Luc Mélenchon et vous.
00:31Mais non seulement je monte au créneau, mais si j'avais été Premier ministre, le gouvernement français se serait opposé à la vente de LMB.
00:38Comment on peut vous opposer s'il n'y a pas de racheteurs ? En fait, tout ça est totalement théorique.
00:43Il n'y avait pas de racheteurs français. Vous ne pouvez pas l'inventer.
00:45Madame, on ne parle pas d'une usine désaffectée. LMB et la propriété étaient, depuis 2022, d'un groupe, d'un fonds d'investissement,
00:54qui gère près de 50 milliards d'euros d'actifs, qui s'appelle Tikeo.
00:58Tikeo a racheté LMB, qui est une pépite de la souveraineté militaire et de la souveraineté industrielle de la France,
01:03qui équipe notamment en système de ventilation les Rafales, le porte-avions, les chars Leclerc.
01:12Tikeo revend LMB 400 millions.
01:15Ça veut dire une plus-value de 100%, madame, en moins de trois ans.
01:18Donc, on n'est pas ici dans le cadre d'une usine désaffectée.
01:22Donc, vous auriez sanctionné Tikeo ? Vous lui auriez interdit de le vendre ?
01:26J'aurais mis, compte tenu de la nécessité stratégique d'avoir LMB dans le giron industriel français,
01:33pour nos armées, pour notre souveraineté, pour nos systèmes aériens,
01:37j'aurais effectivement, dans le cadre du décret Montebourg,
01:39utilisé les armes juridiques que me donne aujourd'hui l'État pour protéger la souveraineté de la France.
01:43Est-ce qu'on imagine, madame, le Pentagone, où des boîtes américaines hautement stratégiques,
01:50liées à la défense des États-Unis d'Amérique, se faire racheter par des sociétés chinoises ou par des sociétés européennes ?
01:55Depuis 2014, madame, il y a 1500 entreprises françaises qui sont passées sous pavillons américains.
02:01Donc, moi, je ne me résous pas à ce que notre pays soit vendu à la découpe,
02:03parce que ça pose un enjeu très simple, celui de l'extraterritorialité du droit américain.
02:08Si demain, madame, LMB, qui produit des systèmes de ventilation et qui équipe nos rafales,
02:14est propriété d'une entreprise américaine,
02:17et qu'en vertu de l'extraterritorialité du droit américain,
02:20les États-Unis décident de mettre un veto sur des exportations de rafales,
02:23au motif que le pays qui accueillerait ces rafales serait en conflit avec les États-Unis d'Amérique,
02:28on fait quoi ?
02:30On active ce qu'on appelle le golden share de l'État, qui est effectivement une des clauses.
02:34Mais en effet, ça pose une vraie question, mais vous vous heurtez aussi au réel,
02:41qui est qu'il n'y avait pas d'entreprise française qui était prête à racheter.
02:43Non, madame, il faut deux observations.
02:45La première, c'est que sur le golden share, qui est un mot qu'on a maquillé techniquement
02:48pour dire en gros que l'État peut monter au capital avec une action préférentielle.
02:53De manière très concrète, ce golden share dont a parlé M. Lescure,
02:57n'empêche ni le transfert de technologie, ni le transfert de brevets.
03:00Donc, on voit bien que les grandes nations qui réussissent dans la mondialisation
03:04résonnent en termes de souveraineté et en termes de puissance.
03:06Nous, on résonne en termes de braderie et de transaction de l'industrie française.
03:11Et je n'accepte pas cette logique.
03:12C'est la raison pour laquelle, pardon, juste pour vous répondre très concrètement,
03:16si demain nous sommes à la tête du pays, nous mettrons en place un fonds souverain.
03:20Vous savez, il y a beaucoup de gens qui conservent de l'épargne
03:24ou qui placent leur épargne sur le livret A et qui déplorent que cette épargne ne soit pas rémunérée.
03:29Moi, si demain je suis à la tête du gouvernement,
03:31je proposerai aux Français de devenir actionnaire de la Maison France
03:34et de placer pour les Français qui le souhaitent, leur argent,
03:37contre rémunération chaque année, encore une fois sur la base du volontariat,
03:41dans un fonds souverain qui aura vocation précisément à répondre à ce type de cas industriels,
03:45à financer la réindustrialisation, à financer l'intelligence artificielle,
03:50à financer la tech, à financer les grands projets qui doivent permettre à la France
03:54de redevenir une grande puissance parce qu'encore une fois,
03:56moi je ne me résous pas à voir la France devenir un désir industriel.
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