- il y a 10 heures
Jordan Bardella, président du Rassemblement national et député européen, était l'invité du Face à Face sur RMC et BFMTV ce 2 février. Il est notamment revenu sur les tensions entre les États-Unis et l'Iran, le budget ou encore le procès en appel du Rassemblement national pour détournement de fonds publics.
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00:01Il est 8h26 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jordan Bardella.
00:05Bonjour Madame, merci pour votre invitation.
00:06Merci à vous d'y avoir répondu et d'être présent ce matin.
00:09Vous êtes président du RN, vous êtes député européen.
00:12De très nombreuses questions à vous poser, d'ailleurs sur la France et sur le monde.
00:15Mais c'est vrai que quand on regarde tous les sondages,
00:18quelle que soit la configuration, vous êtes donné gagnant.
00:21Que ce soit vous ou Marine Le Pen, surtout vous d'ailleurs.
00:24Les idées du RN n'ont jamais été aussi partagées par les Français.
00:28Comment vous vivez ça ?
00:30Avec beaucoup d'humilité et surtout une très grande responsabilité.
00:34Chaque jour qui passe, nous nous préparons à exercer le pouvoir.
00:38Il y a une attente très forte aujourd'hui dans le pays d'une alternance,
00:43d'un changement sur la politique économique, sur la politique sécuritaire, migratoire,
00:48sur la défense des intérêts de la France en Europe mais aussi dans le monde.
00:51Et nous nous efforçons de porter en France cette voix du peuple,
00:54cette voix de la fierté française et de cette aspiration à la puissance
00:58qui s'exprime en France mais qui s'exprime aussi dans toutes les grandes démocraties.
01:01Qu'est-ce qui pourrait vous faire rater la marche ?
01:04Tout madame.
01:05L'élection est un long chemin.
01:07L'élection présidentielle et législative sont un chemin de croix.
01:11J'ai toujours considéré que le pouvoir ne nous serait jamais donné,
01:13qu'il serait conquis de haute lutte.
01:15Et donc nous travaillons non seulement pour faire connaître aux Français nos propositions
01:20mais surtout pour rassembler les Français.
01:21Je pense qu'il y a un besoin d'unité aujourd'hui dans le pays.
01:23Et moi je veux convaincre aussi les Français qui ont encore des hésitations
01:27ou des craintes à l'égard des idées que je peux porter
01:29que si le redressement des nations est possible dans d'autres pays d'Europe,
01:34dans d'autres pays du monde, alors il est aussi possible en France.
01:37On va y revenir avec évidemment aussi la question en toile de fond
01:41de l'avenir judiciaire de Marine Le Pen.
01:44Ça se joue aujourd'hui même, le dernier jour avant les réquisitions demain.
01:47Mais d'abord, effectivement, vous parliez de la question de la puissance dans le monde.
01:50L'Iran, désescalade entre Donald Trump et le pouvoir iranien,
01:56signe d'apaisement, si on peut dire comme ça, côté iranien,
01:59puisque les exercices militaires dans le détroit d'Hormuz qui étaient prévus
02:02ont finalement été annulés.
02:04Et du côté de Donald Trump, ce qui apparaissait comme un préalable,
02:07c'est-à-dire le changement de régime, n'est finalement plus exigé par les États-Unis
02:11pour pouvoir discuter.
02:13Donc l'intervention, elle semble s'éloigner.
02:15Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle ?
02:18Rares sont les interventions militaires américaines
02:22qui se sont soldées par la démocratie.
02:25On se souvient, il faut avoir de la mémoire lorsqu'on fait de la politique à ce niveau,
02:30on se souvient des interventions en Afghanistan,
02:32on se souvient de l'Irak,
02:35on se souvient sur un plan un peu plus proche de chez nous de la Libye.
02:39Rares sont les interventions militaires extérieures
02:41qui se sont soldées par la démocratie il y a encore quelques jours.
02:44L'intervention militaire au Venezuela a entraîné la chute du dictateur Maduro.
02:51Mais on voit que le régime, il est aujourd'hui toujours en place.
02:54Donc moi, je suis extrêmement prudent à l'égard de toute forme d'intervention militaire
02:58dans des zones qui sont des zones extrêmement compliquées, extrêmement périlleuses.
03:02Et j'aimerais dire que la France et l'Europe doivent, au-delà de tout cela,
03:06dénoncer sans réserve la répression extrêmement brutale
03:11qui s'abat aujourd'hui sur le peuple iranien.
03:12dénoncer et qu'on ne fait rien.
03:14Nous devons d'abord être solidaires à l'égard du peuple iranien.
03:17On l'est maintenant.
03:17Le dire, le redire, qui se bat, c'est vrai, pour sa liberté et pour sa dignité.
03:22Et je pense que le rôle de la France,
03:23puisque moi j'aspire à être dirigeant politique français,
03:26c'est d'être une puissance d'équilibre.
03:29Solidarité envers les manifestants,
03:30fermeté envers le régime.
03:32Je soutiens et j'ai soutenu l'inscription des gardiens de la révolution
03:35sur la liste des organisations terroristes par l'Union européenne.
03:38Nous devons évidemment faire le nécessaire pour protéger nos ressortissants
03:42et mettre en œuvre des pressions diplomatiques et économiques
03:45sur le régime d'Emola,
03:48qui est un régime terroriste,
03:50qui est le sponsor du terrorisme non seulement en Europe.
03:53Je vous rappelle qu'il y a eu ce projet d'attentat,
03:56cet attentat sur le seul français en 2018 à Villepinde
03:59contre ce qui était considéré comme des résistants au régime iranien.
04:02Et puis il y a eu évidemment ce sponsor du Hamas
04:05lors des ignobles attaques qui ont visé Israël le 7 octobre 2023 par l'Iran.
04:09Donc l'Iran est une dictature islamique ?
04:13On ne se contente pas de mots.
04:14Nous pouvons mettre en œuvre des pressions économiques,
04:17des pressions politiques, des pressions diplomatiques.
04:20Mais c'est vrai que nous sommes, nous, extrêmement vigilants
04:24quant à une éventuelle intervention militaire.
04:25Parce que ce que nous ne savons pas en réalité
04:29dans le cadre des exercices et aujourd'hui des opérations militaires
04:32qui sont menées autour de l'Iran par le président Trump,
04:35quel est l'objectif et le périmètre d'une potentielle intervention ?
04:38Est-ce que c'est cibler le nucléaire militaire ?
04:40Est-ce que c'est cibler le guide suprême ?
04:43Est-ce que c'est frapper les gardiens de la révolution ?
04:45Nous n'avons pas la réponse qu'aujourd'hui.
04:46Il vous fait peur, Donald Trump ?
04:48Non, il ne me fait pas peur.
04:50Dans son agitation ?
04:51Certains que le président Trump a, je dirais,
04:55un côté très incertain et très imprévisible
04:57dans les actions qu'il peut conduire.
04:59Moi, je pense qu'il sait pertinemment ce qu'il fait.
05:02Sans doute dissimule-t-il cela par des revirements de postures.
05:07Il n'est plus votre modèle.
05:08Mais ça n'a jamais été mon modèle.
05:10Vous avez plusieurs fois dit que c'était une chance,
05:14y compris pour la France.
05:16Pas du tout.
05:17J'ai précisément indiqué que le vent de liberté
05:19qui soufflait sur les Etats-Unis d'Amérique
05:22ne devait pas faire de nous des êtres naïfs
05:25et que si Trump était bon pour l'Amérique,
05:28alors il serait mauvais pour la France et pour l'Europe.
05:30J'ai entendu ce matin sur votre antenne...
05:32L'élection de Donald Trump est une bonne nouvelle pour notre pays.
05:34Ça, c'était Marine Le Pen.
05:36Quelle année, madame ?
05:36Et vous, vous avez dit...
05:37Quelle année, madame, madame, madame ?
05:38C'était pour le premier mandat.
05:39Ah, merci.
05:40Donc quelle année ?
05:40Le premier mandat.
05:41Je n'ai plus en tête exactement, mais c'est l'ultime de 2016.
05:44Absolument.
05:45Donc on parle du premier mandat,
05:46à l'époque où le président Trump n'était pas interventionniste,
05:49à l'époque où il envisageait de retirer les troupes militaires
05:51en tous les conflits engagés dans le monde, d'une part.
05:55Qui était un allié, celui-ci ne l'est plus.
05:57Et deuxièmement, madame, il était opposé à l'accord de libre-échange,
06:00l'accord du TAFTA,
06:01qui était un accord de libre-échange avec l'Amérique
06:05et qui, évidemment, menaçait l'industrie, l'économie et l'agriculture.
06:09Donc il y était opposé à l'époque.
06:11Mais c'est vrai que le mandat de Donald Trump,
06:14tel que nous le vivons depuis un an,
06:15est de manière significative très différent du premier mandat de Trump
06:19que nous avons vécu.
06:20Mais Jordan Bardella, est-ce que...
06:21Moi, je ne retire pas un mot,
06:22je ne retire pas un mot des propos que j'ai pu tenir
06:25depuis l'élection de Trump, pour une raison très simple.
06:27Et j'ai entendu ce matin l'édito de vos journalistes
06:30qui a dit beaucoup de bêtises sur le sujet.
06:32Je ne retire pas un mot parce que, précisément,
06:34il se passe exactement ce que j'avais indiqué.
06:37Ok. Écoutez, sur votre antenne, en novembre 2024,
06:41j'avais indiqué que l'élection de Trump
06:42devait être une opportunité pour l'Europe
06:45de retrouver notre souveraineté et notre indépendance.
06:48Huit jours après l'élection de Trump,
06:50le 13 novembre 2024, au Parlement européen,
06:52j'ai indiqué la chose suivante.
06:53Face à Trump, réveillons-nous ou bien nous disparaîtrons.
06:5724 heures après l'investiture de Trump,
06:59au Parlement européen toujours,
07:00l'Amérique de Trump lance un défi de puissance à la France et à l'Europe.
07:03Réagissons ou bien nous sortirons de l'histoire.
07:05Et j'ai critiqué, madame, avec beaucoup de détermination,
07:09l'accord commercial qui a été négocié par l'Union européenne
07:12et les États-Unis à l'été dernier,
07:14qui est un accord qui acte la vassalisation économique,
07:16à notre demande aussi,
07:18la vassalisation économique de l'Europe.
07:20Donc, moi, ma seule boussole, madame,
07:21en politique étrangère,
07:23c'est que la France redevienne un pays non aligné,
07:25qu'elle soit capable de parler à tout le monde,
07:28qu'elle ne se soumette à personne
07:29et qu'elle défende ses intérêts d'abord.
07:31Est-ce que face à ce désordre du monde,
07:35quand vous dites l'Europe doit se réveiller,
07:37est-ce qu'il ne faut pas plus d'Europe ?
07:39Est-ce que la France peut rester seule ?
07:42Mais l'Union européenne, d'abord la France n'est pas seule.
07:45La France œuvre et travaille aux côtés de nations européennes.
07:47Mais nous retrouverons ce goût et cette aspiration à la puissance,
07:52que ce soit pour la France ou pour les nations européennes,
07:55en changeant le fonctionnement aujourd'hui de l'Union européenne,
07:57qui organise l'impuissance collective,
08:00qui nous a pieds et points liés,
08:02notamment sur les règles commerciales,
08:03qui fait qu'aujourd'hui, dans les marchés publics,
08:05par exemple, liés à la défense,
08:06on ne peut pas donner une priorité d'accès aux boîtes européennes.
08:11Je vous donne un exemple très concret.
08:13C'est ça aussi l'Union européenne.
08:14Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine,
08:1680% des hausses de dépenses militaires
08:19qui ont été mises en œuvre dans les différents États membres
08:21l'ont été au profit de sociétés extra-européennes
08:23et notamment de sociétés américaines.
08:24Donc vous leur dites achetez français.
08:26Donc je leur dis non seulement achetez français,
08:27mais je viens leur dire que la France doit prendre l'initiative
08:30d'une nouvelle architecture européenne,
08:33d'une nouvelle forme de construction européenne,
08:35avec toutes les nations qui aspirent à la puissance, bien sûr,
08:39en vertu du rôle historique de la France sur le continent européen,
08:43avait comme projet de briser l'encerclement aujourd'hui
08:46dans lequel est empêtrée l'Union européenne.
08:47On serait combien ?
08:48Avec à l'ouest, j'en termine madame,
08:50avec à l'ouest une vassalisation technologique et militaire
08:53à l'égard des États-Unis,
08:54à l'est une vassalisation industrielle à l'égard de la Chine
08:57et des pressions migratoires toujours plus fortes au sud.
09:00Mais il reste toutes les nations européennes
09:02qui entendent se joindre à la France
09:05pour prendre l'initiative d'une nouvelle forme de coopération européenne
09:08qui soit basée non seulement sur le respect des souverainetés,
09:11mais qui puisse nous permettre de réaffirmer notre puissance.
09:14C'est l'Italie, l'Allemagne, le Benelux, l'Espagne, c'est quoi ?
09:17Mais il faut se mettre autour de la table
09:18en déterminant des objectifs communs.
09:20L'indépendance passera d'abord par la croissance.
09:22Et je me permets de vous rappeler
09:23que lorsque le président Trump a été élu,
09:25j'avais moi-même demandé au Parlement européen
09:27la suspension du Green Deal,
09:28c'est-à-dire du pacte vert
09:29et de la multiplication des normes,
09:31toujours plus lourdes,
09:32de la paperasse qui pèse sur nos chefs d'entreprise,
09:34que ce soit les petites entreprises,
09:36les ETI ou les grands groupes.
09:37Si on veut être indépendant demain,
09:39on a besoin de produire en France,
09:41on a besoin de produire sur le sol européen.
09:43Et c'est la raison pour laquelle,
09:44moi, je demande non seulement
09:45qu'on arrête la naïveté commerciale,
09:47qu'on soit capable d'utiliser des droits de douane
09:49lorsque notre industrie, par exemple, automobile,
09:51est menacée,
09:52qu'on fasse de la préférence nationale
09:53et de la préférence européenne.
09:55Mais encore faut-il avoir des gens qui achètent ?
09:57Je prends un exemple.
09:58Vous êtes monté au créneau sur LMB Aerospace,
10:02qui est donc ce sous-traitant du secteur de la défense
10:05qui a été autorisé à la vente
10:06pour les Etats-Unis.
10:09Mais il n'y avait pas de repreneurs français ?
10:10Mais madame, pardon, d'abord...
10:12Vous ne pouvez pas inventer que ça reste français
10:14si personne n'en veut ?
10:15D'abord, ce qui s'est passé avec LMB
10:17est bien la preuve que notre gouvernement
10:19n'a rien compris à la nécessité
10:21de la souveraineté et de la puissance.
10:22Parce qu'on nous parle matin, midi et soir
10:24de puissance, de souveraineté,
10:25de réindustrialisation.
10:27Or, on s'aperçoit que depuis bientôt 10 ans,
10:30Emmanuel Macron, et en l'occurrence,
10:32ici, M. Lescu,
10:32ont été des liquidateurs.
10:34Ils ont vendu la France à la découpe.
10:35Je vous rappelle que le macronisme,
10:37ça commence avec la vente de la branche énergie d'Alstom
10:41aux Américains.
10:42Il y a deux personnes qui montent au créneau là-dessus.
10:44C'est Jean-Luc Mélenchon et vous.
10:45Avec la vente de LMB.
10:46Mais non seulement je monte au créneau,
10:48mais si j'avais été Premier ministre,
10:50le gouvernement français se serait opposé
10:52à la vente de LMB.
10:53Mais oui, mais comment vous pouvez vous opposer
10:54s'il n'y a pas de racheteurs ?
10:55En fait, tout ça est totalement théorique.
10:57Non, pardon.
10:58Il n'y avait pas de racheteurs français.
11:00Madame, on ne parle pas d'une usine désaffectée.
11:03D'accord ?
11:03LMB et la propriété étaient, depuis 2022,
11:07d'un groupe, d'un fonds d'investissement
11:09qui gère près de 50 milliards d'euros d'actifs
11:11qui s'appelle Tikeo.
11:13Tikeo a racheté LMB,
11:15qui est une pépite de la souveraineté militaire
11:17et de la souveraineté industrielle de la France,
11:18qui équipe notamment en système de ventilation,
11:21les Rafales, le porte-avions,
11:24les chars Leclerc.
11:25Bon, Tikeo revend LMB 400 millions.
11:30Ça veut dire une plus-value de 100%, madame,
11:33en moins de 3 ans.
11:33Donc, on n'est pas ici,
11:35dans le cadre d'une usine désaffectée,
11:37encore faut-il organiser...
11:37Donc, vous auriez sanctionné Tikeo ?
11:38Non.
11:39Vous lui auriez interdit de le vendre ?
11:41J'aurais mis, compte tenu de la nécessité stratégique
11:44d'avoir LMB dans le giron industriel français,
11:48pour nos armées, pour notre souveraineté,
11:50pour nos systèmes aériens,
11:52j'aurais effectivement, dans le cadre du décret Montebourg,
11:54utiliser les armes juridiques que me donne aujourd'hui l'État
11:57pour protéger la souveraineté de la France.
11:58Est-ce qu'on imagine, madame,
12:00le Pentagone,
12:02où des boîtes américaines hautement stratégiques,
12:05liées à la défense des États-Unis d'Amérique,
12:07se faire racheter par des sociétés chinoises
12:09ou par des sociétés européennes ?
12:10Depuis 2014, madame,
12:12il y a 1500 entreprises françaises
12:14qui sont passées sous pavillons américains.
12:16Donc, moi, je ne me résous pas
12:17à ce que notre pays soit vendu à la découpe,
12:18parce que ça pose un enjeu très simple,
12:20celui de l'extraterritorialité du droit américain.
12:23Si demain, madame,
12:25LMB, qui produit des systèmes de ventilation
12:27et qui équipe nos rafales,
12:29est propriété d'une entreprise américaine
12:31et qu'en vertu de l'extraterritorialité du droit américain,
12:35les États-Unis décident de mettre un veto
12:36sur des exportations de rafales,
12:38au motif que le pays qui accueillerait ces rafales
12:41serait en conflit avec les États-Unis d'Amérique,
12:43on fait quoi ?
12:45On active ce qu'on appelle le « golden share » de l'État,
12:48qui est effectivement une des clauses.
12:49Mais en effet,
12:50ça pose une vraie question,
12:52mais vous vous heurtez aussi au réel,
12:56qui est qu'il n'y avait pas d'entreprise française
12:58qui était prête à l'acheter.
12:58Non, madame, il faut deux observations.
13:00La première, c'est que sur le « golden share »,
13:01qui est un mot qu'on a maquillé techniquement
13:03pour dire, en gros,
13:04que l'État peut monter au capital
13:06avec une action préférentielle.
13:08De manière très concrète,
13:09ce « golden share » dont a parlé M. Lescure
13:12n'empêche ni le transfert de technologies,
13:14ni le transfert de brevets.
13:15Donc, on voit bien que les grandes nations
13:17qui réussissent dans la mondialisation
13:19résonnent en termes de souveraineté
13:20et en termes de puissance.
13:21Nous, on résonne en termes de braderie
13:24et de transaction de l'industrie française.
13:26Et je n'accepte pas cette logique.
13:27Plusieurs questions.
13:28C'est la raison pour laquelle,
13:29pardon, juste pour vous répondre très concrètement,
13:30si demain, nous sommes à la tête du pays,
13:33nous mettrons en place un fonds souverain.
13:35Vous savez, il y a beaucoup de gens
13:36qui conservent de l'épargne
13:38ou qui placent leur épargne sur le livret A
13:41et qui déplorent que cette épargne
13:43ne soit pas rémunérée.
13:44Moi, si demain, je suis à la tête du gouvernement,
13:46je proposerais aux Français
13:47de devenir actionnaires de la Maison France
13:49et de placer pour les Français
13:50qui le souhaitent,
13:51leur argent contre rémunération chaque année,
13:53encore une fois sur la base du volontariat,
13:55dans un fonds souverain
13:56qui aura vocation précisément
13:58à répondre à ce type de cas industriels,
14:00à financer la réindustrialisation,
14:03à financer l'intelligence artificielle,
14:05à financer la tech.
14:06À financer les grands projets
14:07qui doivent permettre à la France
14:09de redevenir une grande puissance
14:10parce qu'encore une fois,
14:11moi, je ne me résous pas
14:12à voir la France devenir un désert industriel.
14:14Mon ambition, c'est la croissance,
14:16la production, la souveraineté,
14:18l'indépendance et la puissance.
14:19Pendant ce temps-là,
14:19le budget devrait être adopté
14:22d'ici ce soir,
14:23malgré une motion de censure
14:26à nouveau déposée par vous
14:27mais qui n'a aucune chance d'aboutir.
14:29Je préférerais donc passer
14:30à des questions aussi sur les municipales.
14:32Plusieurs questions.
14:33D'abord, une question très pratique
14:34que je pose à peu près à tous ceux qui sont...
14:35Pardon madame, on parle quand même d'un budget
14:36qui est un budget qui dégouline d'impôts
14:39et qui va rentrer en application
14:41par le jeu d'alliance entre les républicains
14:43et le parti socialiste.
14:45Mais ça va nous coûter combien ?
14:46Ah non, mais ça, on a bien compris
14:47que vous n'étiez pas d'accord avec ce budget.
14:49Moi, j'entends beaucoup dire...
14:50Bon, voilà !
14:50J'entends beaucoup dire
14:51un budget, c'est mieux que pas de budget.
14:54Oui, sur la rhétorique, c'est vrai.
14:55Mais entre un budget socialiste
14:57qui dégouline d'impôts,
14:58qui va augmenter les prélèvements obligatoires
15:00de près de 30 milliards d'euros, madame,
15:02avec de nouvelles taxations
15:03sur les entreprises françaises,
15:04enfin, rendez-vous compte,
15:05encore une fois,
15:06on nous parle toute la journée
15:07de croissance,
15:08de réindustrialisation,
15:10de souveraineté,
15:10et de l'autre, on va augmenter la fiscalité
15:12sur les entreprises françaises.
15:14On nous dit que ça concerne les grands groupes,
15:15mais vous savez très bien
15:16que ça va concerner l'ensemble
15:17de la chaîne de valeur
15:18et que ce qui est taxable
15:19sur les grands groupes
15:20va évidemment se répercuter
15:21sur les ETI et sur les PEP.
15:23Donc, nous sommes opposés à ce budget
15:25et nous considérons
15:25qu'il faut baisser la fiscalité
15:27parce que c'est par cette solution
15:28qu'on pourra nous être avec la croissance.
15:28À propos du MEDEF,
15:29Jordan Bardella,
15:30vous l'avez peut-être vu,
15:31il propose un CDI,
15:33il propose comme pisse de réflexion,
15:35un CDI jeune
15:36où il y aurait effectivement
15:38un SMIC moindre,
15:39un SMIC jeune,
15:40mais aussi des droits
15:41qu'on gagnerait sur trois ans.
15:43Vous en pensez quoi de ça ?
15:44Je pense que c'est du nivellement
15:45par le bas
15:45et que ça n'est pas le sujet en réalité.
15:48Le sujet, c'est de permettre
15:50à chaque jeune français
15:51de pouvoir vivre en France,
15:54de pouvoir travailler en France,
15:55de pouvoir gagner sa vie en France
15:56sans être accablé
15:57de normes, de taxes et d'impôts.
15:59Et je pense qu'il faut faire en sorte
16:01que les jeunes rentrent
16:01plutôt sur le marché du travail
16:03et vous savez que nous portons
16:04comme ambition
16:05sur le modèle suisse
16:06ou sur le modèle allemand
16:07de revaloriser
16:08de manière significative
16:09à la fois l'apprentissage
16:10mais dès le collège
16:11les savoirs manuels,
16:14les métiers professionnels
16:15parce que nous avons besoin,
16:17encore une fois dans une logique
16:17de réindustrialisation,
16:19d'avoir des jeunes
16:21qui soient formés
16:23à des métiers manuels
16:24et dont les filières sont valorisées
16:25et dont la France doit être fière.
16:26Ce maire qui refuse
16:27de célébrer un mariage
16:28sous OQTF,
16:29il a une astreinte financière
16:31à partir de cette semaine
16:32de 500 euros par jour
16:33qui passera même
16:343000 euros par jour.
16:36Si le mariage
16:37n'est pas célébré,
16:39est-ce qu'il faut
16:39qu'il continue
16:40à s'opposer
16:41à ce mariage
16:43et que sa commune
16:44paye ses astreintes ?
16:45D'abord, je lui apporte
16:46mon soutien
16:47et mes encouragements
16:49dans ce combat
16:50qui est un combat admirable
16:52parce que c'est un combat
16:52au fond pour le droit.
16:55J'ai entendu,
16:56vous avez interrogé
16:57il y a quelques jours
16:58à ce même micro
16:59et sur cette même question
17:00Éric Ciotti,
17:01le président de l'UDR
17:01qui est un allié,
17:02l'ancien président des Républicains
17:03qui a précisément porté
17:05à l'Assemblée nationale
17:06un projet de loi
17:07pour réparer
17:08ce qui apparaît aujourd'hui
17:09pour beaucoup de Français
17:10comme une anomalie juridique,
17:12une anomalie politique
17:13à partir du moment
17:14où vous êtes présent
17:15sur le sol français.
17:15Il y a 400 occulteurs,
17:17400 obligations
17:18de quitter le territoire français.
17:20Vous ne devriez pas
17:21pouvoir rester
17:22sur le sol français
17:22et encore moins
17:23pouvoir bénéficier
17:24de ces avantages.
17:25Donc pour vous,
17:25il faut qu'il tienne
17:25et même qu'il paye.
17:26Grenoble,
17:27malgré la décision
17:28du Conseil d'État
17:28qui se prononçait contre
17:30en juin 2022,
17:32Éric Piolle affirme
17:33qu'en réalité
17:34dans les piscines de Grenoble,
17:35il autorise le port
17:37du Burkini
17:38et il vient de le redire
17:40dans une interview.
17:41Il y a donc
17:41une contradiction
17:42entre ce que lui impose
17:43le Conseil d'État
17:44et ce qu'il fait
17:45concrètement
17:45dans la ville.
17:47Est-ce que là aussi
17:48entre ces...
17:49Est-ce que le maire
17:50doit quand même
17:50tenir sur sa propre conviction ?
17:52Il y a quelque chose
17:53de très révélateur,
17:54Madame,
17:54dans cette interview,
17:55c'est que nous avons
17:56commencé l'interview
17:56en parlant de l'Iran
17:57et en parlant
17:59de ce peuple
18:00qui est en train
18:00de se soulever
18:01contre la dictature islamique.
18:03Et moi,
18:03je vois des pays
18:03dans le monde
18:04où des peuples
18:05ou des femmes
18:06retirent leur voile,
18:07sont battues à mort
18:08pour cela
18:08et se battent
18:09contre la dictature
18:10des islamistes.
18:11Pendant ce temps-là,
18:11en France,
18:12vous avez certaines
18:13qui non seulement
18:13se battent
18:14pour remettre le voile,
18:15mais vous avez
18:16des élus de gauche
18:17et d'extrême-gauche
18:18qui, main dans la main
18:19avec les islamistes,
18:21sont dans la roue
18:22de toutes les revendications
18:23des frères musulmans
18:24et des fondamentalistes
18:26islamistes.
18:26Et ils le font
18:27en violation même
18:28de la loi
18:28parce que le Conseil d'État
18:30et la justice administrative
18:31s'est déjà prononcée
18:33contre cette décision.
18:34C'est-à-dire que vous faites
18:34un parallèle
18:35entre les piolles
18:36et les moilas ?
18:37Oui, je pense qu'ils se font
18:40les relais en France,
18:41ces élus d'extrême-gauche,
18:43des revendications
18:45des frères musulmans
18:46et des islamistes.
18:47Je vous rappelle, madame,
18:48qu'il y a quelques jours
18:49à l'Assemblée nationale,
18:50nous avons permis
18:51l'adoption d'une résolution
18:52qui plaçait les frères musulmans
18:54sur la liste
18:54des organisations terroristes.
18:56Votée par les députés.
18:58La gauche a refusé
18:59de la voter.
19:00J'étais, il y a quelques jours,
19:01au Parlement européen
19:02à Strasbourg.
19:03Une mairie écologiste
19:04a fait voter une subvention
19:05de plus de 2 millions d'euros
19:07en violation totale
19:08de la loi.
19:09Ça a été annulé
19:09par la justice
19:10à une mosquée,
19:11la plus grande mosquée
19:12d'Europe,
19:13qui est sous la coupe
19:13du Miligorui,
19:14c'est-à-dire le bras ramé
19:15des fondamentalistes
19:17islamistes de Turquie.
19:18Donc, la gauche française
19:19et la sphère islamiste
19:21sont aujourd'hui
19:22main dans la main
19:23contre la France,
19:24contre les valeurs républicaines
19:25et il y a évidemment
19:26un enjeu
19:27dans ces élections municipales
19:28comme il y en aura
19:29un demain
19:29dans les élections présidentielles
19:31et les élections législatives.
19:32C'est un enjeu de civilisation
19:33et cette gauche-là,
19:35madame,
19:35elle a trahi la République
19:36et elle a trahi
19:37l'intérêt national.
19:38Jordan Bardella,
19:39comment va Marine Le Pen ?
19:41Marine Le Pen est combative.
19:43J'aurai l'occasion
19:44de la voir ce matin.
19:45Nous nous parlons
19:46tous les jours.
19:47Elle mène un combat
19:47admirable
19:48et un combat exemplaire
19:49pour prouver son innocence
19:50et je souhaite
19:51de tout cœur
19:52qu'elle puisse porter
19:52nos couleurs
19:53lors de l'élection présidentielle.
19:54Vous pensez
19:55qu'elle peut s'en sortir ?
19:56Les réquisitions
19:57du parquet sont demain ?
19:58Oui, bien sûr
19:58puisque d'abord
19:59elle est innocente
20:00des faits qui lui sont reprochés
20:01et deuxièmement
20:02il y a beaucoup de Français
20:03dans notre pays
20:04qui ne comprendraient pas
20:05que sur la base
20:06d'un désaccord administratif
20:08avec le Parlement européen
20:09encore une fois
20:09il n'y a ni emploi fictif
20:10ni enrichissement personnel
20:12on prive de candidature
20:15une patriote
20:16qui a toujours été
20:17en première ligne
20:18de la vie politique
20:19qui est d'une indégrité totale
20:21qui n'a rien à se reprocher
20:23et qui encore une fois
20:24est aujourd'hui
20:25donnée gagnante
20:25de l'élection présidentielle.
20:26Jordan Bardella
20:27président du RN
20:28et député européen
20:29merci d'avoir répondu
20:30à mes questions
20:31il est 8h47 sur la...
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