00:00RTL Matin, Olivier Bois.
00:037h41, l'invité d'RTL Matin est Marion Maréchal. Bonjour madame.
00:07Bonjour.
00:08Députée européenne, vous êtes chef de file également du mouvement que vous avez créé Identité Liberté.
00:12Et vous publiez donc ce livre, Si tu te sens Le Pen, publié chez Fayard,
00:17qui est donc cette phrase que vous a dite un jour votre grand-père Jean-Marie Le Pen,
00:21comme un défi pour vous pousser à vous engager en politique.
00:24C'était en 2012, vous aviez alors 22 ans.
00:27Ce livre qui raconte à la fois votre engagement, ce nom parfois dur à porter
00:32et cette histoire familiale qui est faite de trahison, de réconciliation.
00:36Vous le racontez dans ce livre.
00:37Alors justement, Si tu te sens Le Pen, est-ce que vous, Marion Maréchal,
00:40vous avez appelé ce week-end votre tante Marine Le Pen
00:44qui va jouer une semaine décisive cette semaine pour son avenir politique ?
00:48J'échange très régulièrement avec Marine Le Pen,
00:50non seulement parce que nous sommes des alliés politiques,
00:52mais parce que c'est également un membre de ma famille
00:54qu'elle traverse un moment évidemment compliqué.
00:57Et que nous sommes tous très attentifs à cette décision judiciaire à venir,
01:00dans l'espoir évidemment qu'elle puisse se présenter
01:02et que ce choix finalement décisif de leur candidat revienne aux Français, non pas aux juges.
01:07Et elle, après ces trois semaines d'audience, elle est dans quel état d'esprit ?
01:09Écoutez, je ne peux pas vous dire en détail ce qu'il en est.
01:12Et puis Marine Le Pen est par nature quelqu'un de très optimiste.
01:15Donc elle se répand assez peu et elle se plaint assez peu.
01:18En tout cas, elle est évidemment...
01:19Elle est résignée ?
01:20Ah non, je ne crois pas qu'elle le soit.
01:22Ça a toujours été quelqu'un de très battant.
01:23Ce qui est sûr, c'est qu'il y a une inquiétude au sein du camp national au sens large,
01:28puisque Marine Le Pen se prépare depuis longtemps pour cette candidature.
01:31Elle a aujourd'hui tout pour être un chef d'État à la hauteur.
01:35Et c'est vrai que le fait que les Français puissent se voir privés de cette candidature
01:38pose un certain nombre de questions démocratiques.
01:40Dans la foulée quand même de l'affaire Fillon,
01:43on s'en souvient, dans les conditions dans lesquelles a été menée la détention de Nicolas Sarkozy,
01:47on a le sentiment quand même appuyé que les gens de droite ne sont pas toujours traités
01:51de la même manière que les gens de gauche.
01:53Vous êtes persuadé de son innocence ?
01:55Je suis...
01:56Après ce que vous avez lu sur ces audiences, qui sont difficiles,
01:57puisqu'elle a un peu évolué sur son système de défense
02:00en reconnaissant qu'il y avait certains problèmes sur certains contrats de travail.
02:03C'est un sujet très technique d'ailleurs, sur le plan juridique.
02:08Il est important de rappeler d'ailleurs que dans cette affaire,
02:09il n'y a pas d'enrichissement personnel, il n'y a pas de corruption.
02:12Marine Le Pen n'a pas mis d'argent dans ses poches personnellement.
02:14Il y a une différence d'interprétation sur la façon,
02:17le périmètre de travail des collaborateurs parlementaires
02:20entre un Parlement qui explique sa version
02:23et le RN qui explique qu'il avait donné toutes les informations au Parlement
02:26et que le Parlement à l'époque n'avait pas réagi.
02:28Elle a laissé entendre qu'elle n'avait aucune chance avec la justice actuelle,
02:32qu'en quelque sorte c'était contre ses intérêts et le Rassemblement National.
02:37Est-ce que vous avez aussi cette approche de la justice française ?
02:39Ce qui est sûr, c'est que la manière dont s'est déroulée la décision de première instance
02:43peut avoir de quoi nous inquiéter,
02:46parce qu'on voit bien que dans les réquisitions,
02:48il y avait quand même des prises à partie assez politiques.
02:51Je vais vous donner un exemple.
02:52Moi, la semaine dernière, j'ai été condamnée par la justice en diffamation
02:55face à l'IUSH.
02:57L'IUSH, c'est le centre de formation des frères musulmans.
02:59J'ai été condamnée en diffamation pour avoir dit que des islamistes étaient des islamistes.
03:02Et le comble étant qu'entre ma déclaration et ma condamnation,
03:06cet institut a été fermé par l'État et le gouvernement français
03:09précisément pour ses liens avec l'islamisme.
03:11Donc, vous voyez, quand on a ce genre de décision...
03:13Ça veut dire quoi, ce raisonnement ?
03:16Ça crée quand même une forme de suspicion.
03:17Vous me l'accorderez, évidemment,
03:19parce que c'est une décision absolument ubuesque.
03:22Et c'est vrai que dans l'affaire de Marine Le Pen,
03:23on retrouve quand même un trio qui, à chaque fois,
03:27Mediapart, le PNF,
03:29et des juges qui, bien souvent, se retrouvent dans les mêmes affaires,
03:32en l'occurrence, en première instance,
03:33qui avaient été associées à l'affaire Fillon.
03:35Donc, réquisitoire cette semaine,
03:36on verra ce que réclament les procureurs Copen.
03:38Il y aura ensuite le jugement qui est attendu avant l'été
03:40et cet avenir politique qui se joue.
03:42Si jamais elle est empêchée d'être candidate en 2027,
03:45est-ce que vous dites, ce matin sur RTL,
03:47que Jordan Bardella, en tant que président
03:50et en tant que son numéro 2, quand même,
03:51est le meilleur et le mieux placé pour prendre la suite ?
03:54Moi, j'ai toujours dit une chose très simple,
03:56et ça, c'est les Français qui en ont décidé,
03:57c'est que le Rassemblement National est aujourd'hui
04:00le mouvement le plus important de la coalition du camp national
04:02et qu'à ce titre, c'est normal qu'il soit la force moteur.
04:04Et donc, bien sûr, si Marine Le Pen est empêchée,
04:07il sera le candidat naturel pour pouvoir porter cette coalition.
04:11Moi, la seule chose que je dis,
04:12c'est que je crois qu'il faut préparer une équipe
04:14qu'aucun parti seul, aussi fort soit-il,
04:16ne peut l'emporter s'il n'a pas des alliés
04:18pour justement associer de manière complémentaire
04:22des singularités, rassembler un maximum de Français.
04:23Ça veut dire qu'il n'y aura pas le nom Le Pen sur un bulletin de vote,
04:26qu'il ne pourrait pas y avoir le nom Le Pen sur un bulletin de vote
04:28en 2027, pour la première fois depuis 1988.
04:31Ça vous fait quelque chose ?
04:32Vous publiez un livre qui s'appelle
04:33« Si tu te sens Le Pen »
04:35où votre grand-père est quasiment à toutes les pages.
04:37C'est en effet assez inédit,
04:39mais comme je l'explique d'ailleurs dans ce livre,
04:41« Si tu te sens Le Pen »,
04:42en l'occurrence, ce n'est pas seulement un nom de famille,
04:45c'est d'abord et avant tout une attitude face aux événements.
04:48Le refus du politiquement correct,
04:49de la mode et des conventions du moment,
04:51la capacité à voir loin,
04:52à toujours garder à cœur les intérêts des Français
04:55et d'avoir comme boussole la boussole patriote.
04:58À ce titre, il y a beaucoup de militants
04:59qui ont senti Le Pen avant moi
05:01et je crois que Jordan Bardella appartient à cette catégorie.
05:03Peut-être que si j'étais Jordan Bardella,
05:05je me méfierais un petit peu quand même
05:06si je lis votre livre.
05:08Page 32.
05:10« Voilà ce que vous écrivez.
05:11Je pense qu'il faut réserver l'accès à certaines fonctions,
05:13notamment d'élus, aux personnes ayant atteint un âge raisonnable. »
05:17On a l'impression que c'est l'antiportrait de Jordan Bardella.
05:19Non, vous vous trompez.
05:21Je le dis d'autant plus librement
05:22que moi-même, j'ai été élue à 22 ans.
05:23Vous voyez, mais c'est vrai que de manière générale,
05:26et je dis bien de manière générale
05:27parce qu'il y a des exceptions notables
05:29et en l'occurrence, Jordan Bardella fait preuve,
05:31on ne lui enlèvera pas ça, d'une certaine précocité.
05:34De manière générale, c'est vrai que je ne suis pas une adepte du jeunisme
05:37et je considère qu'il y a un certain nombre,
05:39comment dire, de fonctions électives
05:41ou même dans la magistrature
05:43qui devraient avoir un plafond d'âge.
05:45Maintenant, Jordan Bardella, me semble-t-il,
05:47se prépare à toute éventualité.
05:48Il se donne les moyens, justement,
05:50de s'entourer d'une équipe capable.
05:51Donc, je n'ai pas d'inquiétude de ce point de vue-là.
05:53Alors, s'entourer d'une équipe capable,
05:55quel rôle, vous, vous voulez jouer
05:56auprès de lui, éventuellement, pour une campagne ?
05:59J'en parle longuement, justement, dans ce livre.
06:01Je parle aussi de la méthode qui me semble la bonne
06:02pour arriver aux affaires,
06:04à travers, notamment, l'exemple Mélanie.
06:06Vous avez vu, ce livre, avant tout,
06:07c'est un livre d'idées,
06:08même si, bien sûr, je parle du personnel
06:09pour arriver aux idées.
06:11Donc, mon but, c'est de faire en sorte
06:12que cette vision que je porte
06:13ait sa place dans la coalition
06:15compte, pèse,
06:17et demain, si, par chance,
06:18les Français nous font confiance,
06:20et bien qu'elles puissent, là aussi,
06:21contribuer à exercer le pouvoir.
06:22Et vous pourriez reprendre votre carte
06:24au Rassemblement National
06:24pour y peser au-delà des idées,
06:26mais dans l'organigramme,
06:27auprès de Jordan Bardella,
06:29dans des réunions concrètes,
06:30assises autour de tables, dans des bureaux ?
06:32Écoutez, non, ce n'est pas le sujet,
06:33puisque, moi, aujourd'hui,
06:34je suis à la tête de mon propre mouvement
06:35Identité Liberté.
06:36J'ai un certain nombre de différences.
06:38J'en parle aussi dans le livre
06:39avec le Rassemblement National,
06:40notamment sur les questions économiques.
06:42Je n'ai jamais eu, vous savez,
06:42un tempérament à me plier
06:45aux éléments de langage des partis,
06:46donc j'aime bien garder ma liberté.
06:47Pas de retour au Rassemblement National ?
06:48Non, ce n'est pas du tout prévu.
06:51Alors, l'autre sujet dont vous parlez
06:52dans votre livre, c'est Donald Trump.
06:54On a lu, ces derniers temps,
06:55Jordan Bardella,
06:56effectivement,
06:58atténuer un peu
06:59cette forme de fascination
07:01que pouvait avoir
07:01le Rassemblement National
07:03pour Donald Trump.
07:04Est-ce que vous aussi,
07:05vous prenez vos distances
07:06avec celui qui fait peur,
07:08quand même, au monde entier,
07:08dans sa volonté,
07:10parfois agressive,
07:11de dominer l'Europe,
07:12des territoires concrets
07:13comme la Groenland,
07:14ou d'intervenir
07:15sur les grands conflits
07:16du monde ?
07:16Est-ce qu'il vous inquiète,
07:18Donald Trump ?
07:18Ce qui concerne les Etats-Unis,
07:20comme d'ailleurs
07:20le reste des relations internationales,
07:22j'ai une boussole
07:22qui est très claire,
07:23qui est celle
07:23de la défense d'intérêts français.
07:25Donc, je n'ai aucun problème
07:26à dire qu'il y a aujourd'hui
07:27des combats communs
07:28que je partage avec Donald Trump
07:29sur la question de l'immigration,
07:31de l'islamisation,
07:32du wokisme,
07:33du narcotrafic,
07:35et donc sur ces sujets
07:36de continuer à avoir des liens
07:37avec les républicains américains.
07:39Mais il y a aussi,
07:40ça je ne suis pas naïve,
07:41des sujets,
07:42notamment géopolitiques,
07:43notamment économiques,
07:46sont des concurrents féroces.
07:48Et je n'ai pas oublié
07:49d'ailleurs toutes les affaires
07:50sous Obama,
07:51sous Biden,
07:53qui pour le coup
07:54ne semblait pas indigner
07:55à l'époque
07:56nos élites européennes.
07:57Et ça ne m'a pas empêché,
07:58excusez-moi,
07:58j'en finis par là,
07:59lorsque il y a eu
08:00un accord commercial
08:01qui m'a semblé désavantageux
08:02pour les Européens
08:03avec les Etats-Unis,
08:05de le dénoncer à l'époque
08:06et de regretter
08:07qu'on n'utilise pas
08:07un rapport de force,
08:08évidemment,
08:09pour défendre nos intérêts.
08:09Et sur la question
08:10de la lutte contre l'immigration
08:11qui là encore
08:11est un des thèmes
08:12que vous développez
08:12beaucoup dans votre livre.
08:13Très concrètement,
08:14est-ce que vous appelez
08:15de vos voeux,
08:16est-ce qu'il y a en France
08:16une police telle que
08:18ICE aux Etats-Unis
08:19à qui Donald Trump
08:21a donné tous les pouvoirs
08:22pour lutter contre l'immigration ?
08:23Non, non,
08:23je ne suis pas pour l'importation
08:24des méthodes américaines
08:25en France.
08:26En revanche,
08:26il y a une chose que je dénonce,
08:27c'est l'instrumentalisation
08:28de faits d'actualité
08:30aux Etats-Unis
08:31pour finalement,
08:33d'une certaine manière,
08:34culpabiliser les Français
08:35de vouloir réguler l'immigration
08:36comme si le drame
08:38qui est advenu aux Etats-Unis
08:39avec cette police
08:41devait nous empêcher
08:42de pouvoir demain
08:43expulser des profils
08:44comme l'assassin de Philippines
08:46ou de Lola
08:47ou les clandestins algériens
08:49qui ont violé une mamie
08:50de 90 ans à Nice
08:50il y a quelques jours.
08:51Mais là, on a vu des policiers
08:51aux Etats-Unis
08:52abattre un militant
08:54qui était à terre,
08:55qui était désarmé
08:56et qui, en tout cas
08:57selon les vidéos
08:57qu'on a pu voir,
08:58ne présentait pas
08:58une menace directe
08:59contre les forces de l'ordre.
09:00Et vous,
09:00vous avez parlé
09:01de regrettables accidents.
09:03Oui,
09:03en l'occurrence,
09:04sur cette affaire,
09:05vous l'avez compris,
09:05il y avait deux versions différentes
09:07qui se sont opposées.
09:09Et j'y reviens d'ailleurs
09:10parce que j'ai entendu
09:10beaucoup de bêtises.
09:11Ça n'est pas la milice privée
09:12de Donald Trump.
09:13C'est une police
09:13qui existe depuis 2003.
09:15Le directeur actuel
09:16de cette police
09:16a été récompensé
09:17à l'époque
09:18par Barack Obama.
09:19On voit bien
09:19qu'on est dans un contexte
09:20d'extrême tension
09:21puisque l'extrême gauche
09:23fait blocage
09:24à l'arrestation
09:25de ses clandestins
09:26dont 70%
09:27des cas d'interpellation
09:28sont des criminels
09:29ou des gens
09:30poursuivis par la justice.
09:31Donc les choses
09:31sont un petit peu plus compliquées.
09:32Une fois de plus,
09:33moi je ne suis pas chroniqueuse américaine
09:34je ne fais pas la police
09:35de la police américaine.
09:35Mais c'est un modèle cette police ?
09:36En revanche,
09:37ce qui est sûr
09:38c'est que je ne veux pas
09:39que ce qui se passe aux Etats-Unis
09:40empêche d'avoir demain
09:41une politique ferme
09:43à l'égard de la lutte
09:44contre l'immigration clandestine.
09:45Dernière question.
09:46Vous parlez beaucoup aussi
09:47de Philippe Devilliers
09:48dans votre livre.
09:49Philippe Devilliers
09:49qui hier s'est associé
09:51dans un tweet
09:51à l'Émoi
09:53de la rédaction
09:53du journal de dimanche
09:54face au maintien
09:55de Jean-Marc Morandini
09:56sur l'antenne
09:57de CNews.
09:59Vous appelez-vous
10:00au départ
10:03que je partage totalement ?
10:04Pour moi,
10:05il n'y a rien
10:05qui puisse justifier
10:06et expliquer
10:07que M. Morandini
10:08se maintienne à l'antenne
10:09après sa condamnation.
10:10Je trouve même d'ailleurs
10:11qu'il devrait avoir
10:12la décence
10:13de se démettre lui-même
10:14pour ne justement
10:15pas abîmer la réputation
10:16de toute une chaîne
10:16et de tout un groupe.
10:17CNews qui est dirigé
10:18par Vincent Bolloré
10:19qui est le chef également
10:20de Fayard
10:21donc c'est celui
10:22qui édite en quelque sorte
10:23votre livre.
10:23Vous l'appelez-vous
10:24ce matin
10:24à faire partir
10:26Jean-Marc Morandini
10:27de l'antenne de CNews ?
10:28Moi je considère en effet
10:29qu'il n'a rien
10:29à faire à l'antenne
10:30les actes qu'il a commis
10:31sont extrêmement graves
10:33on ne touche pas aux mineurs
10:34rien ne peut justifier
10:35de évidemment
10:36s'en prendre à des mineurs
10:38donc moi je suis gênée
10:39par ce maintien à l'antenne
10:40une fois de plus
10:40je ne comprends pas
10:41que M. Morandini
10:41lui-même
10:42ne se démette pas
10:43de son propre chef
10:44pour ne pas embarquer
10:45avec lui
10:46la réputation
10:46de tout un groupe.
10:47Merci beaucoup Marion Maréchal
10:48d'avoir été avec nous
10:49ce matin sur RTL
10:50je rappelle que vous publiez
10:51donc ce livre
10:51Si tu te sens Le Pen
10:52aux éditions
10:53faillite
Commentaires