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MEDI1TV Afrique : Swaken en tournée à travers le Maroc - 01/02/2026
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00:00It is with a great pleasure to meet you on Median TV for this new escale culture at the heart of Africa.
00:16In a few moments, we will offer an immersion in the universe of the artist,
00:22Ousmane Diaz.
00:24We will also talk about cinema with the film South African laundry.
00:28We will also talk about literature.
00:30But before all, we will be our guest today.
00:38Today, we will talk about music for the guests of the day.
00:45Today, we have the honor of the club Babel Blues.
00:50They are with us, Yusra Mansour, but also Brice Botin.
00:56Hello, Yusra.
00:58Hello.
01:02Thank you for being with us.
01:04It is a pleasure to meet you.
01:06In a few moments, we will also have the pleasure to chat with the co-founder of the group, Brice Botin.
01:14We will start with you, Yusra Mansour.
01:16I remind you that you are also a singer and a guitarist.
01:20And today, we welcome you to talk about your last album.
01:24So, Swakun.
01:26You are in the tour of Morocco with this album.
01:30Swakun, what I know is that it is a sub-genre of the Aïta.
01:38That's what I know personally.
01:42And why have already chosen this title, Swakun?
01:45And why the album Swakun allie the musical tradition marocaine,
01:50but also what makes your musical ADN, all the other genres like rock,
01:57and psychedelic music.
01:58How did you get together with the two?
02:02First of all, thank you very much for your invitation.
02:06And a big thank you to the French Institute of Morocco for being able to organize this beautiful Moroccan tour.
02:13It's a first with the Suakun album Swakun.
02:16Actually, Swakun is a sub-genre in the musical ADN,
02:20but it also means to go away from the trans.
02:26It's even deeper than the trans.
02:28And we find that it's great to see how much music can heal all the words.
02:36It can help people to get out of the space-temps,
02:40to get out of the space-temps,
02:42to let everything weigh heavy,
02:46to go to lightness,
02:48to go to discover new songs,
02:52and to a spiritual meeting very deep.
02:57That's why we chose this name Swakun,
02:59and also because we like to connect the tradition to the music.
03:05I wouldn't say that it's not particularly modern,
03:08because the rock doesn't date from yesterday.
03:11Just because our parents grew up in listening to the rock,
03:17and we listened to the rock,
03:19and we listened to the traditional music.
03:22And all we did,
03:24it was to have different sources of inspiration,
03:26which opened us this door of creativity.
03:32We just thought without having any limits.
03:36I don't consider ourselves as a group who revisited the traditional music,
03:46but rather a group who is inspired by the traditional music
03:49to write their own music.
03:51So, Brice and I are the co-founders of the group,
03:54and we write the texts,
03:56we write the music,
03:57and we write our own songs,
04:00but we are inspired by a lot of Moroccans
04:02like Ahwesh,
04:03the music Amazir,
04:04the music Gnawa,
04:05the music Hassani,
04:06the Shabi,
04:07the Aita,
04:09and again,
04:11King Zef,
04:12there are a lot of things to see and to listen to our country.
04:16There is a musical wealth
04:19that we need to put in value,
04:21and we are there for that,
04:22because we are proud.
04:24I am proud of my roots,
04:26I am proud of my country,
04:27I grew up in Morocco,
04:28and I am proud of this music
04:31inspired by the Moroccan music
04:33throughout the world
04:34and everywhere in the world.
04:36So, I am really proud.
04:39You are proud of it,
04:40because it is something of thermic,
04:43I have an impression of you,
04:45you put it deeply in you
04:47and you transmit it to the public,
04:49especially through this national tour
04:52of the French Institutes,
04:54especially with,
04:55this week,
04:56your concert at Kenitra.
04:58In an instant,
04:59we will listen to Yosra
05:01together,
05:02and then,
05:03just after,
05:04we have Brice Votin
05:05to talk about it,
05:07because he is also co-fondateur
05:08of Bubble Buzz,
05:10so,
05:11that's the buzz in this moment.
05:13So,
05:14we listen to Yosra
05:16and just after,
05:18we have Brice.
05:19Thank you very much,
05:20Yosra.
05:21Thank you very much.
05:23With great pleasure.
05:51Good morning.
05:52Good morning.
05:53Talk to Yosra.
05:54Truth.
05:55You must have a heart
05:56not to forget
05:57my heart
05:59and not to forget
06:00your face.
06:01You must have a heart
06:03not to forget
06:04my heart
06:06and not to forget
06:08I need you to get your heart to meet you
06:10And enter between you
06:14Get down to your feet
06:17Tomorrow there's no longer you'll see
06:20I need you to get your heart to meet you
06:27You've got to be red and white
06:30And a child is in that act
06:32You've got to be red and white
06:36And I remind you that today we have two guests,
06:48the founders of Babble Blues,
06:51who are filming in Morocco with their last album Swaken.
06:55And we have with you Yusra Mansour.
06:59And all of a sudden, we have with you Brice Bottin.
07:02Bonjour Brice.
07:04Bonjour, Salam Aleikum.
07:06Alaykoum Salam, merci d'être avec nous pour l'Afrique en Culture.
07:11Je rappelle que votre groupe est en tournée dans tout le Maroc
07:14au sein des instituts français avec Swaken.
07:17Et on en parlait justement avec Yusra, vous étiez juste à côté,
07:21de la rencontre avec le public marocain.
07:25Et c'est vrai, j'ai pu regarder quelques concerts à vous,
07:30notamment sur les réseaux sociaux.
07:33Et au-delà de la musique que vous proposez,
07:38qui est une fusion exquise entre plusieurs genres musicaux,
07:43c'est très intéressant vraiment ce que vous proposez.
07:46Il y a aussi ce côté immersif que vous proposez au public marocain.
07:52Est-ce que c'était quelque chose de voulu ?
07:56Est-ce que ça s'est fait un peu à l'instant ?
07:59Comment vous pouvez nous expliquer ce genre d'expérience,
08:02cette trans en quelque sorte que vous proposez à votre public ?
08:07C'est vrai que... Merci déjà.
08:10C'est vrai qu'on essaie en fait de faire un peu une expérience complète.
08:13Quand les gens viennent nous voir en concert,
08:16on a vraiment envie de créer un moment qui va être entre guillemets unique,
08:20une expérience immersive,
08:23où les gens peuvent se laisser aller dans la musique, dans la danse.
08:30On joue beaucoup de...
08:32Enfin, une musique des fois qui est répétitive,
08:35qui s'inspire de tradition, traditionnelle comme Yusra l'a dit,
08:40mais aussi de l'énergie des concerts rock.
08:43Du coup, mis bout à bout, ajouter avec le son, la lumière,
08:47les effets de guitare électrique,
08:50enfin plutôt de Awisha électrique, de Mandol électrique,
08:53ou de Gambri, Krakab, Tarija, etc.
08:57Ça crée un peu une expérience où les auditeurs peuvent se laisser aller
09:00et s'abandonner à la trans.
09:04Voilà.
09:04Et Swaken, votre dernier album, le dit explicitement,
09:10et Yusra l'a souligné également,
09:12c'est une véritable invitation au voyage.
09:16Et donc voilà, vous commencez cette tournée,
09:19vous êtes en plein dedans d'ailleurs.
09:22Et ce que je voudrais savoir, c'est vous aujourd'hui,
09:25avec ce deuxième album, si je ne dis pas de bêtises,
09:29c'est votre deuxième album,
09:30et comment vous vous voyez en tant que groupe,
09:35donc africain, marocain,
09:37mais également avec cette ouverture sur le monde
09:41et sur d'autres genres musicaux ?
09:45Déjà, on est hyper content de représenter un peu,
09:50on représente le Maroc par les instruments qu'on utilise,
09:53mais on représente aussi la jeunesse du monde entier.
09:56Moi, je ne suis pas marocain, mais je vis au Maroc depuis longtemps,
10:01j'adore ce pays, la culture, etc.
10:04Ça m'a apporté beaucoup, les gens que j'ai rencontrés ici, etc.
10:07Et on est super heureux déjà de jouer dans le monde entier
10:12et de voir qu'il y a des gens qui viennent de tout horizon différent,
10:18que ce soit, si on joue par exemple en Amérique,
10:22il y a des Américains qui viennent, qui ne comprennent pas,
10:24mais ils ressentent en fait l'énergie et la puissance de la musique.
10:31On a aussi des Marocains ou des gens qui parlent arabe,
10:34qui comprennent un petit peu,
10:36mais chacun peut se faire un peu son expérience,
10:42et en général, tous les gens qu'on rencontre,
10:46ils ressentent contents,
10:47beaucoup de gens reviennent nous voir en concert,
10:49et ça montre que c'est une musique ancrée dans ses racines,
10:53mais qui est connectée en son temps.
10:57C'est-à-dire, quelqu'un qui connaît le rock américain, par exemple,
11:01il va pouvoir retrouver des lignes de lecture dans notre musique,
11:04quelqu'un qui écoute du hip-hop, il va aussi pouvoir...
11:07Il y a beaucoup d'éléments qui font que les gens peuvent se retrouver dans notre musique,
11:12et ça montre en fait que cette musique, elle est actuelle et ouverte sur le monde, selon...
11:19En tout cas, merci d'avoir été avec nous,
11:22que ce soit toi, Brice, ou encore Yousra.
11:26Je rappelle que vous êtes les fondateurs de Bubble Blues,
11:29en tournée avec leur dernier, votre dernier album,
11:32Swaken, au sein des instituts français au Maroc.
11:35Merci infiniment.
11:35Merci, et venez nous voir à Kenitra ce soir, et demain à Tétouan.
11:42Avec grand plaisir, merci beaucoup.
11:51Et tout de suite, nous parlons art dans l'African Culture,
11:55avec Ousmane Diak, qui est un artiste contemporain sénégalais.
11:59Il est de Dakar, il grandit dans un environnement
12:01marqué par les traditions culturelles africaines,
12:06mais aussi par les mutations sociales liées à la modernité et à l'urbanisation.
12:10Alors, après une formation artistique au Sénégal,
12:12il s'oriente très tôt vers la sculpture,
12:15un médium qui lui permet justement de dialoguer avec l'espace,
12:19la matière et la mémoire collective.
12:21Son parcours est profondément lié, d'ailleurs,
12:23à l'histoire de l'Afrique postcoloniale,
12:25à ses tensions, mais aussi à sa créativité
12:27et à sa capacité de réinvention.
12:30L'ancrage culturel d'Ousmane Diak est essentiel
12:33pour comprendre son œuvre,
12:35puisqu'il s'inspire des sociétés africaines,
12:37de leur rythme, de leur structure sociale
12:38et de leur rapport au corps.
12:40Toutefois, son travail ne se limite pas.
12:42Il a une vision traditionnelle stricte.
12:44Il s'inscrit dans une démarche contemporaine critique et universelle.
12:48Et à travers ses œuvres, il interroge la place également de l'Afrique
12:50dans le monde globalisé
12:52et affirme une identité artistique forte,
12:55à la fois locale et internationale.
12:57Pour moi, c'est l'endroit le plus indiqué
13:03pour présenter des œuvres de cette nature,
13:06parce qu'il faut dire que l'une parle de l'émigration clandestine
13:10et puis l'autre parle de la déclaration universelle des droits de l'homme.
13:14Et puis, je pense que j'ai eu beaucoup de plaisir
13:16et je n'ai pas regretté d'avoir mis ces deux œuvres à l'université,
13:19d'autant plus que j'ai eu beaucoup d'interactions
13:21avec les étudiants et les étudiantes
13:23qui fréquentent cette université chez Antaïop.
13:25Il faut dire que Ousmandia est surtout reconnue
13:28pour ses sculptures monumentales,
13:30souvent réalisées en fer, en acier,
13:33à partir de matériaux, aux industriels.
13:35Ses choix de matériaux traduisent une esthétique
13:37de la robustesse et de la résistance,
13:39mais aussi une réflexion sur la modernité et l'industrialisation.
13:44Ces figures humaines, parfois massives,
13:46estilisées, dégagent une impression un peu de puissance,
13:49de dignité, de tension intérieure.
13:51Intérieur, le corps humain occupe une place centrale dans son travail.
13:55Il devient un symbole de lutte,
13:57de mémoire et d'affirmation identitaire.
14:00Les sculptures d'Ousmandia ne cherchent pas le réalisme parfait,
14:04mais plutôt l'expression d'une force intérieure presque spirituelle.
14:07Les postures, les propositions et la matière participent
14:11à un langage visuel fort qui invite le spectateur
14:13à réfléchir sur la condition humaine,
14:15la domination, la liberté et la résistance.
14:18Le concept de cette œuvre, c'est juste pour dire que,
14:22pour moi, je ne pense pas que la solution,
14:25mais vraiment à nos mots, soit, comment dire,
14:28à Barça, qui signifie quelque part l'Occident,
14:31ou à Barça, qui signifie quelque part l'au-delà.
14:35Je pense que la majeure partie des personnes
14:37qui sont victimes malheureusement de ce fléau sont des jeunes.
14:40Et puis la jeunesse, je pense qu'à un avenir,
14:42peut plutôt avoir un avenir radieux dans ce pays-là.
14:45Pour moi, la solution est dans ce pays.
14:47Il faut juste titiller un peu nos dirigeants
14:50et puis les pousser justement à créer des projets de développement
14:53qui peuvent maintenir vraiment les enfants,
14:56je dirais même pas dans ce pays, mais dans ce continent.
14:58Et c'est pour ça que quand vous regardez l'œuvre,
15:00tout en haut, on a deux personnages qui sont en train de,
15:04comment dire, qui ont des droits accusateurs.
15:07L'un a son doigt indexé vers l'Occident,
15:10l'autre vers l'Afrique.
15:11Et c'est une manière aussi de dire que quelque part,
15:14je veux dire, ce drame qu'on a, nos dirigeants africains
15:18en ont une part vraiment de responsabilité,
15:21mais aussi les dirigeants occidentaux.
15:23Parce que si on regarde, moi qui suis aussi suisse,
15:26voilà, naturalisé suisse,
15:27et récemment, il y a quelques jours en arrière,
15:30la Suisse vient d'adopter une loi
15:31pour, comment dire, renforcer l'aide attribuée à Frontex.
15:36Frontex, c'est ça, une agence de défense des frontières européennes.
15:39Ça veut dire quoi ?
15:40Ça veut dire que l'Europe est en train de se barricader.
15:42Je pense qu'il est temps que l'Afrique se réveille
15:44et voir comment créer des projets de développement
15:47sans pour autant attendre tout de l'Europe.
15:49Parce qu'on a tout, on a tout.
15:51Vraiment, je pense qu'il nous faut des interlocuteurs
15:54qui n'ont aucun complexe par rapport aux occidentaux
15:56et puis qu'ils puissent mettre vraiment les urgences
15:59et les besoins des Africains au-delà de la scène.
16:01Parce qu'il faut se dire la vérité,
16:03les pays, les États, non pas d'amis, ils ont des intérêts.
16:06Alors, il est temps de mettre l'intérêt des Africains au-delà de la scène.
16:09C'est une manière aussi de profiter de cette biennale
16:12qui est une vitrine internationale
16:13pour poser ces problèmes qui concernent tout un continent.
16:18Il faut dire que l'œuvre d'Ousmane Di a dépassé
16:21les frontières du continent africain
16:23puisqu'il a participé à de nombreuses expositions internationales
16:27et à des biennales prestigieuses,
16:29notamment la biennale de Dakar,
16:31contribuant ainsi à la reconnaissance de l'art contemporain africain
16:34sur la scène mondiale.
16:35Son travail s'inscrit également dans une génération d'artistes africains
16:38qui revendiquent une parole autonome
16:41et engagée au-delà de l'esthétique.
16:43Ousmane Di a transmet un message fort
16:46au celui d'une Afrique active, créatrice
16:48et consciente de son histoire.
16:50Son art invite au dialogue entre les cultures
16:52et questionne les rapports de pouvoir, d'identité et de mémoire.
16:56Ainsi, Ousmane Di a n'est pas seulement un sculpteur,
16:59mais un artiste engagé dont l'œuvre participe
17:01à une réflexion globale sur l'humanité
17:04et sur le monde contemporain.
17:07Il sera installé à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar
17:10parce que je pense qu'avec le directeur artistique Malik,
17:13on a réfléchi et puis on a vu que finalement,
17:19je pense qu'à l'université,
17:20cette œuvre a beaucoup plus de répondants
17:21parce qu'on est dans un milieu intellectuel
17:24et c'est une façon aussi de titiller un peu nos étudiants,
17:28donc nos futurs dirigeants,
17:30et en tout cas qu'ils puissent aussi prendre cet axe
17:34qu'on plaidoyait,
17:35qu'ils pourraient aussi défendre demain
17:37pour les populations africaines.
17:40Alors cet événement, je pense que le rapport
17:41que j'ai avec cet événement,
17:42c'est le rapport, j'ose dire en tout cas,
17:45que tous les artistes,
17:46je ne dirais même pas que les artistes sénégalais ou africains,
17:48mais les artistes du monde entier
17:50peuvent avoir avec la Biennale
17:52parce que c'est quand même une des plus grandes rencontres
17:55d'art contemporain du continent.
17:58Et moi, j'ai beaucoup voyagé à travers le monde
18:00et puis à chaque fois que je dis que je suis sénégalais,
18:02on me parle de la Biennale
18:03dans le milieu justement artistique.
18:06Et je pense que c'est un événement très, très important
18:09qu'il faut essayer en tout cas de pérenniser
18:12et puis de le doter de moyens,
18:14que ce soit les artistes, les autorités politiques,
18:17administratives, j'ose dire même religieux.
18:20Chacun vraiment doit apporter sa part,
18:25sa pierre à l'édivis
18:26pour que la Biennale puisse revenir vraiment
18:29à l'humanité, au fait.
18:32Je n'aime pas trop cette expression art africain.
18:34J'aime beaucoup dire plutôt, comment dire,
18:39l'art contemporain des artistes africains.
18:42Donc la création contemporaine des artistes africains
18:44parce que moi, je suis un Africain d'origine
18:48et puis j'ai un travail plastique aujourd'hui.
18:52Quand on le voit à première vue,
18:54il n'y a rien qui nous dit que c'est le travail d'un Africain.
18:57Donc je pense que le monde aujourd'hui
18:59est devenu un gros village.
19:01Après, il y a une chose qui est hyper importante,
19:03c'est d'avoir son écriture plastique.
19:05Et pour ça, je pense que le Sénégal
19:07est un grenier incroyable,
19:10mais qui regorge d'artistes
19:12vraiment qui ont un talent exceptionnel.
19:17Solicissé, Amadou Kamaragé, Omar Ba, etc.
19:21Serine Bey Kamara, Viediba, je pense, cité.
19:24Et je pense que ces artistes
19:26sont vraiment la vitrine
19:30de la création contemporaine sénégalaise.
19:32Et puis une vitrine très dynamique.
19:35Et c'est des artistes qui n'ont plus de complexe
19:37par rapport à qui que ce soit
19:38parce qu'ils ont voyagé un peu partout
19:41à travers le monde,
19:42ils ont exposé avec les grands de ce monde.
19:45Donc le baromètre de l'art plastique contemporain
19:50n'est plus en Occident.
19:51Le baromètre circule,
19:52il va se retrouver à Dakar au mois de mai.
19:55Et je pense que ça aussi,
19:57on le doit grâce aux artistes de ce pays-là.
20:01Et place tout de suite au film sud-africain
20:09Laundry de Samo,
20:12Mikwa Sanye,
20:13qui s'inscrit dans un cinéma social
20:14et qui cherche à rendre visibles
20:16des réalités ordinaires,
20:17mais profondément marquées
20:18par les inégalités
20:19héritées de l'histoire sud-africaine.
20:23Le choix du lieu principal,
20:24d'ailleurs la blanchisserie,
20:26n'est pas anodin.
20:26Il s'agit d'un espace fermé,
20:28répétitif, mécanique,
20:29qui devient une métaphore de l'enfermement social
20:31et économique des personnages.
20:33Le décor industriel dominé par les machines
20:35écrasse visuellement les individus
20:37et souligne justement leur position seconde,
20:40subalterne.
20:41On regarde tout de suite un extrait
20:42de la bande-annonce.
20:43You hear that?
21:08What?
21:08Nothing.
21:12Oh.
21:14When's the last time
21:15we heard nothing?
21:16Oh, goodness.
21:18Oh.
21:33Hunter!
21:33What's wrong?
21:38He's with me.
21:39He's not breathing.
21:40He's not breathing.
21:41Stop!
21:41What happened?
21:42No, no, no.
21:44It's not working.
21:46Are you okay?
21:53I lost my son.
21:54There's something no pyramid should ever have to go through.
22:01He was tearing us apart.
22:06I'm gonna go finish the laundry.
22:09I'll see you.
22:09Washer machine's broke again.
22:11It's time to break the silence.
22:19To admit that both of you are hurting.
22:22And it's okay to lean on each other.
22:26It's not about...
22:28Laundry, un film qui a beaucoup fait parler de lui.
22:32Il faut dire que le film insiste également sur la répétition des gestes et sur une temporalité
22:38longue du travail.
22:39Les plans s'attardent également sur les mains, les corps fatigués, les mouvements automatiques,
22:44ce qui traduit la dépossession progressive de l'individu.
22:47Le personnage n'est plus défini par sa parole ou ses aspirations, mais par sa gestuelle,
22:53sa fonction avant tout primaire.
22:55Ce traitement visuel participe à une critique du travail, mais également de la société
23:00où l'humain est réduit à une force productive, vu comme un élément parmi tant d'autres.
23:06Le film adopte un réalisme sopre, presque documentaire.
23:08D'ailleurs, l'absence de musique empathique et le recours au son ambiant renforce l'impression
23:14de réalité brutale.
23:17Les silences sont particulièrement importants.
23:19Ce véritable dialogue traduce l'impossibilité ou la difficulté à dire, à exprimer une révolte
23:24dans un système où la survie prime sur toute contestation.
23:27On parle d'apartheid.
23:28Cette économie de dialogue renforce également la dimension universelle du propos.
23:33Sur le plan symbolique, le linge occupe une place centrale laver, nettoyer, recommencer,
23:39blanchir, ne pas montrer de traces.
23:41Sans cesse peut être interprétée comme une tentative vaine d'effacer l'histoire, d'effacer
23:47les traces d'un passé lourd, celui de l'apartheid, de ses conséquences sociales persistantes.
23:52Un film à regarder d'urgence.
23:54Avant de nous quitter, nous parlons littérature avec ce roman signé,
24:10Ailey Bloom, le rêve du pêcheur, de Emily Bloom, qui nous a totalement subjugué avec
24:19ce roman dont on a beaucoup parlé lors de cette rentrée 2025-2026.
24:25D'ailleurs, on l'écoute tout de suite.
24:27Lorsque j'écrivais le rêve du pêcheur et qu'on me posait la question de savoir sur
24:32quoi j'écris, je disais j'écris sur des géographies.
24:34Donc, c'est un roman qui commence dans un petit village de pêcheurs au Cameroun, dans
24:40les années 50 à peu près, où je raconte la destinée d'un pêcheur qui voit sa vie
24:44changer, bouleversée par l'arrivée d'une compagnie forestière et de la pêche industrielle
24:51qui vient finalement aussi porter ses rêves parce que lui, il se voyait plus que pêcheur.
24:55Il voulait faire d'autres choses plus belles, aller plus loin que son village.
24:59Et quelques décennies plus tard, il y a son petit-fils.
25:02Les deux s'appellent Zach et Zacharias pour le petit-fils, pour le père, le grand-père,
25:06et Zachary pour le petit-fils.
25:09Les deux ne se connaissent pas pour la simple raison que le grand-père est mort quand le
25:14petit-fils vient au monde.
25:16Et leurs deux histoires sont complètement à parallèle, dans une espèce de destin en
25:20miroir où ils commettent les mêmes erreurs, ils ont les mêmes aspirations, des rêves
25:25trop grands pour eux.
25:27Et une étrange capacité à la fois d'être aimé, de rencontrer et d'être aimé de
25:33personnes exceptionnelles et de ne pas savoir reconnaître leur bonheur.
25:39Et puis les deux histoires vont en parallèle jusqu'à ce que, d'une certaine façon,
25:42elles se croisent quand le petit-fils fait la démarche de savoir qui il est.
25:48C'est plusieurs temporalités, plusieurs lieux géographiques.
25:51Il y a Campo au Cameroun, il y a Douala, le bidonville dans lequel Zach grandit, et puis il y a
25:57le Paris dans lequel il devient un psychologue clinicien.
26:01Tous ces lieux s'épousent parce que je considère aussi dans ce livre que, d'une certaine façon,
26:06on porte les lieux en nous.
26:07C'est-à-dire que quand Zach part, il emporte avec lui ce qu'il sait d'où il vient et aussi
26:13ce qu'il ignore, tout ce qui est dans son inconscient.
26:15Il fait des cauchemins dans lesquels il se noie dans la mer, il n'a jamais vécu au bord
26:19de l'océan mais son peuple vient de l'océan.
26:22Donc, il y a quelque chose comme ça qui est de l'ordre des différentes ramifications
26:27des géographies qui sont des géographies intimes, des trajectoires qui sont à la fois
26:31les nôtres et toutes celles de ceux qui nous ont précédés.
26:34Il faut dire que le rêve du pêcheur n'est pas présenté comme une illusion naïve mais
26:39comme une nécessité vitale puisqu'il permet au personnage de donner un sens à son quotidien
26:44et de résister à la solitude et aux limites imposées par sa condition.
26:48Donc, le roman de Aimé Boum à lire d'urgence et on arrive à la fin de l'Afrique en culture.
26:55Merci d'avoir été avec nous.
26:57Merci de votre fidélité, de votre écoute et puis on se donne rendez-vous dès la semaine prochaine sans faute.
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