00:00Toute décision publique devrait obéir à une grille simple, presque évidente.
00:05Serre-t-elle l'institution présidentielle et par écochet le peuple apporte-t-elle une valeur ajoutée à l'intérêt général ?
00:12Est-elle conforme à la loi ? Si la réponse est oui aux trois questions, l'acte est légitime.
00:17Si l'une d'elles est non, il doit être abandonné.
00:20Cette logique, loin d'être théorique, puise ses racines dans nos sociétés traditionnelles,
00:25où l'harmonie collective prime sur les intérêts particuliers.
00:28Premier postulat. L'acte posé fait-il réunir le président de la République en tant qu'institution ?
00:34Dans une République, le président n'est pas un individu ordinaire. Il incarne l'État.
00:39A ce titre, tout acteur placé à son service est, par écochet, au service du peuple.
00:43Une décision qui affaiblit l'institution, qui l'expose inutilement ou qui la confond avec des intérêts privés.
00:50Trahit sa finalité.
00:51Servir l'institution, ce n'est pas flatter, c'est protéger sa crédibilité,
00:55renforcer son autorité morale et préserver la confiance des citoyens.
00:59Toute action publique devrait d'abord passer par ce test.
01:02Deuxième postulat. L'acte apporte-t-il une valeur ajoutée à la société ?
01:06La société, ici, n'est pas une addition d'individus ou de clans.
01:10Elle est une entité, un intérêt général.
01:13Une décision peut être populaire, spectaculaire, voire médiatiquement efficace,
01:17sans pour autant être utile.
01:18La valeur ajoutée se mesure à l'impact réel.
01:22Améliore-t-elle la cohésion sociale ?
01:24Renforce-t-elle la justice, l'équité, l'efficacité de l'action publique ?
01:28Contribue-t-elle au développement durable ?
01:30Si la réponse est floue, l'acte est au mieux inutile, au pire nuisible.
01:34Troisième postulat. Est-ce conforme à la loi ?
01:37La transition, comme toute gouvernance républicaine, ne peut se permettre des raccourcis juridiques.
01:42La légalité n'est pas un détail technique, c'est la colonne vertébrale de l'état de droit.
01:46Un acte utile, mais illégal, fragilise l'institution.
01:50Un acte légal, mais inutile, gaspille l'énergie publique.
01:53Un acte illégal et inutile discrédite durablement le pouvoir.
01:57La règle est simple.
01:58Sans conformité juridique, il n'y a pas d'acte républicain.
02:01Ces trois questions, institution, intérêt général, légalité, doivent gouverner la prise de décision.
02:07Toutes les réponses sont oui, l'acte peut être posé.
02:10Une seule réponse est non, il faut renoncer.
02:12Cette exigence n'est ni technocratique, ni occidentale.
02:15Elle est profondément africaine.
02:17Dans nos sociétés traditionnelles, l'harmonie du village repose sur des postulats similaires.
02:22A Obeli-O-Sanga, près d'Oconja, un principe fait consensus.
02:26On confie le village à un peureux, au sens noble.
02:29Non pas à un lâche, mais à un homme de prudence, de constance, de conciliation.
02:34Parce qu'un village dirigé par un tel homme ne prendra jamais feu.
02:38Il privilégie l'apaisement, comprend les tensions avant qu'elles n'explosent,
02:41et recherche l'équilibre plutôt que la démonstration de force.
02:44Cette sagesse dit tout.
02:46La gouvernance n'est pas l'art de l'agitation, mais celui de la stabilité.
02:50Appliquer ces postulats, c'est gouverner avec méthode et humilité.
02:54C'est reconnaître que la décision publique n'est pas un acte d'égo,
02:57mais un engagement envers la collectivité.
02:59À l'heure où chaque geste est scruté, commenté, parfois instrumentalisé,
03:03revenir à cette grille simple, institution, intérêt général, l'égalité,
03:08est la meilleure garantie de crédibilité.
03:10La République gagnerait à se souvenir du village,
03:13car là où l'harmonie est recherchée, l'État tient debout.
03:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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