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00:00Générique
00:00Bonjour, deux morts en l'espace de deux semaines et demie.
00:10La ville de Minneapolis aux Etats-Unis est le théâtre d'une flambée de violence
00:13comme elle n'en avait plus connue depuis six ans.
00:16Et la mort d'un certain George Floyd.
00:18Ce n'est plus la police locale à l'origine cette fois des tirs fatales,
00:21mais des agents fédéraux, ceux de l'immigration dont les descentes musclées
00:25donnent lieu à d'innombrables vidéos qui tombent en boucle sur les réseaux sociaux.
00:29En voulant satisfaire le noyau dur de son électorat,
00:32Donald Trump est-il en train de braquer l'Amérique
00:35et décorner durablement l'image de son pays dans le reste du monde ?
00:39Vous nous répondrez, Hélène Koons, directrice du Pôle Finance à l'INSEC.
00:43Vous êtes également l'auteur, entre autres, de ce livre « Portrait de VIP »
00:47qui revient sur l'incroyable histoire de Kamala Harris aux éditions Librinova.
00:53Mais d'abord, revenons en image sur l'événement qui a tout déclenché.
00:56Le meurtre par balle d'Alex Prétis, un manifestant de 37 ans,
00:59tué à bout portant par des agents de la police aux frontières,
01:02quelques jours seulement après René Goud, abattu dans les mêmes circonstances le 7 janvier dernier.
01:09Dix coups de feu sur un manifestant au sol.
01:12L'homme est abattu par les agents fédéraux.
01:19Alex Prétis, vêtu d'un manteau marron, fait partie des habitants de Minneapolis
01:24qui filment, sifflent et tentent de perturber les opérations de la police des frontières contre un migrant.
01:31Des agents viennent vers lui, début de l'altercation.
01:34Des policiers poussent une femme au sol.
01:36Alex Prétis semble s'interposer.
01:38Il est aspergé de gaz lacrymogène.
01:44Plusieurs agents se jettent sur lui.
01:46L'un d'eux en casquette et veste grise,
01:49retirent ce qui semble être le pistolet que le manifestant portait à la ceinture
01:53avant de l'emporter avec lui et de quitter la scène.
02:01Au même moment, un agent dégaine son pistolet.
02:05Un premier coup de feu retentit, 10 au total devant des témoins sidérés.
02:11Mais putain, qu'est-ce que vous avez fait ?
02:14Oh mon Dieu !
02:16Oh mon Dieu !
02:18Quelques instants avant le drame, un automobiliste a capturé ces images
02:22sur lesquelles on reconnaît Alex Prétis, téléphone à la main, en train de filmer des policiers.
02:27L'homme avait 37 ans.
02:31Il était infirmier en réanimation dans un hôpital d'anciens combattants.
02:35Les autorités fédérales, elles, parlent d'un acte de légitime défense,
02:39affirment qu'Alex Prétis se montrait dangereux.
02:41Selon la police, il portait ce pistolet automatique sur lui pour lequel il possédait un permis.
02:47Les hommages pour Alex Prétis se multiplient dans plusieurs grandes villes du pays.
02:50L'ancien président Barack Obama évoque une tragédie bouleversante.
02:58Hélène Kuhns, la mort de René Goud puis d'Alex Prétis marque une rupture profonde pour l'opinion publique américaine.
03:06Je me permettrais de dire pas assez, malheureusement.
03:10Donald Trump est toujours entre 35 et 39 % dans les sondages.
03:15Donc, malheureusement, j'ai beaucoup de mes concitoyens qui sont mal informés
03:21ou peut-être tout simplement d'accord avec ce qui se passe là.
03:25Même si les dernières vidéos tentent à accréditer l'idée qu'Alex Prétis en était pris à ces mêmes agents de l'immigration 11 jours plus tôt,
03:33il avait même endommagé légèrement leur véhicule.
03:36S'il avait endommagé leur véhicule, il y avait manière de le sanctionner sans l'avoir tué au bout pour temps.
03:43Ils étaient tout de même huit hommes face à un homme au sol et il a été désarmé.
03:51Donc, si vous voulez, il n'est pas entendable que ça aurait pu se dérouler dans ces circonstances
03:57sans parler réellement d'une bavure fédérale.
04:00Deux agents fédéraux américains impliqués dans la mort d'Alex Prétis ont été suspendus dès le samedi
04:06qui a suivi ce drame d'après la police aux frontières.
04:10Le signe qu'on a pris la mesure au niveau des autorités de la gravité des faits reprochés aux agences fédéraux
04:16et de leur responsabilité.
04:18S'ils ne sont que suspendus, on n'a pas pris la mesure.
04:21Il y a de quoi reconnaître un meurtre ou un assassinat là tout de même.
04:27Donc, pardonnez-moi, je trouve que la mesure n'est pas prise.
04:30C'est ce que dira l'enquête, l'enquête indépendante, il y aura d'après vous ?
04:34Pas du tout. Il n'y aura pas moyen d'avoir enquête, si vous voulez,
04:37parce que la justice, le garde des Sceaux, le Department of Justice fédéral,
04:44n'entend pas qu'il y avait erreur là.
04:47Il retourne même la faute sur les deux victimes, les deux victimes qui sont morts,
04:52pour dire que c'était pour une une voiture bélier, une autre une voiture bélière,
04:57et une autre qui était menaçante.
05:01Mais vous voyez ce qui est terrible là, en tant que citoyenne américaine,
05:05je me dis, on nous demande de ne pas croire nos yeux
05:08et de ne pas croyer nos oreilles.
05:11Ça pose problème, ça.
05:13Il semble bien, en tout cas, Mathieu Mabin,
05:15qu'on assiste depuis à une forme de rétro-pédalage des autorités américaines.
05:21On a effectivement assisté à un rétro-pédalage de la Maison-Blanche
05:25dans le dossier de Minneapolis cette semaine.
05:27On se souvient des propos très tranchés de Caroline Levitt,
05:31la porte-parole du président.
05:33C'était dans les heures qui ont suivi la mort brutale d'Alex Prétis.
05:37Eh bien, il n'est désormais plus question pour Donald Trump
05:41de terrorisme domestique,
05:43ni même de soutenir de manière inconditionnelle
05:46l'action des policiers impliqués ce jour-là.
05:49Les bureaux d'études chargés de calculer à la virgule
05:52la popularité présidentielle ont parlé.
05:55Eh oui, partout dans le pays et jusqu'au cœur du camp conservateur,
05:59la cote de Donald Trump s'est abîmée
06:02à mesure que celle de ICE s'est, disons-le, effondrée.
06:06Un sentiment au moins partagé par la moitié démocrate de ce pays.
06:10La direction des opérations de ICE a changé.
06:14Le rythme de ces mêmes opérations a fléchi.
06:17C'est incontestable.
06:18Mais attention, Donald Trump prévient.
06:20Son programme, lui, est intact.
06:22Et la chasse aux migrants clandestins n'est pas prête de s'arrêter.
06:27Hélène Kouns, le conseiller spécial de Donald Trump,
06:29le tsar aux frontières, comme on l'appelle là-bas,
06:31Tom Homan, a remplacé sur place le très contesté Greg Bovino
06:36et annonce une diminution des effectifs des agents fédéraux de l'immigration.
06:40Est-ce suffisant, d'après vous, pour ramener le calme et mettre fin aux violences ?
06:44Alors, ça va certainement ramener un petit peu le calme.
06:47Mais on peut tout de même interroger l'opération Metro Surge,
06:52qui a un langage de guerre et très militarisé au sein des villes américaines
06:58et de ce quoi des villes gérées pour des démocrates.
07:01Le Minneapolis, qui est dans le Minnesota, c'est un état, disons, rouge,
07:07ou enfin, un état bleu, dans une marée d'états rouges autour.
07:13Et donc, avec un gouverneur qui est Tim Wals,
07:16Tim Wals, qui était le colistier de Kamala Harris en 2024.
07:20Oui, et Donald Trump, d'ailleurs, accuse le maire de Minneapolis,
07:22lui aussi démocrate, de jouer avec le feu.
07:25Jacob Frey a en effet déclaré qu'il n'appliquerait pas les lois fédérales de l'immigration.
07:29C'est quoi une ville sanctuaire aux États-Unis ?
07:32Parce qu'on en entend beaucoup parler dans ce débat.
07:34Ce sont des villes où le maire de la ville peut décider de ne pas livrer les migrants aux agents fédéraux.
07:44Vous savez, on parle beaucoup aux États-Unis de « states rights ».
07:47On veut bien que chaque état soit souverain et que le gouverneur, c'est l'exécutif de cet état.
07:52Donc, sans que le gouverneur ou le maire demandent de l'aide aux agents fédéraux,
07:59ils n'ont pas à s'y rendre, si vous voulez,
08:01et juger par eux-mêmes que la situation est à ce point dangereuse.
08:05Ce déploiement de force, il a en tout cas conduit les démocrates
08:08à exiger des changements dans les pratiques des agents fédéraux de l'immigration
08:11sous peine de provoquer un blocage du budget au niveau de l'ensemble des États-Unis.
08:17Quels changements sont nécessaires, d'après vous ?
08:19Vous savez, il y aura des votes là prochainement.
08:23Et le budget d'ICE dépasse le budget du FBI carrément.
08:29Donc, ce sont des milliards de dollars pour une opération,
08:33tout de même, on peut réellement questionner.
08:35Comment se fait-il que tout d'un coup, aux États-Unis,
08:38on se retrouve avec une milice militarisée à pleine rue, en plein jour,
08:44qui est capable d'abattre, non pas des émigrés, mais des citoyens passportés américains ?
08:51Chercher l'argent, comme on dit, car ce n'est pas qu'une affaire de protection des frontières.
08:55Derrière la lutte contre l'immigration clandestine se cache aussi une affaire de gros sous,
08:59Maya Anaïsia Taguen.
09:01Et oui, avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche,
09:03le budget du département de la Sécurité Intérieure a presque doublé,
09:07ces 400 milliards de dollars en 2025.
09:10Et vous l'avez dit, désormais, ICE est devenue la première force fédérale
09:14en termes de moyens financiers.
09:16Mais ce n'est pas ICE qui va elle-même développer les technologies modernes
09:20de reconnaissance faciale, avec l'intelligence artificielle, par exemple.
09:23Ce n'est pas ICE qui va construire les prisons.
09:25Ce n'est pas ICE non plus qui va transporter, expulser des migrants.
09:29Ce sont des entreprises privées qui passent avec l'État de très juteux contrats fédéraux.
09:34Alors, ce n'est pas nouveau, mais sous Donald Trump, de très nombreuses sociétés
09:37ont gagné énormément d'argent, plus que d'habitude,
09:40comme par exemple CSI Aviation ou encore Palantir du milliardaire Peter Thiel,
09:45qui est un proche d'Elon Musk.
09:47Alors, ses patrons, ce sont des soutiens, soit financiers ou médiatiques,
09:51de Donald Trump avec son élection.
09:53Ils ont vu pour la plupart leurs actions s'envoler
09:55et, pour certains, ont obtenu des marchés sans appel d'offres publiques.
10:00Pourquoi ? Parce que la lutte contre l'immigration illégale
10:02a été nommée urgence nationale et ainsi l'administration
10:06peut légalement se passer d'appels d'offres publiques.
10:08Et justement, parmi les membres de cette administration,
10:11plusieurs personnalités ont travaillé,
10:14notamment dans le secteur de la sécurité privée
10:17ou pour, par exemple, un cabinet de lobbying,
10:19comme dans ce cas où il y a, parmi les anciens membres,
10:22Pam Bondy, devenue procureure générale,
10:24ou encore Suzy Wiles, c'est la chef de cabinet de la Maison Blanche.
10:27– Hélène Kuhn, Tom Oman, lui-même, a été pris en flagrant délit de corruption
10:33avant d'être désigné tsar aux frontières.
10:36Les Américains, aujourd'hui, les Républicains, en tout cas,
10:38lui font-ils confiance ?
10:40– Je pense qu'on ne peut plus dire grand-chose
10:44par rapport à la corruption aux États-Unis,
10:47sachant tout de même qu'on aime ou on n'aime pas Donald Trump,
10:51c'était un président élu qui était lui-même un président condamné,
10:55si vous voulez, par la justice, donc…
10:57– Dans le cas de Tom Oman, ce sont vraiment des sacs de billets
10:59qui ont été découverts, en tout cas.
11:02– On est très loin des administrations
11:05où l'exemplarité de l'exécutif valait quelque chose.
11:09– La formation des agents recrutés par cette police des frontières est sommaire,
11:15elle laisse à désirer, tout comme d'ailleurs le recours à des auxiliaires
11:18comme des chasseurs de primes, ça aussi, c'est un problème ?
11:20– Alors, c'est un problème parce que, vous savez,
11:22on peut s'interroger, où sont partis le Ku Klux Klan ?
11:28Où sont partis les Proud Boys et toutes ces milices
11:31de suprématie blanche qui ont entouré Donald Trump ?
11:34Peut-être ils sont partis dedans,
11:36ils ont trouvé cette fameuse prime de 50 000 dollars,
11:39et puisqu'ils sont masqués, ils partent au principe
11:41que, quels que soient leurs agissements, ils ne craignent rien.
11:45– Et avec une possibilité d'engager le tir
11:47pour des individus dont on ne connaît pas,
11:50dont on ignore en partie la formation et les compétences.
11:52– Vous savez, on a abandonné malheureusement le respect des compétences
11:58à partir du moment où, je n'ai même pas parlé de l'administration Trump,
12:03j'aime bien dire le régime Trump, parce que c'est plutôt être loyaliste
12:09que d'avoir des compétences.
12:11– D'ailleurs, parmi les entreprises qui prêtent main forte
12:13à ces opérations d'expulsion figurent un géant français
12:16du conseil et services numériques aux entreprises,
12:19j'ai nommé la société Capgemini.
12:21Explication.
12:21– Vous connaissez désormais ces images,
12:26des agents surarmés de ICE qui arrêtent des migrants pour les expulser.
12:30Mais saviez-vous qu'en coulisses,
12:32ces policiers sont aidés par une entreprise française.
12:36Capgemini, un fleuron du CAC 40,
12:39en mode chasseur de primes,
12:40l'œil du 20h a enquêté.
12:42– Dans ces vidéos, Capgemini, champion français des services informatiques,
12:52fondé il y a près de 60 ans, revendique sa raison d'être.
12:57– Libérer les énergies humaines par la technologie
13:00pour un avenir inclusif et durable.
13:03– 350 000 collaborateurs dans le monde
13:05et une filiale américaine installée près de Washington.
13:08Elle travaille avec plusieurs agences gouvernementales,
13:11ministères de la Santé, des anciens combattants
13:14et depuis plus de 15 ans, le département de la sécurité intérieure.
13:18Des contrats que nous avons consultés sur les bases de données publiques.
13:22Pour ICE, Capgemini gère par exemple un standard téléphonique
13:26réservé aux victimes de crimes commis par des étrangers.
13:29Une création de Donald Trump.
13:32Et en novembre, le groupe français répond à un nouvel appel d'offres,
13:36cette fois pour identifier et localiser des étrangers.
13:40Ça s'appelle du skip tracing, une urgence pour ICE.
13:45– ICE a un besoin immédiat pour du skip tracing.
13:48– Capgemini rafle la plus grosse part du marché,
13:51jusqu'à 365 millions de dollars à la clé.
13:55Et plus la société française localisera de migrants,
13:57plus elle pourra empocher d'argent.
13:59C'est écrit noir sur blanc, des bonus financiers
14:02basé sur le taux de réussite dans la vérification des adresses des étrangers.
14:07On aurait bien voulu interroger le PDG,
14:09mais l'entreprise nous renvoie vers son communiqué.
14:12– Le groupe Capgemini est dans l'impossibilité d'accéder
14:15à des contrats classifiés conformément aux réglementations américaines.
14:19– En clair, Capgemini affirme ignorer le détail des contrats signés
14:24par sa filiale avec ICE.
14:26Mais le groupe s'engage à les regarder de plus près.
14:28– Voilà, il y a un extrait de l'œil du 20h de nos confrères de France 2.
14:34Hélène Koontz, la direction de Capgemini,
14:36affirme ne pas savoir si le contrat est en cours d'exécution.
14:42Il ne le serait plus d'après elle en tout cas.
14:43Et elle renvoie vers sa filiale américaine.
14:45Ça vous semble plausible ?
14:46– Dans le mesure, alors là, sur ce coup-là,
14:49je pense qu'à la décharge de Capgemini,
14:52on peut imaginer qu'ils sont dans leur technologie
14:56et pas dans l'idéologie de Donald Trump,
14:59qui est tout de même surprenant, même pour les Américains,
15:02qui sont sur place.
15:03Donc une entreprise qui est à l'étranger,
15:05on peut imaginer qu'ils ne sont pas dedans.
15:08– Oui, mais qu'ils ont simplement signé un contrat de fourniture de services
15:12sans s'interroger sur l'utilisation qui peut en être faite ?
15:15– Comme beaucoup d'entreprises, même des entreprises américaines,
15:19qui ne se doutent pas qu'ils sont potentiellement,
15:23et je dis vraiment potentiellement,
15:24complices avec des choses qui pourraient leur causer un tort à la télé plus tard,
15:31parce qu'ils sont dans des choses pas bonnes.
15:33– On l'a appris cette semaine aussi,
15:36des agents ODAI seront présents ici en Europe,
15:39lors des Jeux olympiques d'hiver à Milan,
15:41prévus du 6 au 22 février prochain.
15:44L'ambassadeur américain à Rome a dû préciser
15:47qu'il n'y aurait pas de patrouille,
15:48le rôle de la division déployée sera seulement consultatif,
15:52voilà ce qu'il dit.
15:53Vous comprenez que le gouvernement de Georgia Meloni
15:55ait fait appel à ses agents fédéraux de l'immigration américain,
15:59contre d'ailleurs l'avis du maire de Milan lui-même.
16:01– Je serais étonnée si c'est Mme Meloni
16:04qui a vraiment fait l'appel d'elle-même,
16:07ou si elle n'était pas un peu sous pression,
16:10comme beaucoup de dirigeants de parlement,
16:13pour répondre aux exigences,
16:16parfois très personnelles et très insistantes,
16:20de Donald Trump lui-même.
16:21– Dans quel but envoyer des membres
16:24de la police fédérale de l'immigration
16:25aux côtés d'une délégation sportive américaine
16:28à des fins d'affichage de communication ?
16:30– Oui, tout à fait, c'est tout à fait théâtral
16:33et c'est ce que là où l'administration Trump,
16:36le régime Trump réussit très bien.
16:39Ils ne veulent pas, je pense,
16:40perdre leur présence dans le monde,
16:43à combien même ils ont réduit à pas grand-chose
16:47leur crédibilité dans le monde.
16:50– Et on va en parler, revenons d'abord sur les mesures
16:53décidées par l'administration Trump
16:54en matière d'immigration, Maya, Naïsia Teghen.
16:56– Alors la dernière mesure en date,
16:58c'est le gel des procédures de visa
16:59pour les citoyens de 75 pays.
17:02Il y a l'Iran, le Yémen, la Russie,
17:04mais aussi des alliés de Washington,
17:05comme par exemple la Thaïlande ou encore le Cambodge.
17:07Objectif, selon l'administration Trump,
17:09ce serait de mettre fin aux abus
17:11de ceux qui chercheraient à s'enrichir
17:13sur aux dépens des Américains.
17:15Alors ces mesures s'ajoutent à des interdictions
17:17d'entrée totale et partielle
17:19qui touchent jusqu'à présent 39 pays.
17:21Les demandes d'asile ou de naturalisation
17:23sont également bloquées.
17:24Pour tous les pays, la loterie pour la green card,
17:27c'est-à-dire le sésame pour travailler
17:28sur le territoire américain,
17:30est également suspendue, arrêtée,
17:32tout comme les programmes de regroupement familial.
17:34Alors depuis le début du mandat de Donald Trump,
17:36l'administration dit avoir révoqué au moins 100 000 visas,
17:40avoir expulsé 650 000 personnes.
17:43C'est moins que l'objectif affiché qui était d'un million.
17:46Mais la Maison-Blanche se félicite
17:47que plus de 2,5 millions de personnes
17:50aient déjà quitté le territoire américain.
17:52inquiète en partie par des mesures
17:54qui sont menées par ICE.
17:56Alors bilan pour la première fois en 50 ans,
17:59les États-Unis ne sont plus un pays d'immigration.
18:02Quand on regarde ce graphe,
18:03on voit qu'il y a plus de départs que d'arrivés.
18:06Et encore plusieurs projets sont dans les cartons
18:08de Donald Trump, comme par exemple
18:09s'attaquer au droit du sol
18:11qu'il compte, qu'il espère supprimer.
18:13Merci Maya.
18:14Anaïsia Taguen, Hélène Kouns,
18:15l'afflux à la frontière mexicaine
18:17au sud des États-Unis
18:17a diminué de 80% entre 2024 et 2025.
18:22N'est-ce pas le signe que la politique migratoire
18:24de Donald Trump porte ses fruits ?
18:26Alors, j'aimerais aussi donner un peu de crédit
18:29à la présidente du Mexique,
18:32à Mme Scheinbaum,
18:33qui, de son côté,
18:34a essayé d'améliorer des choses
18:36pour qu'il n'y ait pas des personnes
18:37qui se mettent en danger.
18:39Et peut-être aussi,
18:40les États-Unis ne donnent pas envie,
18:43comme ils auraient pu,
18:44auparavant,
18:45comme dit dans le reportage.
18:48L'administration Trump a toujours affirmé
18:50que les opérations dans le Minnesota,
18:52par exemple,
18:53avaient comme origine
18:54une vaste fraude
18:56aux aides sociales
18:57impliquant la communauté somalienne.
18:59C'est vrai ?
19:00Est-ce que ça justifie
19:00ce qu'on voit aujourd'hui, d'après vous ?
19:02Ça ne peut absolument pas justifier
19:03ce qu'on voit aujourd'hui,
19:05qui est un assaut militarisé
19:07sur une ville
19:09où ils ont envoyé
19:10un nombre d'agents fédéraux
19:12trois fois plus
19:14que la police locale.
19:15Ce n'est pas du tout
19:16un problème de résoudre
19:17des problèmes de fraude
19:19à l'aide sociale, voyez-vous.
19:21Donc, encore une fois,
19:22je pense que Donald Trump
19:24a à cœur
19:24de faire en sorte
19:26que les États des Bleus
19:29ou tenus par les démocrates
19:31en souffrent en paix des prix.
19:33Et vous savez,
19:33si c'était réellement de bonne foi,
19:35il y a plein d'États
19:36dans le sud des États-Unis
19:38où il sera pressé
19:40d'envoyer des agents,
19:41où il y a réellement
19:42des problèmes
19:42de l'illégalité
19:44et de criminalité
19:45dans ces États
19:46d'Île-Rouge.
19:48En tout cas,
19:48le signal envoyé
19:49avec ce gel des visas
19:50est perçu comment
19:51dans les pays concernés,
19:53par exemple au Sénégal,
19:54Sarah Sacco ?
19:54Les Sénégalais sont frappés
19:57de plein fouet
19:58par le durcissement
19:59de la politique migratoire
20:01des États-Unis
20:01avec pas mal d'inquiétudes
20:03ici,
20:04pas mal de frustrations.
20:06Évidemment,
20:07cela a un impact direct,
20:08par exemple,
20:08sur le regroupement familial
20:09et la diaspora sénégalaise
20:11aux États-Unis
20:12est nombreuse.
20:14Également,
20:14sur les voyages
20:16de tourisme
20:17avec des conséquences
20:19et beaucoup d'inquiétudes
20:21pour les Sénégalais.
20:22Et c'est sans mentionner
20:23ceux qui ont un membre
20:25de leur famille
20:25en situation
20:26de migration clandestine
20:29aux États-Unis
20:29puisque ces dernières années,
20:31rappelons-le,
20:31la route pour les États-Unis
20:33via le Nicaragua
20:34a été particulièrement
20:36empruntée,
20:38même si on ignore
20:39par définition
20:39le nombre de personnes
20:40que cela concerne.
20:41Pas mal de réactions
20:42également du côté
20:43de la société civile.
20:44L'ONG Horizon Sans Frontières
20:46a dénoncé,
20:47par exemple,
20:49l'absence
20:50de réactions collectives
20:51pour rétablir
20:52la dignité de l'Afrique
20:53en espérant
20:54que la politique africaine
20:57de manière collective
20:58puisse protester,
20:59faire valoir ce droit
21:00à la mobilité
21:02qu'ils défendent.
21:04Enfin,
21:04autre inquiétude
21:05et pas des moindres,
21:06cela concerne
21:06le mondial de football
21:08qui doit se tenir
21:09à partir de juin
21:10notamment aux États-Unis.
21:12Les supporters
21:13qui font environ
21:14un millier de demandes
21:15de visa
21:15à chaque Coupe du Monde
21:16se demandent
21:17si cette fois-ci
21:17ils pourront aller supporter
21:18les Lyons aux États-Unis
21:20en marge
21:21de la Cannes
21:22qui vient de s'achever
21:22au Maroc.
21:23Plusieurs groupes
21:24de supporters
21:25s'étaient confiés
21:26à la presse
21:27en espérant
21:28que les autorités
21:29sénégalaises
21:30et également
21:31les autorités
21:31du football
21:32défendent
21:33leur demande
21:33de visa
21:34avec dans toutes les têtes
21:36ce match
21:36particulièrement attendu
21:38contre la France
21:39qui doit se tenir
21:40à New York.
21:41Hélène Koontz
21:43Donald Trump
21:43on s'est mis
21:44beaucoup
21:44en termes d'image
21:45sur la réussite
21:46de cette Coupe du Monde
21:47de football
21:48co-organisée
21:48d'ailleurs par les États-Unis
21:49le Canada
21:50et le Mexique
21:51sa politique
21:52en matière d'immigration
21:54pourrait ternir
21:55l'événement
21:55en juin prochain ?
21:57Ternir
21:58selon les codes
21:59actuels
22:00mais lui
22:01il a ses propres codes
22:03voyez-vous
22:03et je pense
22:04que ça ne l'inquiète pas
22:07qu'il y a des débordements
22:08qu'il y a des personnes
22:09en très grande difficulté
22:10pour lui
22:11je crois bien
22:12qu'il soit capable
22:13de dire que
22:14selon lui
22:15c'est ça la réussite.
22:18Quand on entend
22:18Nathalie Portman
22:19par exemple
22:20faire part de son effroi
22:21face aux événements
22:22de Minneapolis
22:23Brune Springsteen
22:23faire une chanson
22:24même à ce sujet
22:26cela contribue
22:28là aussi
22:28à dégrader
22:29le soft power américain
22:30le pouvoir d'influence
22:31des États-Unis.
22:31Le soft power américain
22:33est complètement délapidé
22:34et dans un temps record
22:36n'est-ce pas
22:36il a mis à peine un an
22:38pour faire en sorte
22:39que d'autres alliances
22:41se forment
22:42sans regretter
22:44les États-Unis
22:45et peut-être
22:46pour le mieux
22:46on ne peut pas
22:48être tenu en haleine
22:49du jour en jour
22:51par la personnalité
22:53et la péripétie
22:54de Donald Trump
22:55que je rappelle
22:56et tout de même
22:57en déclin cognitif
22:59de manière visible
23:01aux yeux de tous.
23:02Les morts
23:04de ces derniers jours
23:04à Minneapolis
23:05viennent rappeler
23:06le drame
23:07d'un autre décès
23:08celui de George Floyd
23:09c'était lors
23:09d'un contrôle de police
23:10en 2020
23:11à l'époque
23:12les États-Unis
23:12sortaient tout juste
23:13de la crise du Covid
23:14une nouvelle bavure policière
23:16et une mort
23:17qui s'inscrit
23:17dans un contexte historique
23:19de racisme
23:20aux États-Unis.
23:248 minutes
23:25et 46 secondes
23:26d'agonie
23:27sous le genou gauche
23:29de Derek Chauvin
23:30Lorsque l'ambulance
23:31le prend en charge
23:32George Floyd
23:33est inconscient
23:34il est déclaré mort
23:35à son arrivée
23:36à l'hôpital.
23:38Quelques minutes plus tôt
23:40il est vers 20h
23:41heure locale
23:42à Minneapolis
23:43dans le nord
23:43des États-Unis
23:44ce 25 mai 2020.
23:47Des policiers
23:47de la ville
23:48viennent arrêter
23:48un homme
23:49soupçonné
23:50par un épicier
23:51d'avoir utilisé
23:52un faux billet
23:53de 20 dollars.
23:54L'homme
23:55qui vient d'être arrêté
23:56George Floyd
23:57a 46 ans
23:58et s'est installé
23:59à Minneapolis
23:59après quelques années
24:01en prison
24:01pour des affaires
24:02de vol
24:03et de trafic
24:03de drogue.
24:04Père de trois enfants
24:05il partage son temps
24:07entre l'église
24:07et divers emplois
24:08mais lutte
24:09contre des addictions
24:10à la drogue.
24:11Ancien joueur
24:12de basketball
24:13universitaire
24:14il est décrit
24:15par ses proches
24:15comme un doux géant.
24:17Derek Chauvin
24:18a travaillé
24:18dans le même bar
24:19que George Floyd
24:20en tant qu'agent
24:21de sécurité
24:21mais les deux hommes
24:23ne s'y sont
24:23jamais croisés.
24:25Le policier
24:25cumule 19 ans
24:26de carrière
24:274 médailles
24:28mais aussi
24:2922 plaintes
24:30et enquêtes
24:31internes.
24:32Des connaissances
24:33et des collègues
24:33le décrivent
24:34au choix
24:34comme taiseux
24:35un peu raciste
24:37voire antisocial.
24:39La vidéo
24:39de la mort
24:40de George Floyd
24:41tournée par une passante
24:42et publiée
24:43le jour même
24:43sur internet
24:44elle va embraser
24:46le pays.
24:50Hélène Kuhns
24:50à l'époque
24:51la mort
24:51de George Floyd
24:52avait déclenché
24:53plusieurs mois
24:53d'émeute
24:54et réveillé
24:55le mouvement
24:55Black Lives Matter
24:56on pourrait assister
24:57au même phénomène
24:58cette fois-ci ?
25:00Pas du tout.
25:01On est très loin
25:02de Black Lives Matter
25:03on est très loin
25:05de la réponse
25:06White Lives Matter
25:07on était aussi
25:09très loin
25:09de la réponse
25:10toutes les vies
25:12se valent
25:13all lives matter
25:14malheureusement
25:15avec le régime Trump
25:16no lives matter.
25:18Aucune vie
25:18ne compte
25:19c'est le sentiment
25:20que donnent ces événements
25:21même la moitié démocrate
25:23du pays
25:23ne va pas réagir
25:25plus fortement
25:25autrement que ce qu'on voit
25:26ces derniers jours
25:27au Capitole.
25:28Je crains
25:29et je regrette
25:30qu'il y a beaucoup
25:30de sidérations
25:31et les gens
25:33sont terriblement
25:34fatigués
25:35de cette situation
25:36peut-être
25:37on n'a pas
25:37l'habitude
25:39de mettre
25:39autant d'énergie
25:40derrière
25:41des difficultés
25:42politiques
25:43de jour en jour
25:43aux Etats-Unis.
25:44Merci beaucoup
25:45Hélène Kouns
25:46d'avoir été avec nous
25:47je rappelle
25:47que vous êtes
25:48directrice
25:48du pôle finance
25:49à l'INSEC.
25:50Pour aller plus loin
25:51et comprendre
25:51comment fonctionne
25:52la police
25:53de l'immigration
25:53aux Etats-Unis
25:54je vous invite
25:55à aller regarder
25:56le long format
25:57de France 24
25:58comment Donald Trump
25:59a mis en place
26:00une chasse
26:01aux immigrés
26:02sur Youtube
26:02réalisée par
26:04Samia Metheny
26:05et Avaluquet.
26:06Et c'est la fin
26:08de cette édition
26:09du Monde
26:09dans tous les Etats
26:10rendez-vous
26:10la semaine prochaine
26:11et d'ici là
26:12sur notre site internet
26:13france24.com
26:14Sous-titrage Société Radio-Canada
26:19Sous-titrage Société Radio-Canada
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