00:00Vincent Parizeau, RTL Soir
00:03Et l'invité d'RTL Soir est donc Marie-Pierre Vedrenne. Bonsoir.
00:07Bonsoir.
00:07Merci d'être avec nous, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.
00:11Pour commenter ces chiffres 2025 de la mortalité routière, on va y venir.
00:16Ils sont en augmentation de nouveau.
00:19Mais avant, parlons d'un phénomène qui prend une ampleur très inquiétante.
00:23C'est l'usage du protoxyde d'azote au volant.
00:26On peut rappeler quelques drames récents.
00:28À Alès, dans le Gard, avec cette voiture qui s'était retournée dans une piscine.
00:32Trois morts, dont le conducteur qui en avait consommé.
00:35À Lille, cet automobiliste qui fauche Matisse, un étudiant sur un passage piéton.
00:40Là encore, du protoxyde d'azote.
00:43Il y a eu plus récemment à Nanterre, sur l'A86, cet automobiliste qui meurt brûlé dans sa voiture
00:48après avoir été percuté par un jeune sous protoxyde d'azote.
00:51Et l'association 40 millions d'automobilistes recense 450 accidents liés au protoxyde d'azote
00:57en bout de 2025.
00:59Il y a urgence à agir ?
01:01Oui, il y a urgence à agir.
01:02Et je pense qu'il y a surtout urgence à nommer les choses.
01:04On a souvent parlé jusqu'alors, quand il était question de la consommation détournée du protoxyde d'azote,
01:09de gaz hilarant.
01:10Et on se rend bien compte, avec les faits que vous énoncez,
01:13ce n'est pas un gaz hilarant.
01:14Et spécifiquement, quand on détourne de sa consommation
01:18et qu'on prend le volant derrière.
01:19On se met soi-même en danger et on met les autres en danger.
01:22Donc, pour nous, il est très clair qu'il faut agir sur le volet de la prévention.
01:26notamment auprès des jeunes.
01:27On le sait, c'est beaucoup de jeunes qui consomment ce protoxyde d'azote.
01:31Dire les choses.
01:32Auprès des jeunes, ça veut dire dans les lycées, dans les facs ?
01:35Dans les établissements scolaires, effectivement.
01:37Vous savez, malheureusement, pas que dans les lycées, dans les facs,
01:40même aussi au collège.
01:42Et moi, j'ai fait de très nombreux déplacements, par exemple dans mon lycée.
01:45Dans votre ville ?
01:46Limoges, c'est ça ?
01:48Exactement.
01:48Vous avez les bonnes informations à Limoges.
01:50J'ai échangé avec des lycéens.
01:51On a débattu de quel type de campagne on devait mettre en place.
01:55Et on est arrivé à la conclusion qu'il fallait mettre aussi une campagne choc
01:58pour véritablement nommer les choses.
02:01Ça veut dire qu'il faut avoir une campagne choc peut-être à la télé, sur Internet ?
02:04On est en train de travailler avec notamment la délégation à la sécurité routière
02:07et au sein du ministère de l'Intérieur pour avoir une campagne de prévention.
02:10J'ai pu notamment également échanger avec mon collègue ministre de l'Éducation nationale.
02:15Je pense qu'il faut le faire aussi là où sont les jeunes,
02:17sur les réseaux sociaux, pour les sensibiliser.
02:19Et je pense qu'il faut aussi sensibiliser les parents.
02:22Parce que quand on parle de protoxyde d'azote,
02:24peut-être contrairement à d'autres produits,
02:26c'est par exemple, il n'y a pas d'odeur.
02:28Et je crois qu'il est important aussi d'expliquer les dangers auprès des parents
02:33et expliquer ce que c'est que ce fameux ballon.
02:37Voilà, parce que si on a un ballon de baudruche,
02:39c'est peut-être pas forcément pour s'amuser comme on pouvait le faire il y a quelques années.
02:47Conduire avec du protoxyde d'azote après avoir consommé,
02:50c'est une circonstance aggravante en cas d'accident ?
02:52Oui, pour moi ça doit véritablement l'être.
02:54Parce qu'en fait, on le voit, on va y revenir effectivement,
02:57les chiffres de la sécurité routière sont moins bons cette année.
03:01Et on le voit bien, derrière ces chiffres,
03:02c'est des familles qui sont brisées,
03:04c'est des vies qui sont brisées également.
03:06Donc il est important que quand on prend la route,
03:10c'est un espace de liberté,
03:12mais c'est un espace qui doit être sécurisé aussi.
03:14Donc rajouter en fait une circonstance telle que la consommation de protoxyde d'azote,
03:19c'est amplifier le danger pour soi-même et pour les autres.
03:21Donc oui, ça doit être une circonstance aggravante.
03:23Un dernier mot, parce que ce n'est pas le seul élément de ces statistiques annuelles.
03:28Qu'est-ce qu'on peut faire ?
03:29Parce que c'est un produit qu'on trouve dans le commerce, sur Internet,
03:31c'est un produit qui est utilisé en médecine et puis...
03:36Faire de la chantilly, en chantilly notamment, oui.
03:37C'est ça.
03:38Donc, est-ce qu'on peut le classer comme stupéfiant ?
03:41Est-ce qu'on peut interdire sa vente aux non-professionnels ?
03:45Alors l'objectif avec le ministre Nunez,
03:47c'est notamment d'intégrer justement des changements dans notre projet de loi
03:50sur la sécurité du quotidien.
03:52Travailler sur la vente, travailler sur le transport,
03:55travailler sur la détention,
03:57pour justement encadrer davantage les choses.
03:59Parce que vous le rappelez,
04:00la problématique c'est la consommation détournée du protoxyde d'azote.
04:03Donc il faut agir, il faut être efficace.
04:07Et pour nous...
04:07Aujourd'hui on en trouve en deux clics sur Internet,
04:09ça arrive à la maison, c'est livré dans un cas où...
04:10On en trouve en deux clics et ce qu'on se rend compte auprès des jeunes
04:15et notamment de ces consommateurs dont on vient de parler,
04:18c'est souvent un accès sur les réseaux sociaux
04:19et c'est souvent aussi une porosité avec des réseaux narcotranfiquants
04:23parce que, en fait, oui, on s'en trouve de manière très facile,
04:27mais aussi c'est très peu cher.
04:29Alors, au-delà de cette question du protoxyde d'azote,
04:32qu'est-ce qui vous inquiète dans ce bilan
04:34de l'Observatoire national interministériel de la Sécurité routière ?
04:37Alors, on l'a dit, ces chiffres cette année sont moins bons.
04:40Donc il est important de rappeler qu'il y a une responsabilité individuelle et collectif
04:45parce que derrière ces chiffres,
04:47c'est une question de vie, c'est une question de mort.
04:49Et pour le Président de la République, pour le gouvernement, pour moi-même,
04:53c'est véritablement, et ça doit être résolument,
04:55la sécurité routière, un sujet de vie.
04:58Donc il faut sensibiliser, il faut rappeler, faire de la prévention.
05:01Il faut aussi, parfois, quand c'est nécessaire, changer la loi.
05:04Je pense, par exemple, qu'en décembre dernier,
05:06nous avons fait évoluer la loi pour les très grands excès de vitesse.
05:10Parce que quand vous roulez à plus de 50 km heure au-dessus de la vitesse maximale autorisée,
05:15ce n'est pas anodin.
05:16Quand vous êtes à 180, 190 sur l'autoroute,
05:18vous vous mettez délibérément en danger.
05:20Vous vous mettez délibérément la vie des autres en danger.
05:22Donc il faut cette prise de conscience.
05:24Oui, mais en même temps, il y a eu quand même un allégement de sanctions
05:26pour les petits excès de vitesse.
05:27Il y a eu...
05:27Ça vous a été reproché.
05:28Enfin, pas vous, personne.
05:30Parce que l'objectif, c'est véritablement d'avancer sur nos deux jambes.
05:33À la fois la prévention et à la fois la répression.
05:36Il faut adapter la législation aux nouveaux comportements, aux nouveaux phénomènes.
05:40Puis il faut travailler aussi, parce qu'on voit de nouveaux moyens de transport,
05:43à des espaces sécurisés pour chacun et plus sûr.
05:46Alors, on vient à ces nouveaux comportements, ces nouveaux moyens de transport.
05:50Les trottinettes électriques, là aussi, on voit une explosion de la mortalité.
05:5680 morts en 2024, 35 en 2025, 35 de plus qu'en 2024.
06:00Vous savez, tout à l'heure, juste avant de vous rejoindre,
06:03j'étais avec nos forces de sécurité sur le terrain, justement.
06:06Et on a effectué différents contrôles.
06:08Et on a vu deux jeunes qui étaient à deux sur une trottinette, sans casque.
06:12Là aussi, il ne s'agit pas de freiner les libertés.
06:16Le ministère de l'Intérieur, c'est aussi le ministère de la Garantie des Libertés Publiques.
06:20Ce n'est pas ça.
06:21Mais c'est véritablement de faire prendre conscience à chacun que,
06:24attention, certains comportements peuvent nous mettre soi-même en danger et les autres en danger.
06:28Ça veut dire plus sanctionner certains comportements en trottinette ?
06:31Mais ça veut dire que la sécurité routière, il y a un code de la route.
06:34À des moments, vous êtes piéton.
06:36À des moments, vous êtes conducteur.
06:38À des moments, vous êtes sur une trottinette.
06:40Il y a un code qui s'applique ou cycliste.
06:42Parce que vous ne savez qu'en ville, à Paris, mais en autre...
06:44Évidemment, ou cycliste.
06:45Et puis, vous êtes dans une journée, soit conducteur, soit cycliste, soit piéton.
06:51Et donc, ce code de la route, il est fait pour protéger tout le monde.
06:53Donc, il doit être respecté par tout le monde, en n'importe quelle qualité.
06:57Encore deux questions, Marie-Pierre Vedrenne.
06:59Tout d'abord, puisqu'on a parlé de voitures.
07:01Alors là, il s'agit d'une voiture en carton, de taille réelle, c'est vrai.
07:04Une voiture de police démolie à coups de bâton dans ce qu'on appelle une pinata, organisée dans une école artistique de Mulhouse.
07:11Alors, ça n'a pas plu du tout à votre ministre, parce que l'image a tourné sur les réseaux sociaux.
07:17Une plainte a été déposée ?
07:19Oui, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a demandé au préfet du Haut-Rhin de saisir la justice.
07:25Moi, je le rejoins, parce que je trouve que c'est un acte qui n'est pas tolérable, qui n'est pas acceptable.
07:30Même s'il y a quand même des choses plus graves. On est quand même dans le symbole plus que dans la gravité des faits, non ?
07:35Le symbole, ça compte. Moi, j'ai juste envie de dire que nos forces de sécurité, elles font un travail aussi pour protéger les Français et les Françaises.
07:43Donc, non, ce n'est pas acceptable.
07:45Un dernier mot, parce que demain, les syndicats de police, alliances et synergies officiers appellent les Français à manifester avec eux dans une vingtaine de villes
07:52pour dénoncer le manque de moyens dont ils disposent la vétusté des commissariats.
07:56Est-ce que ce soir, vous dissuadez ou vous encouragez les Français qui veulent aller les soutenir et descendre avec ces policiers dans les rues ?
08:04Je voudrais déjà dire que, là encore, il y a un engagement plein et entier du ministre, du Premier ministre, à avoir un budget qui soit à la hauteur des enjeux.
08:13Le Premier ministre l'a toujours dit. C'est-à-dire que, par exemple, sur le volet du régalien, que ce soit à la justice, la défense et le ministère de l'Intérieur,
08:20avoir une augmentation du budget pour pouvoir, justement, avoir des moyens pour nos forces de sécurité.
08:25Donc, moi, je comprends leur volonté d'avoir encore plus de moyens.
08:29C'est absolument nécessaire. C'est un enjeu qui est prioritaire.
08:32Donc, nous, avec le gouvernement, avec le ministre, on se bat pour cela.
08:35Mais vous comprenez que les Français veulent soutenir les policiers ?
08:37Oui, donc ça revient aussi au point qu'on évoquait.
08:39C'est leur engagement essentiel qu'ils font pour protéger les Français.
08:42Merci d'être venu ce soir dans ce studio RTL.
08:45Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur.
08:48Et dans un instant, on va accueillir la porte de rameau.
08:52C'est officiel de l'équipe de France pour les Jeux Olympiques d'hiver qui commence la semaine prochaine.
08:57Chloé Trespeuch sera avec nous.
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