01:00Pour la clarté et la profondeur de la prestation de la plaidoirie, c'est vrai que je ne suis pas le juge, mais je peux vous rassurer que vous avez gagné vos procès.
01:15Je pense que c'est une prestation qui finit également de convaincre vos aînés de ce que le flambeau de la relève, 50 ans après, est bien tenu.
01:32Alors, avant de prononcer mon mot également, j'ai bien suivi l'intervention du bâtonnier qui nous a interpellés sur un certain nombre de sujets.
01:46Maître, vous savez, le travail que nous menons aujourd'hui, la mission que nous menons aujourd'hui, c'est une mission qui se mène dans un esprit de sacrifice.
02:06Le juge que nous créons, ce n'est pas le juge homme, ce n'est pas la justice des hommes, c'est la justice de l'histoire.
02:15Et aujourd'hui, rassurez-vous, maître, nous ne voulons pas qu'il y ait justice simplement pour les privilégiés, il faut qu'il y ait justice pour tous.
02:31Depuis les paysans de Ngombili jusqu'à l'avocat, en passant évidemment par l'ensemble des citoyens burkinabés.
02:45C'est ce que je voulais dire avant donc de prononcer mon mot.
02:51Distingués invités, mesdames et messieurs, chers camarades,
02:57c'est avec plaisir que je prends la parole à l'occasion de cette rentrée solennelle du barreau du Burkina Faso
03:05qui coïncide avec la célébration du 50e anniversaire de l'avocature burkinabèque.
03:14Je voudrais, à l'entame de mon propos, rendre un hommage mérité à toutes les forces combattantes
03:23qui, nuit et jour, protègent notre nation au prix de sacrifices incommensurables.
03:30A la mémoire de ceux qui ont combattu avec courage, détermination et patriotisme
03:39et qui sont tombés sur le champ d'honneur, je vous demande d'observer une minute de silence.
03:46Je vous remercie.
03:57Mes pensées vont également à l'endroit du vaillant peuple burkinabèque
04:02dont la détermination pour une souveraineté totale demeure inébranlable.
04:08C'est dans ce contexte de résilience que vous avez décidé, monsieur le bâtonnier,
04:16vous et vos confrères, de faire une halte pour commémorer 50 années d'une profession
04:24qui occupe une place essentielle dans notre architecture républicaine.
04:29En effet, c'est en 1975 que les premiers avocats prêtaient serment de défendre la justice.
04:3950 ans plus tard, le barreau s'est enrichi d'une trajectoire dense.
04:46Mutation institutionnelle, transition politique, défis sociaux et sécuritaires, et j'en oublie.
04:54L'avocature burkinabèque a traversé toutes les étapes majeures de la vie de notre nation
05:01en démeurant une profession exigeante, parfois incomprise, souvent interpellée,
05:10mais toujours debout et fidèle à son serment.
05:1550 ans d'une avocature en mouvement, c'est un héritage précieux,
05:20mais aussi une responsabilité immense envers les générations actuelles et futures.
05:27C'est le lieu pour moi de rendre un vibrant hommage à tous vos illustres dévinciers
05:33qui, contre vents et marées, ont façonné cette trajectoire d'adaptation et de responsabilité
05:41dans le respect de leur serment.
05:45Sur le bâtonnier, distingué personnalité, mesdames et messieurs,
05:48La célébration du cinquantenaire du Barreau,
05:53couplée avec la cérémonie de la rentrée solennelle,
05:57intervient à un moment où le Burkina Faso
05:59écrit une page historique de son destin.
06:04Notre pays est engagé dans un combat résolu
06:07pour une souveraineté intégrale portée par une aspiration profonde
06:13pour la justice sociale, la dignité et le respect de notre identité.
06:21Dans ce contexte, le gouvernement, tout en saluant le rôle du Barreau
06:26dans la défense des libertés et de l'accès aux droits et à la justice,
06:30rappelle l'impérieuse nécessité pour l'avocat burkinabé de se réinventer
06:37et d'être un acteur de premier plan dans la promotion d'une justice crédible,
06:44indépendante et accessible à tous, en particulier aux plus démunis.
06:50C'est dans cette dynamique que mon gouvernement,
06:54sous l'impulsion du camarade capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso,
07:00a engagé d'importantes réformes visant à moderniser notre système judiciaire,
07:07à renforcer l'accès aux droits
07:09et à promouvoir une justice fondée sur nos valeurs endogènes.
07:15Nous attendons du monde de l'avocature
07:18un accompagnement actif
07:21dans la mise en œuvre de ces réformes structurantes.
07:25Je salue à ce titre
07:27la pertinence des activités scientifiques et sociales
07:31prévues dans le cadre de cette commémoration.
07:35Elle témoigne d'une avocature moderne,
07:38responsable,
07:40ouverte à l'innovation
07:41et ancrée dans l'évolution de la société.
07:46Mesdames et Messieurs, chers camarades,
07:48les défis contemporains sont nombreux.
07:53Digitalisation de droits,
07:55intelligence artificielle,
07:58transformation technologique
08:00et nouveaux marchés juridiques.
08:03Ces enjeux commandent une profession
08:05toujours plus compétente,
08:07mais surtout une réflexion approfondie
08:10sur la souveraineté juridique africaine.
08:12car le droit doit démarrer un levier de développement
08:18et non un instrument de dépendance.
08:22Je reste convaincu
08:23que la qualité de vos échanges
08:26permettra d'obtenir des conclusions
08:28qui contribueront à favoriser l'émergence
08:32de ce système judiciaire nouveau,
08:34source d'équité
08:35et garant de la paix sociale.
08:38Le gouvernement encourage ses réflexions
08:41et réaffirme son engagement
08:43à poursuivre la modernisation de la justice,
08:47à renforcer l'accès équitable aux droits
08:49et à maintenir un dialogue constructif
08:53avec le baron du Burkina
08:55et l'ensemble des acteurs judiciaires.
08:57Au nom du gouvernement
08:59et à mon nom propre,
09:02je vous souhaite une belle rentrée solennelle
09:05et un cinquantenaire
09:07à la hauteur de votre histoire
09:08et des défis de votre profession.
09:12La patrie ou la mort,
09:14nous vainclons.