01:29Nous dormons et nous nous réveillons sous le couvert d'une liberté qu'eux y protègent.
01:37Nous étions au camp militaire avant-hier afin justement donc de saluer le travail des éléments des forces de défense et de sécurité.
01:46Je vous demande les acclamer.
01:4926 décembre 1975, les Voltaïques se réveillent au petit matin. Ils viennent de fêter Noël.
02:09Le doux petit Jésus venait de naître.
02:16Et Voltaïque découvre avec joie qu'en réalité, comme à son habitude, Jésus n'est pas venu seul.
02:23Il est arrivé avec deux missionnaires.
02:29Frédéric Titenga Passere et Bernardin Tabiré.
02:32Deux avocats qui ont prêté serment d'aller partout et de prêcher la bonne nouvelle.
02:39Sensibiliser sur le droit et de la justice, écouter et conseiller les personnes, défendre et changer la vie des hommes et des femmes au cas par cas.
02:51Comme des Wemba en société Mwaga, ils doivent s'interposer et faire en sorte que les patients n'entrent pas dans le territoire du juge.
02:58De procès en procès, de procès à audience, d'audience à conférences, de conférences à séminaires et de séminaires à ateliers, nos pionniers parlèrent.
03:11Parler pour être entendus, veiller, prévenir et soigner, ils l'ont fait.
03:17Passeurs d'hommes, ils drainent à leur suite, tels des cavaliers du droit, plus de 402 héritiers, dont 366 survivants aujourd'hui, qui exercent la profession d'avocats au Bukina Faso.
03:29Excellences, M. le Premier ministre, Mesdames et Messieurs, chers confrères,
03:33Le sentiment qui anime notre barreau en ce jour est un sentiment d'émotion profonde, d'orgueil légitime et de fierté assumée.
03:42Coïncidant avec la commémoration du 50e anniversaire de l'avocat de Bukinabé,
03:47cette rentrée nous rassemble dans un moment et un élan historique.
03:5150 ans, c'est l'âge de la maturité, celui où l'on récolte les fruits d'un engagement,
03:57indéfectible au service de la justice et de la nation.
04:01Permettez-moi, au nom de tout le Conseil de l'Ordre, de saluer avec le plus grand respect
04:06tous les acteurs de notre institution, des douaniens qui ont tracé la voie,
04:12aux bâtonniers qui ont su tenir le cercle de l'indépendance,
04:15en passant par les avocats qui l'animent avec ardeur,
04:19jusqu'aux jeunes qui en seront les bâtisseurs de demain.
04:22Voici un demi-siècle que nous sommes sur la brèche.
04:27Sur les brèches, j'allais dire.
04:2950 ans que l'avocat incarne la voie de la défense.
04:3350 ans qu'il sait de rempart aux libertés trébuchantes.
04:3750 ans qu'il est de faction, sentinelle et vigile des droits fondamentaux.
04:43Nous avons traversé les tempêtes de l'histoire,
04:45parfois objets et souvent acteurs de réformes judiciaires,
04:50toujours témoins vigilants de transitions politiques diverses.
04:54Nous laissons assurement des traces.
04:56Ce que nous célébrons aujourd'hui, c'est en réalité un lègue vivant.
05:00L'avocat Bukinabé n'est pas un simple plaideur.
05:02Vous l'avez dit, madame la présidente de la conférence,
05:05il se veut d'être le cœur battant d'un État où doit régner la primauté du droit.
05:08Pour cela, il se tient au carrefour du droit, savant et du droit vivant.
05:14Dans les institutions juridictionnelles ou non,
05:17il forme un pont entre le justiciable et la loi.
05:20Une seule vocation,
05:22servir le bon droit sans relâche et sans concession,
05:26avec éthique et dignité,
05:28armée de courage, d'intelligence politique et sociétale.
05:32Oui, nous sommes des hommes d'honneur,
05:35éduqués, formés pour être unis et ruinés.
05:38Autour de l'honneur du même feu.
05:42C'est ce que nous sommes,
05:43et c'est ce que nous sommes déterminés à rester.
05:4650 ans, 50 ans nous obligent à l'ambition,
05:50à aller vers un barreau digital,
05:52numérisé et inclusif,
05:54au service d'un Burkina Faso résilient,
05:56mais résistant,
05:58et d'une Afrique qui se dresse.
06:00Excellence, monsieur le Premier ministre,
06:02mesdames et messieurs,
06:04ce jubilé se tient dans un contexte marqué par des épreuves exceptionnels.
06:07La crise structure qui frappe notre pays depuis plusieurs années,
06:12met à rude épreuve nos institutions.
06:15Pour autant,
06:16Excellence,
06:18vous parvenez à engager des réformes audacieuses,
06:21dont le but ultime est de faciliter l'accès aux juges,
06:23mais surtout,
06:24de rendre concret l'accès aux juges,
06:27effectif,
06:28la jouissance de cet accès,
06:29le tout dans une cohérente harmonie
06:31entre modernité et tradition de nos sociétés africaines.
06:34Nous saluons les efforts du gouvernement
06:37pour ce dynamisme qui vise à redorer le blason de la justice
06:40et à la rapprocher le plus possible
06:43du justiciable au triple plan géographique,
06:47matériel et psychologique.
06:49Un prouveur bien connu de chez nous
06:50conseille toujours
06:52de ne jamais entrer la vieille
06:54et laisser les pieds dehors.
06:57à quoi servirait une justice réformée
07:00si les règles
07:02qu'elle est censée appliquer
07:03sont comme très souvent
07:05contournées
07:06comme un rond-point.
07:08Oui,
07:10nous savons que concilier
07:11liberté et justice
07:13est une véritable gageur,
07:15surtout en temps de crise sécuritaire.
07:17On ne peut pas le nier.
07:19Mais pouvons-nous
07:19ou ne pouvons-nous pas travailler
07:22à prévenir cette autre crise
07:24que la crise du droit,
07:25la crise des droits,
07:27en particulier.
07:28L'accès à l'avocat
07:29ne devrait pas être regardé
07:31comme étant un obstacle à la justice.
07:34Bien au contraire,
07:35elle est la garantie d'une bonne justice.
07:38Excellence,
07:39M. le Premier ministre,
07:40accepté de patronner notre cinquantenaire
07:42est déjà un joli cadeau
07:45que vous nous avez fait.
07:46Et nous vous remercions une fois de plus encore
07:48que vous prions de bien vouloir
07:49transmettre nos remerciements
07:50et notre reconnaissance
07:52à son excellence,
07:54M. le Président du FASO,
07:55chef de l'Etat.
07:57Sans être capricieux,
08:00comment ne pas saisir cette occasion
08:01pour demander encore et davantage ?
08:05Comme l'a dit le MC au début,
08:06ce que nous savons faire,
08:07semble-t-il, c'est revendiquer.
08:09Mais en fait, c'est plaider.
08:11Plaider,
08:12plaider, c'est plaider davantage des causes.
08:16Plaider pour la présentation au juge
08:18de toutes celles et ceux qui sont retenus ou gardés
08:22attendant d'être entendus
08:24ici au Burkina Faso.
08:27Plaider pour l'accès au juge
08:28de notre confrère,
08:30Guilherme Vecam,
08:31à qui les portes de Temis
08:32semblent avoir été refermées derrière lui.
08:36Plaider pour l'abandon
08:37des poursuites initiées
08:38contre notre confrère,
08:40Arnaud Sampébré,
08:41dont l'effet à lui reprocher
08:42nous inquiète tous,
08:43car il question le socle de notre métier,
08:46qui sont le sens du secret professionnel,
08:48les effets du mandat ad litem
08:50et la portée réelle
08:51de la protection des témoins
08:52devant la justice.
08:53Plaider pour ces mesures,
08:56ce n'est pas vous inviter
08:57à outrepasser vos pouvoirs.
08:58Les cas échéants,
09:00nous vous demandons de monter plus haut.
09:03Soyez notre porte-parole.
09:06En réalité,
09:07nos plaidoiries, comme toujours,
09:09ne sont pas seulement pour nos clients
09:11ou nos confrères.
09:12Non, elles sont aussi pour nos dirigeants.
09:15Oui,
09:16l'avocat a un ultime devoir,
09:18conforme à son serment,
09:20celui de protéger les dirigeants d'eux-mêmes.
09:23En le disant,
09:25l'avocat ne fait pas montre
09:26d'une entreprise d'impertinence.
09:29Il n'est davantage ni rébelle,
09:31ni parjure.
09:32Et c'est pourquoi,
09:34au moment de chuter dans ce propos,
09:36résonne dans ma tête
09:37la voix d'un conseiller,
09:39Nicolas Sarkozy,
09:40qui lui avait fait un rapport,
09:42dans lequel il introduisait
09:44en ces termes.
09:47Dans la vie,
09:48chacun peut être un jour
09:49confronté à la justice.
09:51Il s'agit toujours
09:52d'un moment grave.
09:53puisqu'il concerne la famille,
09:55l'honneur,
09:56la sécurité,
09:57la propriété,
09:59l'emploi,
10:00l'argent
10:00et bien sûr,
10:02la liberté.
10:03Le juge intervient
10:04soit pour apprécier
10:05et sanctionner,
10:06selon leur gravité,
10:07des comportements interdits,
10:09soit pour trancher des litiges
10:10avec pour objectif
10:11la paix sociale.
10:13Dans une société,
10:14le rôle dévolu
10:15à l'État induit
10:16celui reconnu
10:17aux droits
10:18et à la justice.
10:19Un État,
10:20quelle que soit sa nature,
10:21est l'enceinte
10:23politico-sociale
10:24où les règles
10:25de droit gouvernent
10:26les relations sociales
10:27plutôt que la volonté
10:28des puissants.
10:31Je ne sais pas
10:31si Nicolas Sarkozy
10:32l'a écouté,
10:33mais j'ai appris
10:34il n'y a pas longtemps
10:35à la télévision
10:35qu'il dit
10:37qu'on l'a condamné
10:37et que c'était la force
10:38qu'on lui avait fait.
10:39Mon frère,
10:42ma sœur,
10:43cette voix te parle aussi.
10:45Elle interprète
10:46chacun de vous,
10:47de nous,
10:48puisqu'alors
10:48vous l'avez entendu
10:49par ma bouche.
10:51C'est sur ces mots
10:51que je voudrais
10:52me retirer de cette tribune
10:53sans jamais lâcher la barre,
10:57car j'ai la conviction
10:59et l'espoir
10:59que cette rentrée
11:00est un autre point chaud
11:02de notre trajectoire
11:03et nous armera davantage
11:05d'une éthique inébranlable
11:06et d'un patriotisme
11:08en fervent.
11:09Vive le baron
11:10du Goutinafaso,
11:11vive la Goukatsu
11:12goutinabé et africaine,
11:14la patrie ou la mort,
11:16nous vaincrons
11:16et nous remettons.