- il y a 22 minutes
Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, la banque publique d'investissement française dans les entreprises, est notre invité dans le Grande Entretien. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mercredi-28-janvier-2026-5451294
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00:00France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracouet.
00:05La grande matinale.
00:07Et dans le grand entretien avec Benjamin Duhamel, nous recevons ce matin...
00:10Une voix qui compte dans l'économie française, patron de la BPI, la Banque Publique d'Investissement.
00:15Posez-lui vos questions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000.
00:20Et sur l'application Radio France.
00:22Bonjour Nicolas Dufloque.
00:23Bonjour.
00:24Merci d'être avec nous.
00:25Ce matin sur France Inter, dans un moment où l'économie est au cœur du débat politique.
00:30Vous avez un discours tranché, il faut le dire, dans votre livre.
00:35La dette sociale de la France aux éditions Odile Jacob, c'est un cri d'alarme contre...
00:40de ce que vous décrivez comme un système financé à crédit.
00:44Nicolas Dufourque, le budget...
00:45G2026 est sur le point d'être adopté.
00:48Vous qui êtes en contact quotidien avec...
00:50Les entreprises françaises, vous dites...
00:52Ouf, il était temps après des mois de flottement...
00:55Un soulagement pour l'économie ?
00:57Je ne sais pas, je ne voudrais pas commander la...
01:00L'actualité parlementaire.
01:01Ce que je vois avec le recul un peu de l'historien qui a écrit le livre...
01:05que vous avez parlé, c'est que c'est le cinquantième épisode d'une très très longue série...
01:10qui a commencé en fait en 1975, dernière année où on a voté un budget en équilibre.
01:15Et donc...
01:15Et donc sous Giscard...
01:16Et donc...
01:17Voilà, donc c'est un budget...
01:19On peut...
01:20...
01:21...
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01:33...
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01:37...
01:39...
01:41...
02:05...
02:07Sauf que si ça continue, on va vers 4000 milliards de dettes...
02:09On va vers 100 milliards de dettes...
02:11On va vers 100 milliards de dettes...
02:12...
02:12De frais financiers par an, c'est-à-dire plus que le rendement de l'impôt sur le revenu...
02:15...
02:16...
02:17...
02:18...
02:19...
02:20...
02:21...
02:22...
02:23...
02:24...
02:25Je rappelle que vous êtes patron de la banque publique d'investissement.
02:27Vous avez d'un côté ceux qui considèrent que...
02:30...
02:31...
02:32...
02:33...
02:34...
02:35...
02:36...
02:41...
02:42...
02:41Patrick Martin, le patron du MEDEF, qui considère que c'est un très mauvais signal qui est envoyé à...
02:46à l'économie. Là encore, pour vous qui accompagnez au quotidien ces entreprises.
02:51Est-ce que c'est vraiment un problème de se dire que, encore une année, les grandes entreprises...
02:56les grands groupes vont devoir contribuer à hauteur d'un peu plus de 7 milliards d'euros ?
02:59Le problème, c'est la trajectoire.
03:01C'est que je pense que les entreprises, les grandes en particulier, sont tout à fait prêtes à faire...
03:06les efforts qu'on leur demande, si elles ont le sentiment que le diagnostic que j'ai posé est...
03:11compris, accepté et qu'on en tire les conséquences.
03:13Si c'est le tonneau des Danaïdes, ça ne sert à rien.
03:16Or, c'est bien un peu de ça qu'il s'agit.
03:18Si on est sur une trajectoire de réduction réelle...
03:21des déficits sociaux jusqu'à revenir à l'équilibre...
03:23Si on accepte de se dire qu'il est inadmissible...
03:26de financer nos prestations sociales...
03:28qui sont des prestations du quotidien...
03:30qui sont en fait du pouvoir d'avoir...
03:31l'achat des Français...
03:32par de la dette...
03:33puisque je rappelle quand même que 10% des prestations sociales que reçoivent les Français...
03:36chaque mois sont financées par de la dette...
03:37Quand je prends ma kiné...
03:38Ma kiné, 10% de son revenu, c'est de la dette !
03:41Si on accepte collectivement de dire que ça, c'est devenu inacceptable...
03:44les entreprises vont faire tous les efforts qu'on leur demande.
03:46Si on ne le dit pas, les entreprises disent...
03:48ça sert à quoi ?
03:49À quoi servent les efforts qu'on nous demande ?
03:51puisque de toute façon, le modèle continue de galoper devant l'économie...
03:54la prestation sociale française...
03:56croit de 4% par an, l'économie de 1%.
03:59Oui, mais si on parle du climat...
04:01En l'occurrence, on reconduit des mesures qui existaient déjà l'an dernier...
04:06et la croissance, l'investissement, le moral des chefs d'entreprise, tout ça, tient !
04:11Donc est-ce que c'est si grave ?
04:13Ce qui est grave, c'est les deux chiffres que je viens de citer, c'est-à-dire que les chefs d'entreprise...
04:16se battent, se battent, se battent, ils sont ultra compétitifs dans un monde très difficile pour engendrer...
04:211% de croissance...
04:23Grosso modo, c'est la croissance que la France peut se permettre...
04:26vu que c'est devenu un pays vieux, qui a beaucoup vieilli...
04:28Donc là, on appelle ça la croissance potentielle...
04:301% important...
04:31Le moral remonte d'ailleurs légèrement, depuis le début de l'année, notamment dans certains secteurs...
04:36de l'industrie, la défense, l'aéronautique...
04:38L'automobile va très mal, mais il y a des secteurs qui vont plutôt pas mal...
04:41Mais ce qui va pas, c'est que la protection sociale, elle, elle croît de quatre !
04:46Entre les deux, il y a trois !
04:48Donc quoi ? Il aurait fallu doubler les franchises ?
04:51La crise médicale, il aurait fallu ne pas revenir sur la réforme des retraites...
04:54Mais vous savez, ça repose...
04:56C'est la question de la réforme des retraites...
04:58Déjà en 1981, on pouvait pas se la payer cette réforme...
05:01La France était déficitée massivement sur l'Allemagne...
05:03On peut encore moins, aujourd'hui, se payer François Mitterrand...
05:06Donc vous dites qu'on va dans le mur, là ?
05:09Si on ne fait pas de réforme des retraites...
05:11Avec la retraite à 65 ans, les sacrifices qui seront un jour demandés aux Français seront...
05:16Mais il vaut mieux...
05:18Pas de réforme des retraites...
05:20Ou...
05:21Une réforme des retraites...
05:22Mais pas de gouvernement...
05:24Pas d'exécutif...
05:25Enfin, en tout cas...
05:26Je ne sais pas vous dire...
05:27Ce que je peux vous dire, en tout cas, c'est qu'on est le seul pays européen à n'avoir pas pris conscience de la gravité...
05:31La priorité de la situation des déficits sociaux financiers...
05:36On est les seuls...
05:37Nicolas Dufour, il y a deux questions qui se posent par rapport...
05:40Effectivement...
05:41Aux diagnostics que vous formulez dans votre livre...
05:44D'abord, si on s'arrête sur la réforme des retraites que vous...
05:46Vous vous dites qu'il faudrait la retraite à 65 ans...
05:48En année de cotisation, vous vous dites...
05:49Quoi ? Il faudrait...
05:5045 !
05:5145 années de cotisation...
05:52La question dans un pays comme la France, avec le tempérament politique que l'on connaît des Français...
05:56C'est la question de la faisabilité...
05:58Est-ce qu'on peut, en France...
05:59Est-ce que cette ordonnance-là...
06:01Docteur Dufour, peut se mettre en œuvre facilement quand on voit que quand il s'agit...
06:06De repousser d'un an, de deux ans l'âge de départ...
06:09Il y a des millions de personnes dans la rue et on en est au...
06:11Au point, qu'un an après, un exécutif macroniste est obligé de revenir sur ce qui apparaît...
06:16C'est comme la principale réforme du second quinquennat du Président...
06:18Vous avez tout à fait raison de me poser la question...
06:20C'est vrai que moi...
06:21Je suis dans une situation qui est facile...
06:22C'est facile de dire ce que je dis, il faut la retraite à 65 ans...
06:25Les politiques...
06:26Pour eux, c'est extrêmement difficile puisque la résistance politico-sociale est considérée...
06:31C'est considérable dans le pays...
06:32Bon...
06:33Par conséquent, je pense qu'il faut que la société française fasse un travail sur elle-même...
06:36On ne peut pas demander aux politiques d'être des espèces d'alma mater qui, d'en haut...
06:41Vont décider du cap à prendre et faire voter des réformes extraordinairement difficiles...
06:46Elles ne veulent pas...
06:47C'est dans les familles que le débat doit avoir lieu...
06:48On doit se poser la question de savoir pourquoi la France pourrait se permettre d'être à...
06:5162,9 ans de retraite...
06:53Alors que toute l'Europe est passée à 67...
06:55Toute l'Europe est...
06:56La France a pris un énorme coup de vieux...
06:59Vous allez avoir 600 000 enfants de...
07:01Moins dans le primaire...
07:02D'ici 2029...
07:03La France est en train de chuter gravement...
07:06En termes de natalité, tout le monde le sait...
07:07Les décès sont plus importants que le...
07:08Bref...
07:09Tout le monde sait ça...
07:10Donc la France...
07:11La France a vieilli...
07:12Voilà...
07:13Elle doit donc repousser l'âge de la retraite...
07:14Les Français doivent le comprendre...
07:15Moi mon rôle c'est...
07:16Peut-être un rôle de lanceur d'alerte...
07:17C'est à dire...
07:18Si on ne le fait pas...
07:19Mais ça va être une convulsion...
07:21A la fin...
07:22C'est fatal...
07:23C'est à dire...
07:24Les équations ne fonctionnent pas...
07:25Le modèle opérationnel...
07:26De la France...
07:27Ne fonctionnent plus...
07:28Mais Nicolas Dufour...
07:29Qu'est-ce qu'il y a...
07:30Des dépenses...
07:31Pertueuses pour vous...
07:32Par exemple...
07:33La prime d'activité...
07:3450 euros...
07:36Par mois...
07:37Pour les salariés...
07:38Ça incite au travail...
07:39C'est bon pour le pouvoir d'achat ?
07:41Oui...
07:41C'est positif ou pas ça ?
07:43Au fond du sujet...
07:44L'Etat-providence est une dépense...
07:46vertueuse...
07:47L'Etat-providence c'est un miracle...
07:48L'Etat-providence...
07:49J'ai envie de dire...
07:50C'est beau comme les Champs-Elysées...
07:51Mais c'est comme la nature...
07:53Il faut une écologie de l'Etat-providence...
07:54Il faut le protéger pour le pérenniser...
07:56L'Etat-providence...
07:57Il est plus jeune que ma mère...
07:58Il est très jeune...
07:59Il est encore fragile...
08:01Or on le surcharge...
08:02Un peu comme un Père Noël...
08:03Il n'y a plus rien dans la hôte...
08:04Il est nu le Père Noël...
08:05Il lui reste...
08:06Juste les chaussons rouges là...
08:07Et en plus il fait la queue à la banque...
08:09Donc il faut faire des économies...
08:11L'Etat-providence...
08:12C'est tout...
08:13Et les économies vous allez les trouver partout...
08:14Mais vous commencez par les deux premiers postes...
08:16Ce sont les retraites et la maladie...
08:18La prime d'activité c'est 10 milliards d'euros...
08:20Les retraites c'est 400...
08:21C'est 320...
08:22La maladie...
08:23C'est 370...
08:24Quand vous dites la maladie concrètement Nicolas...
08:26Ça veut dire quoi ?
08:27Ça veut dire dérembourser un certain nombre de soins...
08:30Ça veut dire...
08:31Ce qui était initialement prévu dans le budget...
08:33Et qui finalement a été abandonné...
08:34C'est à dire le fait de doubler les franchises médicales sur...
08:36Un certain nombre de consultations sur les achats de médicaments...
08:38C'est ça ?
08:39Tout à fait...
08:40Je...
08:41Effectivement j'ose le dire...
08:42C'est à dire que la...
08:43Comment dire...
08:44Le point GPS qui a été fixé par la société...
08:46Française qu'il a demandé à sa classe politique...
08:48C'était remboursement à 100% de tout...
08:50Et on...
08:51C'est à dire quasiment arrivé puisqu'on a le reste à charge le plus faible d'Europe...
08:53Donc du monde...
08:54On est le pays le plus généreux du monde en termes de...
08:56De reste à charge...
08:57Sauf que...
08:58Les dépenses de maladie galopent dans des peuples...
09:01Proportions aujourd'hui totalement hors de contrôle...
09:03Et on a embarqué 70 milliards...
09:06Annuels de dépenses de maladies supplémentaires depuis 2020...
09:09Donc...
09:10Donc...
09:11Il faut réformer ce système là...
09:12Il faut rétablir...
09:13Pour ceux qui peuvent se le permettre...
09:15Qui sont quand même...
09:16Nombreux en France...
09:17Un reste à charge plus important...
09:18Est-ce que c'est sous condition de ressources ?
09:20Et...
09:21Il y a un vrai débat politique pour le coup...
09:23Là il y a droite-gauche...
09:24Sur tout ce que je viens de dire...
09:25Normalement il n'y a pas...
09:26Pas droite-gauche...
09:27Non mais c'est à dire...
09:28Il doit y avoir consensus transpartisan...
09:29Sur le fait qu'on arrête d'endetter l'état provident...
09:31Oui, c'est à dire...
09:31On gagne bien sa vie...
09:32Sur les méthodes...
09:33On est moins bien remboursés par exemple...
09:34Sauf que ça on n'est pas sûr qu'il soit constitutionnel...
09:36C'est absolument...
09:36chose que je propose dans mon livre, en disant
09:37effectivement, si vous avez
09:39les moyens...
09:41ou même peut-être d'ailleurs en patrimoine,
09:43vous devez pouvoir payer un reste à charge.
09:46Sous-titrage Société Radio-Canada
09:51qui vous pose la question suivante,
09:52pourquoi ne parler que de la dette sociale et pas des cadeaux
09:54faits aux multinationales ?
09:56Et ça c'est vrai que dans le débat public,
09:57et d'ailleurs souvent dans ce studio,
09:58avec les responsables politiques que l'on reçoit,
10:00quand on leur parle économie en dépense,
10:02quand on leur parle réforme du modèle social,
10:04ils répondent tout de suite oui.
10:05mais regardez les centaines de milliards d'euros
10:07d'aides aux entreprises.
10:09Est-ce que cet argument-là, il est opéré ?
10:10Non, il n'est pas opérant,
10:12et j'ose le dire, avec ma franchise,
10:14elle est bien connue.
10:15Le rapport qui a été fait par le Parlement
10:19sur les soi-disant...
10:20200 milliards d'euros d'aides aux entreprises,
10:23moi personnellement, je le récuse totalement.
10:25Il n'y a pas 200 milliards d'euros d'aides aux entreprises.
10:27Sur les 200 milliards d'euros,
10:28ils ont mis les crédits de la BPI.
10:30Ce ne sont pas des aides aux entreprises.
10:31Les crédits de la BPI, elles paient de l'intérêt,
10:32elles remboursent leurs prêts.
10:33Ils ont mis les 80...
10:35à 85 milliards d'euros d'allègements de charges,
10:38qui est une politique qui a été lancée
10:39il y a maintenant très longtemps.
10:40pour lutter contre le chômage,
10:41dont la contrepartie est la baisse du déficit de l'UNEDIC.
10:44Ce ne sont pas des aides aux entreprises.
10:45C'est la politique de l'emploi.
10:47Et donc, il faut...
10:48Et ensuite, si vous prenez la BPI,
10:50la BPI...
10:50la BPI est le principal opérateur
10:51du financement de l'innovation français.
10:52D'accord ?
10:53Avec le crédit import...
10:55La BPI, chaque année, en innovation,
10:59on distribue...
11:00à peu près 3 milliards d'euros.
11:01En avance remboursable,
11:02en prêt à l'innovation,
11:03en subvention,
11:043 milliards d'euros.
11:05L'État-providence,
11:06c'est 1 000 milliards par an.
11:08OK ?
11:09Et...
11:10j'ai envie de donner un autre ordre de grandeur.
11:11La capitalisation boursière totale du CAC 40,
11:14c'est-à-dire la valeur totale des entreprises...
11:15à 100%.
11:16C'est 2 700 milliards.
11:17C'est-à-dire que c'est 2,5 années de...
11:20de prestations sociales.
11:21Donc, il ne faut pas croire que d'un côté,
11:22il y a un capital énorme
11:23avec un petit État-providence dominé.
11:25Il y a un énorme État-providence
11:26avec un relativement petit capital.
11:29Nicolas Dufres...
11:30Dans l'actualité, ce matin,
11:31il y a les chiffres de l'immigration
11:32qui sont tombés hier.
11:35Enfin, il y a...
11:35quelques heures
11:35où l'on découvre un coup de frein
11:37sur l'immigration économique.
11:40C'est le titre des échos ce matin.
11:42Moins 12,6% de titre de séjour pour...
11:45l'immigration de travail.
11:47Ça veut dire qu'on a moins besoin
11:48de cette...
11:50Madame Vrelat ?
11:51Alors, peut-être un petit peu moins qu'avant,
11:53mais on en a toujours encore énormément besoin,
11:54je peux vous dire.
11:55puisque, dans nos enquêtes,
11:58allez, 90% des entrepreneurs de l'industrie...
12:00se plaignent de ne pas pouvoir recruter.
12:0290%.
12:03D'accord.
12:04Et ça a posé...
12:05Il y a eu d'énormes problèmes en 2022,
12:0623, 24,
12:07un petit peu moins en 25.
12:09Il y a...
12:10à l'avenir,
12:10vu la démographie française.
12:12À l'avenir,
12:13vu la démographie française,
12:14les...
12:15les études de la BPI sont assez claires.
12:17Vous demandez aux entrepreneurs,
12:18vous en avez un tiers qui dit,
12:19c'est indispensable.
12:20d'avoir de l'immigration.
12:21Un tiers qui disent,
12:22nous n'en voulons pas,
12:23nous avons d'ailleurs été déçus par la...
12:25qualité de cette main-d'oeuvre,
12:26etc.
12:26Et un tiers qui ne se prononce pas.
12:28Voilà ce que disent les 15 000 entrepreneurs.
12:30pour nous interroger par la BPI.
12:31Mais là encore,
12:32c'est un tabou politique
12:33d'assurer...
12:35de dire qu'à l'avenir,
12:37la France n'aura d'autre choix
12:38que d'importer...
12:40de faire venir de la main-d'oeuvre étrangère
12:41pour notamment faire face
12:42à la baisse de la démographie.
12:43C'est un tabou et...
12:45et pas un tabou
12:46puisque Roland Lescure,
12:47quand il était ministre de l'Industrie,
12:48avait très clairement dit...
12:48Et quand il l'avait dit...
12:50il avait suscité un certain nombre
12:51de réactions extrêmement fermes,
12:52y compris de son propre camp.
12:53Absolument,
12:53mais je pense qu'il avait eu le courage
12:55de...
12:55Il n'y a pas une nation européenne
12:59qui peut imaginer...
13:00continuer de faire croître son industrie
13:01sans immigration de travail.
13:05On ne peut pas ne pas parler de Donald Trump
13:08qui lui a encore fait des frais...
13:10ailleurs aux Européens
13:11avec ces menaces
13:12de 10% de droits de douane supplémentaires...
13:15huit pays qui s'opposaient
13:16à l'annexion du Groenland,
13:17puis 200% sur les vins français,
13:19puis il a...
13:20trop pédalés
13:20comme au printemps dernier.
13:22Hier,
13:22on avait Hubert Védrine
13:23à votre place à Asseline.
13:25micro qui a dit
13:26que ça n'était pas les Européens
13:27qui avaient fait reculer Donald Trump.
13:30mais la bourse.
13:31Vous êtes d'accord
13:32avec son analyse ?
13:34Je ne sais pas.
13:34Je pense que...
13:35Hubert a raison, bien sûr,
13:36mais je pense que c'est multifactoriel.
13:38Je pense que la menace
13:39quand même d'un impeach...
13:40l'engagement était quand même sérieuse.
13:42Et c'est vrai aussi que...
13:44Enfin, la bourse...
13:45c'est donc les taux d'intérêt américains
13:46qui commençaient à monter.
13:48Or, ça c'est quelque chose
13:49évidemment qui...
13:50Ce qui n'est pas forcément bien su,
13:51c'est que les taux d'intérêt américains
13:53sont très élevés.
13:55La charge d'intérêt pour le budget fédéral,
13:57elle est de 900 milliards de dollars par an,
13:59c'est-à-dire qu'elle est plus élevée...
14:00avec le budget de la défense américaine.
14:02Et donc, les Américains,
14:04eux aussi...
14:04Donc, un gros...
14:05Ils sont dans une fuite en avant de la dette
14:06et d'où vient leur dette ?
14:08Deux choses.
14:09La santé.
14:10Comme nous.
14:11Mais il y a un Nicolas Dufourc aux Etats-Unis
14:13pour...
14:13Ça s'appelle le...
14:15Je ne sais pas.
14:16Mais le lanceur de la dette américaine,
14:17c'est l'office du budget du Congrès
14:19qui publie des rapports.
14:20qui disent que la dette américaine
14:22va arriver à 170% du PIB américain.
14:25Donc, on a encore effectivement un peu de marge.
14:27La semaine dernière,
14:28chez nos confrères de BFM TV,
14:29vous disiez...
14:30que Trump avait, je cite,
14:31une technique de négociation presque infantile
14:33de l'ordre du...
14:35primal
14:35et vous ajoutiez
14:36ça s'aggrave avec l'âge.
14:38Si on reprend et si on...
14:40file cette métaphore enfantine,
14:42ce que vous dites,
14:42c'est qu'au fond,
14:43à force de piquer des colères,
14:44on finit quoi ?
14:45par ne plus l'écouter,
14:46ne plus le prendre au sérieux ?
14:48Oui, enfin, parfois,
14:49ça marche aussi.
14:50Parfois, ça marche aussi.
14:51C'est une technique,
14:52je remarque.
14:53Et là, pour le coup,
14:54sur le bon...
14:55sur le Greenland,
14:55ça n'a pas marché.
14:57On va le retrouver
14:58sur d'autres sujets.
14:59Enfin, il faut juste s'y préparer.
15:00Et il ne faut surtout pas
15:01se laisser trop impressionner.
15:04Effectivement...
15:05cette idée que les Américains
15:08seraient les adultes
15:09qui pourraient parler aux Européens.
15:10comme si nous étions des enfants
15:11et juste insupportables.
15:12Et donc, c'est à nous de leur dire.
15:13C'est ce que je me suis permis
15:14de dire avec une certaine...
15:15franchise et nous pensons
15:16qu'ils sont des enfants.
15:18Il faut qu'on parle
15:19de la situation...
15:20du commerce entre l'Europe
15:22et les Etats-Unis,
15:22entre la France
15:23et les Etats-Unis.
15:24On est soumis...
15:25à 15% de droits de douane
15:27sur nos produits européens
15:29qui arrivent sur le sol américain.
15:30et ça commence à se sentir
15:32puisque, selon une étude
15:34rexécode publique...
15:35liée par la tribune
15:36en début de semaine,
15:37on a une baisse
15:39des exportations...
15:40en valeur de 24%
15:41dans les cosmétiques,
15:43de 41%
15:44dans les vins spirituels...
15:45de 65%
15:46dans le fer et l'acier.
15:48Donc, il y a des conséquences...
15:50très nettes de ces droits de douane
15:51qui ne sont absolument pas indolores
15:53et qui ont été acceptés
15:54par l'Europe.
15:55cet été ?
15:55Bien entendu.
15:56Et ça s'ajoute
15:56à la dévaluation du dollar
15:57puisque maintenant
15:58l'euro est un...
16:001,2%
16:00donc, non, non,
16:02c'est évident
16:03que ça a des conséquences
16:03sur l'économie
16:04et c'est...
16:05c'est un crève-cœur
16:05parce que, honnêtement,
16:06dans la relation transatlantique
16:07entre l'Europe et les Etats-Unis,
16:09c'était totalement inutile.
16:10Ça rapporte juste de l'argent
16:12au budget fédéral américain.
16:13Donc, c'est une pure affaire de...
16:15Donc, je pense que dans les années qui viennent,
16:18il faudra tout faire pour revenir.
16:20sur ces taxes
16:21qui sont des taxes
16:21en réalité complètement tiniques.
16:24Et vous, dans la façon...
16:25dont vous accompagnez
16:26la Banque publique d'investissement,
16:27les entreprises,
16:28est-ce que ça vous...
16:29est-ce que vous...
16:30vous évoluez ?
16:31Est-ce que vous aidez
16:31encore davantage
16:32un certain nombre d'entreprises,
16:33notamment des entreprises
16:34qui sont des entreprises...
16:35qui exportent
16:36pour les aider
16:37à résister
16:39à ces...
16:40droits de douane ?
16:40Bien sûr,
16:41on travaille énormément
16:41sur l'export.
16:43En partant d'un constat,
16:44je suis désolé,
16:44je suis un peu sombre.
16:45ce matin,
16:45qui est que la France
16:46est une très très faible
16:48puissance exportatrice.
16:49On a...
16:50même avec l'Allemagne,
16:51on a un déficit
16:51de 18 milliards d'euros par an.
16:53Donc...
16:55le sursaut de l'industrie française
16:57à l'export
16:57est absolument indispensable
16:58et on a toute une...
17:00boîte à outils
17:00pour aider nos entrepreneurs,
17:03nos clients
17:03à se projeter.
17:04D'ailleurs...
17:05nos enquêtes montrent très bien
17:06que ceux qui vont bien
17:07là, au début de l'année 2026,
17:08c'est ceux qui innovent
17:09et ceux qui exportent.
17:09Ils vont...
17:10chercher la croissance ailleurs.
17:11Sur la question
17:12de l'innovation,
17:13Nicolas Dufourc,
17:13sur cette antenne,
17:14Dimanche Thierry...
17:15l'ancien commissaire européen
17:16proposait de 10 chantiers
17:18dans des secteurs
17:19où l'Europe est dépendante...
17:20des États-Unis
17:21de faire en sorte
17:22qu'il y ait davantage d'innovation,
17:24davantage d'investissement.
17:25pour précisément tenter
17:26d'être indépendant
17:28ou, à minima,
17:28d'être moins dépendant
17:30des...
17:30aux États-Unis.
17:31Pour vous,
17:32c'est quoi les secteurs
17:33absolument prioritaires
17:34pour...
17:35tenter de se sortir
17:36de cette dépendance,
17:37voire de cette vassalisation ?
17:40Alors, je pense que vis-à-vis des...
17:42On pourra parler de la Chine aussi,
17:43si vous voulez,
17:43mais vis-à-vis des États-Unis,
17:44la grande...
17:45grande vassalisation,
17:46c'est le software,
17:47c'est le digital.
17:48Et la finance,
17:49les deux.
17:49D'ailleurs, il l'a dit.
17:50Donc, sur le software,
17:52le digital s'est monté
17:53très progressivement,
17:54grosso modo depuis...
17:552007,
17:55quand l'Europe a raté
17:57le virage du cloud computing.
17:59Et...
18:00D'ailleurs, il faut quand même dire
18:01que les grands groupes américains
18:02ont pratiqué des méthodes
18:02qui étaient des méthodes
18:03destinées à...
18:05C'était vraiment le round-up
18:06appliqué à l'économie,
18:07à empêcher qu'ils puissent y avoir
18:08une concurrence européenne.
18:09Donc...
18:10l'intelligence artificielle
18:11peut nous permettre
18:12de rebattre un certain nombre de cartes
18:13sur des solutions logicielles.
18:16de nature européenne.
18:17Faut-il encore ?
18:17Mais est-ce que c'est pas trop tard, Nicolas ?
18:18Du fond, quand les administrations...
18:20françaises utilisent Microsoft,
18:22les entreprises...
18:22Je pense que c'est pas trop tard.
18:23En fait, dans la vie...
18:25l'économie, c'est toujours
18:26un ouragan permanent, l'économie.
18:28C'est jamais réellement trop tard.
18:30grâce à la techno.
18:31Et donc, l'intelligence artificielle,
18:32je me suis permis de le dire l'autre jour...
18:35permettre d'espérer des solutions
18:36qui sont des solutions européennes.
18:37Faut-il encore ?
18:38Que les directeurs informatiques européens...
18:40choisissent les solutions européennes.
18:41Et ça, c'est vraiment
18:42un acte de patriotisme collectif
18:44qui devient absolument...
18:45nécessaire à l'américaine,
18:46j'ai envie de dire,
18:47ou à la chinoise.
18:48Les chinois ne se posent pas la question.
18:49Ils choisissent...
18:50les softwares chinois.
18:51Les américains,
18:52ça ne leur viendrait même pas à l'idée,
18:53les chinois des softwares européens.
18:55Oui.
18:55Et nous, on a cette dépendance
18:56qui est culturelle aussi.
18:57Exactement.
18:57On a une dépendance...
18:58On n'est pas viscéralement...
19:00attachée au Made in Europe.
19:03Et ça, il faut absolument qu'on change.
19:04Un dernier mot, Nicolas Dufourque,
19:07sur la question des traités de libre-échange.
19:09puisqu'on a beaucoup parlé
19:11dans ce studio
19:12de la question du Mercosur.
19:13Il s'avère que hier...
19:14a été conclu
19:16un accord commercial historique
19:17entre l'Union européenne
19:18et l'Inde.
19:19qui doit notamment permettre
19:20à l'Union européenne
19:21d'économiser jusqu'à 4 milliards d'euros
19:23de droits de douane chaque année.
19:24sur les voitures, les vins,
19:26les pâtes, le chocolat.
19:27Votre regard de grande voix du monde...
19:29sur le monde économique
19:30sur le peu de réactions
19:32que cela suscite
19:33par rapport au...
19:34au Mercosur
19:35conclu il y a encore quelques jours.
19:38Est-ce que c'est parce que l'accord
19:39est un meilleur...
19:39accord avec l'Inde ?
19:40Non, je pense que l'accord
19:42ne touchait pas le monde paysan.
19:44C'est tout.
19:44En fait, on est dans une démocratie vociférante,
19:46une démocratie de lobby.
19:49tous légitimes les uns les autres, d'ailleurs.
19:52Et donc, s'agissant du Mercosur,
19:54il y avait une...
19:54très grande peur, en fait,
19:55l'inquiétude du monde paysan français
19:57qui a joué un rôle...
19:57Mais une peur légitime ou pas ?
19:59Honnêtement, je ne suis vraiment
20:01pas un spécial du sujet.
20:02Je peux simplement me faire
20:03une sorte de ventrilogue.
20:04des gens qui m'en parlent
20:05et qui me disent que...
20:09Par exemple, 100 000...
20:0910 tonnes de viande sur, je ne sais pas quoi,
20:11je crois que c'est 6 ou 7 ans,
20:12ce n'est pas ça qui va changer grand-chose
20:13au marché de la viande français.
20:14Donc, peut-être que les peurs sont surestimées.
20:16Enfin, en tout cas, elles ont été là
20:17et elles ont une traduction politique.
20:19C'est bon.
20:19La vraie, vraie peur que je vois, moi,
20:21c'est la peur de l'industrie des PME françaises
20:24de moins de 100...
20:24salariés, grosso modo, vis-à-vis de la Chine.
20:27Ça, c'est vraiment...
20:28C'est vrai.
20:29C'est vraiment un tsunami,
20:30la concurrence chinoise industrielle
20:31dans toutes les verticales
20:32avec des machines qui sont...
20:3430, 40, 50% moins chères
20:37que les machines européennes
20:38et donc, je vois quand même...
20:39J'allère...
20:39Je continue d'alerter.
20:41Il faut remonter les barrières douanières.
20:43Merci Nicolas Dufour.
20:44Vous reviendrez peut-être nous en parler.
20:46Merci.
20:46Je rappelle le titre de votre livre,
20:48La dette sociale...
20:49de la France paru aux éditions Odile Jacob.
20:52Merci beaucoup.
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