00:00— Écoutez, vous avez complètement raison. Le budget qui va passer, là, maintenant, n'est que le énième épisode d'une série qui a commencé il y a maintenant 50 ans,
00:10qui est une série dans laquelle l'État-providence galope devant l'économie, à toute berzingue, une espèce de chevauchée fantastique,
00:20et l'économie a beau se battre les flancs pour produire, produire, produire, produire, faire des belles entreprises, des beaux entrepreneurs, etc.,
00:26les dépenses sociales courent toujours devant. Et donc, en fait, toute notre machine institutionnelle, républicaine, démocratique,
00:32est construite pour la fuite en avant de l'État-providence. Et ça continue. Et ça continue. En dépit du fait que les chiffres sont catastrophiques.
00:41Et en plus, bizarrement, ça ne rapporte rien électoralement à ceux qui votent ces dispositions-là.
00:46Les Français oublient tout de suite ce qu'on leur a donné, et oublient surtout qui les leur a donnés. Et donc, c'est parti pour continuer cette affaire.
00:53– Vous espériez qu'ils auraient plus de courage, c'est-à-dire sur la question de l'équilibre global ?
00:57D'ailleurs, ce n'est pas une question de droite-gauche. C'est une question simplement aussi, à un moment, de savoir si ça passe.
01:02– Oui. – Et là, ça ne passe pas.
01:03– C'est-à-dire que ce budget, ok, on part de 5%, 5%, 5% du PIB. Mais 5%, c'est combien de déficit par rapport au total des dépenses ?
01:12C'est beaucoup plus que 10%. Donc ça veut dire que 10% de toutes nos dépenses, donc ça veut dire que 10% de nos dépenses sociales sont financées
01:18et vont continuer d'être financées par de la dette. Ça veut dire que ce qu'on a décidé, c'est-à-dire la prime d'activité,
01:2250 euros de plus, c'est-à-dire 2 milliards d'euros par an, c'est de la dette.
01:26Ça veut dire que le repas à 1 euro pour les étudiants, c'est de la dette.
01:29Et c'est à nouveau nos petits-enfants qui vont payer. Et on n'a pas voté la dette, là.
01:32On a voté un budget avec 5%. Et ensuite, on fait les calculs, on dit « mais attendez, ça va coûter combien en dette ? »
01:37« Ça va coûter 150 milliards de dette de plus en 2026. Et puis ça va continuer. »
01:41Donc je pense que le système, il est maintenant absolument clair, établi,
01:44que notre système constitutionnel, démocratique, républicain, n'est pas capable d'inventer par lui-même
01:52la règle de discipline budgétaire qui va faire atterrir la croissance des dépenses sociales françaises.
Commentaires