- il y a 2 heures
Ce soir, on reçoit Abd Al Malik à l’occasion de la sortie de Furcy, né libre, un film inspiré d’une histoire vraie sur un combat pour la liberté et la dignité. Il vient aussi présenter Furcy Héritage, un album collectif qui prolonge ce récit par le rap et la transmission.
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MusiqueTranscription
00:00Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans à la régulière l'émission de toutes les cultures.
00:14Ce soir on reçoit un artiste pour qui créer n'a jamais été un geste anodin ni décoratif,
00:19un artiste qui a toujours pensé que l'art devait servir à quelque chose.
00:23Abd al-Malik est rappeur, poète, écrivain, homme de scène, cinéaste,
00:27mais surtout Abd al-Malik est un passeur, quelqu'un qui depuis plus de 25 ans relit les mondes,
00:32la rue et l'université, le rap et la littérature, la colère et la sagesse, la mémoire et le présent.
00:37Il sort en ce moment au cinéma sursis né libre, un film inspiré d'une histoire vraie,
00:42celle d'un homme né esclave qui a mené pendant 30 ans à un combat judiciaire pour être reconnu libre par la France.
00:47Un film bien sûr sur l'esclavage mais surtout un film aussi sur son pays, sur l'éducation,
00:51sur la dignité et sur cette question brûlante qu'est ce que ça veut dire être libre aujourd'hui.
00:55Ce film s'accompagne aussi d'un album collectif sursis héritages où se croisent plusieurs générations de rappeurs et de rappeuses.
01:01Parce que chez Abd al-Malik, le cinéma, la musique et la pensée ne sont jamais séparés.
01:05Alors ce soir, on ne va pas uniquement parler d'un film, on va parler d'un parcours, d'un rapport à la France,
01:09à l'histoire, à la transmission de rap et de poésie. Abd al-Malik est notre invité à la régulière.
01:14France Inter
01:15A la régulière
01:20Medimizing
01:24Silence !
01:26Furcy devrait être libre car sa mère a été affranchie il y a des années.
01:30Cet acte d'affranchissement, même s'il existe, c'est qu'un bout de papier.
01:34Un esclave n'est pas une personne, c'est un meuble.
01:39Tout est organisé pour maintenir ce système en place.
01:41Ils seront prêts à te pardonner si tu acceptes de retravailler pour eux.
01:46Mais pardonner ? Après toutes ces années de souffrance et d'injustice ?
01:51Quand on a été esclave, on l'est toute sa vie.
01:56Peut-on renoncer à sa liberté ? Peut-on abandonner cet attribut fondamental de l'être humain ?
02:01Bonsoir Abd al-Malik. Bonsoir. Comment ça va ?
02:07Ça va bien et toi Mehdi ?
02:08Très très bien, très heureux de t'avoir pour ce projet.
02:12Parce qu'en fait, effectivement, on parle d'un film, on parle de musique.
02:14À quel moment t'as compris ou t'as voulu que ce projet n'est pas qu'une seule casquette,
02:20qu'il soit un peu multiple et qu'il soit aussi bien un film qu'un album ?
02:24À quel moment t'as construit un peu cette espèce de projet à multiple casquette ?
02:28Mais en fait, la démarche, c'est que dès le départ, le film est inspiré d'un livre,
02:33le livre de Mohamed Aïsaoui, l'affaire de l'esclave furci.
02:36Donc déjà, c'était en dialogue.
02:39Mon travail sur le film, le livre de Mohamed, et Mohamed lui-même,
02:43puisqu'il a travaillé avec moi sur l'écriture, etc.
02:46Oui, tu l'as impliqué, exactement.
02:49Et quand le film était fait, j'étais en montage, en train de peaufiner, d'arranger des choses.
02:55Je faisais venir des amis.
02:57Il y a Oxmo qui est venu, il y a Lino qui est venu, il y a Lajli qui est venu, il y a Benjamin Epps.
03:02J'ai fait venir quelques gens comme ça, pour voir le film et me donner leur avis et tout ça,
03:06et voir s'il y avait des choses qui devaient bouger et tout.
03:08Et ce faisant, avec Mathéo, Mathéo Falcone.
03:12Mathéo Falcone qui t'accompagne depuis.
03:14Oui, qui est mon complice.
03:15Exactement.
03:16Et on a eu l'idée, on s'est dit, ça serait bien si, au lieu de faire juste une BO,
03:21on crée un groupe et on invite des gens.
03:24Et moi, j'ai pensé que l'idée était bonne.
03:25Et je me suis dit, ça va être le moyen aussi, sur les thématiques qu'on aborde dans le film,
03:29de les faire aborder, finalement, par les rappeurs,
03:33qui sont finalement ceux, celles et ceux, qui, j'ai envie de dire, sont les poétesses,
03:38les poètes d'aujourd'hui, qui précisément ont un combat principal,
03:42finalement, celui de la liberté et celui aussi de lutter contre toutes les formes d'injustice.
03:46Et donc, c'est intrinsèquement presque lié au fait d'être rappeur.
03:49Donc, pour moi, ça faisait sens qu'ils voient le film et qu'ils écrivent à ce sujet-là.
03:52Et donc, on a fait ça.
03:53Et puis aussi, moi, je suis, comment dire, je ne suis pas juste un rappeur, je suis un MC.
03:59On peut même dire, je suis un B-boy.
04:00C'est-à-dire, il y a quand même cette idée de comment on avance ensemble, on croue, on possie.
04:06Et moi, il y a un truc qui me manquait un peu, les pocicuts.
04:08Tu vois, il n'y a plus ça.
04:09Les pocicuts, c'est des morceaux à plusieurs, qui est une tradition dans le rap.
04:12Qui est une tradition, qui se fait beaucoup moins.
04:14Et j'avais envie d'être dans cette dynamique-là.
04:17On va parler, évidemment, après de la musique et on va écouter même des extraits, bien sûr, de ce projet.
04:22Mais si on revient sur le film, évidemment, le film parle de plusieurs choses.
04:26Mais c'est aussi, évidemment, en tout cas, ça peut être présenté comme un film sur l'esclavage qui fait partie de l'histoire de France.
04:31Et des films sur l'esclavage, il y en a eu beaucoup aux Etats-Unis.
04:34En tout cas, c'est quelque chose qui a été traité par des cinéastes.
04:36En France, il y en a eu, mais très peu, même si ça fait partie de l'histoire de ce pays.
04:40Comment tu expliques, toi, que finalement, ce film est presque un ovni, en tout cas.
04:45Ce n'est pas un sujet qui a été vraiment, une matière qui a été extrêmement traitée par le cinéma hexagonal.
04:50Oui, et puis il y a eu l'année dernière, il y a deux ans maintenant, le Ni Chêne ni Maître de Simon Moutaïrou.
04:54Absolument.
04:55Mais c'est quasiment tout.
04:56Enfin, il y a eu des choses à la télé aussi.
04:58Et puis des choses il y a très, très longtemps.
05:00Mais ce vide-là, en fait, il explique aussi, il nous dit quelque chose sur notre pays.
05:05Il dit quelque chose sur notre, comment on regarde le passé traumatique de notre pays.
05:09Et l'esclavage, c'est une période absolument obscure et ténébreuse de notre histoire collective.
05:14Et précisément parce que c'est une histoire obscure et ténébreuse de notre histoire collective,
05:19qu'il est essentiel et vital d'en parler.
05:22Parce que précisément, encore une fois, il y a plein de problématiques qu'on vit aujourd'hui
05:25qui sont les conséquences directes de l'esclavagisme, du colonialisme, etc.
05:29Et donc il faut venir d'une certaine manière à la racine du problème
05:31si on a véritablement envie de déposer nos sacs de douleur et de faire France véritablement.
05:36Et je pense que c'est lié à ça.
05:37D'une certaine manière, la culture, la musique, le cinéma, les livres,
05:43et le cinéma en particulier, pour moi c'est fondamental parce que ça travaille directement les imaginaires.
05:48Et tout d'un coup, des concepts sont incarnés.
05:51Et tout d'un coup, on voit les choses en vrai.
05:53Donc si on a envie vraiment de réaliser ce qui s'est passé, ce qu'on a traversé,
05:57si on a vraiment envie de changer les choses, c'est important de les raconter.
06:00Donc de mon point de vue, c'est peut-être ovni, mais j'ai le sentiment plutôt que c'est le début de quelque chose.
06:05J'ouvre une porte et j'espère absolument que plein d'autrices, d'auteurs, de réalisatrices, de réalisateurs
06:12vont se faufiler et vont s'en emparer et aller à fond.
06:15C'est vraiment, c'est un premier pas, j'ai envie de dire d'une certaine manière.
06:18Mais ne dit-on pas que les plus grands voyages commencent par le premier pas.
06:23Et est-ce que c'est compliqué à mettre en place un film comme ça ?
06:26Tu sais, c'est marrant.
06:28Il y a plusieurs personnes qui m'ont posé ces...
06:30Parce qu'on a l'impression que c'est...
06:31Moi, j'imagine que c'est compliqué.
06:33J'imagine que les portes sont peut-être fermées ou que ça fait peur un film comme ça.
06:37Qu'on se dit que c'est dur à financer, on se dit que ça va pas forcément être rentré.
06:40Enfin, j'imagine que ça doit faire peur au studio.
06:42Peut-être que je me trompe.
06:43Mais d'abord, pour préciser quelque chose, n'importe quel film qu'on monte aujourd'hui, c'est compliqué.
06:48C'est vraiment, pour qu'un film se passe, il faut un alignement des étoiles.
06:51Entre le moment où t'as l'idée, t'écris et qu'ils sortent, il faut un alignement des étoiles.
06:55Et ça, ça concerne tous les films.
06:56Même les comédies où t'as l'impression que ça doit être...
06:59Tu en as plein dans l'année.
06:59Il y en a plein dans l'année.
07:00En fait, c'est difficile.
07:01Donc ça, déjà, c'est la première chose.
07:03Et au-delà de ça, et j'en parlais notamment avec Passy.
07:06Parce que Passy me posait cette question aussi.
07:08Passy qui sur...
07:09On en reparle, mais t'as quand même reformé le ministère amer.
07:12Pour une partie du ministère amer en tout cas.
07:14Oui, mais quand même.
07:14Quelle chance, quelle chance.
07:15C'est quand même assez fou, mais on en reparle.
07:16Quelle chance, quel honneur ils m'ont fait.
07:19Bref.
07:19Donc j'en parlais et tout.
07:21Et je lui disais...
07:21Et j'en parlais pareil aussi avec Chill, avec Akhenaton.
07:25Et je leur disais en fait, quand tu fais un film, tu vas voir différents guichets pour te financer.
07:30Mais si j'avais fait le film il y a 30 ans, peut-être ça aurait été plus compliqué.
07:35Parce que les gens dans ces guichets-là, peut-être, je sais pas, c'était des nostalgiques de l'Algérie française.
07:38Ou des amoureux de l'époque bénie des colonies, ou je sais pas, et tu viens avec un projet comme ça.
07:45Sauf que les gens que j'allais voir, et c'est la génération, c'est l'histoire qui veut ça.
07:52C'est des gens qui ont écouté ministre amer, qui ont été bercés par Stomy Passy, qui ont écouté IAM.
07:57Qui sont allés au concert d'IAM, qui ont kiffé IAM, qui ont kiffé Solar, qui ont kiffé NTM.
08:02Et puis c'est pas n'importe qui qui vient les voir, c'est Abdelmalik quand même.
08:04Et si tu veux, là, quand tu mets tout ça en lien, ils comprennent.
08:08Quand t'arrives avec un sujet comme ça, c'est pas OVNI.
08:11Eux, ils le comprennent parce que c'est dans une dynamique qui fait partie de leur propre culture, finalement, de la culture française.
08:15Et en ce sens-là, quelle chance on a d'avoir eu et d'avoir encore ces légendes et ces artistes qui continuent.
08:23Parce qu'encore une fois, ils façonnent l'imaginaire et ils permettent qu'il y ait d'autres formes artistiques qui puissent se développer.
08:28S'il n'y avait pas IAM, t'as pas Abdelmalik. Si t'as pas le ministère Hammer, t'as pas Abdelmalik.
08:32Et ça, c'est fondamental de le dire. Et peut-être que d'autres plus jeunes diront Abdelmalik, il a porté...
08:38L'idée de transmission, elle est fondamentale. Pas juste parce qu'il faut transmettre, parce qu'elle transforme la société.
08:43Et en ce sens-là, ça n'a pas été plus difficile qu'un autre film que de monter ce projet aujourd'hui.
08:48Ce qui est dur, c'est le travail artistique, comment l'amener véritablement au niveau où j'ai envie de l'amener en termes artistiques.
08:55Et puis tout le reste, c'est surtout ça. Du moment où je m'installe pour écrire et du moment où je donne le clap de fin de tournage, il y a quand même 5 ans qui se sont passés.
09:07Donc 5 ans, c'est quelque chose. C'est 5 ans de ma vie. C'est important.
09:10C'est intéressant parce que, tu sais, quand on t'entend parler, évidemment, finalement, tu es un optimiste.
09:17Parce que, tu sais, on est quand même dans, parfois, un monde un peu désenchanté aujourd'hui.
09:20On a aussi quelque chose qui est souvent dit, c'est que finalement, les artistes, ils ne vont pas changer le monde.
09:24Un album, ça ne va pas changer la face du monde. Un film, ça ne va pas changer la face du monde.
09:28Toi, tu es convaincu du contraire, en fait.
09:29Mais totalement. Mais AYAM ont changé la face du monde.
09:33Minister Hammer, Stomy et Passy, ils ont changé la face du globe.
09:36Solar a changé la face du monde.
09:38NTM. Parce qu'en réalité, regarde, la France, et je dirais même l'Europe, AYAM, c'est peut-être le plus grand groupe européen d'Europe.
09:45Si tu regardes à travers l'histoire et si tu compares et tout, c'est...
09:47En termes de longévité ?
09:49Pas juste en termes de longévité.
09:51Regarde, je vais te dire. Moi, j'ai grandi à Strasbourg, d'accord ?
09:53Strasbourg, nous, on est frontaliers de l'Allemagne.
09:55Tout à fait.
09:55Moi, je suis un peu, si tu veux, j'ai une pensée germanique assez affirmée. Je suis européen.
10:01Eh bien, en Allemagne, AYAM, ils ont eu une influence.
10:04Ça existe, oui.
10:05Non, c'est pas juste que ça existe. C'est-à-dire qu'ils ont influencé. En Grèce, AYAM, ils ont influencé. En Italie, AYAM ont influencé.
10:11Donc, c'est pas juste... Non. C'est qu'ils ont marqué véritablement et ils ont changé les mentalités.
10:16Et ce que je veux dire par là, et même nous tous portés la culture hip-hop en France, on a changé les mentalités dans le monde.
10:22Et ça, c'est une réalité. Donc, si tu changes les mentalités, tu changes le monde.
10:25Et il faut en avoir conscience. Parce que le problème, à force, parce que ça arrange certains de dire qu'on n'a pas d'impact, en fait, on influence le monde et on bénéficie pas nécessairement de ce que ça nous apporte positivement.
10:37Et d'une certaine manière, on minimise notre impact dans le monde, d'une certaine manière.
10:43Et c'est important de se magnifier. Parce que c'est réel. C'est pas juste de la bufflant et dire on est les meilleurs ou je sais pas quoi.
10:47C'est que c'est réel. Et surtout, c'est factuel.
10:50Bon, vu que t'as dit changer le monde, ça, quoi ? Je pense à un morceau de Fab.
10:53C'est ce dernier homme, la rage de dire changer le monde. Voilà, tu viens de me rappeler ce morceau.
10:56Mais je pense qu'on écoute un morceau, un morceau extrait de Furci Héritage.
10:59C'est le morceau « Si tu savais », avec toi-même, Mathéo Falcon et Waleedon.
11:03On s'écoute ça et juste après, on se retrouve avec Abdelmalik.
11:14Tu sais, cette idée de changer le monde et tout, elle est fondamentale.
11:17Bah, je pense que c'est ce qui anime les gens comme ça.
11:19Je pense qu'on est fondamentale, c'est que tout ce que tu fais, vache.
11:22On ne cherche pas la vengeance, mais briser le cercle vicieux de la violence.
11:27J'ai dit aux Couss que t'étais ma muse quand on m'accuse.
11:30Tu connais ma cause, celle que j'ai chéri.
11:33Tu me souris comme une valkyrie.
11:34Quand on m'opprime, que je déprime.
11:36Tu connais mon prime, la vérité prime.
11:38Ils veulent en faire un crime, notre romance.
11:41T'es malédie, vengeance, ma seule et unique chance.
11:43Les gens ne dansent qu'avec les riches et les puissants.
11:46T'es ma protectrice.
11:47Si tu savais le mal qu'on m'a fait, qu'on me fait.
11:50Demande à Johnny, voir son enfant blessé dans sa chair.
11:54Dans sa chair, demande à Marie.
11:56Oh, on ne cherche pas la vengeance, mais briser le cercle vicieux de la violence.
12:01On ne cherche pas la vengeance, mais briser le cercle vicieux de la violence.
12:06Je ne suis qu'un homme qui essaie de briser ses chaînes.
12:08Tout nous échappe quand on te cherche de travers.
12:10Tu es synonyme de l'amour à l'origine.
12:13J'étais victime de mon propre homicide.
12:15C'est un suicide, c'est un suicide.
12:17Si tu n'apaises pas les meutes qui battent dans ma poitrine,
12:20je ne serais que l'ombre de moi-même.
12:22Si tu ne m'aimes pas, mais dans justice, il y a justesse, n'est-ce pas ?
12:25Si tu savais le mal qu'on m'a fait, qu'on me fait.
12:29Demande à Johnny, voir son enfant blessé dans sa chair.
12:33Dans sa chair, demande à Marie.
12:35Oh, on ne cherche pas la vengeance, mais briser le cercle vicieux de la violence.
12:40On ne cherche pas la vengeance, mais briser le cercle vicieux de la violence.
12:45J'ai pris de la hauteur, de l'altitude comme Thomas Pesquer.
12:50Est-ce demander la lune que de vouloir le respect ?
12:55A travers nos blessures, je perçois la lumière.
13:00Ceci n'est pas une chanson, c'est une prière.
13:04Si tu savais le mal qu'on m'a fait, qu'on me fait.
13:08Demande à Johnny, voir son enfant blessé dans sa chair.
13:12Dans sa chair, demande à Marie.
13:14Oh, on ne cherche pas la vengeance, mais briser le cercle vicieux de la violence.
13:19On ne cherche pas la vengeance, mais briser le cercle vicieux de la violence.
13:24Si tu savais, donc, extrait du projet Furci Héritage d'Abdal Malik.
13:28France Inter.
13:31Mehdi Maizy.
13:33À la régulière.
13:35Sur ce projet, cet album, il y a plusieurs morceaux.
13:39Évidemment, il y a un morceau avec un casting assez fou.
13:42La vie est une épreuve, ne crois jamais le contraire.
13:45Papa, ne tiens plus jamais sur ton frère.
13:48Arrête le jaune au mer, mange plutôt la vie comme le homard.
13:51Je reste au village pour la faire comme dans Ozark.
13:53Ça me fait un peu de mal de couper Lino, mais il faut qu'on discute.
14:18Donc là, c'est Lino qu'on entend, on a entendu McTayer aussi avant.
14:21Comment tu construis le casting de ce projet ?
14:25Tu disais que tu as amené des gens au studio pour voir le film, peut-être aussi pour discuter avec eux.
14:29Certains d'entre eux se retrouvent sur le projet.
14:31Comment ça se passe ?
14:32Parce que tu sais, d'un point de vue extérieur, je pense qu'il y a plein de gens qui imaginent
14:35qu'Abdal Malik, aujourd'hui, il est peut-être loin du rap.
14:37Parce que tu as fait plein de choses depuis longtemps et que tu es aussi...
14:40Oui, tu as exploré d'autres choses.
14:43Quand on parle avec toi, moi, j'ai déjà parlé de rap avec toi.
14:46On sent que tu es toujours habité par ça.
14:48Tu as dit, tu te définis même comme un b-boy aujourd'hui.
14:50On sent que cette passion-là, elle ne s'est pas émoussée.
14:53Mais d'un point de vue extérieur, ça peut être surprenant de te voir avec Benjamin Hebb,
14:56avec tous ces gens-là.
14:57Comment toi, tu as construit tout ça ?
15:00D'abord, ces gens-là, ce n'est pas juste des gens que je vois comme ça, c'est des frères.
15:02C'est des gens... On a une vraie relation, et pour certains, depuis très longtemps.
15:08Et donc, si tu veux, l'extérieur voit ce qu'il voit.
15:11Mais la réalité, elle se vit...
15:13Tu sais, c'est Bilal, Bilal El Aswad, mon frère,
15:16qui a composé à la fois tout le score du film et à la fois tout l'album Furcy Héritage,
15:22sauf le morceau de Minister Hammer qui est composé par le légendaire Jimmy Finger.
15:28Nous, on s'est toujours dit, au moment où j'ai fait mon album Gibraltar,
15:31on s'est dit, à partir de maintenant, on va faire que ce qui nous plaît et que ce qu'on aime.
15:37Et on va travailler qu'avec les gens qui nous plaisent et les gens qui nous aiment.
15:40Et on va faire fi de l'extérieur.
15:41Je pense que, dans tout mouvement, il y a toujours ce fait du regard de l'extérieur,
15:45du regard de l'autre, qu'est-ce qu'il va penser, etc.
15:47Et en fait, comme nous, depuis longtemps, on fait fi de ça,
15:50alors du coup, on n'a jamais soigné une image extérieure en disant
15:53qu'il faut qu'on soit comme ça, qu'on soit perçu comme ça.
15:56Donc, des fois, c'est biaisé et puis les gens pensent des choses.
15:57Mais la réalité, elle est quand même basée sur des rapports humains.
16:00Le rapport que tu as avec des gens et puis le rapport à une passion.
16:03Par exemple, il y a des jeunes rappeurs,
16:06ou juste Shani, par exemple, ou Culture, ou Samu.
16:09Je ne les connaissais pas avant, mais c'est un partage de passion.
16:12Quand je suis en studio avec eux, quand je parle avec eux,
16:14je me reconnais, je me souviens, on parle le même langage, tu vois.
16:18Et c'est ça, en fait, le truc.
16:19C'est, encore une fois, faire fi de ce que les gens pensent ou disent sur toi
16:23et juste vivre ta vie et ta passion et avancer.
16:25Tu sais, puisqu'on parle du cinéma, une fois, évidemment, en toute humilité,
16:29je le dis avec aucune prétention, bien sûr.
16:32J'avais entendu Scorsese dire qu'il était un cinéaste rock'n'roll.
16:35Et moi, je suis un cinéaste hip-hop.
16:37Et ce n'est pas juste une punchline que je te fais, là.
16:39C'est-à-dire mon approche.
16:40C'est présent dans ce que tu fais.
16:42Dans ce que je fais, comment la caméra, elle va se poser.
16:44C'est nourri du travail d'Hype Williams.
16:47Enfin, il y a plein de choses comme ça.
16:49Le fait, quand j'écoute les acteurs, je les écoute à l'oreille,
16:51et comme j'écouterais le 16, un des 16 que j'aurais posé, etc.
16:55Donc, c'est une culture.
16:56Et il faut comprendre que le hip-hop, c'est une culture.
16:59Et le rap fait partie de cette culture.
17:02Mais c'est une partie de la culture.
17:03La culture est pleine et entière.
17:04Le film commence par du rap, d'ailleurs.
17:05Complètement, complètement.
17:06Il y a quelques années, Fianso avait réuni Kouchen et Joe Estar,
17:12le temps d'un morceau, sur le drapeau.
17:13C'était un événement.
17:13Et là, tu as réuni Passi et Stomy, le temps d'un morceau.
17:16Alors, Passi et Stomy, je crois, ont toujours été en bon terme.
17:18Contrairement à Kouchen ou Joe Estar,
17:19où il y avait plein de fantasmes sur leur relation.
17:21Mais c'est un événement d'avoir un nouveau morceau,
17:24ensemble, de Passi et Stomy.
17:26Vraiment, comment tu as réussi ça ?
17:28Ça a peut-être été très simple, je ne sais pas.
17:30Mais comment ?
17:31C'est une prouesse.
17:32C'est une prouesse.
17:33Mais comme je te dis tout à l'heure,
17:34en fait, avant toute chose, c'est des rapports humains.
17:37Moi, j'ai toujours respecté Stomy et Passi.
17:41Depuis le ministère Hammer.
17:43Moi, je connais le ministère Hammer,
17:44même quand il s'appelait Pussy Hammer.
17:46Tu vois ?
17:47Le Hammer Pussy.
17:47Quand il y avait Mauda dans le groupe.
17:49Quand il y avait Mauda, quand tu avais Ahmed D.
17:51Il y avait...
17:52Voilà, ils étaient tous là, tu vois.
17:53Et moi, en fait, c'est des gens qui...
17:58Je l'ai dit et je le redirai toujours.
18:00Je le dis pour Aya, mais je le dis aussi pour le ministère Hammer.
18:02S'il n'y avait pas le ministère Hammer, il n'y aurait pas Abdelmalik.
18:04Le ministère Hammer, ils m'ont donné conscience de la fierté d'être noir,
18:08mais pas dans le sens noir entre nous.
18:10Noir, comme dirait Aimé Césaire, comme un département de l'humanité.
18:14C'est-à-dire qu'on pouvait parler de l'universel en partant du fait d'être noir.
18:18Alors que dans l'inconscient collectif, partir d'un endroit et parler d'universel,
18:24c'est presque...
18:25Il faut être blanc, en fait.
18:26Et eux m'ont donné ça.
18:28Et ça, c'est...
18:29Donc, du coup, on fait le...
18:32Pour te raconter l'histoire, il y a Aya qui font le vélodrome et ils nous invitent tous.
18:38C'était incroyable.
18:38Il y a un moment magnifique où on a toute une...
18:40On a fait deux mains c'est loin.
18:42Et demain c'est loin avec tout le rap français quasiment.
18:44On était tous là.
18:45Magnifique.
18:45Et c'était fabuleux.
18:46Et on s'est retrouvés, on était là aussi avec le regretté Calbeau.
18:50On a passé des moments merveilleux.
18:53On était là et tout.
18:53Et je leur parlais de mon projet.
18:55Et à un moment, dans le train, je suis allé voir Stomy et Passy.
18:57J'ai dit, les frères, j'ai besoin de vous.
19:00Vraiment.
19:00Et on a discuté et tout ça.
19:01Ils m'ont dit, mais bien sûr.
19:02Et ils m'ont dit, bien sûr, on est là.
19:04Et voilà, si tu veux, c'est d'abord un lien humain.
19:09Mais c'est aussi en termes d'idées philosophiques.
19:11Tu vois, et donc du coup, ça a été très fluide.
19:13Ça a été très simple.
19:14Mais quel honneur ils m'ont fait.
19:15Ils auraient pu dire, ouais, mais non, là, on préfère pas.
19:18Ils auraient pu dire ça.
19:19Et ils m'ont béni, quoi, d'une certaine manière.
19:21Ils ont béni cet album.
19:22Ils ont béni le morceau.
19:23Et voilà.
19:24Et en plus, c'est une production de Jimmy Finger.
19:25Ça veut dire que même ça, ça s'inscrit, j'ai envie de dire, dans l'imaginaire secteur A,
19:30dans le truc et tout.
19:31Ça s'inscrit dans une tradition.
19:32Et ça, c'est fabuleux qui m'est permis ça.
19:35Abdelmalik est avec nous jusqu'à 23h.
19:41Alors, parce que, évidemment, il y a le film dont on a parlé, on va continuer d'en parler,
19:48mais t'es un artiste avec un parcours fascinant, qui part, on l'a dit, évidemment, du rap,
19:55mais même si le rap est encore en toi, vraiment du rap pur jus, avec un groupe qui s'appelle
20:00NAP.
20:01Et NAP, ça ressemblait à ça.
20:02C'est alors qu'un peuple barbare déferlera sur la terre, piétinant, tuant, laissant des
20:08souvenirs amers.
20:09Après avoir fait leur carnage, Dieu les détruira.
20:12Les derniers gens du bien seront autour du prophète Aïssa, qui auparavant aura déjà
20:17démasqué l'imposteur.
20:18Tous ces événements nous avertiront, ce sera l'heure.
20:21Alors coulera, tombera une pluie diluvienne.
20:24N'épargne rien, les gens attendront que le terme vienne.
20:27Pleine.
20:27Est-ce que tu te souviens de cette époque, est-ce que ça te semble lointain quand tu
20:36entends ça, ou c'est encore très, très vif dans ta tête ?
20:40Les deux.
20:40C'est en même temps vif et très, très, très lointain.
20:43Parce que ta vie a bien changé, j'imagine.
20:45Oui, elle a bien changé, mais au-delà de ça, c'est une période qu'on ne peut pas
20:51expliquer à ceux qui ne l'ont pas vécu.
20:53Parce qu'on était seuls, on était des pionniers, il y avait quelques groupes ici et là,
20:59il y avait déjà les légendes qu'on pouvait suivre déjà.
21:01Mais si tu veux, la manière de penser, tout était différent.
21:05Et en même temps, je me sens loin et en même temps proche parce que l'énergie, c'est
21:12la même.
21:13Mon intention est la même.
21:14Là, quand tu m'entends rapper, j'ai 23 ans.
21:18Donc presque un quart de siècle après, ou à peu près, même plus qu'un quart de
21:23siècle après, j'ai la même mentalité.
21:26J'ai la même idée de la musique, de l'art, de la culture, ce que ce soit.
21:30En fait, c'est la même chose.
21:31Et bon, évidemment, avec de l'expérience et j'espère un peu de sagesse en plus.
21:35Et en ce sens-là, c'est très proche.
21:37Est-ce qu'à l'époque, puisque je l'ai dit, tu as touché à plusieurs choses, même si
21:41on parle de musique, il y a eu des albums surprenants avec des producteurs qui étaient
21:44parfois éloignés de la galaxie hip-hop, ce qui ne t'a pas empêché de faire des
21:47albums fondamentalement hip-hop dans l'esprit, mais en tout cas où la forme était différente.
21:52Est-ce que toi, dès ce moment-là, parce que je trouve qu'à partir du premier album,
21:54on sent que tu as des velléités, que tu as des envies aussi d'ailleurs musicalement.
21:58Mais toi, à cette époque-là, au moment de NAP, est-ce que tu te dis qu'un jour tu feras
22:02aux choses que tu feras du cinéma ? Est-ce que tu as ça dans un coin de ta tête ou
22:04c'est encore beaucoup trop lointain ?
22:06Ah non, non, j'ai ça dans un coin de ma tête.
22:08Tu avais un plan quelque part ?
22:10Est-ce que c'est un plan que de savoir où on veut aller ?
22:14Si tu veux, en fait, moi je fonctionne par des passions.
22:17Et en fait, ma première passion, forcément, c'était l'écriture, le rap, mais la littérature.
22:23Déjà, je me disais, il faut que je sors des bouquins, j'avais ça en tête.
22:26Je me disais, il faut que je sois cinéateur, j'avais ça en tête, parce que c'était des passions.
22:28J'aimais le cinéma, j'aimais la littérature, j'aimais le théâtre, donc je pensais en termes de mise en scène.
22:35Tout ça était là, mais je me disais quand même, procédons par étapes.
22:38Et puis tout simplement, les choses allaient se...
22:41Mais c'était là, ça a toujours été là.
22:42Ce n'est pas un truc qui est venu au courant du parcours, c'était déjà là.
22:47Mais est-ce que j'allais le faire ? Est-ce que j'allais réussir ?
22:49Est-ce que ça, c'était une autre question encore ?
22:50C'est vrai, parce que j'avais une question, mais tu y as un peu répondu.
22:52J'avais envie de te demander, avec tout ce que tu fais, est-ce que tu te cherches encore ?
22:56Ou est-ce qu'au contraire, tu sais exactement ce que tu fais ?
22:58J'ai l'impression que tu sais exactement ce que tu fais.
22:59Non, c'est les deux.
23:00Ok.
23:00Il faut avoir...
23:01Je sais...
23:03On ne sait jamais exactement ce qu'on fait.
23:05On espère, on voudrait, on pense.
23:07Mais on se cherche dans le sens...
23:10Comment dire ?
23:11De toujours être aligné avec soi-même, tu vois ?
23:14C'est-à-dire que c'est comme si t'avances, il se passe des choses, tu dévies un peu, il faut revenir.
23:18T'avances.
23:19Et en ce sens-là, ce n'est pas tant se chercher dans le sens que tu ne te connais pas.
23:22C'est dans le sens de la cohérence.
23:23Rester cohérent avec tes valeurs initiales, avec ce que tu as envie d'être, l'être que tu as envie d'être, ne serait-ce que par rapport à tes enfants, par rapport à tes proches, par rapport...
23:33C'est ça, en fait.
23:34Plus jeune, c'était par rapport à ma mère.
23:36En grandissant, c'est par rapport à mes enfants, etc.
23:40Bien sûr.
23:40Mais il y a cette idée de cohérence.
23:43Ça, c'est important.
23:44Au début de la discussion, tu disais que toi, finalement, tu n'as jamais vraiment fait attention au regard des autres.
23:49Tu sais, en tout cas, que tu avais tes envies.
23:51Que c'est encore le cas aujourd'hui.
23:52C'est aussi ce qui a motivé notamment la musique de Furcy, Furcy Héritage.
23:56Est-ce que, quand toi, tu pars en solo, tu sais, et que tu as du succès, notamment avec Gibraltar, qui me semble être un moment quand même pivot dans ta vie, dans ta carrière,
24:05et à ce moment-là, tu intègres aussi d'autres cercles, tu sais, même mainstream, et avec parfois aussi des gens qui t'aiment, mais qui parlent un peu bizarrement de ta musique, tu sais.
24:14Parfois, on dit que c'est du slam.
24:15Enfin, il y a beaucoup d'incompréhension.
24:17Et j'imagine aussi qu'il y a aussi une incompréhension de la part du milieu rap, du milieu hip-hop, tu sais, qui se dit, il n'est plus avec nous, ou qu'est-ce qu'il fait, ou on ne comprend pas, tout simplement.
24:25Tu sais, ce qui est un peu raconté, ce n'est pas du tout le même parcours, mais dans le documentaire autour de DJ Mehdi, Pays à son âme,
24:30quand justement, on voit que ses potes du rap ne comprennent pas quand lui va vers autre chose, alors qu'il reste hip-hop dans l'esprit.
24:36Est-ce que ça a été compliqué à ce moment-là, tu sais, où d'un côté, il y a un vrai succès, et tu t'es salué,
24:43et de l'autre côté, il y a une incompréhension de la partie des gens qui sont autour de toi ?
24:48C'est marrant, et en plus que tu évoques Mehdi, c'est marrant parce qu'avec Mehdi, j'ai eu ces discussions, plusieurs fois,
24:55parce qu'on avait ce parcours similaire quelque part, donc on avait ces discussions-là.
25:00En réalité, à partir du moment, je l'ai dit tout à l'heure, quand on est rentré en studio, c'est-à-dire l'album n'est pas encore fait,
25:08on est rentré en studio avec Bilal pour faire Gibraltar.
25:10On avait, d'une certaine manière, on avait une ligne directrice.
25:14La première ligne directrice, c'est à partir de maintenant, ce qui n'était pas nécessairement le cas avant,
25:18à partir de maintenant, on fait absolument ce qu'on veut, en faisant fi de tout.
25:24Mais il faut avoir du courage pour ça.
25:25Mais en réalité, courage, oui et non. C'est-à-dire, il faut avoir le courage d'être soi.
25:29Parce qu'à partir du moment où tu choisis d'être toi, forcément, à certains, ça va plaire, d'autres, ça va déplaire.
25:34Même, par exemple, tu vois, tu as dit certains médias qui disaient le slam, mais moi, ils disaient le slam et tout ça.
25:39Mais est-ce que tu m'as déjà entendu contester ça ?
25:42En fait, je ne contestais pas. Dites ce que vous voulez. C'est votre perception.
25:45Après tout, vous avez raison, puisque c'est votre perception.
25:47Mais par contre, me concernant moi, jamais on m'a dit, alors, qu'est-ce que vous pensez de votre musique ?
25:52C'est quoi ? Comment définiriez votre...
25:54On m'a posé ces questions au Japon, pour te dire.
25:57Mais on ne me les a jamais posés.
25:59Et si on me les avait posés, j'aurais dit, mais ce n'est pas du slam, c'est du rap.
26:02Et j'aurais expliqué pourquoi je considère que c'est du rap, etc.
26:04Mais je pense qu'à un moment donné, pour tout être humain, il est important de comprendre que son meilleur ami,
26:10la personne la plus importante, qui finalement ne nous lâche jamais du berceau à la fin, c'est nous-mêmes.
26:16Donc, on doit prendre soin de nous-mêmes.
26:17Et ces discussions-là, au début, parmi mes frères du rap, il y en a, il y avait des incompréhensions et tout.
26:24Et des années après, j'ai discuté avec ces mêmes frères et ils comprenaient.
26:28Parce qu'il y a ça aussi, c'est qu'il faut respecter aussi la démarche de chacun.
26:31C'est-à-dire, quand quelqu'un n'est pas d'accord et tout ça, et toi, tu n'es pas d'accord,
26:34tu dois respecter aussi son désaccord ou sa vision.
26:36Et après, on va voir ce que la vie nous réserve.
26:38Et très tôt, nous, on a pensé comme ça.
26:40Et je pense que c'est ce qui nous a permis, quand je dis nous, c'est-à-dire moi,
26:44et ce n'est pas nous de majesté, mais c'est moi et mon crew, Bilal, Mathéo, tout le monde.
26:50C'est ce qui nous a permis, finalement, d'être libres, en fait, tout simplement.
26:54Gibraltar, pour info, ça ressemblait à ça.
26:57Sur le détroit de Gibraltar, il y a un jeune noir qui pleure,
27:00un rêve qui prendra vie, une fois passé, Gibraltar.
27:04Sur le détroit de Gibraltar, il y a un jeune noir qui se demande
27:06si l'histoire le retiendra, comme celui qui portait le nom de cette montagne.
27:11Sur le détroit de Gibraltar, il y a un jeune noir qui meurt,
27:14sa vie bête de gangsta rappeur.
27:16Mais sur le détroit de Gibraltar, il y a un jeune homme qui va naître,
27:22qui va être celui que les tours empêchent d'être.
27:25Sur le détroit de Gibraltar, il y a un jeune noir qui boit,
27:28dans ce bar où les espoirs se bousculent, une simple canette de fanta.
27:32Il cherche comme un chien sans collier, le foyer qu'il n'a en fait jamais eu.
27:36Abdel Malik, est-ce que, je vais dire que la réponse sera eu,
27:39mais est-ce que tu connais Isha et Limsa ?
27:41En fait, je ne les connaissais pas ou peu,
27:45et je les ai connus parce qu'on m'a appelé un jour,
27:46on m'a dit mais t'as entendu, ils ont fait un titre, le truc et tout ça.
27:51Mais juste un truc, juste par rapport à Gibraltar,
27:53on va fêter les 20 ans de Gibraltar,
27:55et je vais partir en tournée, on va faire que Gibraltar sur scène.
27:58C'est jeudi ça, ça va être vraiment...
28:01Comme quoi c'est un album aussi qui est évidemment important pour le public,
28:03mais important pour toi aussi.
28:04Bien sûr, c'est l'album qui m'a...
28:06Qui a changé quelque chose.
28:07Ouais, en fait, il y a un avant et un après.
28:08Si on devait faire, il y a avant Gibraltar et après Gibraltar.
28:11Je disais ça...
28:12C'est une info qui me plaît.
28:13Oui, oui.
28:15Mais ouais, ouais, ouais, donc j'ai entendu ça,
28:17et en fait, quand on m'a parlé d'eux,
28:19donc j'ai écouté le titre,
28:21une fois que j'ai entendu le titre, je l'ai fait écouter à Wallen,
28:23on a écouté et tout, et on a voulu en savoir plus sur eux.
28:25Donc on a écouté davantage et tout,
28:27et franchement, ils sont très très bons.
28:29Ils sont très forts, et je trouve sincèrement
28:31que le morceau d'Abdallamalik Eowen,
28:33c'est le meilleur morceau de Bitume Caviar, volume 2.
28:35Donc je propose qu'on l'écoute.
28:36C'est du rap et c'est la dédicace, c'est cool en plus.
28:38Ouais, ouais, donc beaucoup de respect pour eux.
28:40Isha Elimsa, Abdalmalik Eowen,
28:43extrait donc de Bitume Caviar, volume 2.
28:559-3-6 j'aime bien, c'est 3 chiffres,
28:59ASB j'aime bien, c'est 3 lettres,
29:01aéroport d'Orly, R-O-6,
29:03jette la coca dans les toilettes.
29:05Le projet, ça fait longtemps que tu l'attends,
29:07ça m'appelle Ali, qui est moi-même,
29:09un sale arabe, un sale congolais,
29:11comme Abdelmalik Eowen.
29:13Moi aussi, je fais partie de ce continent,
29:15ils m'ont fait une propale, j'étais déçu des sommes.
29:18J'ai quitté la maison, je suis en Inde,
29:20et ça fait longtemps que j'ai pas reçu des ordres.
29:22Je suis mon propre patron,
29:24chaque mois je verse mon salaire et le fixe.
29:26Quand je suis en vacances,
29:28chaque story peut alerter le fisp.
29:30Ils font des albums avec mes fans,
29:32ils font des albums avec mes flows,
29:34ils font rire leur meuf avec mes vannes,
29:36l'impression d'être en concul avec mes fans.
29:38Et vous, faut que vos ancêtres avouent,
29:40que l'orgue vous portez est à nous.
29:42Mais comme un sketch de barbuchet, c'est à vous,
29:44pour un instant je sais que c'est à vous.
30:02Toute une existence à combattre ces démons,
30:04des fois je me dis que ce serait champ mec qui gagne,
30:06la lumière et l'ombre, la vie et la mort,
30:08j'arrive pas à changer mon champ lexical,
30:10mec du ghetto, le TK 42,
30:12on n'a jamais vu nos darons pleurer,
30:14elles ouvraient leurs courriers, l'air de rien.
30:16On n'a jamais vu nos mères se plaindre,
30:18même en grandissant j'étais affectueux,
30:20mais j'aimais plus trop qu'elles m'appellent Choubidou.
30:22Aujourd'hui je me sens fort, j'ai bu l'autre zum zum,
30:24et celle de Bernadette Soubirous,
30:27dis à ton père de pas faire de blagues racistes,
30:29en vrai c'est mieux qu'ils gèrent ces sales maniés,
30:31la frustration elle me rend silencieux,
30:33maintenant c'est comme ça que ça se traduit,
30:35on a grandi dans le vice,
30:37nos bébés naissent dans le feu,
30:39on fera des lignées de bandits,
30:41et pas des descendants spieuses,
30:43une existence à combattre ces démons,
30:45des fois je me dis que ce serait champ mec qui gagne,
30:47la lumière est longue, la vie est la mort,
30:49je n'arrive pas à changer mon champ mexical.
31:13Abdelmanik et Wallen,
31:14morceau de Isha Elimsa,
31:16extrait de Bitume Caviar volume 2,
31:18en hommage évidemment à notre invité du soir,
31:21Abdelmanik.
31:31Abdelmanik, puisque tu viens de réaliser un film,
31:34tu dis que j'avais envie de parler de quelques artistes,
31:37chanteurs, rappeurs,
31:39qui eux aussi sont passés à la réalisation de films,
31:42et tu me dis ce que tu en penses,
31:43si tu as envie de réagir,
31:44et je voulais commencer avec quelqu'un
31:45dont tu connais bien la carrière,
31:47c'est Reza,
31:48évidemment,
31:49cerveau du Wu-Tang,
31:51un homme qui a toujours pensé le rap
31:52comme un univers un peu total,
31:53musique,
31:53cinéma,
31:54mythologie,
31:54arts martiaux,
31:55philosophie,
31:56et Reza en 2012,
31:57il réalise The Man With The Iron Fist,
31:59je ne sais pas si tu l'as vu,
31:59l'homme au point de fer,
32:00c'est un film assez surprenant,
32:03un film de Kung-Fu,
32:04ultra référencé,
32:05assez violent,
32:06qui arrive quelques années d'ailleurs,
32:08après Kill Bill,
32:08sur lequel Reza avait travaillé.
32:10Ça c'est pas Reza,
32:26c'est Kanye évidemment,
32:27je le dis,
32:28je me suis pas trompé,
32:29parce que c'est un morceau qui s'appelle
32:29Wildress,
32:30qui avait été fait pour la BO de ce film,
32:33et en fait c'est vrai que ce film,
32:33c'est un peu,
32:34quand tu connais l'univers de Reza,
32:35une déclaration d'amour en fait,
32:36à toutes ses influences,
32:38notamment à la Show Brothers,
32:39qui était une société hongkongaise,
32:40spécialisée dans la production,
32:41la distribution de films de cinéma,
32:43bien sûr au cinéma d'art martiaux,
32:44des années 70,
32:45qui l'ont construit,
32:46et aussi à la culture afro-américaine,
32:47qui s'est aussi construite en dialogue avec ses films,
32:49et Reza fait pas vraiment un film de rappeur,
32:51il fait un film aussi un peu politique déguisé,
32:53puisque c'est un film où les corps dominés,
32:55prennent le pouvoir,
32:56où la violence est stylisée comme un langage,
32:58où la transmission est centrale,
32:59et surtout Reza fait quelque chose de fort,
33:01il montre que le rap a toujours été très cinématographique,
33:03et le Wu-Tang est un excellent exemple de ça.
33:05Est-ce que tu avais suivi le passage de Reza derrière la caméra ?
33:08Est-ce que c'est un film qui,
33:09j'étais allé voir au cinéma à l'époque,
33:11qui n'avait pas eu énormément de succès,
33:13et qui était aussi, je pense,
33:14presque dans la galaxie qui libile quelque part,
33:16mais avec un ADN de Reza très fort.
33:19Tu avais aimé ce moment-là ?
33:21Moi j'avais aimé,
33:21parce que j'aime, comment dire,
33:24j'aime les rappeurs qui nous proposent autre chose,
33:27qui utilisent d'autres médiums et tout,
33:29et ça a été un bon divertissement, je vais dire.
33:31J'ai passé un bon moment,
33:32mais là où il m'a plus impressionné,
33:34c'est à la télé,
33:35c'est ce qu'il a fait avec le Wu-Tang,
33:36la série sur Wu-Tang.
33:37Exactement, tout à fait.
33:38Ça, ça, ça, oui.
33:40Ça a été vraiment, je me suis dit, waouh !
33:41Parce que c'est le showrunner,
33:43c'est lui le showrunner du tout,
33:45et on retrouve d'une certaine manière,
33:47comment il a géré cette série,
33:48on retrouve le Reza du premier album de Wu-Tang,
33:51c'est-à-dire cet esprit mastermind,
33:53un peu qui est là,
33:54et qui fait...
33:55Là je le retrouve davantage qu'au cinéma.
33:56Le cinéma, c'est quand même,
33:58c'est particulier le cinéma,
33:59il y a quelque chose où il faut...
34:01Ouais, il y a un truc particulier sur le cinéma,
34:04et c'est une sensibilité qu'on peut avoir
34:07ou pleinement, ou un peu, etc.
34:09Donc, en termes de film expérimental,
34:11j'ai trouvé ça mortel,
34:11mais moi j'aime, comment dire,
34:14toute la puissance de Reza,
34:15hors de la musique,
34:16moi je l'ai plus trouvé dans la série.
34:18Changement de décor maintenant,
34:20pas de sabre,
34:22pas de cinéma de genre,
34:23mais il y a Bonlieu aux Arts en France,
34:25évidemment, réalisé par Kerry James,
34:26qui fait un film aussi très réaliste,
34:28presque pédagogique,
34:29un film qui raconte la banlieue,
34:30sans romantisme,
34:31sans fantasme.
34:32Lève-toi et marche,
34:35c'est un pour les miens,
34:36arabes et noirs pour la plupart,
34:38et pour mes papes tout,
34:40prolétaires et bonlieusards,
34:41le deux,
34:42ce sera pour ceux qui rêvent d'une France unifiée,
34:44car à ce jour,
34:45il y a deux frances qui peuvent le nier,
34:47et moi je suis de la deuxième France,
34:49celle de l'insécurité,
34:50des terroristes potentiels,
34:52des assistés,
34:53c'est ce qu'ils attendent de nous,
34:54mais j'ai d'autres projets,
34:56qu'ils retiennent ça,
34:57je suis pas une victime,
34:58mais un soldat,
34:59regarde-moi,
35:00c'est intéressant parce qu'à la base,
35:01pour l'usard,
35:02c'est un morceau,
35:02on vient d'entendre,
35:03enfin un extrait,
35:04de Kerry James,
35:04qui est sorti en 2008,
35:05sur l'album à l'ombre du show business,
35:07et puis finalement,
35:08ça est devenu un film,
35:09même deux films,
35:09et même trois films,
35:10car un troisième va arriver,
35:12important aussi de noter,
35:13c'est des co-réalisations,
35:14pour le coup,
35:14avec Leil Assy,
35:15qu'on a d'ailleurs reçu les deux,
35:17dans l'émission,
35:18comment tu vois aussi maintenant,
35:19le lien entre rap et cinéma,
35:21parce que dans le rap américain,
35:23il y a eu très très tôt,
35:25des liens des rappeurs,
35:26qu'on a vus au cinéma,
35:28vraiment à Esty,
35:28enfin très tôt c'est arrivé,
35:30en France,
35:30depuis quelques années,
35:31c'est devenu de plus en plus fréquent,
35:33soit via de l'acting,
35:34soit via de la réalisation,
35:36comment tu vois cette espèce de lien,
35:37grandissant entre rap français,
35:39francophone et cinéma français ?
35:41Mais ça va aller encore,
35:42en grandissant et en grandissant,
35:43parce qu'en réalité,
35:45même le rap,
35:46on a toujours été inspiré,
35:49par le cinéma,
35:50il y a des écritures cinématographiques,
35:52celle d'Oxmo,
35:53à l'époque celle de Faflarage,
35:55enfin il y a plein de,
35:56on a toujours été dans...
35:57Plus récemment Laylo,
35:58qui est la première fois,
35:59exactement,
36:00et ça on a toujours été,
36:01dans cette dynamique là,
36:03donc pour moi,
36:03c'est quelque chose,
36:03qui va aller en grandissant,
36:04et surtout,
36:06le cinéma,
36:08c'est une sorte d'art total,
36:09donc ça intègre très naturellement,
36:12l'idée du rap et de la poésie,
36:13Ayam aussi,
36:14quand Chill,
36:14il avait fait son film comme un aimant,
36:16bon film,
36:17et c'était aussi tiré,
36:18dans l'album Ombre et Lumière,
36:20je crois,
36:20d'un morceau qui s'appelait
36:21Comme un aimant aussi,
36:21L'aimant,
36:22je crois que c'était L'aimant,
36:23un morceau extraordinaire,
36:24L'aimant,
36:25mais le refrain,
36:25il disait Comme un aimant,
36:26tout à fait,
36:27et en fait,
36:27c'est naturel,
36:29This is la peste aussi,
36:30qui a très tôt joué en tant qu'acteur,
36:33et même son clip,
36:34c'était cinématographique,
36:34je peux te l'éplon,
36:35c'était inspiré du film Chute Libre,
36:37de Joël Schumacher,
36:38avec Michael Douglas,
36:39exactement,
36:39et regretter Robert Duval,
36:42qui joue le policier,
36:43j'adore ce film,
36:44mais c'est vrai,
36:45il y a toujours eu des liens,
36:46c'est évident,
36:47et ça va continuer,
36:48ça va continuer,
36:49on a plus d'expérience,
36:50on a une compréhension aussi,
36:52différente des choses,
36:53et ouais,
36:54et Kerry James,
36:54on est une preuve vivante.
36:56Puisqu'on parle de Réza,
36:57tout à l'heure,
36:57tu disais que ta manière de réaliser aussi,
36:59elle était finalement aussi influencée
37:00par le hip-hop,
37:01il y a un lieu commun,
37:02moi qui ne me semble pas faux,
37:03mais c'est de dire que Tarantino
37:04est un réalisateur hip-hop,
37:05parce que finalement,
37:05il y a toujours un peu du sampling,
37:07il prend des éléments un peu partout,
37:09il les colle,
37:09et ça crée quelque chose de nouveau,
37:10est-ce que tu es d'accord avec ça ?
37:11Est-ce que tu apprécies le cinéma de Tarantino,
37:13qui peut aussi être décrié,
37:15mais il y a un lien aussi avec Réza,
37:16puisqu'on en a parlé.
37:17Ouais, ouais,
37:17en plus,
37:18ils sont amis.
37:19Non,
37:19en fait,
37:21le cinéma de Tarantino,
37:22d'un point de vue formel,
37:23si on doit parler,
37:24je trouve que c'est un très grand cinéma,
37:26formellement parlant.
37:28Après,
37:28il y a une dynamique philosophique,
37:31notamment le rapport à la violence,
37:33etc.,
37:33moi qui me gêne absolument.
37:35Qui te sort,
37:36qui me gêne,
37:37parce que,
37:38encore une fois,
37:39Il la stylise,
37:39et ça te...
37:40Pour moi,
37:41on ne joue pas avec la violence.
37:43Et ces gens-là,
37:44ils jouent facilement avec la violence,
37:45parce qu'ils ne l'ont pas nécessairement connu,
37:47comme nous,
37:47on l'a connu.
37:48Et quand tu as connu la violence,
37:49comme nous,
37:50on l'a connu,
37:50tu ne peux pas t'amuser avec.
37:51C'est impossible.
37:52Même si tu voulais,
37:54même si on disait,
37:54c'est mieux,
37:55tu n'arriverais pas,
37:55en fait.
37:55Et tous ceux qui jouent avec la violence,
37:57comme ça,
37:58de manière,
37:58c'est parce qu'ils ne l'ont pas réellement connu.
37:59Donc,
38:00ça,
38:00ça me gêne un peu,
38:01mais la passion du monsieur,
38:02en tant que cinéaste et tout ça,
38:04il n'y a aucun problème.
38:05J'ai eu l'occasion de d'échanger avec lui sur ça.
38:07Donc,
38:07je ne sais pas.
38:09Et donc,
38:09voilà.
38:10Mais dire que c'est un réalisateur hip-hop,
38:13je dis...
38:13Tu l'as peut-être lu,
38:14ça,
38:14en tout cas.
38:14Mais non,
38:14mais parce que ce que tu dis,
38:16tous les réals font ça.
38:17Tous les réals,
38:18j'ai envie de dire,
38:19tous les réals se nourrissent
38:20et empruntent,
38:22volent des scènes,
38:23des trucs.
38:23Ils l'ont toujours fait.
38:25Bergman l'a fait.
38:25Tous,
38:26tout le monde fait ça.
38:27Donc,
38:27ça ne fait pas autant pour eux
38:28des réalisateurs hip-hop.
38:31Non,
38:31réalisateur hip-hop,
38:32ce n'est pas juste une manière de faire,
38:33c'est surtout une manière d'être.
38:35C'est ça qui fait la différence.
38:36C'est-à-dire que
38:36tu peux être réalisateur hip-hop
38:38et faire un film totalement classique.
38:40Mais vraiment,
38:40c'est-à-dire académique,
38:41au plus haut point et tout ça.
38:42Mais ça n'empêche que tu seras hip-hop
38:43pour des raisons
38:44qui seront les tiennes.
38:45Et après,
38:46tu nous expliqueras et on verra.
38:48Mais ça va plus loin que ça.
38:49Et dans ce sens-là,
38:50en ce sens-là,
38:51je pense que c'est quelqu'un
38:51qui est amoureux du hip-hop,
38:53qui aime le rap et tout,
38:53mais je ne le définirais pas
38:54comme un cinéaste hip-hop ou rap.
38:56Très bien.
38:57Il y avait aussi un autre exemple
38:58qu'on aurait pu cesser,
38:58c'est Bob Dylan,
38:59qui lui, en 78,
39:01c'est déjà une légende,
39:02ce moment-là,
39:02Bob Dylan,
39:02il sort un film
39:03que je n'ai pas vu
39:04qui s'appelle
39:04Rinaldo and Clara,
39:06qui est un film apparemment étrange,
39:07décousu,
39:08et qui dure plus de 4 heures.
39:09Le premier montage
39:12durait 4 heures
39:12et a été évidemment détesté
39:14par les gens,
39:15mais qui devient maintenant
39:16un peu un objet culte.
39:17Bob Dylan, quoi.
39:18Voilà,
39:18nous sommes avec Abdel Malik
39:20jusqu'à 23h.
39:23Attends, Alik,
39:33je te dis des phrases.
39:34Ouais.
39:34Tu me dis
39:35si elles sont vraies ou fausses
39:36et tu m'expliques pourquoi.
39:37Ouais.
39:38Le rap français,
39:39c'était mieux avant.
39:40Faux.
39:41Pourquoi ?
39:42Ben,
39:43parce qu'en réalité,
39:44quand on a été avant,
39:46et j'ai été avant,
39:47ouais.
39:48Je veux dire,
39:48aujourd'hui,
39:49tu sors un album comme tu veux,
39:51tu peux gérer ton propre business,
39:53tes masters t'appartiennent,
39:54etc.
39:54Nous,
39:55nous,
39:55on était des ouvriers du truc.
39:58On travaillait pour des majors,
40:00etc.
40:01Et nous-mêmes,
40:02beaucoup d'entre nous,
40:02on était à la cité,
40:03donc il fallait gérer.
40:04On était...
40:05Bilal,
40:05il avait une expression une fois,
40:06il disait,
40:06on est pauvres et célèbres.
40:08C'est-à-dire,
40:08on était des...
40:10En fait...
40:10Oui,
40:11les gens connaissaient votre visage
40:12dans la rue,
40:12mais vous n'aviez pas
40:13le compte en banque.
40:14Alors qu'aujourd'hui,
40:16c'est totalement différent.
40:17Ça veut dire,
40:17aujourd'hui,
40:18tu fais le rap que tu as envie.
40:19C'est-à-dire,
40:19quelqu'un,
40:19par exemple,
40:20qui décide,
40:21entre guillemets,
40:22d'être un vendu,
40:22il l'a décidé.
40:24On ne l'a pas forcé.
40:26Alors qu'à l'époque,
40:27il y a des gens
40:27qu'on considérait comme des...
40:28Mais en fait,
40:29ils ne voulaient pas être comme ça,
40:30mais il y a...
40:31Pour marcher,
40:32il fallait faire...
40:33Il y a des pressions.
40:34Il y avait des gens derrière
40:34qui disaient,
40:35fais comme ça,
40:35sois comme ça et tout ça.
40:37Et voilà.
40:37Ce qui était,
40:38entre guillemets,
40:38mieux avant,
40:39c'est comme pour tout le monde.
40:40Quand tu vieillis,
40:41tu idéalises ton passé.
40:43Tu l'angélises,
40:44tu mets des...
40:45Et puis ceux qui ne l'ont pas vécu aussi,
40:46ils l'idéalisent.
40:47Il y a plein de...
40:47Moi, je vois plein de gamins
40:48qui sont des fans des années 90.
40:50Ils connaissent tout,
40:51tous nos trucs,
40:52ils savent tout sur tout,
40:53mais ils n'étaient pas là.
40:54Donc, le rap,
40:55c'était mieux avant.
40:56Moi, personnellement,
40:57c'est faux.
41:03Et on en avait parlé,
41:04tu te rappelles ?
41:05Je ne sais pas si on en avait parlé.
41:06C'est très bien d'un dîner.
41:08On a beaucoup parlé de J.C.
41:09Ben ouais.
41:09Après,
41:10ça ne veut pas dire que
41:11c'est le meilleur
41:12ou...
41:13Mais objectivement,
41:14factuellement,
41:15si on devait regarder
41:16ce qu'il a fait,
41:16la carrière,
41:17les accomplissements
41:18et puis le talent,
41:19si tu veux,
41:20les choses...
41:22Il faut dire...
41:23Franchement,
41:23il n'y a personne.
41:24Tu ne peux pas mettre
41:25en comparaison...
41:25Je pense qu'il n'y a plus
41:26de discussion pour toi aujourd'hui.
41:27C'est comme dans le football,
41:28tu sais maintenant,
41:28c'est Messi.
41:29J'ai l'impression
41:29qu'elle est un peu clos,
41:31la discussion.
41:32C'est Messi qui a gagné.
41:32Est-ce que tu penses
41:33que dans le rap,
41:34c'est Jay-Z
41:35et qu'il n'y a plus
41:35vraiment de discussion possible ?
41:36Il n'y a plus de discussion.
41:37Mais je pense que...
41:38Par contre,
41:39tu vois,
41:40tu as dit ça de Messi,
41:41par exemple.
41:41Avant,
41:42c'était Pelé,
41:42il n'y avait pas de discussion.
41:43Absolument.
41:43Et je pense qu'il y a quelqu'un
41:45qui va venir
41:45et il n'y aura plus de discussion non plus.
41:47Avant,
41:47pour moi en tout cas,
41:48avant Jay-Z,
41:50c'était LL Cool J
41:50et il n'y avait pas de discussion.
41:52Et même si LL Cool J,
41:53il pense qu'il est encore...
41:54Il me l'avait dit
41:55en interview d'ailleurs.
41:56Tous les rappeurs
41:57vont te dire que c'est eux.
41:58Mais après,
41:59si on regarde concrètement
42:00par rapport à l'accomplissement,
42:02l'impact,
42:02et un impact
42:03qui n'est pas nécessairement positif.
42:04Quand je dis Jay-Z,
42:05il a eu un impact,
42:06il n'a pas eu nécessairement
42:07un impact positif
42:08et on peut en parler.
42:09Mais force est de constater
42:12néanmoins que c'est lui.
42:13Dans cette histoire,
42:14tu sais,
42:14de numéro 1,
42:15Jay-Z,
42:16il s'est battu
42:17pour être numéro 1.
42:17Il le disait.
42:18Toi,
42:18tu n'as jamais été là-dedans.
42:19Est-ce qu'il y a un moment
42:21où tu as voulu être
42:22le meilleur rappeur français
42:23ou le meilleur artiste
42:24ou tu ne réfléchis pas
42:25à la musique comme ça ?
42:26Oui,
42:26c'est pour ça que je te dis,
42:27il y a un avant et un après.
42:30Quand j'étais plus jeune,
42:31quand on était avec NAP,
42:32on était là,
42:33on faisait les trucs et tout,
42:34j'étais dans cette pensée-là.
42:36Et je pense que cette pensée-là,
42:37elle est importante pour arriver.
42:39C'est un moteur de fou.
42:40Mais après,
42:41très vite,
42:41tu te rends compte
42:42que ce qui est important,
42:43c'est ta singularité.
42:44Par contre,
42:44je me suis battu
42:45pour être singulier.
42:46Je ne voulais pas ressembler
42:47à qui que ce soit.
42:48Je ne voulais pas qu'on dise
42:49que c'est le nouveau Intel.
42:52Ça,
42:52c'est un truc...
42:54Et pareil pour le hip-hop,
42:55je n'ai jamais été un suiveur.
42:57Pour moi,
42:57le hip-hop,
42:58c'est moi.
42:58Le rap,
42:59c'est moi.
43:00Et c'est important
43:01de penser comme ça
43:01pour cultiver la singularité.
43:03Après,
43:04évidemment...
43:05Du coup,
43:06très vite,
43:06je n'ai pas été dans ce truc
43:07de qui est le numéro un
43:08parce qu'en réalité,
43:09ça n'a pas vraiment de valeur.
43:10Parce qu'une fois que tu es numéro un,
43:12qu'est-ce qui se passe ensuite ?
43:13C'est fini.
43:14C'est ça.
43:15Puisqu'on parle de singularité,
43:16je trouve rose qu'on écoute
43:17un morceau d'un artiste britannique
43:19qui s'appelle Wesley Joseph
43:20et qui invite,
43:21si on parle de singularité,
43:22un des rappeurs amacains
43:24des dernières années
43:24les plus singuliers,
43:24c'est Danny Brown,
43:25un rappeur exceptionnel.
43:27Ils ont collaboré
43:27sur le morceau Peace of Mind
43:28et on l'écoute tout de suite.
43:45Sous-titrage Société Radio-Canada
43:47Sous-titrage Société Radio-Canada
43:49Sous-titrage Société Radio-Canada
43:51Sous-titrage Société Radio-Canada
44:21Sous-titrage Société Radio-Canada
44:23Sous-titrage Société Radio-Canada
45:25C'était Peace of Mind
45:40donc de Wesley Joseph
45:41et Danny Brown.
45:46Abdallah Malik,
45:47c'est l'heure des recommandations.
45:48Je m'en ai envoyé plusieurs.
45:49Et notamment un film de 2007
45:52qui s'appelle
45:54L'assassinat de Jesse James
45:55par le lâche Robert Ford
45:57d'Andrew Dominic.
45:58Exactement,
45:59avec Brad Pitt.
46:00Avec Brad Pitt.
46:01Avec Kazé Affleck.
46:02Exactement.
46:03Frère 2.
46:03Frère 2.
46:04Qui a aussi une belle carrière
46:05de son côté.
46:06Notamment dans des films
46:07de Ben Affleck,
46:08d'ailleurs dans Gone Baby Gone,
46:09je pense.
46:10Pourquoi ce film ?
46:11Et puis il y a aussi
46:12la musique de Nick Cave
46:13et Warren Ellis
46:14qui est particulièrement
46:15bouleversante.
46:16parce que pour moi
46:18c'est l'un des plus grands films
46:21qui n'a jamais été fait
46:22de mon point de vue.
46:24Tout y est parfait.
46:26Le travail du chef Hop
46:28est incroyable.
46:28La lumière est incroyable.
46:30C'est peut-être
46:31l'une des plus belles prestations
46:32de Brad Pitt
46:34même si
46:35Kazé Affleck
46:36il nous fait un truc.
46:37C'est incroyable
46:38ce qu'il fait
46:38de nuances,
46:40d'intelligence.
46:41Le film est intelligent.
46:43Il faut le voir absolument.
46:45Et c'est marrant
46:45parce que lorsqu'il est sorti
46:46il a...
46:48Exactement.
46:49Moi je me souviens de ça
46:49de la sortie
46:50qui n'était pas...
46:51Et même les critiques
46:52je me rappelle
46:52j'ai gardé d'ailleurs
46:53une critique
46:53je crois que c'était
46:54une critique de Libé.
46:56Je ne sais pas
46:56s'ils étaient positifs
46:57sur le truc et tout ça.
46:58Et donc moi j'ai vu le film
46:59et je me souviens
47:01j'ai vu le film
47:01j'étais très fatigué
47:02quand j'ai vu le film.
47:04Et donc je n'ai pas
47:04vraiment apprécié.
47:06Je trouvais ça bon.
47:07Et je l'ai revu plus tard
47:08et par accident
47:09parce que je ne regarde
47:10jamais les films
47:10en français on va dire
47:12quand je les regarde en VO
47:15et en fait en français
47:16il était encore plus fort
47:17qu'en VO
47:17et c'est la première fois
47:18que ça m'est arrivé.
47:19Et j'ai parlé avec les gens
47:21qui ont fait le doublage
47:22de ce film
47:22et ils m'ont expliqué
47:22comment ils l'ont fait et tout.
47:24C'est incroyable.
47:25Il faut le voir.
47:26Il y a le narrateur
47:27le narrateur c'est cet acteur français
47:28dont j'ai oublié le nom
47:29bien sûr
47:30ça m'échappe là
47:31mais ça va me revenir.
47:32Et il est magnifique le film.
47:34Magnifique.
47:35Moi j'aime beaucoup ce film
47:36mais effectivement
47:36je me sens que moi
47:37je n'avais pas vu le cinéma
47:38je l'avais acheté en DVD
47:38un peu après.
47:40J'avais beaucoup aimé les films
47:40mais qui me semblait être
47:41un film pas méconnu
47:42mais en tout cas
47:42un peu sous-coté
47:44en tout cas
47:44il est sorti
47:45il est rarement cité
47:46dans les grands films
47:47de Brad Pitt
47:48alors que c'est effectivement
47:49un de ses films
47:49à mon avis
47:50les plus beaux.
47:51Et puis Andrew Dominic
47:52c'est lui qui a fait
47:52après
47:54qu'est-ce qu'il a fait ?
47:55Il a fait Blonde
47:56le dernier Blonde
47:57sur Marilyn Monroe
47:58qui est sur Netflix
47:59le truc c'est lui
47:59c'est un peu trash
48:01c'est un peu truc
48:02mais le travail
48:03de mise en scène
48:04est intéressant
48:07mais en tout cas
48:08Andrew Dominic
48:09pour moi
48:09c'est l'un des réels
48:10les plus intéressants
48:11et lui aussi
48:12il est un peu sous-coté
48:13alors que c'est un réalisateur
48:14de fous furieux
48:15et il travaille beaucoup
48:16avec Brad Pitt
48:16d'ailleurs c'est toujours
48:17Brad Pitt qui produit
48:18ses films
48:18il est producteur également
48:19un album
48:20c'est l'album Audi
48:21de Pete Bacardi
48:22Elle m'a touché
48:24touché
48:25touché
48:25touché
48:26j'ai jamais été seul
48:28c'est ma rue
48:28qui m'a poussé
48:29et j'ai tout fait
48:31tout fait
48:32tout fait
48:33j'ai survécu à tout
48:35mais ton mien
48:35s'en fait coucher
48:36tu me remets
48:38mais
48:38je me suis refait
48:39j'ai levé les foules
48:41laissé ma trash
48:42se mourir en paix
48:43tu me remets
48:44mais
48:45je me suis refait
48:46j'ai levé les foules
48:48laissé ma trash
48:49se mourir en paix
48:49alors pourquoi cet album
48:50de Pete
48:51qui était aussi dans l'émission
48:52d'ailleurs il y a
48:53quelques mois de ça
48:54parce que
48:55Pete Bacardi
48:56est un cas d'école
48:57c'est quelqu'un
48:59qui à un moment donné
49:00a disparu
49:02enfin a disparu
49:03de notre point de vue
49:03il est allé en Afrique
49:05enfin il avait
49:05et puis il est revenu
49:07et pour moi
49:08il a fait un run
49:09extraordinaire
49:10c'est à dire
49:11il est revenu
49:11il a fait
49:12et il a sorti
49:14enfin les morceaux
49:15qu'il a sortis
49:15son concert
49:16et je lui dis
49:17à chaque fois
49:17le concert à l'Olympia
49:19son concert qu'il a fait
49:19j'ai pas pu y être
49:21parce que j'étais
49:21à ce moment là
49:22je présentais mon film
49:22quelque part
49:23c'est historique
49:25en fait c'est quelqu'un
49:26c'est la preuve
49:28que le rap
49:29c'est des artistes
49:30et c'est du talent
49:30c'est à dire
49:31qu'importe
49:32si on t'a plus vu
49:33ou t'as fait autre chose
49:34si t'es un MC
49:35si t'es un rappeur
49:36si t'as l'amour
49:37de cette culture
49:37quand tu reviens
49:38tu reviens en fait
49:39et puis voilà
49:41et puis en plus de tout ça
49:42c'est un être humain
49:43extraordinaire
49:43c'est quelqu'un
49:44d'une extrême sagesse
49:45d'une extrême intelligence
49:46et c'est un MC de fou
49:47il pite, il pose, il kick
49:50il est là
49:50et voilà
49:51et c'est quelqu'un
49:52que j'aime beaucoup
49:52encore une fois
49:53c'est un frère
49:54mais au-delà du fait
49:54que je l'aime beaucoup
49:55parce que ça
49:56on met ça à part
49:56mais pour moi
49:58c'est un artiste incroyable
49:58et il a fait
49:59un run magnifique
50:00est-ce que c'est pas aussi
50:01une leçon
50:01tu sais
50:02on dit souvent
50:04et à mon avis
50:04de plus en plus à tort
50:05que le rap
50:06c'est un truc de jeune
50:07et que ça doit être
50:08pratiqué par les jeunes
50:09et je crois qu'aujourd'hui
50:09on a de plus en plus
50:10de preuves
50:10du contraire
50:11évidemment
50:11souvent ce sont les jeunes
50:12qui vont
50:12les nouvelles générations
50:17je crois qu'il y a aussi
50:18de plus en plus d'artistes
50:19aujourd'hui
50:19qui prennent de l'âge
50:22qui n'ont pas 20 ans
50:23et qui sont pertinents
50:24et je crois que ça
50:24c'est de plus en plus le cas
50:25et de plus en plus
50:26c'est-à-dire même ta question
50:27elle est déjà ancienne
50:28parce qu'en réalité
50:29je sais même plus
50:30si ça se pose
50:31quand The Clips
50:32ils arrivent et font leur truc
50:33on se pose même pas la question
50:34c'est juste que ça défonce
50:36et puis c'est tout
50:37mais néanmoins
50:39de mon point de vue
50:40il y a eu un moment bascule
50:41et ce moment bascule
50:42c'est le versus
50:44l'ox
50:44deep set
50:46extraordinaire
50:47c'est ça
50:47et c'est Jadakis
50:48en réalité
50:49Jadakis
50:49il faut
50:50ce monologue à la fin
50:52sur Wooshot
50:52il y a du Biggie
50:53j'ai des frissons
50:54rien que d'en parler
50:54c'est extraordinaire
50:55c'est ça le moment bascule
50:57tu penses ?
50:58non mais c'est pas que je pense
50:58j'en suis convaincu
50:59c'est-à-dire qu'avant ça
51:01on pouvait dire ce que tu dis
51:03ouais les anciens
51:04ils sont là
51:04mais après ça
51:06on se posait même plus la question
51:07c'est-à-dire
51:07non seulement les anciens
51:09ils sont là
51:10mais ne nous posons plus
51:12même cette question
51:12parce que
51:13dans les autres genres musicaux
51:14on ne s'est jamais posé
51:14ces questions-là
51:15mais après c'est aussi
51:17le truc de
51:18le rap game
51:19le fait de comparer
51:20les rappeurs aux sportifs
51:21ce que je trouve moi
51:22totalement hors sujet
51:23de mon point de vue
51:23mais que je peux comprendre
51:25lorsqu'on a une vision
51:26de stats
51:26de trucs
51:27de tout ça
51:27pour moi c'est de l'art
51:28et un artiste
51:29il est pertinent à tout âge
51:30et il se réinvente
51:31et il est en phase
51:32avec lui-même
51:33c'est clair que
51:33si tu es un ancien
51:35et tu veux jouer le jeune
51:36bon il y a un truc
51:37qui ne fonctionne pas
51:38mais de là
51:39à nous comparer aux sportifs
51:40le sportif
51:41avec tout le respect
51:42que j'ai pour les sportifs
51:42ils ont une date de péremption
51:44à un moment donné
51:44tu ne peux plus
51:45parce que physiologiquement
51:46c'est plus possible
51:47alors que rapper
51:48j'ai envie de te dire
51:48tu peux rapper
51:50jusqu'au jour
51:51où Jay-Z va venir
51:52à 80 ans
51:53il va nous faire
51:53un album de ouf
51:54et on va plus
51:54c'est ça que je veux dire
51:56c'est à dire que
51:56nous sommes des artistes
51:59nous ne sommes pas
51:59des businessmen
52:00nous ne sommes pas
52:01des sportifs
52:03nous sommes des artistes
52:04et c'est important
52:04de marquer ça
52:05après il y en a d'autres
52:06qui pensent différemment
52:06et je respecte tout à fait
52:07il n'y a aucun problème
52:08mais ça c'est de mon point de vue
52:09personnel
52:10c'est quand que tu animes
52:10une émission sur le rap
52:11j'ai envie d'entendre ça
52:12j'ai une épiphanie là
52:15je t'ai mis
52:15je t'ai mis
52:16tu m'as demandé aussi
52:18une chaîne YouTube
52:19ou un truc
52:19parce que je t'ai mis
52:20je t'ai mis
52:21Joey et Jada
52:22je ne sais pas si
52:24j'ai mis ça
52:25effectivement c'est la chaîne YouTube
52:26de Fat Joey et de Jada
52:27qui est effectivement
52:28que tu viens de citer
52:28qui est sur YouTube
52:28où ils font des interviews
52:29ils font des interviews
52:30et tout
52:30mais en fait
52:31donc tu consommes ça
52:32ouais de temps en temps
52:33il m'arrive
52:34bien sûr
52:34bien sûr
52:34j'aime bien
52:35mais pourquoi
52:37je l'ai mis
52:38c'était aussi pour parler
52:39de la continuité
52:40ou la reconversion
52:42des rappeurs
52:43c'est-à-dire
52:43les rappeurs
52:44c'est des gens de mots
52:45et quand tu vois
52:46même Drix Trump
52:47même quand tu vois
52:48il y a plein
52:48Noriega
52:49ou celui
52:50ou en France
52:51Driver
52:51on a Driver
52:51Driver
52:52parce que c'est des gens
52:53de mots en fait
52:54et donc les mots
52:55tu peux les mettre
52:55en musique
52:56tu peux les mettre
52:56en littérature
52:58tu peux les mettre
52:58au cinéma
52:58tu peux les mettre
52:59aujourd'hui
52:59le podcast
53:00ça veut vraiment dire
53:01quelque chose
53:01et quand tu les entends
53:02eux
53:02voilà je trouve ça mortel
53:03donc
53:04qui sait peut-être
53:05qu'un jour
53:05avec Wallen
53:07à un moment
53:07on s'est dit
53:07viens on fait
53:08parce qu'on discute
53:08beaucoup de culture
53:09et tout
53:09on pourrait peut-être
53:11y penser
53:11mais on ne sait pas
53:12un podcast
53:13un podcast
53:13une chaîne YouTube
53:14annulée par Abdelmalik
53:15et Wallen
53:15ouais
53:15c'est possible
53:17possiblement possible
53:18en tout cas
53:19on en parlait
53:19avec Wallen
53:20peut-être qu'on ne le fera
53:21jamais
53:21mais voilà
53:22c'est l'heure
53:23de la question qui tue
53:24Abdelmalik
53:29je suis désolé
53:30on a très peu de temps
53:31on a genre 40 secondes
53:32ok
53:32je vais te poser la même question
53:33que j'ai posé à Inou
53:34Casablanca
53:34semaine dernière
53:35il déserte
53:35tu prends un album
53:36mais on ne pose pas
53:38de questions
53:39si on le fait
53:39ça ne veut pas dire
53:41le meilleur
53:41là tu n'as pas le temps
53:43tu dois en prendre un
53:45allez un album
53:47de Jacques Brel
53:47ok
53:48peu importe lequel
53:49peu importe
53:50mais souvent
53:50c'est des anthologies
53:51donc je prendrais
53:51une anthologie
53:52tu prends un best-of
53:52et là tu me
53:53ok d'accord
53:54très bien
53:54tu me mets une douille
53:55mais c'est lui
53:56c'est l'artiste
53:57qui te
53:57qui te semble
53:58le plus important
53:59pour toi en tout cas
53:59où tu as le plus besoin
54:01au quotidien
54:01en tant qu'homme de musique
54:04homme de scène
54:05puisque tu m'as parlé
54:05d'un album
54:06pour moi c'est lui
54:07il représente tout ce que j'aime
54:09il est complet
54:09voilà
54:10c'est drôle en plus
54:10parce que Ino Casablanca
54:11que je venais citer
54:12cite Jacques Bray
54:13dans le morceau
54:13Dimarev
54:14donc le fait que tu le cites
54:15maintenant voilà
54:15la boucle est bouclée
54:17Abdallah Malik
54:17merci beaucoup
54:18vraiment c'était un plaisir
54:19de t'avoir
54:19on rappelle que ton film
54:21est disponible
54:22là l'album
54:22qui l'accompagne également
54:23donc n'hésitez pas
54:24à aller regarder
54:25le film
54:25et furcier héritage
54:26exactement
54:27aller regarder le film
54:28écouter l'album
54:29et puis Abdallah Malik
54:30tu reviens
54:31peut-être pour ton émission ici
54:32qui c'est
54:32et merci à toutes les personnes
54:34qui ont participé
54:35à la fabrication de cette émission
54:36qui était préparée
54:36par Alexia Dacour
54:37et Redouane Tella
54:38réalisée par Gaëtan Colli
54:39la programmation musicale
54:41est signée
54:41de Jean-Baptiste Odibert
54:42et la technique ce soir
54:42c'était Gaspard Guy Bourget
54:43et Sibylle Clamence
54:44merci aux équipes web et vidéo
54:46demain nous serons
54:47à la même heure
54:47avec Coombs
54:48merci
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