00:00Vous êtes venu ce matin ici à Fort-de-France se défier à votre opération et vous ne pourrez
00:09pas être entendu aujourd'hui. Vous allez revenir vendredi ?
00:13Je ferai tout pour revenir. Selon les accusations bien entendues, c'est l'avocat de M. Duméli
00:19qui m'a invité à venir témoigner. A aucun moment, aucun des grands frères nous m'ont fait de la
00:25réduction de fonds. On a eu des réunions, il y a eu des vidéos. Il parlait de formation, des stages,
00:31de travail pour les jeunes, à aucun moment. Et ce qui est triste, c'est de voir M. Duméli là,
00:36c'est un bonhomme avec qui on a fait un très gros travail à Bémarro. Rappelez-vous des états généraux
00:40de la jeunesse, 72% de baisse de la dénacance sur Bémarro. Cases neufs, 20 sont venus voir le travail
00:47que nous avons réalisé. Hier soir, par exemple, j'ai été à Monde-des-Est voir le maire qui est un
00:53ami à zéro et Rervana, notre chanteur, il passait sur le podium. Eh bien, on a eu un jeune à 20 mètres
01:00de moi. Pourtant, la sécurité est en place, tout a été fait. Et ça nous a fait penser au travail que
01:05nous faisions avec M. Brana. Pour vous, rappelez-vous, à Bémarro, quand on avait un concert, quand on avait
01:10quelque chose, on les intégrait dans le concert. Ils jouaient sur le podium et servaient aussi,
01:15accompagnés à la sécurité. Et hier soir, malgré la sécurité, malgré la police et la gendarmerie,
01:20il y en a des jeunes de 32 ans à 5 mètres de nous. Donc, ça nous a fait penser au travail. Donc, voir
01:26ces jeunes ici, ça fait mal. Aujourd'hui, rappelez-vous, quand les grands frères étaient là, on a eu
01:3120-22 morts. Depuis maintenant, certains sont vraiment inquiétés. 47 morts en 2025. On n'a jamais
01:38connu cela. Parce qu'il y a certains qui faisaient leur travail sur le terrain. Donc là, je reviendrai
01:44vendredi pour pouvoir témoigner et dire effectivement, je n'ai eu aucun problème avec ces personnes qui
01:50ne m'ont jamais menacé.
01:52Dans cette affaire, pas d'extorsion de fonds, vous le dites, mais à l'époque, vous les
01:56avez bien sûr rencontrés pour qu'ils puissent quand même apaiser la situation à l'époque.
02:00Oui, il y a eu des réunions au Lamentin avec le maire, le président de l'association
02:04des maires. Il y a eu une réunion au Rézé, M. Servard a voulu qu'on soit à ses côtés.
02:10Étant donné que j'ai été effectivement quelqu'un qui s'est beaucoup donné pour la jeunesse
02:15dans ma promenade à Bémarro qui a fait un gros travail, on a discuté avec ces jeunes,
02:18mais je n'ai jamais eu de problème avec eux et ils ne m'ont jamais menacé.
02:22Maître Bourjac qui a l'appel des témoins, M. Chavus est venu, M. Servard est en visioconférence,
02:29mais l'absence de M. Patrick Desjardins, l'ancien propriétaire de la République, a été soulignée.
02:33Il n'a pas déféré à sa provocation comme témoin. Tous les avocats ont insisté pour le fait
02:38qu'il soit absolument présent pour témoigner.
02:40Tout à fait, il faut savoir que dans le cadre de la défense des 13 prévenus, il a été envisagé
02:47de citer un certain nombre de personnes en qualité de témoin.
02:51Et M. Patrick Desjardins a fait l'objet d'une citation de la part d'un autre confrère.
02:54Et aujourd'hui, le parquet a considéré qu'il s'agisse de M. Desjardins ou d'un autre enquêteur
02:58qui a été cité, que c'était davantage un parti pris et un règlement de compte de la part de la défense
03:03que d'avoir à citer ces deux personnes qui n'ont fait en réalité que déposer, en tout cas,
03:07qui n'ont fait que des actes d'enquête dans le cadre de cette procédure.
03:10Nous nous inscrivons en faux, en faux dans la mesure où il ne s'agit pas d'un règlement de compte,
03:15mais davantage d'obtenir des explications, ne serait-ce que sur les contradictions
03:19dans les déclarations de M. Patrick Desjardins lors de sa conférence de presse en janvier 2021,
03:27où il avait expressément indiqué qu'il avait des éléments concernant les faits d'extorsion,
03:32faits d'extorsion niés par le préfet lui-même, faits d'extorsion niés par l'enquête elle-même.
03:36Donc il est important pour nous de savoir de quels éléments à ce moment précis,
03:40c'est-à-dire en janvier 2021, il disposait pour avoir indiqué, en tout cas suggéré,
03:46que certains des prévenus avaient tenté d'extorquer,
03:49ne serait-ce que les grands groupes ou les hommes politiques.
03:52Il avait même été demandé éventuellement au tribunal de procéder à un mandat d'amener.
03:57Est-ce que vous pensez que c'est possible ?
03:58C'est tout à fait possible puisqu'il a été cité en qualité de témoin.
04:01La loi est claire, 439 le dit parfaitement, si effectivement un témoin ne se présente pas sans excuse,
04:06parce que bien évidemment un témoin, une personne peut être convoquée devant une juridiction,
04:10citée devant une juridiction, mais à un moment donné, au moment de cette convocation,
04:13avoir une difficulté, je dirais ne serait-ce que de santé,
04:16qui ne lui permettrait pas de défier à la convocation.
04:19Donc ne serait-ce que cette excuse, nous ne l'avons pas eue.
04:22Maître Aronaton, vous avez soulevé une chose qui nous a étonné à ce premier jour d'audience,
04:27c'est que les services de renseignement par le truchement du parquet
04:32aient mis dans la procédure des renseignements quand même assez étonnants sur les prévenus.
04:36Alors vendredi dernier, nous avons eu la surprise de recevoir de la part du parquet de Fort-de-France
04:41un renseignement qui était issu d'un procès verbal mené par un enquêteur
04:47qui nous explique notamment que mon client, M. Frédéric Duménil, serait un chef de gang des Chiens-Larry.
04:52En fait, il s'agit d'affirmations, comme tout le long de ce dossier,
04:56des affirmations qui ne sont étayées par aucun élément.
04:59Ils prétendent et ils soutiennent des choses et ne se présentent même pas devant la juridiction
05:04quand on a envie de les entendre.
05:06Donc il y a quelque chose qui inonde cette procédure
05:08et le premier paragraphe de ce document, que je trouve particulièrement nauséabond,
05:11qui vient présenter le peuple guadeloupéen comme un peuple finalement de drogués et d'alcooliques,
05:16ce premier paragraphe, on se dit qu'il peut inonder la tête des enquêteurs et notamment du parquet
05:22lorsqu'on sait que le parquet de Pointe-à-Pitre a communiqué à foison dans ce dossier
05:26et que c'est ce parquet qui a finalement motivé cette procédure qui est devenue JRC
05:31et la raison pour laquelle ce dossier se retrouve aujourd'hui en Martinique
05:34alors que les juges naturels de ce dossier, naturellement, seraient des juges guadeloupéens.
05:38On a une interprétation de situation qui me semble pour le moins scandaleuse.
05:44Et on sait aussi que beaucoup d'avocats de la Défense ont souligné le fait
05:48que ce dossier reposait exclusivement sur des écoutes téléphoniques.
05:51Oui, il y a des interprétations d'écoutes, mais moi je tiens à rappeler que cette pièce
05:56qui a été versée vendredi dernier démontre finalement la faiblesse de ce dossier.
05:59On a un parquet qui est un petit peu hébité, un peu ennuyé, qui est comme un lapin avec les phares dans les yeux
06:05et qui se dit je vais ajouter une pièce vendredi, une pièce avec un paragraphe que je trouve,
06:09comme je vous l'ai déjà dit, nauséabond, pour essayer de renforcer ce dossier.
06:13Oui, il y a des écoutes. C'est un dossier qui repose sur des écoutes.
06:15Il n'y a pas d'élément matériel véritable où on a vu telle ou telle personne à tel ou tel endroit.
06:19Sur des écoutes, des interprétations des écoutes sur lesquelles les personnes qui sont prévenues
06:24pourront s'expliquer, mais c'est un dossier qui repose principalement sur des écoutes
06:27avec des affirmations sur lesquelles telle ou telle personne serait à tel ou tel endroit
06:31sans jamais qu'on ne vienne le démontrer.
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