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  • il y a 2 jours
Ce samedi, focus sur l'avenir du travail. Entretien avec Marylise Léon, reportage sur l'impact de l'IA et détour par Pékin où les robots humanoïdes gagnent du terrain... Mais d'abord, retour en débat sur une semaine tendue. Face à Trump, quelles cartes économiques les Européens peuvent-ils abattre ?

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Transcription
00:00La secrétaire générale de la CFDT, l'invité d'On n'arrête pas l'écho.
00:03Bonjour et bienvenue Marie-Lise Léon.
00:05Vous avez écouté le reportage avec nous, vous avez entendu cet économiste
00:08qui parle d'un choc sur le marché du travail dans les 5 ans.
00:11Est-ce que vous aussi Marie-Lise Léon, vous trouvez qu'en ce moment on a un discours
00:14sur l'intelligence artificielle trop rassuriste ?
00:18Je partage l'idée qu'il va effectivement y avoir un choc.
00:22Les discours rassuristes, oui c'est vrai qu'il y a plutôt un élan d'optimisme
00:28mais moi ce qui m'interpelle c'est que j'entends régulièrement que l'IA va supprimer des emplois
00:35mais ce n'est pas l'IA qui supprime les emplois.
00:37Ce sont les entreprises qui l'utilisent et qui dessinent dans le cadre de leur organisation
00:40dans un réflexe souvent pavlovien de dire on va faire des gains de productivité
00:45donc on va supprimer des emplois.
00:46Et donc je pense que c'est urgentissime d'avoir un vrai débat sur quel est l'usage,
00:52quelles peuvent être les tâches qui peuvent être supprimées et être au bénéfice des salariés.
00:57Mais la question de cet impact de l'usage et de la façon dont ça va avoir,
01:03ça va métamorphoser complètement le travail et l'ensemble des métiers.
01:07Ça vous bouscule vous en tant que syndicat ?
01:08Oui ça me bouscule parce que nous on veut en faire un objet de discussion,
01:12un dialogue social dans les entreprises.
01:14C'est essentiel.
01:15Et en fait on en est quasiment au point mort.
01:17Alors c'est ça, c'est en train de se déployer mais il ne se passe rien ?
01:20Ça se déploie.
01:21Il y a un peu la stratégie du fait accompli
01:22parce qu'en fait c'est aussi des technologies que les salariés utilisent dans leur cadre personnel.
01:28Donc on voit que ça s'invite dans les entreprises.
01:30Et il y a beaucoup d'employeurs, beaucoup d'entreprises
01:32qui courent un peu après cette technologie
01:36et qui surtout considèrent que ça ne doit pas faire l'objet d'un dialogue social.
01:41Or c'est une métamorphose du travail.
01:43Il va y avoir des créations d'emplois,
01:44il va y avoir des disparitions d'emplois
01:46et tous les métiers vont être, tous les métiers, absolument tous vont être transformés.
01:51Donc il y a urgence à assurer cette transition.
01:55On ne peut pas dire on va passer d'une étape A à une étape B
01:58et puis on verra qui au bout du bout continuera d'être présent dans l'entreprise.
02:02Et vous, vous avez un chiffre à la CFDT ?
02:04Vous vous projetez sur le 5%, le 40% ?
02:06Non, on se projette sur le fait que tout le monde va être concerné
02:08et que l'objectif numéro un pour la CFDT c'est d'assurer ces transitions
02:12et se dire, l'IA, il faut réfuter les discours, que c'est l'IA qui supprime les emplois.
02:17Il n'y a pas de déterminisme technologique,
02:20ce sont les organisations du travail qui décident et qui s'adaptent
02:24et donc la place des humains dans ces transformations,
02:29elle est fondamentale et elle doit être discutée avec les représentants du personnel.
02:34Marie-Lise Léon, ce matin la France se réveille,
02:36elle est tout près d'avoir un budget
02:37et Sébastien Lecornu a échappé aux dernières censures.
02:42Est-ce que le Premier ministre a bien fait d'utiliser le 49-3 ?
02:45Je pense que c'est important d'avoir...
02:47Je ne vais pas rentrer dans la tambouille politique,
02:50ça fait partie des enjeux qu'il y ait un budget le plus rapidement possible
02:53pour deux raisons.
02:54Un, je pense qu'il y a beaucoup de citoyens,
02:57une citoyenne, nous les travailleurs, nous dit sur les lieux de travail,
03:00les responsables politiques en sont encore à discuter de ce budget,
03:03il faut qu'on passe à autre chose
03:04et puis ça a des impacts très concrets
03:06sur notamment les fonctionnaires, les agents des fonctions publiques.
03:10J'ai changé avec une responsable de l'éducation nationale.
03:14Il n'y a aucune possibilité d'anticiper et de se projeter sur l'année 2026,
03:18par exemple sur la question des effectifs, la préparation des concours.
03:21Donc ça devenait extrêmement urgent qu'il y ait ce budget.
03:25Ce n'est pas le budget de la CFDT bien entendu,
03:27c'est le fruit d'un compromis.
03:30C'est le meilleur, le Premier ministre il dit
03:32ce budget est meilleur que celui présenté initialement par le gouvernement.
03:36Ça c'est son appréciation.
03:37Et la vôtre ?
03:38Il y a eu des reculs, il y a eu des choses qui ont évolué,
03:43notamment je pense au fait qu'il n'y ait pas d'année blanche
03:45pour la revalorisation des APL.
03:48C'est une bonne chose pour les allocataires de ces APL.
03:51Je pense qu'aujourd'hui on a besoin de passer à autre chose,
03:55d'aborder la question de l'emploi, qui est un vrai sujet.
03:58Et la CFDT tire à la sonnette d'alarme depuis plusieurs semaines.
04:02On aura l'occasion d'y revenir.
04:03Il y a la question du pouvoir d'achat.
04:05Le pouvoir d'achat c'est la question numéro 1
04:08quand vous êtes représentant du personnel.
04:10C'est le sujet que les salariés, les agents des fonctions publiques
04:13pointent comme étant leur préoccupation première.
04:16Comment je boucle les fins de mois ?
04:17Le gouvernement a eu des réponses ces derniers jours,
04:20dans le budget toujours.
04:21Il y a cette idée que la prime d'activité va augmenter
04:24pour 3 millions de ménages au revenu modeste,
04:2650 euros par mois en moyenne.
04:28Ça va coûter 2 milliards aux finances publiques.
04:31Je voudrais vous lire ce qu'écrivait hier dans une tribune
04:34l'ancienne ministre du Travail, Astrid Panosian-Bouvé,
04:37c'était au Figaro.
04:38Elle écrit « Le logiciel politique français continue de financer
04:41les dépenses courantes par la dette
04:43pour espérer la cohésion sociale à coup de chèque. »
04:46Bref, on serait en train de redistribuer l'argent qu'on n'a pas.
04:49Est-ce qu'elle a raison ?
04:51Elle n'a pas tort.
04:52C'est vrai que quand on regarde l'état des finances publiques
04:55et la question du pouvoir d'achat,
04:58là on parle de personnes qui vont bénéficier d'une prime d'activité
05:00qui va augmenter.
05:01C'est très bien pour eux.
05:02Je pense que c'est important de dire
05:04que ce n'est pas négligeable pour les salariés
05:06qui vont en bénéficier.
05:08Mais moi j'ai une question,
05:08c'est qui paye le travail ?
05:11Qui paye le travail ?
05:12Est-ce que c'est à l'État ?
05:13Ça coûte 2 milliards.
05:14Ça coûte 2 milliards.
05:15On n'a pas forcément les moyens en termes de finances publiques.
05:17Et c'est quand même bien de la responsabilité des employeurs
05:19de justement rémunérer les salariés.
05:23Donc je pense que ce n'est pas un bon signal envoyé aux employeurs
05:27qui, pour beaucoup,
05:28on est en train d'aborder les négociations salariales
05:32pour l'année 2026.
05:34On voit qu'il y a une dynamique salariale
05:37qui est très faible.
05:39Il y a, je crois, un tiers des employeurs
05:41qui pensent proposer des augmentations salariales.
05:44Et en fait, la question de la reconnaissance du travail accompli
05:48qui est le salaire,
05:50doit pouvoir évoluer
05:51et permettre à chacun et chacune
05:53de vivre dignement de son salaire.
05:55Donc augmenter la prime d'activité,
05:57je pense que c'est déresponsabiliser
05:59des employeurs qui devraient
06:01assumer le fait qu'il y ait des compétences supplémentaires
06:05pour les salariés avec l'expérience.
06:09Et je pense que ça n'est pas un bon signal.
06:12En tout cas, ça ne va pas dans le sens
06:14de la responsabilité des employeurs,
06:16que ce soit dans les entreprises
06:17ou dans les branches professionnelles.
06:21Les employeurs, eux, ils ont un autre combat en ce moment.
06:24C'est dans le budget toujours.
06:25Le président du MEDEF prévient que la surtaxe d'impôts
06:27sur les 300 grandes entreprises
06:29qui est reconduite va peser sur, je cite,
06:32des dizaines de milliers de sous-traitants,
06:34de prestataires qu'ont ces entreprises
06:35et ils vont souffrir de cette mesure.
06:38C'est ce que dit Patrick Martin.
06:39Il a raison.
06:39C'est dangereux cette surtaxe ?
06:41Je pense que c'est assez symptomatique
06:43de considérer qu'une surtaxe
06:45qui est pensée comme étant un effort
06:47pour passer le cap aussi
06:49de cette période particulière
06:50d'un déficit important
06:53ne peut pas être assumée
06:55par ces entreprises visées.
06:57Il faut qu'elles soient répercutées
06:58sur les sous-traitants.
07:00Je pense que ça n'est pas responsable,
07:03socialement responsable,
07:04de considérer que ces entreprises
07:07n'ont pas un rôle particulier
07:08à jouer économiquement
07:11dans la période spécifique
07:14que l'on traverse.
07:15Vous tiriez, vous disiez,
07:16la CFDT tient la sonnette d'alarme.
07:18Mardi, vous étiez à une mobilisation
07:19emploi en danger devant Bercy.
07:21Que voyez-vous sur le terrain ?
07:22Est-ce que le chômage
07:23est en train de remonter vivement ?
07:25Aujourd'hui, on se parle
07:26et il y a des manifestations
07:27pour soutenir les salariés de Brandes,
07:29par exemple.
07:29On pense à eux ce matin.
07:30On pense aux salariés de Arc France également,
07:33aux salariés de Sogefi.
07:35On a fait la liste des entreprises
07:36qui sont aujourd'hui en difficulté.
07:40Pour plein de raisons différentes,
07:42on voit qu'il y a effectivement
07:43des suppressions d'emplois
07:44de façon massive et spectaculaire
07:47avec des entreprises emblématiques.
07:49Arc France, on est plus sur des centaines
07:53de salariés concernés.
07:55Le message qu'on a envoyé aussi
07:56aux pouvoirs publics
07:57en ayant ce rassemblement mardi,
08:00qui était spécifiquement
08:01pour le territoire des Hauts-de-France,
08:04c'est qu'on voit aussi des entreprises
08:06de plus petite taille concernées
08:08et aussi supprimer des emplois.
08:10C'est-à-dire que ce n'est pas une question
08:11de taille d'entreprise,
08:12ce n'est pas une question de secteur.
08:13Ça concerne autant l'industrie
08:15que le commerce, la grande distribution.
08:17Et on voit à bas bruit
08:18ce délitement du tissu de l'emploi
08:22à l'échelle du territoire des Hauts-de-France.
08:25Et donc l'idée, c'est de pouvoir
08:26envoyer le message
08:28que les syndicalistes que nous sommes,
08:31dans certaines situations,
08:32nous avions déjà vu depuis longtemps
08:34des entreprises en difficulté
08:36qui n'ont rien fait.
08:37Je pense à Sogefi, par exemple,
08:39qui est un sous-traitant de l'automobile.
08:40Ça fait un an que les élus alertent
08:43sur les difficultés de l'entreprise
08:45et que rien n'est fait.
08:46Et je reviens sur la question
08:47de la transition.
08:48C'est qu'à un moment,
08:49il y a des entreprises en difficulté,
08:51il faut pouvoir sécuriser
08:52les salariés concernés.
08:54Et aujourd'hui,
08:55on manque d'anticipation,
08:56de visibilité sur la situation
08:58de ces entreprises
08:59et la façon dont on va accompagner
09:01les salariés.
09:03Dans certains cas,
09:03on va pouvoir maintenir des emplois.
09:05On va pouvoir trouver des alternatives
09:07à la fermeture des entreprises.
09:08Dans d'autres cas,
09:10ça ne sera pas la possibilité.
09:12Et nous, syndicalistes,
09:13on n'est pas là pour jouer
09:13les pompiers uniquement de service
09:15pour dire qu'on va gérer
09:17les plans sociaux,
09:18les plans de sauvegarde de l'emploi.
09:20Ça, c'est un vrai enjeu
09:21aujourd'hui de la place
09:22des représentants des personnels
09:24dans les entreprises.
09:25Vous ne voulez pas jouer
09:26uniquement les pompiers ?
09:27Dernière question.
09:28Mardi prochain,
09:29on sera le 27 janvier,
09:30vous allez participer
09:30à un événement baptisé
09:32Nuit de la Nouvelle République
09:33organisé par le patron
09:34de Renaissance,
09:35Gabriel Attal.
09:37Vous voulez vous lancer en politique ?
09:39Absolument pas.
09:40Je vais participer
09:41à d'autres initiatives.
09:42La CFDT,
09:43elle est prête
09:45au débat d'idées.
09:47Je pense qu'on a besoin
09:48d'alimenter le débat public
09:49sur les questions de travail.
09:51Je pense qu'il n'y a rien de mieux
09:52qu'un syndicaliste
09:53pour parler du travail,
09:54des enjeux d'emploi
09:55et de conditions de travail.
09:57A tous les politiques,
09:58le RN aussi ?
09:58Je réponds favorablement
10:00à toutes ces sollicitations.
10:01Vous savez très bien
10:02que la CFDT
10:03ne débat pas
10:04avec l'extrême droite
10:06en général
10:06et c'est avec plaisir
10:07que j'irai débattre
10:08avec Renaissance
10:09comme avec les écologistes
10:11ou le Parti Socialiste
10:13à partir du moment
10:13où il y a des invitations.
10:15Marie-Lise Léon,
10:16la secrétaire générale
10:17de la CFDT,
10:18merci à vous
10:19d'avoir accepté
10:19notre invitation.
10:20Sous-titrage Société Radio-Canada
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