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Dans son édito du 24/01/2026, Jules Torres revient sur la volonté de François Ruffin de créer un Puy du Fou de gauche.

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Transcription
00:00C'est très simple Anthony, imaginez un lieu, imaginez un lieu où l'on célébrerait la guillotine comme un progrès,
00:06la décapitation de roi comme un acte émancipateur, un lieu où l'on se féliciterait du génocide vendéen au nom d'une histoire qui avance,
00:13un lieu où l'on disserterait longuement sur les crimes du passé français, tout en passant pudiquement sous silence les millions de morts du socialo-communisme.
00:21Non, je ne parle pas de la cérémonie des Jeux Olympiques de 2024, je parle du rêve formulé par François Ruffin,
00:27faire un puits du fou de gauche sur le papier, l'intuition n'est pas complètement absurde,
00:32François Ruffin met le doigt sur une réalité, la bataille culturelle existe et la gauche l'a largement perdue ces dernières années,
00:38elle a laissé le récit national lui échapper, filer entre ses doigts, mais c'est précisément ici que le député ex-LFI se trompe,
00:45il croit que le problème est politique, qu'il suffirait de repeindre le décor en rouge pour produire un équivalent,
00:51or le puits du fou ce n'est pas un parc de droite, c'est une machine à un récit, une fabrique à émotion,
00:56un lieu où l'histoire est racontée comme une fresque, avec ses drames, avec ses ombres, mais aussi avec ses grandeurs.
01:02Penser un puits du fou de gauche, c'est méconnaître une chose essentielle,
01:05la gauche contemporaine ne souffre pas d'outils culturels, ils ont l'éducation nationale,
01:09ils ont les médias, l'audiovisuel public, l'université, et bien d'autres relais encore,
01:13non, la gauche souffre d'un rapport pathologique au récit, au passé et à l'héritage.
01:18Et c'est ça le premier obstacle à une telle entreprise ?
01:20Bah oui, l'obstacle il est d'abord culturel, il est même presque philosophique,
01:23la gauche ne sait plus raconter l'histoire parce qu'elle s'en méfie.
01:27Or, un récit suppose une continuité, des figures, une transmission.
01:31Il suppose qu'on puisse regarder le passé autrement que comme une scène de crime.
01:34La gauche contemporaine a malheureusement rompu avec cette idée,
01:37elle ne raconte plus l'histoire de France, elle l'a déconstruit en permanence.
01:40Chez elle, le roman national est suspect par principe,
01:43il serait forcément mensonger, excluant, coupable.
01:46À sa place, elle a installé une lecture morale du passé,
01:49il y a les dominants, il y a les victimes, il y a les coupables et il y a les innocents.
01:53Tout devient un procès permanent, mais on ne bâtit pas une épopée populaire
01:56avec un logiciel de tribunal.
01:58Et puis surtout, on se demande ce qu'on verrait dans ce puits du foot gauche ?
02:01Oh, regardons sans détour.
02:02Listons ce que la gauche considère comme ses grandes heures.
02:05La révolution française, bien évidemment, ce serait donc la guillotine, la terreur,
02:09les colonnes infernales de Thuraud, la mécanique froide de la décapitation,
02:13la commune, la guerre civile, Paris en flammes, les morts par milliers,
02:17l'histoire coloniale, une longue litanie de fautes, de repentance et d'excuses,
02:21et puis les luttes sociales, l'exploitation, la domination.
02:24Tout est sombre, tout est conflictuel, tout est accusatoire.
02:27À l'inverse, regardons ce que propose le puits du fou.
02:30Rien ou presque n'y est glauque.
02:32Le mousquetaire de Richelieu est une flamboyante aventure de cap et d'épée,
02:35avec les voix de Jean Rochefort et de Gérard Depardieu,
02:37les noces de feu, les vikings, le signe du triomphe,
02:40âpe enfants et adultes dans des fresques visuelles éblouissantes.
02:43Le bal des oiseaux fantômes émerveille par sa fauconnerie
02:47et rassemble toutes les générations, sans parler du dernier panache,
02:50l'histoire bouleversante de Charrette,
02:52qui émeut sans jamais sombrer dans la haine ni dans la repentance.
02:55Voilà la différence décisive.
02:57Là où la gauche ne s'est proposée que du sombre, du coupable et du lugubre,
03:01le puits du fou choisit la lumière.
03:02Vous dites que la gauche a perdu le fil avec l'émotion finalement.
03:07Oui, avec l'émotion, avec la beauté,
03:09et surtout avec le panache.
03:10Le puits du fou n'est pas un succès politique, encore moins un succès militant.
03:14C'est un succès populaire, c'est un succès familial
03:17et c'est un succès profondément intergénérationnel.
03:20Et mondial aussi.
03:21Et mondial, absolument, vous avez raison de le dire.
03:23On y vient avec ses enfants, avec ses parents, parfois avec ses grands-parents.
03:27On peut même y aller entre amis, on peut même y aller pour un séminaire d'entreprise.
03:31On n'y vient pas pour adhérer à une thèse ni pour recevoir une leçon.
03:34On y vient pour s'émerveiller et pour transmettre.
03:37C'est précisément ce que la gauche culturelle ne sait plus faire.
03:40Elle se méfie de l'émotion, soupçonne l'exaltation
03:43et redoute la fierté.
03:44Le puits du fou, lui, ne demande rien.
03:46Il n'exige ni adhésion, ni repentance, on l'a dit.
03:48Il offre une histoire, des images, des sensations.
03:51Les Français n'y vont pas chercher la honte de soi ou l'autoflagellation,
03:55mais la beauté de certains moments de leur histoire,
03:56le plaisir simple de se sentir héritier de quelque chose qui bien souvent nous dépasse.
04:01Ils étaient 3 millions de visiteurs l'an dernier.
04:04Un succès mondial, donc vous avez raison.
04:06C'est un record et c'est là que se joue la vérité de ce débat.
04:09On peut fédérer un peuple autour de la fierté,
04:12mais on ne construit jamais une nation sur la culpabilité.
04:14La mémoire peut éclairer l'histoire,
04:16elle ne remplace jamais l'amour du pays.
04:18Sous-titrage Société Radio-Canada
04:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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