Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 mois
Lors de débats chaotiques et confus, ce mercredi 21 janvier, le Sénat, en majorité à droite, s'est opposé à la réforme sociale majeure sur la fin de vie. Les élus ont remplacé assistance médicale à mourir par un "droit au meilleur soulagement possible de la douleur et de la souffrance", vidant le texte de sa substance.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Mais vous, par exemple, si ça vous arrivait, si vous étiez atteint d'une maladie très grave, vous auriez pu aller en Suisse ou en Belgique ? Est-ce que vous en avez déjà parlé avec votre famille ?
00:08Absolument. J'en ai parlé avec ma femme. Et si l'un de nous deux, que ce soit elle ou moi, si l'un de nous deux avait une maladie à la fois irréversible, extrêmement douloureuse,
00:23donc qui soit un calvaire et incapacitante, à ce moment-là, je crois qu'aussi bien ma femme que moi serait d'accord pour qu'effectivement on aille en Suisse, etc.
00:35Et qu'en disent vos enfants ?
00:36Je ne leur demande pas leur avis parce que ce n'est pas eux que ça concerne.
00:39Mais je suis tout à fait conscient en même temps des risques de dérapage, bien entendu.
00:47Et les garanties et les conditions qui sont nécessaires n'existent effectivement pas suffisamment dans les pays qui le mettent en œuvre.
00:58Bon, en même temps, il y a un des États américains dans lesquels, quand les gens sont en situation terrible de souffrance et de plus d'espérance,
01:09on leur permet, s'ils le veulent, de prendre une pilule.
01:12Si ça m'arrivait, mais j'ajoute, elle me dira ce qu'elle en pense quand je la retrouverai, si ça arrivait à ma femme,
01:19si ça m'arrivait, c'est-à-dire quelque chose d'irréversible, non seulement de douloureux, mais d'insupportable à vivre,
01:30et que les calmants nombreux qui existent maintenant ne suffiraient pas à effacer, à ce moment-là, en ce qui me concerne, c'est ce que je souhaiterais.
01:38– Alors, il y a plusieurs choses, vous voyez, chacun d'entre nous a une expérience avec la souffrance, avec la mort d'un proche,
01:44et ce sont des questions, évidemment, qui nous habitent profondément.
01:47Mais en même temps, Alain Duhamel, le « c'est mieux que personne », on ne légifère pas avec des expériences individuelles.
01:52– Bien sûr.
01:53– On légifère avec une réflexion de fond sur ce qu'est la société, et d'une manière ou d'une autre,
01:58l'interdit de donner la mort, il est constitutif de la possibilité de notre vie collective.
02:03Donc c'est très important, certes, d'être sensible aux situations, et j'essaye de l'être, mais aussi d'être attentif au fond des choses.
02:10Et alors, parmi les situations et au fond des choses, c'est aussi le prix de la vie finissante.
02:16Vous voyez, je crois que c'est très important aussi de pouvoir valoriser ce moment où quelqu'un peut encore donner beaucoup,
02:22et d'ailleurs, Alain Duhamel, en étant encore présent sur les plateaux, le montre bien,
02:27mais dans la vie familiale, dans la vie amicale, il y a des tas de choses qui se jouent pour ceux qui demeurent vers la fin de la vie.
02:33Et puis alors après, il y a un autre point qui me semble très important, on l'a évoqué un peu en passant,
02:39c'est la question des soins palliatifs, et des progrès considérables, pas encore suffisants,
02:45mais qui ont été accomplis dans le domaine du soulagement de la douleur.
02:48Une des grandes pionnières des soins palliatifs dans notre pays, c'est Marie de Henzel,
02:53qui avait un dialogue profond avec François Mitterrand, vous connaissiez suffisamment François Mitterrand pour avoir lu…
02:57– Et je connais l'un et l'autre.
02:58– Voilà, pour avoir lu la préface magnifique qu'a écrite François Mitterrand,
03:03à la mort intime, et Marie de Henzel est aussi très très réservée sur la proposition actuelle,
03:09telle qu'elle était avant le passage au Sénat.
03:12Et vous voyez, j'étais aussi frappé de voir que dans le rapport du Comité consultatif national d'éthique,
03:19il y a eu un avis qui ouvrait une porte vers le suicide assisté.
03:23mais conditionné, d'abord tous les membres du Conseil n'avaient pas signé cet avis,
03:28plusieurs avaient pris un droit de retrait par rapport à cet avis,
03:31mais qui conditionnait ce pas en avant à l'amélioration effective des soins palliatifs,
03:37donc à lutter contre les déserts palliatifs,
03:40et faire en sorte que les soins palliatifs qui sont une prise en compte de la douleur,
03:43mais aussi de l'environnement, de l'environnement personnel, de l'environnement corporel,
03:47et qui sont vraiment une sorte de révolution positive,
03:52au-delà même de la fin de vie dans l'accompagnement des patients,
03:56et bien qu'un progrès substantiel soit fait dans ce domaine-là.
03:59C'est pour toi, il est très important, dans le débat actuel,
04:03que l'autre proposition de loi qui va être débattue au Sénat lundi et mardi,
04:07et qui a été adoptée à l'unanimité en première lecture à l'Assemblée,
04:11soit vraiment votée,
04:12et qu'il y ait une véritable volonté politique de la mettre en œuvre.
04:16Oui, alors,
Commentaires
1
il y a 7 mois
Quelle honte, que ce refus de mettre fin aux souffrances de patients ou malades atteint de maladie incurable. Cette loi était vouée à l'échec avec les termes choisis: "suicide assisté" et "euthanasie" plutôt que "mourir dans la dignité". Atteint d'une MAV medulaire, i'ai fait mes directives anticipées sur carte vitale. Je ne veux pas pourrir comme un légume sur un lit d'hôpital. Donneur d organes et de mon corps à la science, dois-je me résigner à me tirer une balle le moment opportun ?

Recommandations