- il y a 17 minutes
Vendredi 23 janvier 2026, retrouvez Florian Roger (Responsable de la stratégie d'investissement, BNP Paribas CIB), Frédéric Rozier (Coresponsable de la gestion de portefeuille, Mirabaud) et Axel Botte (Directeur de la stratégie marchés, Ostrum AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00...
00:00Trois invités avec nous chaque soir pour décrypter les mouvements de la planète marché.
00:13Frédéric Rosier est avec nous, co-responsable de la gestion de portefeuille de Mirabeau.
00:16Bonsoir Frédéric.
00:17Bonsoir Grégoire.
00:18Florian Roger est également à nos côtés, le responsable de la stratégie d'investissement de BNP Paribas, CIB.
00:23Bonsoir Florian.
00:23Bonsoir Grégoire, bonsoir à tous.
00:24Et Axel Bott nous accompagne, le directeur de la stratégie de marché d'Ostrom Asset Management.
00:28Bonsoir Axel.
00:29Bonsoir Grégoire.
00:30Bienvenue messieurs, question très ouverte.
00:32Les enseignements de cette semaine qui a été effectivement la première semaine de respiration de cette année 2026 sur les marchés,
00:39avec le facteur Trump, le facteur japonais.
00:42Qu'est-ce qu'on peut en retenir Axel et de quelle manière est-ce qu'il faut intégrer aujourd'hui la variable Trump,
00:48notamment dans une réflexion d'investissement, dans un jeu de prévision macroéconomique également pour cette année par exemple ?
00:56Oui, le jeu de prévision c'est souvent de distinguer le bruit du signal.
00:59Donc le bruit, on a beaucoup de bruit du côté de Trump et il faut voir qu'évidemment des décisions de tarifs peuvent être mises et annulées assez rapidement.
01:09Donc ça je pense qu'il va falloir toujours un petit peu de temps pour la digérer.
01:13D'ailleurs pour les sociétés, je pense que c'est un petit peu la même chose dans l'économie réelle.
01:17On essaye de s'adapter dans le temps en considérant qu'il y aura toujours un niveau d'incertitude sur ce qui peut advenir.
01:24Pour les marchés, on a vu que ça pouvait revenir assez vite.
01:29Et je pense que le fait que Bessent a fait immédiatement le service après-vente de Trump, comme il l'avait fait en avril dernier, quasiment même dans l'heure qui suivait,
01:39a aussi contribué à un petit peu atténuer la réaction des marchés.
01:43Il y a quand même un signal dans la semaine, un vrai signal, qui est le changement japonais.
01:47Alors avec l'annonce des élections anticipées pour le 8 février et la volonté de faire un programme de stimulus important,
01:56trois points de PIB de un peu plus de 20 000 milliards de yens qui seront injectés dans l'économie japonaise,
02:02elle a repris à sa, Sanei Takayashi, a repris à sa, disons, pour elle, des propositions de l'opposition.
02:10Elle sert en particulier pour faire baisser les prix alimentaires.
02:13Donc on devrait...
02:13On va couper les taxes sur les produits alimentaires.
02:15Et donc ça sera probablement un impact budgétaire supplémentaire et surtout ça peut accentuer sa majorité
02:21et donc asseoir un petit peu sa légitimité, qui n'était pas gagnée au sein de son parti.
02:27Quand elle a gagné, c'était plutôt une surprise quand elle s'est placée en tête du LDP.
02:32Donc elle a besoin de cette légitimité.
02:35Et ensuite, on a un plan de relance qui pèse sur les taux longs,
02:39qui s'ajoute à des tendances de fonds un peu démographiques ou un peu moins de demandes de taux longs.
02:43On a eu la réforme des fonds de pension néerlandais aussi, qui en Europe a tendu les taux.
02:48Donc on a comme ça des effets qui s'auto-entretiennent sur les parties longues et qui peuvent être durables.
02:54C'est là que je retiens ce signal qui peut être intéressant à la fois pour les projections de marché en premier lieu,
03:00mais aussi parce qu'on a beaucoup de secteurs économiques qui sont sensibles au taux longs,
03:03beaucoup plus que ce que peuvent être la sensibilité au taux court.
03:07Donc ça, c'est probablement très significatif.
03:11Et aussi pour l'allocation d'actifs mondiaux.
03:13On sait que les Japonais, Somi Tomo s'est exprimé dans ce sens-là.
03:17Somi Tomo disait « J'aime beaucoup les bons d'étrangère, mais aujourd'hui j'ai préféré les JGBs,
03:22parce qu'il y a cette pente. »
03:24Quand, sur une obligation, vous avez une revalorisation mécanique,
03:27quand on a des taux longs plus élevés que des taux co, ils ont tendance à converger.
03:31Donc ça crée une plus-value qui est manifestement bien supérieure sur les obligations japonaises qu'ailleurs en Europe ou aux États-Unis.
03:38Est-ce que ça a déjà déclenché des mouvements importants de réallocation,
03:42que ce soit les grandes institutions assurancielles japonaises, le fonds de pension des retraites japonais ?
03:49Est-ce qu'on voit effectivement déjà concrètement ces mouvements de réallocation de capital vers des actifs en yens et en obligations japonaises, en l'occurrence ?
03:59De réallocation, je ne pense pas.
04:01Aujourd'hui, il faudra voir comment les flux changent à l'approche de la fin de l'année fiscale japonaise qui est en mars.
04:08Mais ça se voit plutôt sur les nouveaux flux.
04:10C'est-à-dire que la demande aux obligations japonaises est quand même assez solide, malgré les anciens fonds-là.
04:16Malgré l'hyper-volatilité qu'on observe sur le marché.
04:19Oui, mais sur les adjudications, quand on regarde les ratios de couverture,
04:22le rapport de la demande aux besoins de financement de l'État,
04:26on voit que sur le 20 ans, sur le 30 ans, sur le 40 ans, on a du monde.
04:30Et c'est de la demande domestique ?
04:31C'est de la demande, oui, essentiellement domestique.
04:34Même si quand on regarde les flux à la semaine, on a, et c'est assez inhabituel,
04:38les étrangers qui s'intéressent de plus en plus au marché japonais pour ces raisons de pente,
04:44en se disant aussi que l'yen a vu l'essentiel de sa dépréciation.
04:47À 158, on ne peut pas même espérer qu'il y ait un plancher quelque part, pas trop loin.
04:51Donc on peut à la fois acheter l'yen et les taux japonais.
04:55Évidemment, c'est un marché qui n'était pas investissable pendant des décennies,
04:58pour la plupart des investisseurs internationaux.
05:00Donc on a ça, voire même le yen a longtemps été la monnaie de financement des caractérides.
05:04Ça l'est toujours...
05:06Quand on regarde, par exemple, le dollar australien évoluer ces derniers temps,
05:09on peut se dire qu'il y a encore un peu de ça.
05:11Donc on n'a pas encore eu l'invalidation de ces mouvements de sortie du Japon.
05:15Mais en tout cas, à la marge, très clairement, l'arbitrage fait en faveur des GGB.
05:20Et ça, effectivement, pour reprendre un peu, différencier le signal, la substance du bruit Trump,
05:25là, pour le coup, ce qui se passe au Japon, pour vous, c'est vraiment une substance importante
05:30pour des mouvements de marché, peut-être lents, mais profonds ?
05:35C'est lent. En général, l'allocation d'actifs des institutions japonaises est très, très lente.
05:40C'est-à-dire que le processus de prise de décision, d'allocation,
05:44déjà parce que c'est des mastodontes...
05:45Alors, on n'en parle pas d'être trader non plus.
05:47On n'en parle pas d'être trader, mais effectivement, ces décisions importantes
05:51et qui mettent du temps à se mettre en œuvre, c'est un petit peu comme la boche,
05:56ça va prendre beaucoup de temps de concrétiser...
05:58Conservatisme.
05:59Une certaine conservatisme dans les institutions japonaises, j'ai l'impression.
06:03Mais après, ça peut avoir des conséquences importantes.
06:06Le gros fonds de pension publique est réputé ne pas couvrir une grosse partie de son risque de change.
06:12Donc là, ils ont énormément gagné sur la dépréciation du Yen en ne couvrant pas.
06:16S'ils décident de rapatrier, là, pour le coup, on aura le double effet de hausse du change
06:20et probablement aussi de pression à la baisse sur les taux japonais.
06:24C'est un chiffre qui date peut-être un peu, mais on en parlait cette semaine dans l'émission.
06:27Le GEPIF a plus de 55% de ses actifs à l'étranger.
06:32Plus de 55% de son bilan sont des actifs étrangers.
06:34Ils ont très longtemps été incités à le faire, alors que la boche a acheté toute la dette publique.
06:40Bon, Florian, je reviens à ma question initiale,
06:41mais on peut poursuivre la discussion sur le Japon avec plaisir.
06:44On en a beaucoup parlé cette semaine et c'est très intéressant.
06:47Le cas japonais est évidemment très intéressant.
06:49Le thème de la reflation au Japon, qu'on n'imaginait pas ou qu'on soupçonnait pas,
06:53peut-être il y a encore quelques années.
06:54Mais les enseignements de cette semaine, je veux bien qu'on y revienne aussi, Florian.
06:58Oui, il y en a plusieurs.
06:59Le premier, c'est qu'on a quand même attaqué l'année très fort.
07:02Donc en fait, on regardait techniquement, on était en zone de tension sur la partie action,
07:06donc ça a permis une respiration.
07:07Ça, c'est le premier point.
07:08On a remis les compteurs à zéro sur les grands indices actions, comme le disait Pauline.
07:12À ce stade de l'année, ce n'est pas du tout anormal.
07:14C'est ça.
07:14Et puis on est sortis de la zone de surachat qu'on avait avant le début de la semaine.
07:18Deuxième point qui me paraît important, c'est quand même l'unité de l'Europe qu'on a eue dans cette épreuve.
07:22Donc voilà, la réponse n'était pas complète, mais on a eu quand même l'unité de réponse de l'ensemble des pays
07:27à un moment où il y a des réformes de structure sur le marché unique.
07:31Ça me paraît important.
07:32Troisième enseignement, c'est effectivement Bessent,
07:34et c'est la sensibilité de l'administration Trump à la partie obligataire.
07:38Donc ça, c'est un point qui est quand même très important.
07:41Et le quatrième point qu'il ne faut pas oublier, c'est quand même les stats macro.
07:43On a eu plein de stats macro cette semaine qui sont quand même très bonnes.
07:46C'est vrai qu'on ne parle plus de macro.
07:47Depuis le shutdown, on a presque oublié qu'il y avait des stats américaines.
07:50On a quand même tous les stats de conso qui sont sortis aux US qui sont très fortes.
07:53On a le PIB du T3 qui est fort.
07:55Voilà, notre économiste US, côté BNP-CIB, a révisé à 2,9 ses prisons de croissance pour 2026.
08:01Donc on a quand même une croissance forte aux Etats-Unis.
08:04On a une croissance qui s'annonce en accélération quand même en Europe et notamment en Allemagne.
08:09Donc le début d'année sur un plan macroéconomique est quand même extrêmement porteur pour les actifs risqués.
08:14Donc oui, il y avait un risque, on avait une escalade vers une guerre commerciale d'avoir une correction plus importante des marchés.
08:21Finalement, Donald Trump est revenu finalement sur ce risque.
08:25Là, on a quand même une macro qui reste assez supportive d'après nous sur le risque risque.
08:29Un mot, effectivement, moi ça m'intéresse.
08:30Les prévisions de votre économiste US qui montent quasiment à 3% de croissance pour 2026 aux Etats-Unis.
08:35Je rappelle, le Q4 a été révisé à 4,4% trimestriel annualisé, bien sûr.
08:40Et Atlanta nous dit que peut-être le Q4 sera plus de 5% en croissance réelle, bien sûr.
08:463% de croissance réelle quasiment en 2026, c'est encore Goldilocks ?
08:50Pour l'instant, oui.
08:51Là, il y a beaucoup de stimulation dans le système.
08:55Donc c'est plus que Goldilocks encore.
08:57Même si la Fed nous disait la semaine prochaine, finalement, on juge que les conditions n'amènent pas nécessairement davantage de baisse de taux.
09:04Je veux dire, l'assouplissement monétaire de l'année dernière avec la baisse du dollar, avec la hausse des marchés actions, avec la compression des spreads de crédit.
09:11Il y a beaucoup de stimulation monétaire dans le système.
09:13Début d'année, on a quand même là toute la partie remboursement d'impôts qui est assez favorable.
09:19La baisse des prix du baril, c'était juste après le Liberation Day.
09:23Mais la transmission des prix à la pompe, en fait, c'est octobre.
09:25Donc le stimulus pour le consommateur, c'est le début d'année.
09:28Donc effectivement, là, on voit un peu partout des surprises macroéconomiques positives.
09:31Oui, c'est assez favorable en fait.
09:33Qu'est-ce qu'il va nous dire du coup, Jérôme Poel, pour une de ses avant-dernières réunions de son mandat de président ?
09:40C'est la semaine prochaine ?
09:41Nous, on se dit que là, il marque une pause pour l'instant.
09:43C'est-à-dire que bon, là, il y a cette période d'incertitude.
09:46Il y a toutes les publications qui tombent et qui sont assez fortes.
09:49On n'a pas parlé des nouvelles inscriptions au chômage, mais elles sont très basses.
09:52Donc là, on a quand même quelque chose qui corrobore une amélioration cyclique qui ne nécessite pas davantage de baisse de taux.
09:57Après, la problématique qui va se poser, c'est qu'on est avant les mid-terms.
10:02Là, on est dans une période électorale.
10:04On comprend bien, il veut essayer d'aider le consommateur.
10:05Donc on va aller stimuler le consommateur.
10:07Côté japonais, Axel en a parlé, on va vers aussi des baisses de taxes, en fait, sur la partie nourriture.
10:14Donc on stimule.
10:15Au bout d'un moment, trop de stimulus peut quand même amener des tensions, en fait, sur la partie obligataire.
10:19Et le risque qu'on va avoir, en fait, sur le deuxième trimestre, c'est que cette accélération macro du début d'année, qui est intéressante pour les actifs risqués, peut quand même amener davantage, en fait, de tensions obligatoires.
10:28On sort de l'équilibre parfait du Goldilocks, quoi.
10:30On sort du Goldilocks.
10:31Ça devient un peu trop chaud.
10:32Ça devient trop chaud, exactement.
10:34Et si on réfléchit, en fait, aux conditions de marché, qu'est-ce qu'on a ?
10:36On a la Banque du Japon qui va monter ses taux.
10:39On le sait, là, on est sur un rythme tous les six mois, c'était décembre, a priori, ça va être au cours du deuxième trimestre.
10:44Mais il y a un petit risque, quand même, si on a davantage de stimulation budgétaire, qu'elle annonce à ce moment-là qu'elle accélère derrière.
10:50Ça peut tendre davantage les taux japonais.
10:54Deuxièmement, bon, la Fed devrait arrêter de baisser ses taux, à ce moment-là.
10:57Troisièmement, aux États-Unis, on n'aura plus de désinflation.
11:00C'est-à-dire qu'on va être un an après Libération Day, donc on aura des effets de base positifs sur la partie énergie.
11:05Et si on a une amélioration de l'emploi, sur la partie services hors immobiliers, ça ne va plus se désinflater.
11:10Donc, en fait, on a un petit changement de paradigme qui est en train d'arriver.
11:13C'est-à-dire qu'on n'a plus de désinflation aux États-Unis, on a des banques centrales, en fait, qui vont embrayer un petit peu différemment.
11:19Je suis un gérant aujourd'hui.
11:20J'ai eu des très bonnes performances, là, depuis un petit moment sur les marchés actions.
11:24Je me dis, j'ai un nouveau président de la Fed qui arrive, j'ai peut-être envie d'aller tester.
11:27Donc là, attention, en fait, à une zone de tension sur la partie obligataire sur le deuxième trimestre.
11:32Frédéric, je vous passe la parole, on a déjà esquissé pas mal de sujets.
11:35Non, non, mais il n'y en a pas encore, mais votre billion de la semaine, déjà, je vous repose là aussi cette question.
11:40Après 30 ans de métier, et pour moi, qui ai vécu avec...
11:46Le Japon est un pays de caries, est un pays où il n'y a pas d'inflation, où il n'y a pas d'intérêt.
11:52Il y a beaucoup de choses qui changent, pour le coup, avec une pontification de la courbe qui est absolument monstrueuse.
11:58Et donc, le Japon, on n'en parle, on en parle aujourd'hui parce qu'il y a une actualité,
12:03mais la réalité, c'est vrai que c'est un pays qui est sous-estimé, en tout cas par les investisseurs, peut-être à tort,
12:09qui va devenir attractif pour plein de raisons.
12:12Les entreprises japonaises, il faut regarder, parce qu'aujourd'hui, il y a plus de cash dans les entreprises japonaises que dans les entreprises américaines.
12:19Il y a plus de 100 milliards de cash, par exemple sur le Nikkei, que sur les entreprises américaines.
12:23Pourquoi ? Et c'est d'ailleurs dans le discours de la Première Ministre.
12:25Il y a cette prudence historique des entreprises japonaises, qui fait que, mine de rien, elles sont toujours sur la réserve.
12:34Elles ne montent pas les salaires.
12:35Donc, il y a beaucoup de réserves.
12:37En termes de dette nette sur EBITDA, par exemple, il y a trois fois moins de dette nette sur EBITDA dans les entreprises japonaises que les entreprises américaines.
12:46Ça veut dire quoi ?
12:46Ça veut dire qu'effectivement, si vous avez du stimulus derrière, vous avez une réorientation des entreprises.
12:52Et d'ailleurs, ils sont en train de se poser la question même, vous savez, les entreprises, c'est des entreprises souvent inocaines, c'est-à-dire que c'est des entreprises historiques, familiales.
13:01Et elles sont souvent à tiroir.
13:03À tiroir. Voilà. Et donc, ils sont en train de réformer ça.
13:06Simplifier tout ça.
13:06Oui, simplifier tout ça.
13:08Je me dis, avec des entreprises qui sont un peu plus agressives derrière dans l'investissement, avec...
13:13Une meilleure allocation du capital.
13:14Du capital, avec du rendement un peu partout.
13:16C'est vrai qu'on peut avoir une énorme surprise, alors que c'est un pays en s'est vieillissant, avec un taux de natalité qui est extrêmement faible.
13:25Donc, on pourrait, effectivement, avoir une bonne surprise dans des marchés qui sont en train de se chercher une réallocation en ce moment.
13:30C'est-à-dire qu'il y a eu des flics sortants sur les actions américaines.
13:33Alors, certes, c'est sur une semaine, mais il y a quand même...
13:35Et tout le monde se pose des questions sur la valorisation du marché américain, le marché japonais et les marchés émergents aujourd'hui.
13:42Et effectivement, il semblerait que le marché américain, même avec des taux de croissance, qu'il faut réviser en dehors des GAFA et des Magnificat-Seven,
13:49parce que la croissance à 25%, c'est très tech.
13:52En dessous, on descend...
13:54Oui, il y a une bulle de profit sur quelques grosses valeurs, bien sûr.
13:56Et on s'aperçoit sur le S&P 493, par exemple, qu'on est sur des taux de croissance des bénéfices inférieurs à ce qu'on peut trouver dans le monde émergent.
14:03Donc, je pense qu'on a entamé, et ça va être le gros sujet de l'année, une réallocation d'un marché qui était très concentré, 70% sur les Etats-Unis, sur MSCI World, et qu'on est dans cette phase-là.
14:15Et le Japon peut remonter à quelle place dans cette histoire ?
14:18Alors, on ne va pas revenir 30 ans...
14:20Dans les années 90, ça va monter jusqu'à combien ? Oui, l'emprise japonaise sur le MSCI.
14:25Mais c'est vrai que je pense que dans la réallocation globale, effectivement, il risque de tirer son épingle du jeu, comme le monde émergent est en train de le faire.
14:33On voit sur Brésil, il est en train de casser par le haut des...
14:35Voilà, il se passe des choses qui pourraient bouleverser un peu nos allocations traditionnelles et qui étaient très...
14:43De toute façon, nous, en tant que gestionnaire, honnêtement, le MSCI World, aussi américain, on n'a pas le choix, on est obligé de suivre.
14:48Et donc, on se concentre également sur les Etats-Unis.
14:51Et la réflexion, c'est plutôt, à terme, peut-être, d'alléger...
14:54Non, non, mais le point sur le Japon, je le prends.
14:56Et puis, surtout, on essaye de le raconter ici depuis quelques années maintenant.
14:59On a vu beaucoup de boutiques activistes revenir sur le terrain japonais, justement, pour inciter les entreprises japonaises à mieux allouer leur cash,
15:09avoir des meilleurs retours aux actionnaires, des meilleurs ROE, etc.
15:13La place japonaise !
15:14800 milliards de cash pour les entreprises.
15:15Mais oui, il y a 3-4 ans, je me soigne de l'opérateur boursier japonais qui va faire le tour des entreprises pour leur dire
15:21non, non, il faut améliorer les ROE, il faut que la place boursière soit attractive pour des raisons fondamentales, etc.
15:26Comment on gère la situation du Yen ?
15:28Quand on a envie de s'exposer...
15:29On n'a pas le choix, parce que, d'accord, je pense que...
15:32Tout le monde se plante sur le centre du Yen, à chaque fois ?
15:34À chaque fois, on perd, on perd souvent ce qu'on a gagné sur les actions, on perd.
15:39Alors, on va couvrir et les ETF permettent de le faire.
15:42Après, c'est vrai que moi, je regardais tout à l'heure les banques, les banques japonaises,
15:46dans un contexte de pontification de la courbe de taux,
15:48avaient des price to book à 1, globalement, donc on n'est pas sur des valorisations excessives.
15:53Je veux dire, elles vont peut-être tirer aussi le répargne du jeu.
15:56Après, la décision qui a été faite de la contrôle de l'inflation,
16:00c'est vrai que moi, je connais un peu le Japon,
16:02le riz a été doublé en un an.
16:05Pour un Japonais, c'était hypersensible.
16:06Alors, ils ont fait des chèques énergie, comme nous,
16:09ils ont donné 120 dollars pour alléger un peu cette pression,
16:13mais c'était évidemment nécessaire, et aussi pour relancer la consommation.
16:17Donc, voilà, c'est vraiment, je crois, un pays qu'il faut regarder de près.
16:23Oui, bon.
16:24Un mot de l'Europe aussi, là, on décrit un peu le contexte macro,
16:28mais nous aussi, on va profiter d'un soutien budgétaire,
16:32de conditions financières, de crédits aussi,
16:35qui permettent de croire à cette idée de reprise européenne,
16:40à commencer par l'Allemagne, bien sûr, Axel.
16:42Oui, l'essentiel de l'estimulus, ça viendra de l'Allemagne.
16:44On l'a quand même vu, on parlait d'évolution structurelle.
16:49Je pense que l'Allemagne, c'est aussi un autre signal, un autre signal fort.
16:52Dans les prochaines années, on va avoir des déficits publics régulièrement de 3,5 points de PIB.
16:59Donc, on passe d'une situation où le serrage de vis était permanent,
17:04et à mon avis, les gouvernements allemands étaient assez convaincus
17:07que la politique budgétaire ne pouvait jamais rien faire,
17:10à on va dépenser 500 milliards d'infrastructures en 10 ans,
17:14on va rajouter des dépenses de défense vu le contexte international.
17:18Et d'ailleurs, on commence à le voir dans l'amélioration des commandes,
17:21les chiffres de production industrielle, un peu partout en Europe, sont plutôt bons.
17:25Et y compris en France, quand on regarde l'enquête de l'INSEE ce matin,
17:28la sphère manufacturière pointe son nez, finalement, et sort un petit peu de l'ornière,
17:33alors que jusqu'à présent, ce qui tenait, c'était plutôt un peu les services
17:35et le secteur manufacturier étaient plutôt à la traîne.
17:38Donc là, ça s'améliore un petit peu, ça devrait se poursuivre.
17:42On ne voit pas de raison pour laquelle ça diminuerait.
17:45Il faut être quelque part aussi alerte sur les coûts de l'énergie.
17:54On a vu les prix du gaz, c'était très fortement détendu,
17:56ce qui peut un peu peut-être expliquer l'embêté qu'on a connu sur la production industrielle.
18:00Ils sont en train de remonter fort aux États-Unis,
18:02et vu qu'ils exportent énormément, ça vient aussi en Europe assez brutalement.
18:08Donc il faut être un petit peu prudent là-dessus.
18:10mais on est dans une dynamique qui est clairement meilleure.
18:15Et puis, on a toujours cette wild card de
18:16qu'est-ce qu'on va faire de ces taux d'épargne qui sont tellement élevés.
18:20Si on avait un point de moins d'épargne en France, ça irait beaucoup mieux.
18:23On aurait de la conso, etc.
18:25Enfin, qu'est-ce qu'on va faire ?
18:26Chacun décide ce qu'il a envie de faire de son épargne.
18:29Jusqu'à présent.
18:31Ce qu'on peut faire, c'est quelque chose d'assez indirect,
18:33qui est un petit effet ricardien des économistes.
18:37C'est-à-dire que si on arrive à convaincre les gens
18:40que les impôts ne vont pas finir...
18:42Stabilité fiscale ?
18:43Voilà.
18:43Qu'on a un peu de visibilité sur la fiscalité.
18:46On aura un peu moins d'épargne de précaution
18:47et on n'aura pas cette dérive de l'épargne
18:49qui se voit dans les ventes aux détails françaises,
18:53voire sur la consommation,
18:54qui est historiquement des gros moteurs de croissance en France,
18:56qui aujourd'hui paralysent un peu l'économie.
18:58Une fois qu'on a dit ça,
19:00qu'est-ce que ça implique pour les politiques monétaires ?
19:02Alors, Florian l'expliquait tout à l'heure
19:04sur la réserve fédérale américaine,
19:06mais de manière un peu globale,
19:07est-ce que 2026, oui, c'est l'année de la fin des baisses de taux généralisées ?
19:12Et est-ce que ça ouvre la voie à une conversation
19:14qui nous amène à imaginer de futures hausses de taux ?
19:17Alors, c'est une conversation très avancée.
19:19Alors, le Japon est à part de ce point de vue-là,
19:21mais très avancée en Australie, par exemple.
19:23Mais est-ce qu'il y a une contagion de cette discussion
19:25à d'autres banques centrales, là, à travers 2026 ?
19:29Oui, alors l'Australie, ils sont en général en avance de cycle.
19:32Ils ont assisté à un marché du travail
19:34qui est assez, disons, contraint par l'offre de travail
19:38et une inflation au-dessus de l'objectif.
19:40Donc, ils vont probablement procéder à deux hausses cette année.
19:43Le Japon, on en a déjà parlé.
19:45Je pense que la FED conservera un biais très dovish, malgré tout.
19:48C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la FED projette 4-4
19:52comme taux de chômage à la fin de l'année,
19:53ce qui veut dire que, comme c'est le niveau actuel,
19:55la barre est assez basse pour qu'on ait davantage de baisse de taux.
19:59Et ils l'ont fait, ces trois derniers meetings.
20:04Nous, on était, franchement, on pensait qu'ils allaient continuer en janvier, etc.
20:08Avec l'assignation de la FED, c'est très compliqué
20:10de, quelque part, se soumettre à la volonté de Trump aujourd'hui.
20:16Et puis, on a des chiffres d'inflation qui sont un petit peu problématiques.
20:19Mais ils vont continuer d'assouplir la politique monétaire.
20:23Mais ils ont aussi repris les achats de Tibil.
20:25Donc, ils ont un objectif quantitatif sur le montant de réserve.
20:28Ça amène de l'assouplissement.
20:30Donc ça, ils vont continuer de le faire.
20:32Et puis après, il y a cette guerre de succession.
20:34On ne sait pas tellement comment ça peut tourner.
20:36Mais quel que soit le prochain président,
20:40je pense qu'il restera un peu sur cette trajectoire d'assouplissement,
20:43quoi qu'il arrive.
20:44Qui peut être mesuré, raisonné, et pas à la mirane.
20:47Pas aveugle, oui, c'est ça.
20:48Mais Waller sera toujours une influence importante au sein du Conseil.
20:53Donc, je pense que ça continuera dans ce sens-là.
20:56Il y aura quand même un équilibre de force au sein du Conseil,
20:59quoi qu'il arrive, et quel que soit le futur président, encore.
21:02Oui, je pense.
21:04Parce qu'à mon avis, l'Isaac Ocré sera en place.
21:07La Cour suprême va s'opposer à son licenciement.
21:10John Powell a toujours cette possibilité de rester jusqu'en janvier 2028.
21:14Et donc, occuper un des sept sièges du board,
21:16qui, en fait, dicte la politique monétaire.
21:19On entend beaucoup des présidents de FED régionales s'exprimer ici et là,
21:23mais ce n'est pas eux qui feront la politique monétaire au sein de la FED.
21:25Donc, ça, c'est très important.
21:29Donc, voilà, je pense qu'on restera sur une analyse
21:32qui sera assez conforme à ce que la FED fait historiquement,
21:34en tout cas ce qu'elle a fait dans le passé récent.
21:37Oui.
21:37Florian, là, juste pour poursuivre et prolonger sur la FED,
21:40je reviens à votre point tout à l'heure.
21:42C'est quoi l'histoire s'il faut se mettre à contrôler les parties longues de courbe ?
21:50S'il y a moins d'acheteurs naturels, moins d'acheteurs forcés
21:52et peut-être aussi des trésors qui vont devoir à un moment rallonger leurs émissions.
21:57Tout le monde a beaucoup raccourci, mais c'est peut-être pas tenable dans le temps.
22:01La FED dispose de moyens, évidemment, pour ça.
22:04Je pense qu'en fait, là, on a un risque de tension sur les taux longues,
22:08on en a parlé tout à l'heure, qui est lié à une surstimulation conjoncturelle.
22:12Après, cette problématique conjoncturelle rejoint quelque chose qui est beaucoup plus structurelle.
22:16C'est-à-dire, ce qu'on vit, en fait, dans les pays développés,
22:18c'est un changement de modèle de croissance.
22:19On a eu, en gros, 30 ans de modèle de croissance qui était autour du consommateur.
22:24On a une reprise de l'investissement pour protéger l'hégémonie,
22:26visée de la Chine aux États-Unis,
22:28et puis pour des raisons de souveraineté en Europe.
22:32Ce virage vers l'investissement a été, au départ, initié par les États.
22:35Aujourd'hui, aux États-Unis, l'investissement, il fait beaucoup par les valeurs technologiques,
22:38mais au départ, c'est par les États.
22:40On a un creusement des déficits publics.
22:42On voit que partout, c'est compliqué de monter les impôts.
22:44Là, donc, les déficits publics restent creusés.
22:46Le fait d'investir, ça tend à engendrer des pressions sur les prix des matières premières.
22:50On le voit partout.
22:51Et donc, à la fin, le risque de tension sur les taux longues, il est beaucoup plus structurel.
22:57Et donc, le point où ça peut amener, si on prend un peu de recul,
23:00c'est une évolution, finalement, du mandat de la Fed.
23:02C'est-à-dire, quand les modèles de croissance étaient autour du consommateur,
23:05la Fed avait comme mandat, finalement, de protéger le pouvoir d'achat des consommateurs,
23:10avec une inflation autour de 2%.
23:11Là, si on se dit qu'on a une problématique de dette qui devient beaucoup plus structurelle,
23:15ben oui, on peut aller vers des formes plus structurellement de dicture-of-control.
23:19Et là, autant...
23:20Donc, d'intervention sur les marchés obligataires pour contrôler ces parties longues de courbe.
23:23Exactement.
23:24Là, on se dit, s'il y a une forte accélération conjoncturelle avec une stabilisation du taux de chômage,
23:29ça va être compliqué pour la Fed de baisser fortement les taux courts.
23:31Parce que, je veux dire, ça entraînerait quoi ?
23:33Une quantification de la courbe, derrière, et donc des problématiques de refinancement à long terme.
23:37Mais on peut se dire, autant il n'y a pas trop de manière de légitimer le fait de stimuler la croissance,
23:45autant si on voit se développer de la volatilité sur la partie longue juste après la nomination du nouveau président,
23:50on peut se dire qu'ils vont quand même essayer, effectivement, de juguler cette volatilité.
23:54Et ce qui est intéressant, c'est qu'aujourd'hui, si vous regardez le bilan de la Fed,
23:57vous avez une sous-représentation des maturités 5-10 ans, qui sont clés.
24:01Alors, le 5 ans, c'est très important pour le crédit,
24:03et on va quand même approcher après du mur de maturité.
24:05Donc, ce serait bien de ne pas avoir trop de tensions là-dessus.
24:08Et le 10 ans, c'est clé pour le refinancement des États, et aussi pour le marché immobilier.
24:12Donc, il y a une poche qu'on peut faire regrossir, là.
24:16C'est ça. C'est-à-dire qu'on pourrait avoir ce qu'on appelle des opérations twist,
24:19des arbitrages entre des maturités très très longues qui sont surreprésentées,
24:23en disant au Trésor, vous arrêtez d'acheter ce type de maturité,
24:26et puis un ciblage, un effet signal sur ce du 5-10 ans, en fait, pour ancrer ces maturités.
24:31Et finalement, ça amènerait sur la cour ce qu'on appelle des stratégies de butterfly.
24:34C'est-à-dire que vous pourrez avoir le 2 ans qui remonte un peu,
24:36le 5-10 qui est tenu, et le 30 ans qui remonte.
24:39Donc, en fait, vous êtes sort des ailes longues du corps.
24:43Après, ça a beaucoup de conséquences.
24:44Mais ça veut dire, juste, ça se fait à taille de bilan égale.
24:48Ou en tout cas, c'est l'idée théorique.
24:50Ça peut se faire à taille de bilan égale.
24:52C'est la composition du bilan qu'on change.
24:53Si on a, au départ, une croissance qui est forte,
24:56il n'y a pas de raison, véritablement, d'augmenter le bilan.
24:59Mais c'est une première étape vers quelque chose qui est beaucoup plus structurel,
25:02qui est le lead of control.
25:04Si ça arrive, ça a beaucoup de conséquences en termes d'allocations d'actifs.
25:06Parce que, pour moi, c'est très baissier dollar.
25:08Et c'est très baissier dollar contre les créditeurs des États-Unis,
25:11et là, contre, potentiellement, les devises asiatiques,
25:14et les devises asiatiques émergentes en particulier.
25:16Bien sûr.
25:17Et ça, comme vous dites, si c'est un shift structurel de la fonction réaction de la Fed,
25:21ça veut dire un mouvement structurel de baisse du dollar.
25:24Peut-être pas avec la vitesse qu'on a vue en 2025,
25:26mais quelque chose de profond, là aussi.
25:28Exactement.
25:28Donc, le premier sommet, je ne vois pas trop de raisons qu'on ait une baisse du dollar,
25:31parce que la croissance américaine va être forte,
25:33et la Fed va arrêter de baisser ses taux.
25:34Mais quand cette discussion viendra vraiment dans le marché...
25:36Mais attention, si on voit des tensions sur la partie longue,
25:39on peut avoir une réaction qui ne soit pas simplement des baisses de taux courts,
25:41mais du non conventionnel.
25:43Et ça, ça peut amener, en fait, effectivement, une dégratisation du changement.
25:46Une fois qu'on a réglé le sort de Trump et des politiques monétaires pour 2026,
25:49parlons du terrain aussi, Frédéric.
25:51Ça va revenir à partir de la semaine prochaine.
25:54Ça commence aux Etats-Unis.
25:55Enfin !
25:55Ben voilà, ben si !
25:56Élaborons sur ce « enfin ! »
25:59Non, mais ça veut tout dire, Frédéric.
26:00Non, mais c'est vrai, il nous fatigue, honnêtement,
26:03parce que, vous savez, je pense que dans toutes les maisons,
26:08quand on a vu le Groenland, on a regardé un peu,
26:10de regarder des poutes en dehors de la monnaie,
26:12de dire « tiens, si ça commence à partir en vrille,
26:14il faut quand même que je parte, je couvre le... »
26:16Vous voyez, ça pollue tout.
26:18Ça pollue tout.
26:19Et finalement, on s'habitue à ça.
26:22Et à chaque bruit, la réaction est deux fois inférieure à la précédente réaction.
26:29Donc, le marché s'habitue à ce bruit en brillant.
26:32Et je pense qu'il ne faut pas réagir.
26:33En réalité, quand il y a ces agitations, on a le temps,
26:36il faut se poser, on analyse.
26:38Enfin, petite parenthèse, si plus personne ne réagit,
26:41on a quand même beaucoup expliqué quelles sont les limites de Trump.
26:44Alors, la Cour suprême, Check and Balances,
26:47peut-être une partie quand même du Parti républicain,
26:49enfin, il y a plein de limites possibles,
26:51son opinion publique à la veille des élections du Nord-Ontario.
26:54Mais la première limite, c'est quand même le 30 ans à 5%, quoi.
26:58Oui, il y a des limites dans nos...
27:01Donc, si le marché ne réagit plus...
27:03C'est clair, c'est clair.
27:04Mais là, on va revenir à des fondamentaux et aux entreprises.
27:07C'était le point.
27:08Ça nous fait du bien.
27:09On va avoir quand même des grosses publications.
27:12Et ce n'est pas juste une distraction.
27:13Non, mais ce que je veux dire, je file votre idée.
27:16Ce n'est pas parce que Trump nous agace
27:17qu'on a envie d'aller se distraire avec autre chose.
27:19Non, c'est fondamental quand même, cette publication,
27:22cette saison de publication dans des marchés
27:24où tout est un peu cher, il faut le dire.
27:27Trois ans de hausse des marchés actions,
27:29des performances stellaires pour le crédit depuis trois ans également.
27:32Là, c'est une saison de résultats qui a un enjeu, en tout cas, immédiat.
27:36Et depuis maintenant quelques semaines, voire quelques mois,
27:39il y a une question fondamentale.
27:41Et on va commencer avec les valeurs technologiques.
27:43C'est est-ce que les CAPEX sont justifiés ?
27:45Et on va commencer à avoir des réponses.
27:48Ça ne vous a pas échappé.
27:50Quelques discours qui ont été posés ici et là
27:52par le dirigeant d'IBM de Microsoft.
27:55Ça serait bien quand même que derrière une finalité
27:57et qu'on trouve du revenu sur les investissements qu'on a faits.
28:00Donc là, on va avoir des publications.
28:03On va avoir, par exemple, des sociétés comme Amazon
28:05qui sont énormément communiquées sur l'intelligence artificielle
28:09alors qu'on les pensait un petit peu à part.
28:10Comme à l'époque, Google, on les pensait un petit peu à part.
28:12Tout d'un coup, on découvre quasiment au milieu de l'année
28:15que Google, c'est peut-être un grand gagnant de l'AI.
28:17Ça fait dix ans qu'ils bossent dessus.
28:18Voilà, mais le monde a découvert.
28:21Voilà, au milieu de l'année, que Google, avec Jimena,
28:24était quelqu'un de...
28:25Et Amazon est très implanté dans l'intelligence artificielle,
28:29alors souvent d'ailleurs en B2B,
28:31mais ils ont aujourd'hui clairement...
28:33Donc là, on va voir où ils en sont.
28:35Donc ça, c'est des questions.
28:36On va avoir, bien sûr, des Microsoft et Apple aussi,
28:39des réponses à nos questions.
28:41Et c'est fondamental parce qu'aujourd'hui,
28:43la valorisation théorique de Tchadipiti,
28:461000 milliards, n'a aucun sens,
28:48d'un point de vue économique, n'a aucun sens.
28:50Pourquoi ?
28:51Parce que vous avez aujourd'hui un marché ultra concurrentiel
28:54dans l'intelligence artificielle
28:55et que finalement, les CAPEX,
28:57il faut que ça arrive à des bid'at à la fin.
28:59Je veux dire, il faut que ça arrive avec des revenus.
29:00Et quand vous avez aujourd'hui des introductions
29:03qui ont été faites en Chine par deux acteurs,
29:05You et Minimax,
29:06qui aujourd'hui, belle introduction en Chine sur souscript et tout ça,
29:09mais quand vous voyez que l'on propose aujourd'hui
29:11une intelligence artificielle hyper efficace,
29:12je les ai testées, hyper efficace,
29:14à 10 dollars le mois,
29:17ça devient une commodité.
29:18Oui, mais Tchadipiti est rattrapé en volume par Gemini,
29:20est rattrapé par des modèles comme Anthropik, etc.
29:24Oui, mais la consanguinité des investissements
29:26et les 350 milliards chez Oracle,
29:29chez Microsoft et ainsi de suite,
29:30si demain, Tchadipiti vaut peanuts,
29:34excusez-moi l'expression,
29:35ça remet quand même pas mal de choses en cause,
29:37à Broadcom, AMD et tout ça.
29:39Donc, c'est vrai qu'on va avoir, j'espère,
29:42alors peut-être que là,
29:42on va avoir une vision peut-être un peu plus neutre,
29:44je pense que c'est plutôt au deuxième trimestre
29:46qu'on va avoir ces réponses-là,
29:48mais on aura quand même une avancée quand même
29:50sur où on en est,
29:52quel est le profil de rendement qu'on attend
29:54des développements d'intelligence artificielle,
29:56et s'il y a déception,
29:58ça ne pardonnera pas,
29:59parce que le marché n'a vécu que par les CAPEX.
30:02Le marché n'a vécu que par les CAPEX.
30:04C'est le thème,
30:05c'est le thème de l'investissement,
30:06de l'équilibrage de l'épargne de l'investissement.
30:09CAPEX, pas de rentabilité,
30:11les taux qui remontent,
30:12c'est la bombe nucléaire derrière sur les marchés.
30:16Donc, il va falloir quand même
30:17qu'on donne des réponses à tout ça,
30:19qu'on délivre derrière,
30:20et donc, ça va être extrêmement attendu.
30:23Donc, attention quand même à la semaine prochaine,
30:25courant mercredi et jeudi,
30:26où on aura un billet de réponses.
30:30Open AI, je ne sais pas encore,
30:31mais des boîtes comme Amazon,
30:33comme Alphabet Google,
30:34ont démontré quand même leur capacité
30:35à monétiser un certain nombre de nouvelles technologies.
30:38Ils ont des bases installées,
30:40ils ont une clientèle qui leur fait confiance, etc.
30:42Le risque qu'il y a dans le marché,
30:44comment vous l'évaluez à ce stade ?
30:47Le risque qu'il y a, c'est...
30:49Positif ou négatif ?
30:51C'est bien sûr la course à celui
30:52qui définira le standard.
30:55Il y en aura probablement un
30:56et beaucoup de morts à côté.
30:58Ça, c'est le premier risque.
30:59Peut-être le risque de développement plus immédiat,
31:03c'est les prix de l'énergie et l'accès à l'énergie.
31:06Donc ça, on le voit très clairement,
31:08même au niveau micro,
31:10dans les CPI locaux aux Etats-Unis,
31:12suivant que vous êtes dans un État
31:13qui est riche en data centers ou pas,
31:15les prix de l'électricité sont très importants.
31:17Vous avez des problèmes d'accès à l'eau,
31:19de refroidissement.
31:20C'est un nouveau business qui s'ouvre pour des pétroliers,
31:23puisqu'ils ont des technologies
31:25pour refroidir, évidemment, leur centrale,
31:30leur moyen de production,
31:31et donc ils peuvent l'utiliser pour ces usages aussi.
31:35Et donc ça, il y a beaucoup d'externalités connexes, négatives.
31:38C'est pour ça que moi, je suis assez prudent
31:41sur l'économie américaine,
31:42dans le sens où la croissance est forte,
31:43plus forte, beaucoup plus forte que ce que j'imaginais,
31:45mais tellement déséquilibrée,
31:48tellement fragilisée, polarisée,
31:50que finalement, il va falloir...
31:54Le moindre grain de sable
31:55dans cette histoire d'investissement,
31:56et ça peut être un grain de sable,
31:59pas parce que le tchat GPT ne marche pas,
32:00mais parce qu'on n'a pas l'énergie...
32:02C'est ce que dit Satya Nadella.
32:03Celui qui gagnera l'IA,
32:05c'est celui qui aura un accès à l'énergie
32:07pas cher, disponible, etc.
32:09Il y a ça, et puis il y a un problème physique
32:11de production des semis conduiteurs.
32:16TSMC produit encore 90%
32:18des semis dans le monde,
32:21avec un régime géopolitique précisément sur cette île,
32:24qui peut tout faire dérailler.
32:26L'autre chose qui me semble extrêmement difficile
32:29à faire clairement clarifier,
32:32c'est comment toutes ces stars de la cote
32:33peuvent augmenter
32:37la durée de vie prévue de leurs data centers
32:41dans une révolution technologique,
32:44ce qui leur permet d'allonger et d'effacer
32:47une grosse passe des charges d'amortissement
32:48et de faire 175 milliards de bénéfices supplémentaires
32:52en 5 ans pour les 5 de la cote,
32:54simplement par ce jeu comptable.
32:56On nous dit qu'elles ont plein de cash,
32:58mais elles en ont en réalité de moins en moins,
33:00même si le matelas est très important.
33:02Et pour des gens qui ont énormément de cash,
33:04c'est des énormes émetteurs obligataires
33:06aux États-Unis.
33:08C'est-à-dire que quand ils viennent,
33:09ils viennent sur des multitranches,
33:10c'est-à-dire plusieurs maturités très longues,
33:12inhabituellement longues pour le crédit,
33:13sur des montants qui sont très conséquents
33:15et elles vont venir taper le marché Europe
33:17très clairement également.
33:20On va avoir cet effet du reverse Yankee
33:21qu'il va falloir digérer dans un...
33:25Oui, reverse Yankee,
33:26ce sont les émetteurs américains
33:26qui viennent en Europe.
33:28Les Yankees, c'est l'inverse,
33:29c'est les Européens qui viennent taper du...
33:31Donc, reverse Yankee,
33:32dans le jargon du crédit.
33:34Mais on a comme ça...
33:38Ça va mettre de la pression
33:38sur des émetteurs traditionnels
33:40qui auront peut-être moins de demandes en face
33:42pour leur financement.
33:44Sur un secteur qui ne pèse rien aujourd'hui,
33:45la techno sur le marché du crédit,
33:47et qui tout d'un coup va devenir
33:48l'éléphant dans la pièce.
33:50Et avec des effets d'externalité,
33:53d'éviction sur les autres secteurs,
33:55sur le reste de l'économie
33:55qui sont difficiles à gérer en fait.
33:57C'est comme ça qu'une publication
33:58de résultats de Nvidia
34:00a des répercussions jusqu'au marché
34:02du high yield en Europe, par exemple.
34:03Voilà.
34:04C'est systémique aujourd'hui.
34:07Je reprends avec vous, Frédéric Sy.
34:09Alors, on a parlé de la tech.
34:10La semaine prochaine, c'est notre...
34:12LVMH.
34:13Ouais.
34:13Notre tech.
34:14Notre fleuron.
34:15Bah non, notre fleuron quand même.
34:16Ouais.
34:17On parlait de LVMH.
34:18Oui, oui.
34:18Oui, bah oui, notre fleuron.
34:19Fleuron, point d'interrogation.
34:21Point d'interrogation,
34:21parce que ça a été longtemps
34:22le moteur du marché.
34:24Alors, un petit rappel quand même,
34:26LVMH, elle est compliquée quand même,
34:28parce qu'on est en contraction.
34:31Avec quand même depuis,
34:33un trimestre,
34:34des marchés US,
34:37on va voir les conséquences
34:38de ce qui se passe,
34:39mais qui semblait se stabiliser.
34:41L'Asie aussi,
34:43le Japon en souffrance.
34:46Donc oui,
34:46cette publication,
34:47elle est attendue clairement,
34:49parce qu'on n'est pas habitué à ça.
34:51C'est vrai que...
34:52Vous savez, le luxe,
34:53le principe du luxe,
34:54qu'on valorise une entreprise
34:55en termes de croissance,
34:56c'est un multiple de croissance mondiale.
34:57théoriquement.
34:58On va dire qu'on attend du luxe
35:00qui fasse à peu près deux fois
35:01la croissance mondiale.
35:03Et là,
35:03ça fait moins.
35:06Voilà.
35:06Hermès, c'est ta part,
35:07mais globalement,
35:08ça fait moins.
35:10Est-ce que le marché s'est ajusté ?
35:12La question où est-ce qu'on est...
35:15C'est une année de rupture,
35:16à dire, pour LVMH.
35:17Parce que c'est...
35:19Est-ce que, oui ou non,
35:19on change de paradigme sur le luxe ?
35:21Est-ce que, oui ou non,
35:22on a changé nos habitudes ?
35:25Et là, c'est la première grosse rupture
35:26qu'on a.
35:28Donc oui, là aussi,
35:30cette publication,
35:30parce que ça va avoir
35:31un effet contagion
35:32sur l'ensemble des acteurs.
35:35Alors, il y a eu quelques résultats
35:36qui étaient plutôt...
35:37Burberry, c'était pas mal.
35:39Pas mal en relatif,
35:41sachant que ça vient de très très bas.
35:42Ça vient de loin, c'est que j'ai l'air.
35:43Ah oui, oui,
35:43c'est une découverie permanente.
35:45Voilà, Burberry,
35:46oui, ça fait...
35:47Ça en galère depuis pas mal d'années.
35:49Ça fait...
35:50Depuis toujours...
35:50Voilà, il y a eu des acteurs anglais,
35:52des Mulberry,
35:53tout ça par le passé.
35:53C'est une purge absolue.
35:56Mais effectivement,
35:57je pense que c'est...
35:58C'est soit...
35:59On s'installe dans un truc
36:01qui va remettre en cause
36:02tout modèle de valorisation durable.
36:06Soit on repart comme en 40
36:08et on pense dynamique.
36:10J'ai l'impression qu'on va être
36:11entre les deux, à vrai dire.
36:12Donc ça ne nous aidera pas
36:13dans nos choix d'investissement.
36:16Et après, LVMH,
36:17c'est vrai, c'est diversifié aussi.
36:19Donc ça va être dur
36:20de le quantifier
36:22par rapport à des acteurs.
36:23De faire une lecture globale du secteur.
36:25Il nous reste une minute.
36:26Mais sur l'idée des marchés actions
36:28en Europe,
36:29c'est vrai que...
36:30LVMH, c'est un exemple,
36:31mais tout ce qu'on appelle
36:33la quality growth
36:34a quand même massivement sous-performé
36:36encore l'an dernier.
36:38Florian,
36:38dans une réflexion d'investissement,
36:40on a envie de dire
36:42qu'il y a un rattrapage possible ?
36:43La réflexion qu'on a
36:44en termes de style,
36:46c'est de jouer vraiment
36:47la partie cyclique.
36:48Là, aujourd'hui,
36:48c'est ce qui nous intéresse le plus.
36:50Donc la console, le luxe,
36:51c'est très favorable.
36:52Il y a beaucoup de stimulation
36:53pour le consommateur
36:54un petit peu partout.
36:55Donc il y a le plan allemand
36:56qui arrive sur une approche
36:57keynesienne finalement
36:57qu'on a envie de jouer.
36:59Et puis,
36:59il y a ce côté cyclique,
37:01consommateur,
37:01qui est de là.
37:02C'est le thème cyclique
37:02pour cette année 2026.
37:05En tout cas,
37:05là où on en est
37:06cette année 2026.
37:07Merci beaucoup,
37:08messieurs.
37:08Merci à vous trois
37:08d'avoir été les invités
37:10de Planète Marché ce soir.
37:11Florian, Roger,
37:12BNP Paris-Bas,
37:13CIB,
37:13Frédéric Rosier,
37:14Mirabeau et Axel Bott,
37:15Ostrom Asset Management.
Commentaires