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  • il y a 2 jours
DB - 21-01-2026

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00:30Musique
01:00Vendredi 26 juillet 1889
01:10Comme chaque jour, vers 18h30, Maître Gouffet quitte son étude, 148 rue Montmartre.
01:20Quatre jours plus tard, Maître Gouffet n'a reparu ni à son étude ni à son domicile.
01:25La famille angoissée avertit alors la police.
01:27Je charge mon adjoint à l'inspecteur Soudet d'une première enquête.
01:32Alors messieurs, d'après vous, il ne s'est rien passé de particulier ce vendredi 26 juillet ?
01:36Ben... non.
01:38Maître Gouffet a quitté l'étude à l'heure habituelle ?
01:42Euh... oui. Oui.
01:45Et vous, le concierge, vous l'avez vu sortir dans la rue ?
01:49Ah oui. Je l'ai vu sortir.
01:53Bon.
01:54Eh bien messieurs, si Maître Gouffet ne reparaît pas, je pense que nous nous reverrons.
02:01Il serait bon alors que vous puissiez me fournir des renseignements plus précis.
02:05Messieurs.
02:06Les journaux s'emparent rapidement de l'affaire car Maître Gouffet est une personnalité parisienne.
02:18J'ai donc intérêt, en tant qu'inspecteur principal, à connaître au plus vite les causes de cette disparition mystérieuse.
02:24Ah, Soudet.
02:31Entre mon bon.
02:32Bonjour, monsieur Jaume.
02:34Je voulais te voir parce que...
02:36Parce qu'il faut que nous fassions le point sur cette affaire Gouffet.
02:39Assez-toi.
02:43Alors, c'est-tu ici ? Où en es-tu ?
02:46Il était là, c'est toujours introuvable.
02:49À croire qu'il s'est monatilisé.
02:50Voyons, Soudet.
02:53Un homme comme Maître Gouffet, possédant l'une des études les plus importantes de Paris,
02:57ne disparaît pas du jour au lendemain sans laisser la moindre trace, la moindre explication.
03:02C'est pourtant le cas, patron.
03:04Tu as vérifié sa situation financière ?
03:06Ah, oui.
03:07Oui, il possède en banque 380 000 francs et ses livres sont parfaitement en règle.
03:12Bon.
03:14Reprenons depuis le début.
03:17Le parquet a été saisi de l'affaire le 29 juillet
03:19et nous, nous l'avons prise en main le 30.
03:22Oui, exactement.
03:24L'affaire nous a été transmise par le commissaire du quartier de Bonne-Nouvelle
03:27à la suite de la déposition de Louis-Marie Landry, beau-frère de Gouffet.
03:32Bon.
03:35Nous sommes, si je ne me trompe, le jeudi 8 août.
03:38L'enquête est encore depuis dix jours.
03:41Qu'avons-nous à nous mettre sous la dent ?
03:44Eh bien, nous savons que Gouffet, Toussaint-Auguste, est âgé de 48 ans.
03:50Il est veuble depuis huit ans.
03:52Il a trois grandes filles, âgées respectivement de 16, 19 et 21 ans.
03:57Elles aiment tendrement leur père.
04:00Gouffet est un homme ponctuel et correct.
04:04Une seule cuisinière et la gouvernante de ses filles en témoignent.
04:07Donc, une vie bourgeoise sans histoire ?
04:10Ah, c'est-à-dire, il y a tout de même un détail qui mérite d'être signalé.
04:16Ah oui ?
04:17Oui.
04:18Tous les vendredis soirs, il découche.
04:24Bon.
04:24Il a une petite amie ?
04:26Non.
04:28Plusieurs.
04:29Ah.
04:30Ouais.
04:30Parce que tu ne penses pas qu'un veuf, dans la force de l'âge, fut-il huissier, a le droit d'avoir quelques aventures ?
04:38Non ?
04:38Ah oui.
04:39Mais Gouffet...
04:42Pardon.
04:43Savez-vous combien de filles il a connues durant les 26 premiers jours de juillet ?
04:47Non.
04:48Vingt.
04:49Diable.
04:50Voilà qui révèle un joli tempérament.
04:52Ah.
04:53Dis-moi.
04:55Les vendredis n'y ont pas suffi ?
04:58Ah non, bien sûr.
04:59Ben, il découche que le vendredi.
05:02Et justement, il a disparu un vendredi.
05:07Oui.
05:08Bon, pourquoi n'aurait-il pas fait une partie de campagne, tout simplement ?
05:11Ah, mais j'y ai pensé.
05:12Mais il paraît qu'il a toujours été de retour le samedi pour le petit-déjeuner.
05:15Et que de toute façon, il n'aurait pas manqué d'avertir sa famille.
05:18Tu vas me retrouver ces filles et dardards.
05:19Bien, patron.
05:20Rien d'autre ?
05:21Euh...
05:22Ah, si.
05:23Si, si.
05:24Il y a le concierge du 148 rue Montmartre, un dénommé Joli.
05:28Oui, Claude.
05:30Il a fini par me dire qu'il avait vu sortir de l'étude le soir du 26 juillet, vers 21 heures,
05:36un inconnu, coiffé d'un chapeau haute forme et de taille moyenne.
05:43Oui, de taille moyenne.
05:45Ah.
05:46Du courrier, monsieur Gouffet.
05:48Mais qui êtes-vous ?
05:51Un employé de l'étude.
05:55Puisque j'en ai les clés.
05:57Mais, je ne vous connais pas.
06:02Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse ?
06:07Et bien entendu, aucune trace de l'individu en question.
06:11Lui aussi, sans doute, s'est... volatilisé.
06:14Ah, c'est seulement qu'il n'a jamais appartenu à l'étude.
06:16Ah, ben ça, je m'en serais douté.
06:21Eh, le beau frère ?
06:22Non, Adrien ?
06:23Oui.
06:23Tu l'as interrogé, celui-là ?
06:25Ah oui, je l'ai interrogé.
06:26Je dois même dire que c'est sur lui que mes premiers soupçons sont portés.
06:29Pourquoi ?
06:30Ben, à cause du témoignage du concierge.
06:33Comprends pas.
06:35Et bien, voilà.
06:35J'ai un secret à vous confier, monsieur l'inspecteur.
06:40Ah.
06:41Ben, allez-y, mon vieux, je vous écoute.
06:43C'est que...
06:45C'est que...
06:46C'est délicat, monsieur l'inspecteur.
06:49Ah ben, dites toujours.
06:50C'est délicat...
06:50C'est délicat, parce que, monsieur Landry, il est de la famille, n'est-ce pas ?
06:55Ah oui, et alors ?
06:57Eh ben, voilà.
06:59Figurez-vous que j'ai vu monsieur Landry monter un matin à l'étude vers 8 heures.
07:05C'est l'heure où j'ai fini mon ménage et où les clercs sont pas encore arrivés.
07:09Et quand l'avez-vous vu ?
07:10Oh, c'est simple.
07:12C'était le 29, la veille du jour où vous êtes venu pour la première fois, monsieur l'inspecteur.
07:18Vous êtes sûr de ce que vous dites ?
07:19Oh, certains, monsieur l'inspecteur.
07:22De quel droit, Landry, avez-vous fouillé dans les tiroirs de votre beau-frère ?
07:27De quel droit vous êtes-vous emparés de ces papiers ?
07:30De quel droit les avez-vous réduits en cendres ?
07:32Votre cas est d'autant plus fâcheux que vous m'aviez affirmé d'avoir touché à rien.
07:37Si j'ai brûlé ces lettres, c'était pour empêcher que fût divulguée la conduite légère du père de mes nièces.
07:42Vous deviez laisser ces lettres.
07:43D'ailleurs, maître Gouffet n'a disparu que le 26 au soir.
07:51Or, le 29 au matin, moins de trois jours après sa disparition,
07:56vous détruisez des documents lui appartenant.
07:59Vous étiez donc sûr de ne pas le voir reparaître ?
08:01J'avais un pressentiment, je...
08:05Et pourriez-vous me donner le nom de l'auteur de ces lettres ?
08:12Madame Amélie Dutoit, vous pouvez vérifier maintenant.
08:17Oh, comptez sur moi.
08:19Résultat des vérifications ?
08:24C'était exact.
08:26Amélie Dutoit a bien été la maîtresse de Gouffet.
08:29Elle lui a écrit des lettres passionnées que l'huissier gardait dans son bureau.
08:32Alors, pour le moment du moins, l'Henri paraît hors de cause.
08:35Eh oui, eh oui.
08:43Et c'est bien embêtant.
08:44Reste donc à découvrir l'inconnu du 26 juillet au soir.
08:50Nous ne sommes pas très avancés.
08:52Eh, pas très, ça...
08:54À moins que...
08:56À moins que ?
08:57Cette lettre a été postée hier.
08:59J'en ai pris connaissance il y a moins d'une heure.
09:02Elle était adressée à la fille aînée de Gouffet, Jeanne-Marie.
09:07Mademoiselle, j'ai l'honneur de vouloir porter à votre connaissance
09:10qu'un certain monsieur Charles Autry, l'inventeur parisien
09:13dont vous trouverez certainement l'adresse,
09:14serait susceptible de vous fournir des renseignements précis
09:17au sujet de la récente disparition de votre estime épais.
09:20C'est une lettre anonyme.
09:22Intéressant, non ?
09:22Ah, n'est-ce pas ?
09:24Et la bonne chance, mon bon.
09:26Et meilleure chance.
09:29Merci, patron.
09:29Merci.
09:30Merci.
09:31Merci.
09:32Merci.
09:33Merci.
09:34Merci.
09:35Merci.
09:36Merci.
09:37Merci.
09:38Merci.
09:39Merci.
09:40Merci.
09:41Merci.
09:42Merci.
09:43Merci.
09:44Merci.
09:45Merci.
09:46Merci.
09:47Merci.
09:48Merci.
09:49Merci.
09:50Merci.
09:51Merci.
09:52Merci.
09:53Merci.
09:54Merci.
09:55Merci.
09:56Merci.
09:57Merci.
09:58Merci.
09:59Merci.
10:00Merci.
10:01Merci.
10:10Merci.
10:11Monsieur Modrif?
10:12Non, non, non.
10:13Haut-Tarive.
10:14Je me nomme Haut-Tarive.
10:15À qui est l'honneur ?
10:16Inspecteur Soudet de la Sûreté.
10:18De la Sûreté ?
10:19Entrez donc, monsieur l'inspecteur,
10:21et veuillez excuser le désordre d'un logement de sélimataires.
10:24Parle.
10:25Parle.
10:30Monsieur Autrive,
10:31je vais vous demander de répondre simplement par oui ou par non
10:34à la question que je vais vous poser.
10:37Connaissez-vous Maître Gouffet, huissier, 148 rue Montmartre ?
10:41Ah, les journaux sont remplis de ce nom.
10:44Personnage attachant, mystérieux.
10:48J'aurais aimé lui serrer la main.
10:50Oui, mais...
10:51le connaissiez-vous ?
10:53Non.
10:55Ou plutôt si.
10:58Je le vois très bien,
10:59un bel homme distingué.
11:02Je ne l'ai hélas jamais rencontré.
11:04En êtes-vous bien sûr ?
11:10Savez-vous, monsieur l'inspecteur,
11:11que n'est à l'instant même dans mon esprit un doute ?
11:15Comment cela ?
11:17Le vendredi 26 juillet,
11:18le jour de la disparition de Gouffet.
11:20Oui, en effet.
11:21Le vendredi 26.
11:24Le vendredi 26, oui, c'est bien ça.
11:27Il y avait ce jour-là, musique, au Palais Royal.
11:32Je flânais sur les boulevards.
11:34Tout à coup, un ami assis à la terrain d'un café m'appela et m'ouvrit travers.
11:40Nous conversâmes.
11:43Puis brusquement, il tira de sa poche une lettre et me dit,
11:46« Soyez donc assez aimable pour remettre ce billet à la personne que je vais vous indiquer. »
11:51C'est alors que déboucha, au coin de la rue Vivienne, un homme.
11:58« C'est lui ! »
12:00Il glissa l'oreille mon ami qui se dissimule tout aussitôt derrière un urinoir.
12:04Le monsieur arrive à ma hauteur.
12:10Un homme distingué.
12:13Je l'aborde avec courtoisie.
12:16À peine a-t-il parcouru le billet qu'il murmure, « C'est bon, j'y vais. »
12:21Et quel est le nom de votre ami ?
12:27C'est là une des inconnues du problème.
12:29Il se nomme, je crois, Henri. Je l'ai toujours connu sous ce nom.
12:33Mais peut-être le nom véritable est-il Rousseau.
12:36À moins que ce soit les deux. Henri Rousseau ou Rousseau-Henri.
12:40Rousseau, hein. Et où habite-t-il ?
12:43À la campagne du côté de Versailles. À moins que ce soit du côté de Saint-Germain.
12:46Il a dépassé la quarantaine.
12:51Il fait très distinguer avec sa moustache épaisse et sa barbe taillée avec soin.
12:56C'est un vieux boulevardier.
12:59Monsieur Autryl, je vous demanderai de bien vouloir me suivre.
13:04– M'arrêteriez-vous ? – Non, point.
13:07Je désire seulement votre collaboration.
13:10Ah bon ?
13:11J'espère que vous ne m'assimilez pas à ces petits esprits qui considèrent la police comme méprisables.
13:22Et je tiens à vous assurer que je ne songe nullement à me soustraire par la tangente.
13:26– Inconcevable ! Arpenter les boulevards pendant trois jours.
13:48– Les Champs-Elysées aussi. – Et pourquoi, je te le demande ? Pourquoi ?
13:51Ce sont les lieux où nous avions le plus de chance de rencontrer cet Henri Rousseau.
13:55Qui n'a jamais existé que dans le cerveau fêlé d'Autruve.
13:58Oh non, je ne sais perdre de la sorte.
14:00Si j'avais su que ce Autruve…
14:02Mon pauvre ami, en deux minutes, il était facile de se rendre compte que cet individu n'avait qu'une idée en tête.
14:05Voir son nom imprimé dans les journaux.
14:08La presse a parfois une funeste influence sur les esprits un peu faibles.
14:12Facile d'accuser des journaux. Est-ce que tu les lis parfois ?
14:15Rarement. Mes loisirs ne me le permettent pas.
14:16C'est un tort. Leur lecture t'auras appris ce matin qu'on a découvert à Lyon un cadavre dont on ignore l'identité.
14:22La mort remontrée à trois semaines environ. Après tout, pourquoi ne se reste pas le cadavre de lui ?
14:26Si il n'y a rien de plus, tu vas partir à Lyon, avec ton bon ami d'André, et voir la tête qu'il a à ce cadavre.
14:33La patron.
14:34Je venais en effet de lire dans le petit journal une correspondance de Lyon.
14:44On y annonçait qu'un cantonnier, Denis Coffey, et son compagnon Louis-Philippe, de service sur la route départementale Lyon-Saint-Etienne,
14:51avaient, le 13 août, découvert un macabre colis.
14:54Oh, dis donc ! Donne-moi la main, je vais voir.
15:00Alors, tu tiens, mon Dieu !
15:02Louis ! Louis, tu vas te casser la gueule !
15:04Oh, merde !
15:06On dirait un macabé !
15:07J'expédiais donc mon brave soudé et l'André à Lyon, dans l'espoir qu'il pourrait identifier le cadavre.
15:19En l'absence du professeur Lacassagne en vacances sur les bords de la Loire, j'ai chargé le docteur Paul Bernard,
15:25qui a la bonté de nous accueillir dans ses locaux, de vouloir bien procéder à l'autopsie.
15:29Ce qui n'est nullement ma spécialité, messieurs.
15:33Néanmoins.
15:38Merci, monsieur le Jure.
15:46Vous voyez, n'est-ce pas ?
15:49Oui, oui, joli.
15:51Il est difficile de mesurer exactement la taille de cet individu.
15:55Elle est d'environ 1m75.
15:58Il pèse approximativement 75 kilos.
16:00Il paraît âgé de 35 à 45 ans.
16:04Les cheveux bien fournis et longs de 10 à 12 cm au sommet de la tête sont de couleur noire.
16:09Nous sommes en présence d'un individu assassiné.
16:12Ah !
16:14Eh oui.
16:15Quel genre d'assassinat ?
16:19La victime a été étranglée à l'aide de la main.
16:23Eh oui.
16:24Nous admettrons que la mort remonte à 3 ou 5 semaines environ.
16:30J'ajouterai qu'aucune disparition n'ayant été signalée dans la région, nous sommes en présence d'un cadavre assassiné sans qu'il y ait eu crime.
16:41Oui.
16:44Voilà, messieurs, vous en savez autant que nous sur cette affaire.
16:48Alors, voulez-vous que nous procédions à la tentative d'identification ?
16:52Ah, monsieur le juge, messieurs le docteur, à quelle ville un temps, hein ?
16:54Mais c'est quand même meilleur ici.
16:55Ah, monsieur le juge, messieurs le docteur, à quelle ville un temps, hein ?
16:58Ah, monsieur le juge, messieurs le docteur, à quelle ville un temps, hein ?
17:20Mais c'est quand même meilleur ici.
17:22À un propos, je voulais vous dire que...
17:23Julien, voulez-vous montrer à ces messieurs le cadavre de Myri ?
17:26Mais avec plaisir, monsieur le juge.
17:32J'ai peur pour le beau-jeu de cette année, avec tous ces orages.
17:35Pas vous, mon cher Viard ?
17:37Non, c'est surtout la grêle qui est à craindre.
17:39Enfin.
17:51Evidemment, ce n'est pas très beau à voir.
17:53Alors, vous comprenez maintenant combien ma tâche fait difficile.
17:58Il faut bien dire que la chaleur...
18:01Ce cadavre ne peut être celui de mon beau-frère.
18:03Vous en êtes certain ?
18:04Oh, je partage gentillement l'opinion de monsieur Landry.
18:08Les cheveux sont noirs et abondants, alors que...
18:12Gouffé...
18:13Gouffé les avait d'une autre couleur et beaucoup plus courts.
18:16De plus, il portait d'assez longues moustaches que je n'en trouve pas ici.
18:20J'affirme que le présent mort n'a jamais été maître de Gouffé.
18:24Alors...
18:26Le mort de Myri semblait vouloir garder son anonymat.
18:29Il faut préciser que la tête était affreusement mutilée.
18:33Mes collègues lyonnais n'avaient en plus aucun indice pour orienter leurs recherches.
18:38C'est le hasard qui va d'à leur secours.
18:50Sacré vain Dieu !
18:52Qui a bien pu jeter ces bouts de bois par ici ?
19:03Ne dirait-on pas du sang ?
19:08Mais ça pue !
19:13Il semble bien en effet que ces débris soient maculés de sang.
19:25Cette mâle a transporté un cadavre.
19:28Ha !
19:37Tiens, tiens.
19:39Voilà qui nous intéresse.
19:41Qui nous intéresse énormément.
19:45Docteur, s'il vous plaît, voudriez vous venir ?
19:51Qu'est-ce que vous lisez sur cette étiquette ?
19:53Colis 1231, Paris-Lyon, 27 juillet.
20:0427 juillet, j'avais bien lu. Mais de quelle année ?
20:0727 juillet, 180.
20:101880.
20:12On distingue très mal le dernier chiffre et 5-8 et 5-9.
20:16Un 8, je crois. Oui.
20:17Oui. 1888.
20:20Ah, tant pis.
20:22Avouez, docteur, qu'il est tout de même curieux de trouver ici à Saint-Genis-Laval une malle sanglante
20:27et à quelques kilomètres de là, à Myri, sur la même route, un cadavre.
20:33Monsieur le commissaire, voudriez-vous vous rendre ?
20:35Compris, monsieur le juge.
20:36Sans perdre une seconde, le commissaire de police se rend à Myri dans l'espoir d'y découvrir une preuve matérielle
20:42qui permette d'affirmer que le corps a été amené dans la malle trouvée à Saint-Genis.
20:57Hé, Cornet, venez voir.
21:02Qu'est-ce que vous dites de ça ?
21:06C'est parfaitement, monsieur le procureur.
21:13On est resté, monsieur le procureur.
21:17Bonjour, monsieur le juge.
21:19Monsieur le commissaire,
21:21si cette clé que vous avez découverte à Myri s'adapte à la serrure de cette malle,
21:26il est hors de doute que nous aurons fait un pas très important.
21:30Monsieur le commissaire, s'il vous plaît.
21:36Ça marche.
21:38Ainsi, messieurs, la preuve vient de nous être donnée que le corps trouvé à Myri a été amené de Paris dans cette malle découverte à Saint-Genis-la-Valle.
21:50Dommage.
21:52Vous n'êtes pas d'accord, docteur.
21:54Si, si.
21:55Dommage seulement que le cadavre ne soit pas celui de bouffer.
21:59Et que l'étiquette soit datée de 1888.
22:03L'enquête lyonnaise piétina de nouveau.
22:07Et à Paris ?
22:08Eh bien, à Paris, la disparition du galant huissier continuait d'occuper dans les journaux autant de place que la chronique de l'exposition universelle.
22:19Quant au chef de la Sûreté, Jean-Marie Goron, il teinte à nous faire connaître son opinion sur cette enquête.
22:26Messieurs, ça ne va pas.
22:28Ça ne va pas du tout, cette affaire bouffer.
22:30Mais, monsieur le directeur, vous savez...
22:33Je sais que vous avez perdu un temps précieux, Soudet.
22:36Vous êtes un policier zélé, consciencieux, mais vous êtes totalement dépourvu de sens psychologique.
22:40Dans une affaire comme celle-ci, il fallait aller vite, très vite, et ne pas perdre son temps sur des pistes secondaires.
22:45Mais, monsieur le directeur...
22:47Monsieur le directeur, je revendique l'entière responsabilité.
22:49Jaume, je sais mieux que vous les aurez à une enquête de ce genre.
22:52Mais il ne faut à aucun prix donner l'impression que nous faisons de la police fantaisie.
22:56Mais enfin, monsieur le directeur, je vous jure !
22:57Enfin, vous avez vu la presse !
22:58Un personnage de la cabine bouffée, toutes ces femmes qui ont été plus ou moins ses maîtresses, ça fait vendre.
23:05Résultat, le préfet de police me convoque pour me dire que l'énigme bouffée doit être résolue plus vite.
23:10Alors, vos histoires de cadavres, de mâles ficelées, j'en ai jusque-là, voilà.
23:15Tenez-vous le pour-dit.
23:20Très bien, monsieur le directeur.
23:26Jaume.
23:29Monsieur le directeur ?
23:31J'ai oublié, le juge d'instruction d'offert souhaiterait que vous preniez personnellement l'affaire en main.
23:35Naturellement, soudé, resterait votre adjoint.
23:37Entendu, monsieur le directeur.
23:40Et qu'est-ce qu'il fabrique à Lyon ?
23:42Personne ne réclamant le cadavre, il a été inhumé au cimetière de la Guillotière.
23:47Quant à la malle, il semble qu'elle soit de fabrication anglaise.
23:50Alors, un œil à Paris, l'autre à Lyon. Compris ?
23:54Compris, patron.
23:55Voilà, messieurs et mesdames, voilà l'histoire étonnante pour laquelle l'on s'enflamme.
24:08L'aventure surprenante de cette malle semblante découverte à Saint-Génie.
24:20Et personne ne l'a compris
24:27Comment, pourquoi, par quel génie
24:31Encore était ta meilleure vie
24:33Le 6 juillet, mon gars. Parfaitement le 6 juillet. Je m'en souviens comme si c'était hier.
24:43Patron, un pot de Beaujolais.
24:53Ah, je les revois encore.
24:56Trois jeunes gens, il était 7 heures du soir, c'est pour vous dire.
24:59Je stationnais avec mon fiac sur le plateau de la gare Perrache.
25:02Eh ben, patron, ce pot, ça vient ?
25:03Oui, ça vient, ça vient.
25:04Continue, tu bois à toute l'heure.
25:06Une minute.
25:14Ouais.
25:15Trois jeunes gens, je vous dis.
25:16Ils m'abordent, ils me disent il y a une malle à charger, alors moi je descends pour donner un coup de main
25:20et v'là qu'ils font hisser sur l'impérial une malle énorme.
25:2385 kilos.
25:24Pas moins.
25:25Moi, je vous le dis, on n'était pas trop de quatre.
25:27Oui, mais ce qu'il vous dit, Paul Laforge, c'est où il les a conduits, ses clients.
25:32Il y en a un qui me dit, conduis-nous à Meillerie.
25:36Eh, belle course que je me dis.
25:38Eh ben, on est arrivés vers 8h30.
25:40Mais dis donc, Laforge, pourquoi tu vas pas raconter tout ça à la police ?
25:43La police, la police.
25:45Tu trouves que c'est une fréquentation ?
25:47Non mais remarque bien, s'ils me cherchent, ils me trouveront.
25:54La police lyonnaise était parvenue à reconstituer la malle sanglante.
26:00Une photographie en fut présentée au cocher Laforge.
26:03Il n'hésita pas.
26:06C'est bien la malle que j'ai transportée à Meillerie, monsieur le juge.
26:09Vous en êtes certain.
26:11Je suis formel.
26:15Le cocher donne alors, de ses trois clients, un signalement très détaillé
26:19qui s'applique à merveille à trois apaches impliqués dans une autre affaire d'assassinat.
26:24Retournez-vous, Laforge.
26:41Retournez-vous, Laforge.
26:45Eh bien, retournez-vous.
26:55Alors ?
27:00C'est bien eux, monsieur le juge.
27:02Qu'est-ce que c'est que ce micheton ?
27:06Oui, c'est bien eux.
27:08La taille, la tournure.
27:10Les avis, même.
27:11Tout, quoi.
27:12Tais-toi, les mouches à viande.
27:13Je me reconnais, ça me fait mal.
27:14Si je pouvais.
27:15Alors, ça suffit.
27:17Emmenez-les, voyons.
27:18Emmenez-les.
27:19Eh !
27:20Eh !
27:27Alors, Laforge se mit à embellir son récit, qui devint chaque jour plus pathétique, mais aussi moins vraisemblable.
27:33Le 6 juillet, avez-vous dit.
27:39C'est bien ça, n'est-ce pas ?
27:41Vous maintenez vos déclarations.
27:43Oui, monsieur le juge, le 6 juillet.
27:46Bon, remarquez, ce serait le 6 ou le 7.
27:48Il en est pas moins vrai que je les ai chargés tous les trois avec leur mal.
27:50Et vous les avez conduits à Myrie.
27:53Oui, monsieur le juge.
27:54Ils ont déchargé leur mal.
27:55Et j'ai dû attendre une bonne heure avant de les voir revenir pour les ramener à Lyon.
27:59Et c'est toujours dans votre fiacre que vous les avez ramenés.
28:02Eh ! Dame, oui.
28:03J'avais pas changé de voiture en cours de route.
28:08Malheureusement pour vous, Laforge, j'ai sous les yeux quelques renseignements vous concernant.
28:13J'y vois qu'au mois de juin de cette année, à la suite d'une tentative d'escroquerie sur laquelle je ne reviendrai pas,
28:24la justice a cru bon de vous retirer et votre fiacre et votre permis.
28:31Pouvez-vous me dire alors avec quelle voiture vous vous êtes rendu à Myrie le 6 ou le 7 juillet ?
28:37Mais je... je vous jure, monsieur le juge.
28:43Et ça, Laforge, vous savez ce que c'est ?
28:47Ben... c'est une étiquette.
28:50L'étiquette retrouvée sur les dévruis de la malle.
28:53Quelle date porte-t-elle ?
28:58Je vais vous le dire, Laforge.
29:00Elle porte la date du 27 juillet.
29:07Le dit Laforge reconnaît avoir espéré, en rendant service aux policiers,
29:16entrer dans leur bonne grâce et obtenir ainsi la restitution de son permis et de son fiacre.
29:23Oui. Si on veut.
29:26Voilà au moins, monsieur le directeur, un voyage à Lyon qui n'aura pas été inutile.
29:29Qu'est-il ?
29:30En somme, vous n'avez fait qu'éliminer une fausse piste.
29:33Une de plus.
29:34D'ailleurs, si Laforge avait été moins troublée, il aurait très bien pu vous répondre,
29:37lorsque vous lui avez mis l'étiquette sous le nez, qu'elle ne prouvait rien,
29:39puisqu'elle était datée de 1888.
29:41Cette date est invraisemblable.
29:44L'inconnu de Myrie a trouvé la mort quelques semaines au plus
29:46avant la découverte du corps par le cantonnier de cela.
29:48Au moins, nous sommes certains.
29:49Oui, mais rien ne prouve de façon certaine que le corps a été transporté dans la malle
29:52le trouvait à singer la malle.
29:54D'ailleurs, rien ne prouve que ce corps a été celui de Gouffet.
29:56Bien au contraire, Landry a été formel.
29:59Le corps qu'on lui a présenté à Lyon n'était pas celui de son beau-frère.
30:02Le pauvre Jaume, vous essayez d'ajuster les contradictions.
30:05Ah, mais cette affaire n'a faite que de contradictions.
30:07De contradictions et de coïncidences.
30:09Bien, moi ce qui m'intéresse, ce sont des preuves.
30:11Des preuves indiscutables.
30:12Savoir de façon certaine ce qui est devenu Gouffet.
30:16Après trois mois qu'il a disparu, vous êtes incapable de dire s'il est vivant ou mort.
30:21Lyon est une très jolie ville, j'ai beaucoup d'estime pour ses habitants,
30:23mais vous y avez perdu assez de temps.
30:26Soudet, voulez-vous venir, je vous prie ?
30:33Mes respects, monsieur le directeur, monsieur le principal.
30:39Notre ami Soudet, qui a continué pendant votre absence et sur vos conseils
30:42son enquête auprès des relations féminines de Gouffet, auprès des amis de ses amis,
30:46a découvert, entre autres choses, que notre cher huissier connaissait
30:50et fréquentait depuis le printemps dernier un certain Héros.
30:54Michel Héros, monsieur le directeur.
31:00Et quel rapport avec notre affaire ?
31:02Plusieurs.
31:03Tout d'abord, les aventures amoureuses de Héros sont au moins aussi nombreuses que celles de Gouffet.
31:09Il n'est pourtant pas très beau, n'est plutôt jeune et, ce qui est plus grave, n'a plus un sou.
31:16Il administre une petite affaire qui vient d'être déclarée en faillite.
31:18Où cela nous mène-t-il ?
31:19Attendez, attendez.
31:22Michel Héros, depuis quelques mois, s'est amouraché d'une fille assez jolie,
31:26nommée Gabrielle Bompard et dont la qualité essentielle paraît être de coucher avec tout le monde.
31:31Et en particulier avec Gouffet.
31:33À vrai dire, rien ne permet de l'affirmer.
31:37Par contre, il est certain que les deux hommes se voyaient fréquemment aux environs du 20 juillet.
31:43Et leurs rapports peuvent s'expliquer par les difficultés financières du sieur Héros.
31:49Tu veux dire que Héros aurait tenté d'obtenir de l'argent de Gouffet ?
31:53C'est probable.
32:06C'est très joli ce Michel Héros, mais ça ne va pas très loin non plus.
32:09Il connaissait Gouffet.
32:10Bon, mais après, un huissier, ça voit beaucoup de monde.
32:13Seulement, il se trouve que Héros, lui aussi, a disparu.
32:16Il a disparu.
32:17Depuis quand ?
32:18Fin juillet.
32:24Tu dis qu'il avait des ennuis d'argent ?
32:26Ah, sérieux ?
32:27Pourquoi n'aurait-il pas fui tout simplement ses créanciers ?
32:29Sa maîtresse Gabrielle Bompard, elle aussi, a disparu.
32:33Si je comprends bien, d'après vous, monsieur le directeur, Héros aurait tué Gouffet.
32:43Hé-là, hé-là, hé-là, pas si vite.
32:45Disons qu'il y a, comme vous dites, des coïncidences.
32:47Mais beaucoup plus troublantes que celles liées.
32:50Disons même que, peut-être, Héros a tué Gouffet, à moins que ce ne soit Gouffet qui ait tué Héros.
32:55Pourquoi pas, bretout ?
32:57Gouffet n'a pas tué Héros.
32:59Ah, pourquoi ?
33:00Parce que le cadavre découvert à Myri ressemble encore moins à Héros qu'à Gouffet.
33:06Vous recommencez, vous êtes incorrigible.
33:08Comment pouvez-vous sérieusement prétendre qu'il s'agit du cadavre d'un tel plutôt que d'un autre ?
33:12Merci.
33:13Qu'est-ce qui vous prend ? Vous êtes devenu faux, maintenant ?
33:16Nullement, monsieur le directeur, mais je vous remercie simplement de me confirmer
33:19qu'après tout, le cadavre de Myri est peut-être, quand même, celui de Gouffet.
33:24Qu'est-ce qu'il faut que je fasse, mon Dieu, pour que vous cessiez de me parler de ce cadavre ?
33:27M'en fournir l'identité exacte.
33:29Je le disais bien, vous êtes complètement fou.
33:32Est-ce que vous vous rendez compte de ce que vous venez de dire ?
33:35Oh, tout à fait.
33:37Vous seul, monsieur le directeur, pouvez obtenir de notre juge d'instruction, monsieur Dobfert,
33:40une commission regatoire demandant une seconde autopsie.
33:43Quoi ?
33:45Seconde autopsie qui devrait être pratiquée par le professeur Lacassagne de la faculté de Lyon
33:49et dont la rigueur scientifique nous permettra de nous prononcer en toute certitude.
33:54Le cadavre anonyme de Myri avait été jeté à la fosse commune du cimetière de la Guillotière.
34:06L'exhumation eut lieu le 12 novembre 1889 à 6 heures du matin.
34:12C'est le premier.
34:14C'est le premier.
34:15C'est le premier.
34:21Ah, monsieur le commissaire !
34:25À propos, ne vous étonnez pas si la tête du mort porte un chapeau, c'est le mien.
34:29Oui, enfin, un vieux chapeau m'ayant appartenu.
34:34De même, j'ai gravé sur le bois du cercueil un numéro 129.
34:38Oui, en quinze ans de service, c'est mon 129e corps.
34:42Deux précautions valent mieux qu'une, comme on dit.
34:44Et ainsi nous serons certains de ne pas nous tromper.
34:46Tromper !
35:00Le professeur Lacassagne était le seul homme qui puisse m'apporter la preuve indiscutable.
35:05La preuve scientifique sur l'identité du cadavre de Myri.
35:09Les calculs furent précis, méticuleux.
35:13Pas à un point ne devait rester dans l'ombre.
35:15Ce savant scrupuleux réunit un faisceau de preuves anatomiques.
35:19La science mettait au service de la vérité.
35:26À la fin novembre, le professeur Lacassagne remet son rapport.
35:31Le signalement complet du cadavre y figure dans le moindre détail.
35:35C'est la précision même dans son aveuglante clarté.
35:38Âge 50 ans.
35:40Taille 1m 785.
35:43Poire 80 kg.
35:44Cheveux châtains moyen de 13 centièmes de millimètre de diamètre.
35:49Identique à ceux recueillis sur la brosse de gouffée.
35:52Barbe 32 centièmes.
35:54Ne boite pas.
35:55Étire légèrement la jambe.
35:57Épanchement de synovie au genou droit.
35:59Dans longue incisive supérieure écartée.
36:02Voilà, messieurs.
36:03Il semble bien que le cadavre soit avec certitude celui de gouffée.
36:15Oui, je crois que maintenant la cause est entendue.
36:18Et grâce à vous, monsieur le professeur, permettez-moi de vous remercier et de vous féliciter.
36:22En somme, il nous aura fallu quatre mois pour en arriver là.
36:38Vous êtes tout de même satisfait ?
36:41Vous avez la preuve que gouffée est mort puisque son cadavre est identifié.
36:45Oui.
36:47Seulement nous ne savons toujours ni pourquoi ni comment il a échoué à Millerie.
36:50Dans une malle qu'il y a précédée d'une année entière.
36:53Nous n'avons là aucune explication.
36:56Si.
36:57Nous en avons une.
36:59Vous permettez, monsieur le directeur.
37:04Soudet va vous expliquer sa dernière découverte.
37:07Soudet.
37:10Pardon.
37:12Monsieur le directeur.
37:13Asseyez-vous.
37:15Eh bien, voilà.
37:17Monsieur Jaume m'a demandé d'effectuer une vérification à la gare de Lyon.
37:20C'était une fameuse idée vu que ces messieurs du PLM n'ont jamais enregistré de colis 12-131 le 27 juillet 88.
37:28Par contre, cette année, comme il y a eu plus de visiteurs à cause de l'exposition,
37:33il y a eu un colis 12-131 pesant 105 kg.
37:3775 kg d'excédent.
37:39Train 3, 11h45, 27 juillet 89.
37:43Destination Lyon-Perrache.
37:451. La malle était pour nous le seul indice sur lequel pouvait reposer la suite de l'enquête.
37:51Nous décidâmes d'exposer à la morgue de Paris la malle authentique, reconstituée, et à ses côtés une malle intacte.
37:58Un public de curieux et d'amateurs défila durant plusieurs jours.
38:01Les journaux publièrent des photographies.
38:04Aucun résultat.
38:05Quelques semaines plus tard, M. Goron reçoit une lettre providentielle.
38:11Un Français, établi hôtelier à Londres, fidèle lecteur de la presse de son pays,
38:16indique qu'un certain M. Michel, accompagné d'une jeune femme, est descendu dans son établissement le 24 juin
38:23et qu'il s'y est fait livrer le 11 juillet une malle.
38:27Or, nous savions que la malle sanglante était de fabrication anglaise.
38:30Faites venir immédiatement l'inspecteur Jaume.
38:34M. Goron m'accompagne à Londres.
38:37Nous allons tout d'abord, 251 Easton Road, voir le marchand qui a vendu la malle.
38:42Puis, l'hôtelier français, installé à Gauvert Street.
38:46La culpabilité d'Hérault et de sa maîtresse, Gabrielle Bompard, ne fait plus aucun doute.
38:51Mais après cinq mois d'enquête, comment allons-nous retrouver leurs traces ?
38:56C'est alors que l'affaire rebondit.
38:58Grâce à l'audience qu'accorda le préfet de police, M. Lauset, le 22 janvier 1890.
39:09M. le préfet, une jeune dame qui dit venir de l'étranger, demande une audience.
39:15Elle déclare qu'elle ne partira pas sans vous voir.
39:19Le monsieur qui l'accompagne m'a remis cette carte.
39:21Explorateur chargé de mission. Faites entrer, on verra bien.
39:29M. le préfet accepte de vous recevoir. Si vous voulez bien me suivre.
39:35Je vais vous recevoir. Si vous voulez bien me suivre.
39:38Sauf que je vous remercie.
39:41Sauf que vous voulez bien me suivre.
39:45Sauf que je réponds, monsieur, monsieur, monsieur le préfet.
39:47Est-ce que vous voulez bien me suivre ?
39:49Vendez-vous.
39:50– Garangé, M. le Préfet. – Gabriel Bompard, M. le Préfet.
40:03J'ai conseillé à Mlle Bompard de se présenter à vous pour tirer son affaire au clair.
40:08Oui, je suis revenue d'Amérique tout exprès, M. le Préfet.
40:12Tout exprès pour révéler ce que je sais au sujet de cette affaire gouffée.
40:16Le pauvre homme.
40:16J'ai d'ailleurs rédigé à M. le Préfet un récit des événements auxquels j'ai été mêlée.
40:23Je le remets entre vos mains, M. le Préfet.
40:26Asseyez-vous, je vous prie.
40:28Je ne manquerai pas, Mademoiselle, de transmettre ce document au juge d'instruction, M. d'Opfer.
40:37Je suis sûr d'ailleurs qu'il éprouverait le plus grand intérêt à vous entendre.
40:44C'est urgent.
40:46D'ailleurs, si vous le voulez bien, deux inspecteurs vont vous conduire auprès de lui.
40:57Puis-je me permettre, M. le Préfet, de vous demander la faveur d'accompagner Mlle Bompard chez le juge ?
41:03Ma présence, je le crois, l'aidera à prouver son innocence.
41:07Je n'en doute pas.
41:08M. le Préfet, de vous demander la faveur d'accompagner Mlle Bompard chez Mlle Bompard chez Mlle Bompard chez Mlle Bompard chez Mlle Bompard chez Mlle Bompard chez Mlle Bompard.
41:21M. l'inspecteur principal, connaissez-vous Mlle Bompard chez Mlle Bompard chez Mlle Bompard chez Mlle Bompard?
41:38Mlle Bompard chez Mlle Bompard chez Mlle Bompard.
42:03La matinée, le diablement porti, j'ai jamais vu une arrestation pareille.
42:09Drôle de petite bonne femme.
42:24Nous arrivons.
42:27Soudé, s'il te plaît, tu iras annoncer notre arrivée à M. Dobfer.
42:29Non, non, non.
42:30Dis donc, il habite un beau coin, un jeu d'instructions.
42:49Fleurissez donc votre dame, mon bon monsieur, ça vous portera bonheur.
42:53C'est combien, vos violettes ?
42:55Pour vous, ce sera 10 sous.
43:00Merci, inspecteur.
43:07Regardez, mon ami, les premières violettes parisiennes.
43:17Dobfer est absente chez lui.
43:19Pour longtemps ?
43:19Il ne rentrera qu'en début d'après-midi.
43:23Eh bien, si nous déjeunions ensemble en attendant ?
43:26N'est-ce pas ?
43:29Mais, bien sûr.
43:32Il faut dire que c'est un gros jaloux, mon explorateur.
43:35Je meurs, je veux qu'on mentaire dans une cave, il y a du bon vin.
43:41Dans une cave, oui, oui, oui, dans une cave, non, non, non.
43:45Dans une cave, où il y a du bon vin.
43:47Dans une cave, oui, oui, oui, dans une cave, non, non, non.
43:51Dans une cave, où il y a du bon vin.
43:53Bravo !
43:54Bravo !
43:55Bravo !
43:56Bravo !
43:56Bravo !
43:57Bravo !
43:58Voyez-vous, inspecteur, ce qu'il y a d'étonnant lorsqu'on étudie les civilisations primitives,
44:01comme je le fais, c'est de voir à quel point elles peuvent être raffinées.
44:04Prenez, par exemple, certaines peuplades d'Extrême-Orient.
44:07Voulez-vous être assez gentil, inspecteur, et me passer la garage ?
44:09Oh, oui.
44:17Vous y trouverez des femmes extrêmement racées et couvertes de bijoux,
44:20travaillées d'une façon tout à fait remarquable.
44:23Vraiment.
44:24Ben, t'en sais des choses, mon chat.
44:26Savez-vous, inspecteur, que c'est à San Francisco qu'il va enlever ce bandit ?
44:29Vous ne devinerez jamais ce qu'il y ait étonné.
44:31Ah, l'influence espagnole dans la Californie du Sud.
44:46Écroué, Gabriel Fournito, juge en quatre jours,
44:49trois versions différentes de la mort de Gouffet.
44:54Oh, je... je préfère tout vous dire, monsieur le juge.
44:56Quatrième version.
44:58Serait-ce la bonne ?
45:00Voilà.
45:13Héros avait des ennuis d'argent.
45:15Il avait demandé à maître Gouffet de lui en prêter.
45:18Et Gouffet avait refusé.
45:20C'est alors qu'Héros a eu l'idée de me présenter à l'huissier.
45:23Lequel a trouvé du charme à votre compagnie ?
45:28Ben là, faut dire.
45:31Quelque temps après, Héros me dit le Gouffet, il est à point.
45:35On va le faire chanter.
45:36Il faut absolument qu'il me signe un chèque.
45:40Toujours est-il que j'ai donné rendez-vous à Gouffet.
45:45Ben, à peine arrivé, il se met à me tripoter.
45:46Héros, qui s'était caché dans l'alcôve, ça lui a donné un coup de sang.
45:54Je n'ai jamais aimé que des hommes jaloux, faut dire.
45:57Alors Héros, il s'est jeté sur l'huissier, il l'a saisi à la gorge et il l'a serré, serré.
46:03Puis il est parti comme un fou.
46:05Je suis resté toute la nuit seul avec le cadavre.
46:10Le lendemain, Héros est revenu avec la malle.
46:13On a pris le train pour Lyon, on a laissé la malle et le cadavre dans la campagne et on est descendu jusqu'à Marseille.
46:20À Marseille ? Pourquoi faire ?
46:23Ben, pour emprunter de l'argent au beau-frère d'Héros qui y habite.
46:27Madame, Gouffet n'avait pas pu signer le chèque.
46:30Et comme Héros n'avait rien trouvé non plus dans l'étude.
46:33Parce qu'Héros a visité l'étude ? Quand ça ?
46:36Ben, le 26 juillet.
46:38Il avait trouvé la clé dans la poche à Gouffet.
46:40Ensuite.
46:41Ben alors, on est parti en Amérique.
46:45Là, j'ai rencontré mon explorateur, je l'ai suivi.
46:49Je voulais redevenir une femme honnête, moi.
46:55Feu de temps après, Gabrielle Bompard fut extraite du dépôt et je fus chargé de la conduire à Lyon.
47:00À Myrie, elle indiqua exactement l'endroit où le cadavre avait été jeté.
47:04À Saint-Génie-Laval, elle démarre dans laquelle Héros avait voulu faire disparaître les débris de la malle.
47:11Monsieur le juge, je vous suis très reconnaissante des égards que vous avez eus pour moi.
47:27Vous aussi, monsieur le commissaire.
47:28Légère et vive, ni émue, ni inquiète, Gabrielle fête en un jour la conquête de Lyon.
47:35Dans un mois, ses adorateurs se compteront par centaines.
47:38Je pars couverte de fleurs. J'ai l'impression d'être la reine d'Angleterre.
47:48Et Michel Hérault ?
47:50Eh bien, il fallut attendre le mois d'avril pour retrouver sa trace.
47:53Il était resté sur le continent américain.
47:55Note à transmettre aux ambassades et consulats de France, en Amérique du Nord et du Sud,
48:08ainsi qu'aux polices de Grande-Bretagne, du Canada, des États-Unis et du Mexique.
48:17Et du Mexique.
48:18Le sieur Hérault, Michel, âgé de 46 ans, précédemment domicilié à Levallois,
48:29sert et inculpé d'être l'auteur principal d'un crime commis à Paris le 26 juillet 1889.
48:42Il y a un dieu pour la canaille, il y en a un aussi pour la police.
48:45On savait Hérault, réfugié à la Havane.
48:48On fut surpris d'apprendre qu'un de ses amis s'y trouvait aussi.
48:57Je vous remercie d'avance, M. Gravier.
49:01A bientôt.
49:08Hasta el sábado.
49:10¿Cuánto vale?
49:13Dos pesetas, señor.
49:15Dos pesetas.
49:20Gracias, señor.
49:33Gravier.
49:37Faut une surprise, c'est une surprise.
49:40Qu'est-ce que vous faites ici, mon vieux ?
49:42Les affaires.
49:45Et vous-même.
49:46Oh, moi, ça ne baguait, hein.
49:57Ça fait de même plaisir de retrouver un vieil ami comme vous.
49:59Au fait, vous avez bien entendu parler de ce qui m'est arrivé ?
50:04Non.
50:07Depuis trois mois, je suis compromis dans une affaire où je ne suis, il faut que vous en doutez, absolument pour rien.
50:13On m'accuse tout simplement d'avoir tué un ami, mon huissier, maître Gouffet.
50:18Ce n'est pas possible.
50:19Mais si, tous les journaux de Paris me traitent d'assassin.
50:23Je dois dire qu'un concours de circonstances incroyables.
50:27Enfin.
50:29Alors, j'ai dû fuir.
50:34Je souffre.
50:35Et votre famille ?
50:40Je l'ai abandonnée.
50:43La femme et ma fille se trouvent sans ressources dans notre petit appartement de Levallois.
50:49Ah, gravier, il y a des soirs où j'ai envie de pleurer comme un enfant.
50:54Qu'allez-vous faire maintenant ?
50:56La police espagnole est à votre recherche.
50:59Continuez à fuir.
51:01Me cacher dans un pays où la police française ne puisse rien contre moi.
51:07Aidez-moi, gravier.
51:09Si je le puis.
51:11Gravier, j'ai besoin de 30 000 francs pour partir au Brésil.
51:15Aidez-moi.
51:17Aidez-moi.
51:17Aidez-moi.
51:17Aidez-moi.
51:18Aidez-moi, traquez.
51:19Gravier était un brave homme.
51:21Il n'hésita pas à donner à Michel Hérault l'argent dont il pouvait disposer.
51:25Mais ce soir-là, Hérault commit sa première imprudence.
51:28Au lieu de partir immédiatement se perdre dans les forêts d'Amazonie,
51:32il voulut goûter une dernière fois aux amours à la française.
51:35Une bretonne nommée Margot exerçait son industrie dans le quartier réservé de la Havane.
51:41Hérault se fit arrêter dans la chambre de cette fille,
51:44lors d'une banale vérification d'identité.
51:46Hérault aimait toujours Gabriel.
52:11Il l'aimait passionnément.
52:15On le vit bien le jour de la reconstitution lorsqu'il fut mis en présence de celui qui la lui avait enlevé,
52:21l'explorateur Garangé.
52:22Espèce de salaud !
52:28Prenez garde, Hérault.
52:30Je ne permettrai pas.
52:31Plaquez la porte, mon Dieu !
52:33Qu'est-ce que vous attendez ?
52:35Salaud !
52:36Salaud !
52:37Salaud !
52:409h17, la belle Gabrielle est en retard.
52:5017 minutes, monsieur le directeur, c'est le privilège des jolies femmes.
52:53Je ne veux plus voir cet homme.
53:02Gabrielle.
53:05Il me dégoûte.
53:07Mon petit.
53:11Gouffé, nous l'avons pendu.
53:13C'est faux.
53:15Nous l'avons pendu, Gabrielle et moi.
53:17Il n'y a eu que Gabrielle et moi.
53:18C'est faux.
53:19Nous avons commis ce crime parce que nous pensions trouver de l'argent chez le huissier.
53:22C'est faux, c'est faux.
53:23Vous ne voyez pas qu'il ment ?
53:24Oui, il ment comme un misérable.
53:27Un lâche.
53:28C'est un lâche, monsieur le juge.
53:30Un lâche qui m'a toujours traité comme un chien.
53:32Un chien que je n'ai eu qu'à ramasser sur les boulevards.
53:37Ordure.
53:38Maintenant, ça suffit.
53:38Taisez-vous.
53:40Maître, veuillez dire à votre client de modérer son ardeur et de tempérer son langage.
53:44Monsieur le juge.
53:46Léros, veuillez reconstituer la scène du crime en refaisant chacun des gestes que vous avez accomplis.
53:52Et bien voilà, monsieur le juge.
53:58En plus de la malle, je m'étais procuré de la toile cirée.
54:01Quelques mètres de corde solide, deux poulies et un gros piton.
54:04J'ai fixé le piton au mur de l'alcôve.
54:07La trace doit y être encore.
54:10J'ai bien savoné ma corde, je l'ai enfilée dans mes deux poulies.
54:12J'en ai accroché une au piton et à un bout de la corde, j'ai mis un mousqueton.
54:18Gabriel n'avait plus qu'à inviter le huissier.
54:22Ça s'est passé le 26 juillet.
54:25À 8h15.
54:38Bonsoir, ma toute belle.
54:39Bonsoir, ma mère.
54:40Alors, petit démon, on veut tromper ce brave héros ?
54:45Il est donc jaloux ?
54:46Ben, il ne manquerait plus que ça.
54:48Il n'est pas gentil, Michel ?
54:50Peut-être qu'il est plus assez généreux.
54:52Dame, les affaires.
54:55Mais à fait, vous voulez donc grandir comme vous prenez racine ?
54:58Ce ne sont pas les sièges qui vous encombrent ici.
55:03Ça poursure !
55:06Faut dire que les chaises, moi, j'aime pas vraiment.
55:08Sacrée cabine.
55:10Ah, j'ai oublié.
55:15À votre santé.
55:20À ta santé, ma belle.
55:27Encore une coupe.
55:28Volantier ?
55:29La bouteille.
55:31C'est héros qui la paye ?
55:32Oh, non, maître.
55:33C'est moi qui l'ai acheté, avec mon argent.
55:36Oh !
55:37Merci.
55:41Merci.
55:41C'est moi qui l'ai acheté, c'est moi qui l'ai acheté, c'est moi qui l'ai acheté.
56:11Merci, Michel, ça suffit.
56:12Merci.
56:12Michel, ça suffit.
56:13L'enquête était maintenant terminée.
56:33Traduit devant les assises, Michel Herrault fut condamné à mort et décapité.
56:37Quant à Gabrielle, elle sut encore émouvoir par sa beauté, désarmée par sa naïveté.
56:42Les jurés ne la condamnèrent qu'à vingt ans de travaux forcés.
56:46Après un long séjour en maison centrale, où elle écrivit ses mémoires, elle fut libérée.
56:51Elle devait mourir peu de temps après.
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