- il y a 2 jours
DB - 21-01-2026
Catégorie
📺
TVTranscription
00:16:45Oui, il suffit, vous êtes prévenus.
00:16:50Que le ciel me bénisse, j'ai oublié où t'es ma place, moi-même, Diggory.
00:16:54Moi, ma place était partout, mais c'est pas facile.
00:16:56Prends exemple sur moi. Où je vais, tu vas. Ce que je fais, tu le fais. Et en avant !
00:17:15Soyez les bienvenus, messieurs, par ici.
00:17:26Ah, Dieu soit loué, Charles. Nous voilà au terme d'une journée d'inquiétude et de contre-temps.
00:17:33Ma parole, la maison est belle, et malgré son air de musée...
00:17:37C'est le sort commun de ces grandes bâtisses. Leur propriétaire se ruine à les entretenir.
00:17:41Après quoi, il en fait une auberge et lève son tribut sur les voyageurs.
00:17:44Je connais cela.
00:17:46Certes, vous êtes expert en la matière, Charles, mais voulez-vous que je vous...
00:17:52Mais voulez-vous que je vous dise, je me suis souvent étonné que cette vie mouvementée
00:17:55et votre bon sens naturel ne vous ait pas donné un peu plus d'assurance.
00:17:59Oh, Georges !
00:18:03Allons, messieurs !
00:18:05Je me reconnaisse !
00:18:13Mais dites-moi, que ferez-vous donc en présence de cette jeune fille à qui vous rendez une visite forcée ?
00:18:18Parbleu, ce que je fais avec toutes les autres, je crois que je n'oserais pas la regarder en face.
00:18:22Non, mon cher Asting, ce qui m'a décidé à venir ici, c'est l'espoir de faire votre bonheur et non le mien.
00:18:28Ah...
00:18:29Vous aimez Miss Neville ?
00:18:30Oh...
00:18:31Sa famille ne vous connaît pas. Présentée comme mon ami, vous êtes sûr d'être bien reçus.
00:18:34Pour le reste, je me fie à votre honneur.
00:18:36Mon cher Marlowe, ce que je veux obtenir de Miss Neville, c'est sa personne et non son argent.
00:18:40Et vous savez bien que son père, avant de mourir, me l'avait destinée.
00:18:43Et qu'elle a confirmé ce choix par sa propre inclination.
00:18:45Vos talents et votre raison séduiraient n'importe quelle femme.
00:18:49Moi, hélas, mon destin, c'est de ne préquenter que les apprentis madistes et les duchesses de trottoirs.
00:18:54Oh...
00:18:55Pourtant, à vous parler sans phare, si je...
00:18:58Oh, la peste soit de ce fâcheux d'aubergiste qui vient nous interrompre.
00:19:02Messieurs, j'ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue.
00:19:05Lequel de vous deux est M. Marlowe ? C'est vous, monsieur ?
00:19:09Ah, vous êtes M. Assis.
00:19:12M. Marlowe, j'ai grand plaisir à vous voir sous mon toit.
00:19:16Bien.
00:19:17Il connaît déjà notre nom, comme un diable.
00:19:19Par nos domestiques, je pense.
00:19:21Nous apprécions vos soins et votre hospitalité, monsieur.
00:19:23Je pense, Charles, que nous ferons bien de changer nos vêtements de voyage demain matin.
00:19:26J'ai honte de cette tenue.
00:19:28Mais je vous en prie, monsieur, point de cérémonie.
00:19:30Fait ce que voudra, telle est la devise de la maison.
00:19:33Doucement, Georges.
00:19:35Si nous entamons les opérations avec Foug, nous risquons de manquer de munitions avant la fin de la campagne.
00:19:39Il vaudrait mieux mettre nos plus beaux habits en réserve à tout hasard pour couvrir notre retraite.
00:19:43Ah, très juste.
00:19:45Vous parlez de retraite, monsieur Marlowe.
00:19:47Cela me rappelle le duc de Malborou quand il mit le siège devant Denain.
00:19:51Il fait d'abord sommation à la garnison.
00:19:53Oui, que penseriez-vous pour commencer du joli marron ?
00:19:55À la garnison qui comptait bien cinq mille hommes.
00:19:57Je ne vous le conseille pas, mon cher.
00:19:59Le jaune et le marron font un pauvre assemblage.
00:20:01Non, je vous disais, messieurs, qu'ils sont à la garnison forte d'environ cinq mille hommes.
00:20:04Mais cinq mille hommes bien fournis de vivres, de munitions et d'autres harnais de guerre.
00:20:10Ma foi, dit-il, à George Brooks qui se tenait auprès de lui.
00:20:15Vous avez entendu parler de George Brooks sans doute.
00:20:18Oh, oui.
00:20:19Ma foi, dit le duc de Malborou, je gage mon duché que je prendrai cette ville sans verser une goutte de sang.
00:20:26Et si vous nous versiez un verre de ponche en attendant, mon bon ami ?
00:20:29Cela nous donnera des forces pour soutenir le siège jusqu'au bout.
00:20:32Du ponche, monsieur ?
00:20:34Eh oui, mon ami, du ponche, car tel est notre bon plaisir.
00:20:37Fait ce que voudra, c'est la devise de la maison, n'est-ce pas ?
00:20:40Comme vous voudrez, messieurs, je suis un fou dans un instant.
00:20:46Ces gentils mille ont d'étranges façons.
00:20:49Avez-vous jamais vu un pudence aussi extravagant ?
00:20:51On nous avait prévenu, mon cher. Le bonhomme a sans doute le timbre un peu fêlé.
00:20:55Il a oublié qu'il est aubergiste.
00:20:56Il n'a pas encore appris à être gentilhomme.
00:20:58Voici le ponche, messieurs.
00:21:04Où est votre honneur ?
00:21:07J'espère, messieurs, que vous le trouverez à votre goût.
00:21:10Je l'avais préparé de mes propres mains.
00:21:12Vous trouverez, je pense, que les ingrédients sont bien choisis.
00:21:16Messieurs, votre serviteur.
00:21:20Merci.
00:21:22Monsieur Marleau, je bois à notre future amitié.
00:21:27Mes compliments, monsieur, j'ai rarement bu un ponche de cette qualité.
00:21:39Cela confirme les éloges que l'on m'a fait de votre maison.
00:21:42On reconnaît l'hôte à son verre comme le soldat à sa rapière.
00:21:45Bien dit.
00:21:46Bien dit, c'est excellent.
00:21:48Votre comparaison me flatte, monsieur Marleau.
00:21:51Et il me remet en mémoire la tactique d'un grand homme de guerre,
00:21:54le prince Eugène lorsqu'il battit les Turcs à la bataille de Belgrade.
00:21:58Je vais vous raconter cela.
00:22:00Si vous permettez mon brave, au lieu de la bataille de Belgrade,
00:22:03j'aimerais mieux parler.
00:22:04Mais que pouvez-vous nous offrir ?
00:22:06Pour souper, monsieur.
00:22:08Eh oui, l'ami, pour souper.
00:22:10Je vous préviens que je règle toujours mon appétit sur le menu.
00:22:14A votre gré, messieurs, je n'ai rien à vous refuser.
00:22:19Roger !
00:22:23Roger, apporte-nous le menu du souper.
00:22:25Le quoi ?
00:22:26Le menu du souper.
00:22:29Le menu du souper.
00:22:31Oh, oui, monsieur.
00:22:35Monsieur Marleau, votre façon de faire me rappelle mon oncle,
00:22:38le colonel Wallop.
00:22:40Il aimait à dire que nul n'est sûr de son souper avant de l'avoir mangé.
00:22:49Son oncle, le colonel ?
00:22:50Oui, c'est la folie des grandeurs qu'il reprend.
00:22:52Ah, voilà le menu.
00:22:54Je vais faire l'Allemagne.
00:22:55Pardon.
00:22:56Pardon.
00:22:57Pardon.
00:23:04Voyons, voyons.
00:23:05Premier service, deuxième service, dessert.
00:23:08Mais que diable, monsieur.
00:23:10Vous nous feriez crever avec un pareil souper.
00:23:12Deux ou trois petites choses délicates et soignées nous suffiront largement.
00:23:15Non, mais lisez d'abord, Charles.
00:23:17Voyons.
00:23:18Oui.
00:23:19Cochon de lait sauce aux prunes.
00:23:21Non, non.
00:23:22Ensuite, langue et cervelle de veau.
00:23:24Vous avez un chien, mon brave.
00:23:26Mais j'en ai toute une meute, monsieur.
00:23:29Lorsque mon cousin le juge dirigeait la chasse aux renards dans tout le comté...
00:23:32Fort bien.
00:23:33Vous leur donnerez votre cervelle de veau, je n'en suis pas friand.
00:23:35Pour l'instant, Georges, j'aime la cervelle de veau, moi.
00:23:38Vous ne me la servirez pas.
00:23:39Et notez-le, mon ami, vous allez l'oublier.
00:23:42Vous êtes mes hôtes, messieurs.
00:23:44Vos désirs sont des ordres.
00:23:45Y a-t-il autre chose que vous désiriez supprimer ou modifier ?
00:23:50Voyons, voyons.
00:23:51Pâté de porc, lapin rôti aux saucisses, un balle florentine, poudin glacé...
00:23:56Non, non.
00:23:57Un seul de ces plats nous suffira.
00:23:58Faites-nous servir ce que vous voudrez, mon ami.
00:24:00Voilà pour le souper.
00:24:01Et maintenant, Georges, allons voir si nos lits ont été comptablement préparés.
00:24:04Mais de grâce, monsieur, laissez-moi ce soin. Ne bougez pas d'ici.
00:24:06Vous laissez ce soin ou que non pas, monsieur.
00:24:08Avec votre permission, ce sont des choses auxquelles je veille toujours moi-même.
00:24:12Je vous en prie, monsieur, remettez-vous-en à moi pour...
00:24:14Quoi, vous dis ? J'y suis rasolé.
00:24:15Du moins aurais-je l'honneur de vous accompagner.
00:24:23Si c'est là ce qu'on appelle aujourd'hui la timidité,
00:24:26elle ressemble furieusement à l'insolence d'autrefois.
00:24:33Mais que vois-je ? Miss Neville ! Par quel miracle !
00:24:37Mon cher Hastings, à quelle bonne fortune dois-je le bonheur de vous rencontrer.
00:24:41Parbleu, c'est bien à moi plutôt à poser la question.
00:24:43Pouvez-je m'attendre à trouver ma chère Constance dans une auberge ?
00:24:46Une auberge ? Mais vous vous moquez, c'est ici qu'habite ma tante.
00:24:50Mais qui donc a pu vous dire une pareille sottise ?
00:24:52Un jeune homme que nous avons rencontré à la taverne des Trois Pigeons.
00:24:55Ah ! C'est assurément un bon tour de mon très estimable cousin.
00:25:00Quoi ? Celui qui m'inspire tant du juste crainte ?
00:25:02Oh ! Sans raison, vous pouvez m'en croire.
00:25:04Ma tante elle-même a remarqué sa froideur.
00:25:06C'est elle qui me fait la cour à sa place.
00:25:08Et je lui laisse croire qu'elle a fait ma conquête.
00:25:11Oh ! Ma chère Constance, j'ai saisi l'heureuse occasion du voyage de mon ami Marleau
00:25:16pour être introduit dans votre famille.
00:25:18Notre conspiration est prête dès que nos chevaux seront reposés.
00:25:21Et si vous voulez bien me suivre, nous partons en France.
00:25:24Mon cœur vous appartient, vous le savez.
00:25:26Mais il me déplairait d'abandonner le peu de fortune que j'ai.
00:25:30Oui, ces bijoux que m'a légué mon oncle, ma tante en en la garde.
00:25:33Depuis quelque temps, je la cajole pour qu'elle m'autorise à les porter.
00:25:37Si tôt qu'ils seront en ma possession, vous disposerez d'eux et de moi, selon votre désir.
00:25:41Au diable ces bagatelles !
00:25:43Non, mon ami.
00:25:44Ce serait trop injuste de laisser ma tante s'emparer de ce qui n'est point à elle.
00:25:47Il suffit que vous le désiriez, ma chère, je n'ai qu'à obéir.
00:25:50Mais cependant, prenons garde de ne pas informer mon ami Marleau du tour qu'on nous a joué et de notre méprise.
00:25:55La fausse auberge, pourquoi donc ?
00:25:56Il est d'un caractère si timide, si réservé, que s'il apprenait la vérité, il s'enfuirait sur le champ.
00:26:00Je ne pourrais pas moins faire que de le suivre et nos projets seraient détruits d'un seul coup.
00:26:04Mais comment le laisser dans son illusion ? Miss Arcassel va descendre. Peut-être pourrions-nous...
00:26:09Chut ! Le voilà, je vous rejoins.
00:26:12Mon cher Marleau, les dieux nous favorisent. Devinez qui vient d'arriver à cette auberge.
00:26:18Je ne sais.
00:26:19Nos maîtresses, mon cher. Miss Arcassel et Miss Neville.
00:26:23Que grand Dieu !
00:26:24Miss Neville, à qui vous me permettrez de vous présenter.
00:26:30Elles dînaient tous deux dans le voisinage et se sont arrêtées ici pour changer de chevaux.
00:26:34Mais Miss Arcassel revient dans un instant. Pouvez-vous imaginer hasard plus favorable ?
00:26:39Non, sans doute. C'est une rencontre qui me charme et me ravite à l'avance.
00:26:43Cependant, Georges, nos vêtements sont en désordre. Nous pourrions peut-être mettre ce plaisir à demain.
00:26:49Oh, demain, chez elles, ce sera tellement...
00:26:51Vous n'y songez pas, monsieur. Trop de cérémonie serait une offense. Le désordre de votre costume sera la preuve de votre art. Elle sait que vous êtes ici et elle vous permet de l'avoir.
00:27:01Oh, c'est trop de bonté. Je n'ai pas mérité cette...
00:27:05Sting, son nom du ciel, aidez-moi. Je vais être furieusement ridicule.
00:27:08Un peu de courage, mon ami, jetez-vous à l'eau et tout sera dit.
00:27:11Oh, mais la voici.
00:27:12Oh, grand Dieu.
00:27:13Miss Arcassel, j'ai le grand plaisir de vous présenter Monsieur Marlowe.
00:27:18Je suis fier de réunir deux personnes à si grand mérite. Il vous suffira de vous connaître pour vous estimer.
00:27:23Je suis heureuse, monsieur, de vous voir arriver sains et saufs. Mais vous avez eu, je crois, des accidents en chemin.
00:27:29Oh, quelques-uns seulement, mademoiselle. C'est-à-dire un certain nombre.
00:27:35En effet, mademoiselle, nous avons eu beaucoup d'accidents, mais nous sommes ravis qu'ils se terminent de façon si agréable.
00:27:41Oh, vous voulez nous flatter, monsieur, vous qui êtes accoutumé à la société la plus choisie.
00:27:45La société ? Je l'observe, en effet. Plus je l'observe, plus j'observe que c'est une grande chose et que l'observe...
00:27:54Miss Arcassel, je vois que vous allez vous entendre à merveille avec Monsieur Marlowe.
00:27:58Notre présence, je crois, ne ferait que gêner votre entretien.
00:28:01C'est point du tout, monsieur Stings. Quelle idée ! Votre compagnie nous est précieuse entre tous.
00:28:04Vous êtes fou, Jean. Je ne voudrais pas nous laisser seuls, écoutez.
00:28:07Vous ne comprenez donc pas que c'est nous qui voulons bavarder son témoin ?
00:28:09Allons, venez, ma chère.
00:28:17Je... je présume, monsieur, que vous ne vous êtes pas borné à être un observateur.
00:28:22Les dames, je l'espère, ont eu quelque part à vos attentions.
00:28:26Pardonnez-moi, mademoiselle. Jusqu'ici, je me suis borné à m'efforcer de me rendre digne de leur estime.
00:28:32Ce n'est peut-être pas le meilleur moyen de leur plaire.
00:28:35Peut-être pas, mademoiselle, mais mon plus grand plaisir à moi, c'est de m'entretenir avec les plus sérieuses et les plus raisonnables des personnes de votre sexe.
00:28:46Mais je crains de devenir ennuyeuse.
00:28:48Pas du tout. Mais d'ailleurs, je partage vos goûts.
00:28:51À ne rien vous cacher, je m'étonne même parfois qu'un homme de sentiments puisse admirer ses plaisirs légers.
00:28:56C'est vanité où rien ne parle au cœur.
00:28:58Alors là, mademoiselle, c'est une infirmité de l'esprit.
00:29:02Dans la variété des goûts, il faut bien qu'il y ait certaines gens qui soient insensibles à l'attrait des… des…
00:29:11Ah oui, je vous entends, monsieur. Certaines gens, insensibles à l'attrait des plaisirs raffinés, affectent de mépriser ce qu'ils ne peuvent goûter.
00:29:21Voilà tout justement ma pensée, mademoiselle. Mais vous l'avez exprimée beaucoup mieux que moi.
00:29:27Et je ne puis m'empêcher d'observer, enfin, pour m'y dire, de remarquer que…
00:29:32Qu'avez-vous remarqué, monsieur ?
00:29:34J'ai remarqué, mademoiselle.
00:29:36Oui, eh bien…
00:29:37Je crois que j'ai oublié ce que j'avais remarqué.
00:29:40Eh bien, monsieur, vous me faisiez observer qu'en ce siècle d'hypocrisie… quelque chose sur l'hypocrisie, monsieur.
00:29:46Ah, mais oui, mademoiselle, en ce siècle d'hypocrisie, la plupart des gens, si on y regarde de près,
00:29:50mais je suis sûre, mademoiselle…
00:29:53Non, monsieur, pas du tout. Il est dans vos façons quelque chose de si agréable, de si animé.
00:29:59Vous vous exprimez avec tant de vie, tant de force. Continuez, je vous en prie.
00:30:04À votre gré, mademoiselle. Mais je crois que Miss Neville nous attend là-bas.
00:30:10Et je suis sûre que cet entretien vous a…
00:30:12Monsieur, j'y ai pris le plus grand plaisir du monde. Continuez de grâce.
00:30:16Oui, mademoiselle. Elle nous fait signe de la rejoindre, vous savez.
00:30:22Mademoiselle, m'accordez-vous l'honneur de… de vous accompagner.
00:30:26Ne prenez pas cette peine, monsieur Allais. Je vous suivrai.
00:30:29Merci.
00:30:31Oh, je n'en peux plus cette conversation si aise et si pétillante m'a achevé.
00:30:37Il ne m'a pas regardé en face une seule fois. Et pourtant, si l'on oublie sa timidité extravagante, il n'est pas des plaisants. Il a du bon sens.
00:30:46Oh, mais Dieu, que c'est fatigant de s'entourdir avec un homme terrorisé. Un imbécile serait moins pénible.
00:30:52Si je pouvais lui donner un peu d'assurance, ce serait un bon service à lui rendre. Et à moi aussi, peut-être.
00:31:00Eh bien, Roger… Oh, pardon.
00:31:03Pardonnez à nos valets, monsieur Hastings. Votre arrivée les impressionne et je les comprends. Il n'y a rien qui me charme autant que Londres et ses modes, bien qu'hélas, je n'y sois jamais allée.
00:31:18Jamais allée ? Vous me confondez, madame. Votre air, vos manières, tout me persuadait, au contraire, que vous aviez passé votre vie au Ranelagh, à Saint-Gemme ou bien au sommet de la Tour de Londres.
00:31:28À ce propos, monsieur Hastings, quel est, selon vous, l'âge le plus à la mode à Londres cette année ?
00:31:33Eh bien, ces derniers tols, il fallait avoir 40 ans. Mais les dames, paraît-il, veulent lancer la cinquantaine pour l'hiver prochain.
00:31:38Sérieusement ? Oui. Mais alors, je vais être trop jeune pour la mode ? Eh oui.
00:31:43Aucune dame, aujourd'hui, ne se hasarde à porter des bijoux avant d'avoir dépassé 40 ans. Mademoiselle, par exemple, dans un milieu de bon ton, serait considérée comme une enfant, tout juste bonne à broder au canevas.
00:31:54Eh bien, ici, mademoiselle Magnès se prend pour une femme et veut porter des bijoux comme si elle avait 20 ans de plus.
00:31:59Votre nièce, vraiment ! Et ce gentilhomme, un de vos frères, sans doute.
00:32:05C'est mon fils. Ils sont fiancés. Voyez-les. Ils se brouillent et se raccommodent dix fois par jour. On jurerait qu'ils sont déjà mariés femmes.
00:32:16Tony ! Mon rabissant ! Quelle tendresse disiez-vous ce soir à votre cousine Constance ?
00:32:23Des tendresses ? Vous voulez rire, ma mère. Je lui ai dit et répété qu'il est insupportable d'être ainsi persécuté.
00:32:28Le seul endroit de la maison où elle me laisse à peu près tranquille, c'est l'écurie.
00:32:31Ah, vous l'avez bien dressée. Elle vous ressemble à l'écolante comme de la poie.
00:32:35Vous avez résolu de me briser le cœur ? Je le vois bien.
00:32:37Voilà les larmes, bien entendu.
00:32:39Chère madame, permettez-moi de faire un peu de morale à ce jeune homme. Je crois que je vais le rappeler à ses devoirs.
00:32:44Dieu vous entende, cher monsieur Hastings. Je vous laisse avec lui. Venez, Constance, mon enfant.
00:32:48Voyez toute la misère de ma situation, monsieur Hastings. Une pauvre mère affligée d'un fils comme celui-ci.
00:32:54Charmant, sensible, joli, n'est-ce pas ? Mais d'une cruauté.
00:33:02Pour cela, mon jeune ami, je le crois sans peine. J'en ai eu la preuve.
00:33:05Que voulez-vous dire ?
00:33:06Auriez-vous oublié si vite l'excellent tour que vous nous avez joué ?
00:33:08Oh, vous auriez tort de vous en fâcher. Je ne vous connaissais point. Ce n'est pas à vous que j'en avais. C'était à mon beau-père.
00:33:14Soit, laissons cela. Mais il me semble qu'avec votre fiancée...
00:33:17Ma fiancée ?
00:33:18Oui.
00:33:19Ah, vous voulez dire ma cousine ? Vous ne la connaissez pas comme moi.
00:33:22Je peux vous affirmer que c'est l'animal le plus hargneux et le plus sale crapaud de toute la chrétienté.
00:33:27Du moins, faut-il lui reconnaître quelques beautés. Allons, avouez-le.
00:33:31De la beauté ?
00:33:32Mais...
00:33:33Ah, si vous pouviez voir Bébéty Boubounsère qui est du pays, là vous auriez le droit de parler de beauté.
00:33:39Elle a des yeux noirs comme de l'ancre. Des joues rouges, larges comme des coussins de prie Dieu.
00:33:43Ah...
00:33:45Et pour le reste, elle en fait deux comme l'autre.
00:33:49Et bien, que diriez-vous si un ami vous débarrassait de cette méchante affaire ?
00:33:53Quoi ?
00:33:54Auriez-vous quelque reconnaissance pour l'homme qui épouserait Miss Neville et qui vous laisserait vivre heureux avec votre chère Bébéty ?
00:33:59Une reconnaissance qui durerait toute ma vie.
00:34:01Mais où trouver un ami assez dévoué pour épouser ma cousine ?
00:34:03Vous l'avez devant, vous !
00:34:05Si vous m'aidez, je m'engage à l'enlever.
00:34:07Nous partons en France et jamais plus vous n'entendez parler d'elle.
00:34:10Vous aidez ? Parbleu, je suis votre homme. Touchez-la, monsieur.
00:34:13Je vais atteler votre voiture une paire de chevaux qui vous emmèneront comme l'éclair.
00:34:17Et qui sait, je mettrais peut-être entre vos mains une partie de sa fortune.
00:34:20Oui, des bijoux.
00:34:22Voilà une surprise, n'est-ce pas ?
00:34:24Ma foi, mon gentilhomme, c'est plein d'esprit, ce que vous me dites là.
00:34:27Oui, mais ce n'est pas l'esprit qui me fait défaut.
00:34:29Vous en savez déjà quelque chose.
00:34:31Mais...
00:34:34Chuuut !
00:34:36...
00:34:46...
00:34:49...
00:34:55...
00:34:59...
00:35:03...
00:35:24...
00:35:25Je vois quête que tu as changé d'Europe selon mon désir.
00:35:29C'est un plaisir pour moi, mon père, qu'il obéira vos ordres.
00:35:31Ton respect me charme, mon enfant.
00:35:33Mais sans y manquer, tu aurais pu peut-être t'étonner de certaines de mes recommandations.
00:35:38Oui, quand je t'ai annoncé, par exemple, pour amant, un modeste gentilhomme.
00:35:43Mon père, vous m'avez dit de m'attendre à quelque chose d'extraordinaire, mais le portrait n'est rien à côté de l'original.
00:35:49Oh, quelle surprise ! J'en suis resté confondu ! Cette prétention, cette arrogance !
00:35:54Je voulais vous dire, mon père, il ne m'a pas semblé que ces manières fussent prétentieuses ni arrogantes.
00:35:59Cette timidité m'a frappé au premier coup d'œil.
00:36:01Plaisant coup d'œil, vraiment ? Un sans gêne, une audace !
00:36:04Oh, vous vous moquez, mon père ! Jamais je n'ai rencontré de gentilhomme plus tremblant !
00:36:09Un impudent ! Un mal appris !
00:36:12Je vous jure qu'il m'a abordé avec des balbutiements, des révérences et des yeux cloués à terre !
00:36:18Et je te jure qu'il m'a abordé, moi, avec une voix claironnante, une allure de Matamor, et une familiarité dont je suis encore étonné !
00:36:24Il m'a traité avec le respect le plus déférent !
00:36:26J'étais en train de lui raconter mes meilleures anecdotes, celles du prince Eugène et celles du duc de Malboro.
00:36:31Eh bien !
00:36:32Il m'a demandé de lui servir à boire !
00:36:35Oui, Kate ! Il a demandé à ton père d'aller lui préparer un ponche !
00:36:41Et ce n'est pas tout ! Regarde !
00:36:44Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
00:36:46Ce sont ses bottes, mon enfant ! Il m'a prié d'aller les lui cirer !
00:36:50Oh, mon père, c'est impossible ! Nous ne parlons pas du même homme !
00:36:53Et nous parlons de M. Marleau !
00:36:55Mais alors qui de nous deux l'a vu sous son vrai jour et dans son vrai caractère ?
00:36:59Si c'est moi, je puis t'assurer que je ne consentirai point à ton mariage avec un pareil effronté !
00:37:03Mais si c'est moi, je ne veux pas pour époux d'un aussi triste nigaud !
00:37:06Nous voilà d'accord, mon enfant, nous n'en voulons ni l'un ni l'autre ! M. Marleau va quitter cette maison !
00:37:10Oh, attendez, mon père ! Oh, attendez, c'est peut-être aller un peu vite !
00:37:14Supposez que vous découvriez en lui moins d'impudence et moi plus de hardiesse !
00:37:20Supposez qu'il vous apparaisse plus respectueux et à moi moins réservé !
00:37:26Eh bien ?
00:37:27Eh bien, je ne sais pas, moi ! Il n'est pas mal, après tout !
00:37:32Il ne ressemble pas aux jeunes gens que je rencontre ici au bal ou à la chasse !
00:37:36Alors, s'il nous apparaissait tel que tu le dis !
00:37:38Peut-être nous plairait-il à tous les deux ! Il faut lui en laisser le temps, n'est-ce pas ?
00:37:42Et à nous le loisir de l'étudier de plus près !
00:37:44Bon, j'y consens !
00:37:46Merci !
00:37:47Mais crois-moi, mon enfant, c'est moi qui ai raison !
00:37:50Mais croyez-moi, mon père, je n'ai pas tout à fait tort !
00:38:11Eh bien, mon ami, nos chevaux seront bientôt prêts !
00:38:13Oui, nous devons fuir !
00:38:14Attendez !
00:38:15Voilà les bijoux pour payer les frais du voyage !
00:38:17Ce sont les bijoux de votre dulciné !
00:38:19Grand Dieu, comment diable les avez-vous obtenus si vite de votre mère ?
00:38:23Il y a bien longtemps que j'ai la clé du problème !
00:38:25Entre nous, si je n'étais pas capable d'ouvrir tous les tiroirs de ma mère,
00:38:28comment ferais-je pour aller au cabaret tous les jours ?
00:38:30Et puis, un honnête homme a bien le droit de voler ce qui lui appartient, n'est-ce pas ?
00:38:32Sans doute !
00:38:33Cependant, si elle s'aperçoit que les bijoux ont disparu, je crains de sa colère !
00:38:36Ne craignez rien et laissez-moi le soin de cette affaire !
00:38:38Je n'ai pas peur de sa colère, moi !
00:38:39Il y a bien longtemps que...
00:38:41La voilà !
00:38:42Disparaissait !
00:38:43Allons ! Allons !
00:38:49En pari de consens, je ne vous comprends pas !
00:38:53À votre âge, vouloir des bijoux !
00:38:55Vous y changerez dans vingt ans, quand il faudra réparer votre beauté !
00:38:58Ma tante !
00:38:59Ma chère, les bijoux sont passés de mode ! N'importe qui vous le dira !
00:39:02Mais je ne vous les demande que pour une journée !
00:39:04Quelle folie ! Ce ne sont que des brun-bourrions !
00:39:06Quelques vieux brillants, des roses et des pierres taillées à l'antique !
00:39:09Vous auriez l'air d'une reine de carnaval !
00:39:11D'ailleurs, je ne sais plus où je les ai, mais je crois ma parole...
00:39:13Carré !
00:39:14Chut !
00:39:15Voilà ce qu'il faut lui dire une bonne fois, si vous voulez être tranquille !
00:39:18Tony, mon enfant, c'est pour vous que je fais cela !
00:39:20Si je dis que je les ai perdus, vous me soutiendrez, n'est-ce pas ?
00:39:22Oh, soyez sans crainte, ma mère !
00:39:24Laissez-moi ce plaisir, vous pourrez les renfermer ensuite !
00:39:27Constance, mon enfant, je vous les donnerais de grand cœur, si je les avais !
00:39:30Mais ils ont disparu, je vous assure ! Disparu !
00:39:33Il faut nous y résigner !
00:39:35Pardonnez-moi ma tante, mais je n'en crois rien !
00:39:37C'est une mauvaise excuse pour me les refuser !
00:39:39Constance, mon enfant, j'ai toujours aimé votre bon sens !
00:39:42Vous n'allez pas prendre cette bagatelle au tragique !
00:39:44D'ailleurs, nous les retrouverons, un jour ou l'autre !
00:39:46En attendant, je vous prêterai mes grenats !
00:39:48J'ai horreur des grenats !
00:39:49Mais là, vous avez tort !
00:39:50Il n'y a rien de tel que les grenats pour faire valoir un joli teint !
00:39:53Vous le savez bien ! D'ailleurs, je les porte assez souvent !
00:39:55On va vous les chercher !
00:39:56Mais je n'en veux point, vous dis-je !
00:39:58Conçoit-on pareil audace ! Perdrons mes bijoux et m'offrir sa pacotille !
00:40:02Taisez-vous donc, pauvre cervelle !
00:40:03S'il vous donne ses grenats, prenez-les !
00:40:05Les bijoux sont en sûreté !
00:40:07Je les ai pris dans son bureau, mais elle n'en sait rien !
00:40:09Courez rejoindre votre Adonis, il vous dira le rester !
00:40:11Pour ma mère, je m'en charge !
00:40:12Oh, mon cher cousin !
00:40:13Courez, courez, vous dis-je !
00:40:15Au secours, mon voleur !
00:40:18Elle aide !
00:40:19Elle a découvert le pote aux roses !
00:40:20Nous allons voir un beau feu d'artifice !
00:40:22Denis ! On nous a volé, pillé, dérobé !
00:40:25Qu'est-ce donc, ma mère ? Qu'y a-t-il ?
00:40:27On a forcé le tiroir de mon bureau, les bijoux ont disparu et je suis ruinée !
00:40:31Oh, vous m'en rassurez !
00:40:32Alors, ma parole, j'ai failli m'y laisser prendre et croire que vous étiez ruinée pour tout bon !
00:40:36Mais je le suis, vous dis-je ! On a forcé mon bureau, on a tout emporté !
00:40:40Excellent, ma mère, la voix, le geste !
00:40:42Mais ne vous fatiguez pas, nous sommes entre nous et je connais mon rôle !
00:40:45Denis, mon chérubin, écoutez-moi ! Ils ont disparu, vous dis-je !
00:40:49Oui, ils ont disparu, parbleu ! Mais ils ne sont pas perdus pour tout le monde !
00:40:52Mais triple saut, crois-tu donc que je plaisante ? C'est bien le moment de railler, vraiment !
00:40:56Non, vous avez raison, il faut garder l'air triste si nous voulons échapper aux soupçons !
00:40:59Soyez sans crainte, je témoignerai que les bijoux sont perdus !
00:41:02Encore un témoignage et je te mets à la porte !
00:41:04Tu ris ? Mon désespoir est donc si plaisant ?
00:41:07Faut-il que j'en témoigne, ma mère ?
00:41:09Tu m'insultes ? Je suis encore capable de t'apprendre le respect !
00:41:12Faut-il que j'en témoigne, ma mère ?
00:41:14Mais Anima, écoute-moi et aide-moi !
00:41:17Oh, ma chère Kate ! Connaissez-vous la nouvelle ?
00:41:20Que se passe-ci ? Votre frère a eu assez d'esprit pour persuader nos amis que cette maison était une auberge !
00:41:25Oh, vous m'en prévenez bien tard, ma chère Père !
00:41:28Votre faute, j'ai failli me quereller avec mon père !
00:41:30Ce n'est pas vous que nous voulions laisser dans l'erreur, mais M. Marlowe !
00:41:33S'il avait appris la vérité, la honte de sa méprise l'aurait déjà fait fuir !
00:41:36Et mon cher Hastings avec lui !
00:41:38C'était fort dommage, sans doute, mais du moins il n'aurait pas demandé à mon père de lui nettoyer ses bottes !
00:41:42Il ne faut pas pousser trop loin de la plaisanterie ! Celle-là a passé les bornes !
00:41:45Je vous en supplie, mon cœur, ne nous trahissez pas !
00:41:47Dans une heure, peut-être, tout sera fini !
00:41:48Nous serons loin, Hastings et moi, et vous ferez ce que vous voudrez !
00:41:52D'ici là, ne revoyez pas M. Marlowe !
00:41:55Et pourquoi ?
00:41:56Vous avez changé de robe !
00:41:57Oui, eh bien...
00:41:58Eh bien, M. Marlowe vous a vu, et il ne vous a parquenu !
00:42:00Quoi ?
00:42:01Et il a demandé à un des domestiques si vous étiez la servante de l'auberge !
00:42:04Et que lui a-t-on répondu ?
00:42:06Pour ma foi, le pauvre diable était tellement surpris qu'il n'a rien répondu du tout !
00:42:11Oh, Constance, il faut me répondre franchement !
00:42:14Sans doute !
00:42:15La question que je vais vous poser est grave !
00:42:17Je vous écoute !
00:42:19Cette robe me va-t-elle bien ?
00:42:21Ah, le mieux du monde !
00:42:22Vous avez l'air d'une soubrette de Marivaux !
00:42:24Toute bonne !
00:42:25Toute bonne !
00:42:26Alors, puisque M. Marlowe me prend pour la servante,
00:42:29je ne le détromperai pas de si tôt !
00:42:32Que gagnerez-vous à le laisser dans l'erreur ?
00:42:34Ce que j'y gagnerai !
00:42:35D'abord que sous ce costume, je suis sûre qu'il osera me regarder !
00:42:38Et cela changera peut-être bien des choses !
00:42:42Et puis, s'il est vrai qu'il n'est à l'aise qu'avec les servantes,
00:42:44c'est le seul moyen de le connaître un peu mieux !
00:42:46Mais pensez-vous qu'il soit convenable ?
00:42:48Oh, non !
00:42:49Oh, laissez-moi vous regarder, mon cœur !
00:42:51Oh, vous avez si bonne grâce à me faire la morale !
00:42:54À propos, vos chevaux seront-ils bientôt prêts ?
00:42:57Pauvre M. Marlowe !
00:43:00Ménagez-le !
00:43:01N'y comptez pas ! J'ai une revanche après !
00:43:13Enfin, me voilà tranquille !
00:43:15J'ai grand besoin de réfléchir et de voir clair dans ma conduite !
00:43:18Mais ça recasse ! Oh, non !
00:43:21Elle est trop sérieuse pour moi et donne trop dans le sentiment !
00:43:24Votre honneur a appelé !
00:43:25Non, mon enfant ! D'ailleurs, je l'ai à peine regardé, mais...
00:43:28Je crois qu'elle louche !
00:43:30Je suis sûre, monsieur, d'avoir entendu sonner !
00:43:32Non !
00:43:33Après tout, j'ai satisfait les désirs de mon père, mon anticille !
00:43:36Il est grand temps que je satisfasse les miens en partant dès demain !
00:43:39C'est peut-être l'autre gentilhomme qui a appelé, monsieur !
00:43:42Non ! Non !
00:43:44Ah, vous dis-je !
00:43:48Ah, mais en effet, je crois en effet que j'avais appelé !
00:43:52Je voulais...
00:43:53Votre honneur voulait quelque chose !
00:43:55Mais parle-bleu, mon enfant !
00:43:57Mais savez-vous que vous êtes diablement jolie !
00:43:59Oh, pardon, monsieur, vous voulez me rendre confus !
00:44:01Oh, sur mon âme !
00:44:03Jamais je deviens rien aussi vif, aussi plein de malice !
00:44:06Quel âge avez-vous, petit ?
00:44:07Ah, ma foi, monsieur, je ne vous le dirai point !
00:44:09Vous connaissez le proverbe !
00:44:10À la musique et aux femmes, on ne compte pas les années !
00:44:13Autant que j'en puisse juger à cette distance !
00:44:15Vous ne devez pas avoir plus de... de... de... de...
00:44:1740 ans !
00:44:1840 ans !
00:44:19Si que j'y vois mal !
00:44:20Ah !
00:44:21Ah !
00:44:22D'ici, vous n'en paraissez pas autant, assurément !
00:44:24C'est une chose surprenante que certaines femmes,
00:44:26quand on s'approche d'elles, semblent rajeunir !
00:44:28Et quand on est tout à fait pauvres...
00:44:30Oh, allez !
00:44:31Gardez-vous distance !
00:44:32Prenez-vous pour un cheval dont on connaît l'âge à la bouche !
00:44:35Oh, vous me traitez fort mal, mon enfant !
00:44:37Si vous me maintenez aussi loin de vous,
00:44:38comment voulez-vous que nous fassions connaissance ?
00:44:40Non !
00:44:41Je vous dis que je le veuille, monsieur !
00:44:42Vous avez une telle façon de connaître les gens !
00:44:44Et pourtant, tout à l'heure, avec une sarcasm,
00:44:46je suis sûre que vous faisiez moins logique !
00:44:48Oh !
00:44:49Avec cette grande sotte qui louche !
00:44:51J'ai ri, voilà ce que j'ai fait !
00:44:53Et encore, je n'ai pas voulu être trop cruel !
00:44:54Si t'étais tellement facile !
00:44:56Ah oui, je comprends !
00:44:57Je vois bien ce que vous êtes maintenant !
00:44:59Un de ces gentilles âmes qui sont en faveur auprès des dames, n'est-ce pas ?
00:45:03Eh !
00:45:04Oui, petite en grande faveur !
00:45:06Je veux bien être pendu si je vois ce qu'il est séduit à ce point !
00:45:09Mais tenez, au cercle des dames à Londres !
00:45:12Elle m'appelle l'irrésistible Dorant !
00:45:15Mais vous en êtes le grand favoriste !
00:45:17Mon Dieu, oui !
00:45:18Je vous assure que Lady Blackleg, la comtesse de Sligo et votre serviteur,
00:45:23se charge d'en bannir toute mélancolique !
00:45:25C'est donc un endroit bien gai !
00:45:27Mon Dieu !
00:45:28Aussi gai que peuvent leur rendre les cartes, les soupers, le vin, les femmes !
00:45:31Vous en êtes résistible Dorant, n'est-ce pas ?
00:45:34Vous riez ?
00:45:36Ah oui, monsieur Jory !
00:45:37Je pense à toutes ces femmes !
00:45:39Quand on trouve-t-elle le temps de s'occuper de leurs ouvrages et de leurs enfants ?
00:45:42Tout va bien, ce n'est pas de moi qu'elle rit !
00:45:44Et vous-même, petite, vous travaillez beaucoup ?
00:45:48Certes, oui, monsieur !
00:45:49Il n'est pas dans la maison un écran, un couvre-lit qui ne puisse en témoigner !
00:45:52Quoi ? Vous brodez ?
00:45:54Oh, mais c'est charmant !
00:45:56Moi aussi je brode un peu, et je dessine des modèles !
00:46:00Profitez de l'occasion, vous avez un connaisseur près de vous !
00:46:03Alors, montrez-lui votre bras !
00:46:05Monsieur, je vous en prie !
00:46:06Découvrez-lui !
00:46:07Je vous en prie !
00:46:08Mais pourquoi donc ?
00:46:10Mais c'est parce qu'elle...
00:46:12On se rend mal compte des couleurs, à la lumière des bougies !
00:46:15Demain, vous verrez tout cela demain !
00:46:16Mais pourquoi pas maintenant, mon ange !
00:46:18A ton beauté m'enflamme !
00:46:19Je me sens irrésister !
00:46:21Corbe-le !
00:46:26Voilà le prince de l'air !
00:46:28Il reste là, sans un mot d'excuse !
00:46:31Aussi un civil, qu'un discret !
00:46:39Fort bien, mademoiselle !
00:46:41Le voilà donc, votre amoureux timide !
00:46:44Cet humble admirateur qui n'ose lever les yeux sur vous !
00:46:47Quête, tu n'as pas honte de tromper ainsi ton père ?
00:46:49Quoi que vous en pensiez, mon père, c'est bien le jeune homme timide et réservé qui m'était apparu tout d'abord !
00:46:54Les paroles d'honneur, je crois que son impudence est contagieuse !
00:46:57Je l'ai vue à l'instant, qui te pressait la main !
00:46:59Je l'ai vue qui te bousculait comme une fille de ferme !
00:47:02Mais tu viens me parler de son respect et de sa timidité !
00:47:05Mais mon père, vous ne savez pas tout et je ne peux pas tout vous dire !
00:47:09Voilà qui est fort rassurant !
00:47:11Mais mon père croit sur parole et je suis sûre de vous convaincre !
00:47:14Non, mademoiselle, je ne serais pas convaincue, je le suis déjà !
00:47:17Il y a trois heures qu'il est dans cette maison, il a déjà accumulé plus d'impertinence qu'un autre en trois ans !
00:47:21Mais mon père !
00:47:22Il est un peu que vous aimiez cette impudence !
00:47:24Et qu'il vous plaise de l'appeler timidité !
00:47:27Mais pour moi, mademoiselle, j'exigerais de mon genre des qualités un peu moins équivoques !
00:47:31Mon père, je ne vous demande que cette nuit pour vous convaincre !
00:47:33Tu n'en auras pas la moitié, car j'ai bonne envie de le mettre à la porte avant une heure !
00:47:36Eh bien, donnez-moi cette heure et vous serez satisfait !
00:47:38Une heure soit !
00:47:40Mais ne t'avise pas de bédiner avec ton père, tu m'entends bien !
00:47:44Je n'aime pas beaucoup qu'on me joue la comédie !
00:47:47Oh mon père, si quelqu'un a songé à vous jouer la comédie, je vous le jure que ce n'est pas moi !
00:47:53...
00:47:55...
00:47:59...
00:48:03...
00:48:09...
00:48:11...
00:48:33...
00:48:43...
00:49:03...
00:49:09...
00:49:11...
00:49:33...
00:49:39...
00:49:41...
00:50:03...
00:50:13...
00:50:15...
00:50:17...
00:50:19...
00:50:21...
00:50:27...
00:50:29...
00:50:31...
00:50:33...
00:50:35...
00:50:45...
00:50:47...
00:50:49...
00:51:01...
00:51:03...
00:51:15...
00:51:17...
00:51:31...
00:51:33...
00:51:35...
00:51:51...
00:51:53...
00:51:55...
00:52:13...
00:52:15...
00:52:33...
00:52:35...
00:52:37...
00:52:55...
00:52:57...
00:52:59...
00:53:05...
00:53:19...
00:53:21...
00:53:27...
00:53:41...
00:53:43...
00:54:03...
00:54:05...
00:54:11...
00:54:25...
00:54:31...
00:54:35...
00:54:37...
00:54:39...
00:54:43...
00:54:45...
00:54:47...
00:54:49...
00:54:51...
00:54:53...
00:54:55...
00:54:57...
00:54:59...
00:55:01...
00:55:03...
00:55:05...
00:55:07...
00:55:09...
00:55:11...
00:55:13...
00:55:23La vôtre ?
00:55:25Eh oui, la mienne, aussi longtemps qu'il me plaît d'y rester.
00:55:27De quel droit prétendez-vous m'en chasser ?
00:55:29Corps bleu. Je n'ai jamais vu pareil audace.
00:55:32Et moi non plus, Sacre Bleu.
00:55:35Il arrive chez moi et exige tout ce qui lui plaît.
00:55:38Il me chasse de mon fauteuil.
00:55:39Il prend des libertés avec ma famille.
00:55:41Il enivre ses domestiques et il vient me dire que cette maison est à moi.
00:55:44Mais mon jeune ami, ne vous arrêtez pas en si bon chemin.
00:55:47Allons, courage, puisque vous prenez la maison, pourquoi ne pas prendre les meubles ?
00:55:51Tenez, voici une paire de chandeliers d'argent, un garde-feu et des soufflets à monture de cuivre.
00:55:56Vous êtes bien sûr qu'il ne vous tente pas ?
00:55:59En voilà assez, monsieur. Apportez-moi ma note et finissons-en.
00:56:02Jeune homme, j'attendais ici un visiteur courtois et timide.
00:56:06C'est ce que m'annonçait la lettre de monsieur votre père.
00:56:09Mais j'aurai bientôt l'occasion de lui dire que son fils est un butor et un mal appris.
00:56:16Mon père ? Qu'est-ce que cela signifie ?
00:56:20C'est une auberge ici.
00:56:21Les domestiques crient, voilà, monsieur, le service est mal fait.
00:56:27Et cette petite servante, enfin, elle pourrait me renseigner aux fêtes.
00:56:33Mon enfant, un mot, je vous prie.
00:56:35Comme il vous plaira, monsieur. Mais appelez-vous, vous voyez que j'ai affaire.
00:56:38Une question seulement. Qui êtes-vous, au juste, et que faites-vous ici ?
00:56:43Qui je suis, mais une parente de la famille, monsieur.
00:56:46Une parente, pauvre, sans doute.
00:56:48Hélas, oui, monsieur, une parente pauvre, à qui l'on a confié le soin de vieillesse que les hôtes de la maison ne manquent de rien.
00:56:56Oui, cela est fort bien dit, mais en termes plus brefs, cela signifie que vous êtes la servante de cette auberge.
00:57:02Cette auberge ? Ah, grand Dieu, qui vous a mis cette idée en tête ?
00:57:04La meilleure famille du pays te dure une auberge ? Une auberge, la maison de monsieur Arcastle ?
00:57:10La maison de monsieur Arcastle ?
00:57:13Non, répondez-moi, nous sommes chez monsieur Arcastle.
00:57:16Bien sûr, vous voudriez vous être.
00:57:17À cent lieues d'ici en Chine, dans la lune, n'importe.
00:57:21Ah, je comprends tout, maintenant.
00:57:23Pas d'encore, mais cela viendra.
00:57:24On m'a joué le tour le plus cruel, le plus odieux.
00:57:28Mais aussi, quand même, j'étais assez saut.
00:57:30Je n'oserais plus en paraître à Londres, quel clas de rire dans toutes les villes.
00:57:33L'aventure en chanson, on en fera des vaudevilles, l'auberge imprévue ou les sottises du chevalier.
00:57:38Et c'est ma faute aussi, avoir pris cette maison pour une auberge,
00:57:41et le plus vieil ami de mon père pour un patron de taverne.
00:57:45Et ce n'est pas tout mon enfant, vous-même.
00:57:47Oui, vous.
00:57:48Je vous ai prise pour la fille du comptoir.
00:57:51Moi, oh, pourtant, Seigneur, il n'y a rien dans mes façons, ni dans mes manières,
00:57:54qui puisse me faire confondre avec une fille de cette sorte.
00:57:57Oh, rien du tout, assurément, mais j'ai pris vos attentions pour de l'art, yes,
00:58:00et votre simplicité pour des coquetteries.
00:58:03Mais c'est fini, je quitte cette maison à l'instant.
00:58:05Bon, j'espère, monsieur, n'avoir rien fait qui vous aide plus.
00:58:08Je serai fâchée d'offenser un gentilhomme qui m'a traité avec tant de politesse,
00:58:13et qui m'a dit des choses si obligeantes.
00:58:16Je serai encore plus fâchée s'il quittait cette maison à cause de moi.
00:58:19Ma parole, elle pleure.
00:58:23Voilà bien la première marque de tendresse que j'ai reçue d'une année de fille, cela est touchant.
00:58:30Pardonnez-moi, ma belle enfant, vous êtes la seule personne ici que je ne quitterai pas sans regret.
00:58:35Pourtant, je dois vous parler sans détour.
00:58:36La naissance, l'éducation, la fortune, tout nous sépare, hélas.
00:58:43Mais si je ne puis songer à nous unir d'un lien arable, je ne supporte pas non plus l'idée de séduire l'innocence.
00:58:49De quel droit ferais-je votre malheur à vous, dont le seul crime est d'être trop, trop aimable ?
00:58:56La franchise lui va bien, il commence à vouer qu'il est honnête homme.
00:59:03Ma foi, monsieur, je ne feindrai pas plus que vous.
00:59:07Ma famille vaut bien celle de mes sarcastles, mais il est vrai que je suis pauvre.
00:59:12On dit que plaid d'argent n'est pas mortel, et je le croyais.
00:59:15Jusqu'à ce jour, je n'avais jamais songé que ce fût un malheur que d'être sans fortune.
00:59:20Et vous le pensez maintenant ?
00:59:22Oui, monsieur, puisqu'il me sépare de vous.
00:59:25Peut-on imaginer une telle innocence ?
00:59:28En vérité, cela me charme, si je reste ici, je suis perdu.
00:59:34Votre intérêt pour moi, ma belle-enfant, me touche.
00:59:37Plus que je ne saurais dire.
00:59:38Dites-le quand même, monsieur.
00:59:40Si je pouvais disposer de mon sort, je n'aurais pas de peine à fixer mon choix.
00:59:44Il faut cependant que je sacrifie à l'opinion du monde.
00:59:48Ce sont là des obligations que je...
00:59:51Je n'avais pas songé moi-même jusqu'à ce jour que je pouvais...
00:59:55Oh, pardonnez-moi, je n'ai pas la force d'aller plus loin.
01:00:01Adieu.
01:00:04Il pleure, il soupire, il se désespère.
01:00:08Il est charmant.
01:00:10Mais comment l'empêcher de s'en aller ?
01:00:11Il faut absolument que mon père s'en mêle.
01:00:19La fois prochaine, vous les volerez vous-même.
01:00:21Pour moi, j'ai fait mon devoir.
01:00:22Je n'ai pas perdu.
01:00:23Elle a remis les bijoux sous clé, c'est vrai, mais elle croit que c'était une sortise des domestiques.
01:00:26Mon cher cousin de grâce, ne nous abandonnez pas.
01:00:29Voyez la situation où nous sommes.
01:00:30Si elle devine que je veux m'enfuir, elle m'enfermera.
01:00:33À moins qu'elle ne m'envoie chez ma tante pédigree et me laisse mourir d'ennui.
01:00:36Que diantre, je vous ai trouvé des chevaux qui filent comme le vent.
01:00:39Et pour endormir les soupçons de ma mère, je vous fais la cour avec une galanterie qui m'étonne moi-même.
01:00:43Alors que voulez-vous le plus ?
01:00:45La voilà.
01:00:46De la tendresse, mort bleue, de la tendresse.
01:00:47Là, je vous surprends, mes tourtereaux.
01:00:57Quoi ? Des baisers, des regards, des murmures.
01:01:01Ma mère, comment ai-je pu vivre si longtemps sans être frappé jusqu'à l'âme par ces beaux-énoisettes ?
01:01:07Et par ces doigts si merveilleux qui courent sur l'arbre comme... comme... comme rire dans un placard.
01:01:13Oh, tenez ! Vous me rappelez votre père. Il avait comme vous le don de charmer les cœurs.
01:01:20Constance ! Je vais vous rendre vos bijoux. Vous les aurez sur le champ. Je vais chercher la cassette.
01:01:24J'ai une lettre pour votre honneur.
01:01:27Oui, donnez-la à ma mère. Elle est toujours avant moi.
01:01:29C'est que j'ai ordre de vous la remettre à vous-même.
01:01:32Ah ? De qui est-elle ?
01:01:34Il faudra demander ça à la lettre, votre honneur.
01:01:39C'est facile à dire. Regardez-moi cette écriture.
01:01:41C'est la lettre de Hastings.
01:01:43Si ma tante la voit, nous sommes perdus.
01:01:45Qui a-t-il, mon enfant ?
01:01:46Rien, rien, rien, rien, ma tante. Allez plutôt me chercher mes bijoux.
01:01:49Ranger ça, c'est sans importance.
01:01:51Sans importance ? Mais qu'en savez-vous ?
01:01:53Ce n'est ma mère tâchée de déchiffrer cela. Sans importance.
01:01:56Voyons.
01:01:58Cher monsieur,
01:02:00j'attends Miss Neville au fond du jardin avec une voiture attelée.
01:02:03« Par malheur, nos chevaux sont fourbus. Je compte sur vous pour nous procurer, selon votre promesse, une paire de chevaux frais. Mais hâtez-vous de grâce, car je crains d'avoir éveillé les soupçons de votre vieille sorcière de mer. »
01:02:24Vieille sorcière, oui.
01:02:26J'espère, madame, que vous modérerez un instant votre colère.
01:02:29Que vous ne m'affuterez pas les audaces et les démérités dont un autre est coupable.
01:02:33C'est fort bien parlé, mademoiselle.
01:02:35Vous avez deux chevaux fringants qui vous attendent, n'est-ce pas ?
01:02:38Il serait bien dommage de n'en point profiter.
01:02:40Mais au lieu de vous échapper avec votre galant, vous allez vous préparer à partir sur le champ avec moi.
01:02:45Votre tante pédigrée saura vous tenir en sûreté et vous pouvez m'en croire.
01:02:49Quant à vous, monsieur le saquin, vous montrez un cheval et nous servirez d'escorte.
01:02:52« Hola, Thomas, Roger, Dix-Henri ! »
01:02:55« Oh, je suis perdue. »
01:02:56« Oui, ça me paraît certain. »
01:02:57« Voilà ce qu'on gagne aussi à prendre comme complice ainsi parfaite imbécile.
01:03:00Vous n'avez donc pas vu que je m'épuisais en signant clin d'œil. »
01:03:03« Allez, c'était ça ? »
01:03:06« Eh bien, monsieur, on va aller m'apprendre jolies nouvelles.
01:03:09Vous nous avez trahi en montrant ma lettre. »
01:03:10« À l'autre, maintenant. »
01:03:11« Eh, voici les jeunes gens qui m'ont si bien traité.
01:03:14Grâce à vous, j'étais méprisé, insulté et moqué. »
01:03:16« Et deux, trois, charmante soirée. »
01:03:18« Voici monsieur le gentilhomme à qui nous sommes redevables de toutes ses surprises. »
01:03:20« Que lui dirais-je ? C'est un enfant, Hélide. »
01:03:23« Sa sottise et sa jeunesse lui servent d'excuses. »
01:03:26« Mais vous, monsieur Hastings, vous connaissiez mon erreur et vous n'avez rien fait pour m'en retirer. »
01:03:29« Monsieur Marleau, lorsque nous avons connu votre erreur, il était trop tard pour vous en détromper. »
01:03:34« Oh, de grâce, faites la paix. »
01:03:36« Madame Désir, que vous vous préparez aussitôt, mademoiselle. »
01:03:38« On attelle les chevaux et nous avons douze du à faire avant le matin. »
01:03:41« Oui, j'arrive à l'instant. »
01:03:42« L'amitié, monsieur, aurait dû vous interdire de me laisser dans le ridicule et de m'exposer au mépris commun. »
01:03:46« J'attends l'explication. »
01:03:47« Mais que diable, monsieur, je pourrais bien vous en demander une, moi aussi. »
01:03:49« Je vous avais confié une cassette. Pourquoi vous en êtes-vous séparés ? »
01:03:52« Votre manteau, madame. Madame Saint-Patien. »
01:03:54« Oui, par pitié, réconciliez-vous. »
01:03:57« Si vous me laissez partir ainsi, je mourrai d'inquiétude. »
01:03:59« Voici vos gants, mademoiselle. Les chevaux sont prêts. »
01:04:03« Monsieur Marleau, si vous saviez les tristesses et les humiliations qui m'attendent, votre colère se changerait en pitié. »
01:04:11« Pardonnez-moi, mademoiselle, et vous aussi, Georges. »
01:04:15« Mais vous connaissez mon caractère. Vous n'auriez pas dû me pousser à bout. »
01:04:18« Monsieur l'excuse, vous l'avez devant vous. »
01:04:21« Si vous avez pour moi l'estime que je crois, l'estime dont je suis sûre, vous serez patient. »
01:04:27« Dans trois ans, je serai libre de mon sort. »
01:04:30« Vous m'attendrez. »
01:04:31« Je vous le jure. »
01:04:32« Notre bonheur n'en sera que plus grand. »
01:04:35« Oui, Constance, ce sera notre devise. »
01:04:39« Vous ne l'oublierez pas. »
01:04:42« Jamais. »
01:04:46« C'est plus que mon cœur n'en peut supporter. »
01:04:52« Être si près du bonheur et d'un tel bonheur. »
01:04:56« Voilà le résultat de votre folie. »
01:04:58« Ce qui n'était pour vous qu'un jeu amène ici la souffrance et le désespoir. »
01:05:02« Mais non, je voulais... »
01:05:04« Il a... »
01:05:08« Parbleu, j'ai trouvé. »
01:05:11« Tenez-moi votre main, pauvre amoureux transis. »
01:05:13« Dans deux heures, rendez-vous au fond du jardin. »
01:05:15« Fois de Tony Lupkin, vous serez content de moi. »
01:05:17« Et tenez, si vous ne l'êtes pas, je vous donne mon meilleur cheval. »
01:05:20« Et par-dessus le marché, je vous donne vos bonheur. »
01:05:22« Vous serez content. »
01:05:23« Très content. »
01:05:24« Très content. »
01:05:25« Que va-t-il encore imaginer ? »
01:05:28« Très content. »
01:05:46« Très content. »
01:05:51Votre honneur, Sœur Charles est arrivée, le père de M. Marlowe.
01:06:07Oui, je sais. Et que fait-il ?
01:06:09Ma voix, il est moins triste que votre honneur.
01:06:12Depuis une demi-heure, avec le patron, ils n'ont pas cessé de rire de l'aventure de M. Marlowe.
01:06:17C'est bien, merci.
01:06:18Votre honneur.
01:06:21Au fait, c'est l'heure de mon rendez-vous au fond du jardin avec cet esservelet de tenue.
01:06:28Et maintenant, ils courent les routes à l'autre bout de la province vers la tente Pédigré.
01:06:32Il n'y aura donc personne. Bon, n'importe. J'aurais du moins l'avantage d'être seul.
01:06:39Ils ont tous l'air de fous cette nuit.
01:06:43C'est la lune, peut-être.
01:06:46Oui, c'est la lune.
01:06:47J'aurais voulu que vous entendiez ce ton péremptoire avec lequel il me donnait ses ordres.
01:06:56Et sans doute le ton glacé avec lequel il repoussait vos avances.
01:07:00Oui.
01:07:03Tout de même, tout de même, il aurait pu voir que je n'étais pas un aubergiste ordinaire.
01:07:07Ah, justement, mon cher dit qu'il a dû vous prendre pour un aubergiste extraordinaire.
01:07:12N'en parlons plus, je ne veux penser qu'à la joie.
01:07:15Mon cher ami, cette union de nos deux familles va sceller notre amitié.
01:07:20S'il est vrai qu'ils se plaisent, comme vous le dites.
01:07:22Rien n'est plus certain, je vous assure.
01:07:23Mais êtes-vous bien sûr que votre fille ne se flatte pas de quelque illusion ?
01:07:27Je connais la réserve et la froideur de mon fils.
01:07:31Je les ai vus.
01:07:32Il lui pressait la main avec une tendresse, une flamme.
01:07:36Ah, justement, le voici.
01:07:38Je gage qu'il va dissiper vos derniers doutes.
01:07:40Monsieur, c'est un devoir pour moi de vous demander à nouveau de me pardonner, mon étrange conduite.
01:07:45Bagatelle, mon enfant, l'aventure est plaisante et vous avez de l'esprit.
01:07:49Allez en parler à ma fille, vous en rirez tous les deux.
01:07:52Car je ne pense pas qu'elle soit pour vous un juge bien sévère.
01:07:55Je serais fort honoré, monsieur, si je puis conserver son estime.
01:07:58Son estime ? Oh, voilà un mot un peu froid, monsieur Marlowe.
01:08:04Voyons, point de mystère. Je sais ce qui s'est passé entre vous.
01:08:08Il ne s'est rien passé du tout, monsieur, je vous le jure.
01:08:10J'aime qu'on soit discret. C'est une vertu.
01:08:13Et vous allez un peu loin, mon jeune ami.
01:08:15Je pouvais tout avouer sans crainte.
01:08:18Votre père et moi nous en serons ravis au contraire.
01:08:21Voulez-vous m'écouter, monsieur ?
01:08:22Mais votre père a pour ce mariage autant que moi.
01:08:24Il serait bien cruel de le retarder.
01:08:27Le ciel m'en est témoin, mon père. Je suis venu ici pour obéir vos ordres.
01:08:30Je n'ai eu qu'un entretien avec Miss Arcastle et il a été aussi ennuyeux pour elle que pour moi.
01:08:36J'espère que vous n'exigerez pas d'autres preuves de mon abéissance
01:08:38et que vous me permettrez de quitter cette maison.
01:08:41J'y ai subi plus d'humiliation que n'en peut tolérer quelqu'un qui porte votre nom.
01:08:45Je suis surpris, je l'avoue.
01:08:50Je ne doute pas qu'il soit sincère, mais...
01:08:52Ce qui me surprend à moi, c'est qu'on puisse mettre tant d'assurance à soutenir ce qui n'est pas vrai.
01:08:55Voici ma fille.
01:08:57Moi aussi, je me porte garant de sa franchise.
01:09:00Kate, mon enfant, approche.
01:09:03Et réponds-nous sans réticence et sans feinte.
01:09:06As-tu reçu de M. Marleau des démonstrations, des déclarations d'amour et de tendresse ?
01:09:12Votre question, mon père, ne ménage guère, ma modécie.
01:09:16Mais puisque vous exigez une sincérité complète, je crois en effet en avoir reçu.
01:09:21Vous voyez.
01:09:22Un instant.
01:09:23J'aimerais savoir précisément comment il s'est comporté.
01:09:27Comme tous les amoureux qui se déclarent, il m'a dit des choses aimables sur mon visage,
01:09:31il m'a parlé de l'état de son cœur et a conclu par des transports de passion.
01:09:36Me voilà en effet parfaitement convaincu.
01:09:38Je connais mon fils.
01:09:40Et je suis bien certain que le portrait que vous faites ne l'a pas eu pour mon âge.
01:09:45Et quel est riez-vous, monsieur, si je vous rendez vous-même témoin de ma sincérité ?
01:09:48Dans une demi-heure, placez-vous avec mon père derrière le paravent du boudoir
01:09:51et vous entendrez votre fils.
01:09:54Votre fils en personne me déclarer sa passion.
01:09:58Soit, j'accepte le défi.
01:10:02Soyez sans crainte, mon père.
01:10:03Voilà un pari où j'espère que nous gagnerons tous quelque chose.
01:10:07Merci.
01:10:08Merci.
01:10:09Merci.
01:10:10Merci.
01:10:11Merci.
01:10:12Merci.
01:10:13Merci.
01:10:14Merci.
01:10:15Merci.
01:10:16Merci.
01:10:46Merci.
01:10:47Merci.
01:10:49Chevalier.
01:10:50Merci.
01:10:51Merci.
01:10:53Merci.
01:10:54Merci.
01:10:55Merci.
01:10:56Merci.
01:10:57Merci.
01:10:58Merci.
01:10:59Merci.
01:11:00Merci.
01:11:01Merci.
01:11:02Merci.
01:11:03Merci.
01:11:04Merci.
01:11:05Merci.
01:11:06Merci.
01:11:07Merci.
01:11:08Merci.
01:11:09Merci.
01:11:10Merci.
01:11:11Merci.
01:11:12Merci.
01:11:13Merci.
01:11:14Merci.
01:11:15Merci.
01:11:16Merci.
01:11:17Merci.
01:11:18Merci.
01:11:19Merci.
01:11:20Merci.
01:11:21Merci.
01:11:22Merci.
01:11:23Merci.
01:11:24Merci.
01:11:25Merci.
01:11:26Merci.
01:11:27Merci.
01:11:28Merci.
01:11:29Merci.
01:11:30Merci.
01:11:31Merci.
01:11:32Merci.
01:11:33Merci.
01:11:34Merci.
01:11:35Merci.
01:11:36Merci.
01:11:37Merci.
01:11:38Merci.
01:11:39Merci.
01:11:40Merci.
01:11:41Merci.
01:11:42Merci.
01:11:43Merci.
01:11:44Merci.
01:11:45Merci.
01:11:46Merci.
01:11:47Merci.
01:11:48Merci.
01:11:49Merci.
01:11:50Merci.
01:11:51Merci.
01:11:52Merci.
01:11:53Merci.
01:11:54Merci.
01:11:55Vous voyez, ma mère ? Mon beau-père, j'avais oublié, c'est l'heure de sa promenade du soir.
01:11:59Monsieur le bon Dieu, ayez compassion de nous. Prenez tout ce que nous avons, mais laissez-nous la vie.
01:12:03Mais c'est ma femme, Dieu pardonne. Et d'où sort-elle ? En quelle journée ?
01:12:07Eh bien, Dorothée, Dorothée, vous ne me reconnaissez pas.
01:12:10Mais c'est mon mari ! Mon Dieu, que je suis heureuse de vous voir.
01:12:15Mais que faites-vous ici, à quinze lieux de la maison ?
01:12:18Mais vous perdez l'esprit, Dorothée. Vous êtes à 30 pas de votre porte.
01:12:21Encore un de vos jolis tours, n'est-ce pas, jeune panda ?
01:12:27C'est à vous que je dois cela, n'est-ce pas ?
01:12:29Qu'ai-je fait au ciel pour avoir un fils aussi corrompu ?
01:12:33Écoutez, ma mère, toute la paroisse répète que vous m'avez horriblement gâtée.
01:12:36À force d'être gâtée, on devient corrompu.
01:12:38Oh, insolente, ceci, mon petit !
01:12:41Il y a pourtant du vrai dans ce qu'il dit.
01:12:48Pourquoi hésitez-vous, ma chère Constance ?
01:12:50Un instant de retard peut nous être fatal.
01:12:51Oh, diable, la fortune !
01:12:53L'amour nous rendra plus riches que tous les rois du monde.
01:12:55Non, mon ami, il nous reste un recours et je suis résolue à le tenter.
01:12:58Que voulez-vous dire ?
01:12:58Mon oncle est un honnête homme et je lui crois le cœur généreux.
01:13:01C'est à lui que je veux demander de nous rendre justice.
01:13:04Constance !
01:13:04Eh bien ?
01:13:05Je ferai ce qu'il vous plaira, mais c'est une folie.
01:13:08À la bonne heure.
01:13:10Je m'assais que vous soyez assez fou pour m'obéir.
01:13:12Oh !
01:13:13Oh !
01:13:14Sous-titrage FR ?
01:13:44Sous-titrage FR ?
01:14:14Sous-titrage FR ?
01:14:44Sous-titrage FR ?
01:15:14Sous-titrage FR ?
01:15:44Sous-titrage FR ?
01:16:14Sous-titrage FR ?
01:16:44Sous-titrage FR ?
01:17:14Sous-titrage FR ?
01:17:44Sous-titrage FR ?
01:18:14Sous-titrage FR ?
01:18:44Sous-titrage FR ?
01:19:14Sous-titrage FR ?
01:19:44Sous-titrage FR ?
01:20:44Sous-titrage FR ?
Commentaires