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  • il y a 7 mois
Les menaces de Donald Trump contre le Groenland et l’Europe montrent comment le président américain manie la force brute pour imposer sa vision. Qu’importe les accords et les alliances, si l’Union européenne tente de protéger le territoire danois, le président américain riposte avec des menaces de droits de douanes. Résultat, les relations internationales se résument à un Far-West où ceux qui ont de la puissance font plier ceux qui n’en ont pas.

C’est avec cette logique que Trump a mené la barre de son deuxième mandat, au point de progressivement transformer la démocratie américaine en Etat autoritaire. Mais jusqu’où pourra-t-il tenir sa ligne ?

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Transcription
00:00En un an, Donald Trump a transformé la démocratie américaine en état autoritaire
00:06et les relations internationales en Far West.
00:09Ce chantage, ce coup de pression de Donald Trump...
00:12Ces nouveaux droits de douane qui atteindraient 25% même à partir du 1er juin.
00:18Les menaces contre le Groenland, contre l'Europe,
00:21montrent comment le président américain manipule la force pour imposer sa vision du monde.
00:25We are going to do something on Greenland, whether they like it or not.
00:29Un monde où ceux qui ont de la puissance font plier ceux qui n'en ont pas.
00:39Aujourd'hui, ça fait un an que Donald Trump est revenu au pouvoir
00:42et on ne peut que constater que c'est avec cette logique brutale
00:47qu'il a mené la barre de son 2e mandat.
00:49Mais jusqu'où pourra-t-il bien aller ?
00:52Pour faire le bilan de cette année de Trump version 2.0,
00:56on a invité deux de nos journalistes, Sonia de Le Salle-Stolper.
01:00Bienvenue, Sonia.
01:01Salut.
01:01Comment vas-tu ?
01:02Très bien, merci.
01:03Tu es chef du service international de libération
01:05et à tes côtés, Frédéric Autran.
01:08Salut, Fred.
01:08Salut, Corentin.
01:09Comment vas-tu ?
01:09Ça va, merci.
01:10Tu es un de nos journalistes au service international, spécialiste des États-Unis.
01:15Moi, je m'appelle Corentin Courtois et vous regardez le Libescope.
01:18Pour commencer, est-ce que vous pouvez revenir avec moi sur ce week-end de tensions ?
01:28Qu'est-ce que Trump nous a fait entre samedi et dimanche ?
01:32Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:33Alors, on va démarrer par...
01:35En fait, ça devient un petit peu un thème récurrent et presque une blague à la rédaction
01:40quand on se dit bon week-end, puisqu'on sait qu'en général, le week-end,
01:43il y a tout le temps quelque chose qui se passe grâce à Donald Trump.
01:47Donc, la dernière fois, c'était quand même l'enlèvement de Maduro au Venezuela
01:51qui s'est aussi passé un week-end.
01:53Donc, en fait, on a été modérément surpris.
01:54Ce qui s'est passé très concrètement, c'est que le Groenland,
01:57on a compris que Trump répète et ce qu'on a pris et ce qu'il avait dit,
02:01d'ailleurs, très, très peu de temps après son arrivée au pouvoir le 20 janvier dernier,
02:06c'est-à-dire que le Groenland l'intéressait et qu'il voulait l'annexer, l'envahir.
02:14Ce qu'on avait pris à l'époque pour une boutade, c'est poursuivi, c'est renforcé.
02:20Et aujourd'hui, on ne prend plus ça du tout pour une boutade
02:21vu qu'on a vu ce qui s'est passé au Venezuela.
02:24Et donc, effectivement, toute la semaine dernière, il a insisté très lourdement,
02:27y compris après les rencontres avec des représentants du Danemark et du Groenland,
02:32sur le fait que quoi qu'il arrive et quoi qu'il en soit et quiconque dise,
02:36il allait récupérer le Groenland, l'acheter ou l'annexer.
02:39Il y a eu une petite réaction européenne, pour la première fois un petit peu virulente,
02:45dont certains pays, dont la France, ont annoncé l'envoi de quelques...
02:50Ça se compte en dizaines, donc quelques dizaines de soldats sur place
02:55pour montrer qu'ils étaient en mesure d'assurer à la fois la sécurité du Groenland
03:00et aussi pour montrer à Trump que ça ne se fait pas entre alliés,
03:05parce qu'il faut rappeler qu'on est tous alliés et que tous ces pays dont on parle
03:08font partie de la même alliance, l'OTAN, l'alliance du traité de Nord-Atlantique.
03:14Et donc, Trump n'a pas aimé cette démonstration, même pas de force,
03:19mais en tout cas de résistance, entre guillemets,
03:21et a sonné la menace d'infliger à huit pays de l'Union européenne
03:29ou proches de l'Union européenne, dont la France, dont le Royaume-Uni,
03:33des tarifs douaniers supplémentaires de 10% à minima à partir du 1er février.
03:37Et c'est ça qui est un petit peu tragique dans ce contexte dans lequel on est,
03:42c'est que Donald Trump, il est connu pour avoir des phrases très expansives,
03:45il en dit beaucoup.
03:46J'ai l'impression que depuis le Venezuela, la capture de Maduro,
03:51toutes ces phrases un petit peu folles,
03:53maintenant on les prend pour des menaces plus sérieuses.
03:54Elles paraissent toujours un peu folles parce qu'elles sont écrites systématiquement
03:58dans le style de Trump, avec des majuscules, des points d'exclamation,
04:04un niveau d'anglais assez basique.
04:08Mais si on prend le message de samedi, par exemple,
04:10qui est celui qui déclenche la dernière tempête du week-end,
04:13cette menace de barrières douanières supplémentaires sur 8 pays européens,
04:20derrière le style, il y a l'affirmation de ce qui ressemble quand même de plus en plus
04:24à une doctrine assez claire, assez brutale.
04:28On retrouve des éléments qui étaient dans la stratégie de sécurité nationale,
04:32dont on a pas mal parlé, qui a été publiée en décembre.
04:36Et c'est vraiment l'affirmation, comme tu le disais au début,
04:38d'une doctrine qui repose essentiellement sur le rapport de force,
04:43ça on le savait, mais la force brute,
04:45c'est moi qui ai la puissance militaire,
04:47c'est moi qui ai la puissance financière,
04:49donc si je veux vous soumettre, je peux le faire.
04:53Là où visiblement Trump a été dérangé,
04:55c'est l'envoi des soldats européens,
04:56même s'ils sont pas très nombreux.
04:58Symboliquement, pour lui, l'option de la conquête du Groenland par la force,
05:02si elle passe par un affrontement,
05:04ou un face-à-face,
05:05ou des arrestations de soldats européens,
05:06ça semble quand même très difficile pour lui à justifier,
05:11y compris auprès de sa propre opinion publique,
05:15qui n'est pas du tout favorable à l'annexion du Groenland,
05:18et qui serait probablement assez choqué
05:19de voir des soldats américains face à des soldats européens.
05:22Donc il réplique par son jouet favori,
05:26qui est la guerre commerciale.
05:28Là où c'est intéressant,
05:29c'est que ça fait fortement douter sur sa parole passée,
05:33il y a eu un deal commercial entre l'Union européenne et les États-Unis l'été dernier.
05:38Qui n'était pas trop en faveur de l'Union européenne.
05:39Qui n'était pas trop en faveur de l'Union européenne,
05:41dont l'argument avait été de dire,
05:43ça pourrait être pire,
05:44et au moins on s'achète un peu la paix avec une surtaxe de 15%.
05:48Là, ce que tout le monde comprend,
05:51c'est que la parole de Trump,
05:52elle tient jusqu'à ce qu'il décide de la rompre,
05:54et que tout traité, tout accord signé avec lui,
05:57est valable jusqu'à ce qu'il décide
05:58que c'est plus si intéressant que ça pour les États-Unis.
06:01Donc on est vraiment dans cette logique d'affirmation de la force.
06:06Il y a une logique territoriale aussi,
06:08beaucoup, dans l'approche de Donald Trump,
06:11qui, il faut toujours le rappeler,
06:12est un ancien magnat d'immobilier.
06:15La propriété, c'est quelque chose de très important pour lui.
06:17Il l'a dit d'ailleurs au New York Times dans un entretien récent.
06:20On lui demandait,
06:21mais pourquoi vous tenez à ce point
06:22à contrôler la propriété du Groenland,
06:25alors que, vu l'accord que vous avez avec le Danemark,
06:28au niveau militaire, vous pouvez faire ce que vous voulez déjà au Groenland.
06:32Donc tout l'aspect sécuritaire,
06:34qui est son argument principal,
06:35semble assez faible.
06:37Et il a dit, la propriété, c'est important.
06:39Il y a des choses qu'on peut faire quand on est propriétaire,
06:41qu'on ne peut pas faire quand on est locataire
06:42ou qu'on a un traité qui nous lie avec un autre pays.
06:45Et ça, c'est vraiment son approche du monde.
06:47Il faut plus de terre.
06:48Il admire beaucoup des présidents du 19e siècle,
06:51qui étaient des présidents avec une logique impériale,
06:53qui ont étendu le territoire des États-Unis,
06:57que ce soit en achetant des territoires,
06:59que ce soit en faisant la guerre avec le Mexique
07:01pour récupérer à l'époque le Texas
07:03et tout un tas de territoires.
07:05Donc il est vraiment dans cette logique-là
07:07et il considère qu'il a la puissance pour le faire.
07:09La question, c'est,
07:11est-ce que là, il n'a pas poussé le bouchon un peu loin ?
07:15Merci beaucoup de regarder cette vidéo,
07:16j'espère qu'elle vous plaît.
07:17Si c'est le cas, abonnez-vous à la chaîne YouTube de Libération.
07:20On publie des entretiens comme ça chaque semaine.
07:23Sachez aussi que c'est une discussion
07:24qui a été menée en direct sur Twitch,
07:26donc vous pouvez nous y retrouver.
07:27Et sachez que maintenant,
07:28vous pouvez même nous écouter en podcast.
07:31Et d'ici là, je vous souhaite un bon visionnage.
07:34Ça pose quand même une question,
07:35parce que les États-Unis sont connus pour être une superpuissance.
07:38Quel est le degré de riposte qu'on pourrait avoir,
07:41nous, les Européens, face à ça ?
07:42Et ça a fait écho notamment à une question qui est dans le chat.
07:45Jeux gentlemen,
07:46qui se demandent quelle alliance militaire peut-on constituer
07:48qui pourrait dissuader les USA ?
07:50Au point que ce viewer soulève même
07:52le questionnement de Chine, France, Grande-Bretagne, plus Russie.
07:56Bref, on a quel moyen de riposte face aux USA ?
07:58Alors, en termes de riposte militaire,
08:00on va se détendre un petit peu,
08:03parce que je pense qu'effectivement,
08:04on n'est pas arrivé à la notion
08:06de avec quel pays ou quelle armée allons-nous nous allier
08:09pour nous battre contre les Américains.
08:11Il faut quand même raison garder.
08:14Et par ailleurs, ce que soulignait Fred à l'instant,
08:16c'est qu'en fait,
08:17l'envoi de ces militaires européens
08:21pour témoigner de leur solidarité
08:23avec le Danemark et le Groenland
08:24a en fait, d'une certaine manière,
08:27eu le résultat que Trump,
08:28visiblement, a d'ores et déjà abandonné l'option militaire.
08:31Donc là, il se tourne vers l'option commerciale.
08:34On a toujours tendance à dire,
08:36les États-Unis sont surpuissants
08:37à tous les niveaux, y compris commerciales.
08:40C'est vrai dans un sens,
08:42mais il ne faut pas oublier que l'Europe,
08:43c'est un marché de 450 millions d'habitants.
08:46Alors certes, avec en plus,
08:49et ça, c'est sans compter le Royaume-Uni,
08:50par exemple, ou la Norvège,
08:51qui ne sont pas membres de l'Union européenne,
08:53450 millions d'habitants,
08:54avec des règles, des régulations
08:57et des manières de commercer
08:58qui sont les mêmes,
08:59puisque c'est un ensemble de 27 pays.
09:01Alors, la difficulté, c'est que ce sont 27 pays,
09:03donc il faut arriver à se mettre d'accord.
09:05C'est toujours plus compliqué.
09:06Mais il y a un vrai poids commercial.
09:09Les États-Unis sont le premier partenaire commercial
09:12de l'Europe sur les exportations
09:15et le deuxième, je crois, sur les importations.
09:17Donc c'est un énorme marché pour les États-Unis
09:19et vice-versa, évidemment.
09:22Et l'Union européenne dispose d'outils
09:24qu'elle n'a jamais utilisés encore,
09:26notamment le fameux outil de coercition
09:28qui a été conçu en 2023,
09:31qui est en fait un ensemble de mesures
09:33qui pourraient soit bloquer
09:35les importations de produits américains,
09:37soit bloquer les investissements américains, etc.
09:39On paierait un prix, nous aussi,
09:41mais les États-Unis paieraient un prix
09:43probablement plus grand.
09:45Donc la question qui se pose à l'heure actuelle,
09:46on a un Conseil européen d'urgence
09:48qui a été convoqué pour jeudi soir,
09:51ça va être est-ce qu'on active
09:52ou est-ce qu'on menace d'activer cet outil-là ?
09:55Donc il y a un moyen de...
09:55Alors l'Union européenne envoie plusieurs messages
09:58en disant on aimerait,
09:59on préférerait négocier
10:01plutôt que de passer à l'offensive bulldozer bazooka.
10:06Cet outil, cet instrument est surnommé un peu le bazooka.
10:10Mais la question est de...
10:12Est-ce qu'on se met dans une position
10:14vraiment d'affrontement avec Donald Trump ?
10:17Et ça se ramène à une notion
10:20qui est intéressante très visiblement
10:23les milieux diplomatiques
10:24au moment de l'arrivée de Trump au pouvoir.
10:27Comme il le connaissait déjà,
10:28il connaissait son égo surdimensionné, etc.
10:31Il y a eu la décision d'essayer de, entre guillemets,
10:34le caresser dans le sens du poil
10:35en se disant,
10:36et c'est ce qui a provoqué l'accord
10:38sur les droits de douane l'été dernier,
10:42c'était bon, on va payer un petit peu,
10:44mais ce soit moins pire
10:46que ce qu'on aurait pu avoir.
10:47Donc on va en fait apaiser la bête.
10:49Le problème, c'est qu'on a affaire à ce qu'on appelle en anglais
10:53un bully, donc un harceleur,
10:55mais avec ce niveau de violence,
10:56il n'y a pas de traduction.
10:58On en parlait avec Fred juste avant.
10:59Il n'y a pas de traduction correcte en français.
11:02Et donc, malheureusement, on le sait,
11:04les harceleurs, très souvent,
11:05le seul moyen de les contrer,
11:07c'est par la force,
11:07ou pour leur montrer qu'on n'a pas peur d'eux,
11:09entre guillemets.
11:10Et là, il y a clairement...
11:12On a eu des échos plusieurs fois.
11:13Dans les milieux diplomatiques,
11:15il y a la question qui se pose,
11:15est-ce que notre côté arrangeant est allé au bout ?
11:19Et est-ce que maintenant,
11:20on est passé dans une autre dimension ?
11:21Est-ce qu'on a franchi une ligne rouge ?
11:23Et est-ce qu'effectivement,
11:23il faut qu'on soit beaucoup plus brutaux
11:26et répondre au tac au tac à Donald Trump ?
11:29Justement, on a des signes que Donald Trump,
11:31c'est quelqu'un qui ne comprend que la force.
11:34Est-ce que là, il y a des signaux
11:36depuis ces dernières menaces de l'Union européenne
11:39que ça résonne avec lui ?
11:41Pour l'instant, on ne sait pas comment il l'a réceptionné.
11:42Là, les trois jours qui arrivent vont être intéressants
11:45puisqu'il y a le sommet de Davos,
11:47qui est cette espèce de grand sommet forum économique
11:50où se retrouvent tous les grands,
11:52à la fois milliardaires, hommes d'affaires
11:55et aussi représentants d'États divers et variés.
12:01Et comme par hasard, cette année, ils y vont tous.
12:03Donc Emmanuel Macron sera là et fera un discours demain.
12:07Donald Trump, mercredi.
12:09Donc très probablement, c'est sûr,
12:13ils vont se parler, il va y avoir des échanges
12:14et le ton qu'on entendra
12:16pendant les conférences de presse
12:19ou ce qui sortira des discussions
12:21nous donnera un indice
12:23sur ce qui pourra sortir probablement
12:25du Conseil européen d'urgence jeudi soir
12:27et de la suite des événements,
12:28effectivement, si on rentre dans une guerre commerciale
12:30ouverte ou pas.
12:32On parle depuis le début de la vision de Donald Trump,
12:34une vision de puissance, de force brute.
12:36Il le fait à l'international.
12:37Fred, est-ce que c'est une vision
12:39qu'il applique aussi à l'intérieur des États-Unis
12:41dans sa gestion du pays ?
12:44Oui, les images qui nous arrivent de Minneapolis,
12:47notamment depuis le début de l'année,
12:49où il y a des opérations anti-migrants
12:54menées par la fameuse police ICE,
12:58qui est la police de l'immigration aux États-Unis,
13:00qui est en première ligne pour cette chasse
13:03aux migrants en situation irrégulière
13:06que Donald Trump a promis de mettre en place
13:09pendant son second mandat.
13:12C'était l'un de ses principaux thèmes de campagne
13:14et il le fait, effectivement,
13:16depuis le début de l'année dernière.
13:19Et donc là, on voit, oui,
13:21on voit ce déploiement de force
13:23de ses policiers surarmés,
13:27très souvent masqués,
13:29assez peu facilement identifiables.
13:32Donc ça, c'est l'un des éléments très visibles
13:35du déploiement de force
13:37voulu par l'administration
13:39à l'intérieur des États-Unis.
13:41Pour rester sur ce dossier migratoire
13:43qui est assez central dans la politique de Trump,
13:46ça fait partie de son ADN politique
13:48depuis le premier jour
13:49de sa première candidature en 2015.
13:51C'était la promesse à l'époque
13:53de construire le mur avec le Mexique.
13:55L'immigration et tout ce que ça charrie derrière
13:58de qui a le droit de vivre aux États-Unis,
14:01qui est le bienvenu dans notre pays,
14:03c'est vraiment un élément central
14:05de sa ligne politique.
14:08Donc l'autre manifestation de force
14:11c'est le déploiement à la frontière
14:13avec le Mexique
14:14où il a déployé plusieurs milliers de soldats,
14:18ce qui a eu pour conséquence,
14:19avec d'autres actions qu'il a prises,
14:21de tarir totalement les flux
14:22d'arrivés à la frontière sud.
14:25Donc en ça,
14:26on peut dire que c'est un vrai succès
14:28pour lui, en tout cas,
14:29de pouvoir dire
14:30après des années de Joe Biden
14:32où il y avait énormément d'arrivés
14:33à la frontière,
14:34ce qui a coûté très cher à Kamala Harris
14:35pendant l'élection de 2024,
14:38il a réussi à bloquer quasi intégralement,
14:41je crois qu'on est sur une baisse
14:43de l'ordre de 94%
14:45depuis le début de l'année
14:46par rapport à la dernière année
14:48du mandat de Joe Biden
14:49sur les arrestations à la frontière.
14:52Et donc dans cette croisade migratoire,
14:55l'objectif maintenant,
14:56c'est d'arrêter le maximum de gens
14:58à l'intérieur des États-Unis
14:59et d'en profiter,
15:01et ça rejoint ce que tu disais sur la force,
15:03il en profite à chaque fois
15:05pour envoyer justement un message de puissance
15:07et il le fait principalement
15:09dans les grandes villes
15:11qui sont, pour la plus grande majorité d'entre elles,
15:13dirigée par des démocrates.
15:15Ce qui donne par ailleurs
15:16cette impression de rapport de force,
15:20de tension,
15:20et c'est exactement ce qu'on voit
15:22à Minneapolis aujourd'hui,
15:23où on se retrouve quand même,
15:25et il faut mesurer,
15:26parce qu'on perd souvent le fil avec Trump,
15:28qui est dans cette logique
15:29de sidération permanente.
15:31Là, on a aujourd'hui,
15:32dans une phase un peu en suspens,
15:35Trump qui a mobilisé
15:371500 soldats d'actifs,
15:39donc des militaires de l'armée américaine,
15:41qui ne sont pas encore sur le terrain,
15:43mais qui sont prêts à être déployés
15:44à Minneapolis.
15:46Et on a en face de Trump
15:47le gouverneur démocrate,
15:49Tim Walz,
15:50qui est donc un peu le président du Minnesota,
15:53qui est l'état où se trouve Minneapolis,
15:54qui lui,
15:55a pré-mobilisé la garde nationale
15:57du Minnesota.
16:00Et donc tout le monde s'interroge,
16:01est-ce qu'on pourrait avoir,
16:02dans les jours qui viennent,
16:03l'armée fédérale américaine
16:05déployée par le président,
16:07et l'armée de réserve
16:08de l'état du Minnesota,
16:10déployée par le gouverneur démocrate,
16:12pour quelles missions,
16:14dans quel contexte,
16:16avec quel risque de face à face,
16:18avec au milieu de tout ça,
16:193000 agents de la police ICE.
16:22Voilà, on est dans ce moment un peu
16:25où tout le monde...
16:26J'ai envie de nous décrire une atmosphère
16:27de guerre civile.
16:29Ben oui, mais on n'y est pas,
16:31mais il y a cette...
16:32L'inquiétude, elle est réelle.
16:34Les ingrédients sont présents.
16:37Et c'est pas nouveau.
16:39Il y avait eu les images de Charlottesville
16:40pendant le premier mandat de Trump.
16:44Voilà, cette crainte latente,
16:46qui pour l'instant,
16:47c'est pas matérialisé autrement
16:49que peut-être par l'assaut du Capitole,
16:51qui était quand même un épisode
16:52de très fortes tensions
16:54et d'une partie d'un électorat
16:56qui envahit un symbole du pouvoir
16:58pour empêcher la certification
17:00de l'élection de Joe Biden.
17:02Voilà, il y a eu déjà
17:03des moments de fortes tensions
17:05et certains redoutent
17:06que peut-être, oui,
17:07à un moment,
17:08on aboutisse sur des...
17:09Peut-être pas une guerre civile généralisée,
17:11mais en tout cas des scènes
17:12de guerre civile.
17:14Et c'était très intéressant
17:15autour de Minneapolis,
17:16juste après le meurtre,
17:20on peut dire,
17:21de...
17:22De René Gould.
17:23Merci, de René Gould, pardon.
17:26C'était assez impressionnant
17:27de voir les appels au calme
17:28des autorités de Minneapolis
17:31parce que, justement,
17:31elles savaient pertinemment
17:32qu'une étincelle
17:34qui ferait exploser la rue,
17:36en gros,
17:37risquerait de donner, en fait,
17:39un feu vert
17:40ou une carte blanche à Trump
17:41pour dire, regardez,
17:42c'est le bordel,
17:43donc, en fait, j'envoie
17:44mes militaires
17:45pour rétablir l'ordre
17:47puisqu'il persiste à dire
17:49que dans toutes les villes
17:50de toute façon
17:50des Etats-Unis
17:51qui, d'une importance
17:53moyenne à importante
17:55et qui sont aux mains
17:55des démocrates,
17:56sont toutes des repères
17:57de fous furieux
17:58où l'insécurité est folle,
18:00etc., etc.
18:01Et il y a une vraie...
18:02une vraie atmosphère de peur
18:05aussi qui s'est instaurée.
18:06Les exemples que donnait
18:07Fred sur ICE,
18:09c'est...
18:09On lit tous les jours,
18:11tous les jours,
18:11tous les jours
18:11des témoignages
18:12de jeunes étudiants
18:14qui expliquent
18:14qu'ils partent
18:15ou de jeunes écoliers
18:17qui disent
18:17« Moi, je vais à l'école
18:18sans savoir
18:18si je vais retrouver
18:19ma mère ou mon père
18:20le soir à la maison. »
18:21Il y a des gens
18:22qui ne vont plus au boulot
18:23parce qu'ils ont la trouille
18:24d'être rattrapés
18:25juste pour délit de faciès
18:26et d'être envoyés
18:27au Mexique
18:28qu'ils aient d'ailleurs
18:29leur papier
18:30ou pas leur papier, quoi.
18:31Et c'est pour ça
18:32qu'on parle vraiment
18:32d'une atmosphère
18:33de terreur
18:33dans les grandes villes
18:34américaines.
18:34C'est terrible.
18:37Mais du coup,
18:38puisque la politique migratoire,
18:42c'était l'un des piliers
18:44dans la campagne
18:46de Donald Trump,
18:47est-ce que ça veut dire
18:48que les Américains
18:48sont contents
18:49de ce qu'il fait ?
18:50Alors non,
18:51si l'on en croit
18:51les sondages.
18:53C'est toujours difficile
18:54de sonder
18:54la population américaine.
18:56Il faut toujours se rappeler
18:57qu'on parle d'un pays
18:59immense,
19:01très divers.
19:03Mais en tout cas,
19:04les sondages montrent
19:05que la cote de popularité
19:07de Donald Trump
19:08est autour de 36%
19:10dans le dernier baromètre
19:11de Gallup,
19:13qui est l'institut
19:13qui suit la popularité
19:16des présidents
19:16depuis la Seconde Guerre mondiale,
19:18donc un historique important.
19:20Ce qui est très bas
19:21pour un président
19:22à ce stade
19:23de son mandat.
19:26Il a perdu
19:27une dizaine de points
19:28depuis le début de l'année
19:29et sur la majorité
19:31des sujets importants,
19:32que ce soit l'immigration,
19:34que ce soit la politique étrangère,
19:35que ce soit le coût de la vie,
19:38il est jugé majoritairement,
19:40négativement
19:40par la population américaine.
19:43Sur le sujet
19:43de l'immigration en particulier,
19:45il y a l'impression
19:46que les sondages
19:48sont très négatifs
19:49sur les méthodes
19:50employées par ICE.
19:52Il y avait une forte demande,
19:54ou en tout cas
19:54une demande majoritaire
19:55au sein de la population américaine,
19:56de tarir les flux,
19:59ou en tout cas
20:00de les contrôler davantage
20:01à la frontière mexicaine.
20:03Donc en ça,
20:04sa politique
20:05n'est pas forcément
20:06perçue de manière négative.
20:07En revanche,
20:08les images
20:08qui arrivent
20:09de toutes les grandes villes,
20:11la façon dont ces opérations
20:12sont menées,
20:13le fait qu'elles ciblent
20:14de plus en plus,
20:14parce qu'il y a derrière
20:15une logique de quota
20:16qui est imposée
20:17par la Maison-Blanche,
20:18qui veut atteindre
20:19un million d'expulsions par an.
20:21Ils ont fini l'année,
20:22d'après leurs statistiques,
20:23dont on n'est pas certain,
20:24autour de 600 000.
20:26Au passage,
20:27c'est moins
20:27que la dernière année
20:28de Joe Biden,
20:30qui expulsait lui aussi,
20:31mais sans les mêmes méthodes.
20:33Donc,
20:34on sait que ces expulsions
20:36vont monter en puissance.
20:37Il y a eu énormément
20:37de recrutements
20:38ces derniers mois
20:39au sein de la police ICE.
20:41Les choses se mettent en place,
20:42donc on peut s'attendre
20:43à ce que 2026,
20:44les chiffres soient plus importants.
20:45Mais ça choque l'opinion publique
20:48de voir des policiers,
20:51encore une fois,
20:52surarmés, masqués,
20:53qui se baladent
20:54dans des convois banalisés,
20:55qui course parfois les gens
20:56jusqu'à devant les écoles,
20:59dans les tribunaux,
21:00dans les hôpitaux,
21:01devant la porte de chez eux.
21:03Et ça,
21:04ce n'est pas une image
21:05que soutient la majorité
21:09des Américains.
21:11Mais si je peux ajouter
21:12juste un mot,
21:12paradoxalement,
21:13il n'y a pas forcément non plus
21:14de vrais mouvements
21:16de rejet absolu
21:18et complet.
21:19On n'a pas encore
21:20dans les rues,
21:22dans les villes,
21:24dans les campagnes
21:24de mouvements
21:25de révolte absolue.
21:26Et on a notre correspondant
21:28aux Etats-Unis,
21:29je me permets,
21:30j'en profite
21:30pour faire un petit peu
21:31de publicité,
21:31mais Benjamin Delisle
21:32qui revient
21:33de Virginie Occidentale,
21:35qui est un des Etats
21:35les plus pauvres des Etats-Unis,
21:37qui a voté
21:37à plus de 70%,
21:39je crois,
21:39pour Donald Trump,
21:41qui est un pays,
21:41une région extrêmement
21:43défavorisée.
21:44Et ce qu'il raconte,
21:45ce que vous pourriez lire
21:47dans Libération,
21:47aujourd'hui sur le site
21:49et demain dans le journal papier,
21:51c'est qu'en fait,
21:52la base
21:52ne fait pas...
21:55est insatisfaite
21:56parce qu'elle voit
21:57que les progrès
21:58ou les promesses
21:59n'ont pas été tenues
22:00ou pas encore,
22:01mais ne rend pas encore
22:02complètement responsable
22:03totalement Donald Trump
22:04parce qu'en fait,
22:05soit il ne voit pas
22:06d'alternative,
22:07soit il y a une sorte
22:08de décorrélation
22:09entre ce que vivent
22:10et ce qu'ils entendent
22:11par ailleurs.
22:12Donc en fait,
22:13c'est vraiment...
22:14Il y a encore une base
22:15pro-Trump
22:16qui est toujours là
22:17et qui pourrait
22:18revoter pour lui
22:19demain,
22:20si demain,
22:20on se retrouvait
22:21avec de nouvelles élections.
22:22L'autre point de Discord
22:26qui explique un taux
22:29de popularité assez bas,
22:32c'est les problèmes
22:32de pouvoir d'achat,
22:35inflation.
22:36Vous pouvez nous en parler
22:37un peu, Fred ?
22:38C'est intéressant
22:39parce que c'était
22:40l'un des arguments principaux
22:42de Trump
22:42pendant la campagne
22:43de 2024.
22:44Le coût de la vie,
22:46l'inflation,
22:46sous Joe Biden,
22:47qui avait été effectivement
22:48très élevé
22:48et qu'ils ont eu
22:49du mal à contrôler.
22:51L'autre argument principal
22:52de Trump,
22:53c'était l'immigration,
22:54on en a déjà parlé.
22:56Il est arrivé au pouvoir
22:57en promettant
22:59de réduire le coût
22:59de la vie,
23:00d'améliorer la situation
23:01économique des Américains.
23:03Les premiers mois
23:03d'un président,
23:05il est toujours possible
23:06de rejeter la faute
23:08sur son prédécesseur.
23:09Et c'est exactement
23:09ce qu'a fait Donald Trump
23:10pendant les premiers mois
23:11de l'année 2025
23:12en disant
23:12« Laissez-moi un peu de temps,
23:14j'hérite d'une situation
23:15catastrophique,
23:17ce qui était évidemment faux
23:18quand on regardait
23:19en tout cas les chiffres
23:20de l'économie américaine
23:22en termes d'emplois,
23:23en termes de création
23:24d'emplois,
23:25etc. »
23:26Mais c'était un argument
23:27qui pouvait passer.
23:28Là, les sondages montrent
23:29qu'il y a eu une inversion
23:30aux yeux des Américains.
23:31Maintenant,
23:32une majorité d'Américains
23:33considère que ça fait un an
23:34qu'il est au pouvoir,
23:35il a eu le temps
23:36de faire ses preuves
23:36et donc maintenant,
23:37c'est lui qui est responsable
23:38et comptable
23:39de la situation économique
23:40du pays.
23:41Il se trouve qu'on a
23:42les chiffres bilans
23:42de l'année 2025.
23:43Il y a eu quatre fois moins
23:45de création d'emplois
23:46pendant la première année
23:48Trump
23:48que pendant la dernière année
23:50de Joe Biden.
23:51C'était deux millions
23:52sous Biden,
23:53c'est moins de 500 000
23:54sous Donald Trump.
23:56Le taux de chômage
23:57a très légèrement augmenté,
23:59il reste très bas,
23:594,4 %,
24:00mais la situation économique
24:03clairement ne s'est pas améliorée.
24:05Il y a plein d'éléments
24:06qui expliquent ça.
24:07Le coût de sa guerre commerciale
24:10qui en partie est porté
24:13par le consommateur américain
24:14qui a vu les prix augmenter.
24:17L'inflation est toujours
24:17autour de 3 %,
24:19mais le prix des denrées alimentaires
24:22n'a pas diminué.
24:24Sa croisade migratoire
24:25a aussi un impact
24:26dans tout un tas de secteurs,
24:27notamment l'agriculture,
24:29la construction.
24:31Les entreprises ont du mal
24:32à trouver des employés
24:36puisque une partie
24:37de ces employés
24:39dans des secteurs
24:40plutôt de main d'œuvre
24:41non ou peu qualifiés,
24:44comme l'agriculture,
24:45comme la construction,
24:46comme l'hôtellerie,
24:47c'est des secteurs
24:47qui sont, on le sait,
24:50fortement occupés
24:52par des populations immigrées.
24:56Voilà, donc tout ça
24:57fait un espèce d'ensemble
24:58où la situation économique
24:59n'est pas florissante
25:02et pas meilleure
25:02que l'an dernier.
25:04Ce qui sauve un peu
25:05Donald Trump,
25:06c'est que les prix du pétrole
25:07sont bas au niveau international
25:08et ça, ça a un impact
25:10évidemment sur le prix de l'essence
25:11qui est un marqueur essentiel
25:13pour les Américains.
25:14Donc beaucoup ont quand même
25:16l'impression,
25:16comme l'essence est bas,
25:17que l'économie va plutôt bien.
25:20Mais voilà,
25:20il y a un mécontentement
25:22par rapport à ça
25:23et ça pousse beaucoup
25:25d'experts et de spécialistes
25:27à penser que les élections
25:29de mi-mandat
25:30qui ont lieu en novembre,
25:31dont on reparlera peut-être
25:32juste après,
25:34devraient, selon toute logique,
25:36être plutôt défavorables
25:38aux Républicains,
25:39notamment parce qu'ils ont
25:40l'impression
25:40que les promesses
25:44de Donald Trump
25:44sur le coût de la vie
25:46n'ont pas été tenues
25:47et qu'à côté de ça,
25:48il est embarqué
25:49dans tout un tas d'actions,
25:51notamment de politique étrangère,
25:52qui n'est pas forcément
25:53le secteur où on l'attendait le plus.
25:55Mais les gens se disent
25:56pourquoi on va aller conquérir,
25:57voire acheter
25:58avec quel argent
25:59le Groenland
26:00alors que c'est toujours
26:02aussi compliqué
26:02le coût de la vie chez nous.
26:04Et il y a justement
26:05une vraie corrélation
26:06entre l'agitation
26:06de Donald Trump
26:07à l'extérieur
26:08sur le plan étranger
26:09et ce qui se passe
26:11à l'intérieur,
26:11les sondages calamiteux,
26:13etc.
26:13Parce qu'en gros,
26:14ce qu'il essaye de faire,
26:15c'est de détourner l'attention
26:16et de se montrer surpuissant
26:18en disant
26:18mais vous ne vous rendez pas compte
26:19avec le Groenland,
26:20de l'annexion du Groenland
26:21et les taux,
26:22les tarifs sur l'Europe,
26:23on va gagner plein d'argent
26:25parce que tout est toujours
26:26quelque chose,
26:27il y a toujours
26:28une idée commerciale là-dedans.
26:29Donc en fait,
26:31il y a une vraie corrélation
26:32entre les deux.
26:33Cette suragitation
26:34et comme l'a souligné Fred,
26:36les élections arrivent
26:37dans huit mois maintenant.
26:38Donc en fait,
26:39ça va aller très très très vite
26:40et il est parfaitement conscient
26:42que le risque aux élections,
26:44c'est de perdre
26:44au moins une des chambres.
26:46On va en parler
26:47des mid-terms
26:48parce que c'est un truc
26:49qui est très important.
26:51Mais avant,
26:51on a Coco Ndegang
26:52qui pose une question
26:53notamment sur cet environnement
26:55économique dans lequel
26:56se situent les Etats-Unis
26:57et il dit,
26:58il paraît que si on enlève l'IA,
26:59la croissance est négative.
27:00Il y a une bulle autour de,
27:03on parle beaucoup
27:03d'une bulle autour
27:04de l'intelligence artificielle
27:05aux Etats-Unis.
27:06Est-ce que vous avez
27:06des mises sur cette question ?
27:08Qu'est-ce que vous en pensez ?
27:08De dire que la croissance
27:11serait négative
27:11sans l'IA,
27:12je ne suis pas complètement sûre
27:13qu'on en soit à ce point-là
27:14quand même.
27:16Il y a effectivement
27:16une économie
27:17qui est au ralenti.
27:20Je ne crois pas
27:20qu'elle soit d'ores et déjà
27:22en décroissance.
27:23Et la bulle IA,
27:24ça fait des mois
27:24qu'on en parle.
27:27Les économistes
27:28sont plus ou moins
27:29tous d'accord
27:29pour dire qu'à un moment donné,
27:31elle risque d'exploser.
27:32Mais jusqu'à présent,
27:33elle n'a pas explosé
27:34la bulle IA.
27:34Donc voilà,
27:36on en est là.
27:37Je ne sais pas si Fred,
27:37tu as des éléments.
27:39Non, alors sur l'IA,
27:41par exemple,
27:42pour revenir
27:42sur une actualité récente
27:43qui est le bras de fer
27:44entre Donald Trump
27:46et le patron de la Fed,
27:47la réserve fédérale américaine,
27:48Jerome Powell,
27:49qui au goût de Trump
27:52ne baisse pas suffisamment vite
27:53les taux d'intérêt.
27:55L'un des arguments
27:56qui pousse Trump
27:58à réclamer une baisse
27:59des taux d'intérêt,
28:00c'est en partie
28:00parce qu'en gros,
28:02il veut rouvrir
28:02les robinets du crédit
28:03parce que tout un tas
28:05d'activités autour de l'IA
28:06est beaucoup nourrie
28:07aujourd'hui
28:08par du crédit,
28:09par de l'endettement
28:10et qu'il est conscient
28:11qu'effectivement,
28:12une partie de la croissance américaine
28:13et de l'économie américaine
28:14aujourd'hui
28:15est portée
28:15par les investissements
28:17autour de l'intelligence artificielle
28:19et que ça l'arrangerait
28:22que le crédit
28:24soit plus accessible
28:25pour pouvoir entretenir
28:27aussi cette machine économique
28:29qui fonctionne beaucoup
28:31sur le crédit.
28:33Donc voilà,
28:33c'était pour compléter
28:34un peu sur cette question
28:35de l'IA.
28:36On parle beaucoup
28:36de la dérive autoritaire
28:37de Donald Trump.
28:38On a l'impression
28:39qu'en fait,
28:39Trump,
28:40dans son pays,
28:41il fait ce qu'il veut.
28:43L'attaque au Venezuela
28:45n'a pas été...
28:46Il n'a pas sollicité
28:48le Congrès
28:48pour cette question.
28:49En fait,
28:50dans quel monde
28:51Trump,
28:52aux États-Unis,
28:52peut faire ce qu'il veut ?
28:53Pourquoi ?
28:53C'est quoi la pratique
28:54du pouvoir
28:55de Donald Trump ?
28:56Alors déjà,
28:57il a la majorité
28:58dans les deux chambres.
28:59Donc déjà,
28:59ça donne quand même
29:00un avantage aigu
29:01pour l'exécutif
29:04de pouvoir agir
29:05entre guillemets
29:06à sa guise.
29:07Par ailleurs,
29:08et Fred,
29:09on sait plus que moi là-dessus,
29:10il gouverne essentiellement
29:11par décret.
29:12Donc,
29:13ce qui donne l'impression
29:14qu'il assène
29:15une mesure
29:16l'une après l'autre
29:16et il est le seul décideur.
29:18Et enfin,
29:19pour le moment,
29:21y compris
29:21les républicains
29:23qu'on pourrait appeler
29:23modérés
29:25ou raisonnables
29:27entre guillemets,
29:27ne mouftent pas
29:30parce que le règne
29:31de la peur,
29:33il est là aussi.
29:34La peur d'être
29:35désélectionnée
29:36pour les prochaines élections,
29:38il y a tout ça.
29:39Il y a ces menaces
29:39en coulisses
29:40qui sont réelles.
29:42Et en fait,
29:42finalement,
29:43on se faisait la réflexion
29:44aussi il n'y a pas
29:45très longtemps.
29:46Ce qu'on entend,
29:47les quelques rares
29:48critiques de Donald Trump
29:50qui restent encore
29:51assez mesurées,
29:52ce sont souvent
29:53des élus
29:54qui ne se représenteront
29:55pas aux élections
29:55de mi-mandat
29:56de novembre.
29:56Donc en fait,
29:57en gros,
29:57ils n'ont plus rien à perdre.
29:59Sur cette question
29:59des décrets,
30:00c'est intéressant
30:00parce que c'est effectivement
30:01son arme principale
30:02alors qu'on aurait pu penser
30:04qu'avec la majorité
30:05dans les deux chambres,
30:05ils pouvaient
30:06aller chercher
30:08des grandes lois,
30:10passer par le Congrès.
30:11Clairement,
30:12ce n'est pas son intention
30:13à l'exception
30:14de sa grande loi budgétaire
30:15qui a été adoptée
30:16en février
30:16dont on reparlera peut-être.
30:18Mais sur cette question
30:18des décrets,
30:20il en a adopté
30:21plus de 200
30:21depuis le début
30:23de l'année 2025.
30:26C'est plus
30:26que la grande majorité
30:28des présidents
30:29avant lui
30:29sur l'intégralité
30:30de leur mandat.
30:32Donc il est à un rythme
30:33extrêmement rapide
30:34d'action exécutive
30:35et ce n'est pas fait
30:35de manière
30:36uniquement
30:37pour concircuiter
30:38le Congrès
30:39ou par facilité,
30:42on va dire.
30:42c'est fait aussi
30:44pour tenter
30:46de mener
30:46de l'intérieur
30:47une espèce
30:48de révolution juridique.
30:50Les experts
30:51parlent de révolution
30:52constitutionnelle
30:53et ça rejoint
30:54ta question
30:54sur la dérive autoritaire
30:56ou la tendance
30:57illibérale
30:58de la démocratie
30:59américaine sous Trump.
31:00Il faut comprendre
31:01que la Constitution
31:01américaine,
31:02qui est donc un texte
31:03très ancien,
31:03elle est quasiment
31:04impossible à réécrire
31:05ou à amender
31:06parce que le processus
31:07juridique
31:08pour y parvenir
31:08est politique
31:09et extrêmement complexe.
31:11Ça, Trump l'a bien compris.
31:12Et donc,
31:13ce qu'il essaye de faire,
31:15c'est de repousser
31:15les limites
31:16du pouvoir exécutif,
31:18donc du pouvoir présidentiel,
31:20en passant par décret.
31:21Il a adopté
31:22énormément de décrets
31:23qui vont à l'encontre
31:24de lois
31:25ou de règlements
31:25votés par le Congrès,
31:27qui sont donc
31:28contestés en justice
31:29et qui,
31:30pour certains,
31:31et notamment
31:31les plus importants,
31:32remontent
31:33jusqu'à la Cour suprême,
31:34qui très majoritairement
31:36a donné raison
31:37à Trump
31:38dans son affirmation
31:40du pouvoir exécutif.
31:41Les tribunaux
31:41inférieurs
31:43aux États-Unis,
31:43il y a des circuits judiciaires.
31:45En grande majorité,
31:46dans deux cas sur trois,
31:48ils ont plutôt,
31:48dans les décisions
31:49qui ont déjà été rendues,
31:50donné tort
31:50à l'administration.
31:51Le problème,
31:52c'est que tout ça
31:52finit par remonter
31:53à la Cour suprême,
31:55qui, elle,
31:55on le sait depuis
31:56le premier mandat,
31:57est assez largement
31:58acquise
31:58et fidèle
32:00à Donald Trump
32:01et à sa vision
32:01du pouvoir exécutif.
32:03et ça lui donne
32:05l'opportunité
32:05en fait
32:06d'une certaine manière
32:07réécrire la Constitution
32:09sans la réécrire
32:10grâce à l'appui
32:12de la Cour suprême
32:12qui va lui reconnaître
32:14des pouvoirs
32:15qui jusqu'à présent
32:16étaient plutôt
32:17du ressort du Congrès
32:18ou qui dans un arbitrage
32:19entre le pouvoir du Congrès
32:21et le pouvoir du Président
32:21va dire
32:22c'est le pouvoir du Président
32:23qui prime.
32:24Pour donner un seul exemple,
32:25il y a eu des licenciements
32:26par exemple faits par Trump
32:27dans des commissions
32:28bipartisanes
32:29créées par le Congrès
32:32pour permettre
32:33justement
32:33dans certaines instances
32:35d'éviter
32:36le côté très partisan.
32:38Trump a dit
32:38moi j'arrive
32:39et je vire
32:39les démocrates
32:40de toutes ces commissions-là.
32:41Et la Cour suprême
32:42in fine a dit
32:43vous avez le droit
32:43de le faire,
32:44vous êtes le patron
32:46de la branche exécutive
32:47du gouvernement américain,
32:48vous avez tous les droits
32:49sur toutes les agences
32:50qui sont du ressort
32:52du pouvoir exécutif.
32:53Et c'est comme ça
32:54que petit à petit
32:56il repousse les limites
32:57et certains experts
32:59on en a interrogé
33:01au cours de l'année
33:02parlent
33:04d'autocratie légaliste
33:06pour dire
33:08qu'en gros
33:09il utilise
33:09ce que fait Donald Trump
33:11pour caricaturer
33:12il utilise
33:12les outils de la démocratie
33:14les décrets
33:15les tribunaux
33:15à des fins
33:17antidémocratiques
33:18et ça lui permet
33:19d'affaiblir
33:20la démocratie américaine
33:21de l'intérieur.
33:22C'est un peu
33:22exactement ce qu'on a vu
33:24en Hongrie
33:25c'est ce qu'on a vu
33:26en Turquie
33:26c'est ce qu'a
33:28fait aussi
33:29Vladimir Poutine
33:30en Russie par exemple
33:31c'est à dire
33:31qu'on a l'apparence
33:32d'une démocratie
33:33les institutions
33:34sont encore là
33:35il n'a pas aboli
33:36le congrès
33:36il n'a pas aboli
33:38les élections
33:38même si ce week-end
33:39il a quand même
33:39fait une blague
33:40en disant que peut-être
33:40il suspendrait
33:41les élections
33:43de mi-mandat
33:43mais il utilise
33:45de l'intérieur
33:46les outils
33:47de la démocratie
33:48contre elle-même
33:48pour essayer
33:51d'affaiblir
33:52les oppositions
33:53et de s'arroger
33:56davantage de pouvoir
33:57et justement
33:58c'est marrant
33:58ça résonne
33:59avec une question
33:59qu'on a dans le chat
34:00et c'est Stéphine Bayonne
34:01qui vous pose une question
34:03et qui
34:03enfin ça résonne
34:05avec ce que tu viens
34:06de nous dire
34:06il nous demande
34:07est-ce que Trump
34:08peut supprimer
34:09les élections
34:09de mi-mandat
34:10enfin si elles sont
34:10si peu défavorables
34:12si ça pourrait être
34:13aussi dangereux pour lui
34:14parce qu'il n'y a pas
34:15un monde qui dit
34:15allez hop
34:15finalement
34:16non on ne fait pas
34:17légalement
34:20il ne peut pas
34:21mais
34:21voilà
34:23la crainte
34:24que tout le monde a
34:24c'est est-ce qu'à un moment
34:25il bascule
34:26de cette utilisation
34:28des outils
34:28de la démocratie
34:29vers
34:31l'annulation
34:33d'élections
34:34pour un prétexte
34:35de loi
34:36sur l'insurrection
34:37voilà
34:38là on est vraiment
34:39dans la spéculation
34:40c'est difficile
34:40parce que
34:41comme souvent
34:42avec Trump
34:43on est face
34:43à des scénarios
34:45qui n'ont jamais existé
34:46en plus de 250 ans
34:47de démocratie américaine
34:48ils pourraient absolument
34:49utiliser l'argument
34:51qui est utilisé
34:52mais qui est un argument
34:52légal réel
34:53qui existe en Ukraine
34:54à l'heure actuelle
34:55où l'état d'urgence
34:57est décrété
34:59à cause de la guerre
35:00et donc pendant lequel
35:01les élections
35:02ne peuvent pas être organisées
35:03donc normalement
35:04des élections présidentielles
35:05auraient dû avoir lieu
35:06en 2025
35:07elles n'ont pas eu lieu
35:08elles n'ont sans doute
35:09pas lieu en 2026
35:10non plus
35:10et ils pourraient
35:12tout à fait
35:13effectivement
35:13invoquer
35:14enfin
35:15ils pourraient
35:16techniquement
35:17ce ne serait pas
35:18totalement improbable
35:19et impossible
35:20encore aujourd'hui
35:22je pense que même
35:23après un an
35:24de trumpitude
35:26comme on les appelle
35:27on continue à
35:29enfin
35:30ou peut-être
35:30qu'on s'accroche
35:31encore à des
35:32à des lueurs
35:33d'espoir
35:33en se disant
35:34que s'il allait
35:35à
35:35s'il franchissait
35:36cette limite là
35:37qui serait quand même
35:38la limite ultime
35:39de contester
35:40des élections
35:41prévues par la constitution
35:42etc
35:42qui aurait quand même
35:44un mouvement
35:45de réaction
35:46au sein du
35:47du pays
35:49que ce soit
35:50de l'opinion publique
35:50des élus
35:51etc
35:51mais comme dit Fred
35:53on est
35:54on est dans une espèce
35:56de
35:56de terre inconnue
35:58qui jour après jour
36:00nous surprend un peu plus
36:01et chaque fois qu'on pense
36:02qu'une limite a été franchée
36:03et qu'on ne peut plus
36:04aller plus loin
36:04ils trouvent un moyen
36:06d'aller encore plus loin
36:06donc
36:07à ce que tu dis
36:08il y a une réaction
36:09de Sacha Garcia
36:09dans le chat
36:10qui se demande
36:11enfin tu parles de l'Ukraine
36:12mais en l'occurrence
36:13il nous soulève
36:14que l'Ukraine
36:14pour le coup
36:14est vraiment en guerre
36:15alors de son côté
36:16comment Trump
36:16il pourrait justifier
36:17un truc pareil
36:18s'il y a des grandes villes
36:19comme Minneapolis
36:20qui s'embrasent
36:21qu'il envoie
36:22la police fédérale
36:23et qui décrète
36:24l'état d'insurrection
36:25et que ça se produit
36:27dans plusieurs villes
36:28et il dit
36:28il faut que je rétablisse
36:29le calme
36:29donc je dois décréter
36:30cet acte là
36:31sur tout le pays
36:32et il dira
36:34on est en état
36:36donc ça impliquera
36:38pourquoi ne pas
36:38organiser des élections
36:39tu me coupes
36:40si je dis des bêtises
36:41Fred mais
36:42si on pousse
36:44à l'extrême
36:44le raisonnement
36:45voilà
36:45on en est arrivé
36:47
36:47les limites
36:50on a fini par comprendre
36:51que les limites
36:52sont sans cesse
36:53repoussées par
36:54Donald Trump
36:54et on en arrive
36:57de fait
36:57à se poser
36:58des questions
36:59sur des sujets
36:59qui avant
37:00son irruption
37:02sur la scène politique
37:03américaine
37:03étaient totalement
37:04inenvisageables
37:05et c'est pour ça
37:06que je parlais au début
37:07des phrases
37:08un peu
37:09hallucinantes
37:10que pouvait lâcher Trump
37:11depuis le début
37:12de son mandat
37:13là maintenant
37:13ces phrases hallucinantes
37:14depuis qu'il a
37:15fait la capture
37:16de Maduro au Venezuela
37:17on les prend
37:18plus au sérieux
37:19donc c'est
37:19il y a un truc marrant
37:21on en parlait ce matin
37:22il y a un acronyme
37:23qui existe
37:24sur les marchés
37:25financiers
37:26au niveau de l'économie
37:27qui s'appelle
37:28le taco
37:29et donc c'est un acronyme
37:31d'une phrase en anglais
37:32qui dit
37:32Trump always chickens out
37:34donc en gros
37:35Trump fait toujours
37:35machine arrière
37:36en termes économiques
37:39et ça c'est un truc
37:40dont on a beaucoup parlé
37:41au printemps dernier
37:43quand il y avait
37:43les premières menaces
37:44de tarifs douaniers
37:47exorbitants
37:47et là
37:48les marchés
37:49depuis ce week-end
37:50sont à nouveau
37:51en train
37:52et c'est rigolo
37:53parce que c'est un terme
37:53qui est employé
37:54dans toutes les langues
37:55en fait
37:55c'est un acronyme anglais
37:56mais le marché
37:57la bourse de Paris
37:58les investisseurs
38:00discutent de ça
38:00en disant
38:01est-ce qu'il va faire
38:01un taco à nouveau
38:02là sur l'Europe
38:03et est-ce qu'il va reculer
38:04mais en fait
38:05le fait est qu'effectivement
38:06on sait plus
38:07on sait plus aujourd'hui
38:08il y a eu un moment
38:08où on savait
38:09que si on poussait
38:10un peu l'avantage
38:11et notamment
38:11lors du premier mandat
38:12quand il avait menacé
38:14également de tarifs douaniers
38:15exorbitants l'Europe
38:16l'Europe avait répliqué
38:17en disant très bien
38:18du tac au tac
38:19qu'on fera les mêmes tarifs
38:20et il avait reculé
38:21cette fois-ci
38:22on n'a pas fait comme ça
38:22on a choisi une autre stratégie
38:24et bon
38:24la question reste à voir
38:25ce qui va se passer
38:27bon on a parlé
38:28Cour suprême
38:29Congrès
38:30globalement si je comprends bien
38:31les contre-pouvoirs
38:32aux Etats-Unis
38:32ne sont pas
38:32en hyper bonne santé
38:34c'est ça ?
38:36non il reste
38:36les tribunaux inférieurs
38:38dont je parlais tout à l'heure
38:39qui pour beaucoup
38:40y compris
38:41des juges
38:42nommés parfois
38:43par des présidents républicains
38:44y compris des juges
38:45nommés par Trump
38:45lui-même
38:46pendant son premier mandat
38:47qui continuent à jouer
38:49ce rôle de contre-pouvoir
38:51mais qui malheureusement
38:52pour certains
38:52sont ensuite contredits
38:55par la Cour suprême
38:56donc voilà
38:57ce pouvoir-là
38:58judiciaire
38:59dont on a tout de suite
39:00compris
39:01dès le début du deuxième mandat
39:02qui serait assez
39:03essentiel
39:05pour lutter
39:06contre les abus
39:06de Trump
39:07il existe encore
39:08même s'il est considérablement
39:10affaibli
39:10par le fait que la Cour suprême
39:12soit totalement
39:13à la botte de Trump
39:14le Congrès
39:16a totalement abandonné
39:17ses prérogatives
39:18alors même qu'il est
39:19beaucoup plus attaqué
39:19pendant ce mandat
39:20que pendant le précédent
39:21mandat
39:22de Trump
39:23donc là
39:25il n'y a vraiment
39:26rien à attendre
39:27de la part
39:28des républicains
39:30au Congrès
39:30tant qu'ils auront
39:31la majorité
39:32et ensuite
39:34il reste
39:34la rue
39:36l'opinion publique
39:38la presse
39:39oui la presse
39:40et la presse
39:40mais la presse
39:41elle aussi
39:41elle est muselée
39:43soit par le rachat
39:44de groupes entiers
39:45par des mains
39:48pro-Trump
39:48ou par des menaces
39:50ou voire
39:51pas des menaces
39:52mais des dépôts
39:54de plaintes
39:54en diffamation
39:55avec des
39:56avec des montants
39:58absolument
39:59faramineux
40:00réclamés
40:01de compensation
40:02qui font réfléchir
40:03à deux fois
40:03avant de s'opposer
40:04de critiquer
40:05etc.
40:05il y a encore
40:06il y a encore
40:07une presse libre
40:07qui fait son boulot
40:09ou qui essaye
40:09de faire son boulot
40:10mais c'est
40:11de plus en plus difficile
40:13ce qui est
40:14complètement fou
40:15quand on pense
40:16je suis moi-même
40:18toujours étonnée
40:19de dire cette phrase
40:20en parlant
40:21des Etats-Unis
40:21d'Amérique
40:22parce qu'on dit
40:24nous cette phrase
40:24régulièrement
40:25effectivement
40:25on parle de la Hongrie
40:27et des limites
40:29au droit
40:30d'exercer
40:31la liberté
40:31d'expression
40:32etc.
40:32on parle de la Russie
40:34de la Chine
40:35mais là
40:36on est en train
40:37d'appliquer
40:37les mêmes phrases
40:39à un pays
40:39comme
40:40les Etats-Unis
40:41d'Amérique
40:41et ça paraît fou
40:42je voudrais qu'on fasse
40:44un peu de prospectif
40:45on a parlé un peu
40:46des élections
40:47de mi-mandat
40:47ça peut vraiment
40:48changer quelque chose
40:50ces élections
40:51qui arrivent
40:52novembre
40:52enfin je n'ai plus
40:53oui mi-novembre
40:54oui alors
40:55donc il faut rappeler
40:55les élections de mi-mandat
40:56c'est donc tous les 4 ans
40:57à la moitié du mandat
40:58du président
40:59on renouvelle
41:00l'intégralité
41:01de la chambre
41:02des représentants
41:02la chambre basse
41:03et un tiers du Sénat
41:05aujourd'hui les 2 chambres
41:06sont à majorité républicaine
41:07il y a de fortes chances
41:08à en croire
41:09les sondages
41:10l'histoire
41:11la cote de popularité
41:13de Trump
41:13quand on met tout ça
41:14bout à bout
41:15on est encore loin
41:18c'est début novembre
41:19donc on va rester prudent
41:20mais
41:20à ce stade
41:22si les élections
41:22avaient lieu
41:23aujourd'hui
41:24il est fort probable
41:25que les républicains
41:26perdraient
41:26leur majorité
41:28à la chambre
41:28des représentants
41:29probablement
41:31assez largement
41:32même si
41:33Trump a tout fait
41:36pour essayer de bétonner
41:37son avantage compétitif
41:39à la chambre des représentants
41:40notamment
41:40en allant demander
41:42au Texas
41:42et à d'autres états
41:44de redécouper
41:45les circonscriptions
41:46pour s'assurer
41:47encore plus de sièges
41:49sauf que ça a été
41:50contré
41:51notamment en Californie
41:52par le gouverneur démocrate
41:53donc
41:53malgré
41:55ces tentatives
41:56de la part
41:57de l'administration
41:58de sécuriser
41:59des sièges
42:00garantis
42:01il semble
42:02quand même
42:03probable
42:03que les républicains
42:05perdent la chambre
42:05des représentants
42:06ça aurait un impact
42:08à deux niveaux
42:09essentiellement
42:10d'après moi
42:11le premier
42:11c'est que
42:12en termes législatifs
42:14ça devient
42:16quasiment impossible
42:17de faire passer
42:17des projets de loi
42:18importants
42:20puisqu'il n'y aura
42:20pas la même majorité
42:21dans les deux chambres
42:22et il y aura un président républicain
42:24et une chambre
42:25des représentants démocrates
42:26pas sûr que ça
42:27embarrasse beaucoup
42:28Donald Trump
42:28qui de toute façon
42:29n'est pas beaucoup passé
42:30par le congrès
42:30on l'a dit tout à l'heure
42:31le deuxième aspect
42:32c'est que ça donne
42:33aux démocrates
42:34un pouvoir d'enquête
42:35un pouvoir
42:36de surveillance
42:38du gouvernement
42:38ils prennent la main
42:40sur toutes les commissions
42:41de la chambre
42:42et ils peuvent lancer
42:42des enquêtes parlementaires
42:44et commencer
42:46à creuser
42:47sur certains sujets
42:48y compris des choses
42:49qui ont été faites là
42:50pendant la première année
42:51du mandat de Trump
42:52ils peuvent occuper
42:53l'espace médiatique
42:54donc ça donne
42:56un porte-voix
42:57et un pouvoir d'enquête
42:58qui peut être important
42:59dans la perspective
43:00de l'élection présidentielle
43:02de 2028
43:04c'est essentiellement ça
43:06voilà
43:07et ça va être intéressant
43:08parce que
43:09les démocrates
43:10ils sont totalement absents
43:12du discours politique
43:13ou pas totalement
43:15mais quand même
43:16énormément absents
43:18on va dire
43:18du discours politique
43:20depuis un an
43:20qui est totalement
43:21phagocyté
43:23par l'omniprésence
43:25de Trump
43:25et par le fait
43:26qu'il a la majorité
43:26effectivement dans les deux chambres
43:27et qu'il n'y a pas
43:28de campagne électorale
43:29jusqu'à présent
43:30elle était terminée
43:31plus
43:31si on ajoute à ça
43:32le choc
43:33qu'a représenté
43:34la défaite
43:36cuisante
43:37de Kamala Harris
43:38et la suite
43:40en fait
43:41le parti démocrate
43:42s'est pas encore remis
43:44de la fin
43:45du mandat
43:46de Joe Biden
43:46et là
43:47on va rentrer
43:48effectivement
43:48dans quelques mois
43:49dans une période
43:50de campagne électorale
43:52où effectivement
43:52les voix démocrates
43:53devraient
43:54on espère
43:55probablement
43:56se faire entendre
43:58de manière
43:58beaucoup plus
43:59vibrante
44:00et de manière
44:02plus sonore
44:03et ça risque
44:03d'être intéressant
44:04au moins de voir
44:05qu'il n'y a pas non plus
44:06parce que je trouve
44:07qu'à l'heure actuelle
44:08souvent on a
44:09cette impression
44:09un peu de résignation
44:10de il n'y a rien
44:12qui bouge
44:12il n'y a pas de révolte
44:14la rue
44:14les gens ne descendent
44:15pas dans la rue
44:16où sont les grandes voix
44:18qu'on a pu entendre
44:19à une certaine époque
44:20et il y a à la fois
44:22la peur
44:22la résignation
44:23la sidération
44:24mais je pense que
44:25l'approche d'élection
44:26où enfin
44:27on pourrait éventuellement
44:28modifier un peu
44:29le cours
44:30de ce qui est en train
44:31de se passer
44:31va peut-être motiver
44:32motiver certains
44:34j'ai deux questions
44:36dans le chat
44:37deux questions
44:38qui se rejoignent
44:40c'est El Chirot
44:40et Cravenius
44:41qui parle d'impeachment
44:43Trump
44:45El Chico
44:46par exemple
44:46qui nous partage
44:47Trump a dit
44:48que si les démocrates
44:48gagnent
44:49au mi-terme
44:50ils vont faire
44:50un impeachment
44:51est-ce que c'est possible
44:52ou pas
44:52Cravenius c'est pareil
44:53il dit que
44:54en fait
44:54même si
44:55Cravenius lui partage
44:56que même si
44:56Trump est impeached
44:58on a quand même
44:59Vance derrière
45:00qui reprend la barque
45:01comment ça peut se passer
45:04par rapport à cet impeachment
45:05la procédure d'impeachment
45:07elle peut être lancée
45:08à la chambre
45:08par les démocrates
45:10s'ils ont la majorité
45:11mais c'est ce qui s'est passé
45:14pendant le premier mandat
45:15l'impeachment ne sera pas voté
45:18la chambre fait l'acte d'accusation
45:20et ensuite c'est le Sénat
45:21qui doit voter la destitution
45:23or le Sénat
45:25ne le votera certainement pas
45:28sauf à imaginer
45:30mais ça semble difficile
45:32vu tout ce qui s'est passé avant
45:34et tout ce à quoi Donald Trump
45:35a déjà survécu
45:36sauf à imaginer qu'il fasse
45:37entre maintenant et novembre
45:40quelque chose
45:42qui pousserait
45:43une partie des élus républicains
45:45à voter pour le destituer
45:49ça semble peu envisageable
45:51à ce stade
45:52mais voilà
45:54rien n'est exclu
45:55et effectivement
45:56on a la figure de G.D. Vance
45:57qui est le vice-président en place
45:59qui est presque plus effrayant
46:02que Donald Trump
46:03mais qui est aussi plus clivant
46:04donc probablement lui
46:05il n'est pas
46:07Donald Trump a fêté
46:09ses 79 ans
46:12donc il n'est pas
46:16a priori éternel non plus
46:17donc effectivement
46:19la question se pose
46:20est-ce que G.D. Vance
46:21pourrait être un successeur
46:23et c'est vrai que c'est quelque chose
46:24qui ne coule pas de source
46:26ce serait son successeur
46:28s'il venait à perdre le pouvoir
46:30enfin à disparaître
46:31avant la fin de son mandat
46:32mais c'est aussi une personnalité
46:34beaucoup plus clivante
46:35paradoxalement
46:36que ne l'est Trump
46:37qui a une sorte de charisme
46:39que n'a pas G.D. Vance
46:40on a parlé des mid-terms
46:42on a évoqué le fait
46:43qu'il y a des chances
46:43que Trump perde ses élections
46:46mais tout à l'heure
46:47tu me disais Fred
46:48que s'il perd les élections
46:50il y a même un risque
46:52parce qu'on aurait un Trump
46:53qui n'aurait plus rien à perdre
46:55dans ce cas là
46:57jusqu'où il pourrait aller
46:59Donald Trump
46:59qu'il les perde
47:01ou qu'il les gagne
47:01par ailleurs
47:02parce que
47:03quand les présidents américains
47:05arrivent dans les deux dernières années
47:07de leur second mandat
47:10ou de leur premier mandat
47:11s'ils n'ont pas l'intention
47:12de se représenter
47:13ils rentrent dans
47:15ce qu'on appelle
47:16le lame duck presidency
47:18donc c'est le président
47:19canard boiteux
47:20parce qu'il faut savoir
47:21que les mid-terms
47:22une fois qu'elles sont terminées
47:23elles ouvrent la campagne
47:26pour la prochaine présidentielle
47:28qui va durer deux ans
47:29des primaires
47:30d'un côté
47:31peut-être aussi du côté républicain
47:33donc
47:34toute la tension
47:36va être tournée
47:37vers
47:37ce qui se passera au Congrès
47:39si les démocrates
47:39ont repris la majorité
47:40à la Chambre
47:41et ce qui se passera
47:42sur le terrain
47:43de la campagne présidentielle
47:45ça laisse à Donald Trump
47:46assez peu d'espace
47:47pour exister
47:48or on sait quand même
47:49qu'il aime bien exister
47:50voire être
47:52ultra dominant
47:53dans tout l'espace
47:54politique et médiatique
47:56et il aura toujours
47:58pendant deux ans
47:59même s'il perdait
48:00la majorité à une chambre
48:01tous les leviers
48:02de la puissance américaine
48:04militaire
48:05le fait de pouvoir
48:08adopter des décrets
48:09par dizaines
48:10ou par centaines
48:11et il sera effectivement
48:12libéré de toute
48:13contrainte politique
48:14si tant est qu'on puisse
48:15considérer que Trump
48:16a déjà été soumis
48:17à des contraintes politiques
48:18mais en tout cas
48:19il aura politiquement
48:21électoralement
48:22plus rien à perdre
48:23lui-même
48:23et ça
48:24ça le rend
48:25encore plus imprévisible
48:27et possiblement
48:28encore plus dangereux
48:29que ce à quoi
48:31on assiste
48:32encore là
48:33ces derniers jours
48:34par exemple
48:34avec le Groenland
48:35et ça inquiète
48:36beaucoup d'observateurs
48:37qui mettent en garde
48:39pour certains
48:40depuis des années
48:40sur la dérive
48:41de Donald Trump
48:42et qui disent
48:42aujourd'hui
48:43on n'est pas prêt
48:45à avoir un Donald Trump
48:47qui n'a plus rien à perdre
48:48jusqu'au point
48:49où il pourrait
48:50s'auto-attribuer
48:51la possibilité
48:51de faire un troisième mandat
48:52Fred parlait
48:56de la difficulté
48:58voire impossibilité
48:59à modifier la constitution
49:00donc déjà
49:00il faudrait faire ça
49:01pour pouvoir avoir
49:02un troisième mandat
49:03et là
49:05on rentre
49:05on passe encore
49:07dans une autre dimension
49:08l'annulation
49:09des élections
49:10de mi-mandat
49:11c'est déjà un truc
49:12totalement
49:13presque surréaliste
49:14mais là
49:15l'imposition
49:16d'une possibilité
49:18de troisième mandat
49:19
49:20on rentre
49:21dans un état autoritaire
49:22en son nom
49:25il n'y a plus de doute
49:26là-dessus
49:26il existe
49:27de ce que disent
49:29les experts
49:30qui se retrouvent
49:31eux-mêmes
49:31un peu contraints
49:32à réfléchir là-dessus
49:33il y a deux
49:34trous de souris
49:35on va dire
49:36juridiques
49:37qui pourraient
49:38être utilisés
49:39par Trump
49:40et son entourage
49:41pour essayer
49:41de justifier
49:42un troisième mandat
49:43le premier
49:44c'est une interprétation
49:46de la constitution
49:47qui selon
49:48ceux qui défendent
49:49cette thèse
49:49limiterait
49:51à deux mandats
49:51consécutifs
49:52même si le mot
49:53consécutif
49:54ne figure pas
49:54dans la constitution
49:55et que donc
49:57l'argument
49:57que défendrait
49:58Trump
49:59ce serait de dire
49:59j'ai fait un mandat
50:00entrecoupé d'un autre
50:01et donc j'ai droit
50:02à deux mandats
50:03consécutifs
50:03donc je peux en faire
50:04un troisième
50:05pour arriver à deux
50:05d'affilée
50:06ça c'est la première théorie
50:08qui semble quand même
50:08très fragile juridiquement
50:09la deuxième
50:10qui semble plus solide
50:12mais qui nécessite
50:13une complicité
50:13en particulier
50:15de la part de Vence
50:16par exemple
50:17c'est que la constitution
50:18dit clairement
50:18qu'on ne peut pas
50:19être élu
50:20plus de deux fois
50:22à la présidence
50:23or les américains
50:24élisent un président
50:25certains experts
50:27disent
50:28rien a priori
50:29ne s'opposerait
50:30à ce que par exemple
50:31J.D. Vence
50:32soit le candidat
50:33que Donald Trump
50:34soit le candidat
50:35à la vice-présidence
50:37donc pas élu
50:38officiellement
50:39par les américains
50:40et que si Vence
50:42ou il mettrait
50:43quelqu'un d'autre
50:44à la place de Vence
50:44démissionnait
50:45au premier jour
50:46de son mandat
50:47le vice-président
50:48devient automatiquement
50:49le président
50:49sans avoir été élu
50:50donc sans avoir
50:51enfreint la constitution
50:52mais avec un mandat
50:53à terminer
50:54de quasiment quatre ans
50:55voilà
50:57on en est
50:57encore une fois
50:58comme tout à l'heure
50:59avec la guerre civile
51:00sur des spéculations
51:01qui semblent
51:02totalement lunaires
51:03mais
51:04qui à un moment
51:05arrivent
51:07dans le
51:08voilà
51:08dans le paysage
51:09politique
51:10le problème c'est
51:10qu'il va plus vite
51:11que les scénaristes
51:12de HBO
51:14et Netflix
51:15donc
51:15voilà
51:17aujourd'hui
51:18on le voit bien
51:19que les rapports
51:20entre
51:20l'Union Européenne
51:22l'Europe
51:23et les Etats-Unis
51:24sont atteints
51:26est-ce que
51:28ces rapports
51:28peuvent se reconstruire
51:29dans le futur
51:31comment ça peut se passer
51:32dans une Amérique
51:34post-Trump
51:34par exemple
51:35ou est-ce qu'elles sont
51:36on part sur quelque chose
51:38où l'Europe va de plus en plus
51:39être autonome
51:40des Etats-Unis
51:40on a eu déjà
51:41des accros
51:43dans la relation
51:44transatlantique
51:45la plus récente
51:46probablement
51:47à part ce qu'on est
51:48en train de traverser
51:48aujourd'hui
51:49c'est celle
51:50post-guerre en Irak
51:52où c'était
51:54très très tendu
51:55avec la France
51:57mais pas seulement
51:57bon
51:59et la relation
52:00s'est reconstruite
52:01ensuite
52:02par essence
52:03et quand même
52:05si on est un tout petit peu
52:06et si on essaye
52:07quand même
52:07d'être un tout petit peu
52:09rationnel
52:09la relation
52:12entre les deux blocs
52:15on peut dire
52:15est une relation
52:17qui est supposée
52:18être une relation
52:19d'amitié
52:20d'alliés
52:20on est dans la même
52:22organisation de défense
52:23l'OTAN
52:23on a des échanges
52:25commerciaux
52:26extrêmement élaborés
52:27il y a d'autres
52:28grandes puissances
52:29dans le monde
52:29qui essayent
52:30de creuser aussi
52:31leurs avantages
52:32donc on a intérêt
52:33à avoir des relations
52:34cordiales
52:36puisque jusqu'à présent
52:37on avait
52:37à peu près
52:39les mêmes valeurs
52:39etc
52:40donc je pense
52:41que c'est pas du tout
52:42impossible
52:42évidemment
52:43de renouveler
52:44ou de relancer
52:46la relation transatlantique
52:48après
52:48tout dépend aussi
52:50jusqu'où on va
52:52dans le déchirement
52:53ce qui est très intéressant
52:55c'est que
52:56pour l'Europe
52:57qui se voit souvent
52:58peut-être plus petite
52:59et moins puissante
53:00qu'elle ne l'est
53:01en réalité
53:01c'est aussi
53:02déjà la guerre en Ukraine
53:04a été une sonnette
53:05d'alarme terrible
53:06qui s'est dit
53:08mais en fait
53:08on dépend uniquement
53:09des Etats-Unis
53:10et on n'a aucun moyen
53:10de protéger
53:12notre front
53:13est
53:14finalement
53:14par nos propres moyens
53:16donc ça c'est en train
53:17on en est encore loin
53:18mais c'est en train
53:19on va dans ce sens
53:21ou en tout cas
53:21de plus en plus
53:22dans ce sens
53:22et c'est vrai
53:25que là aujourd'hui
53:25avec une Europe
53:26qui se dit
53:27mais en fait
53:27finalement
53:27on est
53:28squeezé
53:29resserré
53:31entre les Etats-Unis
53:32et la Russie
53:33et finalement
53:33il faut qu'on tienne
53:34sur nos deux pieds
53:35donc le problème étant
53:36qu'on est 27 pays
53:38à minima
53:39et qu'il faut trouver
53:40une voie commune
53:44quoi
53:44mais
53:45bon j'ai tendance
53:47à être peut-être optimiste
53:48mais j'ai plutôt tendance
53:49à penser
53:49que ça doit être possible
53:50Fred
53:52pour faire un dernier bilan
53:53de cette année
53:55avec Donald Trump
53:57au pouvoir aux Etats-Unis
53:58toi comment est-ce que
53:59tu qualifierais
54:00la pratique du pouvoir
54:01de Donald Trump
54:02parce que tout à l'heure
54:03tu me parlais carrément
54:04de pratique mafieuse
54:05comment tu qualifies
54:06la pratique du pouvoir
54:07de Donald Trump
54:08je pense que c'est ça
54:09je pense que c'est vraiment ça
54:10Sonia disait tout à l'heure
54:11bully pour harceleur
54:14il y a un côté
54:16le gros dur
54:17de la cour de récré
54:18mais avec un pouvoir
54:21démesuré
54:22et
54:23effectivement
54:24ce qui nourrit
54:25cette
54:26pour parler un peu
54:28des coulisses
54:29de libération
54:29hier on a fait
54:30la une
54:31on a une réunion
54:32tous les soirs
54:33pour décider de la une
54:34du lendemain
54:34et on cherchait le mot
54:35à mettre
54:36face
54:38l'Europe
54:38face à
54:39et on cherchait
54:40à qualifier
54:41l'agissement
54:42les menaces
54:43de Donald Trump
54:43la menace
54:44ça semblait trop faible
54:45parce qu'il passe son temps
54:46à menacer
54:46on était parti
54:48sur l'ultimatum
54:49ça nous semblait aussi
54:50encore un peu faible
54:51et on est arrivé
54:52sur le racket
54:53alors c'est parti
54:55un peu
54:56comme on fait des blagues
54:57souvent
54:57c'est parti aussi
54:58de racket de neige
54:59on cherchait des choses
55:00avec le Groenland
55:01bref
55:01et c'est vraiment ça
55:03il y a ce côté
55:04mafieux
55:06dans
55:06dans la violence
55:08dans la brutalité
55:09mafieux
55:11même peut-être
55:12sans le
55:12code d'honneur
55:13que peuvent avoir
55:14certains
55:14parce que
55:17chez Donald Trump
55:17on a quand même
55:18du mal à le voir
55:18et l'autre pratique
55:20mafieuse
55:20dont on n'a pas parlé
55:22c'est vraiment
55:22le côté
55:23enrichissement
55:24absolument
55:24et il faut savoir
55:26que vraiment
55:26Donald Trump
55:27utilise
55:28et alors là
55:29vraiment sous stéroïde
55:30depuis le début
55:31de son deuxième mandat
55:32la présidence
55:32comme un moyen
55:34de s'enrichir
55:35lui personnellement
55:36d'enrichir ses proches
55:37sa famille
55:39ses fils
55:40et
55:41ses proches
55:42il y a plusieurs
55:43exemples
55:44très concrets
55:45y compris
55:45son envoyé
55:47personnel
55:47pour au départ
55:48l'Ukraine
55:49puis le Moyen-Orient
55:49la Russie
55:50Steve Witkoff
55:51dont un des fils
55:52est associé
55:54au fils de Trump
55:55dans un business
55:56de crypto-monnaie
55:57qui est le secteur
55:58d'activité
55:59où la famille Trump
56:00a gagné le plus
56:00d'argent
56:01l'année dernière
56:02je suis allé regarder
56:04juste avant
56:04notre discussion
56:06la fortune
56:06de Trump
56:07d'après Forbes
56:08qui fait le classement
56:09annuel des milliardaires
56:10a plus que doublé
56:12en un an
56:13en 2025
56:13avec notamment
56:162 milliards
56:17de gains
56:17liés
56:18aux crypto-monnaies
56:19donc on est vraiment
56:20sur des ordres
56:20de grandeur
56:21qui sont
56:21qui sont
56:22colossaux
56:22et on sent bien
56:23que de manière
56:24totalement décomplexée
56:26la présidence
56:28des Etats-Unis
56:28aujourd'hui
56:29est aussi utilisée
56:30au-delà de tout
56:31ce qu'on a pu raconter
56:32de rapports de force
56:34de dérive autoritaire
56:35d'affirmation du pouvoir
56:36etc
56:36à des fins
56:38d'enrichissement
56:39pur et simple
56:40et d'enrichissement
56:41personnel avant tout
56:42enfin personnel
56:42ou proche
56:43il n'y a absolument
56:43aucune idée
56:44d'enrichissement
56:45il se fiche
56:47d'enrichir
56:48le quidam
56:49de la petite ville
56:52de banlieue
56:52de Virginie
56:54ou de je ne sais où
56:54c'est vraiment
56:55son enrichissement
56:56personnel
56:57et comme dit
56:57Fred
56:58de ses proches
56:58de son cercle
57:00qui le suit
57:01finalement
57:01depuis 50-60 ans
57:02et d'ailleurs
57:03on travaille là-dessus
57:04il y a un
57:06des milliardaires
57:07qui est un de ses proches
57:08depuis 60 ans
57:09qui est celui
57:10qui lui a soufflé
57:10l'idée
57:11qui est l'héritier
57:12de Estée Lauder
57:13le grand empire cosmétique
57:16et qui lui a soufflé
57:17l'idée
57:17de récupérer
57:17le Groenland
57:18pour des raisons
57:19qu'on n'a pas réussi
57:21encore à identifier
57:22complètement
57:22mais c'est complètement
57:23enfin c'est là
57:25où Fred a raison
57:26on est vraiment
57:27dans un système
57:28de raquettes
57:29avec l'élément
57:30argent
57:31qui est primordial
57:33là-dedans
57:33et menaces
57:35de rétorsion
57:36c'est d'une violence
57:39quand même
57:39assez effarante
57:41de rétorsion
57:43de rétorsion
57:43c'est d'une violence
57:45Merci.
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