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00:00Et bienvenue donc dans l'invité du jour, l'info du jour.
00:03Aujourd'hui, ces propos réitérés de nouveau ce matin ne cèderont pas face au chantage.
00:09Comprenez par là le chantage des Américains, c'est le message aujourd'hui des Européens à Donald Trump
00:14après un week-end très mouvementé sur la question du Groenland.
00:18Les ministres français et allemands étaient réunis ce matin à Berlin.
00:21Ils ont redit leur volonté d'élaborer des contre-mesures pour répondre, je cite, au chantage du président américain.
00:25Ces derniers jours, le chef de la Maison-Blanche a effectivement menacé de surtaxe douanière 8 pays
00:30s'opposant à son ambition d'acquérir l'île Arctique.
00:34On va évidemment s'intéresser aux leviers disponibles, à la réponse possible des Européens
00:40avec notre invité Pierre Solal, bonjour, ambassadeur de France, ancien représentant permanent de la France auprès de l'Union Européenne.
00:47Un mot déjà pour prendre le pouls, quel week-end nous venons de vivre encore une fois de plus, on serait tenté d'ajouter.
00:53Donald Trump provoque une crise sans précédent avec l'Europe, cette fois autour de l'acquisition du Groenland.
00:59On l'annonçait depuis des années, c'est en train de se concrétiser ou pas encore ?
01:05La menace, en tout cas, est un degré supplémentaire.
01:09Et ce qui est important dans les réactions de ce week-end, comme vous l'avez rappelé à l'instant,
01:13c'est les propos convergents des dirigeants européens, à savoir, nous ne céderons pas au chantage.
01:18Et cette réaction diffère assez profondément de celle qui avait été celle des Européens
01:25après la fameuse annonce de droit de douane supplémentaire l'an passé, au mois d'avril,
01:31où à l'époque, les Européens avaient considéré qu'il fallait absolument ouvrir une discussion,
01:37en rester au dialogue et éviter de se lancer dans quelque chose qui pourrait conduire à une guerre commerciale.
01:44Donc, on s'est abstenu à cette époque-là d'envisager des mesures de rétorsion face à ces menaces de l'administration Trump
01:52d'imposer des droits de douane supplémentaires à l'Europe.
01:55Donc, le langage est différent.
01:57Pourquoi est-il différent ? Parce que ce qui est au cœur de la demande ou de la menace américaine
02:04est quelque chose de profondément choquant.
02:07Menacer d'annexion une partie du territoire d'un État membre de l'Union Européenne,
02:13c'est quelque chose qui était inimaginable il n'y a pas si longtemps.
02:18Choquant, inimaginable, en même temps, on l'annonçait avant même son retour à la Maison-Blanche.
02:22On savait, on disait que Trump, de retour à Washington,
02:26on serait confronté à ce genre de problème, de crise.
02:29Oui, mais...
02:30On n'y croit pas vraiment ?
02:31Il n'y a pas si longtemps, beaucoup de dirigeants européens disaient
02:33« Mais ça, c'est une hypothèse inimaginable. »
02:36Que les États-Unis, puissance inspiratrice et dominante de l'OTAN,
02:42prennent le risque d'agresser un membre de l'OTAN pour une partie de son territoire,
02:48c'est quelque chose qui paraissait inimaginable.
02:49Mais force est de constater que le président Trump,
02:52les limites de l'inimaginable se reculent de semaine en semaine.
02:56Et je crois que cette fois, encore une fois,
03:00le choc politique, symbolique est tellement fort
03:05que je pense qu'il y aura une réaction européenne d'une autre nature
03:10que celle qui avait été la réaction au fameux droit de réciprocité d'avril 2025.
03:15On va voir dans un instant, effectivement, quel levier possible pour les Européens
03:19et ce qu'ils envisagent comme contre-attaque.
03:22Mais avant cela, vous compariez notre attitude, notre réponse
03:26à celle d'il y a quelques mois, en avril dernier.
03:29On a appris notre leçon.
03:31On s'est rendu compte que les menaces de Trump, finalement,
03:34elles étaient plus concrètes.
03:35Et on est moins mous, nous, Européens ?
03:39Rétrospectivement, ce que nous constatons,
03:43c'est que d'autres que l'Union européenne avaient davantage résisté
03:46aux droits de douane américains l'an passé.
03:48La Chine, au premier degré chef, mais aussi l'Inde ou le Brésil.
03:54Et finalement, l'Europe qui avait choisi la conciliation, le dialogue,
04:00jusqu'à signer cet accord en Écosse au mois de juillet dernier,
04:04qui était profondément asymétrique,
04:07finalement, l'Europe avait cru à cette époque
04:09acheter la stabilité par l'absence de rétorsion,
04:13par l'absence d'escalade.
04:15Au moins qu'on puisse dire, c'est que cette stabilité n'a pas été acquise,
04:20puisque c'est ce que nous constatons aujourd'hui.
04:22Et par ailleurs, nous avons dû concéder un accord profondément asymétrique.
04:27Et donc, je crois que cette leçon a porté, en quelque sorte,
04:32et je pense que cette fois-ci, la réaction européenne,
04:36parce qu'il s'agira d'une réaction européenne coordonnée nécessaire,
04:39ne serait-ce que parce que le commerce est de compétences exclusives
04:41de l'Union européenne, sera plus forte.
04:45Reste à savoir comment la calibrer,
04:47comment doser la menace de rétorsion de son effectivité,
04:51et comment, puisque les choses bougent très vite avec l'administration Trump,
04:56comment, entre la date d'aujourd'hui et la date du 1er février,
04:59qui est la première échéance annoncée par l'administration Trump,
05:02on peut essayer de montrer à la fois de muscles,
05:05et de commencer à préparer des mesures de réplique à la menace américaine.
05:11Ça va arriver effectivement très vite, cette date du 1er février.
05:14Ça laisse quelques jours seulement aux Européens,
05:16qui semblent quand même, malgré tout, et vous en témoignez à l'instant,
05:19déterminés à faire bloc, cette fois à réagir de façon assez rapide
05:23et peut-être un peu plus agressive.
05:24On va regarder tout de suite en images
05:25quelles réponses possibles des Européens avec Marc Paup.
05:31Face aux surtaxes douanières américaines,
05:32l'Union européenne affiche son unité.
05:35Pour répondre à la menace de droits de douane de 10% supplémentaires
05:38sur 8 pays européens, dont 6 membres de l'UE,
05:41Bruxelles brandit l'instrument anticoercition.
05:44Nous sommes au stade de la menace du côté américain.
05:47Nous devons être au stade également de la menace au niveau européen.
05:52Et l'outil anticoercition est en quelque sorte une arme de dissuasion.
05:56Une arme de dissuasion qui doit permettre le dialogue
05:59et surtout d'éviter l'application des droits de douane.
06:03Bruxelles se dit déterminée à protéger ses intérêts stratégiques,
06:06économiques et de sécurité.
06:08Pour cela, elle pourrait aussi réactiver les mesures de représailles
06:11prises contre Washington en août dernier,
06:13portant sur 93 milliards d'euros d'importations américaines.
06:16L'accord douanier existant avec les Etats-Unis,
06:21qui devait être adopté cette semaine par le Parlement européen,
06:24est suspendu.
06:26Par ailleurs, les droits de douane européens sur les importations
06:29en provenance des Etats-Unis,
06:31suspendus jusqu'au 6 février,
06:33pourraient entrer en vigueur.
06:34Une fermeté de ton également reprise par le Royaume-Uni.
06:40Le Premier ministre Keir Starmer se dit déterminé,
06:44tout en appelant au dialogue.
06:46Les alliances perdurent car elles reposent sur le respect,
06:49le partenariat et non sur la pression.
06:51C'est pourquoi j'ai affirmé que l'imposition de droits de douane
06:53contre les alliés est totalement inacceptable.
06:55Une guerre commerciale n'est dans l'indérêt de personne.
06:57Les discussions devraient aussi se poursuivre
07:01au Forum économique de Davos qui s'ouvre ce lundi,
07:04où une importante délégation américaine sera présente.
07:07Un sommet extraordinaire des dirigeants des 27
07:09doit aussi se tenir dans les prochains jours.
07:12Pierre, on voit les Européens disposés quand même à s'unir
07:17face à ce qui est quand même encore aujourd'hui
07:20un allié américain.
07:23Pourtant, dans les faits, on n'a pas le sentiment
07:24qu'on est allié aujourd'hui.
07:25Oui, et parmi les réactions que vous avez rappelées,
07:30celle du Premier ministre britannique est particulièrement significative.
07:33Compte tenu de l'attachement qui demeure chez nos amis britanniques
07:37pour ce qu'ils estiment encore être une relation spéciale
07:40avec les Etats-Unis.
07:42Qui prouve le dialogue avec les Européens
07:43et avec les Américains en même temps.
07:45Vous vous souvenez que l'an passé,
07:46les Britanniques avaient devancé l'Europe
07:48dans l'acceptation d'un arrangement commercial
07:50avec les Etats-Unis.
07:51Donc cette réaction est importante.
07:53L'idée d'invoquer ce règlement anti-coercition
07:59qui date de 2023 a été évoquée,
08:01rappelée par le commissaire Séjourné.
08:05Effectivement, c'est un instrument qui offrirait
08:08une base juridique à l'Union Européenne
08:09pour prendre des contre-mesures.
08:11À soi seul, ça ne constitue pas une réplique.
08:14Mais le fait de l'invoquer,
08:16le fait de considérer que les conditions
08:18de sa mise en œuvre sont réunies
08:20auraient un impact symbolique et politique très fort.
08:24Pour souligner le caractère exceptionnel
08:27de la manœuvre,
08:29si elle est opérée,
08:31ce règlement n'a jamais été mis en œuvre aujourd'hui.
08:33Il a été conçu dans les années 2021-2022
08:36et adopté en 2023 pour réagir à l'époque
08:39à des attitudes commerciales,
08:41commerciales, coercitives de la part de la Chine
08:43vis-à-vis d'un État membre qui était la Lituanie.
08:46Et donc, à cette époque,
08:47il n'était pas imaginable que ce soit vis-à-vis des États-Unis
08:49que nous inaugurerions la mise en œuvre de cet instrument.
08:53Mais il vise très précisément
08:55la situation que nous connaissons aujourd'hui,
08:58à savoir une situation dans laquelle un pays tiers,
09:00en l'occurrence les États-Unis,
09:02se livre à des menaces
09:03ou prend des mesures commerciales
09:06dans le but d'obliger un État membre ou l'Union européenne
09:10à modifier sa position politique
09:11sur une question qui relève de sa propre souveraineté.
09:15C'est exactement le cas de figure dans lequel nous sommes.
09:18Première étape de ce règlement,
09:20il faut constater que nous sommes dans une situation de coercition.
09:23La Commission devra l'apprécier,
09:25le Conseil devra l'approuver à la majorité qualifiée.
09:28Deuxième étape,
09:29toute une panoplie de mesures
09:31sont à la disposition de l'Union européenne
09:33et de ses institutions
09:34qui vont des mesures tarifaires
09:36jusqu'à l'interdiction de l'investissement,
09:38jusqu'à la privation de l'accès au marché public européen
09:41des entreprises européennes.
09:43Et last but not least,
09:44des mesures en matière de services
09:45qui pourraient concerner l'économie numérique.
09:48On va peut-être regarder ces différentes étapes.
09:51Je sais qu'on l'a en infographie
09:53avant d'activer effectivement ce bouclier,
09:57cette réaction européenne
09:58qui a été créée en 2023.
10:01On l'appelle l'arme nucléaire économique,
10:03le fameux bazooka.
10:05Alors pour quels effets ?
10:06On en parlera peut-être juste après.
10:07Voilà, dimension d'abord dissuasive.
10:10On comprend bien aujourd'hui,
10:12avant de mettre en place des contre-mesures,
10:13que l'idée, là,
10:14c'est de montrer les muscles tout de suite
10:16pour convaincre Trump
10:17d'abandonner.
10:18Mais ça vous paraît possible, ça,
10:21qu'il renonce ?
10:24Ça peut fonctionner réellement ?
10:26C'est le pari qui est fait aujourd'hui
10:27par les Européens et les Français notamment ?
10:29Souvent, Trump varie.
10:29Et parmi les éléments d'évolution possibles
10:34de sa position,
10:36il y a d'une part la fermeté que nous afficherions.
10:39Dès lors que cette fermeté aurait des effets préjudiciables
10:41sur l'économie américaine,
10:43il y a d'autre part, je pense,
10:46certaines forces de contestation,
10:48voire de résistance aux États-Unis même.
10:51Prendre le risque de mettre à bas l'OTAN,
10:53l'Alliance atlantique,
10:54qui organise une domination américaine
10:58sur l'Europe depuis 80 ans,
10:59c'est quand même quelque chose de très lourd.
11:02Et au-delà du règlement anti-coercition,
11:03faire comprendre aux Américains
11:05que poursuivre dans cette voie
11:07ces maîtres à bas l'OTAN,
11:08cela pourrait faire réfléchir tout de même
11:10quelques membres du Congrès.
11:11Il y aura d'autres étapes avant cela.
11:13Et là, on est en train de parler,
11:14effectivement, dans un premier temps,
11:16de cette guerre commerciale
11:17qui pourrait se concrétiser
11:17avec une limitation des importations
11:19provenant des États-Unis
11:21ou le blocage de l'accès
11:23à certains marchés publics.
11:25En quoi consiste ce que les Européens
11:27désignent aujourd'hui
11:27comme un bazooka commercial ?
11:30Valérie Anne Gauthier nous l'explique
11:31tout de suite en image.
11:31On y revient juste après
11:32avec notre correspondant Bruxelles.
11:35Décrit comme une arme nucléaire économique,
11:38le bazooka européen a été créé en 2023.
11:43La Chine avait alors tenté
11:44d'étouffer l'économie de la Lituanie
11:46en représailles à l'ouverture
11:48d'une représentation diplomatique
11:50taïwanaise à Vilnius.
11:53Objectif de cet outil,
11:55se défendre rapidement
11:56contre tout pays
11:57qui utiliserait des mesures commerciales
11:59pour faire pression
12:00sur l'un des 27 États membres.
12:03Le bazooka européen
12:04permet en particulier
12:05de limiter les importations
12:07provenant d'un pays menaçant
12:09ou bien l'accès
12:10à certains marchés publics
12:12ou encore de bloquer
12:14certains investissements.
12:16Une arme de dissuasion
12:17qui n'a jamais été utilisée
12:19jusqu'ici.
12:20Son activation nécessite
12:22l'approbation du Conseil européen
12:24à la majorité qualifiée,
12:26c'est-à-dire avec le soutien
12:27d'au moins 55% des États membres
12:30représentant au moins
12:32les deux tiers de la population.
12:35Mais pour certains experts,
12:36le bazooka européen
12:37est une arme
12:38à double tranchant.
12:40Des mesures de rétorsion européennes
12:42pourraient engendrer
12:43une surenchère
12:44de l'administration Trump
12:45et ne feraient qu'aggraver
12:47la guerre commerciale
12:49déjà en cours.
12:51C'est un pari
12:52effectivement risqué.
12:54Les Européens
12:54vont devoir trancher.
12:55Ils se réunissent
12:55a priori
12:56en fin de semaine.
12:57On nous annonce
12:58peut-être la date
12:58de jeudi
12:59pour trancher
13:00sur cette réponse
13:02unanime.
13:03On verra
13:03ou pas d'ailleurs.
13:04Pierre Benazé,
13:04bonjour.
13:05Vous êtes notre correspondant
13:05à Bruxelles.
13:06On vient de voir
13:07en quoi consiste
13:08ce mécanisme,
13:09ce bazooka commercial
13:11comme on l'appelle.
13:12On entendait ce matin
13:13le commissaire européen
13:13Stéphane Séjourné dire
13:14le Groenland
13:16ne sera jamais
13:18américain.
13:19Il s'avance peut-être
13:20un peu.
13:21En tout cas,
13:21il croit que
13:22la technique européenne,
13:24le plan européen
13:25va fonctionner
13:26auprès des Américains.
13:27En tout cas,
13:31il y a une chose
13:32qui a déjà commencé,
13:33c'est la solidarité
13:35effective
13:36entre les 27.
13:38Rappelez-vous
13:39que cette menace
13:39ne désigne que 8 pays.
13:416 d'entre eux
13:42sont membres
13:42de l'Union européenne
13:43puisque le Royaume-Uni
13:45est parti
13:45et la Norvège
13:46a toujours refusé.
13:47Ces 6 pays
13:48ont donc acquis
13:49hier soir
13:49lors du Coréper,
13:51lors de la réunion
13:52des 27 ambassadeurs
13:53représentants permanents
13:54à Bruxelles,
13:55la garantie
13:55de la solidarité
13:56unanime
13:57des 27 membres
13:58de l'Union.
13:59Ça,
13:59c'est la première chose
14:00et c'est le plus important
14:01parce que
14:01rien ne garantissait
14:03que les États membres
14:04de l'Union européenne
14:04allaient apporter
14:05leur soutien
14:06à des pays
14:07qui sont extrêmement
14:08localisés
14:08sur le continent,
14:09tous en Scandinavie
14:10ou dans le nord-ouest
14:11de l'Europe.
14:13Bref,
14:13en tout cas,
14:13ceci,
14:14c'est déjà une chose
14:15extrêmement importante,
14:15c'est un signal politique
14:17et les ambassadeurs
14:18ont aussi affirmé
14:19au nom de leur capitale
14:20que,
14:21d'une part,
14:22on ne négociait pas
14:23la souveraineté
14:24d'une partie
14:25du territoire
14:25d'un État membre,
14:26qu'il était inadmissible
14:28d'entrer dans la spirale
14:29des droits de douane
14:30et que,
14:31par ailleurs,
14:31la souveraineté
14:32du Groenland
14:32était aussi essentielle
14:35pour l'Union européenne
14:36que la souveraineté
14:37de l'Ukraine,
14:38sachant que,
14:39évidemment,
14:39plusieurs États membres,
14:41ceux qui sont frontaliers
14:42de la Russie
14:42et de l'Ukraine,
14:43craignent de voir
14:44se réduire
14:45le soutien américain
14:47pour le plan
14:48de soutien à l'Ukraine.
14:49Il y a évidemment
14:50cette première considération.
14:52Après,
14:52il y a des dissensions,
14:54évidemment,
14:54comme souvent
14:55au sein du Conseil européen.
14:57On sait que
14:58les partisans
14:59de la manière forte,
15:00on en a compté
15:01au moins six
15:02hier soir,
15:03parmi eux,
15:03quatre grands États membres,
15:05à savoir
15:06la France
15:07et l'Allemagne,
15:08l'Espagne
15:08et la Pologne,
15:09avec le soutien,
15:10étonnamment,
15:10des Tchèques
15:11et des Slovaques.
15:13Eux veulent aller
15:13au rapport de force
15:14et c'est là
15:15qu'on va voir
15:16si, effectivement,
15:17on va se diriger
15:18vers cet instrument
15:19anti-coercition.
15:20Et puis,
15:20vous le disiez,
15:21il y aura ce sommet
15:22extraordinaire convoqué
15:23à la fin de la semaine.
15:24Ce sera très précisément
15:25jeudi à 19h
15:27que les chefs d'État
15:27et de gouvernement
15:28se réunissent à Bruxelles.
15:30C'est désormais confirmé.
15:32Alors,
15:32on verra,
15:33effectivement,
15:33si c'est décidé
15:34et si ça s'avère
15:35ou pas efficace
15:35auprès des Américains.
15:36En tout cas,
15:37on le dit déjà,
15:38ça peut s'avérer
15:39très risqué
15:40à double tranchant.
15:42Qui aurait
15:42le plus à perdre
15:43au final ?
15:44On peut regarder
15:48d'une part
15:49le principe même
15:50d'une guerre commerciale,
15:51ce qu'on essaie
15:51d'éviter
15:52de manière très précise
15:54avec Donald Trump
15:55depuis déjà
15:56son premier mandat
15:56puisque la remise
15:58en route
15:59des mesures
16:00de rétorsion
16:01de 93 millions d'euros
16:02qu'on a vues
16:03tout à l'heure,
16:04elle avait été décidée,
16:05cette première volée
16:06de mesures de rétorsion,
16:08elle date
16:08du premier mandat
16:09de Donald Trump
16:11puisque ça n'est jamais
16:12qu'une réactivation
16:13qui avait été
16:14envisagée l'an dernier,
16:15une construction supplémentaire,
16:17on vous passe
16:17les détails techniques
16:18mais ceci était déjà prévu,
16:20on se souvient
16:20de cette liste
16:21avec les motos Harley-Davidson,
16:22certains produits d'acier,
16:23du jus d'orange de Floride
16:24qui a depuis été enlevé
16:25de la liste,
16:26bref,
16:26tout ça on l'a sur la table.
16:28Le problème principal
16:29d'une guerre commerciale
16:30c'est que ça coûtera
16:31très cher aux Européens
16:32parce qu'on a
16:32un gros déséquilibre
16:34dans la balance commerciale,
16:35les Etats-Unis
16:36sont en excédent commercial
16:38sur les services
16:39exportés vers l'Europe,
16:40Pierre Sellal parlait
16:41à l'instant
16:42du marché numérique,
16:43l'accès des entreprises
16:44américaines aux internautes
16:46européens,
16:46ça c'est un gros
16:47déséquilibre commercial
16:48pour les Européens,
16:49en revanche,
16:50il y a un gros
16:50déséquilibre commercial
16:51sur l'exportation
16:52de produits manufacturés
16:54européens
16:54vers les Etats-Unis
16:55et donc ça,
16:56effectivement,
16:57ça peut coûter
16:58assez cher.
16:59Merci beaucoup
17:00Pierre Benazé
17:01en direct donc
17:01de Bruxelles
17:02pour France 24,
17:03Pierre Sellal
17:03qui a le plus à perdre
17:05demain
17:06en cas de guerre commerciale
17:07avec les Etats-Unis,
17:09est-ce qu'on est prêt
17:09à une guerre
17:10comme celle-là ?
17:11En tout cas,
17:13lorsqu'on n'est pas prêt
17:13à prendre le risque
17:14de la livrer,
17:15on est certain
17:16d'être perdant
17:16et c'est ce qui s'est passé
17:18l'an dernier.
17:19Comme cela a été dit,
17:21la clé de la crédibilité
17:23de nos lignes rouges,
17:24c'est d'abord
17:25la solidarité
17:25et même si on n'en a pas
17:27totalement besoin
17:28dans le déclenchement
17:30des mesures
17:31de ce règlement
17:31puisqu'il permet
17:32des mesures
17:33à la majorité qualifiée,
17:35afficher l'unanimité
17:36des Etats membres,
17:38c'est quelque chose
17:38de très important
17:39et ensuite
17:40la clarté
17:40dans les menaces
17:42dont nous pourrions
17:43faire usage
17:44vis-à-vis des Etats-Unis.
17:48Important aussi
17:49le fait
17:49qu'un Conseil européen
17:50soit programmé
17:51cette semaine.
17:52Parmi les choses
17:52qui ont manqué
17:53l'an passé
17:54avant la discussion
17:56pour ne pas parler
17:56de négociation
17:57en Écosse,
17:58c'est qu'il n'y a pas eu
17:59de réunion des chefs
18:00des Etats-Unis
18:00de gouvernement
18:00qui mandatait formellement
18:02et un peu solennellement
18:03la présidente de la Commission
18:04avant de partir
18:05rencontrer le président
18:06des Etats-Unis.
18:06Se parler en amont,
18:07c'est ça que vous dites ?
18:08Exactement.
18:08Et cette fois,
18:09une expression très forte
18:10qui serait solidaire
18:11à forcerie unanime
18:12des Etats membres
18:13cette semaine
18:14sera un élément important.
18:16Ensuite,
18:17il y a effectivement
18:17des risques.
18:18Le premier risque,
18:19c'est de s'engager
18:20dans une spirale,
18:21dans une escalade
18:21de mesures
18:22et de contre-mesures
18:23commerciales.
18:24Le deuxième risque,
18:25et c'est au nom
18:26surtout de ce risque
18:27que nous avions finalement
18:29accepté cet accord
18:30de l'an passé,
18:31c'est le risque
18:32de désengagement américain
18:33sur l'Ukraine.
18:33Et tous ceux
18:35qui ont vécu
18:36cette négociation
18:37à l'époque
18:37savent très bien
18:38que ce risque
18:39a été presque majeur
18:41dans la volonté européenne
18:43de ne pas rompre
18:44avec les Etats-Unis
18:45à cette époque.
18:46C'est ça,
18:46notre principal frein
18:47aujourd'hui ?
18:47Ce risque est toujours
18:48sur la table.
18:49La principale faiblesse européenne
18:52reste sa dépendance sécuritaire
18:53vis-à-vis des Etats-Unis.
18:55Vous parlez
18:55de cette dépendance
18:56qui a été le frein
18:57et qui l'est sûrement
18:58encore aujourd'hui.
18:59Les Russes l'ont bien compris.
19:00On voit la réaction
19:02du Kremlin ce matin.
19:03Dmitri Peskov
19:04qui souffle sur les braises
19:06et en même temps
19:06ne peut pas attendre
19:07autre chose
19:07de la part de Moscou
19:09qui dit à Donald Trump
19:10si vous arrivez
19:12à vous saisir
19:13du Groenland
19:13ce serait une première
19:14mondiale historique.
19:16Il le pousse à cela.
19:18Oui,
19:18et il le pousse
19:19dans la direction
19:20à laquelle
19:21le président Trump
19:22est sensible.
19:24En le flacant en passage, oui.
19:26Je pense que
19:27au-delà
19:28des considérations
19:29de sécurité
19:30d'accès aux ressources
19:31du Groenland
19:32ce qui est fondamental
19:33me semble-t-il
19:34dans la démarche
19:34du président Trump
19:35c'est celle
19:36qu'il avait inspirée
19:37en rebaptisant
19:37le Golfe du Mexique.
19:39C'est être le président
19:40des Etats-Unis
19:40qui aura étendu
19:41le territoire américain.
19:43Et c'est
19:44d'où les dessins
19:46qui circulent
19:47sur le drapeau américain
19:48sur le territoire
19:49groenlandais.
19:50Je crois que c'est
19:50une dimension fondamentale
19:51et il me semble
19:52que du côté russe
19:52on l'a parfaitement compris.
19:54Avant c'était un film
19:55aujourd'hui c'est quand même
19:55en train de se concrétiser
19:57tout cela.
19:58Est-ce que les Américains
19:59eux
19:59y sont favorables ?
20:02On le sait aussi
20:02sensibles à ce qui se dit
20:04sur la scène intérieure.
20:05C'est vrai que nous
20:06Européens
20:06on n'a pas forcément
20:07tendance à regarder cela
20:08mais dans moins d'un an
20:10maintenant
20:10il va y avoir
20:10des mi-temps
20:11des élections.
20:13Trump
20:13est-ce qu'il aurait intérêt
20:14à brusquer
20:16son électorat ?
20:17Les Américains
20:18n'ont pas forcément
20:19envie qu'ils s'engagent
20:19sur un autre front.
20:21Il y a deux risques
20:22un risque économique
20:23tout d'abord
20:24parce que
20:25quoi que dise l'administration
20:27des droits de douane supplémentaires
20:28ce sont des droits de douane
20:29payés par le consommateur américain.
20:32Et deuxièmement
20:32le risque politique
20:33je l'évoquais tout à l'heure
20:36prendre le risque
20:38de démanteler
20:39l'Alliance Atlantique
20:40c'est quelque chose
20:41qui est tout de même
20:43difficile à avaler
20:44pour une partie
20:45du parti républicain.
20:46Et je pense
20:47que ça constitue aussi
20:48une limite
20:48dont les Européens
20:50devraient savoir jouer.
20:52C'est-à-dire
20:52aujourd'hui
20:53démarcher les membres du Congrès
20:55démarcher le parti républicain
20:56pour leur dire
20:56mais est-ce que vous êtes conscient
20:57de ce que vous risquez de faire ?
20:58Mais est-ce qu'ils ont encore
20:59l'oreille de Trump
21:00ces gens-là ?
21:01Parce qu'il y a une fracture
21:02qui s'est quand même
21:03renforcée en un an.
21:04Vous l'avez dit
21:04nous sommes à moins d'un an
21:05des bit terms.
21:07Donc il y aurait éventuellement
21:08Je pense que ça peut avoir
21:09un certain impact.
21:10Une accroche possible
21:11qui pourrait parler à Trump.
21:13En tout cas
21:14il y a
21:16cette contestation politique
21:17il y a
21:18comme vous le savez
21:19un risque juridique
21:19pour Trump
21:20puisque la politique
21:21des droits de douane
21:22ou la manière
21:22dont il en use
21:23est aujourd'hui
21:24l'objet de contestations juridiques
21:27et la Cour suprême
21:27doit se prononcer
21:28dans les jours qui viennent
21:29ou dans les semaines qui viennent.
21:31Tout ceci constitue
21:32quand même
21:32certaines limites.
21:33Mais néanmoins
21:34la vraie limite
21:36à imposer
21:36c'est une fermeté européenne
21:38et j'espère
21:38que nous en serons capables.
21:40Vous pensez donc
21:41qu'on va assister
21:42à des annonces fortes
21:44d'ici la fin de la semaine
21:45d'ici à jeudi
21:46a priori
21:47cette journée
21:47où les Européens
21:48vont se réunir
21:48se rassembler ?
21:49Oui.
21:50Encore une fois
21:50il n'y aura pas
21:51cette semaine
21:52d'annonce
21:52de mesures
21:53restrictives
21:54en matière d'investissement
21:55ou de droits de douane supplémentaires.
21:56Non mais en termes de posture ?
21:57Il y aura l'engagement
21:58de la mise en oeuvre
22:00de ce mécanisme
22:00dit anti-coercition
22:02tout ce que les expressions
22:03de bazooka
22:03ou autres
22:04sont un peu
22:04excessives
22:06et sans beaucoup de contenu.
22:08Ce serait un signal
22:08très important
22:09que l'Union Européenne
22:11les chefs d'État
22:12et de gouvernement
22:13à l'unanimité
22:14constatent
22:14que les États-Unis
22:15se livrent
22:16à un comportement
22:16de nature coercitive
22:18au détriment
22:19de leur souveraineté.
22:20Il se trouve que cette semaine
22:21il va se passer aussi
22:22un autre grand rendez-vous
22:23c'est le forum de Davos
22:24avec cette délégation américaine
22:25annoncée comme la plus importante
22:26de l'histoire
22:26qui est attendue mercredi
22:28avec un discours
22:29de Donald Trump
22:30ce sera la veille
22:30de la réunion des Européens
22:31il va sûrement avoir des mots
22:33en direction de l'Europe
22:35en tout cas c'est ce qu'on attend ?
22:37C'est très probable.
22:37Ça pourrait donner le ton ?
22:38C'est très probable
22:39parce que
22:40la politique étrangère
22:41du président des États-Unis
22:42est une politique spectacle
22:43et Davos
22:43considérera la scène de la semaine.
22:46Ce rendez-vous
22:46finalement du forum économique
22:48mondial
22:49où les affaires
22:50évidemment sont maîtres
22:52on est dans le thème là ?
22:53Oui
22:53pour voir les choses
22:54de manière un peu plus positive
22:55ça peut être encore
22:56l'occasion de contact
22:57entre le président
22:58les dirigeants européens
23:00qui seront là
23:01et je crois qu'il faut utiliser
23:02toutes ces possibilités de contact
23:03pour faire comprendre
23:04la gravité de la situation.
23:05Ça c'est le diplomate
23:06que vous êtes
23:07qui parle.
23:08Merci beaucoup Pierre
23:08Célal
23:09merci d'avoir été
23:09l'invité de l'info du jour
23:10évidemment
23:11on continue à dérouler le fil
23:13dans la suite
23:14de ce pari direct
23:15on se retrouve
23:15dans quelques instants
23:17pour le journal du jour
23:18à tout de suite
23:18Merci d'avoir regardé cette vidéo !
23:21Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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