00:00Ces derniers temps, on entend beaucoup parler de ces médicaments anti-obésité.
00:04Donc, on va mettre les choses au point ce matin.
00:06Maigrir sur ordonnance, c'est une illusion ou c'est une révolution, docteur ?
00:10Eh bien, illusion ou révolution, c'est effectivement la question que pose le docteur Laurent Chevalier,
00:15qui est un expert, effectivement, en nutrition, avec un livre très équilibré sur les avantages et les inconvénients.
00:21Parce que maigrir avec ces nouveaux médicaments, effectivement, qui s'appellent Végovi, Mounjaro,
00:26vous avez sûrement entendu tous ces noms, Victoza, Saxenda, Trucille...
00:29Aux Ampics.
00:30Aux Ampics, évidemment, le premier qui était destiné d'ailleurs aux diabétiques.
00:34Eh bien, tout ça, c'est bien beau, mais est-ce que c'est vraiment une révolution ou est-ce que c'est une illusion ?
00:40Eh bien, là aussi, c'est toute la question.
00:42Bon, parce qu'il y a, j'imagine, des avantages et des limites.
00:44On va commencer avec les avantages.
00:45Alors, les avantages, d'abord, ce sont des médicaments qui, notamment, ils ont plein d'actions,
00:50mais vont ralentir la vidange gastrique.
00:52Donc, les aliments restent plus longtemps dans l'estomac, ce qui fait qu'on a un sentiment de satiété.
00:56Donc, on mange moins, on consomme moins.
00:58Et d'ailleurs, les grandes chaînes de restauration américaines ont déjà vu que les gens mangeaient moins en proportion.
01:03Donc, ça, c'est un effet absolument indiscutable.
01:05Le deuxième, et celui-là aussi, il est très important, c'est la réduction du taux de sucre dans le sang.
01:10Parce que quand on réduit le taux de sucre dans le sang, eh bien, ça veut dire qu'on abîme beaucoup moins ses organes.
01:14Donc, c'était évidemment très important pour les diabétiques, mais c'est vrai pour tout le monde.
01:18Donc, ça, c'est vraiment un avantage considérable.
01:20Ça se traduit d'ailleurs par une réduction du risque cardiovasculaire,
01:23des événements cardiovasculaires, des infarctus, des accidents vasculaires cérébraux.
01:2813 et 26%, moins 13 à moins 26%.
01:31Et puis, évidemment, l'effet le plus palpable, le plus remarqué, c'est la perte de poids.
01:35On perd entre 10 et 20% de son poids initial quand on prend ses médicaments.
01:40Ça, c'est sur environ un an, même si la moitié de la perte se fait très rapidement, environ 5 mois.
01:44Alors, ça, c'était pour les avantages.
01:46Place aux inconvénients à présent.
01:47Car il y en a, évidemment, il y en a d'abord sur le plan digestif.
01:51Alors, on les appelle les inconvénients mineurs, mais n'empêche qu'ils peuvent pourrir la vie.
01:55C'est des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, des diarrhées, des constipations.
01:59Bref, tout le tube digestif est un petit peu perturbé.
02:01Mais il y en a surtout trois qui sont importants et qui sont soulignés d'ailleurs dans le livre.
02:04Le premier, c'est qu'il y a quand même un risque de pancréatite aiguë.
02:07Et ça, c'est une inflammation du pancréas.
02:09Ça peut être mortel.
02:10C'est déjà arrivé.
02:11Les tabloïdes anglais ont déjà mis à la une, notamment le cas d'une infirmière qui avait quelques kilos à perdre
02:16et qui a pris ses agonistes GLP1, comme on les appelle, en injection, une fois par semaine,
02:21et qui est décédée.
02:22Et ça arrive, effectivement.
02:24Et il y a donc un vrai risque de pancréatite.
02:26Donc, il faut vraiment que ça en vaille la peine.
02:29Le deuxième risque, c'est que 15 à 40 % de ceux qu'on perd,
02:33et là, mauvaise nouvelle si vous pensez simplement, en regardant sur la balance, avoir perdu de la graisse.
02:37Et non, vous avez perdu 15 à 40 % de muscles.
02:40Vous avez perdu du muscle.
02:42C'est pour ça qu'il faut vraiment accompagner ça d'un programme physique, de sport.
02:45Et c'est pour ça que pour les gens qui sont, on va dire, qui n'ont vraiment quelques kilos à perdre, mais pas plus,
02:50c'est un gros risque.
02:51Vous avez perdu du muscle plutôt que de la graisse.
02:53Donc, là, vraiment prudence.
02:54Et puis enfin, le troisième gros inconvénient, c'est que quand on arrête le traitement,
02:58on reprend en moyenne.
03:00En moyenne, on reprend les deux tiers de ce qu'on a perdu.
03:02En moyenne, mais ça veut dire que pour certains, on a tout repris.
03:06On dépasse, voire davantage.
03:07Voire davantage, parce qu'on est reparti sur ces mauvaises habitudes,
03:10parce que l'obésité, et Laurent Chevalier le rappelle, c'est un traitement global.
03:14Et est-ce que, justement, ces médicaments anti-obésité vont être remboursés ?
03:18Alors, c'est tout le débat actuel.
03:20Il y a une négociation, effectivement, entre l'État et le laboratoire
03:24pour se mettre d'accord d'abord sur le prix.
03:26Et pour qui cela va-t-il être remboursé ?
03:28Alors, a priori, c'est vrai que dans l'autorisation de mise sur le marché de ces médicaments,
03:32même quelqu'un au surpoids qui a des facteurs de risque pourrait en prendre.
03:35Probablement que ça sera réservé aux obésités, sinon modérées, en tout cas sévères.
03:41Alors, une obésité sévère, ça veut dire qu'on a un indice de masse corporelle
03:44qui est supérieur ou égal à 35.
03:47Je vous ai mis quelques repères, évidemment, où il y a plein de calculateurs sur Internet
03:50pour calculer votre indice de masse corporelle.
03:52Mais vous voyez que si vous mesurez 1,60 m, par exemple,
03:55à partir de 90 kg, vous êtes en obésité sévère.
03:58Pour 1,70 m, 102 kg et 114 kg pour 1,80 m, obésité sévère.
04:02Là, c'est vraiment parce qu'on considère que les risques pour la santé sont tellement importants
04:06que ça vaut les risques et les inconvénients de ces traitements.
04:10Merci.
04:10Merci.
04:11Merci.
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