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Avec Gabriella Papadakis, patineuse en danse sur glace, pour son livre "Pour ne pas disparaître" - la championne de patinage confie les raisons de son départ (Robert Laffont)
Retrouvez « Le Grand portrait par Sonia Devillers » avec Sonia Devillers sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-9h10

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Transcription
00:00France Inter
00:01La Grande Matinale
00:05Sonia de Villers
00:08Gabriela Papadakis, 5 fois championne du monde et 7 fois championne de France,
00:16publie aujourd'hui Pour ne pas disparaître.
00:19Le livre raconte crûment l'effroyable dureté d'un tel niveau d'entraînement pour elle, enfant.
00:24Elle y dénonce les injonctions à la féminité à laquelle une patineuse doit se soumettre sans relâche.
00:32Mais surtout, elle dit combien le couple qu'elle a formé, 20 ans durant, avec Guillaume Ciseron,
00:36ils sont médailles d'or olympiques tous les deux, a fini par devenir une source de mal-être et de persécution.
00:42Seulement voilà, son ancien partenaire sur la glace se dit effaré de ce que contient le livre et meurtri.
00:48Il s'en remet à ses avocats, mais à trois semaines des JO d'hiver,
00:52alors que le patinage sera admiré dans le monde entier.
00:56Gabriela Papadakis semble vouloir faire sortir une rage trop longtemps contenue.
01:01Portrait numéro 74.
01:05Bonjour Gabriela Papadakis.
01:07Bonjour.
01:08Je vous sens hilar.
01:10C'est quoi ? Vous vous sentez libérée ?
01:12Ça y est, c'est sorti ?
01:13Je pense que c'est mon état normal.
01:16C'est vrai ?
01:16Je suis de bonne humeur de manière générale.
01:18Non mais ouais, en fait, j'ai écrit un livre et j'en parle.
01:22Chez Robert Laffont, il sort aujourd'hui en librairie qu'en J.
01:26Il fallait que ça sorte.
01:27Il fallait l'écrire, il fallait le dire, il fallait se faire entendre, c'est ça ?
01:31Ouais, bah moi c'était important pour moi en effet de raconter mon histoire
01:35et de reprendre un peu contrôle sur mon histoire, sur ce que je raconte, sur qui je suis.
01:46Et c'est un peu ce que j'ai essayé de faire dans mon livre.
01:48Et voilà, j'ai travaillé là-dessus depuis, ça fait longtemps, mais la plupart de la dernière année.
01:53Donc pour moi, c'est quand même une consécration aussi d'être là et de pouvoir en parler.
01:58Voilà, alors quand même, on vous réécoute au JO, parce que quand même, cette médaille d'or,
02:03elle est restée imprimée dans le regard du public.
02:06Maintenant, il faut savoir ce qu'il y a derrière, médaille d'or.
02:08Les quadruples champions du monde, les vice-champions olympiques,
02:12ont pensé avec minutie ce rendez-vous d'une vie.
02:19Ils sont au-dessus du lot, ils sont en homme, une évidence sur la glace.
02:22Gabriel, la papadakis et Guillaume Cizeron sur ce programme courroux.
02:25On a tremblé, mais on est ravis d'avoir encore assisté à un moment de création de ces précurseurs.
02:31Voilà, maintenant, il faut regarder le score.
02:33Vous avez survolé la discipline, vous avez tout gagné.
02:49En fait, ce qu'on ignore, c'est que vous avez commencé à patiner ensemble, tout petit, à Clermont-Ferrand.
02:57Et ce que vous expliquez dans votre livre, Gabriela Papadakis,
03:01c'est que c'est tout l'enjeu pour une petite fille.
03:03C'est de trouver le garçon qui acceptera de patiner avec elle, et pas l'inverse.
03:08Oui, en fait, en effet, dans le milieu du sport, dans le milieu du patinage,
03:13il y a beaucoup de difficultés, il y a beaucoup de choses qui sont encore...
03:19Moi, à mon avis, a changé.
03:20Et en effet, je pense que c'est ça qui...
03:23Moi, j'ai beaucoup réfléchi ça, justement, comment on grandit quand, dès toutes petites, en fait,
03:28il y a ce déséquilibre, en fait, beaucoup plus de filles que de garçons.
03:34Et que, du coup, les garçons ont un peu tout le choix, tout le pouvoir.
03:37Les filles ne l'ont pas, elles sont choisies et traitées des fois comme remplaçables.
03:46Et ça se fait très, très jeune, parce qu'en réalité, si une petite fille, avant 10 ans,
03:51n'a pas de partenaire garçon, elle ne peut pas s'entraîner.
03:55Elle ne peut pas s'entraîner comme il faut pour la compétition.
03:57Donc, elle est out.
03:58Oui, complètement.
04:00Oui, complètement.
04:01Et ça, en fait, moi, j'ai beaucoup réfléchi dans les derniers temps,
04:04justement, à quel impact ça pouvait avoir sur une personne qui grandit avec cette idée-là,
04:11déjà, quand elle est jeune.
04:13Et comment se construire là-dessus ?
04:15Il y a des rôles très, très codifiés, très genrés, très codifiés dans le patinage artistique.
04:20Faire la fille, faire le garçon.
04:21C'est-à-dire que, sur la glace, vous allez être celle qui est portée,
04:26quand Guillaume Cizeron sera celui qui va porter.
04:29Mais ça aussi, ça a des incidences, c'est très symbolique.
04:33C'est-à-dire que vous êtes un objet qu'on déplace et qu'on soulève.
04:36C'est comme ça que vous l'avez vécu ?
04:38Oui, c'est en effet.
04:40Je pense que, oui, il y a beaucoup de choses que j'ai vécues comme ça.
04:46En effet, je pense qu'à la fin, je ressentais justement que je n'étais pas nécessairement maître de ma carrière,
04:54maître de mon corps.
04:55Parce qu'à cause de tous ces codes-là, qui sont acceptés par tout le monde,
04:58en fait, qui sont normalisés, où les hommes sont un peu les dirigeants
05:03et les femmes sont dirigées.
05:07Et donc, où le corps de la femme, oui, est un peu objectifié,
05:13devient un objet de la performance d'une certaine façon.
05:17Et ça, c'est quelque chose qu'on ne voit pas de l'extérieur.
05:19Et que de l'intérieur, comme on est dans un monde où on grandit, où c'est normalisé,
05:23on ne le remet pas en question.
05:24Et moi, c'est en fait parce que, voilà, l'année dernière, j'ai patiné avec une femme.
05:29J'ai fait tout ce travail-là.
05:30Et en fait, je me suis dit, attends, mais c'est là...
05:32Breaking news !
05:33Breaking news !
05:34Gabriela Papadakis patine en duo avec une femme.
05:37Il n'y a qu'au Canada que c'est autorisé.
05:39Mais enfin, je veux dire, les images ont fait le tour du monde.
05:41Oui, alors ça a changé du coup, maintenant.
05:43C'est autorisé aussi en Angleterre et en Finlande.
05:46Et puis, il y a aussi une injonction à la beauté.
05:48C'est-à-dire qu'il y a des pages et des pages et des pages dans ce livre sur le maquillage.
05:53Pourquoi autant de pages ?
05:54Non, mais c'est intéressant de comprendre pourquoi le maquillage finit par être aussi persécutant.
05:59Oui, parce qu'en fait, c'est comme si l'apparence était plus importante que la performance.
06:07Et c'est traité comme ça, en fait, dans le sport, dans le patinage.
06:12Et il y a un espèce de double standard aussi où, en fait, nous, on fait un espèce de sport qui est mixte.
06:18Mais les femmes et les hommes n'ont pas du tout les mêmes attentes, ne doivent pas du tout correspondre au même code, au même schéma.
06:25Et où il y a, on va dire, il y a une charge de travail énorme pour la femme.
06:33Mais on sent que vous vous sentez jugée en permanence, on sent que vous vous sentez scrutée en permanence par les juges, même à l'entraînement, que vous surveillez tous vos gestes, que vous surveillez vos mimiques, que vous êtes obsédée par Tessa Virtue.
06:46C'est ça, je prononce bien son nom.
06:47Non, mais c'est une grande patineuse.
06:49Et vous avez été concurrent, vous avez été même des concurrents, des rivaux féroces sur la glace.
06:56Et que vous êtes obsédée, elle est plus âgée qu'elle.
06:59Ça vous angoisse, ça vous renvoie un miroir de vous-même en permanence.
07:02Vous avez l'impression que c'est la femme parfaite et pas vous, c'est ça ?
07:04Oui, oui, j'ai passé une période justement où, en fait, moi, elle était mon idole.
07:09Et d'un coup, elle est passée à être ma concurrente.
07:11Et ça, ça a été intéressant.
07:14Évidemment, ça n'a rien à voir avec elle, puisque c'est des choses que je projetais sur elle.
07:18C'était mes propres, peut-être, insécurités, ce que je vivais, que je projetais sur elle.
07:24Mais oui, en fait, parce que c'est un milieu qui, en fait, moi, je voulais explorer justement cette espèce de compétitivité féminine
07:33où on est tous comparés l'une à l'autre et où c'est comme s'il n'y avait qu'un modèle de féminité qui était acceptable.
07:38Et donc, c'est à qui va le respecter, à qui va rentrer le plus dedans et à qui va gagner cette compétition-là.
07:48Et ça, c'est quelque chose que j'ai vécu, en tout cas à l'époque, c'est quelque chose que j'ai vécu de manière très intense.
07:54Bon, je vous fais écouter la voix de Guillaume Ciseron.
07:56Vous avez participé tous les deux à un documentaire qui vous a été consacré.
08:00On écoute ces propos qu'on a extraits de ce documentaire.
08:03On nous demande souvent d'essayer de décrire notre relation ou de se décrire l'un l'autre.
08:08Je pense qu'on s'est engagé l'un envers l'autre à poursuivre un chemin ensemble.
08:14Et c'est quelque chose qu'on n'a jamais remis en question.
08:16Les six dernières années, je pense qu'on a travaillé avec une coach mentale qui nous a aidé, entre autres,
08:21à prendre soin de cette relation, à apprendre à communiquer, à mieux communiquer ou à communiquer tout court.
08:29Mon rôle dans le couple, c'est d'être un leader.
08:32J'ai besoin de me sentir en contrôle parce que j'ai quand même quelqu'un qui dépend de moi.
08:37Ça vous met mal à l'aise d'entendre la voix de Guillaume Ciseron.
08:42Vous vous êtes bouché les oreilles.
08:43Pardon, oui.
08:45Non, mais oui, ça fait quand même longtemps qu'on ne s'est pas parlé.
08:50Oui, je ne sais pas quoi répondre à ça.
08:53Moi, j'ai écrit mon histoire dans mon livre.
08:57En plus, mon histoire, mon ancien partenaire, évidemment, il est très présent
09:03parce que cette relation-là, elle a fait partie de ma vie pendant 20 ans.
09:07Il faut qu'on explique.
09:08C'est-à-dire que vous décrivez une relation qui s'est très tôt déséquilibrée, selon vous.
09:13Il prend les décisions, il impose.
09:16Vous devez vous conformer à ses projets, à ses ambitions.
09:18D'ailleurs, on l'entend.
09:19C'est pour ça qu'on a choisi cet extrait.
09:20On dit, moi, mon rôle, c'est d'être leader.
09:22C'est ça dont vous avez dû faire ?
09:25Moi, j'ai écrit un livre pour remettre ça en question, en fait.
09:29C'est quelque chose que moi, j'ai normalisé aussi pendant très longtemps.
09:32Et moi, je me suis dit, mais pourquoi ?
09:34Moi, en tout cas, je voulais explorer des manières de, justement, faire couple autrement, faire duo autrement.
09:44Moi, c'est quelque chose que j'ai eu de la difficulté à vivre, en effet,
09:48qui a amené à beaucoup de difficultés.
09:54Parce que, par exemple, vous dites que vous avez eu beaucoup de périodes où vous alliez mal, physiquement.
10:00Des commotions, des chutes, des blessures.
10:03J'imagine que c'est le quotidien des sportifs de haut niveau, mais aussi moralement.
10:07Vous avez eu des périodes de down, terribles, des moments très durs.
10:11Et vous dites que vous avez vécu ça dans une culpabilité immense.
10:16Immense.
10:16Et qu'il fallait serrer les dents et qu'il fallait remonter sur les patins.
10:21Parce que sinon, c'est la carrière de l'autre qui bascule.
10:24C'est les performances de l'autre qui basculent.
10:27Oui.
10:27Oui, c'est une relation qui est très compliquée parce que...
10:30Oui, qui est très complexe parce que tout ce qu'on fait a de l'incidence sur l'autre.
10:36C'est ça.
10:36Donc, voilà.
10:37Pendant 20 ans.
10:38Oui, pendant 20 ans.
10:38Donc, si on se blesse, ça a de l'incidence sur la carrière de l'autre.
10:41Tout ce qui se passe, tout ce qu'on fait dans notre vie publique, privée, à l'intérieur
10:46du duo, à l'extérieur, ça a de l'incidence sur l'autre, de l'incidence sur la carrière
10:50de l'autre.
10:51Donc, ça met les choses...
10:52Ça rend la relation très compliquée.
10:55Et en plus, on n'a aucun outil.
10:57On n'a aucun outil pour gérer ces relations qui sont aussi compliquées.
11:02Les entraîneurs, généralement, ne s'en mêlent pas non plus.
11:04La fédération ne s'en mêlent pas.
11:05Que vous avez eu affaire à une sorte de psy de couple, ou de coach, ou de préparateur
11:11qui vous a aidé à communiquer, parce que vous n'arriviez plus du tout à communiquer.
11:16Je pense qu'on est devenus très différents, d'une autre manière, dans ce qu'on voulait.
11:20Moi, j'avais commencé justement, ce que je dis raconte dans mon livre, à re-questionner
11:24ces dynamiques de genre, ces dynamiques de pouvoir.
11:28Moi, j'avais envie de pouvoir prendre plus de place.
11:30J'avais envie de pouvoir avoir ma parole, d'être respectée.
11:33Et ça, c'était compliqué de changer cette dynamique qui était aussi longue.
11:38Bon, je pense que quand on a commencé à faire de la thérapie de couple
11:43avec une professionnelle de thérapie de couple, c'était très, très tard.
11:49Et malheureusement, c'était trop tard.
11:51Mais vous en arrivez à avoir peur de Guillaume.
11:55C'est-à-dire, vous avez quand même des phrases très fortes.
11:57Vous dites, l'idée de me retrouver seule avec lui me terrorise.
12:01Ses attitudes me désarçonnent.
12:03Parfois, elle m'ignore.
12:04Parfois, elle joue les meilleurs amis comme si de rien n'était.
12:06Sa froideur me glace le sang.
12:08Me glace le sang.
12:09On en est arrivé là ?
12:10Oui.
12:13Oui, c'est en effet des phrases que je raconte dans mon livre.
12:17Oui, c'est ce que j'ai vécu.
12:19C'est ce que j'ai vécu.
12:20C'était une relation qui a été très difficile à vivre.
12:22Que j'ai essayé de changer, que j'ai essayé d'améliorer.
12:26Et que finalement, j'ai dû partir.
12:30Bon, on va réécouter Guillaume Ciseron.
12:32C'est l'extrait qu'on a entendu ce matin.
12:34Il était au micro de Nouridine Zidane, mon confrère de la rédaction des sports,
12:40dans le journal de 7h30.
12:42Parce que lui, évidemment, il vit mal ce que vous avez écrit.
12:48Ça me touche, c'est sûr.
12:50Ce serait difficile de dire le contraire.
12:51C'est tout simplement des propos dénigrants et diffamatoires.
12:55Malgré le respect et la compassion que j'ai et que j'ai eue envers Gabriela,
12:59je ne peux pas tolérer ce genre de propos à mon égard.
13:03Bon, il se dit extrêmement blessé par ce que vous vous décrivez.
13:07Vous vous y entendiez.
13:09Je le comprends.
13:11Vous le comprenez ?
13:11Je le comprends.
13:12Et en même temps, moi, j'ai voulu raconter mon histoire dans un livre.
13:19Cette relation fait partie de mon histoire.
13:20J'ai été honnête et sincère sur mon expérience, sur ma perspective.
13:27S'il a une perspective différente, ça lui appartient, évidemment.
13:30Et voilà.
13:31Mais il a expliqué aussi que lui, il avait affaire à une partenaire qui était fragile, psychologiquement, vous.
13:38Que ce n'était pas toujours facile à gérer.
13:40Pour lui, qu'il a fait du mieux qu'il a pu avec respect et bienveillance.
13:44C'est ce qu'il dit.
13:45Mais il dit que la phrase qu'il a le plus entendue dans la vie, c'est « Mais où est passé Gabriela ? »
13:52Parce que vous êtes connue pour vos retards systématiques et permanents.
13:57Et qu'en réalité, c'est lui qui s'est retrouvé dans la position de devoir prendre les décisions.
14:00Parce que vous avez du mal à prendre les décisions.
14:03D'accord.
14:04C'est ce que je lis, moi, dans la presse ?
14:07Oui, oui, je comprends.
14:11En effet, comme je l'ai dit, il peut raconter sa version s'il a en envie.
14:15Moi, ma version, c'est même pas ma version, pas ma version.
14:20Moi, j'ai raconté mon expérience dans mon livre.
14:22J'ai raconté, moi, ce que j'ai vécu dans une relation.
14:25Ma perspective de ce que j'ai vécu.
14:29Voilà, moi, je ne sais pas quoi vous dire.
14:33Non, non, mais je comprends.
14:33Et le fait que ça sorte maintenant, alors qu'il y a les JO d'hiver dans trois semaines.
14:42Lui, il a reformé un autre duo avec une autre patineuse.
14:45Ça vous fait mal de le voir patiner avec une autre femme ?
14:51Moi, je pense que c'est surtout le fait que...
14:55En fait, moi, déjà, j'ai commencé à écrire le livre,
14:59de parler à mon éditrice en septembre 2024.
15:03Donc, ça, c'était bien avant qu'il annonce son retour et que moi, j'en étais au courant, évidemment.
15:09Le livre, à l'époque, il devait déjà sortir pendant les Jeux de 2026.
15:16Parce que le timing, parce que voilà...
15:19Donc, ce n'est plus votre affaire.
15:20Donc, ce n'est plus mon affaire, non ?
15:21Ce n'est plus votre affaire.
15:22Dans ce livre, vous racontez aussi, Gabriela Papadakis,
15:25que vous avez subi deux viols quand vous étiez jeune.
15:29Trop jeune, trop jeune pour mettre les mots sur ce qui s'est passé.
15:32Une nuit avec un ex-petit copain, blackout absolu.
15:36Une nuit avec un entraîneur beaucoup plus âgé que vous et Sarah Abitbol,
15:40avant vous, à dénoncer les coulisses du patinage artistique.
15:44Des entraîneurs tout puissants sur des très jeunes filles.
15:48Vous dites que vous n'avez pas eu les mots pendant des années et des années pour raconter ça.
15:53ne serait-ce qu'à vous-même.
15:55Et que ça explique aussi, en partie, ces grandes difficultés que vous avez rencontrées ces dernières années.
16:01Oui.
16:03Moi, en effet, je raconte parce que pour moi, c'est un peu à l'image d'un système
16:09dans lequel vit encore le patinage, où il y a une domination masculine qui existe et qui perdure.
16:19Que ce soit avec ces personnes-là, ces entraîneurs, dans les relations, partout, en fait.
16:26Et que ça a été difficile, oui, mais je pense que c'était plus un tout, en fait.
16:33Moi, c'était un tout.
16:35Et en fait, je savais que si je voulais un peu me libérer, même psychologiquement, de ça,
16:40il fallait que je recrée une vie qui soit libre de, justement, cette domination masculinée.
16:50Donc, pour raconter tout ça, il faut sortir du patinage, il faut sortir de la relation avec Guillaume Cizeron.
16:54Vous vous dites qu'il n'était pas pour du tout que vous dénonciez tout ça.
16:57Bon, c'est un reproche qui est très lourd, à son encontre, quand même.
17:01Mais donc, il fallait sortir de ce milieu, sortir de cette relation, pour pouvoir raconter, pour pouvoir être vous-même.
17:06Oui, oui, bien sûr, évidemment, quand on est dans un système, les gens avec qui j'étais entourée,
17:18je respecte leur position, mais on avait des croyances fondamentalement différentes, des valeurs fondamentalement différentes.
17:25Et moi, en effet, pour raconter mon histoire, il fallait être libre.
17:29Et votre maman, qui était entraîneuse, qui aurait voulu être patineuse, qui vous a tellement, tellement poussée quand vous étiez petite,
17:35qui vous réveillait à 5h du matin pour être à la patinoire de Clermont-Ferrand, où il faisait un froid glacial.
17:40Votre maman, aujourd'hui, elle comprend que vous ayez raccroché la compétition.
17:45Oui, mais c'est même elle qui...
17:47Enfin, je ne dis pas qu'elle m'a encouragée à quitter, pas du tout.
17:51Elle était toujours là pour moi à la fin.
17:53Notre relation s'est beaucoup améliorée dans les dernières années.
17:56Elle a pris conscience de plein de trucs aussi avec moi.
17:59Et elle, elle se faisait beaucoup de soucis pour moi à la fin.
18:05Pour ne pas disparaître, c'est le livre.
18:07Le titre est évidemment très fort.
18:09C'est là où on voit l'enjeu.
18:10Voilà, l'enjeu qu'il y avait derrière.
18:12L'idée d'écrire et l'idée de parler, l'idée de dire et l'idée de se faire entendre.
18:16Pour ne pas disparaître, parler donc en librairie aujourd'hui.
18:19Et c'est publié chez Robert Laffont.
18:21Merci, Gabriela Papadakis.
18:23Merci.
18:23Merci.
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