00:00Ma conviction tient en deux ancres chiffrées. D'abord, notre pays doit réduire le déficit public à 3% du PIB maximum d'ici 2029. Pourquoi ? Pour alors stabiliser enfin le ratio de dette en atteignant l'équilibre primaire, c'est-à-dire l'équilibre hors charge d'intérêt.
00:21Et la deuxième angle, c'est que sur ce chemin, il faut ramener notre déficit public total à 5% du PIB au maximum cette année, 2026. C'est à la fois indispensable et encore atteignable. Et laissez-moi développer un peu ces deux qualificatifs. C'est indispensable.
00:42Je vais le dire avec un peu de gravité. La France se mettrait clairement dans la zone rouge, la zone de danger, si elle restait à un déficit supérieur à 5% face à des marchés financiers apparemment calmes, certes, mais qui sont toujours susceptibles de retournements brutaux, particulièrement dans l'environnement géopolitique aventureux de 2026.
01:06Un enchaînement de signaux négatifs pourrait faire remonter nettement notre fameux spread de crédit, reprise de la procédure européenne contre la France, nouvelle dégradation de sa notation et retrait de certains investisseurs volatils comme les hedge funds.
01:26Si nous ne réduisons pas suffisamment notre déficit, j'ai eu l'occasion de dire, notre pays risque non pas la faillite, mais ce que j'appellerais un triple étouffement.
01:38D'abord, c'est un étouffement budgétaire. Les intérêts de la dette vont augmenter en 10 ans, vous le savez, de 70 milliards d'euros que nous ne pouvons plus consacrer aux dépenses prioritaires,
01:51comme l'éducation, le climat ou notre sécurité. Ensuite, un étouffement économique. Les taux longs ont remonté en France plus qu'ailleurs.
02:04Si je prends nos taux à 10 ans avant l'annonce de la dissolution de juin 2024, nous étions à 3,05. Nous sommes à 3,55 aujourd'hui du fait de l'écartement de notre spread avec l'Allemagne.
02:17Notre pays, pour le dire autrement, était parmi les meilleurs emprunteurs de la zone euro. Il en est hélas devenu la lanterne rouge.
02:28Ceci touche aussi directement, nous le savons, les entreprises, les ménages à travers leurs crédits immobiliers. Et ceci touche donc notre capacité à investir.
02:38Enfin, il y a un étouffement générationnel, peut-être moins souvent noté. J'ai parlé d'un triple étouffement budgétaire, économique, générationnel.
02:48Les choix budgétaires récents, y compris dans le PLFSS, vont clairement contre la jeunesse.
02:55Il y a plus de dépenses de retraite et de santé pour les seniors. Et je dis tout de suite, je suis moi-même un senior et que les seniors méritent respect.
03:02Mais attention aux proportions. Et ce supplément de dépenses de retraite et de santé est financé par plus de déficits laissés aux générations futures.
03:13J'ai dit réduction indispensable. Il semble y avoir là-dessus une large attente de l'opinion. Je veux souligner que c'est une réduction qui est encore atteignable.
03:23C'est à notre portée, à une condition. L'intérêt national appelle rapidement et impérativement à dépasser les postures pour trouver des compromis.
03:35Alors, il ne m'appartient pas de rentrer dans le détail des mesures. Mais je veux juste relever qu'il faut et qu'il suffit d'un alliage assez simple.
03:46D'abord et surtout, stabiliser les dépenses qui sont en France les plus élevées non seulement d'Europe, mais du monde.
03:54De ce point de vue, le cadrage du PLF initial semble donner un bon ordre de grandeur global. Je suis le global dans cette appréciation.
04:05Du côté des recettes, notre pays, je crois, doit et peut rendre l'impôt à la fois plus juste et plus stable.
04:12Si je peux m'expliquer là-dessus, ni concours l'épine, ni immobilisme systématique, il y a certaines mesures naturelles de justice.
04:23Et il peut y avoir des mesures ciblées et exceptionnelles tant que le déficit n'est pas revenu sous 3 %,
04:32par exemple, sur les bénéfices des grandes entreprises.
04:36Mais pour le reste, disons-le très simplement, nous n'avons plus d'argent pour baisser les impôts.
04:43Et nous n'avons pas beaucoup d'espace pour les augmenter.
04:47Donc, puisque la stabilité fiscale est ainsi une nécessité, essayons d'en faire une vertu.
04:53Merci.
04:54Merci.
04:55Merci.
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