Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Paye 100% local, ici Matin.
00:03Bonjour Audrey Solignac.
00:05Bonjour.
00:05Avec nous donc pour reparler du CHU de Nîmes, le chef des urgences était à votre place hier.
00:12Il nous a peint le tableau d'un service surchargé, d'un service fatigué, mais la parole est au syndicat donc ce matin.
00:17FO que vous représentez Madame Solignac, vous êtes la secrétaire du pôle santé dans le Gard du syndicat
00:23et vous représentez donc le personnel soignant. Comment vont-ils ce matin ces soignants ?
00:28Alors ils sont épuisés physiquement et surtout psychologiquement.
00:33On a eu des fêtes de fin d'année compliquées avec énormément de passages aux urgences.
00:41Donc pour des pics jusqu'à 402 entrées jour, ce qui fait une moyenne pour le nombre d'infirmiers de 28 patients à cadrer et gérer pour un seul infirmier.
00:53Oui, par infirmier, 28 patients.
00:54Oui, exactement. Donc ils sont touchés psychologiquement. Il y a eu beaucoup de patients hospitalisés dans l'unité d'hospitalisation de courte durée
01:06et beaucoup de patients sur les brancards puisqu'on a eu jusqu'à une soixantaine de patients sur brancards en atteinte d'hospitalisation.
01:16Manque de lits et du coup manque d'effectifs pour les prendre en charge.
01:19Alors Madame Solignac, vous allez trouver ma question un peu idiote sans doute, mais pourquoi est-ce que c'est compliqué quand on a pour un soignant 28 patients à gérer ?
01:31Pourquoi c'est compliqué ?
01:32Il faut déjà l'accueillir, savoir ce qu'il a. Ça peut être des suspicions d'insuffisance cardiaque, ça peut être des suspicions neurologiques.
01:44Donc on peut avoir des critères de gravité importants. Et puis une fois qu'on les a cadrés, savoir pourquoi ils viennent, il faut attendre de voir un médecin.
01:54Ça peut durer parfois longtemps. Et on l'a vu malheureusement hier à Aix, il y a une patiente qui est décédée dans une ambulance faute d'avoir vu un médecin.
02:04Bien là c'est pareil, une fois qu'on connaît le motif de venue aux urgences, il faut qu'un médecin voit ce patient.
02:10Donc il est sous la responsabilité de l'infirmier. Et il y a une perte de chance puisque 28 patients pour un infirmier,
02:16ils sont soit dans des boxes, soit dans les couloirs, soit dans des salles de tri, ce qu'on appelle.
02:21Ils n'ont pas tout le temps la visu sur ces patients.
02:23Et ces patients là aujourd'hui attendent sur des brancards. C'est bien ça.
02:27Ce qui est compliqué, si je comprends bien, c'est qu'il faut agir très très vite.
02:30Parce qu'en fonction de l'état du patient, il faut savoir réagir très vite.
02:35Il faut être aussi très concentré j'imagine. Et c'est ça qui épuise tous les soignants des urgences.
02:40Oui tout à fait, parce qu'on n'a pas, comme je vous disais, la visu sur tous les patients.
02:43Et s'il y a un patient qui s'aggrave, qui a besoin d'oxygène, qui n'est pas sous oxygène, qui a besoin d'autre chose.
02:52Il faut pouvoir le voir, il faut pouvoir être derrière lui. Or quand on en a 28 à gérer, ce n'est pas possible.
02:57Et comment ça s'est passé pour eux ? Il y en a qui se sont mis en arrêt maladie, les soignants.
03:01Comment ils tiennent le coup aujourd'hui ces soignants ?
03:03Alors aujourd'hui, ils ont tenu les coups parce qu'ils sont très professionnels et qu'ils n'ont rien lâché pendant les fêtes pour pouvoir prendre en charge tous les usagers.
03:11Mais oui, à ce jour, on a 8 arrêts maladie sur les infirmiers.
03:16Sur une équipe de combien ?
03:17Sur une équipe, alors sur la journée, ils sont une quinzaine d'infirmiers sur jour.
03:25Donc 8 infirmiers, ça fait une équipe.
03:26Ça fait la moitié.
03:27Voilà, ça fait une équipe sur la journée.
03:29Et ça fait donc, vous le disiez, parfois plus de 400 admissions par jour aux urgences.
03:35Alors elles sont surchargées.
03:37On peut les lister, les raisons.
03:39D'un côté, les épidémies, le froid, la grève des médecins libéraux.
03:42Et de l'autre, donc le manque de soignants dont vous nous parlez.
03:45Mais pour vous, c'est quoi qui pèse le plus lourd ?
03:47Où est-ce que vous mettez le critère, le curseur ?
03:51Alors, il faudrait qu'effectivement, quand il y a des grosses journées comme ça, des entrées, il faudrait qu'il y ait des renforts.
03:57Malheureusement, on ne les trouve pas sous les sabots d'un cheval.
04:00Il faudrait peut-être une équipe dédiée pour venir aider quand il y a des entrées importantes.
04:08Il y a eu effectivement, là, aujourd'hui, on vit la grève des médecins.
04:12Mais pendant les vacances, les médecins aussi étaient en congé.
04:15Donc c'est le centre 15 qui régule.
04:16Et n'importe quel patient qui a peur de ce qu'il a ou qui a une problématique va venir quand même aux urgences sans que ce soit les pompiers ou le centre 15 qui l'envoient.
04:30Donc qu'est-ce qu'il faudrait aujourd'hui au CHU et notamment aux urgences pour que les patients soient mieux pris en charge, d'après vous ?
04:37Je pense qu'il faudrait un pool d'aides-soignants.
04:40Puisqu'aujourd'hui, c'est les aides-soignants qui vont manquer, que ce soit à l'accueil ou que ce soit sur la zone des brancards.
04:48Et donc, ce serait plutôt un pool d'aides-soignants renforts.
04:50Un pool de combien d'aides-soignants ?
04:52Alors, il en faudrait deux par jour.
04:54Ce qui fait, donc, pour le jour, la nuit et les remplacements, au moins trois personnels.
05:00Trois personnes pour un poste.
05:01Ce qu'on n'a pas encore dit, Madame Solignac, c'est que le CHU a déclenché quand même l'avant-dernier niveau de son plan de crise.
05:07Qu'est-ce que ça implique, ça, pour les soignants ?
05:10Alors, simplement, c'est qu'ils essaient de trouver des lits au maximum.
05:14Mais des lits, on n'en a toujours pas assez.
05:15Donc, ils ne feront pas de miracle.
05:18Et puis, ça veut dire que tout congé ou tout RTT, donc, c'est des heures supplémentaires qu'on effectue, qu'on récupère,
05:27ne sont plus données pour pouvoir avoir un agent sur chaque poste.
05:32Et donc, du coup, vous dites quoi aujourd'hui à la direction ?
05:34On dit qu'il faut du personnel supplémentaire, comme on leur a déjà dit.
05:38On a déposé un danger grave et imminent vendredi dernier,
05:42puisqu'on a trouvé des infirmiers en pleurs, des aides-soignants en pleurs,
05:47qui n'étaient pas en capacité de prendre en charge tous les patients
05:50qui avaient besoin d'être accompagnés aux toilettes,
05:53qui devaient manger parce que les patients mangent sur leur brancard.
05:56Nous, on dit des William Sorin.
06:01Donc, il faut les accompagner.
06:03Il faut écouter la douleur.
06:04Il faut aller voir les familles qui sont inquiètes.
06:08Et tout ça, ils ne sont pas en capacité de le faire quand ils ont 30 patients à gérer.
06:11Et ce qu'on peut dire aussi, puisque vous parlez des patients,
06:14c'est qu'ils évitent de venir surcharger les urgences
06:17et qu'ils contactent peut-être d'abord leur médecin traitant, évidemment,
06:20s'il n'est pas en grève,
06:22ou de passer par le 15 pour éviter de surcharger les urgences du CHU.
06:26Je vous remercie beaucoup, en tout cas, Madame Solignac,
06:28d'être venue ce matin sur l'antenne d'ici.
06:30Audrey Solignac, je le rappelle, secrétaire départementale du Pôle Santé
06:33du syndicat Force Ouvrière. Merci à vous.
06:37Ici Gare Lozère, le réveil 100% local.
06:40Ici Matin.
06:47Sous-titrage Société Radio-Canada
07:17Merci à vous.
Commentaires

Recommandations