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  • il y a 8 mois

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00:00Ici Gare Lozère, le réveil 100% local.
00:04Ici Mattin.
00:05Bienvenue, merci de nous rejoindre.
00:07C'est ce qu'a fait d'ailleurs en direct dans notre studio votre invité,
00:09Quentin Pérez de Tudéla, il vient de s'installer en studio
00:11pour parler d'un sujet qui nous concerne tous.
00:13La consommation de drogue et notamment de protoxyde d'azote.
00:17Bonjour Bruno Mangin.
00:18Bonjour.
00:18Merci beaucoup d'être avec nous.
00:20Vous êtes pharmacien à Nîmes et président d'Eco.
00:23C'est une association, elle a deux missions,
00:25lutter contre les addictions et accompagner les consommateurs de stupéfiants.
00:29Le gaz hilarant officiellement n'en fait pas partie,
00:32mais à quoi vous le compareriez ce gaz hilarant d'ailleurs ?
00:36A la drogue du pauvre ou à une drogue devenue à la mode ?
00:41Je ne sais pas si on peut parler de mode.
00:43Moi je parlerais plutôt de, excusez-moi, directement de problèmes de santé publique.
00:49C'est devenu un problème de santé publique parce qu'il touche essentiellement les jeunes.
00:53Donc c'est surtout une drogue des jeunes.
00:57Vous en avez beaucoup ?
00:58Oui, nous avons, de plus en plus, ça a commencé par quelques cas, mais de plus en plus.
01:04Et le protoxyde d'azote est un produit qui a des conséquences,
01:09au-delà de l'effet hilarant qui passe très rapidement.
01:12Instantané, sur le moment.
01:14Instantané.
01:15Et donc on rentre dans des conduites additives à partir du moment
01:18où il faut reconsommer pour se retrouver dans une situation d'euphorie.
01:24Le problème c'est que ça a des conséquences absolument dramatiques d'un point de vue neurologique
01:28et parfois des conséquences irréversibles et vous pouvez vous retrouver en fauteuil roulant
01:31si ce n'est pas plus.
01:33Donc c'est quelque chose de très préoccupant et un problème de santé publique qu'il faut absolument traiter.
01:37C'est pour ça que la préfecture veut asphyxier la consommation.
01:40Elle a décidé d'interdire la vente et le transport sans motif valable de protoxyde d'azote.
01:45Dans tout le département, est-ce que ça, ça vous paraît cohérent, pertinent
01:49pour lutter contre la consommation de protoxyde d'azote ?
01:52Oui, ça me paraît important aujourd'hui d'apporter des réponses réglementaires
01:58et le préfet a bien raison aujourd'hui d'essayer de trouver des solutions.
02:03Pour autant, ça n'empêche pas pour des gens comme les gens qui travaillent à Éco aujourd'hui
02:09de se poser la question de savoir pourquoi un jeune arrive à consommer
02:13et comment on peut l'accompagner parce qu'au-delà des réglementations,
02:17il y aura toujours des possibilités malgré tout
02:20et donc il va falloir y apporter des réponses.
02:24Et c'est plus cette préoccupation, moi, que j'ai aujourd'hui.
02:28Chacun doit faire effectivement sa part du travail.
02:32Un travail de réglementation pour réduire effectivement la possibilité de consommer
02:37mais effectivement un travail d'accompagnement
02:39et ça passe par de la prévention essentiellement
02:42et ça c'est notre boulot, mais aussi de l'accompagnement pour le chaos.
02:45C'est ce que vous disiez d'ailleurs dans une tribune que vous avez publiée il y a deux mois
02:49dans le journal Le Monde.
02:51Vous disiez, alors moi je l'ai compris comme ça en substance un petit peu,
02:53il faut arrêter de culpabiliser l'individu, le consommateur,
02:56mais plutôt essayer de régler les problèmes, de soigner quelque part la société qui va mal.
03:01La consommation part de là en fait.
03:03Oui, moi je crois.
03:05Alors, je n'oppose pas...
03:06Ce n'est pas seulement pour le protoxyde d'azote, c'est toutes les drogues.
03:08Oui, de façon générale pour toutes les addictions.
03:12Je n'oppose pas l'individu à la société, ce n'est pas du tout mon propos.
03:16Ce que je regrette aujourd'hui, c'est qu'on stigmatise très souvent les consommateurs
03:22sans se poser la question du pourquoi à un moment donné quelqu'un arrive à prendre des drogues.
03:28Et ça c'est une vraie question, et j'avais réagi au propos du Président de la République
03:32qui parlait des bourgeois des centres-villes...
03:35Qui consomment de la drogue.
03:36Voilà, qui consomment de la drogue et qui alimentent le trafic.
03:39Je pense que c'est assez réducteur.
03:41Et aujourd'hui, dans le discours public, et notamment des politiques,
03:43nous entendons que répression, répression, répression.
03:48C'est absolument indispensable d'avoir une vraie répression sur le narcotrafic,
03:55mais il est tout aussi essentiel pour moi de comprendre les mécanismes
03:59qui font que quelqu'un se drogue, et ces mécanismes, il faut aller les chercher
04:03effectivement dans nos modes de vie aujourd'hui, et dans notre vie d'existentiel
04:07qui fait que quelqu'un étant très mal va se réfugier dans la drogue.
04:12C'est quoi ? C'est les réseaux sociaux ? C'est la précarité, notamment liée à l'inflation ?
04:17Moi je crois que c'est la solitude et l'absence de perspective d'avenir.
04:23Je crois que ça c'est une vraie question.
04:27On peut y voir, notamment sur la cocaïne, un aspect récréatif,
04:31mais très très vite, on va rentrer pour aller travailler,
04:34il va falloir prendre des consommations.
04:36Pour des jeunes, pour sortir de leur réalité, qu'ils ont du mal à vivre,
04:39on va prendre de la kétamine.
04:41Donc il y a tout un tas de possibilités comme ça,
04:44et l'objectif est toujours finalement de fuir un petit peu sa propre vie,
04:50parce qu'on n'est pas forcément très bien.
04:51C'est pour ça que vous disiez, il va peut-être falloir réfléchir sur la légalisation de certaines drogues,
04:56et notamment le cannabis, dans cette même tribune.
04:59Alors moi ça me paraît, oui oui, dans la tribune je suis très clair,
05:02il faut en tout cas poser le débat.
05:06Les réponses viendront d'un débat,
05:08mais aujourd'hui ce débat ne peut pas avoir lieu,
05:10parce que très vite on va tomber dans la stigmatisation, dans la caricature,
05:15et moi j'invite tous les politiques,
05:18donc au niveau du Parlement,
05:22à se poser la question de la légalisation.
05:24Mais en quoi ça réglerait le problème ça ?
05:26Parce que peut-être qu'effectivement ça permettrait de réduire les trafics,
05:29mais d'un autre côté ça continuerait de précariser les consommateurs,
05:32qui auraient toujours besoin d'acheter leur consommation,
05:35pour, comme vous dites, échapper à la réalité.
05:37Non, mais après vendre du cannabis à un adulte,
05:42c'est comme aller vendre des cigarettes,
05:45et donc ça passerait par un système de régulation qui serait contrôlé.
05:50Ce qui pose problème aujourd'hui,
05:52c'est effectivement les ventes et les points de deal.
05:56Ça, ça crée de la précarisation.
05:59Comme, et je le cite au passage,
06:01donc l'amende que le Président de la République a montée à 500 euros,
06:08vis-à-vis des consommateurs,
06:10pour moi c'est une mauvaise mesure, très clairement,
06:13parce qu'elle continue justement à précariser un peu plus les consommateurs,
06:18et je pense que ce n'est pas la bonne voie.
06:20Alors vous appelez évidemment les élus nationaux,
06:22mais aussi locaux,
06:23parce qu'il y a la campagne des municipales dans bientôt 5 semaines là,
06:25enfin les municipales,
06:26et vous les appelez, entre guillemets, à se bouger un peu,
06:29sur ce sujet-là.
06:30Je pense qu'ils ont beaucoup à faire en ce moment,
06:33et moi je voudrais introduire dans le débat municipal,
06:36effectivement, la question de la consommation.
06:39Donnez-moi une mesure,
06:40puisqu'on n'a plus beaucoup de temps,
06:41qui permettrait justement de peut-être ralentir cette consommation en France.
06:45Alors je ne pense pas qu'il appartient aux élus locaux de réguler,
06:50ça c'est une prérogative de l'État.
06:52En revanche, il est très important,
06:54je pense, par exemple,
06:56on pourrait, je vois bien, une liste présentée,
06:59un référent,
07:02un référent addiction,
07:05pourquoi pas,
07:06et sur lequel on pourrait travailler,
07:07mais il faut effectivement coordonner les actions,
07:10il faut de la prévention,
07:11de l'accompagnement,
07:12mais surtout, moi, ce que je cherche à dire,
07:15c'est qu'il faut que chacun se sente concerné,
07:18et je pense que quand on veut diriger une ville,
07:20on doit aussi se poser la question des addictions.
07:23Je vous remercie beaucoup, en tout cas, Bruno Mangin,
07:26d'être venu nous en parler,
07:27de ces addictions à la drogue,
07:28évidemment,
07:29cannabis, cocaïne,
07:29mais aussi protoxyde d'azote,
07:30qui ne fait pas partie,
07:31je le rappelle,
07:32de la liste des stupéfiants,
07:33je rappelle que vous êtes pharmacien nîmois,
07:35et président d'Eco,
07:36une association qui a deux missions,
07:37lutter contre les addictions,
07:39et accompagner les consommateurs,
07:40merci encore.
07:40Il est 7h54,
07:42bonne journée, monsieur Mangin,
07:43merci.
07:43Ici Gare Lozère,
07:45le réveil 100% local,
07:47ici Matin.

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