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  • il y a 9 mois
Fidèle à la tradition, le président de la République exprimera ses vœux aux Français pour 2026. Que souhaitera-t-il cette année à ses compatriotes ? Un budget, alors que la France fonctionne avec une loi spéciale à partir du 1er janvier ? Un référendum sur la fin de vie ? On en parle avec, Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine, rapporteur général du budget, invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Olivier Boy du 01 janvier 2026.

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Transcription
00:00L'invité d'RTL Matin est Philippe Juvin. Bonjour. Bonjour. Bonne année à vous Philippe Juvin.
00:11Tout mes vœux également. Ce matin sur RTL, vous êtes donc député Les Républicains des Hauts-de-Seine,
00:16rapporteur général du budget et vous êtes également, on va en parler, chef des urgences de l'hôpital européen
00:21Georges Pompidou à Paris. Vous êtes de garde d'ailleurs en ce moment et on parlera de la grippe.
00:26Pas en ce moment, dans une heure. Vous deviez être de garde hier, mais on va commencer par là.
00:33Vous avez fait partie de ces passagers de l'Eurostar bloqués un très long moment hier.
00:39Oui, une quinzaine d'heures dans le train à l'entrée du tunnel sous la Manche, il y a eu une panne d'électricité
00:45et il y a quatre trains qui ont été bloqués. Écoutez, c'est une expérience assez intéressante.
00:51J'ai été frappé par le calme des gens, parce que 15 heures sur le même siège dans un train où vous n'avez pas d'électricité,
00:57donc pas de chauffage, où vous n'avez plus de prise de courant qui fonctionne,
01:02et puis je vous passe les détails sur l'absence d'eau, etc.
01:07Les gens étaient très calmes et donc c'est une expérience intéressante, fatigante, mais intéressante.
01:12Une quinzaine d'heures bloquées dans le train. Vous êtes médecin, vous n'avez pas vu intervenir pour des malaises ou autres ?
01:16Non, mais je me suis posé la question, parce qu'effectivement, sur mille personnes dans un train, statistiquement,
01:21il y aurait eu une chance, eh bien non, mais il y avait plusieurs médecins, donc nous aurions pu nous partager le travail.
01:26Voilà pour votre mésaventure et donc la garde que vous avez ratée, en l'occurrence hier, à l'hôpital Georges Pompilou.
01:31Parlons maintenant politique et commençons par les voeux du président de la République hier soir.
01:36J'imagine que vous les avez regardés.
01:38Qu'est-ce que vous avez retenu, vous, de cette allocution dont on peut entendre qu'il ne s'y ait pas dit grand-chose ?
01:45Oui, alors j'ai entendu les critiques, effectivement, qui ont été assez sévères.
01:48Bon, écoutez, soyons sérieux deux minutes.
01:52Une situation où il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, où il y a une quasi-cohabitation, on va le dire comme ça,
01:58puisqu'il faut qu'il fasse à la fois avec la droite, le centre, ses propres troupes et le Parti Socialiste,
02:03qui tient un peu les clés de la majorité.
02:06Pas de budget.
02:07Dernière année de mandat, il ne fallait pas s'attendre à une pyrotechnique de voeux.
02:13Parce qu'il a dit quoi ? Il a dit, j'en retiens, il a dit, il faut un budget, ça je suis d'accord.
02:18Et il faut une défense européenne, je suis d'accord.
02:20Donc, est-ce que c'était convenu ? Oui, c'était convenu.
02:24Est-ce qu'on pouvait faire différemment ? A mon avis, non.
02:27Ce qui veut dire que...
02:28C'est pour ça que, c'est vrai qu'il y a une grande sévérité à son égard.
02:31Moi-même, qui ai été un de ses opposants pendant très longtemps,
02:35je pourrais m'amuser au petit jeu, mais je ne le ferai pas,
02:37parce que je ne vois pas très bien ce qu'il pouvait faire d'autre.
02:38Ça s'appelle ne pas tirer sur une ambulance, en l'occurrence, que vous êtes en train de décrire.
02:43Non, je crois simplement...
02:44C'est jouissant pour lui.
02:45C'est pas ça, c'est que nous sommes dans une situation politique où il n'y a pas de majorité.
02:50Il n'y a pas de majorité.
02:51On le voit d'ailleurs sur la question du budget dont on va parler.
02:54Donc aujourd'hui, on fait avec les moyens qu'on a,
02:57et il a donné les deux, trois lignes qu'il fallait tenir.
03:00Bon, ben voilà, encore une fois, il n'y a pas de...
03:02Ce n'est pas un grand soir de vœux, il faut quand même le dire,
03:04ce n'est pas extraordinaire, mais en même temps, je crois qu'il pouvait guère faire mieux.
03:08Vous décrivez la situation politique qu'on a connue depuis la dissolution,
03:12sur toute l'année 2025,
03:14et qui ne va pas changer, cette équation politique, en 2026.
03:17Comment est-ce qu'on peut imaginer que l'année 2026 sera utile,
03:20pour reprendre ce mot-là, voire efficace,
03:23voire avec des compromis rapides,
03:25quand ça n'a pas été possible durant toute l'année 2025 ?
03:30C'est tout le sujet, il faut se fixer quelques objectifs,
03:33durs, pas trop ambitieux,
03:35si on n'est pas capable de les atteindre,
03:38parce que nous n'aurons pas de majorité absolue,
03:41mais en revanche, très durs et très sérieux.
03:44Par exemple, avoir un budget, premier objectif.
03:46Deuxième objectif, commencer à essayer de baisser la dépense publique.
03:50Vous voyez, je ne vous dis pas qu'il faut baisser à tout craint de 5% la dépense publique,
03:55mais commencer à la baisser, ce qui n'a jamais été fait.
03:57Ça serait déjà un très grand succès.
03:58Moi, c'est ce à quoi je m'attèle pour les jours qui viennent,
04:01essayer de baisser la dépense publique.
04:03Puisque vous êtes rapporteur général du budget,
04:04donc vous êtes au cœur des négociations,
04:06vous parlez à tout le monde, à droite, à gauche,
04:09pour essayer de trouver des compromis.
04:11Où est-ce qu'on en est, aujourd'hui ?
04:14On s'est quitté avant les vacances sur l'échec de la commission mixte paritaire,
04:17pas d'accord entre les députés et les sénateurs,
04:19donc on en est où, là, aujourd'hui, avec la reprise des travaux ?
04:21Donc vous savez que quand on vote une loi à l'Assemblée et au Sénat,
04:24il y a ce qu'on appelle une première lecture,
04:25c'est ce qui a eu lieu, et c'est une loi de finances,
04:27c'est une loi comme le budget, c'est une loi.
04:29Il y a un échec de la première lecture,
04:31donc il va y avoir un deuxième round à l'Assemblée nationale et au Sénat.
04:34C'est assez banal, depuis 2012,
04:36il n'y a que deux fois où la commission mixte paritaire sur le budget a été conclusive,
04:40donc c'est la situation habituelle.
04:43Ce qui est inhabituel, c'est qu'on est en fin d'année,
04:45donc du coup, il faut un peu accélérer les choses.
04:47Il y a trois possibilités pour avoir un budget.
04:49Premièrement, on reprend les discussions parlementaires,
04:51une sorte de deuxième lecture,
04:53ça ne s'appelle pas comme ça, mais peu importe.
04:54On repart de zéro ?
04:55Non, il y a une règle dite de l'entonnoir,
04:57en gros, on ne peut pas remettre dans le texte,
04:59dans le débat des choses qui n'étaient pas dans la première lecture,
05:01mais on reprend en commission, en hémicycle, etc.
05:04Et là, on risque d'en liser les choses.
05:06Deuxième possibilité, le gouvernement dit stop en disant
05:08j'utilise un 49-3, le plus tôt possible.
05:13Moi, je pense que c'était une solution depuis le début.
05:16Troisième possibilité, ce qui n'a jamais été fait,
05:18et je crois qu'il faut regarder ça avec grand intérêt,
05:20ça s'appelle les ordonnances.
05:22C'est-à-dire qu'en fait, le gouvernement dit à l'Assemblée,
05:24écoutez, il faut un budget,
05:26donc le budget, je le décide moi-même,
05:28par ce qu'on appelle une ordonnance,
05:29et c'est le budget que j'ai déposé sur la table
05:31de l'Assemblée et du Sénat au mois d'octobre.
05:34Et ce sont les trois possibilités.
05:35L'avantage de la troisième possibilité, l'ordonnance,
05:38c'est qu'on a un budget immédiatement.
05:40Le désavantage, c'est...
05:41Enfin, c'est le désavantage pour le Premier ministre,
05:43mais après tout, ça le regarde,
05:44c'est qu'il risque d'être censuré immédiatement.
05:46Mais après tout, dans ce cas-là, au moins, on a un budget.
05:48Moi, je suis assez favorable à cette solution,
05:50qui permet de ne pas avoir d'enlisement.
05:51Budget et une censure après, ce serait un moindre mal ?
05:55Écoutez, l'important, ce ne sont pas les hommes et les femmes.
05:58L'important, c'est que la France ait un budget.
06:00Donc, c'est pour ça que les ordonnances, c'est une possibilité.
06:04On peut aussi essayer, comme je vous l'ai dit en premier item,
06:06d'avoir une discussion budgétaire normale,
06:09reprendre à zéro.
06:10Enfin, pas à zéro, mais reprendre la discussion.
06:12Sauf que je crains qu'on enlise les choses,
06:14parce que nous étions près d'un accord.
06:16Voilà, il y a dix jours, je vous ai entendu dire,
06:18finalement, je suis assez, pas surpris, mais optimiste.
06:21On était vraiment tout près d'un accord.
06:23Les socialistes étaient prêts, éventuellement,
06:25pas à voter, mais à ne pas censurer.
06:27Et puis, on aurait pu, avec le socle commun,
06:29faire passer le budget.
06:30C'est ce que vous disiez, il y a dix jours.
06:31On est toujours paré, ou ça s'est tendu depuis ?
06:33Non, ça s'est tendu, parce que, c'est vrai que nous étions près d'un accord,
06:36la date limite
06:37arrivait, plus les gens étaient d'accord
06:41pour lâcher des choses.
06:43Et j'ai vu que, depuis une dizaine de jours,
06:45les uns et les autres, en particulier les socialistes, reviennent sur leur base.
06:47Les socialistes sont venus me voir, il y a quand même deux semaines,
06:49en me disant, nous voulons dix milliards de dépenses en plus.
06:52Objectivement, nous ne pouvons pas nous permettre
06:54dix milliards de dépenses en plus.
06:56La priorité, c'est de baisser
06:57l'endettement,
06:59c'est-à-dire que nous sommes trop endettés,
07:00il faut que nous baissions l'endettement, parce que sinon,
07:03un jour, les gens vont nous dire...
07:04Pour l'instant, vous n'y arrivez pas,
07:05avec les premiers textes évoqués,
07:08on était à 5,3% de déficit
07:10pour l'année prochaine, ce qui n'est pas acceptable
07:12en l'état pour le gouvernement, ni pour vous d'ailleurs.
07:14Ni pour moi, ni pour personne, enfin franchement,
07:17l'objectif, c'est d'arriver en
07:182029 et 2030
07:20à moins de 3%.
07:21L'endettement, là, on est à plus de 5%, c'est pas possible,
07:23donc il faut être sous 5%, et deuxièmement,
07:25je le répète, il faut que nous commencions à baisser
07:28la dépense publique.
07:28Juste pour comprendre, entre 5,3% de déficit
07:31et 5%, c'est 9 milliards d'euros ?
07:34Vous allez faire le calcul,
07:360,1, c'est égal à 3 milliards.
07:370,1 point ?
07:38C'est 3 milliards.
07:40Donc, pour passer de 5,3 à 5,
07:42puisque nous sommes à 5,3 de déficit,
07:45par rapport au PIB,
07:46c'est à la sortie du texte du Sénat,
07:48pour arriver à 5,
07:49il faut que nous trouvions 9 milliards d'économies.
07:51Certains voudraient trouver 9 milliards d'impôts supplémentaires,
07:55je crois que ce serait une erreur,
07:55nous sommes déjà champions du monde des impôts et des taxes.
07:57Vous avez critiqué le Parti Socialiste,
07:59qui semble-t-il revient à des positions un peu plus radicales,
08:02ou en tout cas proches de ses positions initiales.
08:04Absolument.
08:04Mais votre camp, les Républicains,
08:06est-ce qu'il n'y a pas besoin de clarifier aussi la position des Républicains ?
08:08Parce qu'on n'a pas tout compris au film,
08:10dans la fin d'année 2025,
08:11entre Bruno Rotaillot, Laurent Wauquiez,
08:13ceux qui sont restés au gouvernement,
08:15ceux qui ont voté le budget de la Sécu,
08:16ceux qui ne l'ont pas voté,
08:17ce n'est pas beaucoup plus clair de votre côté ?
08:20Je vous trouve un peu sévère,
08:22je vous trouve un peu sévère,
08:23parce qu'il y a des problèmes de personnes,
08:25comme dans tous les partis,
08:25vous avez parlé de Bruno Rotaillot, de Laurent Wauquiez,
08:28évidemment il y a des ambitions personnelles,
08:29le sujet n'est pas là.
08:30Sur la ligne politique,
08:32que ce soit au Sénat ou à l'Assemblée,
08:33nous avons été sur une ligne assez commune,
08:36c'est-à-dire qu'on ne voulant pas d'impôts nouveaux.
08:39Les fameux 9 milliards à trouver,
08:41la paresse intellectuelle consisterait à dire
08:43qu'on lève 9 milliards d'impôts supplémentaires,
08:45mais on est déjà, comme je le disais, champion du monde.
08:47Donc ça, nous n'en voulons pas.
08:48Et tous les républicains,
08:50que vous les trouverez au Sénat,
08:52à l'Assemblée, à droite et à gauche,
08:53vous diront la même chose.
08:55C'est pour ça que les 9 milliards,
08:56il faudrait arriver à les trouver en baissant la dépense.
09:02Dire à l'État, faites 9 milliards d'économies.
09:04Franchement, sur 274 milliards,
09:06c'est la dépense de l'État,
09:07hors remboursement de la dette.
09:09Et défense nationale, 274 milliards,
09:12on doit pouvoir faire 9 milliards d'économies.
09:14Deux mots avec votre casquette de médecins.
09:16D'abord, sur ce texte sur la fin de vie.
09:18Emmanuel Macron demande à ce que ça aboutisse
09:21d'ici la fin de l'année.
09:22Est-ce que vous y croyez ?
09:24Est-ce que vous êtes favorable, vous, à ce texte sur la fin de vie ?
09:26C'est-à-dire que vous, vous êtes médecin,
09:27demain, vous pourriez, le cas échéant,
09:29être amené à faire le geste
09:31pour aider un patient
09:33à cesser de vivre,
09:35à mourir ?
09:36Alors d'abord, aider les gens à mourir.
09:37Moi, je fais ça tous les jours.
09:39Aider les gens à mourir,
09:40ça peut être tenir la main,
09:41faire en sorte qu'ils aient pas mal.
09:43Je crois que ce qui est proposé,
09:45l'euthanasie, est une très mauvaise chose.
09:47Pourquoi ?
09:47Parce qu'en pratique,
09:48on le voit dans tous les pays
09:49où ça a été légalisé,
09:50toutes les limites ont été franchies.
09:53Aujourd'hui, un Français sur deux
09:54qui meurt et qui aurait besoin de soins palliatifs
09:57n'a pas accès aux soins palliatifs.
09:58Et donc, ma crainte,
09:59c'est que dès lors que le système de santé
10:01est en très mauvaise santé lui-même,
10:03et que nous n'avons pas facilement
10:04accès aux soins palliatifs,
10:05on demande l'euthanasie
10:06par défaut d'accès aux soins palliatifs.
10:08Donc, je ne suis pas du tout favorable
10:09à l'euthanasie.
10:10Je souhaite, moi, au contraire,
10:11que chacun puisse bénéficier
10:12de soins palliatifs complets.
10:13Et puis, un dernier mot,
10:14vous allez rejoindre l'hôpital
10:16Georges-Compilou de Garde.
10:17Comment est l'épidémie de grippe
10:19en ce moment ?
10:19Est-ce que ça vous inquiète ?
10:20Oui, elle m'inquiète.
10:22Elle est comme tous les ans.
10:22Tous les ans, on est surpris.
10:23D'ailleurs, vous m'interrogez tous les ans
10:24sur la grippe et en hiver et en été,
10:26vous m'interrogez sur la canicule,
10:27on est chaque fois surpris.
10:29Il y a une épidémie très importante
10:31qui est à son acmé,
10:32enfin, peut-être à son acmé,
10:33en tout cas, qui ne fait que monter,
10:35de syndrome grippot,
10:36c'est parfois le virus de la grippe,
10:37parfois d'autres virus,
10:38des patients âgés,
10:39à la fois avec des troubles respiratoires,
10:41mais aussi, il faut bien comprendre
10:43que quand vous êtes très âgé
10:44et que vous avez la grippe,
10:45vous avez des effets,
10:46parfois vous tombez.
10:46Donc, on a des personnes âgées
10:47qui sont halitées
10:49parce qu'elles ont des fractures,
10:50parce qu'elles ont des traumatismes,
10:52des décompensations de maladies.
10:55Elle est très sévère,
10:56pourtant, le vaccin semble assez efficace
10:59et donc, je dis aux gens
11:00qu'il est encore temps
11:01de se faire vacciner
11:01aujourd'hui, 1er janvier.
11:03Merci beaucoup, Philippe Juvin.
11:04On vous laisse quitter RTL
11:06pour rejoindre l'hôpital Georges Pompidou.
11:08Pour le coup, vous allez pouvoir
11:08prendre votre garde ce matin
11:10après votre mésaventure dans l'Eurostar.
11:12Merci.
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