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  • il y a 6 semaines
Chaque week-end, Jean-Wilfrid Forquès vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00À 23h30 quasiment, on va parler maintenant d'une bonne nouvelle.
00:04Mais vous allez voir, la bonne nouvelle, eh bien, il y a parfois, elle finit mal.
00:08Ça fait trois ans, trois ans en tout cas, que les prix de l'essence n'avaient pas été aussi bas à la pompe.
00:141,59 €, ce soit pour le super sans plomb 95 par exemple, 1,52 € pour le gazole.
00:21Ça parle concrètement à ceux qui ont une voiture.
00:24Alors ça, c'est la bonne nouvelle.
00:25Mais hélas, hélas, cela ne va pas durer parce que dès le 1er janvier, c'est-à-dire dans quelques jours, quelques heures,
00:32eh bien, il va y avoir des taxes sur l'or noir et l'essence pourrait grimper de 4 centimes, voire même 6 centimes à la pompe.
00:42Les images, les chiffres, pour bien comprendre, les explications sont signées.
00:46Agatha Elbouy.
00:481,60 € le litre d'essence et 1,54 € pour le gazole.
00:53Dans cette station-service, les prix ont baissé.
00:56Mais pas de quoi se réjouir trop vite pour les automobilistes.
00:59Comparé à il y a quelques années avant le Covid, on l'a payé 1,30 €, 1,20 €.
01:04Franchement, ça reste vraiment cher.
01:07Alors quand les départs en vacances se multiplient, pas le choix.
01:10On fait des économies, on tire un peu partout.
01:13On fait comme tout le monde.
01:14Enfin, les gens d'en bas, on va dire.
01:16Par exemple, là, je roule à 110, 115 € pour diminuer la consommation, bien sûr.
01:25Pourtant, les prix du carburant sont au plus bas depuis 3 ans.
01:29Une baisse qui touche l'essence comme le gasoil.
01:31Il a perdu 7 centimes en une semaine.
01:34Mais attention, tout pourrait changer d'ici janvier avec les certificats d'économie d'énergie.
01:40Ce mécanisme qui impose aux fournisseurs une contribution au financement de la transition écologique.
01:45Ce dispositif a un coût et techniquement, il entre à partir de janvier dans une nouvelle période
01:52dans laquelle les objectifs sont plus importants.
01:54Et donc, le coût du dispositif va augmenter de 4 à 6 centimes par litre.
01:59Il est probable que cette augmentation se retrouve dans les prix à la pompe quelque part au début de l'année.
02:04La baisse des prix actuels s'explique par la situation géopolitique et la chute du cours du baril de pétrole.
02:11Voilà pour les images, les explications, les chiffres.
02:14Après, j'en parle avec mes deux invités.
02:16Anna Créty, bonsoir.
02:17Vous êtes économiste spécialiste des questions énergétiques.
02:20Et nous sommes également avec Philippe Charlet, expert en questions énergétiques.
02:26Alors, on s'aperçoit qu'il va y avoir une augmentation de 4 à 6 centimes.
02:30Mais on ne s'est peut-être pas vraiment aperçu que depuis 3 ans,
02:34l'essence, Anna Créty, n'avait jamais été aussi bas.
02:37Le prix de l'essence n'avait été jamais aussi bas.
02:41Oui, ce phénomène dépend de l'équilibre mondial sur la demande et l'offre de pétrole
02:47qui, pour la France, mais plus en général pour l'Europe,
02:51est quelque chose sur lequel on n'a pas véritablement d'impact.
02:54Il y a une forte production soit des pays de l'OPEP,
03:00auxquelles s'est rajoutée depuis 2 ans aussi l'exportation massive des États-Unis,
03:07des nouveaux projets qui voient les jours en Nouvelle-Guinée,
03:12aussi bien qu'en Amérique du Sud.
03:14Donc, on a beaucoup de pétrole sur les marchés.
03:19Et en même temps, une demande qui n'est pas aussi forte qu'on l'avait prévue il y a quelques temps,
03:26notamment le ralentissement de la demande chinoise.
03:30Et ça, ça détermine un prix du pétrole faible
03:33qui, donc, à son tour, fait baisser les prix à la pompe.
03:39Alors, Philippe Charlet, vous partagez cette analyse d'Anna Créty.
03:42Oui, les prix sont bas parce que le contexte, on va dire, est plutôt favorable en ce moment,
03:48le contexte notamment géopolitique.
03:51Oui, et puis, je vais dire, comme elle l'a dit,
03:55on a un déficit d'offres par rapport à la demande.
04:01Donc, ce qui veut dire que ça fait baisser les prix.
04:04On était quand même à 80 dollars le baril en janvier 2025.
04:08On est à 60 dollars aujourd'hui.
04:10Et il y a un facteur qui se superpose à ce que ma collègue a dit.
04:14C'est également le change euro-dollar qui, aujourd'hui, nous est très favorable pour le baril
04:20puisqu'en fait, le change était en janvier de cette année de 1,04 et il est maintenant de 1,18.
04:27Donc, ça veut dire que, globalement, quand on cumule les deux effets,
04:30on a effectivement un baril que l'on paye 30 % de moins que l'on le payait en début d'année.
04:36Donc, c'est très significatif.
04:39Mais les impacts sur le litre d'essence, on va y venir, sont beaucoup moins importants
04:44parce que le prix du baril ne représente en fait à peu près qu'un tiers à 40 % du prix du litre d'essence
04:52puisque derrière, il y a aussi les marges de raffinage d'un côté, les marges de distribution
04:57et puis les taxes qui, aujourd'hui, représentent pratiquement 55 % du prix du litre d'essence
05:04et qui, elles, malheureusement, n'ont pas baissé.
05:06Anna Créty, on va le rappeler, il va y avoir ces taxes-là,
05:12ces taxes qui sont demandées par les fournisseurs d'énergie, racontez-nous,
05:17qui vont devoir financer les opérations, notamment de réduction de la consommation d'énergie ?
05:22– Alors, il s'agit d'un mécanisme qui, de fait, n'est pas véritablement une taxe.
05:29C'est un mécanisme de marché qui fait face à une obligation
05:33dans les cadres de la notion du pollueur-payeur.
05:37Et à ce titre, la consommation d'énergie via les carburants,
05:43effectivement, est une source de pollution.
05:45Donc, on y a attaché une obligation.
05:49Donc, les certificats d'économie d'énergie fonctionnent comme une sorte d'incitation,
05:56obligatoire d'ailleurs, parce que si on n'y arrive pas,
05:59les distributeurs d'énergie, y compris les distributeurs des carburants,
06:04doivent payer une amende,
06:05qui les oblige à financer, à aider à financer, on va dire, de l'efficacité énergétique,
06:15tout ce qui peut réduire la demande d'énergie.
06:18Et eux-mêmes, en fait, ils ont cette obligation.
06:22Les prix, donc les coûts de ces certificats,
06:25vont dépendre des mécanismes de marché,
06:27parce qu'il va y avoir un échange, en fait, de ces certificats.
06:31Ils sont appelés aussi certificats blancs.
06:32Ce n'est pas donc une taxe.
06:34C'est pour ça qu'on dit qu'on attend d'avoir une augmentation
06:39en fonction de ces obligations,
06:40entre 4 et 6 centimes d'euros par litre,
06:45en général, sur l'essence.
06:47Aujourd'hui, on paye déjà, pour ces obligations,
06:5011 centimes d'euros par litre.
06:53Ça commence le 1er janvier,
06:54et il faut voir, effectivement, comment ça évolue,
06:57quels sont les leviers pour lesquels
06:59les distributeurs vont répercuter, en fait,
07:04les coûts de ces certificats sur l'essence.
07:06– Philippe Charlet, cette répercussion,
07:09cette hausse va être répercutée à la pompe
07:12à partir du 1er janvier.
07:13Elle peut s'étaler sur une quinzaine de jours, c'est ça ?
07:16Il peut y avoir, ensuite, une répétition dans l'année
07:19pour adapter tout ça ?
07:20– Répétition dans l'année allant au-delà de 5 à 6 centimes,
07:25je ne crois pas.
07:27Donc, le tout est de voir, effectivement,
07:28si, oui ou non, les distributeurs vont accepter
07:33de renier un peu leur marge.
07:35Il faut avouer que la marge du distributeur
07:37n'est pas très élevée pour l'instant,
07:40ou si, au contraire, elles vont le récupérer,
07:43ce qui est le plus probable.
07:46Je pense qu'il faut aussi faire attention au plus,
07:50en ce sens que, quand vous mentionniez au début
07:53qu'on était à moins de 1,6 euro le litre de SP95,
08:00il ne faut pas perdre de vue qu'il y a une énorme disparité
08:02entre les stations en France.
08:05Et je regardais, on a une disparité de près de 40 centimes.
08:08Je voyais que dans Paris, à ce point,
08:09on trouve encore des stations où le litre d'essence
08:13est pratiquement à 2 euros le litre.
08:15– D'un mot également, est-ce que les Français
08:20ont changé leurs habitudes ?
08:22Il y a eu des campagnes autour du tout électrique.
08:25Est-ce qu'il y a beaucoup de personnes
08:27qui utilisent des voitures à essence,
08:31qui utilisent du gazole et qui passent chaque semaine
08:34à la pompe pour faire le plein ?
08:36– Alors, les chiffres, je ne les ai pas exactement en France,
08:41mais disons que sur l'Europe aujourd'hui,
08:42le parc de voitures électriques ne représente
08:45que 3% du parc de voitures globales,
08:49donc c'est-à-dire que le thermique reste largement,
08:51très largement majoritaire.
08:53Les voitures hybrides sont un petit peu plus importantes,
08:56mais disons que l'ensemble hybride plus électrique,
08:59c'est bien moins que 10% du parc de voitures totales,
09:04qui en Europe doit représenter de l'ordre
09:06de 250 millions de voitures,
09:08donc ce qui signifie qu'effectivement,
09:10nos concitoyens s'approvisionnent pour se déplacer encore largement
09:17à l'aide de l'essence et du diesel,
09:20et pas encore de façon très majoritaire avec l'électrique,
09:24même si celui-ci progresse de façon significative,
09:27a progressé de façon significative,
09:29et disons qu'au cours des deux dernières années,
09:32il y a quand même un ralentissement,
09:33notamment à cause de la baisse des subventions,
09:36qu'on va savoir que l'électrique reste quand même 30% plus cher que le thermique
09:40à qualité de voiture équivalente.
09:43– Merci, merci infiniment,
09:44merci Philippe Charlet d'avoir été sur BFM TV,
09:47merci également à Anna Créty pour évoquer cette question
09:51du prix de l'essence qui va augmenter de 4 à 6 centimes
09:55à partir du 1er janvier prochain.
09:57– Sous-titrage Société Radio-Canada
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