- il y a 3 semaines
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AmusantTranscription
00:00:01Quel accueil ! Merde !
00:00:20Quel accueil ! Oh la merde !
00:00:23Les gens du Nord, vous avez une réputation, mais franchement, vous la méritez largement, la chaleur des gens du Nord, et la bière aussi, on entend des canettes quand même.
00:00:39Ça, on est dans le Nord, comme on dit. Alors normalement, je devais... Par contre, je ferme là !
00:00:46Alors, je devais me trouver ce soir, en présence de mon ami Jean-Marie Bigard, pour une tournée, j'essaie, j'essaie d'en faire.
00:00:58Voilà, vous avez compris. Donc il ne sera pas avec moi, donc... De toute façon, la scène est un peu petite, on a un peu forci ces derniers temps, tous les deux.
00:01:06Non, Jean-Marie, il a eu peur. Bon, bah, ça arrive.
00:01:11Non, ce n'est pas l'affaire de couilles, je pense qu'il a encore ses deux couilles, mais c'est...
00:01:17Non, non, il a eu peur, arrête ! Ça arrive, il y a des gens, les gens ont peur. On est dans une société, on est tenus par nos peurs.
00:01:25C'est dingue, toi ! Peur de crever, de la chiasse, je ne sais pas quoi, du Covid et tout ça, les gens ont peur de tout, la guerre, les gens ont peur.
00:01:34Moi, moi, je n'ai pas vraiment... J'étais un enfant plutôt peureux.
00:01:39Ah !
00:01:42Oh, j'avais les jetons quand j'étais petit, putain. Je ne sais pas pourquoi.
00:01:46J'étais un petit bambou là, si tu veux, joufflu, jovial, mais bon, dès que le soir arrivait, j'étais tout seul dans mon plumard et que la lumière éteinte,
00:01:59gla-gla les bretelles, j'avais les jetons, je gueulais et tout ça. Je ne sais pas pourquoi.
00:02:04Qu'est-ce qui se passait dans mon crâne ? J'avais peur, je n'avais pas toutes ces associations sur le dos, pourtant j'étais encore...
00:02:10C'est déjà certainement un enculé, mais en devenir, j'avais peur.
00:02:18Et puis, à un moment donné, j'ai compris que la peur était une idée saugrenue quelque part.
00:02:23Tu ne sais pas pourquoi tu as peur.
00:02:26Et donc, après, j'ai compris que c'était un trop-plein d'imagination et ce trop-plein, j'en ai fait des spectacles.
00:02:32Bon, Jean-Marie, c'est un enfant comme moi qui a peur. C'est un enfant de 68 ans, on va dire, qui a peur du noir, mais pas du même que...
00:02:42Mais calme-toi, calme-toi.
00:02:46En fait, c'est son environnement à Jean-Marie qui lui a foutu les jetons.
00:02:50Ils lui ont dit, non, va pas faire un duo avec Diodo, t'es dingue, c'est un suicide pour ta carrière.
00:02:55Ha ha ha !
00:02:58À 70 ans, de quelle carrière tu me parles !
00:03:02Ha ha ha !
00:03:04Et ouais, voilà, le véritable suicide, pour moi, c'est finir chroniqueur, chez Hanouda et chez Olivier.
00:03:13Ha ha!
00:03:15Ha ha ha !
00:03:17Ha ha ha !
00:03:22Non, mais il était motivé, c'est lui qui m'a appelé, attends, c'est pas moi, c'est une idée de Jean-Marie, il m'a appelé un jour,
00:03:28Dieu non, c'est super, j'ai réfléchi, on va faire un duo, on va tout défoncer.
00:03:36J'ai dit merde, t'es motivé, qu'est-ce qui se passe ? T'as des faux frais, t'as des factures payées, malignants, c'est décidé.
00:03:46Alors moi, fort de cette information, je me suis au travail, je suis parti au Cameroun, j'ai écrit un spectacle, je reviens, on avait une affiche, on avait des salles réservées partout,
00:03:59et puis je reviens, Jean-Marie ! Merde, où est-ce qu'il est ? Jean-Marie ! Jean-Marie, c'est un mec, faut pas monter avec lui sur un braquage, t'as compris.
00:04:11Tu nous attends dans la bagnole ? Ouais, ouais, vous inquiétez pas.
00:04:13C'est terminé.
00:04:23Certains disent, ouais, c'est bon, toi Dieu non, moi, ouais, il t'a trahi, c'est pas normal, bon, de toute façon, la trahison, j'ai un abonnement avec renouvellement automatique.
00:04:35Oh putain, qu'est-ce qu'on m'a trahi, moi !
00:04:38J'arrive à m'en marrer parce que c'est trop, je pourrais écrire des boutons là-dessus.
00:04:44Comment bien vivre sa trahison ?
00:04:48La trahison pour les nuls, j'ai des idées, hein.
00:04:51De toute façon, maintenant, j'oppose systématiquement à la trahison, c'est le pardon. Je pardonne.
00:04:57Ouais, ouais, j'essaie, il y en a qui comprennent pas, mais je pardonne.
00:05:00Ça te permet de voyager léger, t'es pas obligé de porter la rancune, tout ça.
00:05:06Ça te fait perdre ton temps, donc je pardonne.
00:05:07Et j'incite mes personnages à pardonner.
00:05:10Parce que c'est vrai que mes personnages, pour tous ceux qui me suivent, sont des connards, pour la majorité.
00:05:16Non, non, mais je le sais, hein.
00:05:19J'aime bien, hein, je...
00:05:22Ça me rappelle ma famille.
00:05:29Non, non, mais je les incite à pardonner, tous mes personnages.
00:05:33C'est ce que je vais faire ce soir.
00:05:35Donc, je vais inviter mes personnages sur ma fameuse moumoute de l'imaginaire.
00:05:40Je vous la montre.
00:05:41Moumoute de l'imaginaire entièrement estampillée.
00:05:44Ah, ben, je suis un forin, maintenant.
00:05:47Barba papa, pomme d'amour, faites-vous plaisir.
00:05:51Ah, ben, on est dans une grange, hein, réveille-toi.
00:05:53C'est-à-dire, les articles...
00:05:55Par contre, ferme-la.
00:05:58Donc, les articles, là, c'est l'article phare, toi.
00:06:03Le spectacle, c'est pour meubler, si tu veux, entre les articles.
00:06:06Et c'est disponible à la boutique, toi.
00:06:07Ça, c'est la moumoute qui te permet d'avoir accès à ton imaginaire d'enfant.
00:06:11Donc là, c'est vraiment un produit extrêmement rare.
00:06:15Plus tu deviens vieux, plus tu deviens con.
00:06:18C'est une règle.
00:06:19T'es au courant, toi, tout ça.
00:06:21Ils me regardent, ils me regardent, ils me regardent.
00:06:26Grâce à cette moumoute, tu vas avoir accès à ton imaginaire.
00:06:30Tu vois ?
00:06:31Ah oui, ça marche.
00:06:32Eh bien, démonstration, premier sketch, sur le pardon.
00:06:35Pardon ?
00:06:35Si elle est garantie, la moumoute ?
00:06:39T'es vacciné, toi, non ?
00:06:46Ah, je le reconnais.
00:06:50Le vacciné, je le reconnais.
00:06:55Il fait ça.
00:06:56Il te regarde, il est comme ça.
00:06:57Non, non, mais reste, ça t'a payé.
00:07:02Donc, je vais appeler mon premier personnage, vous allez le voir, donc, sur ma moumoute.
00:07:09Sur le thème du pardon, il s'appelle Gilbert.
00:07:11Il a du mal à pardonner, Gilbert.
00:07:14Il va nous expliquer pourquoi.
00:07:16Gilbert, vous êtes là ?
00:07:17C'est la transformation.
00:07:27Voilà, donc, je m'appelle Gilbert.
00:07:29Voilà, c'est mon prénom.
00:07:32Donc, dont acte, je suis le premier personnage à intervenir dans ce spectacle.
00:07:37Très bien.
00:07:39Sur le pardon, je ne sais pas très bien ce que je fais là, parce que mon histoire, elle est très simple.
00:07:42Moi, je suis cocu.
00:07:44Donc, voilà, pas que ça t'abuse.
00:07:45Très bien.
00:07:46Même histoire, rigole.
00:07:47Non, non, mais fous-toi de ma gueule, vas-y.
00:07:50C'est ta femme, à côté, dans l'homme.
00:07:56Chacun son tour, tu verras.
00:07:57Ma femme, Gisleine, m'a trompé.
00:08:05Après près de 20 ans de mariage, elle m'a trompé.
00:08:08Une femme de 42 ans, qui vieillit plutôt mal, en plus.
00:08:12Non, franchement, non, franchement, non, mais je dirais, en plus, elle a une gueule.
00:08:17Non.
00:08:18Franchement, elle est immonde.
00:08:18Elle te regarde.
00:08:20J'ai l'impression qu'elle dégoulit.
00:08:23Elle a un kyste dans le cou.
00:08:24Elle est immonde.
00:08:25Oui, mais elle est parvenue à trouver une bite, putain, sur son choc.
00:08:31Alors, le mot bite, je l'avais mis dans la version avec Jean-Marie Bigard.
00:08:35Mais on m'a dit que ça marchait bien, ici, dans le Nord.
00:08:38Donc, voilà.
00:08:40Voilà, je sais qu'il y a des gens qui sont venus voir Jean-Marie aussi.
00:08:43Donc, vous inquiétez pas, j'ai mis deux, trois bites, en plus.
00:08:52Excusez-moi, Gilbert.
00:08:53Je vous ai dit, non, non, mais allez-y, faites rire, faites rire votre public, Dieu donné.
00:09:00Alors, donc, mon histoire, elle est très simple.
00:09:03Elle m'a trompé.
00:09:06Bon, ben, ça te fait rire, toi.
00:09:09Et, vous savez, je lui ai parlé, je lui ai dit, écoute-moi, la pute, parce que je l'appelle la pute, maintenant.
00:09:21Je lui ai dit, jamais je ne te pardonnerai ce que tu m'as fait, putain.
00:09:25Et on sent, on sent, Gilbert, énormément de tensions, énormément de douleurs, de souffrances, même.
00:09:31Mais votre femme, Ghislaine, c'est vrai, elle vous a fait mal, on le sent, mais elle vous a demandé pardon.
00:09:39Elle vous a dit, pardonne-moi, m'amour, elle vous appelle visiblement, dans l'intimité, m'amour.
00:09:46Je regrette ce que j'ai fait, je ne recommencerai plus, j'ai cédé à la tentation, mais je t'aime.
00:09:51Et elle répète ensuite, je t'aime.
00:09:56Donc là, donc là, qu'est-ce qu'on fait ?
00:10:01Oui, elle m'a sorti ses sornettes, effectivement, mais je lui ai dit, ferme-la.
00:10:07Voilà, lui, il est comme moi, il a vécu la même chose que moi.
00:10:12Ça, il dit, t'as raison.
00:10:13Vous savez, je lui ai dit, ferme-la.
00:10:16Franchement, je n'ai pas besoin d'écouter tes conneries.
00:10:19Vous savez, le pire dans cette histoire.
00:10:21J'étais au courant, hein, de cette histoire, plus ou moins, de ce fameux Jean-Christophe.
00:10:26Je l'appelle comme ça, professeur de yoga.
00:10:28Une sorte de pédé alsacien, vous savez, tout en collant dégueulasse, immonde, je ne sais pas ce qu'elle lui a trouvé.
00:10:37Et je lui ai dit, vous savez, le plus terrible dans tout ça, la trahison, bon, c'est le mensonge.
00:10:42Elle m'a menti, cette femme.
00:10:43Pendant des mois, elle m'a menti.
00:10:45Oui, je suis avec ma copine Séverine, au cinéma.
00:10:51Pendant qu'elle se faisait ramener le conduit par cette ordure.
00:10:54Bon, on va arrêter là.
00:10:55On va arrêter là.
00:10:56Calmez-vous.
00:10:56On sent, évidemment, vraiment beaucoup de souffrance.
00:11:01La plaie est encore béante.
00:11:02En tout cas, j'espère avoir semé la graine du pardon dans votre esprit, Gilbert.
00:11:06Je vais me retourner vers un autre de vos personnages qui, lui aussi, a énormément de mal à pardonner.
00:11:12Il s'appelle Patrick.
00:11:16Patrick, tout à fait.
00:11:17Vous avez du mal, Patrick, à pardonner votre frère.
00:11:21Vous venez des Antilles, pourtant, un endroit où il fait beau, où il fait chaud, mais voilà, où le pardon est difficile à atteindre.
00:11:28Votre frère, donc, vous a emprunté votre véhicule, je crois, c'était un week-end.
00:11:35Vous allez nous raconter, il y a eu cet accrochage.
00:11:37Comment ça s'est passé ?
00:11:40Mais ce n'est pas un accrochage.
00:11:43Mais voilà, ce n'est pas un accrochage.
00:11:4617 tonneaux, je n'appelle pas ça un accrochage.
00:11:58Il m'a rendu une sculpture, un IPN.
00:12:02J'ai dit, mais ouais, ouais, une BMW, attention, M3, modèle 2021, peu importe.
00:12:08Une voiture ou quatre flambonneuve.
00:12:13Une voiture extraordinaire que j'avais personnalisée moi-même.
00:12:21Voilà.
00:12:22C'est une voiture, Zouklov.
00:12:23C'est une voiture, comment expliquer ?
00:12:26Dans le Nord, vous connaissez.
00:12:27C'est une voiture, faute la rosette.
00:12:31C'est vraiment...
00:12:33Comment expliquer ?
00:12:35Je l'avais entièrement personnalisée.
00:12:39Tu vois, j'avais un ami à moi, un cousin.
00:12:42Il est peintre, il est aérographe.
00:12:45Il m'a fait, sur le capot, une peintre, une femme nue, antillaise,
00:12:50avec une coupe...
00:12:52Fondue avec une tête de renard, comme ça.
00:12:59C'est ça que je n'ai pas compris.
00:13:02Je lui ai demandé, pourquoi tu m'as foutu un renard là-dedans ?
00:13:06Il m'a dit, c'est l'inspiration, laisse-moi faire.
00:13:07Cocotier, sable fin, magnifique.
00:13:11Les gens qui passaient devant la voiture, à l'unanimité...
00:13:14Ils m'ont dit, hein ?
00:13:15Ils m'ont dit, ta voiture, Patrick...
00:13:17Waïe, aïe, aïe, po, po, po.
00:13:20Aux Antilles, ça veut dire, waouh, fort, dur !
00:13:22Ça veut dire...
00:13:23Vous savez, à l'intérieur, j'avais 1000 watts efficaces.
00:13:28Voilà.
00:13:28Zouk.
00:13:29Quand je mettais les infrabasses...
00:13:32C'est vraiment...
00:13:35J'avais une banquette rabattable, tout en peau de la main.
00:13:40Les femmes qui sont montées dans cette voiture...
00:13:43A l'unanimité !
00:13:47Elles m'ont dit, Patrick, tu m'as fait visiter la galaxie.
00:13:50C'était mon outil de travail.
00:13:54Enfin, c'était...
00:13:56Un aspirateur.
00:13:58J'ai frotté.
00:14:00Vous savez...
00:14:01Quand il a brisé ma voiture, il m'a brisé le cœur.
00:14:09Tout à fait.
00:14:09Non, mais on entend cette souffrance, Patrick.
00:14:12On l'entend.
00:14:13Mais votre frère a fait 12 mois de coma.
00:14:16Après cet accident.
00:14:21Il a perdu l'usage de ses jambes, paraplégique.
00:14:24Il a perdu son nez.
00:14:25Les choses qu'on ne voit que dans un vent imaginaire.
00:14:29Et...
00:14:29Il est sorti de ce coma.
00:14:34Il vous a demandé, bien sûr.
00:14:36Où est mon frère ?
00:14:38Où est-il ?
00:14:39Je lui demande pardon.
00:14:41Vous y suis au courant.
00:14:44Mais je n'avais pas le cœur à aller le voir.
00:14:46J'étais au chevet de ma voiture.
00:14:49C'est différent.
00:14:51Voilà.
00:14:51C'est différent.
00:14:52Les gens peuvent comprendre.
00:14:54J'ai assisté à toutes les réparations.
00:14:55Tous les stades.
00:14:57Avec les...
00:14:57Heureusement, on ne remercie jamais assez le chef d'atelier.
00:15:02Tous les garagistes.
00:15:03Comment...
00:15:04L'assureur.
00:15:05Monsieur Charlottin.
00:15:07Il a fait un travail fantastique.
00:15:10Il m'a dit, bon, on verra comment pour les frais.
00:15:13On va s'arranger.
00:15:14Il n'y aura pas de malus.
00:15:15Il m'a dit, bon, j'ai dit, s'il n'y a pas de malus, bon, c'est déjà quelque chose.
00:15:19J'ai dit, il y aura peut-être du bonus.
00:15:21Il a...
00:15:22Il m'a dit, il ne faut pas exagérer.
00:15:27Mais je...
00:15:28Je peux comprendre.
00:15:29Mais quand on m'a dit que mon frère, il est maintenant, il n'est pas réparable.
00:15:33Le pauvre.
00:15:33Il est dans un petit chariot, là.
00:15:35Avec les joysticks, là.
00:15:36Il s'y fait...
00:15:37C'est même pas deux kilomètres heure.
00:15:39Mais tant mieux, quelque part, tant mieux.
00:15:43Il ne fera plus de mal aux autres.
00:15:45Écoutez, on sent aussi, vous, chez vous, la difficulté à emprunter ce chemin, à obtenir cette hauteur d'âme qui vous permettrait d'enjamber cette épreuve.
00:15:58En tout cas, je vais appeler un autre de mes personnages qui, lui, est parvenu à pardonner, mes amis.
00:16:04Vous allez voir, c'est un être incroyable.
00:16:06Il s'appelle Wang.
00:16:08Il nous vient du Vietnam.
00:16:11Il a connu pourtant le pire dans son existence.
00:16:13Il a connu la guerre du Vietnam.
00:16:15Il a perdu toute sa famille.
00:16:17Et pourtant, il est parvenu à pardonner.
00:16:20Donc, je vais vous laisser parler, Wang.
00:16:23C'est à vous.
00:16:26Ah, c'est pas facile, non ?
00:16:30Parce que...
00:16:31Moi, il y a qu'on est à la guerre.
00:16:32La guerre du Vietnam, c'est horrible.
00:16:37Tous les gens, il a une mémoire.
00:16:42S'il vous plaît, je demande un tout petit peu de compassion pour mon personnage.
00:16:48Je sens bien que ça vous fait barrer, mais...
00:16:52Un peu de solidarité par rapport à cette souffrance, s'il vous plaît.
00:16:57Je vous en prie, c'est à vous, bon.
00:16:58Ah, non.
00:17:07Enfin, l'américain, il a bombardé.
00:17:14Non, là, c'est vraiment indique.
00:17:16Voilà, il y a le respect de la dignité humaine.
00:17:18Maintenant, je vais m'énerver, hein.
00:17:20S'il vous plaît.
00:17:21On continue.
00:17:25C'est-à-dire, l'américain, il a bombardé, avec les bombes, napalm.
00:17:32C'est ça, il est dangereux, hein.
00:17:33Tous les gens, il a brûlé.
00:17:38Vous voulez dire brûlé, certainement ?
00:17:40Oui, il a brûlé.
00:17:45Tous les gens, hein.
00:17:46Même le matin, je vois ma mère, elle est dans le...
00:17:49Elle est là...
00:17:50Oui, les gens, ils boivent aussi, parce que...
00:17:53Mais oui, il faut oublier, hein.
00:17:59Moi, je vois ma mère...
00:18:01Ma mère, elle est comment, dans le village, elle est marchée, elle a couru.
00:18:07Et je dis, maman, maman, tu brûles.
00:18:14On respecte les brûlures de la maman du monde.
00:18:19Et après, je...
00:18:21Je suis après parti dans les bateaux exil.
00:18:25Et...
00:18:26Et quand je...
00:18:28Oui, c'est ça.
00:18:28Et quand j'ai assis dans le bateau d'Abo-Pupel,
00:18:35Et...
00:18:36Moi, je suis en colère.
00:18:37J'avais tué tous les blancs.
00:18:39Et là, il y a le curé, il est venu.
00:18:42Et...
00:18:42Il est venu comme ça.
00:18:44Alors, il est venu, mais peu importe, continue.
00:18:48Il est venu.
00:18:51Et il m'a dit, Juan, calme-toi.
00:18:54Tu dois pardonner au nom de Jésus.
00:18:56Mais moi, j'ai dit, c'est qu'il soit encore.
00:19:00C'est un Américain.
00:19:01Elle a dit, non.
00:19:03Enfin, il est tout.
00:19:06Tu dois pardonner.
00:19:08Et là, j'ai pardonné.
00:19:10Et là, la boule de colère que j'ai dans le ventre, elle a transformé, quoi.
00:19:15C'est devenu boule de...
00:19:16C'est vrai que sur la fin, c'est un peu ridicule.
00:19:22Mais là, ce côté son de guitare électrique, là, on est très, très loin de la réalité.
00:19:29Mais merci, en tout cas, Juan, parce que vous êtes un modèle, un exemple,
00:19:34au travers de cette accession au pardon.
00:19:37D'ailleurs, vous me tendez, votre modèle m'incite à m'adresser à un autre de mes personnages.
00:19:45Eran.
00:19:46Alors, Eran nous vient d'Israël.
00:19:49C'est un sujet que je voulais vraiment éviter.
00:20:07Non, mais d'autant que je suis vraiment inscrit dans une dynamique de réconciliation.
00:20:11Bien sûr, mais vous faites partie, Eran, d'un peuple qui a énormément souffert, hein, plus, bien sûr, mais...
00:20:23Seriez-vous accessible, vous aussi, à cette hauteur d'âme du pardon ?
00:20:27L'idée de pardonner à l'offenseur.
00:20:32De quoi tu parles ?
00:20:34Un des fils de pute d'antisémite.
00:20:37Il n'y a pas de pardon.
00:20:38Il y a la réparation, tu répares.
00:20:41Mais comment réparer, Wong, la perte de toute une famille, comme Wong ?
00:20:55Enfin, excusez-moi, Eran.
00:20:58Eh bien, tu répares.
00:21:00Tchèque, espèce, carte bleue, même un virement.
00:21:06Vous en pensez quoi, Wong ?
00:21:08Alors, moi, je ne comprends rien du tout.
00:21:09Pour moi, le pardon, c'est la prière, le silence, c'est comme ça, hein.
00:21:15Ça paraît un petit peu logique aussi.
00:21:17Enfin, c'est une autre façon de voir, je pense qu'il faut que chacun puisse...
00:21:22Et, tiens, je vais rappeler mon personnage de Patrick, des Antilles.
00:21:25Vous aussi, vous avez souffert, Patrick, à la traite des Noirs, tout ça ?
00:21:29Vous seriez prêts à pardonner, comme Wong l'a fait ?
00:21:33Sinon, c'est différent, c'est différent.
00:21:384001 d'esclavage, attention.
00:21:424001 !
00:21:43Tu as le temps de ruminer.
00:21:49Rumination extrême.
00:21:50Dans, à l'intérieur, vous regardez, à l'intérieur de chaque Antillais.
00:21:55Ça joue que c'est gentil, l'Antillais.
00:21:57Mais à l'intérieur...
00:21:59On a envie de croquer ces gens-là, j'ai te dit, hein.
00:22:07Mais je crois que Wong, Wong l'a raison.
00:22:13Portez la souffrance comme ça, une mémoire.
00:22:15Il vaut mieux pardonner.
00:22:16Wong l'a dit, j'ai pris...
00:22:17Ah, ben, très bien.
00:22:18Vous voyez ?
00:22:19Enfin, vous arrivez sur le chemin du...
00:22:21Alors, vous seriez prêts à pardonner la traite négrière,
00:22:24mais vous avez encore du mal à pardonner votre frère.
00:22:27C'est ça qu'on ne comprend pas, Patrick.
00:22:30C'est différent.
00:22:33L'esclavage, il y a une logique, j'ai envie de dire.
00:22:37On peut comprendre, mais...
00:22:40Mais briser une boîte, une BMW M3, modèle 2020, avec l'échanté à lui,
00:22:46peu importe, je ne sais pas préciser, mais...
00:22:49C'est le diable qui s'exprime dans mon frère.
00:22:53Bon, on va arrêter là, on va arrêter là.
00:22:56On sent bien que le pardon est quelque chose de difficile, de compliqué.
00:23:00Et pourtant, c'est une baguette magique qui nous permettrait d'avancer dans ce monde fou.
00:23:05Alors bon, moi, si tu veux, je...
00:23:08On me dit, Jean-Varie, t'as trahi, arrêtez avec ça.
00:23:11Il est chez Hanoula, il fait le con, il fait...
00:23:14Oh, les gens ont pitié de lui.
00:23:16Je sais, laissez-moi tranquille.
00:23:18J'ai pardonné.
00:23:20Ouais, dieu, non, c'est bien, toi t'es un héros.
00:23:22Non, c'est pas de l'héroïsme en ce qui me concerne, c'est de la folie.
00:23:25Je suis au courant, je suis complètement taré.
00:23:26Je suis pas conscient des dangers, c'est ça mon problème.
00:23:30Et ma mère me le disait dès le départ.
00:23:32Elle me le disait, elle me disait, fais pas ça !
00:23:34Je disais, ah !
00:23:37Il y a peut-être quelque chose à faire, Jean-Varie.
00:23:43Non, mais c'est vrai, normalement, le danger, tu fais gaffe.
00:23:46S'attaquer à plus puissant que soi, il faut être complètement taré.
00:23:50Dans la nature, une souris ne va pas s'en prendre à un rhinocéros.
00:23:55Il faut être un peu logique.
00:23:56Même si l'autre, il a de la merde sur la corne, il ne va pas se foutre de sa gueule.
00:24:00Ben, moi, si.
00:24:01C'est ça mon problème.
00:24:03Mais je ne suis pas le seul.
00:24:03Des tarés, il y en a en France.
00:24:05Oh, putain !
00:24:06On est un pays où il y a des grands tarés qui ont marqué l'histoire.
00:24:11François Richette, magnifique, vous ne le connaissez pas,
00:24:13mais rentrez chez vous, allez sur Internet.
00:24:15François Richette, extraordinaire.
00:24:16Alors, le fou volant, on l'appelait.
00:24:19C'est un inventeur.
00:24:20Enfin bon, entre nous, pas plus inventeur que moi et ma grand-mère, mais bon.
00:24:25Il avait inventé un vêtement volant.
00:24:28Dans sa tête, je ne sais pas ce qui s'est passé.
00:24:30Il s'est dit, il y a certainement un jour, un courant d'air,
00:24:33il s'est dit, tiens, c'est toi.
00:24:36Il faut réfléchir.
00:24:37Donc, il a pondu une sorte de poncho, si tu veux, volant.
00:24:42Il était sûr de son coup.
00:24:44Il s'est jeté du premier étage de la tour Eiffel avec ça.
00:24:47Il avait convoqué les médias, tout ça.
00:24:49Même ses potes, ils lui ont dit, mais arrête, François.
00:24:52Fais un test, au moins, avec un mannequin.
00:24:55Il a répondu, non.
00:24:58Tout est là-dedans.
00:25:01J'ai fait tous mes calculs.
00:25:02Cosinus, racines carrées, toc.
00:25:06Tout corps plongé.
00:25:07Enfin bon.
00:25:08Et dans son projet, il allait voler comme ça sur 5 km, jusqu'à Courbevoie.
00:25:14Alors, le projet était beau, mais dans la réalité, ça s'est résumé, la chute du fer à repasser.
00:25:21Je veux dire, il est tombé à l'aplomb.
00:25:23Il n'a pas des villes autant.
00:25:25Mais il est resté digne, jusqu'au bout.
00:25:27Pas un mot.
00:25:36Alors, pour l'humoriste que je suis, j'ai envie de dire, c'est une chute en deux temps.
00:25:41État de sidération, tout le monde était sur le cul.
00:25:43T'imagines bien.
00:25:45Il avait invité sa famille.
00:25:48Tiens, viens, on va voir tonton.
00:25:49Viens voir.
00:25:50Il va sauter.
00:25:51Il m'a expliqué.
00:25:52Il va planer comme ça.
00:25:53Jusqu'à Courbevoie.
00:25:56On est là.
00:25:57François, ouais.
00:25:58T'as vu ?
00:26:01Il s'élance.
00:26:02Tac.
00:26:03Hop.
00:26:03Allez, on rentre.
00:26:04Hop.
00:26:04Et un siècle après, les gens applaudissent ces conneries.
00:26:16Les gens se marrent.
00:26:17Parce que le connard a toujours fait marrer.
00:26:19Plus les cons, plus les gens se marrent.
00:26:21Regardez pourquoi vous êtes là ce soir.
00:26:23Non, non, mais c'est vrai.
00:26:24Vous vous dites, il y a bien un moment donné, ils vont lui faire fermer sa gueule.
00:26:26Il va finir en taule.
00:26:27Peut-être qu'ils vont venir le chercher ce soir.
00:26:31On va sortir de la grange.
00:26:32Ils vont peut-être tous nous allumer, comme ça, les flics.
00:26:34Alors, ça peut arriver.
00:26:37Je n'ai pas sûr.
00:26:39Je ne peux pas garantir qu'il n'y ait pas un ou deux mois.
00:26:45C'est vrai.
00:26:46Je rigole, mais je suis devenu infréquentable à un niveau.
00:26:56Non, parce que c'est des collimaçons.
00:27:01C'est pour ça.
00:27:01Je ne sais pas pourquoi il n'y a pas pris.
00:27:02Après, les gens, voilà.
00:27:05C'est-à-dire, au-dessus, en termes d'infréquentabilité, tu ne peux pas faire mieux quoi.
00:27:11Il y a un podium, j'ai occupé la première place pendant des années.
00:27:14C'était l'homme le plus infréquentable de France.
00:27:17Même Jean-Marie Le Pen, je l'ai eu au téléphone, il m'a dit, ne m'appelle pas sur ma ligne fixe.
00:27:21Ah non, non, j'ai même été comparé à Hitler, à un moment donné.
00:27:35Oh !
00:27:35Eh, il faut envoyer, non ?
00:27:37Ben, je commence avec des blagues à tonton.
00:27:38Pour arriver à ce résultat, ce n'était pas gagné.
00:27:43Je suis devenu la lead de l'humanité.
00:27:45Ce que la société a pu produire de plus abject.
00:27:48Il y a eu ça dans les médias, c'était extraordinaire.
00:27:51La cour des miracles.
00:27:52Alors qu'en réalité, pour moi, la cour des miracles, ce sont les médias.
00:27:55C'est la télévision.
00:27:56Oh putain !
00:27:57Oh, la télévision !
00:27:58Moi, je ne vais pas à la télévision, mais en tournée, tu vois, comme ça, de temps en temps.
00:28:01Je regarde ce qui se passe dans les hôtels.
00:28:05Oh putain, c'est immonde !
00:28:07C'est la véritable cour des miracles.
00:28:10D'ailleurs, il y en a un qui donnait une définition de la cour des miracles, assez juste d'ailleurs.
00:28:15C'était...
00:28:17Un petit peu de chauffage, peut-être, oui.
00:28:21Et...
00:28:21Non, c'était comme...
00:28:23Victor Hugo.
00:28:23Il avait une petite plume, il savait quand même écrire.
00:28:26Il y avait deux, trois fautes, mais...
00:28:28Et...
00:28:29Il définissait la cour des miracles.
00:28:34Regarde, on a l'impression que c'est la télé.
00:28:36C'était dans Notre-Dame.
00:28:37Cour des miracles.
00:28:38Donc, cité de menteurs et de brigands.
00:28:41Vérus à la face de l'intelligence humaine.
00:28:44Égout d'où s'échappe à chaque instant un torrent de vices, de manipulations crapuleuses.
00:28:49Une ruche bourdonnante de frelons de l'ordre social.
00:28:54Eh, franchement, il savait écrire.
00:28:56C'est vraiment l'impression, la sensation que j'ai, en ouvrant cette télévision.
00:29:01Donc, je vais parler.
00:29:02Petit sketch.
00:29:03Vous aussi, vous l'aimez...
00:29:04Là, c'est pas pour rien que l'autre...
00:29:07Il a donné son nom à des avenues.
00:29:09Donc, j'ai décidé, ce soir, d'inviter, sur ma fameuse moumoute de l'imaginaire,
00:29:16un personnage de la cour des miracles.
00:29:19Gustave, il s'appelle.
00:29:20Ouais.
00:29:21Il était brigand.
00:29:22Parce que, cour des miracles, ça signifie, en fait, que c'était tout un tas de brigands
00:29:26qui se donnaient rendez-vous le soir.
00:29:28Alors, la journée, ils étaient mendiants, aveugles, cul-de-jatte.
00:29:31Et le soir, comme par miracle, ils retrouvaient l'aveugle, glou, glou, vive la France.
00:29:37Donc, mon personnage s'appelle Gustave.
00:29:42Il nous vient directement du Moyen-Âge et de la cour des miracles.
00:29:46Gustave, vous êtes là ?
00:29:47Oui, dis donc, je suis là.
00:29:53Ah non, dis Dieu.
00:29:55C'est pas évident d'arriver juste là, hein.
00:29:57Je fais ça parce que je n'ai plus de dents, ces personnes.
00:30:05C'est pas ça que je fais comme ça.
00:30:08Non, mais j'ai mes dents, mais c'est le personnage.
00:30:14C'est ta cinquième dose, c'est combien ?
00:30:15Ouais.
00:30:17Au bout de cinq doses, c'est fini.
00:30:19Il n'y a plus personne.
00:30:21Pfizer ?
00:30:22Ya ?
00:30:23Pfizer ?
00:30:24Pfizer, il y a du citron, il y a quelque chose, hein.
00:30:31Excusez-moi, Gustave, je vous ai coupé la parole.
00:30:34Vous disiez...
00:30:35Non, je disais, mon époque, le Moyen-Âge, c'est un temps de chose.
00:30:39C'est pas d'amour, il n'y a pas...
00:30:40Ça n'a rien à voir aujourd'hui, hein.
00:30:43Ouais.
00:30:44Ouais.
00:30:46Vous n'avez pas d'eau, pas d'électricité, tout ça.
00:30:50Enfin, bientôt, vous n'aurez plus d'électricité, vous aussi, mais voilà, c'est à cause de la guerre, ça fait le bordel et tout ça.
00:30:58Nous, il n'y avait pas de courante, il n'y avait pas de total égo, c'est, c'est, c'est...
00:31:04Les gens jetaient leur saut de merde par la fenêtre, tu sais.
00:31:08Alors, le matin, tu te baladais, tu dis, ah merde, c'est quoi ça ?
00:31:11Ah ben, c'est de la merde, c'était de la merde.
00:31:15Et aujourd'hui, j'ai l'impression que c'est par la fenêtre, par la fenêtre de la télé qu'on vous jette les sauts de merde en pleine gueule, putain.
00:31:24C'est impressionnant, ça !
00:31:26Oh la vache !
00:31:28C'est de la magie noire, j'ai vu ça, putain.
00:31:31Télévision.
00:31:32Même le plus retort de nos magiciens de l'époque ne pouvait pas imaginer pareil tour de passeport, c'est incroyable.
00:31:39Puis nous, nos brigands, si tu veux, ils avaient la gueule de l'emploi, tu sais, ils étaient malafrés, ils manquent un oeil.
00:31:46Mais là, ils sont tous pomponés comme des petites pédales, là, ils sont là.
00:31:50T'es petite, t'es petite, t'es t'es t'enculé, t'es cette femme-fraise.
00:31:57C'est quand même extraordinaire.
00:31:59Et les gens écoutent ces conneries, putain.
00:32:05Nos lépreux étaient plus beaux que ces...
00:32:08Tu sais, ils sont tous refaits la gueule, c'est impressionnant.
00:32:14Mais tout est faux, c'est...
00:32:16Puis alors, il y en a un, comment vous l'appelez ?
00:32:18Je l'ai vu hier, président, c'est quoi ce truc ?
00:32:24Petite chatoune, comme ça, efféminée, c'est incroyable, ça.
00:32:30Il me rappelle une diseuse de bonne aventure qu'on avait.
00:32:35Trouduc, elle l'a fait.
00:32:36Ah, c'est beau pour moi, c'est...
00:32:39Très pour très, cela veut dire qu'on a coupé la tête d'un roi
00:32:44pour arriver dans tout ce bordel, putain de merde.
00:32:48Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise à mon niveau ?
00:32:50Moi, je suis humoriste, le bouffon à la cour, aujourd'hui, il serait...
00:32:53Ah, ben, t'es pendu, tout de suite.
00:32:55Le problème, c'est que la fiction a dépassé la réalité.
00:32:59Donc, il suffit de dire la vérité, les gens se marrent aujourd'hui.
00:33:02C'est ça, les gens ne sont plus habitués, donc...
00:33:06Mais bon, je veux dire, on est dans une société, c'est comme ça.
00:33:09Il y a un conseil de sages qui supervise tout le bordel.
00:33:13Quand j'ai appris ça, j'ai dit, merde, ils sont où, les sages ?
00:33:16Ils sont là, ils regardent.
00:33:20Et ça foire, hein, oui.
00:33:24Ils observent.
00:33:26Ils sont en train de plancher sur un sujet incroyable.
00:33:31Incroyable, c'est la fin de vie, en ce moment.
00:33:35Les sages se concentrent là-dessus.
00:33:38Alors, on a envie de leur dire, mais concentrez-vous sur la vie, déjà,
00:33:42parce que les gens ont du mal.
00:33:45La fin.
00:33:48Et, l'euthanasie, voilà un sujet...
00:33:51Aucun d'humoriste, évidemment, ne se risquera sur un sujet aussi délicat que la fin de vie.
00:33:56Ah non, non, non, je ne peux pas.
00:33:59Non, non, non, arrêtez, arrêtez, c'est dangereux.
00:34:02Non, non, je ne peux pas.
00:34:03Vous voulez vraiment ?
00:34:04Ah ben, je peux essayer, je peux essayer, mais bon...
00:34:08Ce n'est pas évident de faire marrer sur l'euthanasie.
00:34:13J'ai vu, à l'autre jour, une jeune femme, c'était en Belgique, d'ailleurs.
00:34:17Parce qu'ici, il n'y a pas la peine de mort, mais bon, on peut s'arranger, quoi.
00:34:21Et, elle avait 22 ans, cette pauvre fille, et, ouais, elle s'est faite euthanasier.
00:34:32Elle était en pleine santé physique, c'est ça ?
00:34:34Bon, elle avait un petit pète au casque.
00:34:37Elle était belge.
00:34:38Mais, je veux dire, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, parce qu'elle avait assisté, apparemment, je ne sais pas, un attentat et tout ça, donc elle était choquée, quoi.
00:34:49Elle avait des idées noires, un petit pète au casque, quoi.
00:34:53Mais, de là, à se faire euthanasier, il y a un médecin, c'est ça qui m'a le plus étonné, un psychiatre qui a mis un coup de tampon.
00:35:00Mais, elle a 23 ans, peut-être un bisou, elle rencontre un garçon.
00:35:09Foutez-moi ça au congélateur.
00:35:13En Belgique, il faut faire gaffe.
00:35:15Si tu te sens mal, un jour, je suis un peu...
00:35:18Incurable.
00:35:23Donc, j'ai décidé, pourquoi pas, d'essayer aussi de faire un sketch là-dessus, ce n'est pas évident.
00:35:29Pour l'humoriste que je suis, c'est...
00:35:30Il y a une question qui t'habite, c'est-à-dire, aurais-je pu...
00:35:35Serais-je parvenu à faire rire un esprit aussi désespéré que celui-là ?
00:35:40Ça, c'est le challenge de tout comique, faire rire un condamné à mort, par exemple.
00:35:43Dans le couloir de la mort, tu l'accompagnes sur les derniers mètres, tu sais.
00:35:49Alors, c'est Toto qui va à la boulangerie.
00:35:51Non, mais ce n'est pas gagné, mais tu vois ce que je veux dire.
00:35:54Tu essayes.
00:35:54Donc, dans ce sketch, mon personnage s'appelle Johnny.
00:36:04Il a 25 ans, ouais, Johnny.
00:36:06Les parents n'ont peut-être pas réfléchi dans tout, mais bon...
00:36:09Mais non, mais ils aimaient peut-être le chanteur.
00:36:10Tu ne sais pas, ferme-la !
00:36:11Il s'appelle Johnny, et il a décidé de se faire euthanasier.
00:36:15Donc, c'est chiant.
00:36:17Et donc, moi, j'interviens dans sa vie, 5 minutes avant l'injection mortelle.
00:36:24Donc, je frappe à sa porte.
00:36:26Toc, toc, toc.
00:36:29Bonjour, Johnny.
00:36:31Enfin, bonjour, c'est une façon de parler, c'est une expression.
00:36:37Ça ne sera pas une bonne journée pour tout le monde, on est tous d'accord.
00:36:40J'ai croisé ta famille dans le couloir, ils attendent.
00:36:48Tout le monde en chiale.
00:36:49Putain, c'est...
00:36:51Il y a le médecin, il m'a dit, vous pouvez y aller, vous avez 10 minutes.
00:36:54J'ai dit, pourquoi vous êtes pressé ?
00:36:55Il m'a dit, c'est le protocole.
00:36:58Jusqu'au bout, ils te cassent les couilles avec leur protocole.
00:37:03De toute façon, toute ta vie, on te casse les couilles.
00:37:06Commence à la maternelle, ils te mettent des notes.
00:37:08T'as un, t'as deux, t'as...
00:37:09Mais va te faire enculer avec tes notes.
00:37:13Toute ta vie, après, dans les tribunaux, à 57 ans, levez-vous !
00:37:16Pas bon, ça c'est moi, c'est encore autre chose.
00:37:31C'est quand même incroyable, putain.
00:37:33Et toi, Johnny, donc, ouais, donc, t'as décidé, ouais, d'en finir, ouais.
00:37:39Ouais, ton frère m'a dit ça, il est venu voir mon spectacle, il est fan de ce que je fais.
00:37:44Et alors, il est venu à la fin d'un spectacle, tu sais, bon, moi je fais des dédicaces, des photos,
00:37:48et il m'a dit, j'ai quelque chose à te demander, Diodo.
00:37:50Je lui dis, qu'est-ce qui t'arrive ?
00:37:51Il me dit, j'ai mon frère qui va se faire euthanasier, est-ce que tu pourrais passer de lui faire une petite blague ?
00:37:57Oui, c'est pas évident, attends, comment ça ?
00:38:04Alors, il me dit, pas la blague qui tue, bien sûr.
00:38:12Je lui dis, là, pour un humoriste, c'est quand même un exercice compliqué, hein.
00:38:15Faire rire un d'euthanasier, il me dit, oh, Diodo, ça va, t'as déjà fait rire des cancéreux.
00:38:19C'est vrai que j'avais un skate sur le cancer qui a assez bien fonctionné.
00:38:25Les gens connaissent.
00:38:32Je lui dis, ouais, mais là, c'est différent.
00:38:35C'est vrai qu'il y avait pas mal de gens à la fin des spectacles qui venaient me voir,
00:38:39ouais, Diodo, j'ai eu le cancer, je dois te dire que j'ai vu ton skate, j'ai bien rigolé, ça m'a aidé.
00:38:43Alors, je lui dis, oh, merde.
00:38:47Il y en avait un, il m'a dit, vous m'avez guéri.
00:38:49Ah, j'ai dit, stop, stop, on arrête tout, là.
00:38:54Pratique illégale de la médecine, attends.
00:38:58Il manque plus que ça sur mon casier judiciaire, moi.
00:39:05Mais là, faire rire un d'euthanasier, enfin, c'est pas évident.
00:39:10Parce qu'accompagner une personne dans sa volonté de guérison, bon,
00:39:15mais toi, la guérison, c'est la mort, donc ça, c'est spécial, c'est nouveau.
00:39:19Ouais, ton frère m'a expliqué, t'as des angoisses depuis que t'es adolescent,
00:39:24qui squattent ton esprit, hein, ça, c'est...
00:39:27Les squatteurs pour les déloger, hein.
00:39:31Surtout en période hivernale.
00:39:33Oui, ben, j'essaye, je fais ce que je peux, je cherche la faille.
00:39:42Mais t'as pas l'impression, est-ce que ça t'arrive, l'auto-dérision, ça te parle ?
00:39:46T'arrives à rire de toi ou pas ?
00:39:47Non, ben non, ça se voit, hein.
00:39:49Ben, vu l'ambiance que tu fouilles, il suffit de voir la gueule des gens, hein.
00:39:52Tu fouilles l'ambiance de merde, en général.
00:39:55Mais rire de soi, c'est important.
00:39:57La vie est une farce, tu sais, Jolie.
00:40:00Faut travailler la chute, c'est tout.
00:40:01Toi, ta chute, c'est de la merde, j'ai dit tout de suite, hein.
00:40:03Ah, ben, ils t'accompagnent en chialant jusqu'au bout, quoi.
00:40:07Fais-leur une blague, putain, c'est le moment.
00:40:10Je suis professionnel, je suis pas professionnel.
00:40:17Là, c'est le moment pour toi de faire la blague du siècle.
00:40:21Ah, ben si, laisse-moi te parler.
00:40:24Tu sors dans le couloir, tu vas voir ta famille et le médecin et toute l'équipe.
00:40:28Écoute-moi, et là, tu leur dis, bon, ben...
00:40:31C'était une blague.
00:40:33Et tu finis, on va chez Courte-Paille, on se fait une entrecôte.
00:40:38Vas-y, d'accord.
00:40:40Hé, je vous ai fait marrer, mais c'est un sujet qui est compliqué.
00:40:47À Courte-Paille, je sais pas si en Belgique ça marche.
00:40:49Mais, euh...
00:40:51Non, non, mais c'est vrai que ces sages qui sont en train de penser pour nous, à votre place,
00:40:56si ils sont sages, nous on n'est pas sages.
00:40:58Eux sont sages.
00:40:59Et ils réfléchissent aussi à un autre sujet qui est dans l'air du temps,
00:41:02c'est la légalisation du cannabis.
00:41:05Alors, je sais pas où ça en est en Belgique, mais en France, c'était pas encore.
00:41:08Et là, ils veulent vraiment le mettre parce que...
00:41:10Alors, je suis pas concerné directement, mais j'ai mes gosses qui sont au collège,
00:41:14dans le public.
00:41:14Donc, autant de dire, ils sont dans un coffee shop, hein, c'est clair.
00:41:17Celui qui fume pas, il est bizarre, hein, parce que c'est là-dedans.
00:41:29Puis, alors, mon fils, il commence à me sortir ses théories de fumeurs, tu sais.
00:41:34Je les vois venir.
00:41:35Ouais, papa, quand même, on fume de l'herbe depuis la nuit des temps.
00:41:40Je comprends pas qu'on ait pas le droit de fumer de l'herbe qui pousse dans la nature.
00:41:45Et à côté de ça, on peut se tanasier, on peut se couper la vitre.
00:41:50J'ai dit, je sais bien, mais c'est différent, parce que ce que tu proposes, ça n'est pas légal.
00:42:02Ils comprennent pas, les gosses, parce que, en ce moment, ils ont un prof qui s'est fait entièrement refaire la gueule.
00:42:07Tu comprends ?
00:42:08Il s'est fait une tête de mort, en fait, le mec.
00:42:10Parce que c'est son plaisir.
00:42:11Donc, il s'est fait retirer le nez, il y a deux trous, on dirait, un poisson.
00:42:15Il a plus d'oreilles, il a deux cornes qui sortent, comme ça, avec les yeux rouges.
00:42:20Alors, le gosse, il dit, ouais, ça nous fait peur.
00:42:23Ouais, je lui dis, c'est possible, mais c'est légal.
00:42:28Donc, j'ai décidé de faire un sketch entre un père alcoolique, enfin, un père français, on va dire, et son fils, fumeur de cannabis.
00:42:46Non, je suis pas content, Stéphane.
00:42:48Ouais, ben, tu peux ricaner, moi, ça me fait pas rigoler, hein.
00:42:52J'ai passé mon après-midi au collège, chez le proviseur, j'ai été convoqué.
00:42:57Alors, t'es pas au courant, mais crois-moi que je suis tombé des nus.
00:43:01Tombé des nus.
00:43:02Ben, si t'allais un peu en cours, tu saurais ce que ça veut dire.
00:43:04J'étais sur le cul, putain, quand il m'a appris que mon fils, la chair de ma chair, la race de ma mère, était un fumeur de cannabis.
00:43:17Ne ment pas ! Ne ment pas !
00:43:22Eh, j'ai vu les vidéos de surveillance, on te voit dans la cour de récréation,
00:43:27et dans un coin avec tous tes copains de manouches, je sais pas quoi, là,
00:43:30en train de pipocher comme un salaud, au milieu d'enfants tout à fait normaux, putain,
00:43:35et qui gambadent, qui jouent à chat-percher à la marelle.
00:43:39Tu pourrais pas jouer à chat-percher de temps en temps ?
00:43:44C'est de la merde. C'est ta drogue qui est de la merde.
00:43:51Non, non, non, quoi ?
00:43:54Non, je l'ai pas dit à ta mère.
00:43:57Ça lui crèverait le cœur, le pauvre.
00:44:01Parce que, tu sais, je l'ai pas dit parce que, tu sais, il m'a travaillé l'autre, le proviseur.
00:44:08Ouais, mais est-ce que c'est chez vous qu'il fait pousser l'herbe ?
00:44:11Alors, je vais pas balancer mon fils, hein.
00:44:13La chair de ma chair, la race de ma chienne.
00:44:18Mais, j'ai tout de suite compris que ce que tu faisais pousser sur le balcon,
00:44:25c'était pas du cerfeuil comme t'as osé le dire à ta mère, hein.
00:44:30Mais elle y a cru l'autre, elle en fout partout dans la cuisine, mais t'es là.
00:44:33Que tu te drogues, c'est une chose.
00:44:37Mais me drogues pas sa famille, putain.
00:44:43Non, je lui ai rien dit.
00:44:45Je t'ai dit, ça lui crèverait.
00:44:46Elle s'est accoutumée, tu sais, à ta saloperie.
00:44:51Tu la reconnais plus, cette femme.
00:44:54Elle, qui était dépressive, on s'est habituée, quoi.
00:44:56Elle faisait la gueule, elle chialait.
00:44:57Mais, maintenant, elle rigole, là.
00:45:02J'ai rentré du boulot, elle me saute au cou, maintenant.
00:45:05Allez, chérie, ce soir, omelette au cerfeuil, elle me fait.
00:45:13Mais c'est illégal, putain.
00:45:16Oui, ça a calmé les choses à la maison, je me suis aperçu.
00:45:19Ça gueule moins, maintenant, c'est vrai.
00:45:21Et...
00:45:22Tout le monde dort, quasiment.
00:45:28C'est illégal.
00:45:30T'as pensé à ta petite sœur, 7 ans et demi.
00:45:33L'autre, elle n'arrive pas à compter jusqu'à 10.
00:45:37Elle était déjà pas en avance,
00:45:38maintenant, c'est un flanc, l'autre.
00:45:40Elle te regarde.
00:45:45Non, écoute-moi.
00:45:47Non, je peux pas te laisser dire ça.
00:45:49Oui, ça te fait planer, ça te fait chèque.
00:45:52Écoute, je reconnais, ça calme.
00:45:55Même moi, je rentre...
00:45:57Je picole moins, maintenant, je le sens.
00:45:59Une bouteille de Ricard, ça me suffit.
00:46:01Je pars pas dans des excès.
00:46:04Voilà.
00:46:05On reste raisonnable.
00:46:07Je me réveille le matin, j'ai moins mal au crâne.
00:46:10Mais je me réveille pas, c'est ça, la problème.
00:46:15Je te rappelle, je suis gardien de prison, mais...
00:46:17Et la pénitentiaire, ils rigolent pas avec ça.
00:46:20S'ils me testent, s'ils trouvent ça, je suis viré, moi.
00:46:24T'es pas sur le coup, c'est des drogues du tiers-monde, ça.
00:46:27Nous, on est français.
00:46:31Et je le sens dans le travail.
00:46:33On a eu 7 évasion en une semaine.
00:46:36On me voit sur la vidéo, je suis comme ça.
00:46:38Je suis pas sur le coup, putain.
00:46:45Il veut pas se soulonner, les gars, putain.
00:46:48Et le temps que je redescende,
00:46:50ils étaient déjà rendus au Mali, les gars, hein.
00:46:56Je comprends, Stéphane.
00:46:58T'es mal dans tes baskets.
00:46:59T'es adolescent, on est passé par là.
00:47:01Voilà, tu te sens mal.
00:47:03Voilà, voilà.
00:47:04Avec tous tes boutons, ils sont à la gueule et tout ça.
00:47:08C'est vrai que t'es atroce, mais...
00:47:12Picole, à ce moment-là, tu me demandes une bouteille.
00:47:17T'en fous sur les boutons, partout.
00:47:20Tu fais cramer.
00:47:21C'est des idées que je te donne.
00:47:24C'est la transmission du savoir.
00:47:26Hé.
00:47:28Tu sais, ton arrière-grand-père, il a fait verdin.
00:47:31Crois-moi, ils verraient ce que t'es devenu, ils seraient...
00:47:35Ils sont partis, la fleur au fusil, hein.
00:47:38Là-bas.
00:47:38Mais c'était pas la fleur de cannabis,
00:47:40parce que dans la musette, c'était de l'agneau, la 80.
00:47:44Et crois-moi que dans les tranchées, là...
00:47:46Ah !
00:47:47Ah !
00:47:48Eh oui !
00:47:50On est des sociétés industrialisées, hein.
00:47:54Regarde, en Ukraine,
00:47:56les Russes, tout ça, Wagner,
00:47:58les Ukrainiens, ils se foutent sur la gueule dans la neige et tout.
00:48:01Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !
00:48:04On est des civilisations, des peuples civilisés, hein.
00:48:12Ouais, c'est pas évident,
00:48:13mais on est obligé de parler de cette histoire de guerre en Ukraine.
00:48:17Tu peux pas faire autrement.
00:48:20Il paraît que c'est un grand basculement.
00:48:22Ben, c'est vrai que dans l'histoire de l'humanité,
00:48:24c'est la première fois qu'une guerre,
00:48:26on le sait déjà,
00:48:28il n'y aura pas de vainqueurs et pas de vaincus, quoi.
00:48:30C'est-à-dire, ils ont tous les deux la bombe atomique,
00:48:33l'OTAN et les Russes, donc, euh...
00:48:35C'est fini, Hitler, dans son bunker,
00:48:37acculé, qui se met une balle dans la...
00:48:39dans la de coco, c'est terminé, ce temps-là.
00:48:42Là, le jour où il y en a un qui a acculé,
00:48:43il va dire, bon, sortez de la pièce !
00:48:45Allez !
00:48:46Tiens, vas-y, joue au piano, toi !
00:48:47Ça va se cerner sur une dinguerie de ce genre-là.
00:48:55Ouais, mais on rigole, c'est tout ce qu'il nous reste à faire.
00:49:01Non, c'est vrai que c'était terrible, mais bon...
00:49:04Et il semblerait que, bon, si tu regardes les analyses
00:49:07des personnes qui ont un peu de jugeote,
00:49:09ils disent sur la fin, là,
00:49:11chute de l'euro et du dollar,
00:49:14émergence d'une nouvelle monnaie
00:49:16qui vient de la Russie, de la Chine,
00:49:17des pays du Tiers-Mont,
00:49:18les pays qui ont des matières premières
00:49:20vont devenir des pays riches.
00:49:22Ce qui pouvait paraître à peu près logique,
00:49:24en fait, au départ.
00:49:25Mais non, c'était sans compter
00:49:28la civilisation.
00:49:32Et...
00:49:32Non, tu l'es.
00:49:35Mais bon, ça, c'est moi qui rajoute.
00:49:37Et c'est...
00:49:38Mais c'est vrai que, bon, là,
00:49:41dans le sketch qui va suivre,
00:49:43malheureusement, la France est devenue
00:49:45le fusil qui a pété, hein,
00:49:47est devenue un pays du Tiers-Monde.
00:49:48Avec la Belgique aussi, si on ne parle même pas.
00:49:51Non, la Belgique n'a pas la bombe atomique,
00:49:53mais je veux dire...
00:49:55Enfin, plus ou moins, mais je veux dire...
00:49:57Ferme-la, par contre, c'est ma situation.
00:49:59Ouais, c'est bien, mais c'est mon spectacle.
00:50:00Donc, euh...
00:50:01Donc, dans mon sketch,
00:50:04la France, à force de lécher le cul des Américains,
00:50:07donc, a tout perdu.
00:50:08Et est devenue un pays du Tiers-Monde.
00:50:09Heureusement, elle peut...
00:50:12Je veux dire...
00:50:13On va dire, faire confiance,
00:50:14mais pas...
00:50:15On va dire, elle a quand même,
00:50:17heureusement, des gens généreux
00:50:19qui viennent à son aide,
00:50:20hein, qui viennent des pays africains,
00:50:22qui sont devenus des pays riches.
00:50:23Donc, c'est le cas de la famille Ecambi,
00:50:26que je vais inviter sur ma bouboute de l'imaginaire,
00:50:28qui a décidé d'adopter un petit enfant de France.
00:50:32Ouais, puisque c'est...
00:50:33Tout est inversé, voilà.
00:50:34Ouais, il y en a qui picole,
00:50:35mais c'est aussi le problème.
00:50:37Non, mais c'est aussi en grande partie pour ça
00:50:39que ça a foiré.
00:50:40Et donc, euh...
00:50:41Vous n'êtes pas concentrés, les mains.
00:50:44Et donc, euh...
00:50:45Il y a la guerre, juste à côté.
00:50:49Ah!
00:50:58Donc, j'invite Nestor Ecambi
00:51:01qui va nous raconter un petit peu.
00:51:03On est en 2050.
00:51:04Nestor, vous êtes là ?
00:51:05Oui, je suis là.
00:51:08Je suis là.
00:51:09Je suis là.
00:51:10Elle m'appelle Nestor Ecambi.
00:51:14Mais non, moi, je ne vais pas attendre un emballe.
00:51:16J'ai vu que je suis de Yaoundé, là.
00:51:20Oui, tu ne connais pas.
00:51:22C'est ma femme, Célestine.
00:51:25Ah!
00:51:25Je te dis vraiment, cette femme-là, non.
00:51:29Elle est devant la télé, toujours.
00:51:31Elle me parle.
00:51:32Regarde la misère en Europe.
00:51:35Regarde la France, la pauvrette.
00:51:37J'ai dit, mais on ne peut pas porter
00:51:40toute la misère du monde.
00:51:43Nous, les Africains.
00:51:46Elle me dit, mais regarde ces pauvres enfants
00:51:51dans les ruines, dans le métro,
00:51:54avec les rats, avec le ventre gonflé,
00:51:58les mouches dans les...
00:51:59Je dis, mais est-ce que je suis même responsable
00:52:03de ces choses-là ?
00:52:04On a nos enfants, Célestine.
00:52:06Elle me dit, non, je veux adopter.
00:52:08Je ne dis jamais.
00:52:10Je ne veux pas.
00:52:12Mais tu connais les femmes.
00:52:13Elle va te dire ça une fois, deux fois, vingt fois.
00:52:15Donc, mille fois, à un moment donné,
00:52:17bon, j'ai dit, bon.
00:52:20J'ai dit, vas-y, prends.
00:52:23Prends un.
00:52:25Un garçon ou une fille.
00:52:27Je ne voulais pas des bébés transgents.
00:52:31Non.
00:52:32Non.
00:52:32En 2050, en Europe, il y avait beaucoup.
00:52:37Ça, j'ai refusé.
00:52:40Elle me dit, mais pourquoi...
00:52:41Je dis, non, tu vois,
00:52:43ici, au Cameroun,
00:52:44on ne peut pas intégrer ce machin-là.
00:52:47Non, non.
00:52:49Il y a des amis à Douala,
00:52:50ils ont essayé.
00:52:50Ils ont pris un bébé transgents.
00:52:53Non, je te jure, les gens là.
00:52:54À l'école, les enfants sont méchants, hein.
00:52:58C'est des blancs étrangers.
00:53:02Ils l'ont bouffé.
00:53:04Je te jure.
00:53:09Alors, ma femme m'a dit, non,
00:53:11on va prendre un petit garçon.
00:53:12Je dis, ça va.
00:53:14Faisons comme ça.
00:53:15Peter.
00:53:16Mais lui-même, dans le dossier,
00:53:18j'ai vu, il avait deux papas.
00:53:19C'est ça que je n'ai pas compris.
00:53:21J'ai regardé, j'ai dit, ah !
00:53:24Deux hommes.
00:53:25Mais comment ça peut même...
00:53:29Oh, ben, Marie, comment on fait ça ?
00:53:33Le micro-ondes, elle dit, non,
00:53:34ce n'est pas des enfants en sachet.
00:53:38Il dit, c'est...
00:53:40Ils ont commandé l'enfant sur Internet.
00:53:43Ah bon ?
00:53:45Deux hommes.
00:53:46Oh là là.
00:53:49Deux hommes transgents.
00:53:50Ça veut dire que
00:53:51deux hommes qui sont devenus des femmes
00:53:53et puis ils sont redevenus des hommes.
00:53:56Oh là là.
00:53:57Des indécis.
00:53:58Ils appellent ça les indécis.
00:54:03J'ai dit, non, vos affaires, là,
00:54:05ça ne me concerne même pas.
00:54:08Non, ma femme est allée chercher le petit,
00:54:10je te juge.
00:54:12Elle l'a ramené.
00:54:13Il était fragile.
00:54:14Il était dans un état.
00:54:15On l'a amené à l'hôpital central de Yaoundé.
00:54:17On a fait le check-up.
00:54:19J'ai retiré ses implants, ma mère.
00:54:22Non.
00:54:22Un enfant de trois ans avait deux obus comme ça.
00:54:27J'ai dit, non.
00:54:27Même ma femme, elle a accepté.
00:54:29Elle a dit, non, c'est exagéré.
00:54:30C'est exagéré.
00:54:31Ensuite, il a grandi comme un petit Camerounais.
00:54:37Il parle et Wondo, il est content.
00:54:40À l'adolescence, il m'a fait des petits problèmes.
00:54:43C'était toujours, il me disait,
00:54:45papa, comment je suis un peu blanc.
00:54:48Non, je dis, pas du tout.
00:54:53Je dis, ça prend du temps, tu vas bronzer.
00:54:57Il m'a dit, non, quand je vais au soleil, je suis rouge.
00:55:00Ah, j'ai dit, mon petit chaperon, c'est beau, les rouges.
00:55:03Mais non, non.
00:55:06Plus ça allait, plus il commençait à s'interroger franchement.
00:55:10À un moment donné, je le vois devant le miroir, là.
00:55:13J'ai dit, mais, putain, c'est quoi ?
00:55:15Il me dit, papa, regarde cette tête, ce n'est pas comme vous.
00:55:19Je dis, mais pas du tout.
00:55:21Tu as un nez, désolé.
00:55:23Il me dit, non, regarde, mon nez, il est pointu.
00:55:27Mais je dis, pas tellement.
00:55:29Il me regarde comme ça, il se retourne, il me pique comme ça.
00:55:33Non, trois points dessus, tu, hein.
00:55:37Bon, c'est quand il m'a mis son coup de bec, là, que j'ai dit, bon.
00:55:41Je vais lui dire la vérité.
00:55:44J'ai dit, putain, tu as raison, tu es un enfant adopté, tu es blanc.
00:55:49Tu es blanc, cristallin, ça veut dire que...
00:55:53Tout le monde est blanc depuis.
00:55:56Tu es blanc, blanc.
00:55:57Il m'a dit, je sentais ça quand même.
00:55:59Il m'a dit, comment ça se fait ?
00:56:04J'ai dit, on t'a adopté, non ?
00:56:06Ah, bon.
00:56:08Oui, j'ai dit, oui.
00:56:10Il m'a dit, je veux voir mes parents biologiques.
00:56:13J'ai dit, tu n'as même pas ça.
00:56:18C'est deux hommes qui t'ont commandé sur Internet.
00:56:22Tu es un bébé Amazon.
00:56:27Ah, il m'a dit, c'est ça, alors.
00:56:32Il m'a dit, donne-moi, donne-moi mon numéro de référence.
00:56:38J'ai donné, tu sais, mais les enfants, avec le Jack, j'ai pété, il ne sais pas.
00:56:43Il a retrouvé ses commanditaires.
00:56:47Un était déjà mort.
00:56:48Bon, ça va, j'ai dit, ça va.
00:56:49Un était encore en vie.
00:56:52Oh là là.
00:56:53Je te juge.
00:56:54Les gars étaient à l'hôpital.
00:56:55Il était à sa quatorzième transition.
00:57:01Il était devenu un cochon.
00:57:04Un transport.
00:57:10J'ai vu la photo, j'ai fait, non, foutez-moi le camp avec ça.
00:57:15Il m'a dit, papa, je veux aller voir le cochon.
00:57:18Je lui ai dit, c'est ton choix, c'est ta vie, va.
00:57:27Non, il est allé en France.
00:57:29Oh là là.
00:57:30Raconte, Peter.
00:57:31Je suis arrivé là-bas.
00:57:34Dans l'hôpital.
00:57:36Je dis bonjour, monsieur le cochon.
00:57:40Je m'appelle Peter Rekambi.
00:57:41Je viens du Cameroun.
00:57:45J'ai été adopté.
00:57:47C'est vous qui m'avez commandé sur Internet.
00:57:54Je suis venu par ici.
00:57:55Je voulais savoir pourquoi vous m'avez commandé.
00:57:59Je voulais savoir si vous m'avez aimé.
00:58:05Je suis venu par ici.
00:58:35Tu ne parles pas le cochon.
00:58:40Je me souviens de toi.
00:58:46On t'a commandé sur Internet.
00:58:49Avec ta mère.
00:58:52Jean-Claude.
00:58:53Je ne sais pas comment ça s'est passé.
00:59:07Certainement le problème.
00:59:09Une pub.
00:59:10D'impulsion d'achat.
00:59:15Je t'ai commandé en un clic.
00:59:18Quand on t'allumerait, j'avais oublié.
00:59:21Tire-toi.
00:59:22Quand il est rentré au Cameroun, il était choqué.
00:59:29Vraiment.
00:59:30Il a écrit un livre.
00:59:31Moi, Peter, fils de cochon.
00:59:34Ça a eu son succès.
00:59:37Non, maintenant, il se remet doucement.
00:59:39Je pense qu'il a fait quand même un certain rejet de ses origines françaises.
00:59:46Hein, Peter ?
00:59:47Non, pas du tout.
00:59:49Je suis fière d'être français.
00:59:51Je connais toute l'histoire de France.
00:59:54J'aime le peuple français.
00:59:56Molière, Rimbaud.
00:59:58Mais je ne comprends pas.
00:59:59Quand il soit passé de Jacques Bray à Bilal, qu'est-ce qui s'est passé ?
01:00:03Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:00:09Je n'en sais rien.
01:00:13Mais pour en savoir plus, je vais inviter, sur ma bouboute de l'imaginaire, mon personnage transgenre.
01:00:20Paprika.
01:00:21Pour qu'elle nous en dise un peu plus.
01:00:24Quoi ?
01:00:35Qu'est-ce qu'il y a ?
01:00:36Qu'est-ce qu'il y a ?
01:00:42Qu'est-ce qu'il y a ?
01:00:42T'as jamais vu une jolie femme ?
01:00:45Et alors ?
01:00:47Oui, c'est moi.
01:00:48C'est pas pritain, OK ?
01:00:51Tu peux rire, mais moi, j'en ai rien à foutre.
01:00:54Parce que moi, je me suis en boubelle.
01:00:58Je me sens bien dans ma peau.
01:01:03À un moment donné, il faut arrêter, OK ?
01:01:06Ça te fait rire, la sorcière hétéro avec ton rire de poule ?
01:01:10La femme française, je veux dire, elle a changé.
01:01:17On se réveille, Néandertal.
01:01:19La femme française d'aujourd'hui, c'est moi.
01:01:22On en déplaise à certains, comme Zemmour, tout ça, OK ?
01:01:26Qu'il aille se faire pleuyer, ce petit suricate.
01:01:31On m'a proposé, je veux dire, moi, on m'a proposé de remplacer Marianne, OK ?
01:01:36J'aurais mon buste dans les mérides et ma gueule sur les timbres.
01:01:40Vous me lécherez le cul et je vous collerez ça sur les enveloppes.
01:01:43Et alors ?
01:01:44Moi, j'en ai rien à foutre, OK ?
01:01:48Parce que moi, je me sens belle.
01:01:51Je me sens bien dans ma peau.
01:01:57La transphobie, elle est partout dans le monde.
01:02:00Et surtout dans le Nord.
01:02:04C'est pour ça que je suis venu.
01:02:06T'es fier de ça, connard ?
01:02:08Je suis devenu des ratissons.
01:02:17Même le mouvement LGBT nous rejette.
01:02:20Ils veulent rejeter le T de transsexuel.
01:02:23On est où, là ?
01:02:26Lesbiennes et homos considèrent que les trans sont dangereuses.
01:02:29Ou dangereux, peu importe.
01:02:32On pousserait la jeunesse à la transition.
01:02:35Oui, je n'ai pas peur de dire.
01:02:37Je suis en transition, moi.
01:02:41Faites-vous l'opérer, les jeunes.
01:02:42Parce que moi, je parle aux jeunes.
01:02:44Parce que je suis en TikTok.
01:02:47Oui, je suis TikTok.
01:02:53Et les jeunes, ils en ont marre.
01:02:55Ils savent où ils en sont, les ados.
01:02:57Avec le confinement, avec tout ça, avec la guerre, ils savent plus.
01:03:01Alors moi, ils me voient et ils disent
01:03:02« Ma prétate est belle, je sais. »
01:03:06Mais moi, je me sens bien dans l'info.
01:03:10Ils me disent, les jeunes, ils ont 12 ans, ça.
01:03:14Je ne sais pas si je suis un garçon, je ne sais pas si je suis une fille.
01:03:16Eh bien, je dis « Change ! »
01:03:19Ils rechandent si ça ne va pas.
01:03:23Ils changent de parents si ça ne leur plaît pas.
01:03:26Ils changent de planète.
01:03:27Ça te fait rire, toi.
01:03:34Ouais, c'est ça.
01:03:37Transphobe.
01:03:42Je ne sais pas ce que c'est de...
01:03:43Moi, je m'ai aussi toujours senti une petite fille.
01:03:53OK.
01:03:54Tout petit déjà.
01:03:56Je faisais pipi accroupi.
01:03:58Je me mettais les tampons de ma mère dans les fêtes.
01:04:00Et tu ne sais pas ce que c'est d'enfouir en tête tout ce que tu as en tête.
01:04:14J'ai eu une fille, j'ai joué les hommes, tu sais.
01:04:23J'ai même eu une famille, tout ça.
01:04:24Quelle heureuse.
01:04:26J'ai eu une petite fille, Patricia.
01:04:30Et maintenant, je suis grand-mère.
01:04:32Enfin, grand-père.
01:04:39Ça foire un peu.
01:04:40Bon, ben, ça va.
01:04:42Il faut que je voie avec mon orthophoniste.
01:04:44Il y a encore des trucs à travailler.
01:04:49Et ma fille a eu une petite fille.
01:04:51Ouais.
01:04:53Elle s'appelle M6.
01:04:54Comme la chaîne de télé.
01:04:56Parce qu'elle était fan d'une série.
01:04:58Alors, moi, j'ai dit, à peine là, comme tu veux, OK ?
01:05:00Moi, je suis tolérante.
01:05:02Et avec ma fille, on est comme ça.
01:05:04Et là, c'était les un an de M6 l'autre jour.
01:05:08Alors, ma fille, elle me dit, ça serait bien que tu viennes, Paps.
01:05:12Je m'appelle Paps, parce que j'ai pas pris carte.
01:05:14Et papa, en même temps, tu vois ce que je veux dire.
01:05:17Et elle me dit, ça serait bien que tu vois la famille.
01:05:21Mais tu te déguises en homme.
01:05:22Oh, j'ai dit, tu m'emmerdes.
01:05:24Parce que la famille de Karim...
01:05:26Enfin, j'ai tout dit.
01:05:36Ils sont un peu radicalisés, quoi.
01:05:38Ils sont de Molenbeek.
01:05:39C'est Abdelkader, le père.
01:05:47C'est lui qui est à...
01:05:49Pour lui, je suis pas complètement halal, t'as compris.
01:05:51Alors, ma fille m'a déguisé.
01:05:54Elle m'a mis n'importe quoi.
01:05:56Un pulau vert.
01:05:57Le Capitaine Hanok, un truc rayé de marin.
01:05:59Là, il y avait une casquette.
01:06:00Ah, ben, elle est là.
01:06:01Elle m'a mis une casquette de marin sur la tête.
01:06:04Oh, la fer.
01:06:05Elle me met une pipe dans le bec.
01:06:07Alors, j'ai eu la pipe, pourquoi pas ?
01:06:09Elle me dit, Paps, par contre, tu restes 5 minutes, pas plus.
01:06:23Elle me dit, change de voix.
01:06:25Parce qu'on va reconnaître qu'il y a un valet.
01:06:27Je lui dis, mais pourquoi tu fais de change de voix ?
01:06:30Elle me dit, prends une voix d'homme.
01:06:32Je lui dis, je peux parler comme ça.
01:06:35Elle m'a dit, parfait.
01:06:36Alors, je rentre là-dedans.
01:06:38Je sonne.
01:06:38Oh, je rentre là-dedans.
01:06:40Bonjour, tout le monde.
01:06:43Et là, je vois arriver le fameux Abdelkader.
01:06:47Benladen.
01:06:47Je te promets.
01:06:50Oh, je me suis dit, il va se faire sauter, ça va partir en coude.
01:06:55Il me dit, bonjour, vous êtes le père de Patricia.
01:06:57Je lui dis, tout à fait.
01:07:00Il me dit, c'est super d'avoir des enfants normaux.
01:07:03Ah, il dit, comment ça ?
01:07:05Ben, il me dit, un garçon, une fille, un bébé,
01:07:07pas comme tous ces pédés.
01:07:12Alors, ma fille, elle me tire.
01:07:13Elle dit, c'est bon, tu peux y aller.
01:07:15Ben, je lui dis, non, on discute tranquillement avec Abdel.
01:07:19Je lui dis, mais Abdel, tu penses quoi de la transsexualité ?
01:07:26Il me dit, c'est le diable.
01:07:29Mais je lui dis, mais si t'avais un fils comme Bilal, il est beau.
01:07:32Il me dit, je l'égorge.
01:07:33Alors, ma fille, il me tire.
01:07:41Je lui dis, laisse-moi.
01:07:44Mais Abdel, on a tous une part de féminité.
01:07:53Il me dit pas, les musulmans.
01:07:55Je lui dis, c'est ça.
01:07:59Vous leur foutez un voile aussi dessus.
01:08:01J'en ai marre.
01:08:03Ma fille, elle commence à crier.
01:08:04Je lui dis, laisse-moi.
01:08:06Je crois même pour que je me suis.
01:08:10J'ai pas attendu 40 ans.
01:08:13À 40 ans, je lui dis, non, j'ai marre.
01:08:16Coupez-moi la bite.
01:08:17T'as compris, elle, le père de Patricia, il est un trans.
01:08:26Pourquoi il est tout blanc ?
01:08:29Qu'est-ce qu'il fait ?
01:08:33Il cherche un couteau pour quoi faire ?
01:08:37Allah ou Akbar ?
01:08:38Oui, mais je vais y aller, tu as raison.
01:08:47Quand je vous ai dit, aujourd'hui, faire marrer, il suffit de raconter ce qui se passe.
01:08:59Les gens rigolent parce que c'est tellement marrant.
01:09:02Mais dans le respect de tout ce que tu veux.
01:09:03Moi, je respecte tout le monde.
01:09:05Mais on doit quand même respecter mon genre, qui est quand même l'humour.
01:09:09Donc, on ne peut plus se marrer.
01:09:12Heureusement, de temps en temps, je rentre chez moi.
01:09:14J'habite à la campagne, un peu comme ici.
01:09:15Je lève la tête et je contemple les étoiles.
01:09:18Je me dis, c'est bon, il y a encore de la place.
01:09:21Pour l'inspiration, pour l'hiver.
01:09:24J'ai appris d'ailleurs que la NASA était en train de dégommer des étoiles.
01:09:29J'ai appris ça l'autre jour.
01:09:30Oui.
01:09:31C'est-à-dire qu'en prévision qu'un astéroïde viendrait percuter la Terre,
01:09:36il dégomme comme ça pour s'entraîner des étoiles.
01:09:40C'est-à-dire que eux, quand ils regardent la Voie lactée,
01:09:42ils disent, comment on pourrait dégager toute cette merde ?
01:09:45Non, mais peut-être qu'on est une espèce de taré aussi.
01:09:53Peut-être qu'on est une sorte de moisie,
01:09:56on est en train de tout foutre en l'air sur la planète.
01:09:58C'est possible aussi.
01:09:59Il faut voir.
01:10:00C'est pour ça que j'ai décidé d'inviter pour finir un extraterrestre.
01:10:06Pour avoir le point de vue, un point de vue extérieur.
01:10:10Il nous vient de la planète Gurkhas.
01:10:14Quoi ça existe ?
01:10:15Qu'est-ce que t'en sais que ça existe ?
01:10:17Il s'appelle Bernard.
01:10:21Bernard, vous êtes là ?
01:10:25Vous pouvez parler français ?
01:10:41Tu veux connaître les origines d'une espèce humaine ?
01:10:52Chut.
01:10:53Vous êtes comme un virus sur cette planète.
01:11:00Là.
01:11:01Vous êtes des rats des laboratoires.
01:11:04Votre mission est de tout détruire sur la planète.
01:11:08La faune, la flore, l'oxygène.
01:11:10Et de finir dans un magnifique et spectaculaire bouquet final nucléaire.
01:11:20Non, c'est pas vrai.
01:11:22Nous ne sommes pas que des rats des laboratoires.
01:11:25Il y a du beau en l'air.
01:11:27C'est sûr.
01:11:30Tiens, écoutez ça.
01:11:35Non, mais je veux dire, c'est pas un rat des laboratoires
01:11:37qui est capable de produire pareille sonorité.
01:11:43Il faut de l'imagination, quand même.
01:11:55Non, mais je le fais mal, mais t'as compris.
01:12:00Non, c'est pas un rat des laboratoires
01:12:02qui joue du piano pour nous ce soir, mes amis.
01:12:06C'est Stéphane Blais.
01:12:08Mon ami.
01:12:09Qui nous a quittés il y a un an, maintenant.
01:12:12Poussé dans le vide par une société devenue folle.
01:12:16Stéphane.
01:12:17Il m'avait dit, t'inquiète, dieu d'eau, je serai sur ton spectacle.
01:12:20Et le voilà qui débarque.
01:12:24C'est lui qui joue.
01:12:26Oh, il ne parlait pas, Stéphane.
01:12:28Il jouait du piano.
01:12:28Bien sûr qu'il y a du beau en l'homme.
01:12:37Il y a du beau en chacun d'entre vous, mes amis.
01:12:40Sachez que chacun de vos rires était comme un éclat de diamant dans ma vie, à moi, ce soir.
01:12:46Alors, merci.
01:12:48Merci à vous.
01:12:48Merci à toi, Stéphane, de m'accompagner.
01:12:51Sous-titrage Société Radio-Canada
01:12:51Merci à vous.
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