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  • 4 weeks ago

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Transcript
00:00The law adopted in 2015 in Gambia
00:19interdit formellement
00:20toutes les formes
00:20de mutilation génitale féminine
00:22y compris l'excision
00:23ce qui est, je le rappelle,
00:24le fait d'enlever
00:25partiellement ou totalement
00:26le clitoris.
00:27Elle prévoit des peines
00:28de prison pouvant aller
00:29jusqu'à 3 ans
00:30et des amendes
00:31de 1300 dollars
00:32pour toute personne
00:32qui pratique,
00:33qui encourage
00:34ou qui facilite
00:34ses actes.
00:35Elle avait été adoptée
00:36sous la présidence
00:37de Yaya Jamey
00:38après des années
00:38de pression internationale
00:40et de campagne
00:40menée par des ONG gambiennes.
00:42L'objectif du texte
00:43est clair,
00:44protéger les femmes
00:45et les filles,
00:45souvent mineures,
00:46contre une pratique
00:47considérée comme dangereuse
00:48pour leur santé physique
00:49et mentale
00:49avec des saignements,
00:51des infections,
00:51des traumatismes
00:52parfois jusqu'à la mort.
00:55Aujourd'hui,
00:55cette loi est remise en cause
00:56devant la Cour suprême
00:57à la suite d'un recours
00:58déposé par le député
00:59Almame Ghiba
01:00accompagné de militantes
01:01et d'organisations religieuses.
01:03Les plaignants estiment
01:04que cette interdiction
01:05violerait la constitution gambienne,
01:08notamment le droit
01:08à la liberté religieuse
01:09et à la pratique
01:10des traditions culturelles.
01:12Ils demandent donc
01:12tout simplement
01:13l'annulation de la loi
01:14de 2015.
01:15Pourquoi cette remise en cause ?
01:16Alors les opposants
01:17à la loi
01:17s'appuient sur cet ancrage
01:19traditionnel
01:19pour affirmer
01:20que l'État serait allé
01:21trop loin
01:21en pénalisant une pratique
01:22qu'ils considèrent
01:23comme religieuse
01:24ou culturelle,
01:25notamment dans l'islam,
01:26religion majoritaire
01:27du pays.
01:27Mais de nombreux
01:28théologiens musulmans
01:29rappellent en fait
01:30que l'excision
01:30n'est mentionnée
01:31dans aucun texte
01:32fondateur de l'islam,
01:33qu'il s'agit plutôt
01:34d'une pratique culturelle
01:35pré-islamique.
01:36C'est donc un débat
01:37très clivant
01:38et sensible
01:38dans la société gambienne.
01:40Et en réalité,
01:40malgré l'interdiction,
01:41l'excision reste
01:42très largement pratiquée
01:43en Gambie,
01:44en majorité
01:44sur des fillettes
01:45de moins de 5 ans.
01:46Selon l'UNICEF,
01:4773% des femmes
01:49âgées de 15 à 49 ans
01:50ont subi
01:51une mutilation génitale,
01:52ce qui place le pays
01:53parmi les 10 pays
01:54où le taux est le plus élevé.
01:55Mais ce n'est pas
01:56la première fois
01:57que cette interdiction
01:57est remise en cause
01:58ces dernières années,
01:59Juliette ?
02:00Effectivement,
02:01ce n'est pas une première.
02:02En 2024,
02:02il n'y a pas si longtemps,
02:03le Parlement gambien
02:04avait déjà été saisi
02:05d'un projet de loi
02:06visant à légaliser
02:07l'excision
02:08portée par le même député.
02:10Ce texte avait finalement
02:10été rejeté
02:11par les députés
02:12à la suite
02:12d'une forte mobilisation
02:14des organisations
02:15de défense
02:15des droits des femmes
02:16et de la société civile.
02:18Donc après cet échec politique,
02:19les opposants
02:19à l'interdiction
02:20ont changé de stratégie
02:22en saisissant cette fois
02:22la justice
02:23avec l'espoir
02:24que la Cour suprême
02:25leur donne raison
02:26sur le terrain constitutionnel
02:27et les associations
02:28de défense des droits
02:29des femmes
02:30sont à nouveau vent debout
02:31pour protéger
02:31la santé physique
02:32et mentale des filles.
02:34L'été dernier,
02:34la mort d'un bébé d'un mois
02:36a rappelé une nouvelle fois
02:37le danger de ces pratiques
02:38aux Gambiens.
02:39Et je le rappelle,
02:40si la Cour suprême
02:40donnait raison aux plaignants,
02:42la Gambie deviendrait
02:43l'un des rares pays au monde
02:44à revenir en arrière
02:45sur l'interdiction
02:46des mutilations génitales féminines.
02:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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