00:00L'analyse croisée des relevés bancaires du ministère du Tourisme et de l'Artisanat ouvert à la BGFI Banque et à la Caisse des dépôts et consignations du Gabon
00:09met au jour un système structuré de décaissement en espèces et par chèque au profit d'un cercle familial et amical proche du ministre Pascal Ogoï-Siphon.
00:18Au total, les flux cumulés documentés dépassent 10 milliards de francs CFA sans traçabilité conforme aux règles de la comptabilité publique.
00:25Un double circuit bancaire pour contourner les contrôles, DEF en 2023 et relevé du compte administratif logé à BGFI Banque,
00:33révèle une succession de retraits guichets et de chèques de montants élevés, allant de 50 à 400 millions de francs CFA opérés à un rythme soutenu.
00:43Parallèlement, un compte spécial ouvert à la CDC est activé comme second canal de décaissement.
00:48Sur ce compte CDC, entre novembre 2023 et février 2024, les écritures montrent des retraits par chèques nominatifs,
00:55des versements et des retraits d'espèces et des virements concentrés sur les mêmes bénéficiaires.
01:01Libre les répétitifs, sans référence à des marchés, prestations ou services exécutés,
01:06cette duplication des canaux à mécanique m'ont réduit la chance de contrôle ex-hanté et ex-poste.
01:11Les relevés CDC confirment la récurrence des mêmes personnes déjà identifiées côté BGFI.
01:17Parmi les billetteurs et bénéficiaires figurent notamment le directeur du cabinet Christian Johnson Nogula,
01:22le conseiller financier Charles-Joseph Higo, ainsi que d'autres proches collaborateurs et membres de l'entourage.
01:29Les opérations portent leur nom à de multiples reprises sur des périodes rapprochées,
01:33parfois le même jour, pour des montants cumulés et significatifs.
01:36En 2025, la centralisation de faits de la gestion des décaissements par la belle-sœur du ministre
01:41en qualité de secrétaire du cabinet achève de dessiner une confusion d'intérêts manifestes,
01:46contraire au principe de séparation des fonctions et de contrôle interne.
01:51Loin d'être ponctuel, les pratiques se prolongent entre 2024 et 2025.
01:56Les relevés CDC de juin à août et de septembre à novembre 2025 font apparaître des séries de chèques encaissés
02:01et de retraits de quelques centaines de milliers à plusieurs dizaines de milliers de francs CFA
02:06entrecoupés de frais techniques.
02:08Là encore, aucune justification n'apparaît quant à l'objet des paiements.
02:12Les flux cumulés CDC ajoutés à ceux de BGFI banque portent le total documenté
02:16au-delà de 10 milliards de francs CFA sur la période observée.
02:20Des manquements caractérisés à la dépense publique.
02:23Au regard des règles applicables, soit ordonnance préalable,
02:27justification du service se fait, contrôle du comptable,
02:30ces opérations constituent des indices concordants de détournement,
02:33usage massif d'espèces, chèques nominatifs répétés au profit d'un cercle restreint,
02:38absence de pièces probantes et montage à double guichet.
02:42Au-delà des responsabilités individuelles, CFA interroge la chaîne de contrôle,
02:46la diligence des banques teneuses de comptes et l'effectivité des audits.
02:50Les documents bancaires établissent une réalité chiffrée et structurée,
02:53un système des bénéficiaires récurrents ayant préjudice majeur pour l'État gabonais
02:58et pour les politiques publiques du tourisme et de l'artisanat.
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