00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Toujours avec Sébastien Ligné de Valeurs Actuelles et Antonin André du Journal du Dimanche,
00:09Emmanuel Macron lance officiellement la construction du porte-avions qui remplacera le Charles de Gaulle.
00:13Écoutez, le Président de la République a annoncé hier aux Émirats Arabes Unis cette construction d'un nouveau navire.
00:19À l'heure des prédateurs, nous devons être forts pour être craints et en particulier forts sur les mers.
00:25Voilà pourquoi, conformément aux deux dernières lois de programmation militaire, j'ai décidé de doter la France d'un nouveau porte-avions.
00:33La décision de lancer en réalisation ce très grand programme a été prise cette semaine.
00:38Ce chantier va directement irriguer notre économie et les 800 fournisseurs, dont 80% sont des PME, impliqués dans la construction.
00:47Ce nouveau porte-avions sera l'illustration de la puissance de notre nation, puissance de l'industrie, de la technique,
00:53puissance au service de la liberté sur les mers et dans les remous du temps.
00:58Le général Pierre Devilliers, ancien chef d'état-major des armées, a estimé qu'il faut régler la guerre en Ukraine par la diplomatie.
01:04Il n'y a pas de solution militaire à ce conflit. Je vous rappelle qu'il y a des journées à mille morts.
01:09Il y a une solution diplomatique à trouver et je me réjouis que la porte ait été ouverte avec l'accélérateur président Trump incontestablement.
01:19Et j'espère que l'on va au moins aboutir à un cessez-le-feu qui permettra d'arrêter le massacre et ensuite de trouver un plan de paix.
01:27Ce plan de paix doit être juste, notamment sur les territoires.
01:30Emmanuel Macron fait œuvre de service comme la France l'a toujours fait.
01:34La France est un des rares pays au monde capable de parler à peu près à tout le monde.
01:38Et je me réjouis de voir Emmanuel Macron dans cette optique de paix.
01:42Ça n'a pas toujours été le cas.
01:43Et il y a un danger très important dans la guerre.
01:45C'est l'élargissement du conflit.
01:47On ne sait jamais. Un dictateur ne recule jamais dans un tunnel.
01:50Voilà. Le général Pierre Devilliers qui parle de la guerre en Ukraine et de la France qui est toujours osaguée, bien sûr, de ce qui se passe dans ce conflit entre la Russie et l'Ukraine.
02:00Dans un timing aussi où le Kremlin a dit qu'il était prêt à dialoguer à nouveau avec Emmanuel Macron.
02:08C'est quelque chose qui ne s'est pas passé depuis assez longtemps.
02:11Les négociations sont maintenant bilatérales quasiment entre le Kremlin et les Etats-Unis avec de temps en temps les Ukrainiens qui sont à table.
02:19Et il y a un timing aussi avec le budget puisqu'on vient d'en parler avec Laurent Jacobelli.
02:24C'est-à-dire que si on rentre dans une loi spéciale, il n'y aura pas forcément un budget supplémentaire pour les armées.
02:29Alors qu'on a là la construction d'un nouveau porte-avions.
02:33Pas tout de suite. Pas tout de suite. Je vous vois tiquer Sébastien Ligné.
02:37Mais disons que ça prévoit quand même.
02:40Il y a une annonce qui arrive dans ce timing. C'est ça que je voulais dire.
02:43Exactement. Surtout que c'est une annonce qui n'en est pas une puisque la première fois qu'Emmanuel Macron a annoncé ce nouveau porte-avions, c'était en 2018.
02:51Et ce même porte-avions est prévu dans la programmation militaire depuis deux ans maintenant.
02:57Donc porte-avions a un peu plus de 10 milliards d'euros.
03:00Donc de toute manière, la loi spéciale ne change pas rien en fait que ce porte-avions est déjà inclus dans les prévisions budgétaires des dépenses militaires.
03:08Écoutez, on va se réjouir du fait que la France se réarme enfin et qu'il y a enfin une volonté au plus haut sommet de l'Etat de se réarmer.
03:16Maintenant la question c'est un, pourquoi ne l'avoir fait pas plus tôt ?
03:19On parlait de M. Pierre de Villiers qui, rappelez-vous, avait claqué la porte lorsqu'il était chef d'état-major des armées.
03:25Justement parce qu'à l'époque, Emmanuel Macron avait évoqué l'idée de baisser de 850 millions d'euros le budget de la défense.
03:32Il est parti pour 850 millions, oui.
03:34Et Pierre de Villiers avait alerté sur le fait que c'était une erreur stratégique immense de baisser plutôt le budget de la défense.
03:41Et puis surtout, le deuxième gros point d'interrogation c'est, se réarmer très bien, mais comment ?
03:46Parce que j'entends des phrases, j'entends des formules dans la bouche de certains macronistes depuis quelques mois qui me font un petit peu tiquer.
03:53Quand j'entends parler d'armée européenne, quand j'entends parler de défense européenne,
03:57quand j'entends M. Breton il y a quelques heures seulement parler, évoquer l'hypothèse de créer des sous-marins et des porte-avions sous pavillons européens,
04:08ce qui est un non-sens absolu, parce que pour avoir un pavillon il faut avoir un État, et l'État européen n'existe pas jusqu'à preuve du contraire,
04:14je m'inquiète parce que je pense qu'une défense européenne n'a absolument aucun sens.
04:18Mais M. Draghi voudrait un État européen ?
04:20Bien sûr, la souveraineté nationale c'est quelque chose de très important et ça passe notamment par la défense.
04:26Et la défense européenne ça doit être chaque État européen individuellement qui se réarme,
04:31ce que fait très bien la Pologne ou ce que fait très bien l'Allemagne en ce moment.
04:34Donc par pitié pas d'armée européenne et encore moins de futurs porte-avions français qui seraient finalement partagés entre les puissances européennes.
04:42Il avait été question d'un deuxième porte-avions à une époque plus lointaine, avant 2017,
04:47qui était co-construit avec les Britanniques avant qu'ils ne sortent de l'Europe.
04:52Bon, c'est un projet qui a été avorté, mais là encore les mêmes questions se posaient, les questions de la souveraineté.
04:59Et je vous rejoins absolument sur le fait qu'une armée française doit rester une armée française
05:04et j'ai du mal à voir ce que pourrait être une armée européenne.
05:07Antoine André ?
05:08Ce qui est dramatique, c'est qu'on paye en fait un désarmement français depuis de nombreuses années.
05:16Souvenez-vous de la phrase de Fabius, les subsides de la paix,
05:19et on a baissé ce budget de la défense pendant des années.
05:22On a laissé quand même cette armée à la dérive, on a vendu les casernes.
05:24Aujourd'hui on veut les racheter pour pouvoir faire le service national.
05:28L'armée a été la grande sacrifiée des années 80-90.
05:32On se contentait d'entretenir l'armée nucléaire.
05:36Le service militaire, évidemment, a enclenché cette phase de désarmement de la France.
05:41Emmanuel Macron était parti pour faire la même chose et finalement il s'est repris sous les changements géopolitiques internationaux.
05:48Ce qui est inquiétant, c'est que tout ce qu'on fait là, c'est du retard que l'on rattrape.
05:52Y compris sur le porte-avions qui effectivement avait été annoncé depuis des années déjà.
05:55Alors, félicitons-nous que ce soit le cas.
05:57Quant à une armée européenne, évidemment, ça n'existe pas.
06:02Il y a des programmes européens qui peuvent être éventuellement lancés, mais on voit bien que c'est difficile.
06:07Des coalitions, comme on a eu au Kosovo.
06:09Non mais il y a un programme par exemple d'avions de combat franco-allemands.
06:12Vous savez que ça va être très compliqué.
06:15Ce sera très compliqué et c'est compliqué notamment parce que lorsque vous produisez une arme, vous en gardez la maîtrise.
06:21Quand les Américains vendent des avions F-35 ou F-16 à les pays européens, ils les brident.
06:27Et surtout, ils ont un droit de regard sur l'engagement de ces armes-là.
06:33Donc par définition, une armée qui n'est pas rattachée à un État, ça n'existe pas.
06:37Parce que les armes qui vont avec sont toujours sous la maîtrise de celui qui les a vendus.
06:40Parlons d'une armée européenne et on extrapole un petit peu une géopolitique et une diplomatie européenne.
06:47Ça voudrait donc dire que tous les États membres soient d'accord sur la marche à suivre.
06:52Si vous prenez le conflit ukrainien, je ne suis pas certain que tous les États membres européens
06:55soient sur la même ligne de crête sur la question de la résolution du conflit ukrainien.
06:59Moi, dans mes jeunes aînés du service militaire, j'ai connu une coalition.
07:03En l'occurrence, on était 5000 Français envoyés au Kosovo.
07:06Et au Kosovo, il y avait une coalition également avec les Américains.
07:10Également avec les Marocains, pas que des pays européens.
07:15Et ça fonctionnait très bien.
07:16Oui, mais ça, c'est des opérations ponctuelles.
07:17Ce sont des opérations extérieures, sous mandat de l'ONU, souvent.
07:21Là, en l'occurrence, c'était l'OTAN également.
07:23Et ça marchait plutôt très bien.
07:25De là à faire une armée européenne, on est en train de gloser sur quelque chose qui n'est pas forcément utile.
07:32Merci.
07:33Merci.
07:34Merci.
07:35Merci.
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