00:00et leur donner les moyens d'agir.
00:03Vincent Parizeau, RTL Soir.
00:06Et l'invité d'RTL Soir en ce vendredi est donc la sœur et avocate de Frédéric Péchier,
00:11l'ancienne anesthésiste de Besançon,
00:13condamnée hier matin à la réclusion criminelle à perpétuité
00:16pour avoir empoisonné 30 patients,
00:18entraînant la mort de 12 d'entre eux.
00:21Bonsoir Julie Péchier.
00:22Bonsoir.
00:23Merci d'être avec nous ce soir sur RTL.
00:25Avant de revenir avec vous sur ce procès et sur la défense de votre frère,
00:31on a appris ce matin qu'il a déposé une demande de mise en liberté
00:34dans l'attente de son procès en appel.
00:37Est-ce que vous espérez qu'il l'obtienne ?
00:39Est-ce que vous y croyez malgré la peine à perpétuité quand même
00:43à laquelle il a été condamné ?
00:45Alors écoutez, oui je vous confirme qu'on a déposé une demande de remise en liberté
00:51le jour même.
00:53Évidemment on y croit.
00:55Sinon on ne l'aurait pas fait.
00:57Et on espère que Frédéric puisse comparaître libre pour ce procès en appel.
01:03D'autant qu'il a jusqu'à présent toujours scrupuleusement respecté son contrôle judiciaire
01:09et il s'est maintenu jusqu'au bout à disposition de la justice.
01:14Donc oui, on y croit et on espère que cette demande va aboutir.
01:17Mais qu'est-ce qui pourrait motiver pour la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon
01:23de prendre une décision de remise en liberté ?
01:26Alors on a un appel qui est en cours.
01:29Le débat sur la remise en liberté de Frédéric le temps que cet appel soit statué
01:35concerne les garanties de représentation.
01:38et il ne concerne pas le fond du dossier qui a réévoqué devant la cour d'appel.
01:44Voilà, donc aujourd'hui la situation de Frédéric n'a pas changé de celle qui a justifié
01:50qu'on l'ait laissé libre jusqu'à présent et jusqu'à son procès.
01:57Alors je rappelle, vous êtes sa sœur, mais également on l'a compris, son avocate.
02:02Ça c'est quand même très rare pour ne pas dire inédit.
02:05Expliquez-nous pourquoi vous avez dû défendre votre propre frère ?
02:11Alors ce que je peux vous dire, c'est que ça n'a été ni un choix de confort,
02:15ni un choix affectif, mais plutôt un choix de nécessité
02:19qui a été imposé par le départ de notre confrère Tech Unmite
02:24à l'issue de la première semaine des débats.
02:27Vous savez qu'il était convenu que je n'intervienne qu'à titre d'aide technique
02:31sur ce dossier que j'ai travaillé durant des années avec Frédéric
02:36et il n'était évidemment pas prévu initialement
02:40que je puisse intervenir dans le cadre des débats.
02:43Effectivement, vous étiez trois.
02:45Il y avait Maître Schwerdorfer, Maître Tachlinwit
02:48et puis vous effectivement pour les assister.
02:51Et donc, Lee Tachlinwit a jeté l'éponge.
02:57Qu'est-ce qui s'est passé ?
02:58Alors, contrairement à ce que j'ai pu lire dans la presse,
03:00Maître Tachlinwit n'a pas jeté l'éponge de lui-même.
03:04Il a été écarté parce que très rapidement,
03:07il est apparu qu'il ne maîtrisait pas le niveau de technicité de ce dossier.
03:12Et dans un procès d'assises de cette ampleur,
03:14ça n'était juste pas possible.
03:15Et Frédéric, effectivement, a assez rapidement souhaité mettre un terme à sa collaboration
03:22avec ce confrère.
03:23Qui se défend, qui dit qu'il y avait des dissensions au sein de l'équipe de défense.
03:28Et il dit que vous étiez parti pour perdre.
03:32Je l'éluge.
03:33Alors, je vais vous dire, il n'y a jamais eu de dissension sur la stratégie de fonds
03:37entre Maître Schwerdorfer et moi-même.
03:38Par contre, ce qui est certain, c'est qu'il y avait une exigence commune
03:42qui était celle d'une défense sérieuse, préparée et techniquement solide.
03:46Et cette exigence n'a malheureusement pas été compatible avec l'investissement
03:50que Maître Tachlinwit a été en mesure de mettre dans ce dossier.
03:55Voilà, qui est un dossier très clairement chronophage et pour un cabinet.
04:00Il n'y avait pas de dissension, j'allais dire, sur le fait que vous alliez demander l'acquittement ?
04:07Non, non, il n'y a jamais eu de dissension sur ce point-là.
04:10Quant à dire que nous étions partis pour perdre,
04:13je trouve la formule un petit peu commode et en tout cas totalement erronée.
04:18On était partis pour défendre.
04:20Et malgré ce coup dur, dès l'ouverture des débats, c'est ce que nous avons fait.
04:24En grande partie, d'ailleurs, mon confrère Schwerdorfer,
04:26qui a été contraint de tenir cette défense quasiment tout seul pendant trois mois et demi.
04:30Et je peux vous dire qu'aujourd'hui, la famille Péchier lui en est infiniment reconnaissante.
04:34Et pourtant, il a été très critiqué, maître Schwerdorfer, sur cette défense.
04:38Côté parti civil, par exemple, on a entendu maître Bernard qualifier sa défense de défense immonde.
04:44Qu'est-ce que vous en dites ?
04:46On est encore, pour moi, dans l'élément de langage.
04:50Je crois que lorsqu'on qualifie une défense d'immonde, on ne critique pas une stratégie.
04:54On cherche à la disqualifier moralement.
04:56Alors, moi, je crois que la défense, elle n'est jamais immonde lorsqu'elle exerce un droit fondamental,
05:01qui est celui de contester une accusation ou de pointer les failles d'un dossier.
05:05Vous savez, les débordements et l'agressivité auxquels ont donné lieu les interrogatoires de Frédéric pendant ce procès,
05:11ou entendre dire qu'il aille crever en prison de la part de certains confrères dans leur plaidoirie de partie civile.
05:18Honnêtement, c'était vraiment raide à entendre.
05:20Et en tout cas, je n'ai pas trouvé que ça donnait une image particulièrement digne de notre profession.
05:28Pour autant, vous allez continuer à le défendre dans l'appel qui doit avoir lieu, on le rappelle, dans moins d'un an.
05:35Alors oui, on a le jour même immédiatement relevé appel de cette décision.
05:39Ce n'était pas une surprise, c'était attendu.
05:42C'était indispensable pour permettre un réexamen serein de ce dossier.
05:46Et oui, évidemment, je serai aux côtés de mon frère.
05:50À quel titre pour l'instant, je n'en sais rien.
05:53Mais a priori, cette fois, il ne sera pas nécessaire que j'intervienne en tant que conseil.
05:57Mais de toute façon, aux côtés de votre frère en tant que sœur,
06:01on a beaucoup dit que la famille était aussi ce qui avait permis à Frédéric Péchier de tenir sa ligne.
06:12La famille est présente.
06:13Ce que je peux vous dire, c'est que la famille, les amis, en fait, Frédéric, il a beaucoup de monde autour de lui.
06:20On est présents, on est convaincus et on ira jusqu'au bout avec lui et on le soutiendra jusqu'au bout dans cette épopée judiciaire.
06:29Il est en prison, votre frère, depuis hier soir.
06:32Il a donc passé sa première nuit derrière les barreaux.
06:36Vous savez comment il va ?
06:37Alors, je ne sais pas comment il va.
06:40Ce que je peux vous dire, c'est qu'on s'attendait à ce verdict.
06:45Frédéric y était préparé.
06:47Pour autant, ça reste un énorme coup de massuche.
06:51Je n'ai pas encore pu le voir, mais je sais qu'il va s'accrocher et qu'il va continuer à se battre.
06:58Et vous, alors ? J'imagine que vous aussi, vous vous prépareriez à ce verdict ?
07:04Oui.
07:05Écoutez, moi, je suis fatiguée, mais je reste déterminée aussi.
07:09Vraiment déterminée.
07:10Ce qui est sûr, c'est que c'est un procès qui m'a profondément marquée comme soeur et comme avocate.
07:15Mais je sais pourquoi je me bats.
07:17Et Frédéric peut compter sur mon soutien indéfectible.
07:20Vous vous battez contre une erreur judiciaire ?
07:22Je me bats contre une erreur judiciaire.
07:24Merci beaucoup d'être intervenue ce soir sur RTL, Julie Péchier.
07:28Je vous en prie.
07:29Entretien exclusif RTL réalisé grâce à Planar Adénovitch du service Police Justice.
07:35Courte aux posées, dans un instant, vos deux tentations week-end.
07:38Au Grand Bornon avec la folie biathlon.
07:40Et à Grenoble avec une souris bientôt centenaire.
07:43A tout de suite.
07:45Suivez RTL en vidéo sur RTL.
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