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  • il y a 7 mois

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Transcription
00:00Si la justice a été rendue, les faits étaient graves, la décision en regard est adaptée,
00:08donc on ne peut pas se réjouir de la condamnation d'un homme,
00:12mais il y a une forme de sérénité pour l'instant qui s'installe, on va dire ça comme ça.
00:18C'est un aboutissement pour vous ce verdict ? Vous parlez de sérénité,
00:21certaines victimes ont parlé de libération, voire même de réparation ?
00:26C'est un aboutissement, on ne peut pas encore le dire,
00:28puisqu'on sait depuis hier qu'on n'a fait que la moitié du chemin.
00:33Mais c'est une première étape vers l'obtention de réponses, on va dire ça comme ça.
00:40L'affaire Pêcher, c'est une affaire exceptionnelle à plusieurs points de vue,
00:44parce qu'elle s'est notamment déroulée dans une clinique, là où d'habitude on soigne les gens.
00:49Est-ce que votre regard sur les médecins a changé ?
00:52Non, pas du tout.
00:53D'ailleurs, il ne faut pas que le regard sur les médecins change,
00:56il va falloir retrouver cette confiance, ce que plaidait mon avocat.
01:03Chaque personne qui ira se faire endormir probablement aura cette pensée.
01:07De la même manière, moi j'aime bien comparer ça au drame qu'il y avait eu avec le crash de la German Airwings.
01:12Il y a des pilotes qui crachent des avions, visiblement il y a un anesthésiste qui a empoisonné des patients.
01:18C'est un cas, une exception, c'est rarissime, exceptionnel, tout ce qu'on veut.
01:23Et ça n'est pas, comment dire, c'est quelque chose qu'on devra envisager maintenant, c'est ce qu'on disait.
01:29Mais ça reste du domaine de l'extrême exception.
01:35Vous parlez de confiance, vous, vous exercez toujours votre métier avec confiance ?
01:39Oui, bien sûr, bien sûr, bien sûr.
01:41La douleur des soignants, c'est quelque chose qui a été révélé en quelque sorte pendant ce procès ?
01:45Quelles ont été les conséquences de la faire pécher pour vous ?
01:48On parle du point de vue professionnel, mais du point de vue personnel aussi.
01:51C'est difficile à dire.
01:53Du point de vue professionnel, la Clinique Saint-Vincent a, dès 2017, modifié les conditions d'exercice pour majorer la sécurité.
02:04Mais Maître Duchesse avait dit ça aussi lors des plaidoiries.
02:07On sait bien qu'aucun système n'est infaillible.
02:10Et encore une fois, du coup, ça boucle sur la confiance.
02:12Il y a cette nécessaire confiance au sein des équipes médicales et paramédicales, dans le travail et ensemble en tout cas.
02:19D'un point de vue personnel, on a du mal à imaginer qu'il puisse y avoir ce type de règlement de compte
02:28et que ça puisse se faire par ce biais-là, en tout cas, et surtout pour des motifs qui sont futiles.
02:34Vous le soulignez, ça reste exceptionnel selon vous.
02:37Vous travaillez toujours comme anesthésiste à la Clinique Saint-Vincent.
02:41Comment cette affaire a changé justement le fonctionnement de la clinique ?
02:46Est-ce qu'il y a eu des changements ?
02:47Il y a eu des changements un petit peu sur le fond, c'est-à-dire dans le terme de sécurisation des blocs,
02:51l'accès aux blocs opératoires a été modifié, la sécurisation des produits d'anesthésie,
02:57le circuit du médicament, ce qu'on appelle ça dans le jargon, a été également sécurisé.
03:02Après, il y avait déjà une culture de la sécurité à Saint-Vincent, on l'a vu au travers du procès.
03:07Les EIG étaient déjà déclarés, combien même ce n'était pas encore une obligation légale.
03:12Les événements indésirables graves.
03:14Pour moi, c'est devenu le quotidien.
03:18Il y avait déjà cette culture de la déclaration, il y avait déjà les RMM, les revues de morbid mortalité,
03:24qui sont l'analyse des faits a posteriori pour essayer d'en tirer des enseignements, ça existait déjà.
03:29Mais les poches étaient accessibles, Frédéric Péchy a pu avoir accès à ces poches pour les polluer.
03:33Est-ce que c'est encore le cas ? Est-ce qu'on peut encore avoir accès en tant qu'anesthésiste à des poches,
03:37par exemple, d'une opération qui ne nous concerne pas ?
03:40En journée, c'est toujours possible, parce que vous imaginez bien qu'il y a un moment où il faut qu'on puisse travailler quand même.
03:44Ce serait bien que ce ne soit pas contre-productif, qu'il ne faille pas passer 35 portiques de sécurité
03:50pour avoir accès à une poche de perfusion, ce qui est notre outil de base.
03:54Donc, c'est sécurisé dans le parcours, c'est sécurisé dans le stockage.
03:58Après, en journée, il y a un accès libre à ces poches de perfusion.
04:03Et voilà, c'est ce qui restera probablement peut-être un biais,
04:07mais il y a aussi la vigilance des professionnels de santé qui est aussi accrue.
04:12Je pense que maintenant, rentrer dans une salle qui n'est pas la sienne et injecter des produits à un patient,
04:17ça va poser question, ce qui n'était pas forcément le cas à l'époque.
04:20Il y aura moins peut-être une toute puissance de certains médecins qui se permettent justement d'intervenir sur des patients qui ne sont pas les leurs ?
04:26Oui, je pense que ce sera moins possible, effectivement.
04:30Est-ce qu'il y aura aussi un contrôle renforcé ?
04:33Vous parlez de ces poches de perfusion auxquelles on peut avoir accès et c'est normal en tant que médecin.
04:37Est-ce qu'il y aura peut-être des contrôles de surveillance plus fréquents ?
04:41Alors, ce n'est pas prévu comme ça, je ne crois pas.
04:45On a une procédure qui se met en place en cas d'IG, qui soit expliquée ou inexpliquée.
04:53Et puis ensuite, on déroule une checklist avec la séquestration.
04:59Mais je ne crois pas, il y a eu en 2017, au tout début de l'affaire, des contrôles un peu à l'aveugle comme ça.
05:04Et là, ce n'est pas prévu de recommencer, je ne crois pas.
05:08Merci Anne-Sophie Ballon.
05:09On le rappelle, vous êtes médecin anesthésiste à la Clinique Saint-Vincent.
05:13Et c'est vous qui avez relancé l'enquête policière en 2017.
05:16Merci à vous et bonne journée.
05:17Merci à vous aussi.
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