- il y a 5 mois
Retrouvez "Champions !" du sport au business avec Frédéric Brindelle et Thomas Binet, tous les samedis à 20h sur Sud Radio.
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SportTranscription
00:00Sud Radio, le magazine des champions, Frédéric Brindel, Thomas Binet.
00:07Bonsoir à tous ces champions du sport au business.
00:10Chaque samedi sur Sud Radio, elle fait partie des basketteuses multimédaillées de l'équipe de France.
00:16Une hélière intraitable tant en attaque qu'en défense.
00:19Notre invité, Diandra Chachuang.
00:23C'est une des joueuses les plus emblématiques du basket français.
00:27Diandra Chachuang compte près de 70 élections avec les bleus.
00:30Et trois médailles d'argent au championnat d'Europe.
00:32Depuis un an, elle est revenue à ses premières amours.
00:35Après une parenthèse à Bourges, elle a retrouvé le BLMA.
00:39Un retour en fanfare, elle vient de boucler une saison hors du commun.
00:43Diandra Chachuang !
00:44Diandra Chachuang !
00:47Diandra Superstar dans ce match !
00:50Christine Aki, défendu par Diandra Chachuang.
00:52Oh, c'est le front du genou noir !
00:55C'est le scotch du genou noir des ces dames !
00:58Oui, c'est un mois.
00:59Les françaises qui se qualifient pour Tokyo.
01:02Ma médaille de bronze qu'on a obtenue avec l'équipe de France de basket
01:07aux derniers Jeux Olympiques de Tokyo.
01:10Donc elle est là, elle est réelle, elle est bien lourde.
01:13On va le rappeler, 11 saisons en Ligue féminine,
01:16107 sélections en équipe de France.
01:18Diandra Chachuang parlera avec elle de toute sa belle actualité.
01:21Bonsoir Diandra Chachuang !
01:25Bonsoir !
01:26Ça fait plaisir, on entend Nicolas Bayou,
01:29notamment, il y a ce fameux acte de défense,
01:33je vous présentais tout à l'heure en disant tant en attaque qu'en défense,
01:36c'est que de souvenirs.
01:39Oui, ça replonge dans un passé pas si lointain.
01:42Pas si lointain, effectivement.
01:44Médaillée de bronze olympique, quadruple championne d'Europe et amoureuse de votre Seine-Saint-Denis-Natal.
01:49Oui, le 93, c'est aussi votre numéro de maillot et désormais le lieu de votre association de quoi ?
01:56Faire dunker notre expert entrepreneurial.
01:58Bonsoir Thomas Binet.
01:59Bonsoir Frédéric, bonsoir Diandra et bonsoir à toutes et à toutes.
02:02Est-ce que c'est le dunk ?
02:03Pas du tout.
02:04C'est le match.
02:04Mais c'est pour ça qu'on est deux dans l'émission, voyez-vous.
02:08C'est ça.
02:10Diandra Chachouang, médaillée olympique de basket, vainqueur du championnat et de la Coupe de France avec Bourges et Montpellier,
02:16créatrice d'associations philanthropiques, d'abord de Studio Hall, puis désormais de Take Your Shot à la Courneuve.
02:23Vous êtes notre championne du sport au business.
02:26Sud Radio, le magazine des champions.
02:29Diandra, c'est le relais, le premier rendez-vous de l'émission.
02:32Une série de questions qui fait le lien entre votre carrière de sportive et votre parcours.
02:37Citoyenne, on peut l'appeler comme ça.
02:39Vous êtes attachée à la Seine-Saint-Denis et à votre premier club de la Courneuve,
02:43comme Mbappé a bondi par exemple et comme tant d'autres sportifs.
02:46Quand on a grandi dans ce département, on devient un sportif plus solide ?
02:50Je pense que oui, après ça dépend forcément des parcours.
02:54Je pense que pour beaucoup, lorsqu'on a rejoint le haut niveau, on est parti assez tôt de la maison.
02:58Moi, pour ma part, je suis parti à 12 ans.
03:00Mais malgré tout, je suis toujours retournée régulièrement voir la famille, mais aussi les amis, mon club formateur.
03:10Donc oui, on se construit en étant solide parce qu'effectivement...
03:13Ce n'est pas toujours facile.
03:14Ce n'est pas toujours simple.
03:16C'est pour moi la Seine-Saint-Denis un territoire qui n'est souvent pas décrit de la bonne façon par les médias.
03:23Et c'est vrai que de pouvoir en parler positivement, j'ai trouvé que c'était une chance.
03:27Et oui, donc très tôt, il a fallu répondre un petit peu à toutes ces personnes qui pointaient du doigt l'endroit où je suis née.
03:38Et c'est ce que vous avez fait, Diandra.
03:40Ces quatre finales européennes perdues avec l'équipe de France vous laissent quelles émotions au quotidien ?
03:46C'est quelque chose...
03:49On passe au-dessus, mais j'ai envie de dire, on vit avec.
03:53Après, il faut relativiser.
03:54Ça reste du sport et ça reste surtout une chance qu'on a eue d'être dans les positions dans lesquelles on a pu être avec l'équipe de France.
04:04Mais c'est quand même...
04:04Voilà, quatre finales perdues finalement, c'est très près d'être quatre titres en plus.
04:09Donc ce n'est pas rien.
04:10Est-ce qu'il y a plein de pays qui n'ont jamais fait de finale européenne non plus ?
04:14C'est sûr, on pourrait le voir de cet angle-là.
04:17Mais en tant que compétitrice, forcément, on a envie de tout gagner dès que c'est possible.
04:22Et surtout quand on est aussi proche.
04:24Donc c'est forcément beaucoup de regrets sur le coup.
04:26Mais c'est aussi de la remise en question.
04:28Essayer de voir ce qui ne va pas pour essayer de faire mieux à la fois d'après.
04:31Et puis au basket, on a souvent un rythme qui est assez intense avec jusqu'à deux voire trois matchs par semaine des fois.
04:41Donc on n'a pas trop le temps de cogiter.
04:43Il faut vite passer à l'action suivante.
04:46Et c'est aussi ça qui fait notre force.
04:48Diandra Chachouang, place à vos engagements entrepreneuriaux dans le monde associatif avec notre expert Thomas Binet.
04:54Oui, Diandra, dans le Champion, tous les samedis soir, on demande à nos invités de pouvoir nous présenter leur projet entrepreneurial et leurs problématiques.
05:04S'ils en ont une, vous allez disposer d'une minute si vous en êtes d'accord.
05:08Notre réalisateur, Quentin, va vous envoyer un petit son, c'est un chrono dans vos oreilles.
05:12Et puis à la fin de la minute, vous aurez un petit gong.
05:14Voilà. Est-ce que vous êtes prête ?
05:15Oui.
05:16Alors c'est parti, c'est pour vous.
05:17Alors du coup, j'ai créé l'association Studion 93 il y a six ans maintenant.
05:23Ça fait presque dix ans qu'on a des actions.
05:25On intervient auprès des jeunes filles âgées de 11 à 15 ans pour promouvoir la pratique sportive, le basket, mais pas que.
05:31Les engager un peu plus sur le terrain.
05:33On sait qu'elles sont de plus en plus sédentaires.
05:35C'est l'adolescente.
05:37Je me revois en elles.
05:38Et puis il y a quelques années, bientôt deux ans, on a créé une école qui s'appelle Take Your Shot The School.
05:44On accompagne des jeunes femmes inactives âgées de 16 à 25 ans.
05:48Elles sont inactives académiquement et professionnellement.
05:50Professionnellement, elles nous viennent pour certaines des missions locales des mairies, de l'aide sociale à l'enfance.
05:57Pour la plupart, elles ont des parcours très difficiles et on les accompagne, nous, au quotidien, du lundi au vendredi, de 9h à 16h,
06:03sur des cours qui vont leur permettre de reprendre confiance en elles.
06:07Des séances de sport, forcément, pour les faire sortir de leur zone de confort.
06:11Et puis surtout, leur faire prendre conscience de leur capacité, les accompagner vers ce chemin de la réinsertion.
06:17Et pile une minute.
06:19Alors là, vraiment, bravo Diandra.
06:22Bien, dans ces cas-là, une fois que les données du problème sont posées, on ouvre la feuille de match.
06:28Avec vous, Thomas Binet, donc, Diandra Chachouang s'investit dans l'encadrement des jeunes filles de banlieue en Seine-Saint-Denis
06:36avec ses associations Studio Hall et désormais Take Your Shot.
06:41L'objectif, évidemment, Thomas, c'est de faire connaître cette association.
06:46Comment marchent aujourd'hui les associations pour vivre ?
06:49Vous m'en ferez deux heures, quatre copies doubles ?
06:53Eh oui !
06:53Non, c'est un vrai sujet, Frédéric.
06:55Parce que, bon, ça n'a échappé à personne qu'on est en période budgétaire très tendue.
06:59C'est pour ça.
06:59Que la plupart des associations dépendent des pouvoirs publics, donc de subventions.
07:04Et évidemment, l'ensemble des décideurs des subventions sont en train de regarder de droite, de gauche,
07:09ce qui est utile ou pas utile.
07:11Alors, en soi, c'est peut-être un toilettage quelquefois nécessaire.
07:13Parce qu'il y a des associations qui n'arrivent pas à obtenir de subventions alors qu'elles le mériteraient.
07:17Et d'autres, peut-être, qui ont des subventions.
07:19Il faut se poser la question de savoir comment elles l'utilisent aussi.
07:22C'est important.
07:23Mais la vérité aussi, derrière tout ça, c'est qu'aujourd'hui, on a un périmètre économique qui est très compliqué
07:28et que les associations ont beaucoup de mal à faire vivre les causes pour lesquelles elles se défendent.
07:33Donc, c'est un marché.
07:34Si on peut parler de marché dans ce domaine-là, parce que c'est paradoxal quand même.
07:37On n'est pas dans une démarche de mercantile.
07:39Mais c'est quand même un domaine qui est extrêmement tendu aujourd'hui.
07:42Et effectivement, il y a un gros problème de ressources.
07:44Diandra Chachwang, comment fonctionnez-vous aujourd'hui ?
07:48Avec quel financement ?
07:50J'imagine que c'est toujours un problème d'avoir assez.
07:53Oui, c'est sûr.
07:54Thomas l'a bien expliqué.
07:55Aujourd'hui, on repose beaucoup sur les pouvoirs publics à travers des subventions.
08:00Des subventions qui ne sont pas pérennes dans le temps,
08:03puisque c'est souvent sous forme d'appels à projets.
08:08Donc, on candidate.
08:10Il y en a qu'on renouvelle pour la troisième, quatrième année.
08:12Auprès des institutions, ça peut être le conseil départemental, etc.
08:16Exactement.
08:17La mairie, le conseil départemental, ça peut être le conseil régional.
08:21Et donc, du coup, on n'a pas la garantie,
08:23même si au fil des années, les administrations connaissent un petit peu ce qu'on prône avec l'association.
08:30On n'a pas la garantie que ce sera conduit d'aller en année.
08:33Et c'est vraiment ça, pour nous aujourd'hui, la difficulté de ne pas pouvoir se projeter dans le temps sur un projet aussi important.
08:41Parce que pour une association, c'est rare d'accompagner au quotidien.
08:44Et c'est vraiment notre cas.
08:45Ça a été un gros step, une grosse étape pour nous de passer sur ce format-là d'école.
08:51On parle d'école parce que, comme je vous le disais, on est actifs du lundi au vendredi, toute la journée.
08:56Et on accompagne des profils qui ont de lourdes difficultés.
09:01Ce n'est pas une petite charge que vous vous imposez.
09:04Thomas Binet, en même temps, quand on s'appelle Diandra Chachwang, international de basket, etc.
09:10C'est un bon départ ?
09:12On permet de capitaliser autour d'une image.
09:14Après, il faut savoir l'utiliser.
09:15C'est comme tout, avoir les moyens de l'utiliser.
09:17Il faut une équipe.
09:17On est dans une situation, je reviens sur mon propos de l'instant, on n'a pas beaucoup de moyens.
09:22On ne peut même pas se projeter d'une année sur l'autre.
09:25C'est la difficulté que Diandra vient de nous expliquer.
09:27Donc, ça veut dire qu'on a un budget, on doit être attentif à son utilisation.
09:32Donc, même prendre de l'argent pour faire de la communication, c'est des choses, on se réfléchit à deux fois.
09:37Cet argent que vous allez mettre en communication, Frédéric, c'est autant d'argent qu'ils ne vont pas aller sur des jeunes filles.
09:41Donc, c'est des arbitrages en permanence.
09:45Quand on est étriqué, on est étriqué au niveau budgétaire.
09:47Donc, en fait, la solution, on va essayer de l'aborder en quelques instants.
09:50Oui, parce que vous avez potassé comme d'habitude, vous avez des propositions à faire.
09:53Je vais essayer d'en proposer quelques-unes de manière, effectivement, à donner un peu de sérénité.
09:57Eh bien, voilà le son du buzzer.
10:00Le son du buzzer qui annonce la mi-temps de champion du sport au business.
10:05Dans un instant, donc, Thomas Binet conseillera notre invité, Diandra Chachwang,
10:09ou quand la star de l'équipe de France de basket revient dans sa banlieue pour faire du bien.
10:14C'est sur Sud Radio.
10:15A tout de suite.
10:17Sud Radio, le magazine des champions.
10:20Frédéric Brindel, Thomas Binet.
10:23De retour dans Champion du sport au business avec la championne de basket,
10:27joueuse emblématique de l'équipe de France, Diandra Chachwang.
10:30Elle vient de fonder plusieurs associations, dont Take Your Shot,
10:34une nouvelle initiative de sa part pour accompagner les jeunes filles de sa Seine-Saint-Denis natale.
10:39Les contours de l'action de Diandra par notre expert entrepreneurial, Thomas Binet.
10:44Alors, cette association, cher Frédéric, sent l'être d'ailleurs officiellement et d'intérêt général et public pour ce qui me concerne, peut-être que je l'observe.
10:54Elle permet donc à des jeunes filles âgées entre 16 et 25 ans en rupture sociale et scolaire d'être prise en main et accompagnée dans une forme de réinsertion, entre autres,
11:02par la formation avec des remises animaux en français, en éducation financière, en coaching.
11:06Elle bénéficie de subventions publiques et privées, mais sans assurance de les conserver d'une année sur l'autre.
11:11Son budget de fonctionnement tourne autour des 90 000 euros par an.
11:15Eh bien, la question qu'on se pose et à laquelle on va essayer de répondre, c'est comment pérenniser cette association
11:20qui a besoin de trouver ces 90 000 euros pour faire fonctionner son association sur une année ?
11:25Alors, ça se passera sans doute autour de vous, Diandra Chachwang, évidemment.
11:29Une question me vient, avant d'évoquer tout cela avec Thomas Binet, mais vous avez fait Sciences Po à l'Université du Maryland aux Etats-Unis,
11:38membre de la Commission des athlètes français, impliqué dans le syndicat des basketteurs.
11:42N'est-ce pas la chronique annoncée d'un projet dans la politique, Diandra, ça ?
11:46Non, pas tellement. Honnêtement, je savais que c'était important dessus des études, mais il n'y avait pas d'ambition cachée derrière.
11:53Mais c'est un peu politique ce que vous faites quand même à travers ces actions.
11:58Moi, je le vois plus comme quelque chose d'assez normal. Après, chacun est libre de faire ce qu'il faut.
12:02C'est normal la politique. C'est l'organisation de la vie de la cité au sens noble.
12:07Je veux dire, je ne choisis pas forcément de quand. Quand je fais ça, je le fais pour redonner à ma communauté.
12:14C'est vrai que mon passage aux Etats-Unis a beaucoup joué sur ce déclique de vouloir être plus qu'une athlète
12:19et de vouloir parler de ma communauté grâce à mon image, à mon échelle, bien sûr, comme Thomas le disait.
12:27Mais pour moi, c'est quelque chose de normal, de ce souci, en tout cas.
12:32Vous ne m'empêcherez pas de penser que je vous vois bien un jour ministre des sports dans quelques années.
12:36Allez, c'est parti, l'heure du coach !
12:38Thomas Binet, Diandra Chachouang, vous invite à répondre à cette question.
12:44Comment développer le programme Tech Your Shot ?
12:48Peut-être au-delà de la Courneuve, d'ailleurs.
12:50Oui, alors d'abord, on va essayer de réussir ce qu'on est en train de faire là où c'est installé.
12:55Et puis, je vais dire, sanctuariser un budget.
12:57C'est quand même la problématique cruciale du moment.
13:00Parce que les projets, c'est très bien.
13:01Mais si le quotidien n'est déjà pas assuré, malheureusement, les projets n'aboutiront jamais.
13:06Mais certes, alors aujourd'hui, effectivement, votre financement est principalement lié au pouvoir public.
13:13Alors c'est une chance, quitte à vous surprendre.
13:16C'est une chance parce qu'en France, on a beaucoup de pouvoir public.
13:18C'est quand même un millefeuille administratif.
13:20Donc vous tapez, entre guillemets, aux portes de la mairie, du conseil départemental.
13:24Mais Frédéric l'a évoqué tout à l'heure.
13:26Il y a aussi le conseil régional.
13:27Il y a aussi l'Europe.
13:28Enfin, il y a beaucoup, beaucoup de strates.
13:31Donc je pense qu'il faut d'abord bien les estimer.
13:33Parce que peut-être que vous n'avez pas été amené à voir tout le monde encore aujourd'hui.
13:39Notamment les ramifications de l'ONU.
13:42Il y a plein de choses, en fait, Frédéric.
13:43On est là dans du philanthropique positif.
13:47Oui, parce que moi, je voudrais quand même aiguiller nos auditeurs.
13:51On parle de 90 000 euros.
13:52En soi, quand on est auditeur et qu'on entend cette somme, on dit « Waouh, c'est quand même lourd ».
13:55Et dans le même temps, ce n'est pas des sommes énormes à recouvrir.
13:59Donc je pense qu'en sachant segmenter cette somme, on va réussir à trouver.
14:04Mais il faut s'organiser.
14:06Alors, par exemple, avant de parler du privé, on va rester sur le public.
14:10Parce que c'est quand même quelque chose qu'il faut sanctuariser.
14:13À mon sens, sur à peu près 50% du budget.
14:16D'accord ?
14:16Sur les 90 000, il faut à peu près sanctuariser 45 000, 50 000 sur le public.
14:21Vous savez qu'il existe, excusez-moi, ce qu'on appelle les conventions pluriannuelles d'objectifs.
14:25Les fameux CPO.
14:27Alors, cette petite bête-là, ça vous permet de signer avec des régions, des départements, sur 2 à 4 ans.
14:35Ça sanctuarise les montants qui vous sont donnés.
14:37Mais vous prenez des engagements.
14:39Des engagements de réinsertion, des engagements de qualité, de ceci, cela.
14:43Et en soi, ça ne me paraît pas anormal.
14:44Parce que c'est vrai qu'on ne peut pas délivrer n'importe quoi.
14:46Oui, il faut justifier, bien sûr.
14:47Exactement.
14:47Mais ça vous donne un peu la sérénité à laquelle on peut penser.
14:50Donc, ça sécurise une partie de votre budget.
14:52Et sur plusieurs années, ça, c'est déjà, ça redonne un peu de beaux moqueurs.
14:57Ça va vous réduire le stress de la dépendance aux appels à projets annuels.
15:00Parce que ça, c'est quand même le problème que vous suivez aujourd'hui.
15:02Et ça va vous permettre de planifier, vous en parler, des recrutements, de salariés, de directeurs.
15:07Et pas avoir simplement recours qu'à des vacataires, ce que vous faites aujourd'hui.
15:11Et puis, vous a gagné en crédibilité avec d'autres financeurs.
15:13Parce que, du coup, c'est établi.
15:14Comment, à titre personnel, vous vous organisez, Diandra Chachouang ?
15:18Parce que vous avez un autre travail aussi, parallèlement.
15:21En fait, ça vous prend un temps immense.
15:23Vous avez une équipe ?
15:24Oui, c'est vrai qu'il y a une équipe dédiée, donc sur l'école notamment, à 100%.
15:29On a une alternante au sein de l'association.
15:33Une directrice qui n'est personne d'autre que ma première coach de basket.
15:37Ah, c'est chouette !
15:38Quand j'ai commencé.
15:39Et c'est vrai que moi, c'est du temps en plus.
15:42Je suis officiellement chef de projet pour l'Agence Nationale du Sport et l'équipement antisportif Nike,
15:49en charge du développement du sport pour les filles.
15:51Donc, on reste dans le même thème.
15:53Mais c'est vrai que c'est des heures en plus.
15:56Et c'est, je pense, le gage de tout responsable d'association.
15:59On ne compte pas forcément nos heures.
16:01Et c'est parce que le projet nous passionne.
16:05Mais c'est important parce que, bon, vous travaillez pour une grande entreprise.
16:08Je ne vais pas reciter son nom, l'Agence Nationale du Sport.
16:10On a souvent échangé avec eux, bien sûr, dans Champion du Sport au business, etc.
16:13Donc, il y a aussi ce lien qui est, d'une certaine manière, une solidité pour votre association.
16:18Thomas ?
16:18Oui, je pense qu'après qu'on se soit occupé des pouvoirs publics et pour autant qu'on arrive à leur faire signer des CPO
16:25ou au moins avoir élargi peut-être en one shot, donc en coût annuel strict, de nouveaux contributeurs,
16:31il faut se tourner vers le privé, évidemment.
16:34Alors, vous l'avez fait en partie, mais pas suffisamment aujourd'hui.
16:37Alors, quelles sont les cibles, par exemple, auxquelles on peut penser ?
16:39Les banques, les assurances, parce que vous avez évoqué que vous faisiez des cours d'éducation financière.
16:45Bon, ben, c'est pas mal aussi pour eux.
16:47Ça donne des relais.
16:48Tout ce qui est foncière, promoteurs, bailleurs sociaux.
16:51Les grandes entreprises qui ont des politiques de RSA, parce que ça fait partie maintenant de leur cadet de charge,
16:56et sur la diversité.
16:57Donc, ça fait quand même pas mal de monde.
16:58Mais des entreprises sur la Seine-Saint-Denis, Thomas, essentiellement, ou pas alors ?
17:01Alors, moi, je dirais que oui et non.
17:04Je vais répondre par le oui et non.
17:05Oui, par exemple, pour un échange de compétences.
17:09Parce que, pardon, on parle de 90 000 euros parce que vous avez tout monétisé dans votre réflexion.
17:13Mais, par exemple, quelqu'un d'une entreprise qui vient faire un cours d'éducation financière venant d'un de vos parrains, vous n'avez pas le payé.
17:21Ça peut être un échange marchandise.
17:23Ça vous réduit d'autant votre budget.
17:24Donc, on peut faire aussi redescendre les 90 000 euros.
17:26Vous voyez, il y a une manière aussi d'aborder.
17:28Donc là, ça peut être, par exemple, non par rapport à la question que vous posiez, Frédéric.
17:31qu'il faut aller chercher dans les grandes entreprises.
17:33Et oui, à proximité, parce qu'il peut y avoir un intérêt.
17:36Moi, mon sentiment, c'est qu'en tout cas, il ne faut pas vendre ça comme une association caritative auprès du privé.
17:41Bien sûr que vous pouvez jouer là-dessus.
17:43Mais il faut vendre un programme d'impact sociable et mesurable pour les entreprises engagées.
17:47Elles ont besoin quand même aussi d'avoir de la visibilité sur ce que vous faites.
17:50Diandra, vous avez ce savoir-faire pour aller à la rencontre des entrepreneurs.
17:57Parce que c'est un métier quand même.
17:59Aller chercher des partenariats, des sponsors.
18:00Vous avez dans votre équipe des gens qui peuvent vous aider pour ça ou pas ?
18:04On s'approche.
18:06Alors, pas directement dans l'équipe.
18:07On n'a pas les moyens aujourd'hui pour avoir quelqu'un en charge du Bécénat, par exemple.
18:11C'est un de l'assaut à temps plein.
18:13Mais on s'appuie sur, effectivement, des ressources externes qui sont spécialisées dans le domaine
18:18et qui, elles, peuvent aller taper aux portes d'entreprises avec qui elles sont déjà en contact.
18:24Aller chercher d'autres appels à progenciers.
18:26Oui, parce que c'est quand même une démarche.
18:30Qui est très prenante humainement.
18:32En plus, quand on a été grande championne, on se dit, bon, on s'abaisse un peu.
18:36Monsieur, vous auriez un peu d'argent.
18:37Enfin, ça fait bizarre.
18:39Vous avez, je le disais tout à l'heure, la Courneuve, d'accord.
18:42Mais l'idée, c'est de faire des petits et de créer quelque chose qui se développe, non ?
18:47C'est sûr, c'est sûr.
18:48C'est vrai que j'ai eu la chance, tout au long de ma carrière sportive et encore aujourd'hui, de parcourir la France.
18:54Et quand je parle de ce projet-là, la réinsertion, c'est un domaine qu'on découvre finalement.
19:01Nous, c'est le sport à la base.
19:02Et quand je parle de ce projet-là, on me dit souvent qu'il est assez rare parce que c'est une structure 100% féminine.
19:08Et en termes de réinsertion, c'est assez rare.
19:10Et donc, que ce soit à Montpellier, à Nantes, à Lille, on me dit que ce serait nécessaire.
19:18Donc, on a vraiment l'ambition à plus long terme de pouvoir avoir des antennes un petit peu partout en France.
19:24Bon, alors, Thomas Binet, les recommandations, vous en avez déjà fait quelques-unes.
19:29Et on va compléter.
19:29Vous pouvez aussi essayer d'abonder votre chiffre d'affaires quelque part en vendant des prestations.
19:34Des prestations autour de vous, par exemple, auprès des partenaires qui seraient ceux qui vont vous financer par le sponsoring ou le partenariat traditionnel.
19:42Leur vendre des prestations qui sont des prestations relatives à ce que vous faites dans cette école avec du partage de témoignages, etc.
19:51Donc, il y a là aussi un petit chiffre d'affaires qui peut être envisagé.
19:56Et je pense qu'il faut également envisager de sécuriser tout ça avec à peu près 3 à 6 mois de trésorerie.
20:02Donc, il faut peut-être être, j'allais dire, au démarrage de cette démarche, être modeste dans l'approche économique en disant qu'il faut faire attention à chaque euro.
20:12Évidemment, créer une trésorerie parce qu'on n'est jamais à l'abri d'une difficulté et qu'il ne faut pas que cette association tombe en raison d'une subvention qui n'irait plus.
20:21On en entend tous les jours dans les médias des associations qui doivent arrêter parce qu'elles n'ont plus aucune subvention.
20:28La photo finit.
20:31Thomas Binet, vous y croyez en ce projet de Diandra Chachuang ?
20:37Un take your shot, Diandra qui chérit ses petites sœurs de cœur dionésiennes.
20:44C'est comme ça qu'on appelle les gens de Seine-Saint-Denis.
20:47Histoire de les emmener aussi auxquels dans la société et sur le terrain.
20:52C'est une histoire passionnelle, cette association, Diandra.
20:55Oui, clairement, je le dis souvent en rigolant, mais c'est la réalité.
20:58Je dis que c'est mon tout premier bébé.
20:59Vraiment, c'est quelque chose qui me tient à cœur, que j'ai fait en parallèle de ma carrière.
21:05Aujourd'hui, j'ai à cœur d'y investir encore plus de temps.
21:08Thomas Binet, en un mot, le secret de la réussite, ça sera ?
21:12La persévérance.
21:15Passons un message, Frédéric, c'est l'occasion.
21:17Ces jeunes filles n'ont pas eu beaucoup de chance dans le démarrage de leur vie.
21:20Il faut quand même que tout le monde en soit bien conscient en nous écoutant,
21:22qu'on doit leur donner une deuxième chance.
21:24Je pense que ceux qui nous écoutent et qui sont peut-être aussi des pouvoirs publics,
21:27départements, que sais-je, s'ils entendent le message que nous passons à Diandra aujourd'hui,
21:32c'est de l'aider à faire réussir ces jeunes filles
21:34qui n'ont pas eu la possibilité de le faire par elles-mêmes.
21:36C'est important.
21:37Rentrer en contact avec Diandra Chachuang,
21:39qui était l'invité de champion du sport au business,
21:42championne du sport au business.
21:43On se retrouve la semaine prochaine, Thomas Binet.
21:46Elvin de Fazio, Quentin Cabanis, Anthony Hurvois,
21:48toute l'équipe, merci d'avoir travaillé sur cette émission.
21:50Encore bravo, Diandra Chachuang.
21:53La Courneuve n'est pas cet arrêt du RERB qu'il faut éviter,
21:55mais bien ce lieu où les jeunes femmes dessinent leur rêve de réussite.
21:59Exactement.
22:00Merci Frédéric, merci Thomas.
22:01A très vite, à la semaine prochaine.
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