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  • il y a 2 mois
Anne Brassié reçoit l'artiste et essayiste Aude de Kerros pour présenter le livre de Christine Sourgins, "Anatomie de la beauté" (éditions Boleine). Cette beauté, joie pour toujours, est très malmenée de nos jours. Historienne de l'art, Christine Sourgins nous permet de discerner les contours de cette beauté. Non une marchandise mais un être vivant qui surgit et éblouit. Ce livre est un baume pour tous ceux qui ne tolèrent plus, (souffrir en latin) l'art comptant pour rien et cette volonté de certains pouvoirs publics de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Le second tome de cette étude immense traite de la géographie de la beauté. A lire aussi les livres d'Aude de Kerros dont "L'art caché", et "L'imposture de l'art contemporain", Une utopie financière chez Eyrolles.
Transcription
00:00:00Deux semaines nous séparent de la fin de la campagne de dons, le 31 décembre, comme un coup près.
00:00:05Et c'est maintenant que tout se joue.
00:00:07Si la mobilisation des téléspectateurs et des donateurs de TV Liberté s'amplifient,
00:00:12alors nous pourrons projeter la chaîne vers 2026, 2027,
00:00:16toujours plus libre, toujours plus forte, plus audacieuse que jamais.
00:00:20Mais si le rythme actuel se maintient,
00:00:22alors l'avenir de la première chaîne alternative de France sera compromis.
00:00:28Et quel cadeau ce serait ?
00:00:29Un cadeau pour ceux qui rêvent de 2026 et de 2027 sans contestation de leur monopole.
00:00:34Une victoire pour ceux qui veulent des médias tenus par l'État, par un oligarque ou par les annonceurs.
00:00:40Un triomphe pour ceux qui ont tenté de nous réduire au silence par la censure bancaire.
00:00:45Ne leur offrons pas cette victoire.
00:00:47Ne les laissons pas pavoisés.
00:00:49Protégez TV Liberté.
00:00:51Protégez TVL.
00:00:52Faites un don.
00:00:53Chers amis de TV Liberté, bonjour.
00:01:21Bonjour, nous sommes heureux de vous proposer pour cette dernière émission de l'année,
00:01:26et un très beau livre qui s'appelle « Anatomie de la beauté » de Christine Sourgins aux éditions Bolenne.
00:01:35Christine a été empêchée à cause d'un mauvais virus,
00:01:40et donc elle a envoyé sa grande amie, Aude de Kéros,
00:01:44que vous connaissez bien puisque je l'ai reçue,
00:01:49et avec laquelle elle partage une émission sur Radio Courtoisie depuis combien de temps maintenant ?
00:01:55Depuis…
00:01:55Je ne vais pas dire le nombre d'années.
00:01:5720, 25 ans ?
00:01:58Moi, oui.
00:01:59Oui, et elle réjouisse les auditeurs par leur goût très sûr.
00:02:07L'une est artiste, j'ai nommé Aude, l'autre est conférencière d'art, Christine…
00:02:14– Historienne d'art.
00:02:15– Historienne d'art, voilà.
00:02:17Et Christine a aussi un blog qui s'appelle « Grain de sel »
00:02:23que je vous conseille parce qu'en un moment où tout vous agace,
00:02:29je viens d'apprendre hier que le Pont-Neuf allait encore être…
00:02:33– Emballé.
00:02:33– Affublé, emballé, ça sera une grotte.
00:02:36Qu'est-ce que fait une grotte au Pont-Neuf ?
00:02:38On n'en sait rien et donc c'est très utile de fréquenter des plumes
00:02:44et des voix qui ont beaucoup d'humour pour rester les pieds sur terre
00:02:51et garder le sourire.
00:02:52– Alors, Christine a une chronique tous les 15 jours.
00:02:56– Oui.
00:02:57– Et je vous la recommande parce que vous la trouvez sur Internet,
00:02:59ça s'appelle « Le grain de sel » et cette chronique est une sorte de résumé
00:03:04de ce qui se passe dans le domaine culturel.
00:03:06Or, si vous remarquez, on parle peu du monde culturel et artistique
00:03:11et d'une façon libre surtout, aujourd'hui en France depuis déjà pas mal d'années.
00:03:17Et donc, elle vous tiendra au courant, elle vous informera avec son esprit critique
00:03:24mais aussi la précision de ses informations.
00:03:26– Beaucoup de précision.
00:03:29Il y a un autre blog que je vous conseille aussi, chers amis de TV Liberté,
00:03:35c'est le blog de Nicole Estérol, E-S-T-E-R-O-2-L-E,
00:03:41qui lui est d'une pugnacité incroyable.
00:03:47– Et qui parle de l'actualité.
00:03:49– Qui parle de l'actualité.
00:03:49– D'une façon aussi précise.
00:03:51– Oui.
00:03:51– Parce qu'en réalité, il cite.
00:03:55Et donc, on entre un peu dans ce qui se passe parce que sinon, on n'y entre pas.
00:04:03C'est lui qui nous apporte les textes qui accompagnent les œuvres, etc.
00:04:09Et c'est absolument hallucinant.
00:04:11– Oui.
00:04:12– Et il a les mots pour les décrire.
00:04:14– Et comme vous, Aude, il a l'œil pointé sur tous les mécanismes politiques, structurels,
00:04:24des fonctionnaires de l'art, et comment l'argent est attribué.
00:04:30– Comment ça fonctionne.
00:04:31– Et il est redoutable, et lui aussi d'un humour…
00:04:35– Et c'est surtout des informations qu'on n'a nulle part.
00:04:38– Non.
00:04:38– Il faut vraiment aller les chercher.
00:04:40– Oui.
00:04:41– Et là, elles sont à la disposition.
00:04:43– Pour pouvoir les mettre à disposition.
00:04:44– Elles sont à la disposition.
00:04:46Et si l'on parle d'argent, le Christ de Rubens, qu'on vient de redécouvrir,
00:04:52a été vendu 3 millions, et il est parti en Angleterre.
00:04:56On a beaucoup d'argent pour payer le type qui emballe le pont,
00:05:00mais on n'a pas d'argent pour garder ce Rubens,
00:05:02ce qui était quand même exceptionnel.
00:05:04Voilà la présentation de ces trois personnes.
00:05:09Quant à moi, je dois vous dire que j'ai une allergie assez prononcée
00:05:13sur l'art contemporain, sur la place qu'il occupe dans notre pays aujourd'hui,
00:05:20et que j'ai participé à des actions bien précises
00:05:25et qui ont été reconnues contre Jeff Koons et Murakami au château de Versailles,
00:05:32parce que je ne voulais pas que, comme Aude l'expliquait parfaitement,
00:05:38que des artistes s'installent au château,
00:05:40qui était une très belle zone de chalandise,
00:05:44pour donner de la valeur à des œuvres
00:05:46qui n'en auraient pas eu autant si elles n'avaient pas été à Versailles.
00:05:50– Voilà.
00:05:52Alors, rappelons vos livres, chère Aude.
00:05:56– Alors, oui.
00:05:57– Et parce que deux livres qui viennent d'être publiqués en livres de poche.
00:05:59– Trois.
00:06:01– Trois, trois. Alors, allez-y.
00:06:02– Alors, en fait, il faut peut-être donner la chronologie.
00:06:05Christine écrit son premier livre,
00:06:07qui est d'ailleurs, dont je vais vous parler tout à l'heure,
00:06:09parce que c'est en contraste avec ce livre
00:06:12qu'il faut présenter, celui qui vient,
00:06:15qui sont Les Mirages de l'art contemporain, en 2005.
00:06:18– Oui.
00:06:19– Et, bon, mon premier livre, lui, date de 2007.
00:06:23Enfin, en tout cas, mon premier livre sur le sujet date de 2007,
00:06:26et c'est L'art caché.
00:06:27– L'art caché, oui.
00:06:28– Et après, il y a eu…
00:06:29– L'art caché étant celui qu'on ne voit pas,
00:06:31puisque les projecteurs sont tournés essentiellement sur l'art contemporain.
00:06:36– Oui.
00:06:37– Pour résumer.
00:06:37– Pour résumer, très rapidement.
00:06:39Et ensuite, c'est l'imposture de l'art contemporain,
00:06:42c'est-à-dire comment…
00:06:44En fait, c'est une utopie financière,
00:06:46qui fonctionne d'une certaine façon,
00:06:50parce que sinon, on ne comprend pas comment on peut allier
00:06:53des choses qui paraissent nulles à une valeur astronomique.
00:06:56– Oui.
00:06:56– Donc, ça m'a permis d'expliquer le mécanisme financier et économique de ça.
00:07:06Et puis, après, j'ai écrit La géopolitique de l'art contemporain,
00:07:12qui montre comment le système est mondial.
00:07:15Et ensuite, le dernier, nous étions 20 ans après,
00:07:19il était possible, enfin, de décrire la scène non officielle française de l'art,
00:07:25aujourd'hui.
00:07:26Et j'ai appelé ça l'art caché dévoilé.
00:07:31Disons, c'est la concurrence de l'art contemporain.
00:07:33– Exactement.
00:07:34– Donc, en fait, moi, je me suis occupée beaucoup plus de la question historique,
00:07:38d'expliquer l'époque.
00:07:43Et Christine, elle, elle a fait un tout autre travail.
00:07:46Et en l'écrivant, les mirages de l'art contemporain,
00:07:50elle a fait quelque chose que personne n'a fait avant, ni après.
00:07:53C'est-à-dire, que veut dire l'association des deux mots, art contemporain ?
00:07:58Les gens pensaient que c'était l'art d'aujourd'hui.
00:08:01Or, il est évident que ce n'est pas tout l'art d'aujourd'hui,
00:08:03puisque, disons, l'art contemporain, si on regarde les choses avec précision,
00:08:08c'est peut-être 20% à tout casser.
00:08:12Et que l'art continue par ailleurs, autrement.
00:08:17Et donc, en fait, c'est un mot de guerre,
00:08:20c'est une arme de guerre, si vous voulez, ce mot-là,
00:08:22qui a servi à, comment dire, à destituer la France comme capitale des arts.
00:08:28– Alors, petite parenthèse, en effet, c'est une arme de guerre.
00:08:33Qui tient l'arme de guerre ?
00:08:35Veuillez nous le rappeler.
00:08:37Je range en ce moment tout mon bureau,
00:08:39et je retrouve des papiers fantastiques,
00:08:40et je retrouve un article de l'Indépendance,
00:08:44ce journal anglais, dont le titre est
00:08:46« L'art moderne était une arme de la CIA ».
00:08:50– Alors, tout le monde le sait dans les pays anglo-saxons depuis très longtemps,
00:08:54mais c'était une vérité à ne pas savoir en France,
00:08:56tabou pour des tas de raisons.
00:08:59Et c'est très intéressant,
00:09:01parce que, en fait, ça a été une arme de guerre qui a vaincu.
00:09:06La guerre culturelle a été gagnée.
00:09:09Et quand le système soviétique est tombé, en 1991,
00:09:13on peut dire qu'ils avaient déjà gagné la guerre culturelle,
00:09:17déjà dès les années 70.
00:09:19– Pourquoi ils se sont servis de…
00:09:21En fait, pourquoi…
00:09:22L'URSS est l'ennemi de l'Amérique,
00:09:26et la Russie, on va l'appeler l'éternelle Russie,
00:09:32garde sa suprématie artistique,
00:09:35parce qu'il y a eu la révolution,
00:09:38sauf dans les écoles d'art.
00:09:40Et donc, en Russie, on continue à savoir peindre,
00:09:43à savoir dessiner de façon extraordinaire,
00:09:45alors que ce n'était pas du tout la même chose en Amérique.
00:09:52Et donc, le…
00:09:54– Non, ce n'est pas tout à fait ça.
00:09:55En Amérique, il y a toujours eu tout.
00:09:58Simplement, ils ont utilisé pour destituer l'Occident.
00:10:00– Ils sont quand même obligés de venir en Europe
00:10:04pour voir la Renaissance italienne et l'école française.
00:10:08– Oui, mais vous trouvez aujourd'hui des écoles d'art académiques
00:10:12aux États-Unis que vous ne trouvez pas en France.
00:10:14– Oui, mais alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:10:16Comment ont-ils fait ?
00:10:17Pourquoi la CIA décide ?
00:10:19– En 45, 47 plus exactement,
00:10:22ils se rendent compte qu'ils ne gagneront jamais la guerre tout court
00:10:25s'ils ne gagnaient pas aussi la guerre culturellement.
00:10:29Parce que qui, en Europe, faisait tomber tout du côté communiste,
00:10:35c'était le monde des intellectuels et des artistes.
00:10:38Et donc, il fallait s'occuper de ces intellectuels et de ces artistes
00:10:42qui étaient la référence de tout le monde.
00:10:44Il y avait un prestige pour l'art et la vie intellectuelle en Europe
00:10:48tout à fait formidable.
00:10:50Donc, il fallait véritablement attaquer les élites
00:10:56plutôt qu'autre chose.
00:10:59Et ils ont trouvé plusieurs armes, dont l'art contemporain.
00:11:03Mais cette arme-là, ils ne l'ont découverte ou ils ne l'ont conçue
00:11:07qu'après avoir raté dans d'autres domaines.
00:11:10et qu'ils l'ont conçue dans les années 60.
00:11:13Donc, le mot apparaît comme « art contemporain » dans les années 70.
00:11:18et ils ne désignent que l'art conceptuel, secrètement que l'art conceptuel.
00:11:24Et en réalité, si vous regardez la définition de l'art,
00:11:29si vous regardez, c'est ce qu'a fait Christine,
00:11:33de définir ce que voulait dire « art contemporain »
00:11:36en faisant l'analyse sémantique de cette expression
00:11:41et de toute sa typologie.
00:11:43– Oui.
00:11:43– C'est-à-dire de toutes les manières de se manifester
00:11:45et quel était le dogme de fond.
00:11:48Alors, le dogme de fond…
00:11:49– Attendez, avant de venir au dogme de fond,
00:11:51j'en reviens à la méthode de la CIA.
00:11:53Ils ont créé, ils ont soutenu des peintres
00:11:58qui n'auraient jamais connu la gloire
00:12:02et le salaire qu'ils en ont obtenu,
00:12:06comme Pollock, ils ont organisé des expositions,
00:12:10ils ont organisé des expositions,
00:12:11ils ont financé des expositions en Europe
00:12:15pour faire monter ces personnalités
00:12:18et on n'en est toujours pas revenus.
00:12:21– Alors, en fait, il y a deux phases.
00:12:23Il y a la première phase qui est jusqu'en 1960
00:12:26où ils ont pris, disons, comme art d'avant-garde,
00:12:33l'expressionnisme abstrait américain
00:12:36qu'ils ont promené partout, etc.
00:12:40Sauf que ça n'a pas pris en Europe
00:12:41parce que l'abstraction existe en Europe
00:12:44depuis avant la guerre de 1914.
00:12:46Ça n'a impressionné quelques personnes.
00:12:48– Oui, puis je vais vous dire,
00:12:49l'expressionnisme abstrait américain,
00:12:51ça ne me dit rien, je n'ai aucune image derrière.
00:12:54– Disons que la modernité en Europe
00:12:57était beaucoup plus foisonnante,
00:12:59beaucoup plus diverse.
00:13:01Et disons que Paris était la capitale de l'art
00:13:03parce que, en fait, tous les courants
00:13:05étaient présents à Paris.
00:13:07Et vous aviez une modernité néoclassique,
00:13:11vous aviez une modernité abstraite, figurative,
00:13:14vous aviez tout, tout, tout.
00:13:15Et tout ça, ça bouillonnait, ça foisonnait,
00:13:16le monde entier venait.
00:13:17Et ça, ils n'arrivaient pas à décrocher.
00:13:21Et ils y sont arrivés avec la ruse de l'art contemporain
00:13:24qui n'est pas abstrait, qui n'est pas moderne.
00:13:27Ce n'est pas de l'art moderne.
00:13:28C'est tout autre chose, c'est de l'art conceptuel.
00:13:31Et en réalité, la définition de l'art conceptuel
00:13:33est l'inverse de la définition de l'art
00:13:36qu'on pouvait avoir d'une façon naturelle.
00:13:39Donc, c'était très important de démonter
00:13:42cette arme sémantique pour faire comprendre aux gens
00:13:46que quand on leur a parlé d'art contemporain,
00:13:49il ne s'agissait pas de tout l'art d'aujourd'hui.
00:13:51Surtout en France, où peu à peu,
00:13:53on a eu un État qui a donné au ministère
00:13:57un immense pouvoir.
00:13:59Et c'est lui qui a décidé que l'art contemporain,
00:14:01c'était cette définition qui avait,
00:14:04en fait, qui était utilisée par les Américains.
00:14:06Et ils sont devenus les, comment dire,
00:14:10les suiveurs de New York.
00:14:12Donc, ça, c'était le fond du livre de 2005
00:14:16de Christine Sourjas,
00:14:18nous donnait l'explication de cette arme sémantique
00:14:20et comment elle fonctionnait.
00:14:22Seulement, quand vous avez défini l'art contemporain,
00:14:25tout le monde se dit, on aimerait bien
00:14:27que vous définissiez l'art,
00:14:30et puis surtout, ce qui est le moteur
00:14:34ou quelque chose d'important dans l'art,
00:14:38c'est-à-dire cette chose qu'on appelle beau
00:14:41et qui était extrêmement, pendant ces 50 ans-là,
00:14:46je dirais…
00:14:47– Très malmenée.
00:14:48– Plus que malmenée, ça a été diabolisé,
00:14:52ça a été montré d'une façon absolument négative.
00:14:56– Alors, quelles sont les accusations du beau
00:14:59qu'on commence à voir d'une façon systématique
00:15:01à partir des années 60 ?
00:15:03Je vous dis ça parce que,
00:15:04quand vous aurez vu toutes les accusations du beau,
00:15:07eh bien, vous allez comprendre pourquoi Christine s'est dit,
00:15:10bon, j'ai fait l'analyse de l'art contemporain,
00:15:13maintenant, je vais faire l'analyse du beau.
00:15:15– Oui.
00:15:15– Parce que les gens se trouvaient sans argument
00:15:18devant ce qu'on leur disait sur le beau.
00:15:19– Alors, on leur disait que le beau était dogmatique.
00:15:24– Oui.
00:15:25– Qu'il était, qu'il avait des dérives académiques.
00:15:29Donc, avec…
00:15:30– Et la règle, c'est pas bien.
00:15:32– C'est pas bien.
00:15:33– Oui, mais c'est-à-dire que c'est vrai qu'aussi,
00:15:35que si on obéit qu'à des lois,
00:15:37ça n'est pas satisfaisant.
00:15:40Bon, le dogme est une prison,
00:15:43les lois sont une prison, ça, c'est pas faux.
00:15:45Mais la beauté, c'est pas que ça.
00:15:48Ou c'est au-delà de ça.
00:15:51Et ça peut être autre chose.
00:15:52Bon, on disait que la beauté était illusoire et trompeuse.
00:15:57On disait qu'elle était élitiste et réservée aux riches.
00:16:03On disait que…
00:16:05Enfin, alors la gauche avait…
00:16:06C'est pour ça que la gauche est tombée dans le piège.
00:16:08Elle montrait le côté illusoire, le côté élitiste
00:16:11et le côté opium du peuple.
00:16:15C'est-à-dire que, bon, ça console tellement les gens
00:16:18qu'ils oublient de se battre contre la dictature du capitalisme.
00:16:25Et on l'accusait d'être subjectif.
00:16:27C'est-à-dire que la définition du beau
00:16:29pendant les 50 ans qui viennent de s'écouler,
00:16:32c'était chacun trouve beau ce qu'il trouve beau
00:16:35et il n'y a pas d'universalité au beau.
00:16:39Voilà, c'est totalement subjectif.
00:16:42On ne peut pas parler de beau parce que c'est subjectif.
00:16:44Et enfin, l'accusation la pire étant
00:16:48que si vous maniez un pinceau,
00:16:50si vous recherchiez une harmonie, etc.,
00:16:52vous étiez traité immédiatement de fasciste.
00:16:55Or, un artiste en France traité de fasciste…
00:16:58C'est sa mort.
00:16:59…était mort.
00:17:00Bon, donc, on était dans ce contexte extrêmement violent
00:17:05parce que c'était une violence peut-être pas perçue
00:17:09par tout le monde, mais dans le milieu intellectuel et artistique,
00:17:12on peut dire que nous avons vécu 50 ans
00:17:15d'un totalitarisme peut-être cool puisqu'on était…
00:17:21On n'était pas en prison.
00:17:22Non, mais on était exilés dans nos ateliers,
00:17:24mais pas au goulag.
00:17:25Oui, oui.
00:17:25Que, bon, c'était peut-être un totalitarisme doux,
00:17:30mais extrêmement violent.
00:17:32Il y a eu beaucoup de drames autour de tout ça.
00:17:35Donc Christine s'est vue, comment dire,
00:17:40obligée intérieurement à écrire un livre sur la beauté.
00:17:43Seulement, évidemment, le livre sur le contenu
00:17:47de mots arts contemporains faisait 250 à 300 pages maximum.
00:17:52Parce que le sujet est assez limité, finalement.
00:17:54Vous savez, définir l'exacte inversion de l'art
00:18:00en 250 pages, on le fait vite.
00:18:03Mais après, elle s'est mise…
00:18:05Et la tâche a pris énormément de temps.
00:18:08Parce qu'elle s'est trouvée devant quelque chose de colossal.
00:18:12Comment définir le beau ?
00:18:13Et l'anatomie de la beauté est le premier tôme d'une série de cinq.
00:18:19Le second, aux éditions Bolenne,
00:18:22le second s'appelle Géographie de la beauté.
00:18:25Et donc, on les trouve déjà.
00:18:27Et ils sont vendus à 16 euros, ce qui est tout à fait…
00:18:31Et donc, elle a fait un travail de bénédictin.
00:18:36Elle a mené une vie de bénédictin.
00:18:38Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de bénédictins
00:18:40qui ont fait un livre comme ça à notre époque.
00:18:43Ils doivent être très occupés à beaucoup de choses.
00:18:45Mais Christine a fait cette chose folle
00:18:47de faire le tour de la beauté,
00:18:53un peu comme elle avait fait le tour de l'art contemporain.
00:18:56Seulement, quand elle est allée chez les…
00:18:59Elle avait déjà un éditeur.
00:19:00L'éditeur était prêt à l'éditer, etc.
00:19:03Et tout était merveilleux.
00:19:05Tout allait démarrer.
00:19:07Et tout d'un coup, l'éditeur lui répond,
00:19:09on est après le Covid,
00:19:11chère amie, nous n'éditerons pas votre livre.
00:19:13Oui, parce que c'est trop.
00:19:15Mais il dit, madame, votre livre fait 600 pages.
00:19:18Oui, oui, oui.
00:19:19Aucun éditeur ne vous prendra un livre de 600 pages.
00:19:21Et donc, elle a trouvé un autre éditeur.
00:19:24C'est une jeune maison d'édition,
00:19:25pleine d'allant et de créativité,
00:19:30qui s'est dit, mais aucune importance,
00:19:32on va faire un feuilleton.
00:19:33Alors, on va lui donner la parole,
00:19:35dans l'un de ses premiers chapitres,
00:19:38de l'évidence du beau,
00:19:40de sa prétention à l'universel.
00:19:43Convaincre du beau ?
00:19:45Le beau survient en nous aussi facétieux
00:19:48qu'un rayon filtrant des nuages.
00:19:50À ceux dont l'œil est vif,
00:19:52louie fine, l'attention aiguisée.
00:19:54C'est une évidence immédiate.
00:19:57On prend un coup de beauté
00:19:59comme un coup de soleil.
00:20:01Pour les fatigués,
00:20:03les préoccupés ailleurs,
00:20:04un temps d'acclimatation est nécessaire.
00:20:07Le beau, c'est unir,
00:20:09pédagogie et séduction.
00:20:11« Se ducere » signifie mener à soi,
00:20:17adapter son allure à la nôtre.
00:20:19Mais lorsqu'enfin, ou soudain,
00:20:21graduellement, ou brusquement,
00:20:23il irradie dans toute sa splendeur,
00:20:25c'est indubitable, incontestable,
00:20:29il fait beau comme il fait jour.
00:20:31La beauté resplendit non seulement sur nous,
00:20:34mais à l'entour,
00:20:36bien qu'elle ne fût que d'un morceau de musique,
00:20:38d'une strophe,
00:20:39d'un tableau,
00:20:41et son petit pan de mur jaune.
00:20:43Il lui suffit d'être beauté
00:20:45pour que tout s'unifie et jubile dans son halo.
00:20:49Ainsi, dit-on,
00:20:50le silence qui suit la musique de Mozart
00:20:53est encore du Mozart.
00:20:55Voilà, je voulais donner une idée de sa prose,
00:20:58parce que c'est un livre qui n'est pas toujours facile,
00:21:01je vous préviens tout de suite,
00:21:03qui est d'une richesse
00:21:04de citations, d'interprétations,
00:21:09d'allusions à tous ceux qui ont parlé de la beauté,
00:21:13que ce soit des artistes ou des philosophes,
00:21:16tout à fait étonnantes.
00:21:17Je n'en connais pas la moitié,
00:21:19j'ai appris beaucoup de choses,
00:21:20mais elle a aussi des moments de pure joie
00:21:24que je trouve magnifiques.
00:21:28Le beau survient en nous aussi facétieux
00:21:30qu'un rayon filtrant des nuages.
00:21:32Voilà, donc c'est intéressant de dire
00:21:34qu'à la fois vous avez une analyse
00:21:37qui va vous donner des arguments,
00:21:39et avec donc une sorte de rigueur,
00:21:43puisqu'elle va décrire un certain nombre de choses,
00:21:46et à la fois, son but n'est pas de donner une théorie,
00:21:52ni un dogme, ni une idéologie sur la question,
00:21:56ni même une définition tout à fait conceptuelle.
00:22:01Alors évidemment, ça prend toutes ces pages
00:22:03dont nous avons parlé tout à l'heure,
00:22:04et elle a fait ça avec une démarche d'historienne d'art,
00:22:11c'est très important.
00:22:13Elle ne se place pas du point de vue de l'artiste,
00:22:16donc c'est important,
00:22:17parce que vous allez avoir des lecteurs différents.
00:22:19Vous avez les amateurs qui vont être très intéressés de lire,
00:22:23parce que parfois ils cherchent des critères,
00:22:26des raisons, des arguments qu'ils n'ont pas forcément,
00:22:30et ils ont simplement leur sensibilité qui les attire,
00:22:33mais ils aimeraient aller un peu plus loin
00:22:34dans le regard qu'ils posent.
00:22:38Mais ça peut intéresser ceux qui s'intéressent à l'art,
00:22:41justement, comme arme culturelle,
00:22:45enfin même politique.
00:22:47– Oui, sauf que l'art n'est pas une arme,
00:22:48l'arme est un bonheur,
00:22:50et s'en servir comme une arme,
00:22:51c'est déjà la preuve d'un cerveau malade.
00:22:54– C'est certain, mais d'un autre côté,
00:22:57l'homme politique est obligé de comprendre,
00:23:01et il l'a compris, c'est pour ça qu'il s'en sert comme arme,
00:23:04que la beauté a un immense pouvoir.
00:23:07Et il y a beaucoup de gens qui l'ignorent d'ailleurs,
00:23:09parce que le mot beauté, comme je vous dis,
00:23:11n'a absolument pas le prestige.
00:23:16Dans une conversation ou dans un débat,
00:23:18vous verrez que depuis maintenant 50 ans,
00:23:22personne n'emploie ce mot, c'est un mot tabou.
00:23:25– Absolument, mais vous savez,
00:23:26quand j'ai reçu le livre de Christine,
00:23:28« Anatomie de la beauté »,
00:23:29vous savez à quoi j'ai pensé ?
00:23:31Immédiatement, c'est une intuition,
00:23:34la leçon d'anatomie de Rembrandt,
00:23:36et le corps allongé, qui est en train d'être…
00:23:40– Disséqué.
00:23:41– Disséqué, je me suis dit, c'est la beauté.
00:23:45En fait, on a tellement disséqué la beauté,
00:23:47qu'elle est morte.
00:23:49Et en fait, ce livre, c'est une espèce de résurrection,
00:23:52elle redonne chair, elle redonne vie à la beauté,
00:23:55parce qu'on a tout détruit.
00:23:57– Et même si…
00:23:58– Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Jean-Claire.
00:24:00La situation de l'art n'est qu'un exemple,
00:24:03parmi d'autres, d'un effondrement plus général
00:24:05du rapport à la mémoire, c'est-à-dire à la culture.
00:24:08L'art, pourrait-on dire, ne touche qu'une petite élite
00:24:11de gens cultivés, ou qui se croient cultivés.
00:24:14Mais, plus étonnant en France, dans d'autres domaines,
00:24:17on assiste à l'effondrement de l'enseignement de l'histoire,
00:24:20plus grave encore, celui du sens de la langue même.
00:24:24Donc, c'est vrai que si on n'a plus le sens de la langue,
00:24:27on ne peut même plus exprimer son admiration
00:24:30pour une chose belle.
00:24:32– Alors, il faut comprendre que la définition
00:24:35de l'art contemporain, c'est que l'utilité,
00:24:38d'abord c'est un art utile, et il a comme utilité
00:24:40de déconstruire tout ce qui existe.
00:24:43Parce que tout ordre est dangereux.
00:24:46Vous savez, c'est une…
00:24:48Ça va au-delà du nihilisme.
00:24:51L'art contemporain, la post-modernité,
00:24:54n'est pas un nihilisme, c'est une inversion.
00:24:57Alors, quand vous avez un système
00:24:59où vous avez comme devoir, comme artiste,
00:25:02de tout déconstruire, de tout critiquer,
00:25:04de tout dénoncer, si vous voulez,
00:25:08et que le mot beauté est un mot criminel,
00:25:13vous vous apercevez qu'en 50 ans,
00:25:15tout le monde a perdu l'idée d'argumenter sur la question.
00:25:19Et au fond, ce livre permet aux uns et aux autres,
00:25:23en se promenant, parce qu'on ne peut que se promener
00:25:25dans ce livre.
00:25:25– Oui, oui.
00:25:25– C'est même à avoir sur sa table de nuit,
00:25:30l'ouvrir avant de s'endormir,
00:25:32et on va tomber sur une citation absolument merveilleuse,
00:25:35sur une entrée dans les profondeurs un peu particulière, etc.
00:25:42Et on en a absolument besoin pour argumenter.
00:25:45Alors, c'est peut-être…
00:25:47Certains vont critiquer le côté très structuré du livre,
00:25:50mais c'est le seul livre qui présente ça,
00:25:54il n'y en a pas d'autres.
00:25:55Moi, j'ai lu un peu tout ce qui a pu paraître comme elle,
00:25:57d'ailleurs, au XXe siècle, sur la beauté.
00:26:00Et il y a eu des grands textes sur la beauté,
00:26:03parce que le XXe siècle a apporté des choses.
00:26:06Elle parle de tout ça dans le livre.
00:26:07– Oui, elle parle de tout ça.
00:26:08– Au XXe siècle, on a donné une définition différente
00:26:12de l'art et de la beauté,
00:26:14en disant que c'est une présence,
00:26:16et que c'est une vie.
00:26:17Chose qu'avant, on ne disait pas,
00:26:20parce que ce n'était pas nécessaire de le dire.
00:26:22– C'était tellement évident.
00:26:23– C'était tellement évident.
00:26:24Mais bon, vous avez des gens comme Bergson,
00:26:32Gilson, Claudel, Vladimir Veidley,
00:26:34qui parlent de ça.
00:26:36Mais aujourd'hui, ces textes-là,
00:26:39personne ne les connaît,
00:26:40alors qu'ils ont été absolument célèbres.
00:26:43– Il y a Solzhenitsyn aussi qui parle de…
00:26:45Christine en parle dans sa préface.
00:26:47– Cette ancienne trinité que composent
00:26:51vérité, bonté et beauté.
00:26:56Et en fait, on ne connaît que mensonge,
00:26:59méchanceté, agression permanente,
00:27:05et laideur.
00:27:06– Exactement.
00:27:07– Et donc, on est tout de même assez malheureux.
00:27:10– Alors, donc…
00:27:11– Et deuxième citation que je trouve très belle,
00:27:13c'est celle de saint Thomas d'Aquin.
00:27:14« Le quatrième remède contre la tristesse,
00:27:19contempler la splendeur de la vérité,
00:27:22de la nature ou d'une œuvre d'art. »
00:27:25– Voilà.
00:27:26– Et ça, on le sait depuis toujours.
00:27:28– Et ça, il faut le faire,
00:27:30parce que l'autre citation que j'aime beaucoup,
00:27:33c'est celle de Keats.
00:27:34« La beauté est un bonheur pour la vie. »
00:27:41– Enfin, voilà.
00:27:43Ce que je recommande beaucoup,
00:27:44ce livre, à avoir comme un livre de fond.
00:27:47– Oui.
00:27:47– Ce n'est pas un livre qu'on jette.
00:27:50C'est un livre qu'on garde.
00:27:51Il est merveilleux pour réfléchir.
00:27:53Même quand on est artiste,
00:27:54on se pose tellement de questions sans réponses,
00:27:58puisque, je dirais,
00:27:59toute référence a été abolie par le système.
00:28:02Donc, il y a chez elle un effort
00:28:06à la fois de l'œil et aussi intellectuel
00:28:10de nommer les choses,
00:28:12qui est fondamental,
00:28:13qui va peut-être paraître pour certains
00:28:15trop rigoureux, mais au contraire.
00:28:19Prenez ce livre pour ce qu'il peut vous apporter
00:28:21et que personne d'autre ne vous apportera.
00:28:23C'est un livre qui va structurer un peu votre regard
00:28:27en disant, mais qu'est-ce que cette anatomie du beau,
00:28:31qu'est-ce que c'est ?
00:28:33Et alors, elle va dire,
00:28:36bon, dans la beauté,
00:28:37la subjectivité, elle est fondamentale,
00:28:40puisque chaque beauté est singulière.
00:28:42Il y a une unité dans la beauté,
00:28:44mais c'est une unité singulière.
00:28:46Et en fait, une chose est belle
00:28:49si elle est rayonnante de sa singularité.
00:28:53Donc, comment analyser une chose pareille ?
00:28:57Quelque chose qui est à la fois universel
00:28:59dans la mesure où on communique entre continents
00:29:03sur la beauté d'une chose sans avoir à parler.
00:29:06– Et comment expliquer qu'une œuvre belle
00:29:09peut enchanter tous les peuples de la Terre
00:29:14depuis l'Extrême-Orient jusqu'à l'Amérique latine,
00:29:20en passant par le Grand Nord et le Grand Sud.
00:29:24Ces processions devant des expositions magnifiques
00:29:27dans tous les musées du monde
00:29:29qui font que, finalement,
00:29:32la grande harmonie, c'est cette communion dans l'art.
00:29:37– Oui, cette communication sans les mots.
00:29:39– Communication sans les mots.
00:29:40– Par le sensible, parce qu'au fond,
00:29:45ce mot, elle le dit,
00:29:47ce mot esthétique apparaît qu'au XVIIIe siècle
00:29:50et c'est une science du sensible.
00:29:52Comme Bergson, lui, va creuser la question de l'intelligence.
00:29:57Qu'est-ce que c'est que l'intelligence ?
00:29:58Et Bergson nous aide pour comprendre
00:30:00comment faire face à l'IA,
00:30:02qui est une intelligence artificielle.
00:30:05Enfin, bref.
00:30:05Donc, vous voyez, la pensée arrive au moment,
00:30:09et même un peu avant la crise.
00:30:10– Ou après la crise, quand elle analyse la crise.
00:30:15Mais est-ce que cet art et cette célébration de la beauté
00:30:19n'a pas été endommagée par l'idée de la tolérance,
00:30:24de tout se vaut ?
00:30:26– Ça, c'est effroyable.
00:30:28– Ce n'est pas la tolérance, en fait,
00:30:29c'est plutôt l'idée d'égalité.
00:30:31– Oui, tout se vaut, exactement.
00:30:33Et Christine parle, évidemment, de l'urinoir,
00:30:37du chant qui a provoqué des réactions.
00:30:40– Oui, c'est le premier art conceptuel
00:30:42qui date d'avant la guerre de 1914.
00:30:44Donc, quand les Américains ont pris
00:30:46l'art conceptuel comme arme,
00:30:48au lieu de prendre l'art abstrait,
00:30:51– Oui, oui, ils se sont appuyés là-dessus.
00:30:52– Ils se sont appuyés sur quelque chose
00:30:55qui existait en Europe.
00:30:56– Absolument.
00:30:56– Depuis avant la guerre de 1914.
00:30:58– Non, non.
00:30:59Mais, elle cite une réaction, l'urinoir, je déteste,
00:31:04mais il y en a qui aiment.
00:31:05Donc, je ne permettrai donc pas de la critique,
00:31:08mais je respecte les autres.
00:31:11Le problème, c'est que tolérer, c'est souffrir,
00:31:14et juger, c'est mal.
00:31:16Donc, nous souffrons de cette tolérance
00:31:20complètement idiote.
00:31:21C'est ça, le problème.
00:31:22– Et d'un égalitarisme, c'est-à-dire que tout se vaut.
00:31:25Ça, c'est aussi toute une pensée matérialiste, égalitariste.
00:31:30– Oui, qui s'est répandue dans tous les domaines de la société.
00:31:33– Alors, donc, évidemment,
00:31:35quelque chose qui a une qualité est intolérable.
00:31:38Et c'est aussi ce qui s'est passé dans le domaine de l'art.
00:31:41C'est-à-dire qu'au fond, tout artiste travaillant
00:31:43dans l'harmonie, dans une qualité,
00:31:49avec un savoir-faire, etc.,
00:31:51est condamné comme fasciste.
00:31:53C'est très violent, c'est ahurissant.
00:31:56– C'est très violent, oui.
00:31:57– À quel point c'est violent.
00:31:58Mais il faut dire aussi que c'est une guerre culturelle.
00:32:01Chose qui n'a pas été admise en France,
00:32:03que nous avons vécu tous les jours, une guerre culturelle.
00:32:06– J'ai envie de dire, à partir du moment
00:32:07où cet art provoque la guerre, c'est diabolique.
00:32:12Je suis désolée.
00:32:14L'harmonie devant un tableau,
00:32:16de tous ceux qui regardent ce tableau,
00:32:18est un bonheur.
00:32:19Et c'est un signe, déjà, de…
00:32:22C'est un signe divin, j'ai envie de dire.
00:32:25Tout ce qui provoque la guerre est néfaste.
00:32:29– Dans un sens, oui.
00:32:30– Et le diable divise.
00:32:32– Justement, dans ce premier livre sur l'anatomie,
00:32:34elle va analyser,
00:32:36elle va parler de cette subjectivité essentielle de l'art
00:32:39et de la beauté,
00:32:41mais elle va parler des constantes,
00:32:43des six constantes,
00:32:44qui sont, je dirais,
00:32:46ce qui fait qu'il y a une universalité aussi.
00:32:50Avec la singularité, il y a une universalité.
00:32:53Et là, on est dans la diversité.
00:32:56Et la diversité est essentielle.
00:32:58Pourquoi ? Parce que chaque être est unique.
00:33:00– Bien sûr, oui.
00:33:01– Alors, on est même dans une famille,
00:33:02vous avez trois enfants,
00:33:04il y en a un qui est comme ci,
00:33:05l'autre qui est comme ça,
00:33:06et vous vous dites,
00:33:06mais qu'est-ce que j'ai mis au monde ?
00:33:08Ils ne me ressemblent pas,
00:33:10et ils ne se ressemblent pas entre eux.
00:33:12Et qu'est-ce que c'est que ce bordel ?
00:33:14Excusez-moi.
00:33:16Donc, vous voyez,
00:33:17le problème se pose tous les jours
00:33:20autour de la table familiale.
00:33:22Donc, vous imaginez avec l'art,
00:33:24et puis avec tout le reste,
00:33:26comment la vie est complexe.
00:33:28Alors, quelles sont ces six constantes ?
00:33:30Pour vous montrer un peu le côté très clair,
00:33:34très organisé, très structuré,
00:33:36qui peut nous apporter beaucoup…
00:33:38– C'est follement intelligent.
00:33:39– …à nous artistes ou à nous amateurs.
00:33:42– Oui.
00:33:43– Alors, les six constantes,
00:33:45c'est que, disons, la beauté
00:33:49essaye d'ordonner le chaos.
00:33:56Et en faisant cela,
00:34:00comment dire,
00:34:03d'associer les diversités.
00:34:06– D'harmoniser, la deuxième chose,
00:34:09harmoniser les tensions.
00:34:10Parce que, dans une œuvre,
00:34:12s'il n'y a pas une tension,
00:34:13s'il n'y a pas un contraste,
00:34:15c'est mort.
00:34:17Donc, cette harmonisation des tensions,
00:34:21c'est quelque chose
00:34:23que la beauté sait faire.
00:34:26Enfin, c'est aussi surprendre,
00:34:29parce que notre œil,
00:34:31vous savez qu'il y a une libido de l'œil
00:34:32qui est d'une sévérité totale.
00:34:35Dès que vous vous ennuyez une seconde,
00:34:37votre œil fiche le compre ailleurs
00:34:38et va regarder ailleurs.
00:34:40– Comme l'oreille se ferme,
00:34:42un bruit qui est mauvais.
00:34:45– Voilà.
00:34:45Donc, disons que l'œil a de l'appétit,
00:34:49il aime ce qui le surprend,
00:34:52ce qui l'amuse,
00:34:53ce qui l'intéresse,
00:34:54ce qui est nouveau.
00:34:55Donc, il y a de ça dans la beauté.
00:34:59La beauté surprend toujours,
00:35:00parce qu'elle est unique aussi.
00:35:02– Et puis, la beauté surprend
00:35:04parce que l'environnement
00:35:07peut être très souvent assez laid.
00:35:10Donc, il y a un contraste.
00:35:11– Il y a le contraste.
00:35:12En tout cas, bon,
00:35:14il nous ravit l'œil.
00:35:17Alors, cet effet de surprise
00:35:18est très important pour l'œil.
00:35:20Et puis, alors, il y a cette chose
00:35:21dont commence à parler Gilson
00:35:24et dont commence à parler Claudel,
00:35:27dont commence à parler Weidler,
00:35:29qui est que l'œuvre d'art
00:35:31est un objet habité
00:35:33où il y a une présence
00:35:35et où il y a une vie.
00:35:38Et donc, soit cet objet
00:35:40a une présence, une vie
00:35:42et il est beau,
00:35:45soit il ne l'a pas.
00:35:46Alors là, on est dans quelque chose
00:35:47d'assez mystérieux,
00:35:49mais c'est très important d'ailleurs
00:35:50parce qu'on le sent,
00:35:51on le voit.
00:35:53Et puis après, elle parle
00:35:54que la beauté ne peut pas
00:35:56ne pas avoir du sens
00:35:58et un sens profond,
00:35:59même si ce n'est pas
00:36:00un sens conceptuel,
00:36:01même si ce n'est pas un discours.
00:36:04Et enfin,
00:36:08la beauté exige
00:36:10une résonance
00:36:13chez celui qui regarde.
00:36:16Elle appelle ça
00:36:17la commutativité,
00:36:19c'est-à-dire
00:36:20que l'œuvre
00:36:22et le public
00:36:22sont liés.
00:36:24Et ça,
00:36:25c'est très important
00:36:26parce que dans l'art contemporain,
00:36:28d'une certaine façon,
00:36:29et c'est ce qui en ce moment
00:36:31est en train
00:36:32de le faire trembler
00:36:33sur ses bases,
00:36:35eh bien,
00:36:35il n'y a pas de public,
00:36:38que c'est un art
00:36:38qui ne fonctionne
00:36:40que s'il est subventionné
00:36:42par l'État,
00:36:42comme en France,
00:36:43ou, disons,
00:36:45coté par New York,
00:36:48financièrement.
00:36:49Si ce n'est pas
00:36:50un produit financier
00:36:51sécurisé
00:36:53et fabriqué,
00:36:55si ce n'est pas
00:36:55un produit institutionnel
00:36:57et que s'il n'a pas
00:36:58de public,
00:37:00disons,
00:37:01il n'y a pas d'œuvre.
00:37:02– Et cet art financier
00:37:03est la plupart du temps
00:37:04dans des coffres forts.
00:37:06– Ou dans des ports francs.
00:37:09– Dans des ports francs,
00:37:11comme vous nous l'avez appris.
00:37:13Donc, il faut avoir
00:37:15beaucoup de méfiance
00:37:18à l'égard de tout produit financier,
00:37:20ce que toute paysanne normande sait.
00:37:22– Alors, il faut dire aussi
00:37:24qu'il y a un deuxième livre
00:37:25qui est paru
00:37:25qui s'appelle
00:37:26Géographie de la beauté.
00:37:28Donc, nous avons fait l'anatomie
00:37:29et là, nous avons donc
00:37:32ces deux livres
00:37:32que vous pouvez déjà acheter.
00:37:35Géographie de la beauté.
00:37:37Et là, elle dit
00:37:38la beauté est toujours contextuelle.
00:37:41Ce n'est pas un concept.
00:37:42Donc, elle est…
00:37:43– Enracinée.
00:37:44– Enracinée.
00:37:45Voilà.
00:37:45Elle a un terroir
00:37:47et elle parle
00:37:48des terroirs de la beauté.
00:37:50Et là, elle les définit.
00:37:52Il y a toute une gamme
00:37:54entre le, disons,
00:37:57le joli et le sublime.
00:37:58C'est-à-dire que
00:37:59vous avez toutes sortes
00:38:01de choses possibles.
00:38:02Vous avez l'harmonieux,
00:38:03vous avez le sublime,
00:38:05vous avez le joli.
00:38:06Vous avez le kitsch,
00:38:08l'étrange,
00:38:09l'intéressant,
00:38:10le primordial,
00:38:12le pulsionnel,
00:38:13le lait,
00:38:15le quelconque.
00:38:17Mais le beau peut faire
00:38:19feu de tout bois.
00:38:21Alors, il y a des domaines
00:38:22où c'est moins facile
00:38:24que dans d'autres
00:38:25ou plus rare.
00:38:26mais elle compare ça
00:38:30un petit peu
00:38:30et ça choque
00:38:31quelques personnes.
00:38:34La beauté,
00:38:35c'est l'art
00:38:36d'aménager
00:38:37les saveurs.
00:38:39Donc, c'est un peu
00:38:39comme une cuisine.
00:38:42Cuisine,
00:38:44je dirais,
00:38:44il n'y a pas de limite
00:38:45à la cuisine.
00:38:46Il faut simplement
00:38:47harmoniser
00:38:48des saveurs différentes,
00:38:50des textures différentes
00:38:51et en faire quelque chose
00:38:55qui sensiblement
00:38:56est délicieux.
00:39:00Elle souligne
00:39:02qu'il n'y a pas
00:39:03eu de Bérezina
00:39:05dans la danse
00:39:06dite contemporaine.
00:39:08Parce qu'en réalité,
00:39:10la danse étant
00:39:11un art
00:39:12extraordinairement codifié
00:39:15aux règles très strictes
00:39:16avec un entraînement
00:39:16fabuleux,
00:39:19les changements
00:39:21de thème,
00:39:22les changements
00:39:22de sujets
00:39:23et les changements
00:39:25de mouvements
00:39:26sont quand même
00:39:27encore
00:39:28dominés
00:39:30par ce passé
00:39:31de la danse.
00:39:32Et c'est vrai
00:39:33qu'on n'a pas
00:39:34le même rejet
00:39:35de l'art moderne
00:39:38dans la danse
00:39:39que l'on a
00:39:39dans la peinture.
00:39:40Oui, il y a des domaines
00:39:41plus difficiles.
00:39:43Mais en fait,
00:39:43si vous voulez...
00:39:43Tout simplement
00:39:44à cause du côté charnel.
00:39:45Cela dit,
00:39:46la question
00:39:47de la déconstruction
00:39:48et de la mise en œuvre
00:39:49de l'art contemporain
00:39:50a gagné tout.
00:39:52A gagné la poésie,
00:39:54a gagné
00:39:54le théâtre,
00:39:59a gagné le cinéma,
00:40:01a gagné...
00:40:01Enfin,
00:40:02ça a été moins sévère
00:40:03que pour la peinture.
00:40:04Pourquoi ?
00:40:04Parce que
00:40:05vous ne pouvez pas
00:40:06faire un film
00:40:07à plusieurs millions
00:40:08s'il n'y a pas
00:40:09de public.
00:40:10Et là,
00:40:11le public,
00:40:12c'est lui
00:40:13qui décide.
00:40:15Et la peinture,
00:40:18ça a été
00:40:18le territoire idéal
00:40:20plus que tous les autres.
00:40:24Parce qu'en plus,
00:40:25c'est un objet,
00:40:26donc ça peut être
00:40:27financiarisé,
00:40:28ça peut être muséifié,
00:40:30ça peut être...
00:40:31le public est moins important.
00:40:35Oui.
00:40:36Parce que la relation
00:40:37est plus intime aussi,
00:40:38peut-être.
00:40:39Mais moi,
00:40:39je suis persuadée
00:40:40qu'une grande part
00:40:42du malaise contemporain,
00:40:43parce que je crois
00:40:44qu'on peut parler
00:40:45d'une misère morale
00:40:49et mentale contemporaine,
00:40:51vient de ce que
00:40:52on a tourné,
00:40:55on a changé la boussole,
00:40:56on a tourne-boussolé...
00:40:57On a inversé.
00:40:59On a inversé
00:41:00et que de cette inversion
00:41:03naît une tristesse.
00:41:05C'est-à-dire que
00:41:06c'était une immense
00:41:07consolation.
00:41:08L'art est une immense
00:41:09consolation.
00:41:10Elle vous rend
00:41:11aux moments
00:41:12très difficiles.
00:41:14Tout d'un coup,
00:41:14vous écoutez une belle musique
00:41:15et vous êtes au paradis.
00:41:17Oui, absolument.
00:41:18C'est-à-dire, oui.
00:41:19Est-ce qu'on ne peut pas dire
00:41:19aussi que
00:41:20dans un désordre total,
00:41:21tout d'un coup,
00:41:22on a un ordre
00:41:24d'harmonie,
00:41:26de sérénité
00:41:27et que donc
00:41:29les choses se remettent
00:41:30en place.
00:41:30Qui vous ressemblent.
00:41:31Moi, j'ai reçu chez moi
00:41:32une dizaine
00:41:33d'étudiants
00:41:34en architecture
00:41:34et il y en a un
00:41:37qui m'a dit
00:41:38mais madame,
00:41:39qu'est-ce que la beauté ?
00:41:40Voilà.
00:41:41Qu'on arrive
00:41:42en troisième
00:41:43ou quatrième année
00:41:44d'architecture
00:41:45à demander
00:41:46qu'est-ce que la beauté ?
00:41:48Déjà,
00:41:48il s'est posé la question.
00:41:49C'était un être de valeur.
00:41:52Évidemment.
00:41:52Les trois quarts des gens
00:41:53ne se posent pas la question.
00:41:54Absolument.
00:41:55Mais vous imaginez
00:41:56le malheur
00:41:58de cet individu.
00:41:59Les architectes,
00:42:00c'était quand même
00:42:01des gens…
00:42:03Là, c'est eux
00:42:03qui créaient l'harmonie.
00:42:06C'est le principal art,
00:42:07c'est l'architecture
00:42:08puisqu'ils nous créent
00:42:10l'harmonie de la ville,
00:42:11ils nous créent
00:42:12l'harmonie de l'habitat.
00:42:15L'architecte
00:42:16qui met tout ça
00:42:18dans de bonnes proportions,
00:42:20s'il fait des choses,
00:42:23s'il nous fait
00:42:24des cages à poules
00:42:24pour vivre,
00:42:25nous devenons cages à poules.
00:42:26Nous devenons aussi moches
00:42:28que nos habitations.
00:42:30Voilà, voilà.
00:42:32Et vous savez,
00:42:33on peut avoir
00:42:34une habitation modeste
00:42:35si la proportion
00:42:36de la porte,
00:42:37de la fenêtre
00:42:37et des murs
00:42:39est bonne,
00:42:40vous pouvez vivre
00:42:41en harmonie.
00:42:42sinon vous êtes
00:42:44un chien
00:42:45dans sa tanière.
00:42:47– Dans sa niche.
00:42:47– Dans sa niche,
00:42:48même pas,
00:42:49ou non,
00:42:49un groupe dans sa tanière.
00:42:51– Je dois signaler
00:42:53une merveilleuse initiative
00:42:55qui vient de se terminer.
00:42:58C'est 89 villes de France
00:43:01qui ont décidé
00:43:03d'exposer
00:43:05des copies
00:43:06de grandes toiles
00:43:07dans leur ville
00:43:09en pleine rue.
00:43:10devant des jardins,
00:43:15devant des façades
00:43:15et tout.
00:43:16Et là,
00:43:17je me suis dit,
00:43:18j'ai vu
00:43:18le maire
00:43:20de Horry-Laville
00:43:21qui a rejoint
00:43:23cette expérience
00:43:24et qui a révélé
00:43:26que ses concitoyens
00:43:29étaient très heureux
00:43:31que tout le monde
00:43:32s'arrêtait
00:43:33devant un tableau.
00:43:34– Oui.
00:43:35– Au lieu d'emmener
00:43:35les enfants
00:43:37dans un musée,
00:43:38on faisait venir
00:43:39l'art
00:43:39en pleine ville.
00:43:40– Vous voyez,
00:43:41l'œil,
00:43:41si vous arrivez
00:43:42à retenir l'œil
00:43:44quelques minutes,
00:43:46même pas minutes,
00:43:47vous avez gagné.
00:43:49Ça veut dire
00:43:50que tout d'un coup,
00:43:51l'œil est satisfait.
00:43:53– Oui.
00:43:53– Alors que
00:43:55la vitesse
00:43:57avec laquelle
00:43:57vous parcourez
00:43:58quelque chose
00:43:59qui n'est pas beau
00:44:03est colossale.
00:44:05C'est quelques fractions
00:44:07de secondes.
00:44:08– Ce que les publicitaires,
00:44:09d'ailleurs,
00:44:09devraient comprendre
00:44:10parce qu'il y a
00:44:12tant de publicités
00:44:13qu'on les a
00:44:14complètement maintenant.
00:44:16Moi, je ne regarde
00:44:16plus une publicité.
00:44:17– Avant,
00:44:17on les regardait.
00:44:18– Avant,
00:44:18on les regardait
00:44:19parce qu'ils étaient
00:44:20respectueux.
00:44:21– Oui,
00:44:22mais on va avoir
00:44:23un beau garçon
00:44:23et une jeune fille,
00:44:24c'est le plaisir de l'œil.
00:44:26– Oui.
00:44:26Mais d'abord,
00:44:29ils sont devenus laits
00:44:30puisqu'on ne les choisit
00:44:31plus en fonction
00:44:32de la beauté
00:44:32puisque la beauté
00:44:33est interdite aussi
00:44:34pour les modèles.
00:44:35et puis,
00:44:37on est sûr
00:44:38qu'on va être agressé
00:44:39pour des tas de raisons.
00:44:43Donc,
00:44:43on glisse.
00:44:44Et donc,
00:44:45ces espaces publicitaires
00:44:46qui coûtent la peau
00:44:47des deux fesses,
00:44:49ce pouvoir
00:44:51de la publicité
00:44:52va être déliquescent
00:44:54puisqu'on ne va plus
00:44:55les regarder.
00:44:56C'est quand même
00:44:57une bonne nouvelle,
00:44:57ça.
00:44:57– Oui,
00:44:58c'est anthropologique,
00:45:00on n'y peut rien,
00:45:01ça marche.
00:45:03Et disons
00:45:04qu'il y a un côté
00:45:05anthropologique
00:45:06dans l'art
00:45:06et la beauté
00:45:07qui…
00:45:08S'il n'y a pas de beauté,
00:45:09on ne fait pas de bébé.
00:45:11– Absolument.
00:45:12On est désespéré
00:45:13et on ne fait pas de beauté.
00:45:15– Et alors,
00:45:16oui,
00:45:16j'aimerais aussi dire
00:45:17quels sont les trois
00:45:18qui suivent,
00:45:19qui ne sont pas encore édités,
00:45:20dont on reparlera
00:45:22et elle viendra
00:45:23vous en parler
00:45:23mieux que moi.
00:45:25Et alors,
00:45:25donc,
00:45:26celui d'après,
00:45:26c'est les bienfaits
00:45:27du beau.
00:45:28– Oui,
00:45:29on vient d'en parler.
00:45:30– Parce que,
00:45:30visiblement,
00:45:31on a dit que la beauté
00:45:33était malfaisante,
00:45:34diabolique,
00:45:35mauvaise.
00:45:37Eh bien,
00:45:38elle a écrit un livre
00:45:39sur les bienfaits
00:45:40de la beauté,
00:45:40c'était quand même
00:45:41intéressant à connaître.
00:45:43Ensuite,
00:45:44elle a fait un livre
00:45:45sur la beauté,
00:45:47les beautés singulières.
00:45:49– Oui,
00:45:50c'est très intéressant ça,
00:45:51oui.
00:45:51– Parce qu'on revient
00:45:51à cette idée
00:45:52de la diversité
00:45:53de l'être humain
00:45:54et donc à la diversité
00:45:56de la beauté.
00:45:56D'ailleurs,
00:45:57vous n'avez jamais vu
00:45:58deux personnes identiques
00:45:59depuis le début
00:46:00de l'humanité
00:46:01et que vous avez combien,
00:46:04il y a eu tellement
00:46:05de beauté.
00:46:05– Différentes.
00:46:06– Différentes, oui.
00:46:07– Bon,
00:46:08donc beauté singulière
00:46:09et puis,
00:46:11elle va,
00:46:11elle clôt avec
00:46:13ce que nous avons connu
00:46:14de tout à fait fantastique
00:46:17et que,
00:46:18je dirais,
00:46:19les élites françaises
00:46:20n'ont pas vu,
00:46:20pas reconnu,
00:46:22c'est guerre à la beauté.
00:46:24– Guerre à la beauté, oui.
00:46:25– Et donc,
00:46:25elle nous parle
00:46:26de ce qui s'est passé
00:46:27de ces 50 ans
00:46:28de guerre à la beauté.
00:46:30– Oui,
00:46:31vous l'avez tous senti,
00:46:33chers amis de TV Liberté,
00:46:34je le sais,
00:46:35je le sens,
00:46:37mais que c'est quand même
00:46:38fantastique
00:46:39de voir ces choses-là
00:46:40dites,
00:46:41exprimées
00:46:42et qui permet finalement
00:46:45de ne plus voter
00:46:47pour des gens
00:46:48qui vont vous présenter
00:46:49des laideurs
00:46:50et manifester
00:46:54ce besoin
00:46:55de beauté.
00:46:58Je répète souvent
00:46:59la phrase d'Offenbach
00:47:00dans La Belle Hélène,
00:47:01nous voulons de l'amour,
00:47:03n'en fût-il plus au monde,
00:47:05eh bien nous,
00:47:05nous voulons de la beauté.
00:47:07Et il y en a encore
00:47:09dans ce monde.
00:47:09– Il y en a partout
00:47:10si on se donne la peine
00:47:11de regarder.
00:47:12– Si on se donne
00:47:13et mains artistes
00:47:15vivent
00:47:16et créent
00:47:18et offrent
00:47:19des choses merveilleuses
00:47:20et il faut absolument
00:47:21ne pas,
00:47:23ne pas,
00:47:24ne pas rester immobile,
00:47:28il faut aller chercher
00:47:29ces œuvres.
00:47:30– Alors,
00:47:31il faut dire donc
00:47:32le grain de sel
00:47:33de Christine Surgens,
00:47:34le blog de Christine Surgens,
00:47:36tout ça,
00:47:37c'est sur Internet.
00:47:37– Absolument.
00:47:38Et celui de Nicole Lesteroll.
00:47:40– Merci beaucoup
00:47:41Aude de Kéros
00:47:42et lisez en livre de poche,
00:47:45c'est les livres,
00:47:46les derniers livres
00:47:47d'Aude
00:47:48et il faut les offrir
00:47:50aux jeunes
00:47:51pour qu'ils soient,
00:47:52on va utiliser
00:47:53le mot américain,
00:47:55pour qu'ils soient armés
00:47:56pour toutes ces sonneries
00:47:57qui nous environnent.
00:47:59Merci beaucoup
00:48:00Aude de Kéros.
00:48:03À très vite
00:48:03et très joyeuse
00:48:05et heureuse
00:48:06et sainte fête de Noël,
00:48:07chers amis de TV Liberté.
00:48:09– Merci.
00:48:12– Voilà, voilà.
00:48:14– Bonjour,
00:48:14chers amis de TV Liberté.
00:48:16Nous filons au cinéma
00:48:17avec Renaud De Bourloff
00:48:19qui a un très bon film
00:48:20à nous proposer.
00:48:23Jean Valjean.
00:48:24– Bonjour Anne.
00:48:24Oui, en effet,
00:48:25Jean Valjean,
00:48:26alors Les Misérables,
00:48:27l'œuvre littéraire,
00:48:28enfin l'une des œuvres littéraires
00:48:29les plus adaptées au cinéma
00:48:30avec Les Trois Mousquetaires
00:48:32et Le Comte de Montecristo
00:48:33et aussi Rumeau-Juliette
00:48:34chez nos amis anglo-saxons.
00:48:37Cette fois-ci,
00:48:38c'est une adaptation
00:48:38plutôt originale.
00:48:40C'est un film
00:48:42qui se concentre
00:48:43sur la rencontre
00:48:45entre Jean Valjean
00:48:46qui vient de sortir du bagne
00:48:47et l'évêque de Digne,
00:48:49Monseigneur Myriel.
00:48:50Et oui,
00:48:51parce que,
00:48:52n'oublions pas
00:48:53que dans ce très gros pavé
00:48:55Les Misérables
00:48:56de Victor Hugo,
00:48:57Jean Valjean
00:48:58n'apparaît qu'au deuxième chapitre.
00:49:00Vous savez,
00:49:00vous avez cinq livres.
00:49:01Vous avez le livre 1
00:49:01intitulé Fantine
00:49:02du nom de la mère
00:49:04de la petite Cosette.
00:49:06Et dans ce livre 1,
00:49:07vous avez plusieurs chapitres
00:49:09et Jean Valjean
00:49:09n'est mentionné
00:49:10qu'à partir du deuxième chapitre,
00:49:11le premier chapitre
00:49:12est vraiment consacré
00:49:13à la personnalité
00:49:14de cet évêque de Digne
00:49:16dans le sud de la France
00:49:17qui fait l'objet
00:49:20de tout un chapitre
00:49:20alors que,
00:49:21évidemment,
00:49:22très vite,
00:49:23on ne le reverra plus
00:49:24tout au long du roman
00:49:25qui s'étale
00:49:26sur plusieurs années.
00:49:27Mais qui a un rôle
00:49:28très bien faisant.
00:49:29– Il a un rôle majeur
00:49:30parce que lorsque nous voyons
00:49:32Jean Valjean
00:49:32qui sort du bagne
00:49:33plein de colère,
00:49:34plein de haine,
00:49:35il a passé 19 ans au bagne
00:49:36pour un vol avec effraction.
00:49:39On se dit 19 ans pour ça,
00:49:40c'est beaucoup.
00:49:41Bon, si on nuance un petit peu,
00:49:42il était condamné
00:49:43seulement à 5 ans,
00:49:44il a ensuite 14 de plus
00:49:45pour des tentatives d'évasion.
00:49:46– La justice a toujours
00:49:46très mal marché.
00:49:47– C'est vrai qu'il sort
00:49:48avec beaucoup de colère
00:49:49en se disant
00:49:50que sa sanction,
00:49:52même s'il en méritait une,
00:49:54était beaucoup trop dure
00:49:55par rapport à ce qu'il avait fait.
00:49:56de ce qu'il est rejeté
00:49:59partout où il va.
00:50:01Il se présente
00:50:01parce qu'il y a toujours
00:50:02son passeport d'ancien bagnard
00:50:03donc les gens se méfient de lui.
00:50:05Les gens pensent,
00:50:06parfois même,
00:50:06les gens ont peut-être
00:50:07une peur qui peut,
00:50:09malheureusement,
00:50:09dans certains cas,
00:50:10être légitime.
00:50:10Peut-être qu'ils ont peur
00:50:11d'avoir un violeur
00:50:12ou un assassin
00:50:13puisque notre Jean Valjean
00:50:14n'est pas.
00:50:15Il est dit dans le roman,
00:50:18ça fait longtemps
00:50:18que je l'ai lu,
00:50:19il est dit pourquoi
00:50:20il est incarcéré.
00:50:22Quel était son vol ?
00:50:23– Un vol d'un pain
00:50:24dans une boulangerie
00:50:25avec effraction.
00:50:26– Un pain.
00:50:27– Du pain dans une boulangerie
00:50:28avec effraction,
00:50:29voilà,
00:50:29d'où les 50 bagnes.
00:50:3050 bagnes plus 14 ans
00:50:32qui vont se rajouter
00:50:33pour des tentatives d'évasion.
00:50:34Et donc,
00:50:38il ne va trouver la lumière
00:50:40qu'auprès de Monseigneur Myriel
00:50:42qui va l'accueillir,
00:50:44ne pas le juger.
00:50:47Jean Valjean,
00:50:48il est encore endurci.
00:50:50Il s'en va au petit matin
00:50:52en ayant volé l'argenterie
00:50:54de l'évêque.
00:50:55Lorsque les gendarmes
00:50:56le retrouvent,
00:50:57notre évêque,
00:50:58il dit,
00:50:59il applique cette parole
00:51:00d'évangile,
00:51:01si on vous prend
00:51:02vente mentaux,
00:51:03laissez donner.
00:51:04– Et il va même
00:51:05jusqu'à lui donner encore
00:51:07les fameux chandeliers d'argent
00:51:09dont Jean Valjean,
00:51:10je crois,
00:51:10ne se séparera jamais.
00:51:12Il va utiliser
00:51:12l'argent de la vaisselle
00:51:13pour faire du bien
00:51:14mais les chandeliers
00:51:15ne voudra jamais
00:51:16s'en séparer.
00:51:17Ou il ne pourra s'en séparer
00:51:19que lorsqu'il devra fuir
00:51:20devant Javert.
00:51:21Mais il y tiendra
00:51:21comme à la prunelle
00:51:22de ses yeux
00:51:23en souvenir de cet évêque.
00:51:24Donc, vous voyez,
00:51:251h30 de film
00:51:25sur vraiment cette rencontre
00:51:28entre Jean Valjean
00:51:29qui est joué par Grégory Gadebois,
00:51:31très convaincant.
00:51:31– Il est fantastique
00:51:32cet acteur.
00:51:34– Oui, un personnage
00:51:35encore russe,
00:51:35encore endurci,
00:51:36très bien.
00:51:37Bernard Campan,
00:51:37très bon évêque
00:51:38avec son air bienveillant.
00:51:41La sœur de l'évêque
00:51:41est jouée par Isabelle Carré,
00:51:43très juste.
00:51:44Leur gouvernante
00:51:45par Alexandra Lamy,
00:51:46là aussi,
00:51:46dans ce personnage
00:51:47de femme un peu méfiante
00:51:49vis-à-vis de cette ancienne bannière.
00:51:51Le film est vraiment
00:51:52très bien joué.
00:51:53– L'atmosphère
00:51:53est très obscure.
00:51:55– Convaincant,
00:51:56et l'atmosphère,
00:51:56oui, tout à fait,
00:51:56l'atmosphère est assez obscure.
00:51:58– On est dans des tableaux
00:51:59de la tour.
00:51:59– Et on peut aussi,
00:52:03par ailleurs,
00:52:03apprécier les fameux
00:52:04paysages du Sud
00:52:05que vous aimez,
00:52:06que moi aussi,
00:52:07j'aime bien aussi.
00:52:07– Le film montre aussi
00:52:13un peu toute la complexité
00:52:15ou peut-être à l'inverse
00:52:16plutôt la trop grande
00:52:17simplification de Victor Hugo
00:52:19qui parfois fait un peu
00:52:20le syncrétisme
00:52:22entre le christianisme
00:52:24et l'humanisme
00:52:25et les lumières.
00:52:26Vous savez, Victor Hugo,
00:52:27il avait une pensée
00:52:27un peu particulière.
00:52:29– Ah oui, un peu schématique.
00:52:30– Mais il y a de belles choses,
00:52:31vraiment.
00:52:32Et on va vous dire,
00:52:32dans le film,
00:52:33quand on voit Jean Valjean
00:52:35qui est ramené
00:52:36chez Monseigneur
00:52:37qui lui dit
00:52:37qu'il appelle
00:52:38« Mon ami,
00:52:39voici vos chandeliers ».
00:52:40On ne va pas s'empêcher
00:52:41d'être très, très ému
00:52:42par cette scène.
00:52:43Voilà.
00:52:44L'occasion aussi
00:52:45de nous replonger
00:52:46dans les autres adaptations
00:52:48des Misérables,
00:52:49de faire un petit peu le point
00:52:49parce que,
00:52:50comme je l'ai dit,
00:52:50c'est un des romans
00:52:51les plus adaptés au cinéma.
00:52:52– Oui, vous avez bien
00:52:53préparé votre sujet.
00:52:54– Oui, oui.
00:52:55Bon, c'est des films
00:52:55que j'avais déjà vus avant.
00:52:56Il y a une des versions
00:52:59les plus connues,
00:53:00c'est celle de 1958
00:53:01avec Jean Gabin
00:53:02dans le rôle de Jean Valjean.
00:53:04C'est une adaptation
00:53:04qui a le mérite
00:53:06d'être très fidèle
00:53:07à l'œuvre originale.
00:53:09On trouve même
00:53:10les dialogues,
00:53:11je crois,
00:53:12à peu près exacts
00:53:15comparés à l'œuvre originale.
00:53:18Ça permet de donner
00:53:19un peu un spectacle familial.
00:53:21Bon, seul point négatif,
00:53:23c'est que je trouve
00:53:23que les acteurs,
00:53:24parfois,
00:53:24manquent un peu
00:53:24d'expression.
00:53:26Jean Gabin
00:53:26n'est pas dans son meilleur rôle.
00:53:29Il aurait pu faire
00:53:30un Jean Valjean
00:53:30plus expressif.
00:53:31Par contre,
00:53:31Bourville est épatant
00:53:33en Thénardier.
00:53:34Très bien.
00:53:35Très bien.
00:53:35Une autre version
00:53:36beaucoup plus sombre,
00:53:37beaucoup plus dure,
00:53:38c'est celle réalisée
00:53:38par Robert Hossène
00:53:39avec Lino Ventura
00:53:40dans le rôle principal.
00:53:40Lino Ventura est excellent
00:53:42en Jean Valjean.
00:53:43Son personnage de gros dur
00:53:45qui révèle après un grand cœur
00:53:48est remarquable.
00:53:51Le film est dur,
00:53:51on montre vraiment
00:53:52la misère,
00:53:54la saleté,
00:53:55la saleté dans laquelle
00:53:57les personnages vivent.
00:53:58le film montre vraiment
00:54:00une atmosphère réaliste
00:54:01un peu éprouvante.
00:54:04Le face à face
00:54:04entre Lino Ventura
00:54:06et Michel Bouquet
00:54:06est remarquable.
00:54:09Et après,
00:54:10une autre version
00:54:11plus surprenante,
00:54:12c'est une comédie musicale
00:54:14américaine.
00:54:16C'est un film
00:54:17qui est intégralement chanté.
00:54:19C'est un peu déconcertant
00:54:20au début,
00:54:21mais c'est très convaincant
00:54:22avec Hugh Jackman
00:54:22dans le rôle de Jean Valjean.
00:54:24Très bon aussi.
00:54:26L'actualité au cinéma,
00:54:28c'est aussi la rencontre
00:54:30le 15 novembre au Vatican
00:54:32entre le pape Léon XIV
00:54:34et des personnalités
00:54:35du monde du cinéma.
00:54:37Donc,
00:54:37il a reçu
00:54:38certains acteurs,
00:54:41Hugo Mortensen,
00:54:42Cade Blanchet,
00:54:42qu'on a vu dans
00:54:43Le Seigneur des Anneaux.
00:54:44Il a reçu aussi
00:54:44Monica Bellucci.
00:54:46Monica Bellucci,
00:54:47elle était connue
00:54:47au début des années 2000,
00:54:49vous vous souvenez sans doute.
00:54:50Ah oui,
00:54:50c'est une de mes idoles.
00:54:52Vraiment.
00:54:53Une femme aussi belle.
00:54:54Elle était aussi
00:54:55une remarquable
00:54:56Marie-Madeleine
00:54:57dans La Passion du Christ.
00:54:59Oui, oui, oui.
00:55:01Notons aussi,
00:55:01petit aparté,
00:55:02et en plus ça c'est d'actualité
00:55:03puisque nous sommes
00:55:04dans ces derniers jours
00:55:05avant Noël,
00:55:06la fille de Monica Bellucci,
00:55:08Deva Kassel,
00:55:09va jouer la Sainte Vierge
00:55:11dans un film
00:55:12qui est actuellement
00:55:13en préparation,
00:55:13qui doit tourner
00:55:14dans les prochaines semaines,
00:55:15dont le titre
00:55:15n'est pas encore connu,
00:55:16ni à date de sortie non plus.
00:55:18C'est un film
00:55:18qui va se concentrer
00:55:19sur la fuite
00:55:21de la Sainte Famille
00:55:21en Égypte.
00:55:22Ah oui.
00:55:24C'est étonnant
00:55:25tout de même
00:55:25tous ces films
00:55:26sur la vie de Jésus.
00:55:30C'est un signe des temps
00:55:31tout de même.
00:55:31C'est un signe des temps
00:55:32et nous retrouverons
00:55:33d'ailleurs dans ce film
00:55:34Jim Caviezel
00:55:35de La Passion du Christ.
00:55:37Oui, oui, oui.
00:55:37Cette fois-ci,
00:55:38alors pour des raisons évidentes,
00:55:40ce n'est pas lui
00:55:40qui ne reprendra pas
00:55:41le rôle de Jésus,
00:55:41il ne jouera pas
00:55:42l'enfant Jésus évidemment.
00:55:43Non, il va jouer
00:55:43le rôle d'Hérode.
00:55:45C'est une démarche humble
00:55:46de sa part
00:55:47après avoir joué
00:55:47Notre Seigneur Jésus,
00:55:48il va décider
00:55:49de jouer cette fois-ci
00:55:50un rôle plus difficile,
00:55:52moins reluisant.
00:55:55Donc, ça promet
00:55:56d'être un très bon film,
00:55:57d'aller rendre
00:55:58au Monteverde,
00:55:58vous savez,
00:55:58le réalisateur
00:55:59de Sando Freedom
00:56:00et de Cabrini.
00:56:01Voilà, le film
00:56:01dont nous avions déjà
00:56:02plusieurs fois parlé.
00:56:04Cabrini,
00:56:04je le signale
00:56:06parce qu'il faut
00:56:06que vous préparez
00:56:08vos cadeaux,
00:56:09chers amis de TV Liberté.
00:56:11Et Cabrini,
00:56:12c'est l'histoire
00:56:13d'une petite religieuse
00:56:14italienne
00:56:15du tout début du siècle
00:56:18qui va à tout prix
00:56:19aller évangéliser
00:56:21la Chine.
00:56:22Alors, son évêque
00:56:23lui dit
00:56:23reste tranquille.
00:56:27Et donc,
00:56:28comme elle est très obstinée,
00:56:30comme bien des femmes,
00:56:32elle va voir le pape,
00:56:33elle va à Rome
00:56:34et le pape,
00:56:36avec infiniment
00:56:36de clairvoyance,
00:56:38voit qu'il y a
00:56:38beaucoup d'énergie
00:56:39chez cette petite religieuse
00:56:41et qu'il lui dit
00:56:42non,
00:56:43rien n'est prévu
00:56:44pour la Chine
00:56:44à l'heure actuelle,
00:56:46mais on a besoin
00:56:47de vous en Amérique,
00:56:49à New York,
00:56:50puisque à New York,
00:56:53les WASPs,
00:56:56les anglo-saxons blancs,
00:56:59font construire
00:56:59la ville de New York
00:57:00et qui construit ?
00:57:01Eh bien,
00:57:02ce sont les Italiens
00:57:03qui émigrent
00:57:03parce qu'il n'y a rien
00:57:05à manger pour eux
00:57:06en Italie
00:57:07et ils sont traités
00:57:09comme des chiens,
00:57:10ils habitent
00:57:11dans les sous-sols,
00:57:12ils attrapent
00:57:13toutes les maladies
00:57:15puisque c'est humide
00:57:16et donc,
00:57:17elle va créer
00:57:18des hôpitaux,
00:57:19des orphelinats
00:57:21et son œuvre
00:57:23va devenir
00:57:23une œuvre immense
00:57:25et je vous signale
00:57:27la conclusion du film,
00:57:29l'évêque new-yorkais
00:57:32qui l'avait mal accueilli
00:57:34au début,
00:57:34lui rend hommage
00:57:36et lui dit
00:57:37bravo ma sœur,
00:57:40vous avez fait
00:57:40une très belle action
00:57:41et quelle dommage
00:57:43que vous ne soyez pas
00:57:44un homme
00:57:44et elle répond
00:57:46ce que j'ai fait,
00:57:48aucun homme
00:57:48n'aurait pu le faire
00:57:49et je vous signale
00:57:51qu'auprès des petites filles
00:57:53c'est une réponse
00:57:56qui leur fait
00:57:56très plaisir.
00:57:58Voilà,
00:57:59c'est un beau film
00:58:00à voir en famille.
00:58:01C'est un beau film
00:58:02à voir en famille
00:58:02et une bonne idée
00:58:03de cadeau de Noël.
00:58:06Le cinéma
00:58:06qui peut être
00:58:07vraiment un moteur
00:58:09d'espérance
00:58:10comme le pape
00:58:10nous l'a dit
00:58:11et je vous lire
00:58:12ses propos.
00:58:13Le cinéma
00:58:13lorsqu'il est authentique,
00:58:15précision utile,
00:58:16le cinéma
00:58:17lorsqu'il est authentique
00:58:17ne se contente pas
00:58:18de consoler,
00:58:19il interpelle,
00:58:20il appelle par leur nom
00:58:21les questions
00:58:22qui nous habitent
00:58:22et parfois même
00:58:23les larmes
00:58:24que nous ignorions
00:58:25devoir exprimer.
00:58:27Il rajoute
00:58:27notre époque
00:58:28a besoin de témoins
00:58:29d'espérance,
00:58:30de beauté
00:58:30et de vérité
00:58:31par votre œuvre artistique,
00:58:32vous pouvez les incarner,
00:58:34retrouver l'authenticité
00:58:35de l'image
00:58:35pour sauvegarder
00:58:36et promouvoir
00:58:37la dignité humaine
00:58:38réside dans le pouvoir
00:58:39du bon cinéma
00:58:40de ses créateurs
00:58:40et de ses acteurs.
00:58:41C'est le moment
00:58:42de rappeler...
00:58:43C'est pas que des mauvaises choses
00:58:43à Hollywood.
00:58:44C'est le moment
00:58:45de rappeler...
00:58:47Non, il n'y a pas
00:58:49de mauvaises choses
00:58:49que je leur reproche
00:58:50seulement,
00:58:51c'est leur volonté
00:58:51d'impérialisme
00:58:52sur la Terre entière
00:58:54si vous voulez
00:58:54et ça,
00:58:55ça commence
00:58:55à être agaissant
00:58:56et ils ont quand même
00:58:59imposé un taux
00:59:00de films américains
00:59:02après la guerre
00:59:03qui est une véritable...
00:59:05C'était pas
00:59:06le cinéma américain
00:59:06le plus particulier,
00:59:07c'était le cinéma
00:59:08d'une manière plus large.
00:59:09Absolument, absolument.
00:59:10Mais c'est le moment
00:59:12de rappeler
00:59:13les deux films
00:59:14à voir aux chrétiens
00:59:16qui sont
00:59:17le film Sacré-Cœur
00:59:23sur...
00:59:24Qu'on peut encore trouver
00:59:25en...
00:59:25Qu'on peut trouver
00:59:26en tout cas
00:59:27sage production
00:59:29ou production sage
00:59:30et puis
00:59:31les baroudeurs
00:59:33du ciel...
00:59:34Les baroudeurs du Christ.
00:59:34Du Christ.
00:59:35Les baroudeurs du Christ
00:59:36sur les missionnaires
00:59:36des missions étrangères de Paris.
00:59:37Sur les missionnaires
00:59:38les fabuleux missionnaires
00:59:41des missions étrangères.
00:59:43Voilà.
00:59:43Ça, c'est deux films
00:59:44très beaux à voir.
00:59:48Si vous voulez aussi
00:59:49quelques idées
00:59:49de Cano Noël,
00:59:50le peuple nous a donné
00:59:53ses quatre films
00:59:54préférés à cette occasion.
00:59:55Donc, il va être intéressant
00:59:57de les recenser.
00:59:58Alors, le premier
00:59:59dont il parle,
01:00:00c'est un film américain
01:00:02intitulé
01:00:02It's a Wonderful Life
01:00:03qui est traduit aussi
01:00:04en français
01:00:05par La Vie est Belle.
01:00:06C'est un film
01:00:06de Franck Capra
01:00:07avec, vous savez,
01:00:08l'histoire de cet homme.
01:00:09Qui est un très vieux film.
01:00:10Un très vieux film.
01:00:11Magnifique.
01:00:12Un histoire d'un âge
01:00:12par James Stewart
01:00:13qui est sur le point
01:00:14de se jeter d'un pont
01:00:15lorsque le Seigneur
01:00:16lui envoie un ange
01:00:17sous la forme d'un homme
01:00:18qui va lui essayer
01:00:18de montrer le monde
01:00:19comment il serait
01:00:20s'il n'avait pas existé.
01:00:21Cet homme est un homme
01:00:22dont le père
01:00:25avait une maison d'assurance,
01:00:27une société d'assurance
01:00:28et qui est une société
01:00:29de prêt, une banque en fait
01:00:31qui prêtait de l'argent
01:00:33à des gens pauvres
01:00:34pour qu'ils puissent
01:00:34acheter des maisons.
01:00:37Et bien évidemment,
01:00:41l'évolution de ce métier
01:00:42n'est pas très favorable
01:00:43aux pauvres,
01:00:44on le saurait.
01:00:46Et lui qui prend la suite
01:00:49de ce poste
01:00:51va se suicider.
01:00:55Il va vouloir se suicider.
01:00:56Et un ange
01:00:59le rattrape par les cheveux
01:01:00et c'est toute l'histoire
01:01:02qui continue.
01:01:03C'est un film magnifique.
01:01:05On peut le voir
01:01:05plusieurs fois.
01:01:07Oui, c'est ça.
01:01:08Il lui montre qu'en fait
01:01:09tous les petits gestes
01:01:10qu'il a fait dans sa vie
01:01:10ont changé
01:01:11celles de beaucoup de monde.
01:01:12On pense un peu
01:01:12à la petite voix
01:01:13de Sainte Thérèse.
01:01:14Voilà.
01:01:16On va trop faire voir.
01:01:16Il parle aussi
01:01:17de la mélodie du bonheur.
01:01:18La mélodie du bonheur.
01:01:19Bien sûr,
01:01:19l'histoire de la famille
01:01:21Von Trapp en Autriche
01:01:22dans les années 30,
01:01:24cette fameuse comédie musicale.
01:01:25Et puis,
01:01:26tout le monde connaît.
01:01:27Il parle aussi de...
01:01:27Voilà.
01:01:28Tout le monde connaît.
01:01:29Il parle aussi d'un film
01:01:29beaucoup moins connu,
01:01:30des gens comme les autres.
01:01:31Un film de Robert Redford
01:01:33qui avait été récompensé
01:01:34par l'ascar du meilleur film.
01:01:35C'est l'histoire d'une famille,
01:01:37une famille favorisée
01:01:38qui vit près de Chicago
01:01:39et qui traverse
01:01:41de nombreux drames
01:01:42dont vous se blessiez.
01:01:42C'est une sorte
01:01:42de drame familial.
01:01:44Il y a une famille
01:01:45au bord de l'implosion.
01:01:46Un film peu connu.
01:01:47Et un autre film
01:01:48intitulé,
01:01:48alors aussi,
01:01:49La vie est belle,
01:01:50c'est le film
01:01:50de Roberto Benigny
01:01:50que tout le monde connaît.
01:01:51Que tout le monde connaît.
01:01:52Absolument.
01:01:53Et vous avez un livre ?
01:01:55Alors oui,
01:01:55un livre,
01:01:56là encore,
01:01:56pour les cadeaux de Noël,
01:01:57« Espère,
01:01:58petit Manuel,
01:01:58pour avoir foi en la vie »
01:02:00de Laurent Guest.
01:02:00Ce sont des conseils
01:02:01qu'il adresse à la jeunesse,
01:02:02lui qui a eu un parcours
01:02:03très troublé.
01:02:06Je l'ai reçu pour un Zoom
01:02:06il y a quelques jours.
01:02:08Il faut avoir plus d'étails là-dessus.
01:02:08Alors vous êtes en train
01:02:09de vous dire,
01:02:09Anne et nos téléspectateurs
01:02:10pensent peut-être la même chose,
01:02:11mais quel est le rapport
01:02:12avec notre chronique cinéma ?
01:02:13Eh bien justement,
01:02:14je vais y venir.
01:02:15Dans les conseils
01:02:16qu'il donne à la jeunesse,
01:02:17il donne des illustrations
01:02:18à travers des témoignages vécus,
01:02:21des exemples,
01:02:22à travers aussi des prières
01:02:24et il donne des exemples de films.
01:02:26Ah oui.
01:02:26Des films,
01:02:27alors il cite notre fameux
01:02:29« La vie est belle »
01:02:29avec l'ange,
01:02:31il cite quelques films confessionnels
01:02:34comme « La confession »
01:02:37ou comme « Paul a protégé du Christ »
01:02:39mais aussi des films
01:02:40qui, sans être confessionnels,
01:02:42sont porteurs de sens
01:02:43sur le sens de l'engagement,
01:02:45par exemple,
01:02:45« Le seigneur des anneaux »,
01:02:46ça parle beaucoup aux jeunes,
01:02:48je connais le sujet,
01:02:49« Brewerth »
01:02:50de Mel Gibson,
01:02:51voilà,
01:02:51donc comment on y voit aussi
01:02:54comment les films
01:02:55peuvent être aussi
01:02:56un peu des moteurs,
01:02:59des exemples
01:03:00qui nous font réfléchir,
01:03:01qui nous donnent
01:03:01le sens de l'engagement.
01:03:03Oui.
01:03:04Et qui permettent
01:03:05de se réunir devant un spectacle.
01:03:07Je pense que la vidéo
01:03:09et à ce site merveilleux,
01:03:11c'est de nous permettre
01:03:13de…
01:03:13C'est aussi un moment
01:03:14de convivialité.
01:03:15C'est un moment
01:03:15de convivialité,
01:03:18je ne supporte plus le mot,
01:03:19mais d'harmonie familiale.
01:03:22Bon.
01:03:23Pour les cadeaux de Noël,
01:03:24très bonne idée.
01:03:24Très bonne idée.
01:03:25Moi aussi,
01:03:26moi aussi,
01:03:26j'ai des cadeaux.
01:03:28J'ai les très beaux livres d'art,
01:03:30de dessins,
01:03:31de combats,
01:03:32de Laurent,
01:03:33au projet K.O.
01:03:34et aux éditions Jeanne,
01:03:36je vous en ai parlé.
01:03:37et puis,
01:03:38des deux spectacles,
01:03:41trois,
01:03:42les deux spectacles
01:03:43de Laurence Tudair,
01:03:46qui,
01:03:47une fois par semaine,
01:03:48qui met en scène
01:03:49les fables de La Fontaine,
01:03:51c'est sa spécialité,
01:03:52il les dit merveilleusement,
01:03:54et un autre spectacle
01:03:56qui sera à partir du 15 janvier,
01:03:59et là,
01:04:01les fables seront illustrées
01:04:03par du piano.
01:04:05Donc,
01:04:06ces deux spectacles
01:04:07très, très beaux
01:04:09et que je vous conseille.
01:04:11Et puis,
01:04:11je le rappelle,
01:04:12La Jalousie,
01:04:14la pièce de théâtre
01:04:15de Sacha Guitry
01:04:16au théâtre de la Michaudière,
01:04:19qui est une petite perle.
01:04:20– Quel arrondissement,
01:04:21la Michaudière ?
01:04:21– Huitième, je crois.
01:04:22– Ah oui.
01:04:23– Voilà.
01:04:24Merci beaucoup, Renaud.
01:04:26Je vous souhaite,
01:04:28comme à tous les amis
01:04:29de TV Liberté,
01:04:31une très jolie fête
01:04:32de Noël,
01:04:33et nous prononçons Noël.
01:04:36Nous ne parlons pas
01:04:36des fêtes d'hiver
01:04:37et tout y quantit.
01:04:39– Oui.
01:04:39Peut-être que les élus de gauche,
01:04:41ils veulent supprimer le Noël,
01:04:42c'est peut-être pour remplacer
01:04:43par la jolie fête
01:04:44de la nativité, peut-être ?
01:04:45– Peut-être sûrement.
01:04:46– C'est pour ça qu'ils n'aiment pas
01:04:46le mot Noël.
01:04:47– C'est une nature heureuse.
01:04:48Merci, Renaud.
01:04:50Merci, Renaud.
01:04:51Chers amis de TV Liberté,
01:04:53à l'année prochaine.
01:04:53– Sous-titrage Société Radio-Canada
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