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  • il y a 2 mois

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00:00Repas en avance, Emmanuel Macron est à Marseille en ce moment même, nouveau déplacement dans la cité phocéenne.
00:05Il a, pour lutter contre le narcotrafic, Alain Bauer a annoncé que l'amende forfaitaire va passer de 500 euros contre 200 aujourd'hui.
00:12On l'écoute très brièvement et je vous passe la parole pour savoir si c'est la solution, une des solutions pour lutter contre le narcotrafic.
00:20On a mis en place, c'est une innovation des dernières années, une amende forfaitaire délectuelle.
00:25Tout de suite on peut vous mettre l'amende. Ça a permis de commencer à avancer les choses.
00:29Mais maintenant on va changer drastiquement sur deux trucs.
00:32Un, les procédures de recouvrement. On va mettre des commissaires de la République pour aider les finances publiques et la justice à les recouvrer.
00:39Parce qu'on a des taux de recouvrement qui ne sont pas satisfaisants.
00:41Deux, on va le passer à 500 euros l'amende. 500 euros. Parce qu'il faut taper au portefeuille ce qu'on attrape avec de la drogue en vie.
00:49Parce que ça n'est pas festif de se droguer. C'est pas la même chose que des choses qui sont licites.
00:55Il y a ce qui est licite et illicite dans une démocratie.
00:59Il faut juste que toute personne qui consomme de la drogue se dise bien qu'elle alimente aujourd'hui le narcotrafic qui fout nos villes et nos quartiers en l'air.
01:07Si on ne dit pas ça clairement aux gens, on se trompe de cible.
01:13Bien. Alors, est-ce que j'ai une des solutions ?
01:17Moi je pense que, et Eric Nolot l'a souvent dit sur ce plateau, il faut taper sur les consommateurs.
01:21Est-ce que 500 euros, Alain Bauer, c'est de nature, elle est dissuadée ou pas ?
01:25Alors, il y a plusieurs sujets. Dans le trafic de stupes, je suis désolé de reprendre ça, on a déjà eu cette discussion avec Eric, je m'excuse auprès de lui.
01:32Je lui présente mes excuses par avance de reprendre ce débat.
01:35Mais un, il y a un, le producteur, deux, le distributeur et trois, le consommateur.
01:41Le premier problème s'appelle producteur. Producteur, c'est tu détruis les lieux de production.
01:45Le deuxième sujet s'appelle distributeur, celui qui gagne beaucoup d'argent, qui est un danger pour la société, qui doit être éliminé pénalement en général,
01:52donnant le Trump à d'autres méthodes plus définitives sur lesquelles je ne m'aventurerai pas.
01:56Troisièmement, il y a le consommateur.
01:57Depuis 70 ans, on sait très bien pourquoi un consommateur consomme, que ça soit n'importe quel produit addictif, quel qu'il soit.
02:07La science médicale a traité de cette question, la science médicale, même la science psychiatrique.
02:11L'interdit ne marche pas. La dénonciation ne marche pas.
02:16Et la punition ne marche pas non plus.
02:18Le traitement, si, le traitement et même le traitement obligatoirement.
02:21Alors je vous dis ça parce que j'appartiens dans ma catégorie au rang des répressifs, contrairement à ce que vous pourriez imaginer.
02:27Je suis pour réprimer les alcooliques, ceux qui consomment des produits addicts.
02:32Moi, je suis pour la libération des individus et pas pour leur addiction.
02:35Mais je conserve le code de la santé publique qu'on n'utilise jamais en obligeant au traitement obligatoire.
02:41Je ne parle pas de salle de shoot, on s'entend bien.
02:44Je ne dis pas qu'il faut aider les gens à se droguer.
02:46Je dis qu'il faut leur expliquer.
02:48Et donc, aujourd'hui, la quasi-totalité des opérations de distribution ne se font plus dans les tours ou les fours,
02:55ce qu'on appelait comme ça, mais en distribution à domicile.
02:59Le marché a totalement changé.
03:01Ces mesures ne fonctionnent pas.
03:03Et l'amende forfaitaire délictuelle, qui a fait l'objet d'une étude récemment sur la valeur ancienne,
03:09qui n'était même pas à 200 euros, d'ailleurs un peu moins,
03:11montrent que ça ne fonctionne pas.
03:13D'abord parce qu'on a le plus grand mal à leur faire payer, comme les contraventions et le reste.
03:18Il y a un sujet de la capacité de l'État, non seulement à dire « je te donne une amende »,
03:23mais à la récupérer.
03:24Et vous savez que le taux de recouvrement des amendes est extrêmement bas en France,
03:31parce qu'elles ne sont pas assez importantes pour que ça intéresse le trésor public.
03:34Et même quand elles sont à 200 ou 500 ou 1000 euros,
03:36ce n'est pas assez par rapport à l'extraordinaire lourdeur de la machine bureaucratique.
03:40Donc il y a les braves gens qui payent, en vrai ?
03:41Oui, c'est à peu près ça. Et donc je pense que le sujet central, il est d'abord la saturation du territoire,
03:46mais pas l'opération coup de poing ou coup de poing existienne.
03:49La saturation, c'est-à-dire le moment où le niveau d'impossibilité pour ceux qui tiennent encore les tours et les fours de fonctionner
03:55devient tellement insupportable qu'effectivement ça ira probablement à une forme de confrontation,
04:00parce qu'il y aura une reconquête et que la reconquête sera mécaniquement brutale.
04:04Je le dis sans ostentation, mais parce que c'est un sujet dont on peut parler.
04:07D'ailleurs, M. Joron n'est plus là, mais on aurait pu en parler avec lui ou ses collègues.
04:11Ils savent très bien ce qu'est la nature de quand on voit une voiture de police fuir
04:14parce que cinq individus lui jettent des pierres, c'est qu'il y a un problème.
04:17Ce n'est pas eux qui devraient fuir, c'est les autres.
04:20Et donc il y a un sujet là très important de reconquête territoriale et de saturation du territoire.
04:25Et deuxièmement, de traitement des malades.
04:27Les consommateurs sont d'abord des malades et la question pénale, elle ne vient qu'à la fin de ce sujet.
04:32Moi j'ai une objection à votre reprise.
04:34Le consommateur, producteur, distributeur, consommateur, il n'y a pas de producteur qui vous dit
04:38moi je ne suis pour rien dans cette situation.
04:40Le consommateur vous le dit, le consommateur vous le dit, mais moi je ne ferais pour rien.
04:44Les meurtres qui ont lieu, les victimes collatérales, une gamine qui prend une balle.
04:48Non, il faut arrêter avec cette complaisance.
04:51Ils ont du sang sur les mains, il faut être un peu dramatique.
04:53On peut leur dire, mais je n'ai aucun problème avec le fait de leur dire.
04:55Moi je trouve qu'on leur dit pas.
04:56Je suis pour la praticité de la manière dont on les sort de cette addiction.
05:03Mais je trouve qu'une partie du problème a été la complaisance et l'autocomplaisance.
05:06Surtout sur la cocaïne.
05:08Surtout sur la cocaïne.
05:09Alors qu'elle est devenue la principale drogue en valeur consommée en France
05:13et qui n'est plus une drogue des beaux quartiers comme certains se complaisent à l'encompte.
05:16Alors maintenant elle est très largement répandue partout.
05:18Pas chère, on n'en a jamais consommé autant, on n'a jamais produit autant,
05:22elle n'a jamais été si peu chère.
05:23L'inverse de tout processus de prohibition fonctionnelle.
05:25Gautier et Laetitia.
05:27Alors déjà je conseille à chaque auditeur et téléspectateur qui nous écoute ou nous regarde
05:31d'écouter en podcast l'édito de Laurent Tessier ce matin dans la matinale d'Europe 1
05:36qui a fait une compile de tous les discours d'Emmanuel Macron à Marseille.
05:39Franchement c'est savoureux, rien n'a bougé.
05:42Le président vient, vous avez vu il s'énerve là, il s'énerve, il a un ton martial,
05:44il tape du poing sur la table même s'il n'y a pas de table.
05:47Franchement c'est très efficace et à mon avis très dissuasif.
05:50Moi je pense évidemment qu'il faut s'en prendre au consommateur
05:52mais je pense que c'est facile ce qu'il dit et ce qu'il fait.
05:54Cette amende à 500 euros, pourquoi pas 1000, pourquoi pas 1500 ?
05:58Le problème c'est la volonté politique pour aller à la confrontation comme l'a dit Alain Bauer.
06:02Est-ce que vous êtes capable d'assumer la confrontation, oui ou non ?
06:07Aujourd'hui il n'y a pas un ministre de l'Intérieur qui assumerait cela,
06:10il n'y a pas un président de la République qui assumerait cela.
06:12Et qu'est-ce que vous disent les policiers en ce moment ?
06:14Policiers et gendarmes, vous savez depuis la vague d'attentats qu'on a vécu,
06:17policiers et gendarmes ils ont le droit de sortir avec leurs armes de service
06:20quand ils sont en civil.
06:21Ils vont au cinéma en famille, ils vont au restaurant, ils ont le droit de prendre leurs armes.
06:24Vous avez énormément de gendarmes et de policiers qui ne la prennent plus
06:28une fois qu'ils ne sont pas en service.
06:29Pourquoi ? Parce qu'il y a un président de la République, tiens à Marseille d'ailleurs,
06:33qui a lâché un policier avant tout procès, avant toute procédure,
06:38avant toute mise en examen, avant toute garde à vue.
06:41Vous voyez évidemment l'affaire à laquelle je fais référence.
06:44Et donc aujourd'hui il y a beaucoup de policiers qui ne sortent plus avec leurs armes
06:47quand ils ne sont pas en service.
06:49Donc évidemment que ces policiers se disent, si demain il y a une confrontation
06:52très importante avec les narcotrafiquants, je ne serai pas soutenu, je serai lâché
06:57et ensuite je serai lynché.
06:59Voilà.
07:00Donc le jour où il y aura un État et un gouvernement capables de soutenir sa police
07:04parce qu'ils n'attendent que l'ordre et parce que Bac Nord, on cite à chaque fois Bac Nord,
07:09qu'est-ce qui s'est passé ?
07:09C'est eux qui se sont retrouvés en prison.
07:12Et une histoire vraie.
07:12Ces policiers qui sont intervenus dans les quartiers Nord, c'est eux qui se sont retrouvés en prison.
07:16C'était sous l'époque Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, et donc François Hollande et Jean-Marc Ayrault.
07:21Voilà.
07:21Donc on n'a pas des gouvernants capables d'assumer cette confrontation.
07:24Donc ils s'en prennent aux consommateurs, c'est simple, 500 euros, 1000 euros, 1500 euros, comme ils veulent.
07:28Mais il n'y a personne pour s'en prendre aux narcos.
07:30Laetitia Guinan, sur le narcotrafic, la façon de lutter contre le narcotrafic, il gangrène notre pays.
07:35Moi je pense que de toute façon on va devoir arriver à une confrontation
07:38parce qu'à un moment donné, on le voit bien avec la DZ mafia,
07:41il y a une volonté, une velléité d'expansion sur le territoire français.
07:44Et donc il y a un rapport de force qu'un dirigeant va devoir empoigner
07:49parce que c'est un peu marche ou crève.
07:53Et donc quand les narcotrafic restent dans les quartiers, ça va.
07:58Mais là aujourd'hui, on voit qu'effectivement, ils rentrent dans un bras de fer en disant
08:01nous on est plus forts que vous.
08:02Et donc forcément l'État français va devoir répondre.
08:05Et forcément il va répondre avec effectivement du sang, des larmes,
08:08beaucoup de moyens et pas seulement sur les consommateurs.
08:11Pour les consommateurs, je trouve qu'il y a quelque chose de symbolique.
08:13C'est vrai que jusque-là, dans la drogue récréative, on se disait voilà, c'est sans problème.
08:18Donc culpabiliser un petit peu les consommateurs, c'est bien, c'est pas efficace
08:22parce que de toute façon l'offre crée la demande.
08:24Le narcotrafic, il n'a pas existé de tout temps.
08:27Ça a commencé effectivement avec l'opium, les guerres de l'opium.
08:29On a vu effectivement, et notamment les Britanniques, qu'il y avait un fabuleux marché.
08:34Et que c'est pas parce que les hommes se sont toujours drogués un petit peu
08:37que ce marché-là, il existait de tout temps.
08:39Non. Et donc il y a cette manne économique formidable
08:42contre laquelle l'État doit lutter.
08:44Elle lutte depuis deux siècles contre cette manne-là,
08:46enfin contre ce rapport, dans ce rapport de force-là.
08:49Elle le gagnera probablement pas jamais
08:51parce qu'il y a trop d'enjeux financiers sur la table.
08:55Mais de rétablir le rapport de force, ça elle va être obligée de le faire
08:59et notamment en s'attaquant à l'offre et pas seulement à la demande.
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